Street Art dans l’East End

Aujourd’hui, je vous propose quelques éléments de compréhension du Street Art. La semaine prochaine je vous emmènerai en balade dans l’East End.

A la base du Street art, la contestation

Pour commencer, quelques rappels pour ceux qui n’auraient pas vu mes promenades Street art dans le sud-ouest anglais : https://visitesfabienne.org/destinations/royaume-uni/street-art-de-la-contestation-a-la-gentrification-2/

Le terme de street art est un générique regroupant plusieurs types d’art. Il englobe de fait œuvres picturales, sculptures, happenings, concerts etc…

Le relief d’un lapin explosif sur Rivington Street

En matière picturale le street art se déploie sur les murs, volets, stores et parois de la ville et les transforme en galeries d’art à ciel ouvert. Les maisons abandonnées, vouées à la démolition offrent des parois idéales à peindre et repeindre. Par ailleurs, les quartiers en déshérence sont particulièrement adaptés et réceptifs au contenu social et politique inhérent au Street Art.

Fallen Heroes wall

En effet, né de la pauvreté et dans les quartiers délaissés, le Street art est porteur de message. Politique ou social celui-ci est relayé de différentes manières : par la violence, l’humour, le non-dit ou l’accusation brutale. Il s’oppose en général au gouvernement en place, aux forces de l’ordre.

Pourtant, à la génération des « hors la loi » qui œuvraient de nuit, à la sauvette, ont succédé des artistes recherchés, payés par les commerçants, les collectifs de quartier pour attirer le public. Dans la plupart des cas, aujourd’hui, les artistes opèrent sans poursuite ou conséquence sur les murs abandonnés, des zones vouées à la destruction ou sous le regard semi consentant des propriétaires.

Paste up féministes

Vers de nouvelles expressions

Le mouvement s’est amplifié et compliqué ces dernières années avec une recherche d’originalité et de créativité. Car le Street art se heurte à quatre types d’écueils en contradiction avec son essence

1/ Un relatif embourgeoisement

Le street art est maintenant à la mode. Nombreux traquent les dernières créations. Les peintres se transforment eux-mêmes en guides et animateurs de leurs réalisations ou de celles de leurs confrères.

Ce nouveau type d’activité revitalise l’East End londonien, les banlieues, les abords des gares. Des spots apparaissent ainsi près de Waterloo Station, sur Leake tunnel ou Southbank Centre ou encore à Brixton, Hackney Wix ou Camden. Les quartiers où s’installent les artistes deviennent à la mode et sortent de leur marginalité ce qui pousse les artistes à toujours plus d’audace et de non-conformisme pour survivre.

Leake Street, nouvelle Mecque du Street Art

2/ Financer sans se compromettre

En effet la composante anti sociale est fondamentale. Or en sortant de l’illégalité, le street art se voit menacé dans son essence. De même, en sortant de l’anonymat, les artistes perdent de leur force contestataire. Néanmoins comment vivre et payer les couleurs ? Car les artistes ne sont pas toujours jeunes, célibataires ou sans domicile. Certains sont même très installés, vendent sur le net ou dans leurs boutiques, comme Thierry Noir devenu célèbre à Berlin. https://thierrynoir.com/

Richard Noir égaye Rivington Street

 Certains sont même exposés. http://www.vam.ac.uk/content/articles/s/street-art/.

 D’autres battent des records en salles des ventes https://www.youtube.com/watch?v=eXKE0nAMmg4

Des galeries scrutent l’apparition de nouvelles œuvres et les ajoutent à leurs tours ou catalogues : https://streetartlondon.co.uk/tours/gallery/

Enfin, la publicité et quelques grandes sociétés ont compris comment utiliser le Street art pour faire résonner leur image, telles Gucci ou Botega Veneta.

3/ Péreniser l’éphémère

Dans tous les cas, le Street art reste marqué par son caractère éphémère. L’œuvre une fois apparue peut rester 2 heures ou des années selon le support, le voisinage, la notoriété de l’auteur. D’où l’importance de la mise en scène. Qui dit Street art aujourd’hui implique photographie et post sur les réseaux sociaux. L’existence même de l’œuvre se fait via instagram, Twitter, Snapchat ou Youtube. La pérennité dépend du succès en ligne. En effet, les murs eux, changent en permanence. Impossible dès lors de proposer un itinéraire fixe.

4/ Se renouveler constamment

Quelques-uns se spécialisent dans l’hommage ou le portrait posthume. Ceux- là ont une chance de rester.

D’autres mélangent les cultures

Au risque de répéter des schémas, certains se citent eux-mêmes en se référant les uns aux autres. Ainsi lorsque Georgie fait un paste up de la soupe Tories, , il s’agit en fait d’un clin d’œil à la soupe Tesco de Banksy, elle-même allusion au pape de la culture pop Andy Warhol et ses soupes Campbell.

Certains s’inspirent de peintres célèbres, tel Jimmy C dont les drippings rappellent les néo impressionnistes. https://www.facebook.com/Jimmyc.artwork.

Jimmy C sur Whitby Street

D’autres n’hésitent pas à assoir leur notoriété sur un motif, tel Adrien Boswell et ses brocolis https://www.instagram.com/adrianboswell/.

Nous retrouverons ces artistes non en leurs murs mais sur les murs dès la semaine prochaine.

La Tour de Londres

Et pourquoi ne pas visiter la Tour de Londres ?

