Londinium, Londres romain

Voici une balade pour découvrir Londinium, le Londres romain. Car Londres date de l’invasion romaine en -43 . Cet important carrefour sur la Tamise servit en effet de centre commercial jusqu’à son abandon au +Ve. Très rapidement construit, le petit camp établi au Nord du fleuve entre 2 collines contrôlait un pont à l’endroit où la Tamise se rétrécissait, « London Bridge ».

A Tower Bridge, la partie inférieure du mur est romaine

Un mur entourait Londinium, repris en partie par la muraille médiévale. Cette dernière reste d’ailleurs visible. A l’abri derrière ce mur épais, la petite ville se développa, comme ses sœurs continentales, autour de son forum. On y décèle encore la trace de cultes et de lieux de loisir. Des musées regroupent les artefacts récupérés au cours de fouilles. Par une ironie du sort, les bombardements de la seconde guerre mondiale ont souvent permis de découvrir les vestiges épargnés par les destructions médiévales.

1/ La muraille de Londinium

La Muraille romaine encerclait la cité de Londres. Construite entre 190 et 225 elle se développa jusqu’au IVes. Avec le mur d’Hadrien (au sud de l’Ecosse) elle constitua l’un de plus gros projets de construction mené par les Romains sur le sol britannique. Elle mesurait 6m de haut sur un peu plus de 3km. Elle a dessiné la structure de la city actuelle.

Après le départ des romains, les Anglo saxons continuèrent à utiliser le mur. Néanmoins, La période médiévale l’élargit et ajouta des créneaux, portes et bastions. Les Tours de Londres, de Montfichet et de Baynard renforçaient l’édifice. Au 18e s, le mur disparut en grande partie. Pourtant, de grandes sections subsistaient encore, incorporées dans d’autres constructions. Certaines réapparurent d’ailleurs lors des bombardements. https://www.english-heritage.org.uk/visit/places/london-wall/History/

Où voir le mur :

– A la sortie du métro Tower Hill. Au pied de cette importante section du mur, une statue de Trajan. Le mur continue dans la cour du Leonardo Royal hôtel sur Cooper’s Row.

– une autre section est visible près du musée de Londres. Au niveau du Barbican, on trouve quelques tours du 13e s ajoutées à la construction romaine.  On suit encore le mur dans le jardin Salter puis le long de Noble Street. Ici, on voit les traces du fort romain du 2es intégrée aux fortifications saxonnes et au bastion médiéval. Pratiquement carré (200m x 200m), il fut progressivement intégré au mur enserrant la ville. Mais, devenu inutile avec la sécurisation de la Britannia romaine, il fut alors démantelé.

– D’autres fragments existent. Néanmoins, Il faut souvent un permis pour y accéder. En revanche le parking le long de la rue London Wall recèle un pan de ce mur.

Enfin, la toponymie nous indique la présence des portes dans la muraille. Il suffit de suivre London Wall bien sûr, mais aussi Aldgate (Old gate), Bishopsgate, Moorgate, Cripple gate (Eglise St Giles, porte du Nord), Aldergate, Newgate, Ludgate (Eglise St Martin), pour retrouver son trajet. Par ailleurs les diverses églises St Botolph nous donnent une indication précieuse. Ce Saint saxon est en effet associé aux voyageurs et les églises se situaient à l’extérieur du mur, tout près de portes.

2/ Les monuments de Londinium

Londinium s’articulait autour de son forum à peu près au niveau de Leadenhall Market.  Des traces subsistent dans les sous-sols de certains commerces comme le coiffeur. Il reste malheureusement très peu de vestiges.

Des monuments publics redécouverts

  • Un Mithraeum, découvert sur un site bombardé pendant la Guerre, a été déplacé dans Cannon Street Ce type de sanctuaire souterrain au dieu Perse Mithrae, s’adressait aux hommes, principalement militaires. Vous pouvez réserver votre visite : https://www.londonmithraeum.com/
Mithrae

 Trois églises de la cité recèlent des vestiges romains :

l’église st Magnus the martyr présente une pile de pont romaine du 1er siècle dans le porche d’entrée sous le clocher.

All Hallows-by-the-Tower (musée de la Crypte) l’église, fondée en 675, a conservé un arc saxon du 7e s construit en tuiles romaines de réemploi. Dans la crypte on a retrouvé la mosaïque d’une maison du 2e siècle. L’église, reconstruite aux 11e et 15e s a été en grande partie détruite pendant la seconde Guerre mondiale.

St Bride’s Church. Dans cette église dessinée par Christopher Wren en 1672 sur un lieu de culte plus ancien, la crypte abrite une mosaïque romaine.

London stone, une pierre romaine dans Cannon street

D’autres vestiges apparaissent de manière parfois fortuite. Ainsi en est-il du cadavre de la jeune romaine découvert sous le bâtiment détruit dans l’explosion de 1992 (Bombe posée par l’IRA). Une dalle l’honore au pied du nouvel édifice, le Gherkin.

