Pondichéry

Derrière l’image idyllique de jolie ville coloniale française, Pondichéry a beaucoup à offrir.

Pondichéry et ses surprises

Première surprise. Connue dès l’antiquité, la côte attirait déjà les Romains dès avant notre ère. Outre le site d’Arikamedu, on découvre des vestiges romains au musée local. Perdues au milieu des terres cuites Pallavas, (4e au 10eme siècle,) et des rares vestiges cholas (10e et 13e), elles font l’objet de maigres cartels. Les gardiennes du musée, plus empressées à causer entre elles qu’à vous renseigner, vous vilipendent violemment si vous tentez subrepticement la moindre photo.

Le musée de Pondichéry expose avec le même manque d’intérêt pour l’histoire une chaise à porteur et un cabriolet en triste état. Malheureusement, l’activité commerciale des Portugais et des Hollandais n’y apparait pas. En revanche, la présence française depuis 1674 transparait dans les meubles horriblement vernis, un buste de Marianne caché dans le capharnaüm. Ces objets attestent à leur manière de l’enrichissement et de l’embellissement de la ville à l’époque française.

Pondichéry, la Française devenue indienne

Ce n’est qu’en 1954 que Pondichéry a voté son rattachement à l’Union Indienne. Le transfert ne se fit qu’en 1962. Mais le territoire reste indépendant du Tamil Nadu. Les lois y restent plus souples (notamment en matière de consommation d’alcool). Certains habitants ont choisi de rester français, ce qui ne va pas sans poser de lourds problèmes.

Cette histoire particulière explique la présence inhabituelle en Inde de nos concitoyens mais aussi l’empreinte culturelle (et gastronomique) prégnante dans la « ville blanche ».

L’ancien comptoir des Indes a en effet conservé son quartier français avec ses boulangeries, restaurants rues qui rappellent la présence coloniale entre le XVIIè et le milieu du XXè siècle. Le canal, aux allures d’égout à ciel ouvert sépare cette « ville blanche » en bord de mer, du quartier tamoul.

Le quartier français.

Derrière la longue promenade le long de la plage avec son monument à Gandhi, les jolies maisons coloniales aux murs jaunes à pilastres et corniches blanches cachent des patios arborés. Avec leurs persiennes en bois et leurs bougainvilliers, elles longent des rues perpendiculaires. Çà et là, émergent des souvenirs de la présence coloniale. On longe ainsi le Lycée, célèbre pour être le premier où se tiennent les épreuves du baccalauréat, de délicieuses boulangeries ou des enseignes en français. On suit le souvenir de Dupleix, station de métro mais aussi gouverneur de la province.

Malheureusement, le charme du quartier disparait peu à peu, grignoté par les maisons grises conquises par la communauté d’Auroville et de l’ashram de Sri Aurobindo. C’était le lieu de résidence du philosophe gourou et de la Mère, française à l’origine d’Auroville. On peut visiter leurs appartements et se recueillir devant leur tombeau. Les plus passionnés peuvent se rendre à Auroville et supporter le processus d’entrée. A vous néanmoins de vous renseigner et de juger si vous adhérez à l’initiative.

Verdures et Plages, le charme de Pondichéry

Il n’y a pas beaucoup de monuments. Cependant, le charme de la ville blanche, les jolis cafés, le calme et la relative propreté en font une pause unique en Inde. On peut néanmoins visiter l’église ND des Anges, passer du temps dans les jardins. Par exemple, le mémorial gréco-romain du parc Bharathi et les beaux bâtiments coloniaux.

Le temple d’Arulmigu Manakula Vinayagar , consacré à Ganesh, est très vivant et surtout, fait rare, les non hindous peuvent y entrer. Lakshmi, l’éléphante qui venait bénir dévots et curieux vers 18h00 est malheureusement décédée d’une crise cardiaque récemment.

« La Promenade », est une plage de gros rochers. Ils gênent l’accès à la mer. De toutes façons, la baignade y est interdite. En revanche, c’est un plaisir d’y marcher et d’y regarder l’animation. Le matin tôt, les locaux font leurs exercices et profitent de la relative fraicheur. En revanche, très peu de restaurants ou de cafés bordent la plage.

Le quartier tamul

Ce quartier offre une ambiance toute différente. On retrouve l’Inde bruyante avec sa circulation chaotique, ses cris, klaxons et les ordures. Cependant, y subsistent quelques vestiges français. Ainsi, l’étonnante église du Sacré cœur, néogothique, et la cathédrale de l’Assomption plutôt néo-baroque.

Si les rues demeurent perpendiculaires, l’architecture des maisons tamoules y diffère. Les maisons coloniales joliment entretenues et encerclées de hauts murs s’ouvrent sur des patios arborés. Au contaire, les maisons tamoules s’ouvrent vers l’extérieur par des vérandas sur rue (thalvaram) avec un toit en appentis sur des poteaux en bois. Souvent, on trouve aussi un thinnai, une plateforme surélevée adjacente à l’entrée principale de la maison. L’ensemble, plus délabré, manque de la verdure charmante de la « ville blanche ». Une maison musée poussiéreuse, Sri Ananga Mansion, se dresse en face de l’entrée du marché, mais ses horaires erratiques posent un vrai problème au visiteur.

L’inde commerçante du quartier tamoul.

La rue Nehru marque le centre de l’activité marchande. S’y cache le dédale du marché Goubert. Enorme et particulièrement vivant, il regorge de produits, de senteurs et de couleurs.

Malgré l’absence de trottoir et la circulation de ce quartier, il faut s’y promener. On peut pousser vers le Nord jusqu’au temple dravidien de Varadaraja Perumal dédié à Vishnu et point de départ de la ville ancienne. On peut aussi se rendre au jardin botannique ou à la tour de guet avec le petit marché.

Pour un jour ou deux jours, Pondichéry marque une étape adorable. L’on se plonge avec délices dans les rues calmes et arborées du quartier colonial et on s’arrête avec bonheur dans ses cafés au charme suranné.

Bye London

Malheureusement pour moi, Il est temps de dire « Bye London ». Je laisse avec tristesse cette période anglaise derrière moi.  La fraicheur de mes informations commence déjà à s’estomper.

Surtout je manque cruellement de photos pour illustrer des itinéraires complets à Notting Hill, Hackney ou Kensington, voire Greenwich. Je les ai évoqués pour autant dans d’autres articles. Il ne me reste pas non plus le temps de consigner nos balades hors Londres. J’aurais aimé aussi écrire un article sur mon bien aimé musée Victoria et Albert.

Le Tigre, boite à musique, V&A

Je me contenterai donc en guise de Farewell de quelques recommandations.

coiffes indiennes, V&A

En effet, pour ceux qui restent sur leur faim, je vous conseille ardemment la lecture  ou l’écoute de mes excellents confrères britanniques. De quoi améliorer ou entretenir votre anglais tout en apprenant une foule d’anecdotes fascinantes ou de solides faits historiques.