Vous me connaissez, je ne suis pas une grande fan des visites touristiques incontournables. C’est donc pour accompagner un de mes visiteurs qui avait très envie que j’ai accepté de dépenser 27 Livres pour visiter ce « must see ». Eh bien le croiriez-vous je n’ai pas regretté. Et même, je recommande chaudement cette visite aux néophytes, aux apprentis londoniens, aux amateurs de Moyen-Age, aux historiens en culotte courte, aux admirateurs de la monarchie et j’en passe. https://www.hrp.org.uk/tower-of-london/#gs.fndjfn

La tour de Londres, une visite haute en couleur et en verbe

Car la tour de Londres offre une belle demi-journée de découvertes en tous genres. Surtout lorsque l’on suit le tour guidé. Assuré par un Beefeater c’est une expérience haute en couleur. Ces officiers de carrière dévoués à la garde personnelle de sa Majesté mettent en scène l’histoire de la Tour et de la monarchie avec beaucoup de panache. Maniant avec brio Histoire et histoires ils donnent un aperçu coloré et très vivant de la chronologie depuis la fondation de la tour par Guillaume le Conquérant. C’est avec truculence que sont évoquées les heures sombres et sanguinaires des règnes de Henri VIII et de ses successeurs. A commencer par l’assassinat des femmes de l’impérieux souverain, notamment Anne Boleyn et Catherine Howard. La période révolutionnaire a, elle aussi, entaché l’histoire de la tour. Du complot des poudres avec l’exécution de Guy Fawles au Commonwealth, la tour de Londres a été un lieu de tortures, de prisons et d’exécutions.

Puis avec la restauration, les bâtiments ont été affectés à la monnaie et la vieille tour est devenue geôle. Aujourd’hui musée, elle accueille les visiteurs dans des bâtiments répartis dans un immense espace qui ressemble à un village, préservé de la grande capitale derrière ses murs séculaires.

Que voir à la tour de Londres

On va surtout à la  tour de Londres pour les joyaux de la couronne. C’est vrai qu’ils sont extraordinaires. Il est vrai aussi que les couronnes et sceptres du passé et du présent s’admirent depuis un tapis roulant pour éviter que les foules ne s’agglutinent trop longtemps devant les vitrines. Mais il y a beaucoup d’autres points d’intérêts dans la visite de la Tour.

Mur romain devant la Tour Blanche

D’un point de vue historique, cet immense espace qualifié de tour en raison de son donjon central ou tour blanche présente un panorama quasi complet de l’histoire londonienne. Au pied de cette tour blanche qui date de l’arrivée des normands, un pan de mur romain correspond à l’emplacement de la muraille de londinium. La tour blanche occupe 3 étages. Au-dessus des somptueuses caves, se trouve l’étage des officiers et gardes, puis celui de la cour et enfin les appartements royaux. Les immenses surfaces évoquent la puissance des normands. La chapelle romane est un morceau de France particulièrement beau et bien rénové en plein cœur de l’Angleterre. La tour présente également des armures des rois d’Angleterre.

les armures dans la Tour Blanche
Chapelle normande, un joyau roman

Autour de la tour, s’ouvre le musée de l’armée. Sur la grande place haute, des maisons géorgiennes hébergent encore les officiels du lieu. La belle demeure Tudor était le logis de la Reine. De la même place, on accède à l’église st Pierre aux Liens, lieu de sépulture des grandes figures médiévales. Les tours mènent aux remparts desquels la vue sur la city et la Tamise sont incomparables. Elles ont « accueilli » nombre de prisonniers.

Accès à la tour depuis le quai

D’autres salles rappellent le palais royal avec sa salle du trône, mais aussi la ménagerie. Dans les bastions extérieurs, l’atelier de la monnaie rappelle le rôle essentiel d’un de ses directeurs, le célèbre Newton.

Porte des Traitres et logis du roi

Bref une visite très touristique mais à la hauteur des attentes pour célébrer le 5 Novembre en compagnie d’un prisonnier célèbre Guy Fawkes ou au moment des festivités de Noël. https://londresmag.com/2019/11/04/qui-est-guy-fawkes-la-star-de-la-bonfire-night/

Saint-Pancras et King’s Cross

En carafe à Saint-Pancras, je vous propose quelques idées de balades. Plus précisemment j’inaugure ici une petite série sur les quartiers de gares. Aujourd’hui donc commençons à l’arrivée de l’Eurostar, à la gare Saint-Pancras, du nom d’un martyr chrétien.

Saint Pancras Station

Car les métros et trains prennent parfois du retard à Londres. C’est même le moins que l’on puisse dire. Et les trains ne sont pas toujours à l’heure. Ce malgré leur numérotage amusant. Au Royaume-Uni en effet, les trains ne sont pas désignés par un numéro ou un petit nom mais par leur horaire présumé de départ. C’est ainsi que le 10.02, s’il accumule du retard, peut partir bien après le 11.15.

Train et métro même combat.

On est donc parfois obligé de passer plus de temps que prévu aux abords des gares.

Le voyageur de Saint Pancras

Or les gares situées en périphéries de la ville victorienne lors de leur construction sont reliées entre elles. Ainsi, la Metropolitan line, creusée en 1863, relie les gares du Nord. Elle dessert notamment Euston, Saint-Pancras, Kings cross, Farringdon et Liverpool Street. C’est aussi la première ligne de métro de la capitale, et du monde,

 L’idée consistait ensuite à relier cette ligne à une ligne circulaire (la Circle line) pour rallier facilement les autres gares. Le Musée des Transports propose à ce sujet de belles explications.https://www.ltmuseum.co.uk/collections/stories/transport/metropolitan-line

Tendres retrouvailles à Saint-Pancras

Que vous disposiez d’une demi-heure ou de 2 heures, il y a forcément de quoi explorer autour des nœuds ferroviaires, avec en prime la possibilité de profiter des très chères consignes !

Autour de Saint-Pancras et King’s Cross

Là c’est facile, les deux gares se jouxtent et partagent une belle esplanade où écouter de petites formations musicales. On peut aussi grignoter un sandwich, se laisser envahir par la rumeur de la ville.

Harry Potter à King’s Cross

Si vous n’avez que 5mn et que vous adorez Harry Potter, ne manquez pas la pancarte platform 9 ¾. C’est le point de départ du Hogwarts Express juste à côté de la boutique. Les scènes d’extérieur ont en revanche été tournées devant le bel hôtel victorien Saint Pancras.