3/ Les musées

  • British Museum. La salle 49 montre combien l’occupation romaine a changé le cours de l’histoire anglaise. Argenterie et mosaïques côtoient des lampes et statues illustrant la vie dans cette cité provinciale et septentrionale de l’Empire. Le site du musée n’est malheureusement pas à la hauteur de la qualité des pièces. exposées.https://www.britishmuseum.org/collection/galleries/roman-britain
  • Musée de Londres : Organisé de manière très pédagogique le parcours nous invite dans un tablinum romain mais aussi à travers toutes sortes de trésors : sculptures, monnaies, tombes, céramiques, verres, amphores à garum etc… Une maquette du pont, une petite cuisine illustrent de manière vivante cette présentation de la Londres romaine. Outre les outils, instruments divers, on y voit également la première mention écrite de Londres.  https://www.museumoflondon.org.uk/museum-london/permanent-galleries/roman-london
  • Vestiges de Bains romains  Billingsgate : il s’agit de vestiges thermaux des 2 et 3e siècles, découverts en 1848 lors de la construction de la Bourse du Charbon. Lors du développement du site dans les années 1960, les archéologues ont pu davantage l’étudier. En effet, l’édifice, construit le long de la Tamise, comprenait plusieurs ailes, un hypocauste. Les bains apparurent au 3e s avec frigidarium (bain froid), tepidarium (bain chaud) et caldarium (sauna). En activité jusqu’au 5e s, les bains, comme le reste de la ville, abandonnés, se dégradèrent. Le site fût le premier monument historique classé, en 1882. https://www.cityoflondon.gov.uk/things-to-do/attractions-museums-entertainment/visit-billingsgate-bathhouse

Ces bains sont véritablement romains au contraire des Roman Bath de Strand Lane sur Surrey Street, qui datent en fait du 17e siècle !

Soho

Aujourd’hui, je vous propose une balade à Soho, dans un quartier synonyme de divertissements et de sorties.

On en oublie presque que ce lieu campagnard utilisé pour les chasses royales a accueilli après le 17e s des vagues de communautés immigrées avant de devenir la zone de toutes les licences et extravagances britanniques. Aujourd’hui un peu gentrifié, on s’y rend pour ses cafés, pubs et restaurants mais aussi ses boutiques.

 Pour autant les années sulfureuses ont délocalisé l’aristocratie vers l’ouest. A la zone boho, on ajoute maintenant le plus souvent les rues autour de Leicester Square qui constituent le Chinatown londonien.

L’idée n’est pas ici de vous faire découvrir les boutiques et adresses branchées mais de proposer une promenade autour de 3 zones bien distinctes du quartier :

  • Le quartier commerçant et tendance de Carnaby
  • Les fondations autour de Soho square,
  • Le quartier chinois 

Autour de Carnaby, le Soho commerçant et branché

Par Carnaby street on désigne en fait une zone composée de 2 artères parallèles principales et l’ensemble des petites ruelles perpendiculaires  (14 rues au total) qui les relient. Ce quartier a été nettoyé, rénové et constitue une des poches piétonnes le plus commerçantes de la capitale. Situé entre Regent Street et Oxford Street juste au nord de Picadilly, et au sud de Great Malborough Street, il draine une clientèle plus jeune et originale en quête de magasins indépendants et de petits cafés à l’atmosphère unique. Berwick Street a d’ailleurs accueilli un des plus anciens marchés de la capitale.

https://www.carnaby.co.uk/history/

Plus à l’est du côté de l’Eglise Saint Anne et de Brewer Street et Old Compton, s’alignent les petites boutiques, librairies, cafés de la communauté homosexuelle. Enfin, à mesure que l’on se rapproche de Leicester Square et de Charing Cross Road, les théâtres et salles de spectacles se multiplient.

Autour de Soho Square, le Soho caritatif

Trop souvent les visiteurs négligent ce ravissant jardin entouré d’églises et de maisons de bienfaisance. Le quartier accueillit les émigrés français huguenots On appelait d’ailleurs ces quelques rues le quartier français. La présence française est encore manifeste avec des restaurants et pâtissiers (maison Bertaux, Richous…). Elle nous rappelle qu’au 17e nombreux furent les Huguenots à fuir la révocation de l’Edit de Nantes. Leur église, très discrète borde d’ailleurs le nord de la place.

Rapidement cette communauté émigrée en appela d’autres. L’église grecque donna ainsi son nom à la rue dans laquelle Wedgwood (cousin de Darwin) établit sa manufacture. Aujourd’hui très gentrifiées, les trois rues parallèles principales (Greek Dean Firth) sont bordées de charmants petits restaurants.

Juste au Nord de Leicester, le quartier chinois

Entre Shaftesbury Avenue au Nord, Rupert Street, Charing Cross Road et Leicester Square, le quartier chinois est composé de 5 ou 6 rues facilement identifiables grâce aux lampions rouges et aux restaurants et boutiques asiatiques. Il s’articule autour de Gerrard Street.

Le Chinatown actuel remonte aux années 1950 avec l’ouverture de quelques restaurants dans une zone historiquement habitée par les Huguenots. L’église ND de France rappelle d’ailleurs cette présence. Le quartier chinois a beaucoup grandi depuis, remplaçant peu à peu le premier Chinatown. A la base en effet, les asiatiques se regroupaient à l’Est de Londres, à Limehouse. Les premiers chinois travaillaient sur les quais pour la Compagnie East India à la fin du 19e siècle. Mais le déclin des Docks et de la construction navale amenuisa la communauté après la seconde guerre mondiale.

Hampstead

Aujourd’hui, une superbe balade dans Hampstead, l’un des quartiers les plus chics et les plus pittoresques de Londres. Vous pourrez agrémenter ces plaisantes découvertes de haltes dans les sympathiques troquets. Entre ses allées commerçantes et joliment animées et ses rues tranquilles bordées de superbes demeures, Hampstead offre de bien belles promenades.

Fenton House, l’une des merveilles de Hampstead
vue sur Londres depuis les hauteurs de Hampstead

 On peut commencer au Métro Hampstead. Mais on peut aussi opter pour le métro Finchley road. A la sortie, il suffit de suivre l’indication maison de Freud. Elle prend un petit passage en montée quasi en face de la station de métro. A gauche en haut de l’escalier, la rue Maresfiled Gardens passe devant la maison où le célèbre psychanalyste a fini sa vie en compagnie de sa fille Anna. Puis on continue au bout de la rue à droite. On rejoint alors Fitzjohn’s Avenue et on parvient au cœur de Hampstead.

