Salisbury

Salisbury

On se rend rarement à Salisbury pour Salisbury.

Une double renommée

C’est dommage car la ville est charmante avec son vieux centre médiéval et l’enclos de sa cathédrale. Pourquoi y aller me direz-vous ? Certes, la ville joue le rôle de point de passage des voyagistes pour Stonehenge. Le cercle mégalithique le plus connu d’Angleterre se trouve en effet à une dizaine de kilomètres.

Pour les médiévistes, la salle capitulaire expose l’un des quatre rares exemplaires originaux de la Magna carta. Cette charte de 1215 conférait des droits et libertés à la noblesse anglaise excédée par le pouvoir royal. Elle détestait en effet le roi Jean sans terre (le méchant roi de Robin des bois, frère de Richard Cœur de Lion, parti en croisade). Elle servit de base à la Monarchie parlementaire britannique issue de la Révolution de Cromwell au 17e.

https://www.salisburycathedral.org.uk/magna-carta/what-magna-carta

Pour une ville de charme…

Lorsqu’on habite sur la Côte ouest britannique, Salisbury représente une belle excursion à la journée. La ville est bien reliée par train aux grands centres du pays. Et une journée permet de profiter pleinement du joli centre médiéval articulé autour de la place du marché et du magnifique enclos de la cathédrale. C’est un ensemble gothique primitif construit au XIIIe siècle, passablement refait mais très homogène. Les amateurs des peintres Constable et Turner connaissent d’ailleurs sa silhouette surmontée de la plus haute flèche d’origine du pays.

Un agréable chemin longe l’Avon avant de rejoindre la route, moins plaisante, qui mène à Old Sarum. A l’emplacement d’un Fort celte (-400), les Romains ont implanté une fortification conquise par les Saxons puis les Normands. Au sommet d’une colline, l’on devine les vestiges de la première cathédrale de Salisbury ainsi que les pierres du château abandonnées au début du XIIIe siècle pour le site actuel. https://www.english-heritage.org.uk/visit/places/old-sarum/history/

Old Sarum

Wells

Wells est une petite ville. Cependant, si vous aimez l’architecture et les jolies bourgades typiques, courrez-y. C’est une merveille.

Une cathédrale exceptionnelle

Le centre-ville tient autour de la ravissante petite place occupée par le marché le samedi. De là, on accède à la Cathédrale du XIIIème siècle. Cette derniere justifie à elle seule un voyage Outre-Manche. Outre la galerie de sculpture de la façade ouest, la nef s’impose par sa pureté. Et surtout par le geste architectural unique de son arche en ciseaux. Il s’agit d’une incroyable solution pour résoudre le problème de fondations instables. Construite en 1338, elle est d’une modernité étonnante.

L’émerveillement ne s’arrête pas à ce fameux ciseau. En effet, la salle capitulaire, de 1306, est l’une des plus belles du genre avec une voute en éventail exceptionnelle d’élégance. Des chapelles travaillées et insérées dans la nef et non en excroissance à la manière française compètent ce vaisseau d’une pureté exceptionnelle.

le charme d’un gros bourg lainier

Wells tient son nom des 3 puits dédiés à Saint André. L’un sur la place du marché et 2 au niveau du palais de l’évêché et de la Cathédrale. Car ,outre la Cathédrale, Wells offre de belles surprises. Ainsi en est-il du joli enclos des vicaires, l’une de seules rues médiévale d’Angleterre ( 1363) entièrement intacte.

Le Palais de l’Evêque, reconstruit en grande partie à la période victorienne, n’a rien de passionnant. En revanche, les jardins sont magnifiques avec les bassins qui ont donné leur nom à la ville. https://bishopspalace.org.uk/

Enfin, pour compléter la découverte de cette ravissante cité lainière médiévale, avec ses nombreux chemins bucoliques, on peut aller visiter les grottes de Cheddar dans la belle campagne des Mendips.