Pour les férus d’archéologie, une légende raconte que la tombe de la fameuse Reine Boudica se trouverait sous le quai 13. https://londonist.com/2016/08/is-boudica-buried-in-london

Si vous appréciez l’architecture et ne disposez que peu de temps, profitez-en pour admirer l’hôtel st Pancras, merveille victorienne. Vous pouvez également vous amuser des sculptures de la gare. Amoureux d’architecture encore, le toit réticulé de John Mc Aslan à King’s Cross redessine la gare depuis 2012 et vaut le détour.

Le magnifique toit de King’s cross

Vous disposez de plus de temps

Si vous disposez d’au moins 30/45mn, vous pouvez remonter derrière le Gymnasium, ancien lycée allemand reconverti en bar à bière. De ce point, entre les deux gares, on rejoint le canal. Tout autour,s’est monté ces dernières années un magnifique centre commercial aéré avec petit marché gourmand. Pas la peine donc de rester enfermé dans la gare pour un sandwich insipide.

Le canal derrière Saint Pancras

Si vous avez vraiment un moment à tuer entre deux correspondances, direction la ravissante vieille église de St Pancras en redescendant le long du bassin sur St Pancras Road. A ne pas confondre avec la New Church plus près de Euston. cette jolie église de campagne reconstruite à la période victorienne a conservé des vestiges romans ainsi que son charmant cimetière. Y est enterré John Soane le grand architecte et collectionneur. Ce mausolée un peu pompeux serait à l’origine du dessin des fameuses cabines téléphoniques rouges.

Eglise Saint Pancras

Un peu plus loin, des tombes s’entrelacent autour d’un arbre, rassemblées lors de la réfection de l’ensemble par le célèbre romancier, architecte de formation, Thomas Hardy, au moment de la construction des gares.https://stpancrasoldchurch.posp.co.uk/history/church-history/

Non loin, se trouve également la Bibliothèque Nationale, avec de belles expositions. La galerie permanante offre à la vue de magnifiques manuscrits et un rare exemplaire des quatre originaux de la Magna Carta.

Bibliothèque Nationale

Si vous disposez d’une demi-journée, libre à vous de continuer votre balade le long du canal pour rejoindre l’animation de Camden Town.

Le canal derrière Saint-Pancras

L’égyptomanie londonienne

A Londres, l’Egyptomanie commence après la bataille d’Egypte. Elle trouve son apogée avec la spectaculaire découverte de la tombe de Toutankhamon par Howard Carter pour le compte de Lord Carnavon. (Seigneur de Highclere connu grâce à la série Downton Abbey).

OUchebtis du Musée Pétrie

L’Egyptomanie dans les musées

  • Pour les égyptophiles, toute balade commencera par la fantastique collection du British Museum. Elle se compose de deux parties. Dans les galeries du RDC, on verra les chefs d’œuvres et les grosses pièces de la Pierre de Rosette aux fausses portes caractéristiques de l’ancien Empire. Au second étage, les collections s’axent sur la vie quotidienne avec une approche plus thématique. Des sarcophages, momies décrivent la vie, la mort, les rites. Le parcours s’effectue chronologiquement et aborde les zones périphériques. https://www.britishmuseum.org/collection
Tombe de Nebamun British Museum
  • Pour les amoureux de l’étrange, le John Soane Museum. Cette incroyable collection amassée par l’architecte de la Banque d’Angleterre a tout d’un bric à brac fascinant. Entre les tableaux (merveilleuse collection de védutistes et de Hogarth) et les objets de toutes sortes, les amateurs découvriront le tombeau de Sethi 1er, le père de Ramsès II. https://www.soane.org/
  • Il faut courir au Petrie Museum, un musée étonnant, tout petit, au sein même de l’Université. Il se compose de deux salles seulement. On y voit 8000 sur les 80000 objets collectionnés par le père de l’égyptologie Flinders Petrie. Un peu difficile à aborder sans préparation mais riche de véritables merveilles comme des portraits du Fayoum. On y découvre également des vêtements de ce lin si fin présent sur les reliefs. Le website n’est pas forcément parfait mais l’app recense tous le sobjets. https://www.ucl.ac.uk/culture/petrie-museum
fusaiolles Musée Petrie
Musée Petrie, 1 des 52 Portrait du Fayoum

Les rues de Londres à l’heure de l’égyptomanie

Si vous souhaitez découvrir des rappels de l’Egyptomanie dans les rues de Londres, vous pouvez commencer devant l’obélisque de Cléopâtre sur Embankment.

  • Pour les amateurs de kitsch l’extraordinaire hall égyptien du grand magasin Harrods s’impose. L’ambiance est complètée par les effluves d’Oud vendu aux riches clients orientaux.
escalier égyptien
  • Extraordinaire également, la façade Art Déco de l’usine de cigarettes Carreras, claire référence à l’architecture des temples égyptiens avec son armée de chats Bastet montant la garde. https://visitesfabienne.org/Trim,. Le Quartier Général de ASOS siège désormais dans cet étonnant bâtiment de 1926 inspiré par les aventures d’Howard Carter alors occupé à fouiller la Vallée des Rois.
  • L’étonnante Richmond Avenue à Islington pourrait s’appeler Nile Street. Tout près du Barnard Park, une armée de sphinxes et obélisques miniatures garde les maisons. Elles datent de 1841 et rappellent la Bataille du Nil et la victoire de Nelson sur Napoléon en 1798, prélude à l’égyptomanie londonienne.

Enfin, un petit tour dans le cimetière de Highgate donne une jolie illustration de cette égyptomanie.

Londres italienne

Pour parler de la Londres italienne je n’évoquerai pas les multiples restaurants mais les lieux et monuments qui rappellent la péninsule. En effet, parmi les nombreuses vagues migratoires, Londres a reçu son flot d’Italiens.