Autour du métro Hampstead

Au métro Hampstead, commence High street. D’ici prennent quelques allées délicieuses : Perrin, Oriel pour n’en citer que deux. Sur Flask Lane, vous trouverez une des Free Houses qui a lancé les eaux de Hampstead. Car au XIXeme on y « prenait les eaux ».

De l’autre côté de la station, Church Row a conservé son charme Géorgien. Les maisons du 18e ont peu changé et le charme reste intact jusqu’à l’église Saint Jean. On peut contourner l’église par l’étonnant Frogmal Lane, un large chemin bucolique, avant de regagner le charmant cimetière. Après avoir rendu hommage au peintre Constable, l’une des nombreuses personnalités locales, la colline permet de rendre visite à nombre de personnages historiques. Ainsi, Charles de Gaulle y a vécu pendant la guerre. Stevenson, lui, a composé l’Ile au Trésor un peu plus haut au-delà de la jolie église catholique Sainte Marie.

Au XIXe s, avec son air « pur » du au relief(!), ses eaux bénéfiques, Hampstead est vite devenu le quartier des hôpitaux et résidences pour tuberculeux. On note ce développement autour de l’hôpital de Mount Vernon aujourd’hui résidence de luxe. Quasiment en face, la magnifique Fenston House s’ouvre derrière des grilles ouvragées. Dans les rues adjacentes, ont habité des écrivains. Daphné du Maurier y a trouvé son inspiration. Mais aussi les auteurs de Mary Poppins et Peter Pan, inspirés par la maison de l’Amiral.

Maison de l’Amiral

Les Hauteurs de Hampstead

Au-delà de l’observatoire, près du bassin Whitepond, on arrive au point culminant de la ville mais aussi de Londres.  Une route très encombrée mène à Kenwood House. Il s’agit de l’une de plus somptueuses demeures privées londoniennes, redessinée par le grand architecte Robert Adam à la fin du XVIIIe s. Elle abrite une fantastique collection de peintures. L’immense parc de Hampstead Heath offre de magnifiques vues sur Londres.  De nombreux étangs rappellent que la rivière Fleet y trouve sa source. Cette rivière se jette dans la Tamise à Londres près de Blackfriar. Couverte, son souvenir n’apparait que dans le nom de la rue Fleet street. Pour autant elle alimentait autrefois la capitale en eau potable. https://www.english-heritage.org.uk/visit/places/kenwood

Toujours après le Pond, mais sur la route de gauche, juste avant la maison Hill, se trouve l’un des lieux les plus exotiques de Londres, la Pergola. Une étonnante allée à l’italienne dans un jardin aux essences méditerranéennes nous emmène alors bien loin de la capitale anglaise. https://www.cityoflondon.gov.uk/things-to-do/green-spaces/hampstead-heath/where-to-go-at-hampstead-heath/hill-garden-and-pergola

Hill House depuis la Pergola

Pour continuer la promenade

De là, en rejoignant le Pub Old Bull and Bush, et en retraversant Hampstead Heath, un joli chemin mène dans le quartier de Vale of Health. Les cottages au charme campagnard voisinent avec les demeures plus imposantes dont Cannon Hall. Après la sévère prison de Wells Walk, une jolie fontaine victorienne rappelle l’importance des eaux de Hampstead . Tout près, se trouve le petit musée de Burgh House. La maison remonte à 1703 et un joli jardin avec café l’agrémente. Le Wells Theatre, un joli théâtre de marionnettes, des bains, fontaines jalonnent ces quelques rues.

Cottages sur Vales of Heath

La promenade bucolique continue sur Willow Street pour rejoindre la charmante église saint Jean et la maison de Keats. Non loin, au 2 Willow Road l’architecte Ernö Goldfinger  a construit en 1937 l’une des maisons modernistes les plus importantes du pays. Elle a inspiré Ian Fleming, l’auteur de James Bond.

Eglise St Jean

De là on peut revenir au métro ou, pour les marcheurs les plus aguerris, prolonger la boucle à travers le parc de Hampstead, jusqu’à Highgate.

Weston super Mare

Que fait-on ce week-end ? Si on allait à Weston Super Mare ?

Ecrite comme cela la proposition peut faire sourire. En effet, si Weston a été une station de bord de mer à la mode à la fin du XIXème siècle, le moins que l’on puisse dire est qu’elle est un peu désuète aujourd’hui….

Et pourtant…

Une plage magnifique

Weston Super Mare, ce sont des kilomètres d’une plage magnifique, paradis des kite surfeurs et autres véliplanchistes. Evidemment, il faut supporter l’eau froide et aimer le sable terreux. Néanmoins la plage est grande et dégagée. On peut aussi bien aimer le monde et rester proche du centre-ville et des baraques à fish and chips ou préférer l’extrémité plus sauvage.

Et pour ceux qui veulent juste se promener, il s’agit d’une vraie ville avec des boutiques et des petits restaurants, pas haut de gamme, mais de quoi passer une demi-journée bien plaisante. Pour les amateurs de jeux, des arcades et la jetée victorienne en fer forgé offrent de quoi s’occuper.

JPS, fils de Weston super Mare

Et puis pour les amateurs de Street Art, Weston est la ville de JPS et on le voit partout. On le suit aussi bien au centre de la ville que le long de la plage. La mairie a même mis au point un plan que l’on peut suivre comme une chasse au trésor pour découvrir les personnages d’animés au détour d’une rue. https://www.visit-westonsupermare.com/dbimgs/x171550-BID-Art-Trail-Nov-2017.pdf

Beaucoup des fresques ayant été dégradées, le graphiste, amateur de pochoirs, est revenu en Aout 2020 pour décorer les murs de sa ville natale de 35 nouvelles œuvres.

