Chiswick et le renouveau du palladianisme

Cet article sur Chiswick et le renouveau du palladianisme fait suite à celui sur Palladio à Londres https://visitesfabienne.org/Palladio à Londres

Banqueting House

Lorsque Inigo Jones meurt en 1652, la guerre civile fait passer l’architecture au second plan. La tourmente politique emporte avec elle les constructions et notamment les caprices architecturaux des Stuart. En outre le grand incendie de 1666 oblige à repenser Londres. La vision baroque de Wren, mathématicien et astronome promu architecte, devient bientôt synonyme de catholicisme continental. Le palladianisme reprendra à l’arrivée de la dynastie hanovrienne.

Le renouveau du Palladianisme

Avec la Glorieuse Révolution de 1689, et l’avènement de Guillaume et Marie d’Orange puis des Hanovre en 1714, l’architecture anglaise tourne le dos au baroque et à l’esthétique de Wren. Avec  Lord Burlington, le palladianisme connait un renouveau. Pourquoi ?

Petit pavillon
  • Une première raison, essentielle, au changement est politique. La donne a en effet changé dans l’Angleterre du 18e s avec l’avènement d’une dynastie protestante d’origine germanique, les rois Georges Hanovriens et le refus de tout ce qui peut rappeler la contre-Réforme, en l’occurrence le baroque.
  • A cette composante politique s’ajoute un phénomène d’ordre socio-économique : le Mouvement des enclosures. Le regroupement des champs conduit à l’agrandissement des propriétés rurales et leur concentration entre les mains des mêmes grands propriétaires. Ces riches « ruraux » reproduisent deux siècles après le même type de modèle socioéconomique qu’a connu la Vénétie au 16es. Pour se conformer au style de vie de cette nouvelle aristocratie terrienne, les architectes reprennent les principes de Palladio dans son traité. L’esthétique de l’antiquité classique adaptée à la campagne vénitienne se diffuse alors dans les campagnes anglaises
  • Culturellement les temps ont également t changé. le baroque de Wren ou d’Hawksmoor est dépassé. Les jeunes aristocrates, après le « grand tour » évoluent dans leurs gouts. De retour d’Italie, ils se prennent d’intérêt pour l’archéologie et l’antiquité. Influencés par la peinture de Lorrain, connu comme « Claude » au Royaume-Uni, ils se passionnent pour le naturel et le pittoresque et rejettent la grandiloquence.

Chiswick House et la renaissance du palladianisme britannique

Chiswick House marque la recherche d’une identité architecturale anglaise dans un contexte renouvelé. https://chiswickhouseandgardens.org.uk/

façade arrière Chiswick

Conçue comme une maison de campagne proche de Londres pour entretenir ses amis, la maison de Chiswick est le chef d’œuvre Richard Boyle 3e comte de Burlington. De retour d’Italie, ce dernier décide en 1725 de construire une villa palladienne à l’emplacement de la maison de campagne familiale dévastée par le feu. Fasciné par l’architecte vicentin Palladio, il entreprend en effet de diffuser ses idées dans l’Angleterre du 18eme siècle. Dans l’aventure, William Kent à construire ce chef d’œuvre d’un style italianisant et sobre en contraste total avec l’architecture locale.

  • Chiswick lance la vogue de ces façades de temples aux dimensions colossales visant à marquer la noblesse des propriétaires. Elle innove également avec le premier jardin paysager, chef d’œuvre de William Kent. Cette sacralisation correspond à l’enrichissement de l’aristocratie foncière. L’image de la villa romaine s’impose alors en Angleterre. De nombreuses maisons temples parsèment alors le paysage anglais quitte à détruire de vieux manoirs Tudor. Syon House https://www.syonpark.co.uk/, Moor Park, https://www.moorparkgc.co.uk/about/gallery,  StourHead, https://www.nationaltrust.org.uk/stourhead et tant d’autres à travers le Royaume-Uni.
façade avant Chiswick House

Dans la continuité, les façades à colonnes et tympans rappelant le vocabulaire architectural des temples romains adaptés à l’architecture civile et domestique se multiplient à Londres et dans les villes anglaises. Ces grandes demeures serviront de modèle au style géorgien qui gagne alors l’ensemble des villes anglaises.

Spencer House, Londres
Parc de chiswick House

Le palladianisme d’Angleterre aux Etats Unis

Avec la colonisation de l’Amérique et le développement d’une colonie de plantations, le même phénomène se reproduit cette fois de l’autre côté de l’Atlantique.  L’architecte, autoproclamé de la nouvelle nation Jefferson appelait d’ailleurs les Quatre livres de Palladio sa bible. On les trouve dans les bibliothèques de toutes les grandes villes coloniales.