Si les foules et les aménagements grand public vous déplaisent, les gorges d’Ebbor, au départ du terrible parc d’attraction de Wookey hole, offrent des points de vue magnifiques. On peut aussi aller du côté de Chaterhouse à la réserve Blakmoor. Site d’anciennes mines de plomb, elle offre un remarquable exemple de paysage industriel ravagé par l’homme et où la nature a repris ses droits. Le relief tourmenté confère un charme impressionnant. On marche sur un sol souple parsemé de terriers et de genévriers, sur une pelouse rase. Les cratères révèlent des puits correspondant à des bassins pour nettoyer le minerai. Le plomb a été extrait à ciel ouvert depuis l’époque romaine. Des mines prospères et du site romain jusqu’à l’époque victorienne, tout a disparu hormis la petite chapelle de mineurs St Hugues.

https://swheritage.org.uk/historic-environment-service/landscapes/blackmoor-heritage-reserve/

Les Cotswolds

toit en chaume chipping cotswolds

Les Cotswolds sont une chaîne de collines douces du sud-ouest de l’Angleterre. Entre Stanford-upon-Avon, Bath et Cheltenham, de charmants villages typiques de grès couleur miel la parsèment. Un charme bucolique mais différent émane de chacun d’entre eux. https://www.cotswolds.com/francais

Des villages semblables mais différents

Pour autant, certains villages des Cotswolds se sont construits pour des raisons stratégiques, au carrefour entre deux comtés ou sur un axe important, tel Burford. Dans ce cas, les maisons s’échelonnent le long d’une grande rue traversante.

Burford
La halle de Chipping Camden

D’autres, comme Chipping Camden ou Cirencester, la seule ville de la région et considérée comme la capitale des Cotswolds, doivent leur développement à la laine. Ces gros bourgs s’articulent alors autour de la place du marché et de sa jolie halle. Dans un cas comme dans l’autre, la richesse de la région entre les XIVe et XVII e s. explique la beauté des constructions. Maisons à colombages, fenêtres à meneaux, toits de chaume attestent de la prospérité de ces gros villages admirablement entretenus. Les touristes ou citadins fortunés ne s’y trompent pas et réinvestissent avec bonheur cette campagne magnifiquement préservée et ces collines ignorées par la révolution industrielle. Du coup, les jolies bourgades fleuries et la nature proprette font figure d’image d’Epinal avec ses moutons. Introduits très tôt dans l’histoire pour déforester ils sont encore élevés pour leur laine et non leur lait. Ainsi, on ne trouve pas de fromage de brebis au Royaume-Uni mais des lainages.

Broadway

Chaque village est différent et présente un charme unique. On peut aimer la beauté des toits de chaume admirablement préservés et le charme tranquille de Chipping Campden. Ou on peut préférer la grande rue entourée de champs de Broadway, avec une magnifique marche vers la tour-château.

Tour de Broadway

Mais on peut également opter pour l’élégance et les antiquaires haut de gamme de Tetbury, tout près d’Highgrove la propriété aux fantastiques jardins du Prince Charles https://www.highgrovegardens.com/

Tetbury

Des visites selon les envies

Si l’on vient d’Oxford on peut aborder les Costwolds par Burford, un lieu ravissant malheureusement envahi par un flot ininterrompu de voitures et touristes. A moins que l’on ne préfère les bords de l’eau à Bourton-on-the-water. Cinq jolis petits ponts traversent la rivière Windrush très peu profonde. Le tout petit village de Bibury lui, est remarquable pour Arlington row, une rangée de maisonnettes du XIVe s.

Bibury, maisons du 14e siècle

Le charmant village de Winchcombe, marque le point de départ de nombreux sentiers de randonnée. En effet, de nombreux chemins bien indiqués partent de chaque village. Un grand sentier balisé et entretenu relie même Chipping Campden et Bath sur une distance de 164 km. https://www.nationaltrail.co.uk/en_GB/trails/cotswold-way/

Non loin, on découvre un site de l’Age du bronze, isolé et remarquable, le tumulus de Belas Knapp  de -3000.

https://www.english-heritage.org.uk/visit/places/belas-knap-long-barrow/?utm_source=Google%20Business&utm_campaign=Local%20Listings&utm_medium=Google%20Business%20Pr

Belas Knapp, le tumulus

Les amateurs de marches, de beaux paysages, de villages de charme, seront ravis : https://www.alltrails.com/fr/parks/england/wiltshire/cotswolds-area-of-outstanding-natural-beauty

Bibury, Arlington Row

Second Itinéraire Street Art à Bristol

Street art Bristol

Au départ de Cabot circus ou du terminal d’autobus l’idée est de rejoindre Stoke Crofts pour un second itinéraire Street Art à Bristol. https://visitesfabienne.org/destinations/royaume-uni/bristol-figure-de-proue-du-street-art-2/

Stoke Crofts

Toute la rue York est peinte mais les œuvres les plus connues se situent à the Canteen un centre communautaire avec un Jésus faisant des étirements. Il a été badigeonné de bleu. Juste en face, l’une des oeuvres les plus connues de Banksy « Mild Mild West » de 1999, déjà commentée dans mon article sur l’artiste.