Jamie Scanlon, a changé de vie brutalement selon ses dires en 2009 après avoir découvert Banksy. L’ancien alcoolique et drogué s’est converti à la peinture illégale et distille aujourd’hui ses images tirées de marvels assorties de messages parfois politiques, souvent humoristiques. Il les signe des initiales JPS. https://www.facebook.com/JPSstreetart/

Bloomsbury

Bloomsbury entoure le British Museum. Ce quartier évoque l’intelligentsia de la fin du XIXe. De fait, les rues paisibles bordées de jolies maisons géorgiennes, les squares élégants nous mènent d’institutions universitaires en musées. On peut y consacrer quelques balades thématiques.

Bloomsbury, pour les amateurs de musées

Pour les amoureux d’égyptologie :  

  • le British Museum bien sûr, mais aussi deux collections moins connues.  La première présente le père de l’égyptologie anglaise : Flinders Petrie. Ce Musée Petrie se trouve dans UCL au bout de Malet Street :  https://www.ucl.ac.uk/culture/petrie-museum
  • La seconde est  l’extraordinaire Musée John Soane, maison de l’architecte de la Banque d’Angleterre. https://www.soane.org/. Ce capharnaüm exposé dans trois maisons accolées recèle entre autres merveilles le sarcophage de Sethi Ier, papa de Ramsès II et deux fantastiques séries de tableaux moralisateurs de William Hogarth : les élections et le débauché. Ces deux dernières ne sont accessibles que pendant les visites guidées.

Pour ceux qui ont déjà visité beaucoup de musées

  •  Le Foundling Museum présente l’histoire de la fondation pour les enfants abandonnés. Parmi les généreux bienfaiteurs, le musicien Haendel et le peintre Hogarth y ont laissé de beaux témoignages de leur générosité.  https://foundlingmuseum.org.uk/
  • Si la littérature misébariliste du XIXeme est votre tasse de thé, un détour dans la maison de Dickens s’impose. En fait l’écrivain a laissé sa trace à travers toute la ville mais ce petit musée est vraisemblablement l’endroit où il a passé le plus de temps et où il a beaucoup écrit. https://dickensmuseum.com/

Bloomsbury, lieux de verdure et de commémoration

De nombreux jardins

  • Comme de nombreux quartiers londonniens, Bloomsbury abonde en petits jardins. Mais ici les squares conservent cette élégance géorgienne des 18 et 19e lorsque ce quartier drainait la bonne bourgeoisie intellectuelle.
  • De nombreuses places offrent un banc accueillant, voire un petit café. Vous pouvez choisir entre l’élégant Bedford square, Russel square plus grand, Fitzroy un peu oublié. Bloomsbury proche du British Museum est souvent colonisé par les touristes, alors que l’ancien cimetière de Saint George isolé attire les gens du quartier. Coram’s Fields est fermé au public. Gordon et Tavistock square conservent la mémoire des sœurs Bell (Virginia Woolf, sa sœur Vanessa Bell et tous leurs proches dont le grand économiste Keynes). Des plaques bleues nous permettent de retracer leurs déménagements dans le quartier d’abord au 46 Gordon Square, puis 29 Fitzroy Square,  au 52 Tavistock Square et enfin juste à côté du Musée Foundling. Dans Tavistock square, un buste de l’auteur de « Promenade au phare » voisine avec une statue du Mahatma Gandhi.

Des lieux originaux

Outre les squares publics, le quartier de bloomsbury recèle des lieux moins connus. Ainsi, La Brunei Gallery  abrite l’un des jardins le plus secrets de la capitale : un jardin japonais, https://www.soas.ac.uk/soas-life/roofgarden/

  • Au chapitre des lieux originaux,  àl’angle de Southampton row et Theobald road, face à une fresque assez plaisante se trouve Kingsway entrance. Il s’agit de l’entrée (interdite)de voies souterraines qui traversent une bonne partie de la capitale.
  • Près de Fitzroy place sur Cherry street un curieux batiment art deco arrondi et plat marque le QG de Eisenhower pendant la seconde guerre mondiale.
  • Sur New oxford street, à l’angle de Bloomsbury et Shaftesbury streets le magasin James smith and sons est le plus ancien magasin de parapluies de londres. Il date de 1830.
  • Pratiquement en face, se trouve la magnifique église Saint Georges construite par Nicolas Hawksmoor . L’architecte, élève de Wren, n’a reculé devant aucun pastiche avec son clocher modelé sur le mausolée d’Halicarnasse, la façade reprenant le temple de Bacchus à Baalbeck. Qu’importe, l’intérieur est d’une majesté remarquable.
  • https://en.wikipedia.org/wiki/St_George%27s,_Bloomsbury
  •  sur Russel square, un curieux petit bâtiment vert permet aux chauffeurs de taxis de se requinquer entre deux courses. Il est l’un des 13 survivants de la capitale à offrir réconfort et boissons non alcoolisées aux titulaires du fameux knowledge. (examen considéré comme le plus dur du monde pour devenir taxi à Londres)

La Présence des Français à Londres

En ce 18 Juin, un petit article très cocorico sur les Français à Londres.

La présence des Français à Londres remonte à la conquête normande par Guillaume le Conquérant en 1066 . Des vagues migratoires se sont ensuite succédé au cours de l’histoire. A tel point que 3 Millions de Britanniques ont aujourd’hui des ancêtres français. L’idée ici n’est donc pas de donner des adresses de restaurants, boulangeries ou boutiques bien de chez nous, mais de rappeler la présence historique des Français à Londres.

Les Normands, les premiers Français à Londres

Une grande partie de l’aristocratie médiévale du Royaume-Uni descend des Franco-Normands venus de France avec les Plantagenêts comme les Grosvenor (Gros veneur) présents notamment dans le quartier de Belgravia.