Le père fondateur et 3e Président des USA fit de Palladio son modèle lors de la construction de sa maison Monticello.  A Monticello on retrouve le plan et l’esthétique de la villa Rotonda de Palladio près de Vicence. Cette dernière avait déjà servi de modèle à Lord Burlington pour la construction de Chiswick House. Elle servira également de base pour le Sénat américain et la maison blanche. https://www.monticello.org/

Lorsque les planteurs américains puis les capitaines d’industrie se font construire leurs immenses demeures ils réutilisent donc le langage palladien diffusé dans ses Quattro Libri. La façade de temple plaquée sur la façade, la colonnade permettent d’exprimer la grandeur et la noblesse du propriétaire. On retrouve donc ces éléments dans les plantations qui reprennent sociologiquement et culturellement les éléments de la villa romaine, adaptés par Palladio au XVIe s dans la région vénitienne, et repris au 18e par l’Angleterre lors de sa révolution agricole. Cette esthétique devient alors synonyme de l’enrichissement d’une aristocratie terrienne et consacre la réussite économique de cette classe sociale.

Jefferson passionné par la maison carrée de Nîmes, fit de cette architecture le symbole de la démocratie. Il appliqua ce type de façades à la construction de bâtiments publics.

Les Etats-Unis utilisent de ce fait les colonnades et frontons comme signe de noblesse pour les grandes maisons particulières ou les édifices publics : chambres des Représentants, Congrès, grandes institutions culturelles (Universités, Bibliothèques). Même la maison du Président nous rappelle l’importance du leg palladien.

La France elle ne recourt au vocabulaire palladien que dans la construction d’énormes églises (Madeleine). Le vocabulaire colossal et ostentatoire, le grandiose et le sacré sont en général bannis de l’architecture domestique postrévolutionnaire et catholique.

Pavillondans le parc de Chiswick

Moor Park

Les animaux londoniens, une balade au poil

Les animaux londoniens sont légion. On les rencontre bien sûr en laisse, ou non, accompagnés de leurs maitres. Mais ceux qui m’intéressent ici sont les animaux de pierre, de bois ou de bronze, disséminés au travers de la ville. Alors, avec ou sans enfants, ne boudez pas votre plaisir et partez à la recherche de ces animaux de Londres !

Un fantastique troupeau d’éléphants

Ces animaux londoniens, crées par les artistes Gillie et Marc, ont élu domicile sur les trottoirs non pas de Bombay mais de Spitalfield Market. 20 éléphanteaux orphelins de bronze et une maman sont apparus en janvier 2021. Ils se promenaient l’année dernière du côté de Marble Arch. Ce « troupeau de l’espoir » risque de repartir d’ici novembre, juste le temps d’éveiller les consciences au drame des éléphants. Ceux-ci s’inspirent de modèles réels pris en charge par le Sheldrick Wildlife Trust. Devant Chaque éléphanteau un petit panneau signalétique donne son nom et raconte brièvement sa vie. https://www.sheldrickwildlifetrust.org/herd-of-hope

Des animaux londoniens à grandes oreilles

Mélangé à ce troupeau, deux fantastiques créatures tirées de l’imagination fertile du couple Marc et Gillie : Rabbitgirl and Dogman ou le chien et la lapine. Tout près du Marché Spitalfield, on découvre la lapine et son fidèle compagnon assis par terre en maillot de bain une tasse de café à la main.(2017) Plus loin, le couple d’artistes anglo-australien a représenté leur duo d’amoureux improbables sur un sidecar (2020) https://us.gillieandmarc.com

Si, comme moi, vous aimez les lapins, ne manquez pas celui de Liverpool station : Leaping Hare on Crescent Bell, Barry Flanagan, 1988. Marque de fabrique de l’artiste gallois, ce lièvre aux grandes oreilles. Celui de Broadgate circle, un ensemble ultra moderne d’immeubles derrière Liverpool street Station, bondit au dessus d’un croissant de lune. https://www.broadgate.co.uk/art/collection/leaping-hare-on-crescent-bell. Pour en savoir plus d’une manière générale sur le génial concepteur de lapins : https://barryflanagan.com/biography

Ours et Singes, d’autres animaux londoniens

  • Mes préférés, dans la série des animaux londoniens, sont les singes de Brown Hart Gardens.Le jardin se situe en hauteur, au dessus d’une station électrique. Crée en 905, il a réouvert en 2013 après des travaux. En plein cœur de Mayfair, juste derrière Oxford Street, il rassemble la plus incroyable réunion de singes colorés. Ces  « Mothers », créées par Surbhi Modi, sont apparues en 2019. Il s’agit de quatre singes de couleur psychédélique (jaune, rose vif et bleu électrique) et de leurs bébés. http://www.gonemodern.com/artist-items.cfm?artist=122 

Vous y verrez des fourmis géantes, des paresseux endormis sur les murs et beaucoup d’autres 

Le Nord du Pays de Galles

Cette semaine je vous propose un itinéraire pour découvrir le Nord du Pays de Galles. On l’aborde à partir de Liverpool, Chester ou Birmingham. Des trains relient l’Angleterre aux villes aux noms imprononçables du Nord du Pays de Galles.