Temple Bar, un baroque à l’italienne du au grand Wren

Des quartiers italiens de Londres

  • Little Italy, anciennement « Colline italienne » est le surnom d’un petit quartier au sud-ouest de Clerkenwell entre Clerkenwell Road, Farringdon Road and Rosebery Avenue. Cette colline autrefois appelée Colline saffran a vu de nombreux travailleurs italiens s’installer au cours du 19e s et déloger les miséreux du quartier. Leur église Saint Pierre par construite en 1845 reprend le modèle de San Crisogono dans le Trastevere. Le quartier compta jusqu’à 12 000 pers en 1895 notamment des Italiens du sud.

  • Ceux du nord s’installaient davantage à Soho. Ils travaillaient comme horlogers, tailleurs, artistes ou domestiques. Au contraire les habitants de « Little Italy » appartenaient à la catégorie des « ambulants » : vendeurs de glace, marchands ambulants, modèles, vendeurs de bustes en plâtre. Arthur Conan Doyle en parle d’ailleurs dans l’aventure des 6 Napoléons https://en.wikipedia.org/wiki/The_Adventure_of_the_Six_Napoleons
  • Aujourd’hui, la communauté s’est dispersée. Pour autant, l’Eglise Saint Pierre reste un point de ralliement pour la communauté italienne notamment au moment des Fêtes de Noël, Pâques et de la procession de la Vierge du Carmel le 16 Juillet.
L’église Saint Pierre
  • Little Venice se veut une référence nette à la ville des canaux. Ici ce sont des péniches rassemblées sur un bassin à l’intersection de Regent Canal, un bras du Canal Grand Union et le Bassin de Paddington. La zone est arborée et l’on y trouve des cafés. C’est un arrêt plaisant si vous marchez le long du Canal. (ou si vous attendez votre train à Paddington ou Marylebone Station). https://www.visitlondon.com/things-to-do/place/401228-little-venice

des monuments à l’italienne

Autour de Saint-Paul

  • Bien entendu l’une des zones aux accents les plus italiens correspond aux abords de la cathédrale Saint Paul. Construite selon le modèle de Saint Pierre de Rome par Christopher Wren, elle s’inscrit dans le programme de reconstruction d’après le grand incendie de 1666. Si le faste baroque déployé par cette majestueuse cathédrale surmontée d’une coupole évoque le Vatican, le quartier qui l’entoure également. En effet, la petite place Paternoster malgré sa (re)construction récente (dans les années 1995) a des airs italiens. Car il ne reste rien du lacis de ruelles médiévales, incendié en 1666. Reconstruit avec brio par Wren, il brûla nouvelle fois durant le Blitz. Malgré la juxtaposition d’éléments hétéroclites, l’ensemble, lié à Saint Paul par la majestueuse porte de Temple bar, ne manque pas de charme transalpin. S’y côtoient en effet colonne similaire à celle du Monument, grilles pour aérer le parking souterrain, constructions modernes et la porte donc déplacée (dans les années 2000 quoique indirectement !) du Strand où elle bloquait la circulation des voitures… https://lookup.london/paternoster-square-column/

Des monuments palladiens à Londres

  • On ne peut parler d’Italie à Londres sans évoquer l’influence du grand architecte vicentin Palladio. Son œuvre, apporté dans la capitale par Inigo Jones, a effectivement totalement révolutionné l’esthétique architecturale des lieux. Il faut imaginer la Londres médiévale totalement transformée par quatre constructions directement héritées d’Italie. Le pavillon de la Reine à Greenwich, la chapelle royale du Palais st James, la Banqueting House et Covent Garden ont ainsi totalement modifié la ville. https://visitesfabienne.org/palladio-a-londres/

Des mosaiques d’inspiration romaine

  • L’un des lieux les plus insolites nous rapproche de l’Italie antique. L’œuvre est pourtant récente (2012). Mais, de par sa technique et son rendu, elle nous transporte dans une villa romaine antique. Il s’agit d’un ensemble de mosaïques de 2012 évoquant le quartier alentour. Elle utilise la technique romaine de l’opus tesselatum. Cachées derrière une rangée de petites maisons à la lisière du quartier de Hoxton, ces mosaïques illustrent les saisons dans les parcs de Hackney. Avec beaucoup d’humour, elles illustrent la vie du quartier. Certaines nous montrent une baigneuse, un souffleur de feuilles. On voit aussi des animaux stylisés ceux qui paissaient dans cette zone rurale jusqu’au 19e. (Shepherdess walk park). La référence aux bergers tient au pub « the Eagles » dans la rue Shepherdess Walk qui s’appelait « Bergers et Bergères »  https://spitalfieldslife.com/2013/10/07/the-mosaic-makers-of-hoxton/ Ou http://www.hackney-mosaic.co.uk/shepherdess-walk/4581051788

Un air d’ailleurs à Londres

Le but de cet ailleurs à Londres est de faire voyager sans forcément bouger loin de chez soi. Evidemment je pourrai commencer par l’influence hollandaise dans les maisons à pignon ou le côté new yorkais des gratte-ciels de la City ou du quartier futuriste de Canary Wharf. Mais je préfère vous faire découvrir quelques petites pépites plus ou moins insolites au goût d’ailleurs. L’influence égyptienne ou la présence française, chinoise ou italienne sont ou furent suffisamment marquées pour être à l’origine d’articles à part entière.