Ainsi, les devises de la monarchie et de l’ordre de la Jarretière viennent directement de l’arrivée de ces Français à Londres : Dieu et mon droit,  et  Honi soit qui mal y pense. Les Plantagenêts ont en effet  régné sur l’Angleterre mais aussi sur les duchés de Normandie et d’Aquitaine, les comtés de Poitou et de Nantes de 1154 à 1485. De cette époque, quelques vestiges londoniens subsistent comme la Tour de Londres ou l’église Saint Bartholomew the Great ou Temple Church (très reconstruite). Néanmoins, la chapelle de l’ancien Palais de Savoie, fondé en 1245, rappelle l’architecture dite normande (romane tardive pour nous). https://royalchapelsavoy.org/

Arrivée des Huguenots et calvinistes : immigration religieuse

Aux XVe et XVIe siècles, les huguenots, protestants français, fuient les persécutions religieuses amorcées dans l’entourage de Catherine de Médicis dès 1560 et surtout après le massacre de la Saint-Barthélemy en 1572. https://fr.wikipedia.org/wiki/Huguenot.

L’Edit de Nantes apporte un certain apaisement jusqu’à sa révocation en 1685. Beaucoup de ces réfugiés religieux anglicisent leur nom (Blanc devient White, Langlois English). Ils fondent le quartier de Spitalfields. Cette communauté de Français à Londres s’organise autour de ses hôpitaux, écoles et temples, comme la Neuve église en 1743 à l’angle de Brick Lane et de Fournier Street. Fournier est d’ailleurs le nom d’un tisserand huguenot. Elle deviendra ensuite chapelle méthodiste en 1819, synagogue fin 19e, puis mosquée en 1976 suivant les changements sociologiques du quartier.

De nombreux soyeux de Lyon s’installent, obtiennent des privilèges de vente et de fabrication. Ils construisent leurs maisons ateliers. On les distingue encore dans le quartier. Aujourd’hui, Si la population a changé l’empreinte française affleure encore dans le nom de certaines rues : Fournier donc mais aussi fleur de lis.

Ces Huguenots s’installent également dans le quartier de Soho. Les petites rues Greek and Dean regorgent d’adresses françaises, pâtisseries, restaurants. http://www.maisonbertaux.com/. Sur Soho Square, L’église, fondée par charte royale en 1550 partage d’ailleurs un historique très bien fait de la présence huguenote en Angleterre : https://www.egliseprotestantelondres.org.uk/en/heritage/history-2/

J’en parle en fait dans https://visitesfabienne.org/soho

Révolution française, Restauration et Deuxième guerre mondiale : des réfugiés politiques

  • L’Emigration désigne le départ de plus de 100 000 nobles, hommes politiques hors du territoire français entre 1789 et 1800. Ils fuient alors les troubles révolutionnaires. Ainsi, Les frères de Louis XVI, élisent-ils résidence à Londres. Le futur Louis XVIII de 1807 à 1814 Charles X , lui, a habité Audley Street dans le quartier de Mayfair. Sur les bords de la Tamise, à Richmond, Orleans House a hébergé Louis-Philippe à l’issue du premier Empire, puis son fils le Duc d’Aumale au lendemain de la 2nde République.
  • A Leicester square, se trouve l’Eglise française catholique « Notre Dame de France » construite en 1860 par les Maristes. Une fresque de Jean Cocteau contribue à sa renommée
  • En 1940, le Général de Gaulle organise la France libre, mouvement de Résistance extérieure à la suite de son appel du 18 juin  lancé depuis  Carlton Terrace. Une statue du Général ainsi qu’une stèle rappellent les événements. De Gaulle logeait sur les hauteurs de Hampstead comme en atteste une petite plaque bleue. Dans son exil l’accompagnaient nombres de personnalités politiques tels Maurice Schumann, ou Simone Weil. Aidés des travaillistes britanniques, les Forces françaises libres ont rassemblé jusqu’à 50000 personnesdans la capitale britannique.

Dans les années 2000 une émigration économique et fiscale

 « Le » quartier français actuel se trouve autour du métro South Kensington, tout près de Albertopolis (le quartier des musées). Ce quartier, très rural, s’est développé après la grande exposition de 1851 dans Hyde Park. Les pavillons de l’exposition ont laissé la place aux musées et bâtiments universitaires actuels : musée des Sciences, V and A, Histoire Naturelle. Avec le métro et l’ouverture de nouvelles routes vers 1870, la zone a connu un développement foncier, scellé par l’absorption dans Londres.

Entre le consulat, la Résidence de France, le lycée Charles de Gaulle (4500 élèves), l’Institut, fondé en 1910, la maison du cinéma et les nombreuses pâtisseries, librairies et cafés on entend parler français partout. A tel point, que le quartier est surnommé « Vallée des grenouilles ». La croissance de la communauté depuis les années 1990 a conduit à l’ouverture d’annexes à l’école française. En effet, On a parlé jusqu’à 400 000 français entre 1991 et 2010. Aujourd’hui cette population est en pleine décrue. . https://www.lemonde.fr/europe/article/2010/10/25/dans-la-vallee-des-grenouilles_

Pour les amoureux de peinture française

Enfin l’évocation de la présence française à Londres ne serait pas complète sans la mention des œuvres de peintres français dans les collections britanniques. Je pense bien sûr à la National Gallery avec sa magnifique collection d’impressionnistes mais aussi la salle consacrée à Claude Lorrain, et les salles consacrées à Philippe de Champaigne, Poussin et Boucher entre autres. Ce sera l’objet d’un prochain article.