Snowdonia, la montagne du Nord du Pays de Galles

En remontant vers le Nord du Pays de Galles depuis la péninsule de Saint David’s, la ravissante ville de Abeyswyth développe ses façades colorées le long d’une baie. Les villages deviennent plus jolis que dans le sud avec des maisons de pierre grise locale. Une grande partie de la zone est occupée par le parc régional de Snowdonia dans lequel sont aménagés nombre de chemins de randonnée au milieu des fougères et de la bruyère. https://www.snowdonia.gov.wales/

La mignonne petite ville de Dolgellau peut servir de base d’exploration. On y trouve de quoi se ravitailler, des restaurants et cafés mais aussi stations essence et parking. Le massif de Snowdonia est la belle région naturelle du Nord du Pays de Galles et offre une multitude de belles marches. https://www.visitwales.com/en-us/things-do/adventure-and-activities/walking/long-distance-walking-trails-wales

Portmeirion, le Disneyland gallois

Encore plus à l’Ouest et au Nord une curiosité attire les visiteurs : le village entièrement fabriqué de Portmeirrion. Bric à brac d’antiquités chinées et de créations bon marché en tôle ondulée, ce village dégage néanmoins un charme italianisant incomparable. Le site est déjà très agréable et les petits cottages colorés, tous louables confèrent une atmosphère de vacances. Tout autour de la plaza centrale se dressent un faux Panthéon à la coupole en tôle ondulée, un clocher d’allure bavaroise ainsi qu’un fac-similé hôtel de ville gothique. Pour construire l’ensemble, l’architecte des lieux, Sir Clough Williams-Ellis, a consacré sa vie et sa fortune et n’a pas hésité à racheter des demeures historiques abandonnées ou vouées à la destruction. Sa fille consacra le lieu en ouvrant un atelier de céramique devenu très connu. La vaisselle de Portmeirion est en effet aujourd’hui pratiquement plus célèbre que le village dont elle est originaire. https://portmeirion.wales/

Encore plus au Nord, se situe le château de Caernarfon, impressionnant symbole du pouvoir Anglais sur le Pays de Galles. https://cadw.gov.wales/visit/places-to-visit/caernarfon-castle

Le Centre du Pays de Galles est une terre agricole verte et riche en moutons et gibier. Perdrix et oiseaux de toutes sortes voisinent sur la route. Non loin de la frontière anglaise, se situe le château de Powis, impressionnante structure médiévale de briques rouges : https://www.nationaltrust.org.uk/powis-castle-and-garden

Le Pays de Galles abonde en effet en bâtisses médiévales souvent abandonnées après la coquète anglaise. Pour autant ces deux châteaux sont particulièrement importants le premier par sa symbolique et sa taille et le second pour ses somptueux jardins.

Le Sud du Pays de Galles

A l’Ouest du pays, le Nord et le Sud du Pays de Galles tendent à se comporter de manière différente du reste du Royaume-Uni.

On peut commencer cette boucle par le Sud du Pays de Galles, en venant de Bristol. Malgré l’annexion de la région au XIIIème siècle, elle reste fidèle à son histoire, ses traditions et sa langue celtique. Au point que toute l’administration est maintenant bilingue.

Je peux ici vous proposer deux circuits à combiner le cas échéant : nous commencerons cette semaine par le sud, puis la semaine prochaine le Nord.

 Du Sud, on arrive par Newport et on peut s’arrêter à Carleon, un des grands camps romains avec York et Chester. Ont survécu des baraquements militaires assez uniques, des latrines, mais aussi un amphithéâtre et des thermes. http://www.caerleon.net/intro/index.htm. Non loin, se dresse le château de Treddegar. Et les vestiges du château médiéval de Caerphilly.