Gratte-ciel sur Old Street
Canary Wharf, un air de New York sur Tamise

Des bâtiments au gôut d’ailleurs à Londres

  • Dans le quartier de Clerkenwell,  https://visitesfabienne.org/Clerkenwell le prieuré Saint Jean de Jérusalem représente une petite enclave maltaise sur le sol anglais.  Instauré au 12e siècle, il fut dissout sous Henri VIII pour ne réapparaitre qu’à la fin du 19e siècle. Entretemps, les bâtiments avaient servi à divers usages. La majestueuse porte faisait ainsi office de pub. L’ordre des Chevaliers instaura un service d’ambulance, nouveauté totale en Angleterre, ainsi qu’un hôpital spécialisé en ophtalmologie. Aujourd’hui, la porte du prieuré abrite un musée. On peut également visiter l’église du 12e s https://museumstjohn.org.uk/our-story/history-of-the-order/
Ordre de Malte à Londres
  • La petite structure victorienne des bains turcs se cache non loin de la station de métro Liverpool Street. Ouverts en 1895 à l’emplacement de deux anciens établissements de bain, ils eurent un succès immédiat. Fermés en 1954, ils abritent aujourd’hui un bar select. On n’aperçoit que l’entrée entre les immeubles modernes. Les bains à proprement parler se développaient en sous-sol. https://www.victorianbathhouse.co.uk/
Bains turcs de Liverpool Street
  • La cathédrale grecque Sainte Sophie à Bayswater (ou de la Sagesse Divine), ironiquement située sur Moscow Road ne paye pas forcément de mine à l’extérieur. Mais l’intérieur nous transporte ailleurs à Londres, sur les bords de la mer Egée. Le narthex orné de mosaïques dorées annonce la couleur. Dans l’église, face à l’iconostase, sous la coupole, on se croirait vraiment en Grèce. https://stsophia.org.uk/index.php/en/

La communauté grecque londonienne est essentiellement chypriote. Elle s’est formée dans les années 1920. Les premiers arrivants travaillaient dans la restauration, ou comme tailleurs. Puis avec l’invasion turque de 1974 une nouvelle vague a migré. On retrouve d’ailleurs au British Museum une belle collection d’oeuvres chypriotes.

Idole planche chypriote au British Museum

Des statues et œuvres d’art rappelant d’autres lieux

Henri le Navigateur posé sur Belgrave Square
  • Je pourrai ici égrener les statues de tous les personnages « exotiques » de Londres. Tel n’est pas mon objectif. Je me contenterai de celle de Mahatma Gandhi, à Tavistock Square, à Bloomsbury. Il y voisine avec Virginia Woolf. Sur Belgrave Square, c’est le Portugal qui est à l’honneur avec Henri le Navigateur.
Gandhi à Tavistock Square
  • On ne peut que penser au petit Manneken Pis de Bruxelles lorsque l’on découvre le fat boy de Pye corner, à l’angle de Cock Lane and Giltspur Street. Cette petite statuette de bois doré en hauteur juste derrière le marché de Smithfield, marque le point final du grand incendie de 1666 qui débuta sur Pudding Lane (au niveau du Monument)
le Fat Boy de Pye Corner
  • Il faut vraiment regarder attentivement en sortant de Euston Station pour distinguer l’église Saint Pancras New Church. A l’angle de Duke Street et Euston road et de Upper Woburn Place, on voit des cariatides que l’on imaginerait plus à leur place à Athènes. De style néo grecque, l’église est dotée d’une colonnade d’accès ionique. Henry Inwood l’architecte ramena de son voyage à Athènes des relevés de l’Erechthéion et s’en inspira pour les 2 portiques à cariatides.
Cariatides de New Church

Londres avec des enfants

Découvrir Londres avec des enfants peut sembler ardu, pourtant voici quelques idées pour passer de bons moments en famille.

Figure de garçonnet indiquant une école caritative

Si vous arrivez de France, vous débarquerez à la gare St Pancras. Avant de prendre le métro, si vous n’êtes pas surchargés, allez voir le quai 9 ¾ de Harry Potter (gare King’s Cross juste à côté).

La boutique Harry Potter à King’s Cross

Des itinéraires classiques dans Londres avec des enfants

1/ De Westminster à Trafalgar Square.

C’est le classique des classiques. On en profite pour voir Downing Street mais aussi des tas de statues de gens connus : Gandhi et Nelson Mandela, Churchill sur Parliament Square. Boudicca la reine celte qui chassa les Romains sur l’embarcadère (d’où l’on peut partir pour un petit tour de bateau https://tfl.gov.uk/modes/river/  

Statue de Bouddica le long de la Tamise

On peut aussi passer un joli moment dans la National Gallery . Pour des enfants, il vaut mieux profiter de la gratuité des grands musées pour y aller progressivement avec des thèmes, des circuits courts, des objectifs. La petite récompense d’un grignotages chinois dans Soho fonctionne en général. A moins que vous ne puissiez coupler avec un détour du côté de Covent Garden, avec le musée des Transports plus ludique. https://www.ltmuseum.co.uk/visit. Malheureusement les visites immersives sont suspendues en ce moment. Mais le quartier Seven Dials regorge de boutiques et petits restaurants amusants

2/ Palais de Buckingham

Pour compléter ce tour, il faudrait inclure Buckingham Palace à 11h pour la relève de la Garde (le mieux dans ce cas est ,en venant de Parliament square, remonter Whitehall, s’arrêter pour les chevaux de la garde montée de sa majesté (on peut visiter les écuries https://householdcavalry.co.uk/museum/). Après cette pause, il suffit de passer sous l’arche, traverser le parc de Saint James jusqu’au Palais royal.

3/ Tour dans la city.

Cet autre tour incontournable nous conduit au Musée de Londres (très bien fait pour les enfants avec des itinéraires, des jeux de piste et super intéressant pour tous) https://www.museumoflondon.org.uk/museum-london . De là, on peut s’amuser à longer les vestiges du mur de la cité romaine. En passant par le dédale du Barbican et les parkings souterrains, cet itinéraire en forme de jeu de piste nous mène jusqu’à la Tower of London

maquette du forum romain de Londinium au Musée de Londres

4/ Des Musées aux collections adaptées aux enfants

Dans les incontournables, le British Museum s’impose. Là encore, la gratuité peut faire privilégier les petites visites récurrentes. Une première visite peut se centrer autour des indispensables : pierre de Rosette, frises du Parthénon. On peut prévoir une visite ciblant Sutton Hoo (au 1er étage face à l’escalier) et la période anglo-saxonne. On peut également passer un joli moment au 1er étage sur la vie quotidienne dans l’Egypte antique.