On traverse Stoke crofts vers Ashley road.

Montpelier

On tourne immédiatement à gauche sur Picton Street et à gauche devant le joli pub Bristolian, Picton lane très couverte de  graffitis. Au débouché de cette ruelle, on traverse Armdale vers le Bath Building . Juste en face, Banksy encore a peint take the money and run, run. L’œuvre a été rafraichie récemment.  je vous conseille alors de vous rendre usqu’à la gare de Montpelier pour découvrir les fabuleuses créations de Silent Hobo. http://silenthobo.co.uk/

La promenade continue en redescendant York Streeet et reprenant Picton Street. Juste après la petite place (quasiment en face du take the money de Banksy) sur la droite un émouvant hommage post mortem et en se retournant et dessus de la boutique végétarienne un joli renard poétique. En face, la boutique d’Alex Lucas, auteure des jolis lapins qui glapissent sur les murs de Bristol.https://greatwhiteart.com/artist/alex-lucas/

On va alors rejoindre Wellington avenue et prendre à gauche à la boulangerie sur Woodmancote Rd. Un bel hommage de DeamGina pour Comfort orne le mur. On remonte alors la rue et  on prend à gauche Ashley road.  A l’angle de Morrisville road on découvre un hommage de Michele Curtis puis à l’angle de Albert Park un drôle de chameau. En continuant dans la même direction chaque rue sur la gauche recèle des surprises.

Puis on va rejoindre Lower Ashley Road pour découvrir une extraordinaire peinture montrant la Reine d’Angleterre en position de yogi. On peut alors jeter un coup d’œil au mur en contrebas du pont routier. Mais il est souvent repeint.

On retourne alors sur Ashley Rd jusqu’à l’hommage de Michele Curtis, auteur de sept portaits géants de personnalités du quartier Saint-Paul.

L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est michele-curtis-parc-st-agnes.jpg.

https://www.bristolpost.co.uk/news/bristol-news/seven-saints-appearing-st-pauls-2689092

Cette rue est d’ailleurs un véritable festival, on peut s’arrêter à chaque intersection pour se régaler des créations colorées par Inkie notamment. https://en.wikipedia.org/wiki/Inkie

Brighton Street décorée pendant le festival jamaïcain jusqu’à la Place Saint Paul vaut un petit crochet. Sinon, on peut directement remonter York et déboucher sur City Street puis Stoke Croft.

L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est bristol-cancan.jpg.

Itinéraire Street Art à Bristol

Street art JPS le chat Bristol

L’abondance des œuvres murales est telle à Bristol que l’on peut passer plusieurs jours à regarder les murs. Cependant, les œuvres sont par essence éphémère. C’est pourquoi, je n’indique cet itinéraire Street Art, qu’à titre indicatif. Pour plus de renseignements, vous pouvez me contacter directement.

Silent Hobo

Un itinéraire Street Art au départ de la cathédrale

Pour autant, vous pouvez toujours commencer juste en face de l’Hôtel de ville, sur College Green. Sur le petit pont, vous verrez une des œuvres les plus connues de Banksy : Well hung lover, déjà évoqué dans l’article :

Juste en dessous, le mur est utilisé par des personnalités qui profitent de la notoriété de Banksy. De l’autre côté de l’escalier, on voit un renard de Silent Hobo, un artiste local fantastique.

On descend l’escalier (Frogmore Street) et en arrivant face au pub Hatchett Inn, on se retourne face au « Big Deal » de JPS, un émule de Banksy sauvé de la marginalité par le mouvement Street Art. Cet artiste de Weston super Mare utilise lui aussi des pochoirs. Sur le mur de gauche se succèdent le gladiateur hommage à l’acteur du film Spartacus et le chat.