Peu avant Cardiff, on accède au massif montagneux de Brecon Beacon pour de longues promenades. La petite ville de Brecon peut servir de base pour promeneurs mais on peut s’arrêter tout le long de la magnifique route qui y mène puis Cardiff entre Merthyr Tydfil et Libanus sur la A 470. De nombreux parkings permettent de laisser la voiture pour partir à l’assaut de ces grosses collines et notamment de la plus haute le Pen y Fan. Depuis le parking de Storey Arms, de nombreux chemins très balisés parcourent ces montagnettes couvertes de bruyère entre lacs et moutons. Les marcheurs tendent à se concentrer sur les mêmes sentiers. Aussi ne faut-il pas hésiter à aller au-delà des chemins les plus connus pour découvrir le charme de monticules encore sauvages. https://www.nationaltrust.org.uk/brecon-beacons/trails/pen-y-fan-and-corn-du-circular-walk

La capitale Cardiff, au Sud du Pays de Galles

 On peut aussi préférer les villes, auquel cas Cardiff offre une belle journée de visite avec son château aux intérieurs victoriens spectaculaires. https://www.cardiffcastle.com/

 La vieille ville autour offre une jolie animation avec ses nombreux passages couverts. On peut pousser jusqu’au quartier de l’université et au musée des beaux-arts à moins que le quartier du Port ne soit plus à votre goût avec le très moderne Parlement et la jolie petite église norvégienne où fut baptisé le plus britannique des auteurs scandinaves, Roald Dahl. https://senedd.wales/en/visiting/senedd/Pages/sen-visiting.aspx

https://www.visitwales.com/en-us/things-do/culture/cultural-attractions/roald-dahl-and-little-norwegian-church

Les beautés de la côte du Sud du Pays de Galles

En suivant la côte sud, on peut s’arrêter sur la péninsule de Gower pour profiter des plages.  De jolis villages se succèdent, tels Port-Eynon et Rhossili. On peut y marcher sur la longue plage, paradis pour les surfeurs non frileux ou préférer tenter la balade jusqu’à l’ilot isolé par les flots à marée haute. https://www.nationaltrust.org.uk/lists/top-10-legendary-walks-in-wales

Le petit village de Rhossili, très fréquenté le week-end, est bien équipé en parkings et petits restaurants.

Il faut surtout se rendre jusqu’à la magnifique péninsule de Pembroke. Au sud on découvre de jolis villages tels Tenby au lacis de ruelles médiévales juchées sur des falaises qui dominent la plage. Il convient également de s’arrêter à Pembroke pour en admirer les murailles et le château bâti au 12e s et symbole du pouvoir anglais. H VII y est d’ailleurs né. Puis il faut prévoir du temps dans la partie nord de la péninsule à St David’s. La cathédrale construite en hommage au saint patron local y est imposante et les ruines du palais épiscopal sont un des clous du voyage. La ville, ravissante, pousse à la promenade et on peut aller jusqu’à la petite chapelle de st Non, en ruine mais dans un site côtier magnifique. Un beau sentier douanier permet de profiter de points de vue sur la mer. https://www.historic-uk.com/HistoryMagazine/DestinationsUK/St-Davids-Wales/

Palladio à Londres

Palladio n’est pas forcément très connu en France. Pourtant, il est l’une des figures essentielles de l’architecture anglo-saxonne. A tel point que le Congrès américain l’a reconnu comme “père de l’architecture américaine” en 2010 dans la Résolution 259.

Banqueting House

Mais il n’aurait pas autant été apprécié et adopté aux Etats-Unis si la Grande Bretagne n’avait pas au préalable épousé ses principes.

Une petite promenade dans le quartier de Westminster va nous permettre de nous familiariser l’architecture palladienne et avec son adaptateur anglais : Inigo Jones.

Voyons d’abord qui est qui.

Palladio, palladianisme, kezaco

Palladio est un architecte italien de la Renaissance. Plus précisément il est L’architecte le plus renommé de la Vénétie du 16e siècle. Né en 1508 à Padoue, il meurt à Vicence en 1580 après avoir bâti une trentaine de villas dans la région. Il a également construit une bonne vingtaine de Palais et Bâtiments Publics comme la Basilique et le Théâtre Olympique dans Vicence même. Il a également construit trois églises à Venise. https://whc.unesco.org/fr/list/712/

Palladio a travaillé dans un contexte particulier : le repli de Venise sur la Terre Ferme. Ce repli s’explique pour plusieurs raisons. Venise s’est affirmée comme carrefour commercial stratégique pendant tout le Moyen-Age. Mais elle voit sa position s’affaiblir au cours des 15 et 16e siècles du fait de l’avancée Turque en Méditerranée. A cette menace, s’ajoute la découverte de nouvelles routes terrestres vers l’Inde.

Face à ces dangers, Venise compense en quelque sorte les pertes maritimes par la conquête de territoires terrestres. S’ensuit un redéploiement de l’activité sur l’agriculture et les ressources locales. Les Patriciens vénitiens en se tournant vers l’investissement foncier deviennent des Gentilhommes fermiers.