Non loin du British, une petite extension permet de découvrir le très victorien musée du Jouet (et boutique) le musée Pollock https://www.pollockstoymuseum.co.uk/

Pollocks toy Museum

Bien sûr, le must pour et avec des enfants est dans le quartier de Kensington : Musée d’Histoire naturelle ( https://www.nhm.ac.uk/

Pour des un peu plus grands, le Musée des Sciences s’impose.

Si vous restez plus longtemps à Londres avec des enfants

1 Les Docks et Greenwich

Vous pouvez vous rendre sur les Docks avec un arrêt au musée des Docks bien fait pour les enfants. https://www.museumoflondon.org.uk/museum-london-docklands

Musée des Docks, recréation d’une ruelle
animation au Musée des Docks

De là, une extension à la ferme de Canary Wharf https://www.mudchute.org/

des lamas à la ferme de Lambeth

On peut alors prendre le tunnel sous la Tamise et rejoindre Greenwich (visite de l’Observatoire avec le méridien de Greenwich https://www.rmg.co.uk/royal-observatory. Une pause dans le joli parc complète les explications scientifiques. Néanmoins, il est toujours rigolo de sauter d’un côté du Méridien à l’autre. A Greenwich, le marché  est très sympa. Quant au musée naval, il permet de jolies découvertes familiales. https://www.rmg.co.uk/national-maritime-museum.

le téléphérique de emirates Airlines

Pour compléter la matinée maritime, direction le voilier Cutty Sark. Rejoindre Greenwich Nord pour prendre le téléphérique au-dessus de la Tamise, expérience amusante et qui donne une belle vue sur les installations des JO. https://tfl.gov.uk/modes/emirates-air-line/?cid=emiratesairline

2/ Plus loin

Revoila Harry Potter à King’s Cross

De nombreux tours guidés existent sur le sujet.

Le V&A children demande aux enfants de tester les jouets

Et tout près le joli parc Victoria avec une pagode et on peut continuer vers le site des JO

Les musées publics (V&A, British, National Gallery, Naval, de Londres, Docks) sont gratuits mais il faut réserver. Les autres sont payants et sur réservation également.

Pour les enfants qui connaitraient déjà Londres, il peut être sympa de suivre les statues de chat ou les statues d’animaux https://visitesfabienne.org/trim-hodge-bastet-chats-de-londres/

Certains lieux évoquent les enfants, comme le Foundling Museum https://visitesfabienne.org/les-enfants-abandonnes/

Rondelle devant l’école caritative de Brick lane

Enfin, on peut également partir à la recherche des statues d’enfants dans les écoles de Charité. A Liverpool Station, se dresse une statue « Kindertransport » de F Meisler. Elle rappelle les 10 000  enfants allemands débarqués à Liverpool Station et accueillis en Grande Bretagne.

Kindertransport, émouvante statue de groupe à Liverpool Station

Les enfants abandonnés

Dans cet article sur les enfants abandonnés je voudrais partager un lieu étonnant et émouvant. Son influence s’étend à tout le quartier.

Face à la multitude d’enfants abandonnés dans l’Angleterre du XIXe siècle, quelques belles personnes ont tenté d’organiser des secours. On trouve la trace à la fois des enfants abandonnés et des philanthropes au petit musée Foundling ou musée des enfants trouvés mais aussi dans le quartier environnant. https://foundlingmuseum.org.uk/

Un musée hommage aux enfants abandonnés

Du vaste hospice fondé en 1739, il ne reste que ce joli bâtiment reconstitué lors du déménagement de l’hospice dans la campagne. Cette décision prise dans les années 1920 permit de libérer des espaces dans le centre de Londres pour financer un nouveau complexe.

La visite, édifiante, se révèle également très émouvante. Le musée occupe les 3 étages de cette jolie maison du 18e s.

Le rdc s’intéresse à la fondation de l’institution et son fonctionnement . Il s’axe aussi sur le destin de certains de ses pensionnaires. On y voit des objets de leur quotidien (lit, uniformes assiettes) et surtout les tokens. Ces tokens sont les petits témoignages déposés avec les nourrissons au moment de leur abandon. Ils attestent de l’extrême dénuement des mamans au moment de cette séparation. Ils jouaient le rôle de témoin et preuve dans les rares cas où les enfants étaient réclamés par la suite.

 Après la chambre du comité, et sur les 2 étages supérieurs, le musée regroupe des dons laissés par de généreux contributeurs, parmi lesquels le grand peintre Hogarth et l’immense musicien Haendel.

 Ce dernier a tellement marqué la capitale britannique qu’un autre musée lui est d’ailleurs consacré. Il s’agit de sa maison, voisine de celle d’ un autre musicien 2 siècles plus tard, Jimi Hendrix https://handelhendrix.org/

Des bienfaiteurs de renom

Avant l’escalier, on voit aussi la marche des soldats vers Finchley, un fantastique tableau de Hogarth dépeignant des soldats avinés courtisant des femmes de tous âges. Comme toujours, Hogarth excelle dans la peinture des mœurs. Alors peu connu, le peintre de genre eut l’idée de donner ses œuvres pour faire de l’hospice la première galerie d’art publique du pays et ainsi attirer les donateurs. Une exposition sur ce peintre ouvre d’ailleurs dans quelques semaines à la Tate Gallery. https://www.tate.org.uk/whats-on/tate-britain/exhibition/hogarth-and-europe

Au premier étage, on appréciera dans la galerie de peinture qui recrée l’originale, les portraits de différents gouverneurs. On admire surtout le fondateur de l’Institution Josef Coram peint par Hogarth, bien sûr. Bien que star de la collection, le tableau se cache pratiquement entre deux portes sur le mur le moins visible de la salle.

De là, on accède au grand salon, la pièce maitresse de l’édifice. Il a conservé toute sa beauté et son lustre du XVIIIe. On le considère comme la plus belle pièce rococo de la ville. Les moulures encadrent des tableaux religieux qui illustrent le destin des enfants trouvés, de leur abandon jusqu’à leur entrée dans des pensionnats religieux ou des familles.