A suivre et écouter

A suivre en visite ou en lecture, tout en vous méfiant des plans, http://www.andrewduncan.co.uk/books

Vous pouvez aussi peut être suivre Andrew dans ses pérégrinations s’il n’a pas finalement pris sa retraite comme il nous en menaçait.

Je vous conseille également fortement le blog, le livre, les tours virtuels ou réels de Katie Wignall, une jeune guide passionnante, passionnée et merveilleuse passeuse d’histoire londonienne. https://lookup.london/blog/  Ici tout est à prendre et j’attends avec joie et impatience chacune de ses nouveautés.

Pour découvrir la ville en vous amusant vous pouvez suivre les vidéos pleines d’humour anglais de Julian Mc Donnell : https://joolzguides.com/videos/ De petites anecdotes croustillantes et pleines d’entrain et une très bonne qualité de films. A consommer sans modération les jours de pluie et de grisaille.

Enfin plus sérieux (mais moins rigolo) les guides de Londres accrédités : https://www.guidelondon.org.uk/blue-badge-tourist-guides/

Depuis le confinement, les « blue badge » guides  ont mis en ligne certaines de leurs activités, et de leurs visites. Très informatif et souvent passionnant, surtout si vous avez la chance de tomber sur Pepe Martinez

colonne commémorative du grand Incendie

A Lire

Last but not least, le site des transports de Londres TFL offre des itinéraires de marche.  https://tfl.gov.uk/modes/walking/top-walking-routes

En outre TFL a mis en place une app pour ceux qui voudraient découvrir la ville à pied.

https://www.gojauntly.com/tfl-partnership

A lire et à suivre pas à pas :

Les ouvrages de cette collection représentent des mines de promenades et anecdotes pour découvrir la cité.

Je vous souhaite à tous de belles découvertes et de belles marches dans cette extraordinaire ville que je quitte avec tristesse. et vous dis « Bye, Bye London « . De mon côté, je quitte la perfide Albion et m’oriente vers ses anciennes colonies….

En surimpression, mon monde d’hier et celui d’Aujourd’hui

Brixton

Brixton n’est plus le quartier jamaïcain synonyme de révoltes des années 1980. La commune s’est regénérée ces dernières années. Néanmoins, de nombreux lieux rappellent son passé plus populaire.

 Brixton, capitale de la musique et berceau de David Bowie

On peut arriver à Brixton à pied depuis Vauxhall et Little Portugal après avoir goûté des pastel de nata. Mais le moyen le plus simple reste le métro ou le train. Tout autour des deux gares, le quartier se gentrifie très vite. Le dimanche, les bars à la mode affichent complet.

Le long de la grande artère, Brixton Road, le premier department store du pays, ouvert en 1877« le bon marché », propose aujourd’hui des brunchs au prosecco. Il attire les jeunes gens huppés de la capitale. Car les quartiers sud ne font plus peur !

Cet ancien grand magasin faisait l’angle de la rue Ferndale et était relié au bâtiment de l’autre coté de la rue par un tunnel. En effet, c’est dans ce dernier que logeaient les employés.

Plus loin, à l’angle de Brixton road et rue Tunstall, une énorme fresque de Jimmy C rend hommage à l’enfant chéri de Brixton, David Bowie. Le grand musicien est en effet né et a passé son enfance au 40 Stansfield Rd.

De l’autre coté de la route, les murs soutenant les rails sont ornés de peintures colorées. Un marché s’y tient le dimanche. En revanche, Electric road en accueille un tous les autres jours de la semaine. Cette rue, la première d’Angleterre illuminée par l’électricité, en 1888 a conservé  une animation née des vagues migratoires. On y trouve, sous les canopés victoriens, de magnifiques étals de fruits et produits exotiques mais de plus en plus rarement jamaïcains.

Dans Brixton market, les boutiques offrent des denrées de pratiquement tous les coins du globe. Les marchés et arcades du quartier valent vraiment la balade et l’arrêt gastronomique. Un autre enfant du quartier (sur cold Harbour rd)a lui un lien avec le monde politique : John Major fils d’un Monsieur Loyal devenu comptable.

Brixton, ville jamaïcaine

La place principale de Brixton s’articule autour de constructions de la fin du 19e et des modernes archives noires https://blackculturalarchives.org/  (1981). Son nom Windrush square se réfère au bateau HMS Windrush qui, en 1948, amena  dès après le Nationality act la première génération de Jamaicains pour aider à la reconstruction du pays. Cette vague migratoire s’arrêta en 1971 avec l’Immigration Act. La lumière s’est braquée sur cette communauté avec les émeutes de 1981. Plus récemment, le scandale de 2018 a mis en cause la légitimité de ces jamaïcains venus légalement .https://www.youtube.com/watch?v=Q4SIP7EZze4

Un magnifique roman de 2004 illustre la tragédie des Jamaïcains venus aider la mère patrie : Small Island par Andrea Levi , https://www.en-attendant-nadeau.fr/2017/05/09/couleur-peau-andrea-levy/

Sur la place, la statue de Henry Tate rappelle que l’inventeur du sucre en morceau a aussi été généreux. Il a offert sa collection de tableaux à la nation, la fameuse Tate Gallery. Brixton lui doit l’une des premières bibliothèques publique et gratuite.

A coté de ce bâtiment, le Ritzy fut le premier cinéma construit en tant que tel. A l’origine, un théâtre faisait face à l’hôtel de ville qui a conservé son haut beffroi. Des institutions musicales l’entourent : la Brixton Academy et Electric Brixton. https://www.electricbrixton.uk.com/. De nombreux grands groupes y sont passés.

Brixton champêtre

Outre les marchés et rues commerçantes, il existe un Brixton vert. Pour le trouver, il suffit de rejoindre Matthew’s Church, également appelée Waterloo Church. Cette église commémorative est devenue bar. Brixton Hill devient plus champêtre avec des petites maisons et de la verdure. On rejoint alors Blenheim Gardens où se trouve une jolie poste victorienne, toujours en activité depuis 1891. Le jardin au bout de la rue nous plonge dans la campagne avec son moulin qui a fonctionné de 1846 à 1934 . https://www.brixtonwindmill.org/visit/

 Juste derrière les bâtiments pénitenciers rappellent la triste réputation de Brixton.

On peut alors marcher vers le parc de Brockwell en rebroussant chemin le long de Brixton Hill et en empruntant la jolie Brixton Water lane. https://beta.lambeth.gov.uk/parks/brockwell-park

 Ce parc très plaisant permet de passer un bel après midi dominical entre serres, jardins communautaires, café et Lido. Cette très belle piscine en plein air a gardé des éléments art déco. De là, on peut finir l’après midi au Herne Hill Market et y prendre le train.