Dans ce contexte socio-économique inédit, Palladio offre à une clientèle en pleine réinvention un nouveau type d’habitat tiré de l’exemple romain. L’architecte applique des façades de temple sur des constructions privées pour donner de la noblesse aux propriétés de ces nouveaux fermiers. Il mélange ainsi architecture sacrée antique et civile avec des bâtiments agricoles. Se faisant, il tire le meilleur parti du paysage en recourant à des formes géométriques issues de l’antiquité.

Plus encore que par ses constructions, Andrea Palladio est passé à la postérité grâce à ses « Quatre Livres de l’Architecture ». Pour la première fois, un architecte décrit son métier et publie ses plans. Ce manuel pratique sera beaucoup plus facilement utilisable et utilisé que les traités théoriques du Romain Vitruve ou de son quasi contemporain Serlio.

Les premiers temps du palladianisme dans Londres

D’Inigo Jones architecte anglais 1573/1652 on ne sait pratiquement rien sinon qu’il est allé en Italie. Il y découvre l’architecture antique et sa relecture par Palladio. Séduit, il en rapporte le Traité d’architecture écrit par son illustre prédécesseur vicentin. La clarté des explications et des illustrations diffuseront l’esthétique du Maitre de Vicence.

De retour à Londres, Inigo Jones adapte les principes tirés des “Quattro Libri » à des commandes royales. Ces bâtiments remarquables dans une capitale médiévale tranchent alors par leur blancheur et leur classicisme. Aujourd’hui on les distingue moins en raison des nombreuses imitations postérieures. Mais il nous faut imaginer l’originalité des œuvres de Jones dans la Londres du 17e.

Pour admirer Inigo Jones, comme il se doit, commençons par sa première commande. Faisons donc un petit détour à Greenwich devant la Queen’s House. Commencée en 1616 pour Anne de Danemark, épouse de Jacques 1er . Elle ne sera terminée qu’en 1636 pour Henriette-Marie, femme de Charles 1er. Ce magnifique petit Palais innovait alors par son élégance classique bien différente des bâtiments de brique rouge de l’époque Tudor. https://www.rmg.co.uk/queens-house. Cette petite vidéo donne un aperçu du somptueux hall : https://www.rmg.co.uk/queens-house/history

Queen’s House, Greenwich

C’est pour cette même reine catholique qu’Inigo Jones s’attela en 1623 à la chapelle du Palais de Saint James. https://en.wikipedia.org/wiki/Queen%27s_Chapel

The Queen’s chapel, Saint James Palace

Non loin de cette jolie construction palladienne (la première dans Londres même), il est facile de rejoindre Banqueting House , seul bâtiment encore debout du somptueux palais de Henri VIII et de ses successeurs avant la guerre civile. Construit en 1622, décoré par Rubens en 1634, il réchappa de justesse à l’incendie de 1649 qui ravagea le reste du Palais royal. Les magnifiques plafonds sont encore visibles et les lignes du bâtiment ont conservé toute leur pureté.  https://www.hrp.org.uk/banqueting-house

Nous nous rendons alors vers la dernière construction de Jones dans la capitale, Saint Paul Covent Garden 1631. Aujourd’hui connue comme l’église des acteurs, cette construction presque rurale se caractérise par une extrême sobriété des formes. Il faut contourner le portique toscan sur la place du marché pour découvrir sa façade en brique dans le charmant petit jardin.  La place de Covent Garden provient également d’un projet du grand architecte. https://actorschurch.org/

Saint Paul sur Covent Garden

Jones meurt en 1652, alors que la guerre civile ravage l’Angleterre. En une petite trentaine d’années et avec très peu d’édifices, essentiellement dans la capitale, il aura révolutionné l’architecture anglaise. Mais il faudra un siècle pour que la révolution palladienne se produise réellement. Rendez-vous pour ce faire, dans un prochain article.

Exeter

On part à Exeter pour visiter sa cathédrale fondée au XIe, et compléter le tour des belles cathédrales anglaises.

La cathédrale d’Exeter

Celle-ci est effectivement somptueuse. Son extérieur trapu ne laisse rien présager de la grandeur intérieure. Une fantastique façade sculptée semble posée sur un édifice plus ancien. Les clochers carrés si emblématiques de la région rappellent le passé normand de la ville avec leurs arcs en plein cintre. Guillaume le conquérant figure d’ailleurs dans les statues du grand portail.

Mais rien ne prépare à la grandeur des voûtes nervurées de la nef.