JPS “Big Deal”

Le Street Art dans le centre de Bristol

On prend sur la droite Denmark Street pour rejoindre l’esplanade du Centre. On remonte maintenant Clare Street qui va se transformer en Corn Street. Mais on tourne juste après la jolie librairie Stanford dans un petit boyau sur la gauche (Léonard Lane).  Les murs de cette ruelle malodorante sont recouverts en permanence par les artistes locaux.

Au sortir de ce boyau, à gauche on débouche sur small street et on s’engage dans Bell Street où en se retournant à mi parcours on va découvrir les créations du festival  See no Evil  de 2011 destiné à colorer la grise rue Nelson.

El Mac
http://Bristol, figure de proue du Street Art

à gauche sur le revers de façade, un duel non fini de l’Irlandais Conor Harrington. Un peu plus loin sur la gauche, la jeune femme au bébé de El Mac réalisée à l’aide de projections. On débouche alors sur Nelson Street. A droite, se détache le Disco dog de Ary, un énorme loup habillé et coloré.

Conor Harrington
Ary “Disco Dog”

 Puis l’énorme figure stylisée de Stik. Cet ancien sans abri est très connu pour ses stickmen et son style très épuré et simple.

Vient ensuite Pixel Pancho, reconnaissable par la singularité de ses œuvres, des animaux machines. Cet artiste a travaillé “free hand”et très rapidement pour cet oiseau mécanique qui occupe un pan de mur entier.

De là, on peut rejoindre l’itinéraire 2 ou prendre un verre dans un des pubs ou salons de thé du quartier de Cabot Circus.

Cornouailles

Superbe destination de vacances, la Cornouailles offre des kilomètres de plages magnifiques.

Newquay

L’intérieur de la péninsule a été malheureusement assez abimé par l’exploitation du kaolin et les paysages sont enlaidis par les mines. https://www.info-chimie.fr/kaolin-imerys-se-reorganise-en-grande-bretagne,17886.

Certains ont néanmoins profité d’un cratère pour exploiter la précieuse matière et aménager un parc environnemental ambitieux le Eden Project. https://www.edenproject.com/

Les petits ports de la côte sud

Le sud de la péninsule s’ouvre sur des criques et de petits ports de pêche charmants tels Fowley, Charlestown ou Falmouth. Après avoir traversé les étendues sauvages de Lizard Peninsula on parvient à Penzance. Cette ville, en fin de ligne ferroviaire a beau être une étape renommée, elle n’est guère attrayante avec son vieux centre en déliquescence. En dehors du joli jardin tropical on y sent de grosses difficultés sociales et économiques. Au loin, l’ile-Mont Saint Michel n’est plus accessible. Son monastère, petit frère du français, est devenu une propriété privée qui ne s’aperçoit que depuis la mer.

En revanche, le port tout proche de Mousehole est adorable avec ses petites maisons de pêcheurs alignées le long d’une digue microscopique.

La végétation dans cette extrémité baignée par le Gulf Stream est incroyable. On se croirait sur la Côte d’Azur. Les acanthes géantes voisinent avec les palmiers et figuiers dans une luxuriance impressionnante. Cette fin de terre nous mène aux magnifiques plages de Porthcurno célèbre pour son théâtre de plein air creusé à même la falaise. https://www.minack.com/

Ces terres occidentales s’arrêtent à Land’s end, une lande désolée malheureusement enlaidie par un grand complexe d’amusement.

La côte Nord, paradis des surfeurs

La côte Nord offre quant à elle une succession de grandes plages de sable blanc. Ainsi le ravissant village de Saint-Ives, véritable Vence ou Pont-Aven local draine-t-il depuis plus d’un siècle les artistes. Un très beau musée jardin rend d’ailleurs hommage à la grande sculptrice Barbara Hepworth. https://www.tate.org.uk/visit/tate-st-ives/barbara-hepworth-museum-and-sculpture-garden . Le grand vaisseau disgracieux de la Tate offre, quant à lui, de belles collections d’art moderne pour une terre si reculée. https://www.tate.org.uk/visit/tate-st-ives.