Néanmoins, Pour les amateurs d’impressionnisme, un tour à la collection Courtauld s’impose. https://courtauld.ac.uk/gallery/collection/impressionism-post-impressionism

 Les amoureux de Boucher ou Fragonard et de mobilier eux se régaleront à la collection Wallace.

Clerkenwell, monastères et marchés

Clerkenwell est un superbe quartier peu connu des touristes. Il regorge d’églises anciennes et de petits oasis cachés.  Ce quartier autrefois en bordure de ville a vu s’épanouir des fondations monastiques puis a accueilli les populations pauvres de la ville.

Clerkenwell, entre marchés et monastères

On accède aux trésors de Clerkenwell par le métro Barbican au sud ou Angel au Nord.

On y découvre de nombreuses constructions religieuses, monastères, hopitaux et églises, mais aussi des marchés d’origine médiévale.

Des Chartreux au marché à la viande

Ainsi, au sortir du Métro Barbican, se dresse le Couvent des Chartreux. Le Carthusian anglais provient du ordo cartusiensis fondé par Saint Bruno dans notre massif de la Chartreuse. Fondée en 1370, la maison est aujourd’hui occupée par des personnes âgées modestes. Derrière le portail majestueux, les pensionnaires sont heureux de faire visiter leur antique demeure et notamment la magnifique salle. https://thecharterhouse.org/

Tout près, s’étend l’immense marché à la viande « Smithfield Market ». La construction victorienne perpétue une tradition médiévale. Pour autant, le marché médiéval installé au 17e siècle sur un lieu de vente de bétail, de foires médiévales et de joutes, est aujourd’hui en partie désaffecté. Dans la belle construction victorienne, le musée de Londres compte se réinstaller.https://www.museumoflondon.org.uk/about-us/our-organisation/west-smithfield

Hôpital et Marché aux vêtements

Au Sud de ce marché, l’Hôpital Saint Barthélémy tient son nom de la petite église du même nom. Cet hôpital fondé au XIIe s est le plus ancien de Londres, il a remplacé le monastère des Augustins. On distingue l’église derrière la grande façade classique de l’institution. Celle-ci abrite également un musée riche en tableaux et connu pour son escalier peint par Hogarth. Plus connu (et plus amusant) dans ses scènes de genre, Hogarth a longtemps essayé de percer en tant que peintre d’histoire et ces toiles en sont un des meilleurs exemples.https://bartsheritage.org.uk/museum-and-history/visit-the-museum/hogarth-stair/.

Sur la même place, un passage sous une jolie maison à colombage mène à l’une des merveilles du quartier. L’église Saint Barthélémy le Grand, l’une de plus anciennes constructions de la capitale, a conservé sa superbe façade à damier. L’adjectif « grand » la distingue de la petite église de l’hôpital devenue paroissiale. Un cimetière aux allures de jardin secret l’entoure. Cloth fair, la rue qui le longe au Nord rappelle l’emplacement du marché aux textiles, lieu d’échange fondamental au Moyen-Age. Nous nous trouvons ici au cœur de la ville médiévale entre bâtiments monastiques et marché. Certaines des maisons sont, parait-il, le splus anciennes de la ville.

D’ailleurs, juste au Nord du marché, se trouvent les rares vestiges de la grande maison d’Ely, qui nous rappelle l’importance de cet évêché. Il s’agit de la petite église Saint Etheldra’s, de Ely Place et de la venelle vers la jolie taverne Ye olde Mitre.

Pub Ye olde Mitre

Vers le Prieuré de l’Ordre de Malte

En remontant encore vers le Nord de Clerkenwell Road, une curieuse porte médiévale nous rappelle la présence du Monastère Saint Jean de Jerusalem dont le cloitre et les bâtiments monastiques s’élèvent sur la place Saint Jean, toute proche. Devenu Ordre de Malte, lors de son repli de Terre Sainte, le Prieuré s’enrichit jusqu’à couvrir une bonne partie du quartier actuel. La ruelle Jerusalem au Nord de cette place mène ensuite à la place principale du quartier de Clerkenwell. https://museumstjohn.org.uk/

Du quartier pauvre à la gentrification

De manière amusante, l’ambiance change du tout au tout à ce niveau de la balade. On quitte le charme médiéval des vestiges monastiques pour aborder des lieux marqués par la naissance des mouvements ouvriers.

Un  petit crochet le long de Farringdon avenue nous permet d’apercevoir derrière une vitre sale le puit qui a donné son nom au quartier. C’est ce puit (well) que les officiants de l’église voisine (clerks) venaient honorer au moment du printemps.

Penseurs, philanthropes et syndicalistes

Sur la place en longueur, la bibliothèque à la porte rouge abrite les archives du syndicalisme. Karl Marx y a séjourné et fréquenté les bars alentour. https://www.marx-memorial-library.org.uk/

La Bibliothèque K Marx, Clerkenwell Green

 Lénine, lors de son exil britannique, fréquentait également les pubs de la place. C’est d’ailleurs ici qu’a débuté le premier défilé du 1er mai 1890. Elle reste donc un lieu de départ pour les manifestations et défilés. Ce qui était un quartier très pauvre est en voie de gentrification. Des bureaux et appartements de standing se multiplient, profitant des jardins et de l’espace de ce quartier.

Immeuble Art Déco sur Saffran Hill

En contournant l’église st Jacques et le jardin, on longe une cité ouvrière et encore une école, fondée par le philanthrope Hugh Myddleton. Puis on atteint un complexe de logements modernes à l’emplacement d’une prison détruite par des membres de l’IRA.

 On rejoint alors le jardin spa au milieu des immeubles disgracieux reconstruits après les bombardements de GM2 et on parvient sur Exmouth Street où les petits restaurants et cafés proposent de quoi se restaurer. C’est une halte très plaisante avant de terminer la promenade.