Pour le reste Exeter est une jolie ville médiévale, malheureusement très bombardée durant la seconde guerre mondiale. Néanmoins le centre-ville a été joliment restauré avec un plateau piétonnier. De l’époque médiévale date également le bâtiment du conseil communal. L’animation estudiantine confère un charme certain à cette jolie ville provinciale capitale du Devon.

Balade sur les quais

Surtout les quais ont été aménagés et promettent une belle balade arborée le long de la rivière Exe. Il ne reste presque rien de la colonie romaine sinon des portions de la belle muraille réutilisée à l’époque médiévale. Dès le VIIe s Exeter était en effet redevenu une ville importante et fut conquise après un long siège par Guillaume que l’on retrouve sur la façade de la cathédrale.

.La ville devint très prospère grâce au commerce de la laine que l’on peut suivre au moyen de 8 panneaux. Plus tard, la rivière permit une industrialisation. Mais le charbon prenant de l’importance, la ville éloignée des gisements commença à décliner.

Autour d’Exeter

Pour parachever la découverte d’Exeter, le Devon offre de jolies excursions, dans le parc de Dartmoor, en Cornouailles mais aussi dans les stations balnéaires proches. Comme à Torquay nommée riviera anglaise. Grâce à son climat doux, cet ancien port est devenu station dès le 19e et reste assez chic. Elle a d’abord attiré la royal Navy puis la société victorienne qui y venait en convalescence. la ville explosa avec le train en 1848. C’est aujourd’hui une station un peu surannée qui a vu naitre Agatha Christie. En dehors de l’Abbaye des Prémontrés fondée en 1196, les bâtiments victoriens alternent avec des immeubles modernes, une belle jetée, une marina, et une petite croisette et depuis 2002 un zoo en bord de mer.

Mes Marches à Londres

Voici une nouvelle rubrique pour vous proposer mes Marches à Londres et autour de la capitale britannique. En général, je pars pour une dizaine de kilomètres, parfois plus.

L’idée n’est pas de répéter les endroits insolites listés par les nombreux blogs mais de partager mes balades préférées. Cette rubrique ne peut pas intéresser ceux qui n’aiment pas marcher ou qui veulent prendre leur temps pour flâner ou magasiner. Elle n’intéresse pas non plus ceux qui habitant Londres recherchent juste une adresse pour aller prendre un thé ou passer une petite heure. Pour ceux-ci, il existe de nombreux   blogs regroupant les sites insolites comme le musée des transports, la serre du Barbican ou le sky Garden.

http://www.lespetitesjoiesdelavielondonienne.com/10-adresses-insolites-londres/

 Ou https://www.befrenchie.fr/visite-insolite-londres/

Les sources de mes Marches à Londres

Pour mes promenades, je m’inspire souvent des ouvrages et visites de Andrew Duncan et des excellents petits guides « walking London »  par Stephen Millar dans la collection Metro. https://metropublications.com/collections/metro-guides

 Une foultitude de ressources en ligne me servent de référence dont les magnifiques promenades proposées par la RATP locale, la TFL https://tfl.gov.uk/modes/walking

Je m’inspire des tours et coups de cœur personnels ainsi que des visites guidées . Et je pimente le tout d’articles lus dans la presse britannique. Enfin, je recours aux suggestions d’amis blue badge (les guides officiels de Londres). Je tiens ici notamment à remercier mon amie Florence Clarke pour ses précieux conseils et échanges.

Ici, je ne cherche pas à concurrencer les excellents guides de musées ou de ville ou les musées eux-mêmes qui regorgent d’informations précieuses sur leurs sites. J’essaye juste de partager mes envies et belles surprises hors de la foule et des lieux archi connus. Mes promenades s’attachent à des quartiers moins connus, pas forcément centraux et pas toujours folichons a priori. Certaines marches sont courtes (Harrow peut se parcourir en 1h) d’autres peuvent durer la journée (Hampstead) selon votre propension à marcher vite, flâner vous arrêter pour un café etc…

Des Marches à Londres pour Français

Comme je reste envers et contre tout conférencière française, l’idée est de regrouper des marches offrant un attrait culturel, architectural ou historique pour les Francophones. Contrairement aux sites ou guides traduits, mes références sont donc en lien avec l’histoire et les connaissances hexagonales.

 En bref, Mon but est de pimenter les fins de semaine en partant de points desservis par le métro. Je ne prends pas en considération le bus sujet à changements et travaux, ni la voiture trop difficile à garer dans la région londonienne. Vous ne trouverez pas non plus de conseils de haltes gastronomiques pour éviter toute déception due à une fermeture, une baisse de qualité ou des goûts différents. Mais je peux proposer des lieux où se désaltérer/ grignoter

Enseignes et autres décors étranges pour ponctuer les balades

Le long de ces marches vous rencontrerez des éléments insolites pour nous hexagonaux, ainsi que des petits trésors, parfois jalousement cachés. Qu’il s’agisse d’enseignes, de statues, de mobilier urbain ou de plaques chacun raconte une histoire et nous aide à mieux aimer Londres.