Autour de Victoria Station

On ne débarque plus à Victoria Station lorsque l’on vient de France. Néanmoins, pour peu que vos pas vous mènent vers le sud de l’Angleterre, vous pouvez avoir à passer quelques heures dans ce quartier. Dans ce cas, que faire ? Comme pour les autres gares, voici des itinéraires selon le temps dont vous disposez à Victoria Station.

frise en pierre de Coade sur Belgrave Square

Il pleut ou vous ne voulez pas trop vous éloigner de Victoria Station

Si vous ne disposez que d’1 heure

Dans ce cas vous pouvez déjà déambuler dans Victoria Station modernisée par l’ajout d’un centre commercial. Mais, vous pouvez aussi vous aventurer vers l’étonnante cathédrale catholique Westminster. A moins que vous ne disposiez d’un peu plus de temps, et que vous ne vous décidiez carrément pour l’abbaye de Westminster et Westminster Square.

De Victoria Station à Pimlico

Vous disposez d’un peu de temps, il pleut encore et vous avez une envie de vous cultiver ? dans ce cas, pas une minute à perdre ni une hésitation, rendez-vous directement à la Tate Britain, orgueil du quartier de Pimlico.

Turner, autoportrait à la Tate Britain, non loin de Victoria Station

Les majestueux bâtiments ont été refaits. La galerie consacrée à la peinture anglaise offre un panorama passionnant de la peinture élisabéthaine à la création contemporaine avec des galeries très réjouissantes consacrée à Turner bien sûr, Hogarth, Sargent et Moore. Personnellement, j’ai un petit faible pour Sargent et ses portraits distingués d’une Angleterre déchue. Les collections permanentes sont, comme toujours dans les grands musées anglais, gratuites. Les expositions temporaires, elles, coutent assez cher.

Sargent
David Hockney

Du côté de Knighstbrige

Vous disposez de plus de temps, l’averse s’est enfin interrompue ? Vous avez maintenant envie de prendre l’air et de visiter un quartier moins touristique mais élégant. Vous pouvez longer Buckingham (et faire le détour par la galerie de la Reine) puis rejoindre Knightsbridge.

De là, trois options s’offrent à vous.

Belgravia

Vous pouvez commencer cette incursion dans les beaux quartiers par la visite de Number one. Apsley House fut la maison de Wellington. Comme il se doit, un musée occupe désormais les lieux. Vous y apprendrez tout du Duc de fer et de la vie des grands de ce monde au début du 19e siècle.

Vous pouvez aussi vous diriger directement vers les effluves d’Oud émanant de Harrods et vous régaler des magnifiques décors des rayons nourritures. Si vous voulez éviter la foule, vous pouvez obliquer vers Belgravia. Ici les ruelles attestent de la richesse des riverains.

Motcomb street

De jolies maisons bordent les « mews » alors que les places sont bordées de grandes demeures. Belgrave square ou Eaton square et les rues alentour restent des oasis de luxe et de tranquillité si près du tohu-bohu des quartiers centraux. La rue Motcomb a conservé une jolie animation. Son ancien cinéma panteknikon est aujourd’hui un restaurant doublé d’un petit centre commercial. Le jardin à l’arrière accueille un couple Rabbit girl et Dogman de Gillie and Marc : le banc de l’amitié.

Rabbitgirl and dogman

Chelsea

De Eaton Square, ou directement depuis Victoria Station, il est facile de gagner Chelsea.

La place Sloane square regorge de boutiques et restaurants chics qui continuent le long de King’s Road. L’artère principale de ce ravissant quartier de Londres voit se succéder enseignes à la modes et boutiques indépendantes. Quelques bâtiments anciens rappellent néanmoins le village ancien. L’Hôtel de ville et les quelques belles maisons précèdent en effet les charmants petits cottages de brique, et les jardins si typiques de Chelsea.

Plus près de la Tamise, la zone a hébergé de nombreuses personnalités du monde littéraire notamment. Ainsi Cheyne Walk après avoir été distingué à l’époque de Thomas More est devenu LE quartier des Préraphaélites. Cheyne Row, où a habité Thomas Carlyle, auteur d’une somme sur l’histoire anglaise, garde tout son charme.

Surtout, le Royal Hospital, équivalent britannique de notre Hôtel des Invalides et chef d’œuvre de Christopher Wren peut à nouveau se visiter.

Vers Kensington

Le quartier chic par essence. Outre les belles artères commerçantes et les célèbres grands magasins, on y apprécie les grands parcs. Pas seulement Hyde Park mais aussi Kensington avec le Palais voulu par Guillaume et Mary et depuis résidence des héritiers du trône. La construction de brique a conservé l’aspect sobre déterminé, par la maison d’Orange. Les grilles restent envahies par les tributs des fans de feu la princesse de Galles, Diana.

Holland Park et son ravissant Kyoto Garden vaut la visite. Non loin, la maison du Japon a ouvert sa vitrine avec un magasin et un restaurant extrêmement raffiné.  Tout autour, on se régale de rues élégantes et verdoyantes, de petits parcs.

Kensington est aussi et surtout un des hauts lieux de la culture avec le regroupement de musées fantastiques. J’ai déjà abondamment parlé de ce quartier dans mes pérégrinations victoriennes.

Bermondsey

Aujourd’hui, je vous propose un itinéraire que j’adore dans le quartier de Bermondsey. Il nous mène de London Bridge à Rotherhithe. Le long du chemin, nombre de bâtiments modernes alternent avec de vieilles bâtisses chargées d’histoire, rappelant souvent la tradition caritative de ce quartier populaire.

Autour du Shard

J’aime bien commencer cette promenade à la station London Bridge. On débarque ainsi au pied du Shard, la grande tour moderniste de Renzo Piano.

the Shard

 La gare elle-même abrite un centre commercial. Au sortir de celle-ci, s’ouvre l’immense hôpital Guy où alternent modernité et vestiges, comme cette alcôve de pierre dans la cour qui provient du vieux pont de Londres. Une autre se trouve dans victoria Park de l’autre côté de la Tamise.

Autour de l’hôpital quelques rues ont gardé un caractère du passé mais l’ensemble se noie peu à peu dans les reconstructions modernes.

En cheminant le long de Bermondsey Street

On rejoint alors Bermondsey street très animée le week-end. Les ravissantes petites boutiques ont conservé un charme provincial. Le musée du textile et de la mode, œuvre de l’architecte mexicain Legorreta, affiche de formidables couleurs rose et orange. Il égaye cette rue très agréableavec de petits bistrots bien sympathiquesLes collections textiles ne sont pas forcément enthousiasmantes par rapport au tarif d’entrée.

Un peu plus loin, le White cube est réputé pour ses expositions. Il s’agit d’une annexe ouverte en 2011 de la célèbre galerie d’art contemporain de Hoxton.

Les façades, poulies, enseignes, entrepôts et dénominations, tout rappelle le passé industriel du quartier.  Le Tanner Garden évoque par exemple les activités liées au cuir.

