Le Mur de Londres

J’ai déjà abordé le mur de Londres en évoquant la ville romaine. https://visitesfabienne.org/londinium-londres-romain/ Aujourd’hui en voici l’itinéraire https://londonmymind.com/london-wall-walk/

Un mur médiéval de fondation romaine 

Certains historiens définissent la ville ancienne par ses remparts, la ville moderne par sa régularité. La ville contemporaine elle se définit par le nombre de ses habitant et la qualité de ses infrastructures. Londres, de par sa taille et son organisation correspond donc bien à une grande ville au sens moderne. Ses murs nous renseignent également sur son existence en tant que ville ancienne.

De fait, Londres consiste en d’un agrégat de communes. La ville antique et emmurée fondée près du gué, le pont de Londres, décline à la période saxonne pour voir la ville saxonne Lundwig se former autour de Aldwych. Guillaume le conquérant installera son fief normand du côté de Westminster. Pendant ce temps, la cité romaine décline et ses murailles ne seront restaurées qu’entre les 13e et 15e siècles.

A la fin de la période romaine, le mur, en pierres du Kent, visait à protéger Londres des envahisseurs et notamment des Pictes. Il était l’une des plus grosses constructions de la Britannia romaine. Un fossé extérieur assurait une meilleure protection. Il fut d’ailleurs reconstruit et agrandi à de nombreuses reprises. Il comprenait 20 bastions surtout à l’est et un fort au nord-ouest (près de St Alphange). Ce fort abritait la garde officielle du gouverneur de Britannia et 1000 hommes dans une série de baraquements, de bâtiments administratifs, et magasins. Des plateformes de bois complétaient le dispositif renforcé au Moyen-Age au moyen de créneaux, meurtrières. Plus tard encore, des bastions accueillirent des catapultes.

Tracé du Mur de Londres

Cette muraille simple remonte à 120 ap JC. C’est un mur massif de 2 miles autour de la cité romaine. A son apogée il pouvait mesurer 10m de hauteur. sa forme n’a pas changé durant 1700 ans. Disparue en grande partie à mesure de la croissance de Londres vers l’Ouest, la muraille a été souvent incorporée dans des bâtiments ultérieurs. Les tronçons non démolis sont réapparus lors des bombardements de la 2nde Guerre Mondiale particulièrement dans la zone du Barbican. Les fouilles des années 1960/70 ont permis de mettre à jour, nettoyer restaurer les portions aujourd’hui visibles.

Tour du mur à la hauteur du Barbican

On connait aussi le tracé de cette muraille grâce à son empreinte toponymique. Ainsi, Aldgate, Bishopsgate, Cripplegate, Ludgate, Newgate indiquent la présence de portes d’accès. Celles-ci ne datent pas toutes de la même période. Si Old(ald) et new peuvent être romaines, en revanche Bishop ( évêque) ou Cripple datent de la christianisation, Ludgate évoque la ville saxonne. Et Blackfriars les pénitents noirs de la colonie médiévale. Généralement, ces portes correspondaient à des carrefours stratégiques et ouvraient sur des voies de communication importantes.  Au Moyen Age, des exécutions y prenaient souvent place. à Tower et Bishopsgate notamment. Il ne reste rien de ces constructions défensives pourtant reconstruites de nombreuses fois jusqu’à devenir lieux d’habitation

Aujourd’hui, on peut suivre l’itinéraire du mur de la Tour de Londres à St Paul en traquant les vestiges dans les jardinets, les souterrains, les rues ou en les devinant grâce aux noms.

https://www.english-heritage.org.uk/visit/places/london-wall/History/

Un itinéraire facile à suivre

Le Mur de Londres, de la Tour de Londres au Barbican

  • L’itinéraire commence au pied de la tour de Londres devant la Poterne vraisemblablement reconstruite à l’époque médiévale, puis quasi disparue, avant les fouilles de 1979.
  • Dans le jardinet jouxtant la station de métro Tower Hill, derrière la statue de Trajan, se dresse un haut fragment du mur. Sur la base typiquement romaine (jusqu’à 4m de hauteur sur les 6 initiaux) s’appuient 6m de constructions médiévales.
Le Mur devant la Station Tower Hill, on distingue bien l’appareillage mixte romain dans la partie inférieure
  • Sur Cooper’s Row Walk, dans la cour de l’hôtel Leonardo, un passage caché débouche sur: un fragment du mur. La base romaine se déploie sur 4m complétée par un appareillage médiéval particulièrement soigné. Le rempart se traverse ici.
  • Sur Vine Street, le tout petit square expose 10m du mur romain dont la base d’une tour bastionnée (4e s) démolie au 13e.
  • La porte de Aldgate se trouvait sur la route romaine la plus importante vers Colchester. Elle est antérieure au mur. Reconstruite trois fois, puis détruite en 1716 pour favoriser la circulation, elle était habitée. Au 14e, s Geoffrey Chaucer, poète mais aussi douanier y habita.
  • Bishopsgate ouvrait sur la route de York. Une mitre sur Heron tower au-dessus de la pharmacie Boots rappelle l’emplacement de la porte. London Wall suit le bord  du fossé extérieur du mur romain. Pour agrandir la rue au 20es on a modifié son alignement. All Hallows on the Wall du 18e remplace l’église du 12e construite dans les fondations d’un bastion romain. Le mur du 18e reprend le mur médiéval.
  • A l’angle de Moorgate et de Londonwall, un immeuble de verre (en photo) mène à un parking. A la place 54, apparait une belle portion du mur. On rentre alors dans le quartier de Barbican, éventré par les bombardements. Durant la reconstruction, on a mis à jour et restauré des vestiges importants.
Entrée du Parking dur Moorgate et place 54

Le quartier du Barbican

  • St Alphage, cette section du mur remonte à +120 et faisait partie du Fort romain agrandi au Moyen Age et évoqué au 1er paragraphe. Après la période saxonne, au 11e une église fut construite dans les fondations du mur puis détruite au 16e. Ces fondations devinrent alors caves de nouveaux bâtiments. Exhumée après les bombardements, cette portion montre donc un soubassement romain et partie supérieure (1477) médiévale, décorée.
Le Mur de Londres à St Alphange
  • Cripplegate marque l’entrée nord de la muraille en déclin à la période saxonne La porte fut reconstruite et en activité en 1490 avec la résurgence de ce quartier suburbain proche de Islington. Elle se transforma ensuite en logements puis prison et fut démolie au 18e pour améliorer la circulation.
Vue du Musée de Londres
  • Près de l’Eglise st Gilles Gripplegate, apparait une section très bien conservée au nord de la muraille. La majorité des pierres et les tours datent pourtant du Moyen-Age. Ce mur protégeait au 17e un cimetière occupant le fossé médiéval comblé. Il correspond aujourd’hui au petit lac. La tour au NW du mur antique garde 2/3 de sa hauteur initiale.
  • Sous le Museum of London le long des jardins, une tour défensive du 13e s’est fondue dans les bâtiments du 16e dont le hall des barbiers, souvent abimé et reconstruit.
Tour et lac au Barbican
  • Sur Noble Street Wall une plateforme permet d’observer les vestiges du mur redécouvert après les bombardements. D’une tour de garde on accédait à la courtine SW. On distingue de nombreuses traces de reconstructions médiévales et surtout 19e.On peut alors suivre le tracé du mur sans vestiges apparents le long de Newgate, Ludgate puis Blackfriars.
Tour devant l’Eglise St Gilles Cripplegate

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