De la même manière, au risque de paraitre benêt, nous aimons bien photographier les cabines de téléphones, autobus à impérial, boite aux lettres si typiquement britanniques. Alors pourquoi ne pas inclure aussi dans ces promenades la jolie borne, l’enseigne originale ?

Les plaques, si londoniennes

Car, les plaques abondent à Londres. Notamment les plaques bleues rondes en céramique émanant de English Heritage, l’équivalent de nos Monuments Nationaux. Depuis 1866, cette organisation nationale a apposé pas moins de 950 plaques sur les murs ou monuments de Londres. Elles commémorent la naissance, ou le simple passage de personnalités. Elles apparaissent d’ailleurs comme un des symboles de la capitale britannique. A tel point que le English Heritage leur consacre un site : https://www.english-heritage.org.uk/visit/blue-plaques/about-blue-plaques/. De nombreux articles et tours leur sont consacrés et elles constituent un véritable objet d’adoration.

Pourtant vous risquez d’être surpris par la prolifération d’autres plaques. On en trouve par exemple des marron pour l’Art Society, des vertes lorsqu’elles émanent des quartiers de Westminster et Islington. La société des Transports, elle, appose des plaques rouges.

La corporation de Londres quant à elle, commémore des lieux disparus ou des personnages célèbres par des plaques bleu plus foncé et carrées. On l’aura compris, la chasse à la plaque est un sport typiquement londonien et il occupe beaucoup. Bien entendu, toutes les plaques ne nous concernent pas nous les Français. Et si je pointe allégrement celles portant sur nos célébrités, je passerai en revanche sous silence celles qui rappellent le séjour éclair d’un présentateur de la BBC des années soixante ou d’un poète intraduisible et donc quasi inconnu en nos contrées.

Voici donc résumé le propos de ces pages : marches, découvertes et jolis moments. Il ne vous reste qu’à chausser vos sneakers ou trainers pour me suivre !

Le Royaume-Uni

Alors que le Royaume-Uni recommence une vie de célibat loin de l’Europe, il est temps de partir en explorer les rives et paysages.

la superbe cathédrale de Gloucester

Installée depuis quelques temps au Royaume-Uni , d’abord à Bristol puis à Londres, j’ai naturellement commencé par la côte Ouest avant de me livrer à une exploration plus large du pays. Je vous propose donc de me suivre de l’autre côté de la Manche. Ma série sur Bristol est quasi terminée. Il me faut maintenant rédiger les notes prises dans la région avoisinante avant de m’attaquer à Londres.

Londres, toujours

Londres, depuis la City

Car Londres reste envers et contre tout La destination la plus prisée des touristes de l’extérieur comme de l’intérieur du Royaume-Uni. L’idée est donc de vous faire partager mes itinéraires et coups de coeur de la capitale anglaise, des docks aux banlieues résidentielles de Richmond et Kew. Au delà des images d’Epinal de Big Ben ou du British Museum, de Buckingham Palace et des grands parcs, la capitale britannique offre des facettes fort diverses. Riche de nombreux musées, elle évolue en outre constamment.

La Côte Ouest

Cette section est pour l’instant la seule renseignée et comporte déjà une série d’articles sur Bristol mais aussi sur la région. J’ai à coeur de vous faire découvrir les exceptionnelles cathédrales médiévales de Wells , Gloucester ou Salisbury. Tandis que Bath nous permettra de rafraichir nos souvenirs dans un bain d’époque romaine. La ville foisonne également de belles constructions du XVIIIeme siècle. https://visitesfabienne.org/bath/

Et il me faut mettre en ligne quelques articles sur des territoires plus éloignés, tel le Pays de Galles.

https://visitesfabienne/la-cote-ouest-du-royaume-uni/

Chateau de Cardiff, Wales

Quelques Iles du Royaume-Uni

Tant que le Royaume restera uni, ses îles constitueront un joyau. De l’Ecosse à l’Irlande, des visites nous permettront d’explorer chateaux abandonnées ou non, sites naturels. Mais je m’attacherai également à vous présenter la grande poussée chrétienne perceptible dans les églises les plus reculées. Nous irons également à la rencontre des Romains dont les limites se situaient au Sud de la Scotia.https://hadrianswallcountry.co.uk/

Ecosse, chateau de Eilean Donan

Salisbury

On se rend rarement à Salisbury pour Salisbury.