Au-delà de la maison consacrée aux pauvres, nous rejoignons le cimetière lié à l’église Marie Madeleine. Sa petite casemate, aujourd’hui transformée en café, rappelle une tradition bien sordide de la fin du 19e. A l’époque il était en effet plus lucratif de déterrer les corps que de travailler. Les cadavres fraichement enterrés étaient revendus à bon prix à l’hôpital voisin pour les dissections. Les cimetières se dotèrent donc de petit édicule d’observation visant à surveiller le repos des morts à la nuit tombée.

Vers Bermondsey

A l’angle de Tower bridge rd et de Grange Street, devant une mosaïque étonnante nous changeons de direction et nous dirigeons vers Abbey road. Cette œuvre se compose de photographies d’activités et de gens du quartier.

Une fois les petits cottages de Abbey Rd dépassés, la zone devient lugubre, reconstruite sans âme dans les années d’après guerre. L’idée est de rejoindre Maltby Street Market. Le long de la voie ferrée, des petits kiosques de nourriture des 4 coins du monde ont élu domicile offrant une halte gastronomique colorée comme Londres en a le secret.

On reprend Abbey Street pour emprunter l’étonnant tunnel sous la voie de chemin de fer. Ses colonnes doriques métalliques détonnent un peu ici. Un ingénieur royal l’a construit à la fin du 18e siècle. Il permet de rejoindre la rue George qui va nous ramener près de la Tamise. C’est ici que furent réhabilités les premiers entrepôts de Londres. Ces quartiers de docks se gentrifient peu à peu.

En longeant la Tamise

A partir de là, nous longeons la Tamise jusqu’au Manoir de Henri VIII. Il n’en reste qu’un vague soubassement sur Bermondsey Wall. Quasiment en face, se tient un groupe sculpté bien intéressant. Le couple, la petite fille et le chat évoquent les époux Salter, de grands bienfaiteurs de ce quartier défavorisé.

Ava Salter

Le long de Rotherhithe street, on passe alors devant le Mayflower pub. La légende raconte que les premiers à partir vers le Nouveau Monde y dégustèrent une dernière pinte d’encouragement. Quasi en face, le Brunel museum est consacré à Marc Brunel. Cet ingénieur d’origine française, s’illustra en construisant le fameux tunnel sous la Tamise. Il fut aussi le père du célèbre Isambard Kingdom Brunel.

le Pub Mayflower

La jolie Eglise de Ste Mary de Rotherhithe est doublée d’une de ces écoles caritatives signalées par les statues d’enfants que l’on retrouve dans ce type de quartiers pauvres de la période victorienne. On passe alors devant une nouvelle watchhouse, transformée en café pour rejoindre le métro. Non loin de là, les églises norvégiennes et finlandaises rappellent la proximité du Quai de la Baltique auquel abordaient les navires en provenance de Scandinavie.

Ecole caritative
mon itinéraire Bermondsey

Les Inns of Court

Les Hôtels de cours ou Inns of Court offrent une balade bien plaisante et presque campagnarde dans le quartier le plus animé de la capitale. Ils visaient à loger les avocats dans la capitale. L’idée était de former, entrainer et réguler cette corporation apparue au Moyen Age au même titre que d’autres guildes.

Ces « Hôtelleries » s’articulent autour de Fleet Street. Néanmoins, on y accède par des portails discrets et ouverts uniquement dans la journée en semaine.

Accès à Lincoln’s Inn

De quoi s’agit-il ?

Au Moyen Age, ces « hôtelleries » apparaissent à la limite de Westminster et de la City, à la lisière du pouvoir royal et du pouvoir économique. Elles se répartissent d’ailleurs de part et d’autre de Fleet Street, face à Temple Bar. La porte majestueuse dessinée par Christopher Wren a changé d’emplacement. On la trouve aujourd’hui à côté de Saint Paul. Elle marquait le passage de la cité royale à la city. Un socle surmonté d’un dragon marque aujourd’hui le passage toujours respecté par le souverain régnant.

L’émergence des Inns of Court correspond à la volonté de remettre le pouvoir judiciaire entre des mains laïques. Pour éviter toute dépendance à l’égard du pouvoir religieux ou royal, elles constituent de petits microcosmes accueillant élèves, stagiaires et professionnels. Si les avocats ne logent plus sur place, ils disposent toujours des commodités leur permettant d’exercer au mieux. Bibliothèques, chapelles, lieux de réunion et de cérémonies, restaurants assurent une vie en cercle quasi fermé. Les bâtiments s’organisent autour de cours et jardins clos et admirablement entretenus.

Lincoln’s Inn

De la dizaine d’hôtelleries initiales, il n’en subsiste que 4 : Middle et Inner Temple, Gray et Lincoln’s Inn. A chacune correspond un blason animalier.

Bien que fort touchées par le Grand incendie de 1666 et par le Blitz, puis reconstruites, les Inns of Court ont conservé un charme médiéval et une atmosphère presque bucolique tout à fait surprenante en plein cœur de Londres.

Inner et Middle Temple 

 Ces deux Inns of court occupent les terres des Templiers. L’Ordre fondé en 1119 pour protéger les lieux saints et les routes de pèlerinage s’enrichit en prêtant de l’argent aux croisés. Installé à la lisière de la cité londonienne en 1185, il y construisit son église sur le modèle du Saint Sépulcre de Jérusalem.

Leur pouvoir finit par faire de l’ombre aux souverains et papes. Jugés entre1307 et 1314, les templiers périrent sur le bûcher et leurs possessions passèrent entre les mains des Hospitaliers de St Jean de Jérusalem. Ceux-ci agrandirent l’église ronde en lui adjoignant une nef gothique aux fines colonnes de marbre. Ils louèrent les terres  aux laïcs chargés de rendre la justice. A la dissolution des congrégations religieuses sous Henri VIII, la zone resta entre les mains de ces laïcs. Ne subsiste que le double vocable de Inner temple et Middle. Il ne reste qu’un passage de Outer Temple qui se trouvait à l’extérieur de la city.

Portail temple Church

Middle temple s’articule autour de la belle place de la fontaine sur laquelle donnent la chapelle et le New Hall entouré d’un magnifique jardin qui s’étend jusqu’à la Tamise. On y accède par l’harmonieuse New court, œuvre de Christopher Wren.

New Hall, Middle Temple

Inner Temple

On passe facilement de Middle à Inner temple (dans la cité). Chacun étant signalé par le blason animalier : agneau de dieu pour Middle temple, Pégase pour Inner temple. Ce dernier est remarquable pour ses superbes jardins mais aussi sa fantastique église

Temple Church

Devant le temple rond, construit sur le modèle du Saint Sépulcre de Jérusalem juchés sur une colonne, la statue de deux templiers sur un seul cheval souligne l’austérité de l’Ordre. L’église, célèbre pour ses gisants, sa forme ronde, ses belles arches néo gothiques et son portail roman quasi intact avec son intrados sculpté a acquis la célébrité grâce au film tiré du « Da Vinci Code ».