De l’adduction d’eau dans la capitale

On peut alors ou retourner vers Barbican ou rejoindre le métro Angel en passant par les jolies places géorgiennes Myddleton et Claremont au-delà des réservoirs. Ces 2 grands bassins entourés d’herbe alimentant la capitale et le nom de Myddleton évoqué devant l’école puis sur la place rappellent le rôle de l’eau dans la capitale. Ce riche marchand de laine construisit au 17e s un canal nommé « New river » pour alimenter Londres en eau potable. Je vous proposerai prochainement une balade le long de ce canal.

Celle-ci se termine donc à l’angle animé du métro Angel, ancienne porte de sortie de Londres mais aussi lieu de toutes les débauches. Assagi, embourgeoisé, le carrefour reste néanmoins un lieu animé et très plaisant.

Stratford upon Avon

Stratford-upon-Avon c’est bien sûr la ville de Shakespeare. Cette petite ville médiévale charmante s’est muée en une véritable attraction touristique.

Stratford upon Avon, la magie d’une petite ville médiévale anglaise

High Street, Stratford upon Avon

Sur un site anglo-saxon, la ville s’est développée au Moyen-Age autour de sa rivière. L’Avon que l’on retrouve jusqu’à Bristol, s’y traversait à gué avant même que les Saxons ne songent à y construire un pont. La petite ville s’est agrandie et enrichie de la proximité des Cotswolds, riche région lainière. https://visitesfabienne.org/les-cotswolds/

la rue dans laquelle est né Shakespeare, Stratford upon Avon

Elle s’est alors développée autour de ses tanneries et dans la fabrication lainière. Les bâtiments des 15e et 17e attestent de cette période de gloire. Le quartier historique a conservé ses jolies maisons à colombage. Comme tous les centres textiles de cette région isolée des mines de charbon, elle s’est endormie avec la révolution industrielle.

Stratford upon Avon, la ville de Shakespeare

Maison de Shakespeare

Pourtant Stratford jouissait depuis un siècle déjà du culte voué à l’enfant du pays. Ce culte s’est aujourd’hui mué en idolâtrie. A Stratford, on marche dans les pas de Shakespeare, on visite les lieux de Shakespeare, on mange comme Shakespeare, on pense à Shakespeare, on respire l’air de Shakespeare. Cela étant, la petite ville a conservé son charme et offre une ravissante occasion de se plonger dans l’Angleterre élisabéthaine.

rue de la Maison natale de Shakespeare, Stratford upon Avon

L’itinéraire touristique commence à la maison dans laquelle est né l’illustre barde sur Henley Street. Puis il continue jusqu’à Bridge Street et vers High Street. On y voit de magnifiques bâtiments élisabéthains à colombages, notamment la Maison Harvard. Puis on longe chapel street, Nash’s House et New Place. https://www.visitstratforduponavon.co.uk/documents/visitormapandguide.pdf

La route historique continue sur Church Street. Des bâtiments des Guildes remontent au 15e s et des propriétés des 18/19e. L’itinéraire se termine à Old Town. Au passage, on voit également Hall’s Croft et la Holy Trinity Church.

On peut parachever la visite des lieux en empruntant le chemin qui mène au cottage de Anne Hathaway et qui permet une jolie balade. On peut également compléter par une balade fort plaisante le long des quais.

Cottage de Anne Hatthaway, épouse de Shakespeare, Stratford upon Avon

https://www.visitstratforduponavon.co.uk/documents/walksleaflet.pdf

Warwick

rue de Warwick

Non loin de Stratford, une autre petite ville avec une atmosphère bien différente mais elle aussi figée dans son passé. Toute aussi charmante, beaucoup moins touristique, la petite cité universitaire de Warwick conserve bien des attraits.

Chateau de Warwick

Elle s’articule autour d’un formidable château de fondation saxonne (Ixe) mais construit à la conquête normande en même temps que la ville et le comté. Un incendie détruisit la forteresse transformée en château en 1694 domine toujours la rivière et la ville bientôt fortifiée. Il ne reste de la citadelle médiévale que les portes Est et Ouest reconstruites et doublées de chapelles. Après le grand incendie, la ville se para de nouvelles bâtisses aux 17 et 18e. . Elle acquit son caractère actuel avant de s’endormir en passant à côté des grandes modernisations. Ce qui lui a permis de nous parvenir quasi intacte et charmante.

Warwick, le donjon



Windsor et Eton, la royale et l’aristocrate

Côté face Windsor, côté pile Eton. Les deux localités de Windsor et Eton se situent de part et d’autre de la Tamise. L’une évoque la royauté, l’autre l’aristocratie. Pourtant en traversant la Tamise on passe d’un monde à l’autre.

Un chateau sous haute surveillance

Côté Windsor on se croirait presque à Disneyland tant l’image de la royauté apparait comme une marque publicitaire. Au contraire, Eton évoque la pérennité des institutions, le charme et le raffinement d’une civilisation ancienne et policée.

Eton college

Windsor la déception

Le donjon de Windsor

Connu pour son immense château toujours habité par sa majesté la Reine, Windsor en impose. L’immense forteresse médiévale domine la petite ville. Mais l’air de royauté est pollué par l’affluence touristique. Les boutiques de souvenirs bon marché succèdent aux enseignes de restauration rapide. Les constructions anarchiques et bon marché enlèvent toute grandeur au site. Pour couronner le tout, si l’on peut dire, la promenade tant vantée la « long walk » s’avère être une longue bande goudronnée sur laquelle des hordes de touristes déambulent presque sans but. On est loin ici de la splendeur de Versailles sur ce tarmac de 3 longs miles bordé d’une pelouse piétinée. Le seul intérêt réside dans la vue sur le château, malheureusement complètement reconstruit. En outre, les avions survolent le château à très basse altitude pour aller chercher la piste de Heathrow, à quelques kilomètres seulement. https://www.rct.uk/visit/windsor-castle

Windsor, Hôtel de ville
La maison penchée de Windsor

Pour se consoler, il reste quelques jolies découvertes dans la ville, comme le Guildhall, vraisemblablement œuvre du grand architecte Christopher Wren. Avant de passer à la postérité pour avoir reconstruit Londres après le grand incendie de 1666, le jeune Wren fit ses armes dans sa ville de naissance. Les petites rues anciennes alentours ne manquent pas de charme pour peu qu’elles ne soient envahies de hordes de visiteurs.