Une double renommée

C’est dommage car la ville est charmante avec son vieux centre médiéval et l’enclos de sa cathédrale. Pourquoi y aller me direz-vous ? Certes, la ville joue le rôle de point de passage des voyagistes pour Stonehenge. Le cercle mégalithique le plus connu d’Angleterre se trouve en effet à une dizaine de kilomètres.

Pour les médiévistes, la salle capitulaire expose l’un des quatre rares exemplaires originaux de la Magna carta. Cette charte de 1215 conférait des droits et libertés à la noblesse anglaise excédée par le pouvoir royal. Elle détestait en effet le roi Jean sans terre (le méchant roi de Robin des bois, frère de Richard Cœur de Lion, parti en croisade). Elle servit de base à la Monarchie parlementaire britannique issue de la Révolution de Cromwell au 17e.

https://www.salisburycathedral.org.uk/magna-carta/what-magna-carta

Pour une ville de charme…

Lorsqu’on habite sur la Côte ouest britannique, Salisbury représente une belle excursion à la journée. La ville est bien reliée par train aux grands centres du pays. Et une journée permet de profiter pleinement du joli centre médiéval articulé autour de la place du marché et du magnifique enclos de la cathédrale. C’est un ensemble gothique primitif construit au XIIIe siècle, passablement refait mais très homogène. Les amateurs des peintres Constable et Turner connaissent d’ailleurs sa silhouette surmontée de la plus haute flèche d’origine du pays.

Un agréable chemin longe l’Avon avant de rejoindre la route, moins plaisante, qui mène à Old Sarum. A l’emplacement d’un Fort celte (-400), les Romains ont implanté une fortification conquise par les Saxons puis les Normands. Au sommet d’une colline, l’on devine les vestiges de la première cathédrale de Salisbury ainsi que les pierres du château abandonnées au début du XIIIe siècle pour le site actuel. https://www.english-heritage.org.uk/visit/places/old-sarum/history/

Old Sarum

Wells

Wells est une petite ville. Cependant, si vous aimez l’architecture et les jolies bourgades typiques, courrez-y. C’est une merveille.

Une cathédrale exceptionnelle

Le centre-ville tient autour de la ravissante petite place occupée par le marché le samedi. De là, on accède à la Cathédrale du XIIIème siècle. Cette derniere justifie à elle seule un voyage Outre-Manche. Outre la galerie de sculpture de la façade ouest, la nef s’impose par sa pureté. Et surtout par le geste architectural unique de son arche en ciseaux. Il s’agit d’une incroyable solution pour résoudre le problème de fondations instables. Construite en 1338, elle est d’une modernité étonnante.

L’émerveillement ne s’arrête pas à ce fameux ciseau. En effet, la salle capitulaire, de 1306, est l’une des plus belles du genre avec une voute en éventail exceptionnelle d’élégance. Des chapelles travaillées et insérées dans la nef et non en excroissance à la manière française compètent ce vaisseau d’une pureté exceptionnelle.

le charme d’un gros bourg lainier

Wells tient son nom des 3 puits dédiés à Saint André. L’un sur la place du marché et 2 au niveau du palais de l’évêché et de la Cathédrale. Car ,outre la Cathédrale, Wells offre de belles surprises. Ainsi en est-il du joli enclos des vicaires, l’une de seules rues médiévale d’Angleterre ( 1363) entièrement intacte.

Le Palais de l’Evêque, reconstruit en grande partie à la période victorienne, n’a rien de passionnant. En revanche, les jardins sont magnifiques avec les bassins qui ont donné leur nom à la ville. https://bishopspalace.org.uk/

Enfin, pour compléter la découverte de cette ravissante cité lainière médiévale, avec ses nombreux chemins bucoliques, on peut aller visiter les grottes de Cheddar dans la belle campagne des Mendips.

Si les foules et les aménagements grand public vous déplaisent, les gorges d’Ebbor, au départ du terrible parc d’attraction de Wookey hole, offrent des points de vue magnifiques. On peut aussi aller du côté de Chaterhouse à la réserve Blakmoor. Site d’anciennes mines de plomb, elle offre un remarquable exemple de paysage industriel ravagé par l’homme et où la nature a repris ses droits. Le relief tourmenté confère un charme impressionnant. On marche sur un sol souple parsemé de terriers et de genévriers, sur une pelouse rase. Les cratères révèlent des puits correspondant à des bassins pour nettoyer le minerai. Le plomb a été extrait à ciel ouvert depuis l’époque romaine. Des mines prospères et du site romain jusqu’à l’époque victorienne, tout a disparu hormis la petite chapelle de mineurs St Hugues.

https://swheritage.org.uk/historic-environment-service/landscapes/blackmoor-heritage-reserve/