Ye Olde Cork Tavern

On sort de Inner Temple par une très belle porte de bois incluse dans un bâtiment Tudor d’excellente facture surnommé chambre du prince Henri. Tout à côté ,un autre joli témoin médiéval la Ye olde Cock tavern. Toujours sur le même trottoir en direction cette fois de St Clement Dane, église construite par Christopher Wren. Les impacts de balles de 1940 y restent très visibles. En face, se trouve la belle échoppe de thé de Twinings

Prince Henry’s room

Gray et Lincoln’s Inns

Au Nord de Fleet Street, s’étend l’immense bâtiment néo gothique des Cours de justice. On peut y entrer et circuler dans les couloirs sans fin. Des visites guidées ont lieu et on peut également assister à des audiences.

Chancery Lane rappelle les Inns of Chancery, des hôtelleries secondaires ou préparatoires qui doublaient les Inns of Court. Il n’en subsiste que deux souvenirs : une grille de Clifford Inn, aujourd’hui intégrée à King’s College et la merveilleuse façade Tudor de Stapple Inn.

Stapple Inn

Dans Carey Street, s’amorce la petite Star Yard . On y trouve l’un de plus anciens tailleurs de Londres Ed and Ravensburg. S’y vendent tenues et perruques des avocats et avoués.

 Pratiquement en face, un curieux édicule vert en fer forgé est l’un des rares urinoirs survivants de l’époque victorienne.

pissotières victoriennes

Le long de Carey Street, juste derrière les cours de justice, de jolis magasins et pubs anciens se succèdent. On voit même une borne marquant la limite de paroisse. Et surtout l’une des portes menant à Lincoln’s Inn. Cette grande hôtellerie très reconstruite a conservé une magnifique chapelle. On peut respirer l’atmosphère de ces lieux chargés d’histoire dans le très joli restaurant situé sous les ogives de l’ancienne cuisine.

Lincoln’s Inns Field et Soane Museum

Façade supposée de Iningo Jones sur Lincoln’s Inn Field

Une grandiose porte néogothique s’ouvre sur Lincoln’s Field, le plus grand square londonien, dessiné par Inigo Jones. La maison 59/60 lui doit ses harmonieuses proportions. Cette place abrite deux des musées les plus étonnants de Londres. Au Sud le Hunterian Museum (fermé jusqu’en 2023) héberge la collection scientifique et un peu macabre de John Hunter.

Musée John Soane

C’est au nord du ravissant jardin que se dressent les trois maisons constituant le Soane Museum. Dans 19 petites pièces, le célèbre architecte de la Banque d’Angleterre mort en 1837 a compulsivement emmagasiné une collection de copies et fragments antiques, tableaux et objets hétéroclites. Dans ce capharnaüm étonnant, on s’arrêtera sur l’extraordinaire collection d’œuvres de Hogarth (2 séries complètes et quelles séries ! ) de très beaux Canaletto. Au chapitre des antiquités, le clou est assurément le sarcophage de Sethi 1er, père du fameux Ramses II.  Son arrivée a fait l’objet d’une célébration typique de l’époque victorienne. Evidemment, il ne fait pas être claustrophobe ni craindre les escaliers un peu pentus

Hogarth, le vote
Sarcophage de Séthi Ier

Vauxhall

Pour faire suite à la dernière promenade autour de Waterloo station, Southwark et Lambeth, voici une extension du côté de Vauxhall.

Vers Battersea Park

On peut commencer cette promenade dans le quartier de Vauxhall vers Nine elms.

 C’est au milieu des immeubles modernes qu’a été construite la nouvelle et moderniste Ambassade des Etats-Unis. Ce déménagement de Grosvenor Place à ce quartier tout neuf a suscité la controverse notamment après le refus fallacieux de Donald Trump de venir l’inaugurer.

Ce quartier en pleine refonte recèle encore quelques jolies pépites comme la maison géorgienne qui lui a légué son nom « folks hall » devenu Vauxhall. C’est dans ce quartier que se niche une merveille, la ravissante enclave de Bonnington avec un café associatif adorable et un jardin communautaire délicieux.

Bonnington Garden, un oasis au coeur de Vauxhall

En continuant le long de la Tamise on va alors rejoindre le parc de .Battersea avec sa belle pagode dorée.

On peut également s’enfoncer davantage dans Vauxhall et rejoindre le jardin du même nom connu à l’époque géorgienne comme jardin des plaisirs. Ce lieu apparait d’ailleurs dans la peinture mais aussi dans une reconstitution du musée de Londres.  Non loin, se tient une ferme avec des poules, ânes et lamas.  Ce petit air de campagne en plein Londres attire de nombreux amateurs en fin de semaine.

mon ami le lama décoiffé à la ferme de Vauxhall

Vers le Musée de la guerre et le musée du cinéma

En partant de la station de métro Lamberth North, on atteint un champ de lavande minuscule autant qu’inattendu au croisement de Wesminster Bridge et George rd. Puis on pourra s’arrêter au Musée de la Guerre. Derrière ce nom peu prometteur, se dissimule une présentation passionnante de Londres au XXe s. On y découvre l’énorme effort consenti par les britanniques pendant les deux guerres mais pas seulement. Y sont évoqués de larges tableaux des guerres actuelles et de leurs ravages mais aussi un remarquable panorama de l’Empire britannique à la fin de l’ère victorienne. Finalement, ce musée est assez mal nommé et devrait plutôt s’appeler musée « pour la paix », ce qui rendrait sa visite tout de suite plus attirante. D’autant qu’il se situe dans un jardin bien plaisant.

On peut d’ailleurs pousser la promenade verte jusqu’à Lambeth Walk, un fort agréable jardin communautaire qui débouche sur Kennington road. Quasiment en face, s’embranche Wincott Street puis Gilbert rd.

Lambeth walk

On emprunte alors la rue Renfrew, le célèbre préhistorien. On y trouve un charmant centre bouddhiste, et, juste derrière, le musée du cinéma. Il occupe une des rares workhouse encore debout dans Londres.

Centre bouddhique

 C’est dans cet asile pour pauvres que Charlie Chaplin passa une partie de sa jeunesse misérable. Dans ses films, il décrit d’ailleurs la pauvreté vécue durant son enfance passée non loin de là, à Kennington. Ce quartier de grande misère est en pleine réhabilitation. S’y construisent des ilots entiers sans beaucoup de charme. Il faut donc y profiter de chaque joli vestige comme le château d’eau aménagé en logement haut de gamme qui domine fièrement le pâté de maison.

Musée du Cinéma

Du côté de Elephant and Castle

On va alors rejoindre la place très bruyante de Elephant and castle. Le quartier a été fort remanié dans les années 19670, ce parfois de manière brutaliste. Témoin l’horrible immeuble commis par Ërno Goldfinger que nous avons déjà rencontré à Hampstead. Ce personnage mérite vraiment de devenir héros de roman. Ian Fleming l’a fait avant moi malheureusement (ou heureusement). Ulcéré par les horreurs construites par cet architecte brutaliste, il en a fait le vilain de James Bond. Un brin d’antisémitisme peut-être, mais une vraie vision patrimoniale chez Fleming !