Ici encore, Hogarth a offert un tableau représentant Moise. Le peintre se montre néanmoins moins à l’aise dans la peinture d’histoire que dans la peinture de genre. De petits tondos scandent le rythme des murs. Ils représentent les différents hôpitaux et organisations caritatives de la Londres du 18e. Parmi ceux-ci on distinguera charter house, une œuvre de jeunesse de Gainsborough encore un peu maladroite.

On accède alors au 2e étage consacré au musicien Haendel. Très engagé pour soulager les enfants pauvres, il a beaucoup œuvré ici. Cette collection est la plus importante consacrée au musicien. On y voit des originaux comme son testament, des écrits et partitions, mais aussi sa signature (dans un tiroir). Il suffit de demander à un bénévole, très serviable, de vous expliquer ce qui est exposé au moment de votre visite.

Des jardins mémoriaux

statue de Coram

Outre le musée, les terrains alentours rappellent la destinée de l’hospice des enfants trouvés. Juste devant le bâtiment, une statue de Coram nous interpelle. Il s’agit de l’une des statues parlantes de Londres (un QR code permet d’ « entendre » le personnage nous raconter sa vie). Juste derrière, une curieuse et touchant œuvre pourrait passer inaperçue. Il s’agit d’une petite moufle accrochée à la grille. Elle évoque les fameux tokens ou la présence fragile de ces petits êtres oubliés.

Le musée se trouve dans un écrin de verdure. Derrière le bâtiment moderne, qui retrace également le destin de ces enfants, se trouve un ravissant jardin public. Celui-ci correspond à l’ancien cimetière de st Georges. Des tombes évoquent encore l’histoire du lieu.

Devant le musée, s’étend un parc fermé par de grandes grilles. On y distingue la colonnade qui servait de préau aux petits pensionnaires. Fidèle à sa vocation première, le jardin est consacré aux enfants et l’on ne peut y entrer qu’accompagné d’eux. Juste devant les grilles, une niche accueillait justement les enfants abandonnés. Ils furent plusieurs milliers par an dans les pires années du XIXe. La tradition du quartier se perpétue avec l’hôpital des enfants malades qui occupe une partie des installations médicales du quartier jusqu’ au joli Queen square garden.

Coram Field

Pour parachever cette visite et plonger encore davantage dans le destin terrible des enfants pauvres de l’Angleterre victorienne on peut rejoindre, dans une rue voisine le musée maison Dickens. https://dickensmuseum.com/

Westminster

Pourquoi Westminster, cette visite ultra classique dans un blog visant à des découvertes sortant des sentiers battus ? En fait, c’est un bon point de départ pour connaitre les monuments les plus importants mais aussi pour comprendre la monarchie britannique et l’architecture anglaise. C’est donc une balade pour redécouvrir autrement un quartier central que l’on croit connaitre. Car Westminster c’est bien sûr l’Abbaye, lieu des couronnements et autres cérémonies officielles de la royauté. Mais c’est aussi la cathédrale catholique, le Hall Méthodiste et par extension tout le quartier.

Victoria Tower

Une abbaye mais pas seulement

L’abbaye de Westminster date du XIIIs. Elle remonte à Henri III, contemporain de notre Saint-Louis. Sa richesse architecturale rappelle d’ailleurs la rivalité de nos deux pays et l’intervention de maîtres maçons français. Chef d’œuvre du gothique anglais, elle illustre magnifiquement le gothique perpendiculaire anglais (la chapelle d’Henri VII est particulièrement remarquable). La visite coute cher, mais on peut tenter d’en saisir l’atmosphère lors des services et des conecrts.. https://www.westminster-abbey.org/

Abbaye de Westminster

Outre son intérêt architectural et artistique, elle est également un lieu historique majeur. Elle cumule les rôles d’un Saint-Denis, d’un Panthéon et d’un Reims outre-manche. En effet y ont lieu les couronnements, funérailles et mariages royaux. En outre, elle abrite les mausolées des grands du Royaume, poètes mais aussi scientifiques (3 en l’occurrence Newton, Darwin et Hawkins)

Pour autant, le vocable de Westminster, dérivé de l’ancien anglais « monastère de l’Ouest » pour l’opposer à la cité romaine fondée plus à l’Est, désigne non seulement l’abbaye mais aussi le quartier et les constructions religieuses avoisinantes. A commencer par le collège sis dans les anciens bâtiments conventuels. Il s’agit de l’une des écoles les plus exclusives d’Angleterre.

Temple Méthodiste

En face de l’Abbaye, l’énorme édifice néoclassique correspond au temple du Méthodisme, le Methodist Hall. Sous sa majestueuse coupole, un escalier mène à la bibliothèque et au temple lui-même dont les orgues accompagnent le très bon chœur. L’église fondée par Wesley (en statue et portait dans les corridors) attire particulièrement les musiciens et les communautés pauvres. https://www.britannica.com/topic/Methodism

John Wesley Portrait

Autre édifice religieux portant le nom de Westminster et souvent négligé, la belle cathédrale catholique aux accents néo-byzantins. Bien que relativement récente (1903), elle impressionne par ses lignes et décoration. https://www.westminstercathedral.org.uk/

Cathédrale catholique de Westminster

Le quartier de Westminster

Autour de l’Abbaye, s’étend tout le quartier de Westminster. Il s’oppose à la cité et constitue aujourd’hui un arrondissement de la ville.

On peut s’en faire une idée en commençant la balade au bord de la Tamise, berceau de la cité.

Parlement de Londres

C’est du Pont de Westminster que l’on jouit du meilleur panorama sur les Houses of Parliament. Bien que bâti à la fin du XIXe, cet édifice en impose par sa monumentalité et ses lignes néogothiques. A l’angle du Pont, se dresse la statue de Boudicca qui permet d’évoquer les premières tribus celtes autochtones et la romanisation des iles Britanniques.