 Au-delà du charmant port, trois magnifiques plages attirent qui les familles, qui les surfeurs dans un cadre digne des Caraïbes. https://www.youtube.com/watch?v=FwZMi3kzI8U

La Cornouailles est de fait une destination privilégiée des surfeurs qui se retrouvent notamment sur les extraordinaires plages de Newquay. Si la ville est un peu effrayante avec ses baraques à fish and chips et ses constructions de villégiature bon marché, l’environnement naturel lui est assez fantastique. Cependant, si la foule vous rebute trop vous pouvez tenter Bude un peu plus loin sur la côte, tout en prévoyant un arrêt gastronomique dans le ravissant port de Padstrow, connu pour ses fruits de mer. Un long chemin aménagé du bord de mer à l’estuaire  propose des points de vue magiques sur les longues plages de sable doré abritées par des dunes verdoyantes.

Une belle région à visiter hors des périodes d’affluence

Enfin, on ne peut quitter cette magnifique région sans rendre hommage à son plus valeureux héros, le roi Arthur. La légende assure qu’il serait né au château de Tintagel tout près de la grotte de Merlin. Tout autour les localités nous rappellent d’ailleurs que si Arthur relève de la mythologie, celle-ci se fonde certainement sur une réalité historique et a laissé des traces topographiques. On traverse en effet des lieux-dits aux noms évocateurs tels Lancelot, Perceval pour rejoindre le Devon puis le Somerset. C’est en effet dans ce Comté que la légende fait mourir le Roi Arthur https://visitesfabienne.org/glastonbury/

La Cornouailles est une zone de villégiature très prisée en été malgré le climat aléatoire. Néanmoins, si vous ne prisez pas le tourisme de masse, la saison hivernale s’impose pour visiter ces belles terres occidentales. Quitte à les voir sous un ciel pluvieux, autant s’y préparer et éviter les foules estivales. Les températures sont assez douces toute l’année et les précipitations fréquentes. Du coup, la variation climatique ne justifie pas de devoir supporter les hordes aoûtiennes.

Pont du chateau de Tintagel

Pour profiter des petites villes au charme intact et des magnifiques plages, il faut compter au moins trois belles journées. On peut tout à fait apprécier les lieux sans s’adonner au surf, il suffit d’apprécier la nature, la marche et les beaux paysages.

Glastonbury

Glastonbury

On avait presque oublié la légende du Roi Arthur…Et puis on arrive à Glastonbury, une petite ville du Somerset connue pour son festival de musique et son abbaye.

Le meilleur des deux mondes

Glastonbury représente une juxtaposition pacifique de deux univers. Les barbus revenus de Woodstock fréquentent les galeries et boutiques New Age dans la rue principale.

C’est en effet ce village qui tous les étés depuis 1970 accueille le célèbre festival né dans une ferme. https://www.glastonburyfestivals.co.uk/line-up/

En toile de fond, se détache l’abbaye, fantomatique. Une immense étendue verdoyante parsemée d’arches. Ce sont les timides reliquats de ce qui fut l’un des plus grands ensembles bénédictins d’Angleterre. Du somptueux lieu de pèlerinage ne reste en état qu’une cuisine, parfait pendant à Fontevraud.

Le reste des bâtiments a été anéanti par la fureur réformatrice d’Henry VIII le terrible roi aux 7 épouses. Au début du XVIe siècle, le monarque fit sécession d’avec Rome pour pouvoir divorcer librement de sa première épouse Catherine d’Aragon, tante du terrible Charles Quint..

Avalon

Sur la pelouse, à l’emplacement de ce qui fut le cloitre de l’énorme complexe abbatial, un petit écriteau rappelle Le Roi Arthur. Des archéologues auraient en effet exhumé sa tombe et celle de la reine Guenièvre en ces lieux.  Le même panonceau évoque timidement l’ile d’Avallon en vous invitant à continuer votre promenade arthurienne dans la petite ville.

De fait, en montant vers la colline, on découvre un panorama brumeux fantasmagorique. Sur le chemin du Thor, cette colline qui domine la plaine, un petit jardin vous invite à découvrir le puit du St Graal, Et l’on se prend à imaginer en cette plaine marécageuse, les eaux qui jadis recouvraient les lieux. C’est cette éminence qui aurait accueilli le héros de la table ronde lors de son dernier voyage. http://expositions.bnf.fr/arthur/arret/03_3.htm

Et si la visite de cette jolie petite ville ne suffisait pas, on peut pousser jusqu’au vilage suivant, appelé de manière amusante Street. Il était entièrement occupé par les usines Clark au siècle dernier. Le célèbre chausseur a fermé usine en ses terres. Comme tant d’autres, il a délocalisé. Cependant, les locaux ont été réaménagés en un immense centre commercial centré autour du culte de la chaussure. https://clarksvillage.co.uk/

Bath

royal crescent bath

La ville de Bath est née autour de la seule source d’eau chaude des Iles Britanniques, dédiée à la déesse celte Sulis.