Le petit panneau de l’Elephant se niche juste à côté de la gare et non de la station de métro.  Ce nom amusant proviendrait de la déformation linguistique de l’ « infante de Castille » Eleonore. Un historien a récemment prouvé que cette légende relevait du mythe et que l’éléphant et son château désignaient en fait un pub. Cette tradition de noms de lieux liés à un établissement de boisson est en effet très courante à Londres.

 Sur la place même, une curieuse boite argentée fait figure de mémorial à Faraday qui habitait le quartier. Sa cage le poursuit jusque dans l’éternité…

cage mémorial de Faraday, sur Elephant and Castle

Autour de Waterloo Station

Je continue mes idées promenades autour des gares, aujourd’hui autour de Waterloo Station.

Jardin d’amour par William Blake

 Waterloo Station ne vise pas seulement à agacer les Français. Même si les premiers TGV reliaient la gare du Nord parisienne à cette gare. En effet, le lieu reprend le nom du pont de Waterloo et non celui de la bataille.  D’ailleurs les trains en provenance de France débarquent maintenant à St Pancras.

Le quartier a récemments bénéficié d’une rénovation et peut présenter un bon départ d’exploration. Alors RV comme tous les amoureux devant la grande horloge des départs.

En direction de Borough Market

En descendant du grand escalier de l’entrée principale, on passe devant la statue hommage aux soldats de la première guerre mondiale. De là, on rejoint une place occupée par l’odéon. Un grand hôpital de briques rouges appartient aujourd’hui à l’université. En face, une petite maison qui semble coupée par les voies de chemin de fer. Et la belle église st Georges avec son jardinet. Juste derrière la rue Roupel a conservé son aspect victorien avec ses petites maisons alignées.

Roupel Street

Un peu plus loin, on atteint le Old Vic, grand théâtre aux bonnes programmations, dont le nom remonte à une visite de la Reine Victoria.

 Du petit jardinet, on se rend vers Southwark par the cut. Les constructions modernes effacent peu à peu les petites maisons. Des rues bordées de lotissements mènent à l’emplacement du shakespearien théâtre the Rose aujourd’hui seulement marqué par un panonceau. 

Le quartier de Southwark tient sa renommée à l’église mais aussi au marché alimentaire, très à la mode pour des en cas de world food. Sur le chemin, on remarquera quelques belles fresques. Sur la rue Redcross, une grille couverte de chiffons attire l’œil. Elle marque l’emplacement d’un cimetière non consacré. Ici, à Crossbones, atterrissaient les ossements des prostituées et autres miséreuses. L’église récupérait eurs maigres richesses matérielles, mais pas leurs âmes…

cottages sur Redcross alley

 Pratiquement en face, se dresse une ragschool, une de ces écoles que la pitié victorienne accordait aux nécessiteux. C’est aussi ici que se niche un charmant petit ensemble de cottages ouvriers. Enfin, en levant le nez en direction de la Tamise, on verra l’un des plus beaux « ghost signs » de la capitale. Ces publicités peintes du siècle passé sont aujourd’hui très prisées. Elles vantent essentiellement la bière (ici « Take courage ») ou des produits du type Bovril (une sorte de viandox local).

En longeant la Tamise

On peut également rejoindre Borough Market en longeant la Tamise.

Southwark par Jimmy C

 cette balade fort agréable en semaine est bondée le week end. Elle longe des marchés alimentaires. Les kiosques proposent arepas, curry indiens, nouilles chinoises, voire crêpes. De quoi effectuer un tour du monde gastronomique sans se déplacer bien loin.

Borough Market

Le long de la Tamise, on rejoint alors  la Tate Gallery modern. L’ancienne usine abrite aujourd’hui les collections d’art moderne. L’énorme bâtiment industriel se trouve aujourd’hui doublé d’une aile moderniste. Le tout est relié à la cathédrale Saint Paul et à la rive nord de la Tamise par une spectaculaire passerelle piétonnière construite pour l’an 2000.

Un tout petit peu plus loin, se dresse le théâtre Globe merveilleusement recréé. Ce haut lieu shakespearien mérite une visite. La reconstruction et les spectacles sont en effet d’une qualité remarquable. Je reparlerai de ce haut lieu de culture anglaise très prochainement.

Vers Lambeth

Si maintenant on contourne Waterloo Station, on rejoint Lower marsh qui nous rappelle la présence de marais en ces lieux. A mi-chemin, s’embranche le tunnel Leak, célèbre chez les graffeurs. C’est en effet un haut lieu du Street art et le panorama visuel y change d’une semaine à l’autre avec de vraies merveilles.

Au bout de la rue, on parvient au métro Lamberth North. Ici on peut s’arrêter devant la gare qui menait à Brookwood, ancienne nécropole victorienne desservie par un train qui en partait. C’est donc d’une certaine manière une « nécrogare » puisqu’en partaient des convois de cercueils visant à désengorger les cimetières paroissiaux du centre-ville ou à emmener les endeuillés accompagnant leurs proches vers leur dernier voyage.

la gare désaffectée du cimetière de Brookwood

La flèche de la chapelle Lincoln décorée des bandes et étoiles de la bannière américaine domine la rue. Non loin de cette église commémorative s’embranche un tunnel décoré de mosaïques rappelant l’œuvre du grand artiste William Blake, habitant du quartier.

On rejoint alors l’hôpital St Thomas où l’on peut, ou non, visiter le musée consacré à Florence Nightingale.

L’immense mur commémorant les trop nombreuses victimes du Covid

Le long de la tamise on longera le mur du Covid pour rejoindre le palais de Lambeth, résidence officielle à Londres de l’Archevêque de Canterbury.

 Le nom de Lambeth évoque le rivage ou l’on amenait les moutons. Le musée du Jardinage a élu domicile tout près.

On rejoint alors la galerie Newsport. Damian Hirst a transformé des entrepôts en un musée épatant.

Entre jardins et baraquements, la rue mène jusqu’à une étonnant bâtiment, autrefois siège de la fabrique de céramique Royal Doulton.

Royal Doulton

Celui-ci est décoré de reliefs de terre-cuite spécialité de l’enseigne. Le tunnel dans la même rue du Prince noir, montre d’ailleurs, au moyen de médaillons, l’inventivité et la technicité de cette manufacture.

Skyline londonien

Le skyline londonien se transforme rapidement. Une petite vidéo bien faite nous donne la mesure de cette croissance. https://www.openculture.com/2021/03/the-growth-of-london.html

skyline depuis le London Bridge

Contournant les quelques rares lois limitant la hauteur des constructions, la ville a accepté dès les lendemains de la seconde Guerre mondiale les projets architecturaux les plus hardis. Ceux-ci ont complètement changé la ligne d’horizon, en respectant les couloirs destinés à protéger la vue sur le dôme de la cathédrale st Paul. Quelques lois  dont celle de 1774 limite la taille et l’aspect des édifices. Elle standardise la qualité et la construction. En 1894, une nouvelle loi limite la hauteur des maisons à celle des échelles de pompiers.