Gare de Windsor

La rénovation de la gare victorienne en centre commercial ajoute néanmoins une animation commerciale plutôt agréable. Pour autant, le quartier le plus agréable de Windsor se trouve sur les bords du fleuve et sur le pont.

La Tamise vue du Pont entre Windsor et Eton

De l’autre côté du Pont, Eton

Restaurant sur High Street Eton

Dès que l’on traverse la Tamise, l’ambiance change du tout au tout. Près du pont, des pubs et cafés fournissent de quoi se sustenter. La grande rue, High Street, mène au collège d’Eton, la Public School la plus prisée du Royaume Uni. Car Eton vit entièrement autour de l’Ecole qui a formé les élites du pays : princes, ministres, intellectuels. Ce type de pensionnat très haut de gamme, réservé aux jeunes garçons de 13 à 18 ans, reste typiquement britannique. L’expansion de l’établissement fondé au XVe s a bloqué la croissance de la ville. Celle-ci se réduit à des auberges, cafés, boutiques, tournés sur les élèves. Cet arrêt dans le temps confère son agrément au lieu.

Eton college depuis High Street

 Les bâtiments ont beau être très récents pour certains, le charme de la cité scolaire reste en effet intact. De jolies boutiques un brin désuètes vendent canotiers, chaussettes et costumes de cérémonies. Les constructions se perdent dans une verdure délicieuse qui curieusement ne semble pas beaucoup attirer les visiteurs.

Depuis le pont, la rue principale s’étire jusqu’à l’église Saint Jean puis vers les bâtiments scolaires avant de se perdre dans les différents terrains de sport et les parcs. L’occasion d’une promenade bucolique bien différente des attractions royales d’outre Tamise.

Pinner, le charme d’un ancien village

Pinner est l’un des plus jolis villages de charme de la proximité de Londres. Desservi par la Metropolitan Line, le petit centre médiéval a mué en un banlieue cossue.

Depuis le métro, (face au Sainsbury) commence une belle balade d’une bonne heure.

High Street Pinner

Autour de l’église de Pinner

l’église St JB, Pinner et l’ancienne public House

Il suffit de remonter vers la rue principale (High Street) bordée de ravissantes maisons médiévales. Des pubs et boutiques donnent à cette rue son animation. On peut s’y rafraichir agréablement. En haut de cette rue, se dresse une jolie ferme basse, Church Farm, en activité jusqu’en 1906. C’est à cette époque que la capitale a absorbé ce charmant village. De l’autre côté de la rue, l’abattoir abrite aujourd’hui un orthopédiste..

Church Farm, Pinner

Quasiment en face, se dresse l’église Saint Jean Baptiste avec son clocher carré massif et typique. On y accède par la lych gate (porte couverte si typique de la région) latérale. On prend à droite le long de l’église pour longer sur la gauche Pinner House. Une série de bâtiments qui la sertissent totalement défigurent malheureusement la magnifique demeure géorgienne du 18e. Pour être caritatifs, ces logements pour retraités nécessiteux dénaturent la belle façade classique. Juste après, sur la gauche, prend une sente qui mène jusqu’à Moss Lane. Au débouché de ce sentier, on peut prendre à gauche au milieu des belles demeures. On peut également rejoindre la rue Moss en dépassant la sente.

Pinner House

Les jolis cottages de Pinner

Juste avant que la route ne tourne, on parvient à East End Farm. Ces 3 cottages, seuls survivants de la demi douzaine qui se situaient en ces lieux, sont les plus anciennes constructions de la région. Le Tudor Cottage date ainsi de 1592. Une jolie maison géorgienne cache une autre de ces fermes anciennes alors que la grande et belle grange en face a été entièrement rénovée. On continue la route. Après quelques logements, les maisons deviennent toutes plus belles les unes que les autres.

Tudor Cottage sur East end , Pinner

Au bout de Moss Lane, on traverse la rue Paine pour prendre quasi en face Barrow Point Lane que l’on continue jusqu’à un angle droit. Là, on prend à droite pour prendre la petite sente immédiatement sur la gauche. Elle rejoint Waxwell Lane. Au débouché du sentier, on découvre la jolie ferme de Waxwell. La ferme et la rue tirent leur nom de la source, sur la droite au bout de la rue, qui alimentait le village en eau. Puis on revient sur Waxwell Lane jusqu’à the Dell sur la droite. Cette petite vallée, aujourd’hui comblée, nous rappelle que la région fournissait la chaux nécessaire aux maisons de la capitale. Une nouvelle sente nous ramène (sur la gauche) au jardin Little Common juste après White Cottage.

la source Waxwell, emmurée Pinner

Au sortir du parc, reprendre la rue Park sur la gauche jusqu’à Waxwell road. Au carrefour des deux rues, une borne donne la distance de Londres. Un joli pub et deux cottages à colombages charmants offrent une halte avant de redescendre Bridge street pour regagner le métro.

Pour ceux qui voudraient parachever leur découverte par la visite d’une jolie ferme, le musée de Harrow a élu domicile dans une des fermes anciennes de Pinner : https://headstonemanor.org/

Waxwell Cottage, Pinner