Les Romains, lors de la conquête, l’assimilent à Minerve et construisent un temple en 60 autour de cette source. Un complexe thermal enserre ensuite le sanctuaire au IIe s. La ville porte alors le nom de Aquae Sulis. Elle croit et se dote d’une muraille défensive au siècle suivant. Mais avec le déclin de l’empire et les invasions, les thermes tombent dans l’oubli.  Redécouverts, superbement organisés, ils se visitent aujourd’hui. Et c’est un plaisir que d’écouter les commentaires précis pour comprendre comment se déroulait la vie à l’époque romain dans ces établissements thermaux. https://www.romanbaths.co.uk/

Les Thermes de Bath

Au VIIe, la petite ville renaît autour d’un nouveau complexe :  l’abbaye. Elle devient alors un centre religieux. Le passé romain est gommé, et on réutilise les pierres pour reconstruire l’abbaye au XIIeme siècle. On redécouvre les bains et la ville prend le nom de Bath. Un hôpital accompagne la redécouverte des propriétés curatives des eaux.  

Au XVI e siècle, Ia ville tombe et l’évêque décide de reconstruire une abbaye plus petite au moment même où Henri VIII déclare la dissolution des monastères. https://www.bathabbey.org/

Voûte en éventail de l’Abbaye de Bath

A l’epoque élisabéthaine, les spas deviennent à la mode et la ville attire l’aristocratie.  L’abbaye s’orne alors de fantastiques plafonds en éventail.

La ville se modernise au XVIIIe  et John Wood l’ancien et le jeune, la parent d’un urbanisme régulier. Ils y inventent la notion de croissant (crescent). Ils unifient en une façade un ensemble de maisons le long d’une rue en demi-lune. Cette forme jouxte le circus, place ronde, donnant une allure cosmique au plan de la ville. Les façades classiques et les eaux curatives attirent l’élite britannique et Bath devient très à la mode. On retrouve cette ambiance typiquement géorgienne à la Pump Room le temps d’un tea time. https://thepumproombath.co.uk/.

On peut aussi visiter la maison au 1 sur le Croissant Royal pour avoir une idée de la vie à Bristol à l’époque géorgienne : https://no1royalcrescent.org.uk/

Number 1 Roral Crescent, Bath

D’ailleurs, Bath, abonde en petits lieux charmants et élégants. Ainsi, sur le pont Pulteney, un des trois seuls ponts d’Europe bordé de maisons.

Enfin les fastes géorgiens apparaissent dans les Assembly Room aménagées en un superbe musée du costume. https://www.fashionmuseum.co.uk/

Musée du Costume, Bath

Ville touristique et culturelle, Bath offre également des expositions au musée Holborne ou au Victoria and Albert. J’ai d’ailleurs déjà parlé des expositions de ce musée : https://visitesfabienne.org/themes/toulouse-lautrec-de-montmartre-a-bath/

Musée du Costume, Bath

/ https://www.victoriagal.org.uk/

Gloucester

Gloucester cathedrale

Pourquoi aller à Gloucester ?

Pas seulement pour rencontrer Beatrix Potter, la célèbre et délicieuse auteure de Peter Rabbit qui a immortalisé la ville : https://www.tailor-of-gloucester.org.uk/

La cathédrale de Gloucester, une merveille gothique

Les amateurs d’art se régaleront à la Cathédrale, l’une des merveilles de la région. https://www.gloucestercathedral.org.uk/.  Dans le circuit des chefs d’œuvre gothiques, Gloucester occupe une place de choix tant par la taille de cet immense vaisseau de pierre, que par la magnificence du cloitre. D’ailleurs le cinéma ne s’y est pas trompé qui y a situé l’intrigue de trois films de Harry Potter. https://www.youtube.com/watch?v=EfSofShp0gs

Les somptueuses voutes en éventail décorent également la chapelle de la vierge restaurée grâce a l’argent généré par le film. Le ticket d’entrée donne en outre accès au triforium. De cet étage en général interdit au public, la vue sur le chœur est prodigieuse. Même la caféteria est un ravissant lieu dans l’ancien réfectoire des moines.