Néanmoins, éventrée par les bombardements de la deuxième Guerre Mondiale, la ville ne cesse de se reconstruire. Voici d’ailleurs les nouveaux projets. : https://www.dezeen.com/tag/london/

Des quartiers reconstruits et transformés

 Le nouveau skyline de la city :

La city a été pratiquement détruite pendant la seconde guerre mondiale. Depuis, elle est devenue le théâtre d’expérimentations architecturales. Son skyline s’est totalement transformé.

Dès les années 1960 l’immense complexe Barbican en béton bouchardé propose une énorme cité jardin avec équipements culturel et  sportifs .  https://www.barbican.org.uk/

Barbican centre

Dans la city encore, en 1976 ,Richard Rogers inaugure le modernisme avec l’immeuble de la Lloyds terminé en 1986. Construit en béton, acier et verre, cette tour surnommée « cathédrale mécanique » prend le nom d’Edward Lloyd, fondateur dès 1688 d’une compagnie d’assurances maritimes. Elle adopte le style radical Bowelism (post modernisme hightech) style associé au nom de Richard Rogers . Les conduits, tuyaux sont rejetés en façade pour maximiser les espaces intérieurs.

L’immeuble de la Lloyds par Rodgers

 Depuis, la City s’est couverte de constructions hardies tel le Gherkin, cornichon de 180m construit par Forster et inauguré en 2004. Son style néofuturiste lui a valu lde nombreuses recompenses. Cette tour étonnante remplace la Millenium Tower, point haut du Baltic Exchange soufflé dans une attaque à la bombe perpetré par l’IRA.

Le Gherkin

Pratiquement en face le  122 Leadenhall Building culmine à 225m. Cet immeuble moderniste de bureau est connu pour sa forme en rape à fromage, qui dégage la vue sur St Paul.

Les derniers étages de l’immeuble de Fenchurch Street lui ont donné son nom. L’immense serre du Walkie Talkie terminé en 2014   offre l’une des vues panoramiques les plus impressionnantes de la ville.

La rive Nord de la Tamise,

Le quartier St Paul longtemps considéré comme intouchable et très bombardé fait lui aussi l’objet de réhabilitation. La dernière en date touche Cheapside. La pointe donnant sur la cathédrale devient un immense centre commercial signé par l’architecte français Jean Nouvel. Peu spectaculaire par rapport au reste de son œuvre cet aménagement s’articule autour de la vue sur la coupole de St Paul, longtemps considéré comme l’édifice le plus haut de la ville.

La BT Tower, devenue emblème de la modernité dans les années 1970 fait du quartier de Bloomsbury une zone également innovante.

Dans le quartier de Saint-Pancras, au nord de la gare, le Granary, ancien entrepôt à blé, abrite désormais la célèbre école de mode Central St Martins. Les entrepôts du port au charbon ont été réhabilités et forment une belle zone commerciale.

A l’ouest de la ville, dans Hyde Park, Les Galeries Serpentine font l’objet de concours d’architectes annuels pour un pavillon d’été  éphémère (6 mois de realization, 3 mois d’exposition). Les plus grands architects contemporains ont participé : Zaha Hadid, Daniel Libeskind, Anish Kapoor, Rem Koolhaas, Frank Gehry to name a few.

A l’est de la Tamise, un skyline visible de loin

Plus à l’est de la City, le quartier de Canary Wharf a subi unespectaculaire transformation . Le vieux quartier industriel, les Docklands, lié au commerce du fleuve, est devenu un majestueux ensemble d’immeubles, dominé par One Canada Square, mais aussi  Newfoundland, One Park Drive, South Quay Plaza One,…En sous-sol un immense et luxueux zone commercial répond à la modernité architecturale de la surface.

Plus au Nord, non loin de l’aéroport de Stratford, se trouve Le quartier olympique. Il date des olympiades de 2012. L’un de ses bâtiments symboliques en est la tour d’observation artistique de Anish Kapoor and Cecil Balmond. Des tubes rouges et tobogans constituent cette petite sœur de la Tour Eiffel rouge..

La Tour Mittal par Kapoor

Non loin de la tour, le parc de la Reine Elisabeth commence à prendre forme. https://www.queenelizabetholympicpark.co.uk/

Dans le parc, on distingue la forme ovoïde du vélodrome œuvre de Hopkins Architects Partners. Le toit  ressemble à une chips Pringle’s. On peut poursuivre la promenade bucolique et architecturale jusqu’au stade De West Ham et à la très belle piscine olympique. De belles promenades existent le long de la rivière Lea. https://www.queenelizabetholympicpark.co.uk/the-park/venues/parklands-and-playgrounds/waterways-and-rivers/lea-river-park

Nouveaux quartiers, Nouvelles architectures, nouveau skyline, Londres terrain d’expérimentation

Le sud de la Tamise, traditionnellement plus pauvre , plus industriel s’affirme comme l’un des chantiers actifs de la capitale.

Le quartier de Southwark

Ce quartier, longtemps hors la ville et à la mauvaise réputation, s’enorgueillit d’audacieuses constructions.

L’une des plus spectaculaires est la Tate Modern. Aménagée dans une ancienne usine électrique de la fin des années 40, la galerie d’art moderne offre un exemple de réhabilitation du patrimoine industriel. Le musée présente une très riche collection d’œuvres modernes. Celles-ci sont classées par thématiques et non par mouvement artistique ni par époque,. Ce choix  permet d’explorer des œuvres sous un angle original . On redécouvre ainsi Dali, Léger, Magritte, Brancusi, Warhol, Louise Bourgeois selon des thèmes.

La nouvelle aile Blavatnik de Herzog et de Meuron, inaugurée en juin 2016, s’inscrit dans la continuité du bâtiment ancien.. Construite en  briques,  béton et  bois brut, elle se fond dans le décor. En effet elle semble de l’ancien rénové. Cette drôle de pyramide décomposée, nommée la Switch House, reste toutefois reliée à l’ancien bâtiment par un pont aérien au quatrième niveau.

Quasiment en face, le City Hall, de Forster, en forme d’escargot abrite les bureaux de l’agglomération du grand Londres.  

London Bridge et au delà

Le Shard définit un nouveau skyline

Le quartier de London Bridge et de l’Hopital Guy se renouvelle complètement. The Shard, extraordinaire aiguille de verre, haute de plus de trois cents mètres est depuis 2013 le plus haut immeuble d’Europe. Ses 309m de haut lui assurent une incomparable vue sur Londres. Sa forme élancée néo futuriste due à l’architecte italien Renzo Piano le rend reconnaissable en tous points de Londres

Le Shard

Plus loin, le long de Bermondsey Road, Ricardo Legoreta a construit le Musée de la mode et du textile. https://fashiontextilemuseum.org/ Si les collections tournent et ne se révèlent pas toujours à la hauteur du prix d’entrée, le bâtiment lui rappelle le meilleur de l’architecture mexicaine. Ses couleurs vives et ses formes cubiques contrastent avec les petites maisons de cette rue vivante et bien agréable. Une pâtisserie française y vend de merveilleux croissants à la pistache.