Une ville charmante

Autour de la cathédrale, les aménagements ont su préserver l’atmosphère médiévale et bucolique. De charmants salons de thé et boutiques mènent aux  rues qui se croisent en angle droit à la tour Michel. Dans Northgate Street se trouvent de jolies maisons à colombage dont la New Inn servait déjà d’auberge en 1450. La structure urbaine provient de la colonie romaine Glevum. On en retrouve quelques vestiges, comme un mur au terminus des autobus.

Le  Port mène à l’estuaire de la Severn par des canaux. La ville a entièrement rénové ses docks abandonnés dans les années 1980. Ils forment désormais un espace public occupé par le National Waterways Museum, et de luxueux magasins, bars, ou appartements résidentiels. Le Musée des soldats du Gloucestershire est situé dans la Maison des Douanes.

Par ailleurs, le Gloucestershire est superbe : à l’est les Cotswolds, au nord-ouest les collines de Malvern et à l’ouest la forêt de Dean puis le Pays de Galles.

Enfin on ne peut quitter Gloucester sans évoquer une course fascinante mais véridique : la célèbre course au fromage

Toulouse-Lautrec de Montmartre à Bath

Image

Toulouse-Lautrec et les maitres de Montmartre est le sujet de la belle exposition du V&A de Bath. Le Grand-Palais a consacré sa grande exposition de l’hiver au même artiste.

https://www.grandpalais.fr/en/event/toulouse-lautrec

Nous avions prévu une  visite  et une introduction de l’exposition sur Toulouse-Lautrec dans un pub mais en raison de l’épidémie, je vous propose de la suivre sur mon blog.

Une exposition riche en grands noms de l’affiche

Si la salle du V&A est relativement petite, elle abrite néanmoins une belle collection d’affiches. Les grands noms de Montmartre s’y rencontrent. Nous voyons ainsi Toulouse-Lautrec, dernier héritier des Comtes de Toulouse, vanter les spectacles du Moulin Rouge et de ses danseuses et chanteuses. La Goulue, Yvette Guilbert, Aristide Bruant défilent sous nos yeux.

En effet, les artistes de Montmartre n’hésitent pas à dépeindre les filles de joie, les bourgeois encanaillés, les artistes. Mucha lui s’attache à Sarah Bernard. L’exposition nous permet également de nous intéresser à Bonnard,  Jules Chéret entre autres…

Quand Bonnard vante le champagne…

Ces artistes se font l’écho de courants picturaux novateurs. Si Mucha ou Chéret illustrent à merveille l’Art Nouveau, les aplats et silhouettes de Grasset empruntent au japonisme et au nabisme.

Ces lithographies évoquent une époque charnière du Paris de la toute fin du 19eme siècle.

Le Paris optimiste de la Belle époque

C’est en effet un contexte particulier qui voit fleurir ces affiches publicitaires. La période correspond à un âge d’or économique et politique marqué par la paix, la croissance et la stabilité de la troisième République. C’est aussi l’époque de l’apogée de l’Empire colonial français.  A la même période, la Reine Victoria règne sur l’Empire britannique.

Cette période est également marquée par de nombreuses innovations techniques comme la lumière, l’électricité ou le cinéma qu’illustrent nos affichistes. Les transports,eux aussi, se modernisent avec l’avènement de la petite Reine, l’automobile, les pneus.

Quand Toulouse-Lautrec vante la bicyclette, V&A Bath

Ces changements s’accompagnent de mutations sociales et de nouveaux modes de vie. Les affiches marquent la naissance de la réclame mais aussi du vedétarriat. Elles témoignent de l’avènement de la société de consommation. Notons par exemple les nombreuses affiches consacrées au chocolat.

Paris s’affirme alors comme un centre culturel influent avec des lieux de spectacles emblématique café-concerts, music-halls comme le Moulin Rouge, le Chat Noir.

https://www.victoriagal.org.uk/events/toulouse-lautrec-and-masters-montmartre