Musée de la mode et du textile

L’exploration architecturale continue autour de North Greenwich où l’immense toile du Dome O2 tendue pour l’exposition de 2000, abrite désormais un centre de spectacle et un énorme centre commercial. Tout autour, les quartiers neufs s’étendent le long de la Tamise. Des promenades longent d’ailleurs le fleuve permettant de remonter jusqu’à la barrière de régulation des crues. Du Dôme, on peut même prendre les téléphériques au-dessus de la Tamise pour rejoindre la rive nord. https://tfl.gov.uk/modes/emirates-air-line/

Islington

Ce joli quartier se développe autour d’une antique voie romaine. Les champs et fermes d’origine ont donné naissance à trois grands domaines : Barnbury, Canonbury et Highbury. Amplement lotis au XIXème siècle, ils ont conservé de grands espaces végétaux qui rappellent le passé champêtre de cette zone et son rôle pour approvisionner la capitale en laitages.

Islington, Autour de Canonbury

Le centre de Canonbury s’articule aujourd’hui autour de la plaisante place du même nom, Canonbury square. Son charme quasi provincial attira de nombreux auteurs au début du XXe siècle parmi lesquels Evelyn Waugh et George Orwell. Le côté sud a été construit sur une terrasse pour compenser le dénivelé de cette place construite à flanc de colline. Si l’on ne distingue plus vraiment aujourd’hui le relief dans Londres, il existait en effet encore aux 18 et 19e.

Du domaine de Canonbury, ne subsiste que la tour du manoir et une petite impasse. Au 13ème siècle, les terres dépendaient du Prieuré de St Bartholomé. A la dissolution des monastères au moment de la Réforme, au 16e siècle, les terres passèrent entre des mains privées. Seule la tour subsiste du manoir alors érigé. https://visitesfabienne.org/clerkenwell/

 S’y nichent aujourd’hui une école d’allure victorienne, une jolie demeure avec un jardin ahurissant au cœur d’une grande métropole, une grange. Le tout se situe au sommet d’une colline qui devait dominer les champs au-delà de la limite de la ville. De ces bâtiments témoins de l’ancien domaine, partent des rues en pentes qui rejoignent un étonnant et charmant cour d’eau.

Connu sous le nom de « New river », ce serpent d’eau correspond en fait à un canal ouvert en 1613 par Hugh  Myddleton pour approvisionner la capitale en eau. Bien qu’artificiel et aujourd’hui réaménagé uniquement en promenade, ce canal menait jusqu’aux réservoirs que l’on voit encore sur Petonville street.

En partant vers Newingston, les plaisantes maisons cèdent la place à des constructions plus modestes. Caché derrière la rue Northampton Park le jardin st Paul, nommé St Paul Shrubbery est tout ce qui reste des énormes vergers qui alimentaient la capitale.

Islington, Du côté de Highbury

La rue st Paul mène à Newington green. C’est le long de ce parc que se trouve l’une des rangée de maisons les plus anciennes de Londres du 17e,. Quoique remaniées (la maison du milieu a été rehaussée), assez maladroites, elles constituent la plus ancienne « terrace » de la capitale.

 Le jardin lui-même honore au moyen d’une curieuse sculpture Mary Wollstonecraft, la première féministe anglaise qui dès 1792 réclamait l’égalité des Sexes. Contemporaine d’Olympe de Gouges, elle fut aussi la mère de Mary Shelley auteur de Frankenstein.

Newington, où se trouve une fantastique mosquée turque aménagée dans un ancien cinéma à la façade aux carreaux ottomans, jouxte Highbury. https://aziziye.org.uk/

Highbury Field marque l’épicentre de ce qu’était autrefois ce grand domaine. L’immense parc engazonné et entouré de maisons géorgiennes est désormais un lieu de promenade. Les petits collectifs et maisonnettes alentours ne sont pas les plus prisées d’Islington. En revanche il vaut le coup de pousser jusqu’à la communauté quasi fermée de Aberdeen Park. Cette rue circulaire donne accès à une série de jolies maisons victoriennes et Arts and Crafts. Au centre, l’église st saviour donne un caractère champêtre. Le poète John Betjeman lui a consacré un poème. Il y évoque l’église dans laquelle se sont mariés ses parents et le calme de ce quartier à l’époque déshérité. Effectivement le quartier connut une véritable désaffection après 1860, époque où les premiers transports publics rendaient les campagnes proches de la capitale plus attractives. Néanmoins, depuis les années 1960, on assiste à une nette gentrification. https://www.poetrynook.com/poem/st-saviours-aberdeen-park-highbury-london-n

Plus au nord encore du parc, le grand stade d’Arsenal draine des foules de supporters vers le nord d’Islington

Vers Barnbury

Du sud du quartier émane une atmosphère en revanche bien différente. Le carrefour Angel marque le passage de la ville ancienne aux faubourgs. Les lieux de mauvaise vie se sont peu à peu transformés en théâtres, pubs et cafés soignés et animés. Pour autant, le marché sur Chapel Market a gardé son caractère populaire. On se trouve ici face à une première fourche qui mène vers Liverpool rd à l’ouest de laquelle le quartier s’embourgeoise complètement. C’est d’ailleurs entre Barnard Park et le ravissant jardin de Thornhill qu’habitent aujourd’hui quelques uns des membres les plus importants du gouvernement ou des précédents. C’est aussi au milieu de ces rues calmes arborées et ponctuées de nombreux espaces verts que se trouve l’une des rues les plus étonnantes de Londres, Richmond Street,. Loties par un amateur d’Egypte, chaque maison se voit annoncer par deux petits sphinxes. (https://visitesfabienne.org/legyptomanie-londonienne/

La grande artère se dédouble une nouvelle fois  en Upper street qui mène vers Highbury et Essex Rod le long de Canonbury. Un petit bâtiment à la jonction de Essex road et de la ravissante petite rue piétonnière rappelle que l’on changeait d’équipage avant d’entrer dans Londre. Transformé en supermarché, il tend à se fondre dans l’ensemble des petites échoppes colorées et bondées de High street Islington. Cette ravissante ruelle attire de nombreux français. De là, on peut regagner la new river déjà évoquée.

On peut également remonter vers le carrefour d’Islington, très animé, devant la statue de Hugh Myddleton et se diriger vers l’église Ste Mary. Tout autour un joli jardin mène à un charmant théâtre de marionnettes. Upper Street, bordée de jolis magasins, mène ensuite directement jusqu’à Highbury Fields.