Boudicca, la Vercingetorix britannique

De là, on rejoint Parliament square, lieu de toutes les protestations. La place accueille des statues des personnalités du Commonwealth et premiers ministres plus marquants, à commencer par Winston Churchill.

Winston Churchill sur la Place du Parlement

Si on longe le parlement sur la gauche, on voit mieux Westminster Hall, témoin le plus ancien du Parlement britannique. Le reste de l’édifice, disparu dans un incendie en 1834 fut reconstruit par Barry et Pugin. 1840/76 https://www.parliament.uk/about/living-heritage/building/palace/westminsterhall/

 Le long de la grille on découvrira la statue du régicide Oliver Cromwell, puis de Richard Cœur de Lion.

Devant la tour de Victoria, un joli jardin « le jardin Sud » longe la Tamise.  En face, une belle pelouse s’orne d’une sculpture d’Henri Moore. La maison d’angle accueille les parlementaires. Le mur ancien entoure le collège de Westminster qui s’ouvre face à l’abbaye.

Tour des bijoux

Un peu plus loin, un escalier descend vers la tour des bijoux, rare vestige du Palais médiéval. De là, on regagne le chevet de l’Abbaye. https://www.english-heritage.org.uk/visit/places/jewel-tower/

Stonehenge et Avebury

 Stonehenge est certainement le site le plus visité du Royaume-Uni. Avebury en revanche, est un charmant village troué de mégalithes. Alors que visiter en priorité ? Voici ma vision du match Stonehenge ou Avebury.

Stonehenge,Un des sites néolithiques les plus importants d’Europe occidentale

Bien qu’incomplet, Stonehenge constitue l’un des monuments néolithiques les plus impressionnants d’Europe occidentale. Réutilisées aux époques romaines puis médiévales, les pierres ont été relevées et étudiées par tous les grands archéologues anglais du XIXe depuis Flinders Petrie .

Stonehenge

Depuis les années 1990, la datation au carbone 14 a permis de réviser et préciser les connaissances.  On étudie aujourd’hui le contexte et l’environnement du site. Stonehenge consiste en un enclos circulaire (talus) avec un fossé interne entourant deux cercles de pierre.(cromlechs).

Pour résumer schématiquement, le site a connu trois phases principales :

  • Le néolithique vers -3000 avec la construction d’un talus et d’un enclos
  •  Seconde phase chalcolithique vers -2000 avec la construction d’une avenue et d’un double cercle de pierres bleues
  • Troisièeme phase à l’âge du bronze -20000 :11000 avec l’élévation d’un second cromlech de pierres de Sarsen (à 40km) (monolithes de grès)

https://www.english-heritage.org.uk/visit/places/stonehenge/

Je ne vais pas ici refaire l’histoire du site qui est suffisamment documenté mais je voudrais me concentrer sur la visite elle-même. Le site a été remarquablement aménagé avec un musée intelligemment fait et des audioguides passionnants. Aussi nul besoin de réserver un guide ou de prendre un circuit guidé qui de toutes façons aura l’obligation de vous laisser devant le musée.

Avebury, un site étonnant

Avebury

Près de Stonehenge mais beaucoup moins connu, Avebury est un site fascinant. En effet l’énorme cromlech fait partie intégrante du charmant village. On navigue ainsi entre cottages et menhirs (pierres levées) en prenant soin de ne pas déranger les moutons. Les pierres sont plus irrégulières qu’à Stonehenge. Néanmoins, ce qui laisse pantois, est la taille du site. Pourtant sur les 600 pierres initiales, il n’en reste qu’une petite centaine, ce qui en fait le cercle mégalithique le plus imposant d’Europe.

Le site est à la fois magique et compliqué. En effet, On laisse la voiture sur un grand parking. Là, quelques panneaux, mis en place par le National Trust qui gère les lieux, donnent quelques explications. puis l’accès aux pierres est libre.Et le casse-tête commence.

Classé par l’Unesco comme faisant partie de Stonehenge, le site est constitué du plus grand cercle de pierres levées du monde. Il date de -2600. Le village a grandi à l’intérieur, au risque de le détériorer.

Le site a été reconnu et aménagé par Alexander Keiller, héritier de la marmelade de Dundee. A la tête d’une énorme fortune, il la , ainsi que son énergie débordante, à réaménager le site en s’installant dans le manoir. Celui-ci se visite quelques belles pièces et un jardin agréable.

https://www.nationaltrust.org.uk/avebury

 Alors Stonehenge, Avebury, que voir

Autant le site de Stonehenge est cadré, organisé, explicité autant on déambule dans Avebury sans forcément en comprendre l’importance. Aussi, si vous voulez vous laisser envahir par la magie d’un lieu préhistorique Avebury s’impose. Si vous voulez vous donner l’impression de comprendre quelque chose, n’hésitez pas et précipitez-vous à Stonehenge.

Stonehenge

En fait, ne boudez pas votre plaisir et accordez-vous une belle journée pour profiter de ces sites uniques. Dans ce cas, je vous conseille la visite extensive de Stonehenge et du musée. A Avebury, le site (gratuit) peut suffire. Il n’est peut-être pas indispensable de payer l’entrée au manoir et au musée.

Encore mieux, prenez quelques jours et profitez-en pour vous balader tout autour.

En effet, de Avebury vous pouvez rejoindre à pied l’énorme colline artificielle,  mais non aménagée, de Silbury Hill. Un monticule énorme, fait de main d’homme, le plus gros du monde et absolument pas protégé. On ne peut pas y monter et on n’a aucune idée de sa fonction mais le lieu vaut le coup d’œil. https://www.english-heritage.org.uk/visit/places/silbury-hill/

On peut encore continuer vers West Kennet Long Barrow chambre funéraire d’il y a 5500 ans. https://www.english-heritage.org.uk/visit/places/west-kennet-long-barrow

Si vous n’êtes pas véhiculé, il peut être intéressant de réserver une excursion à la journée. Dans ce cas, celle incluant l’arrêt à Lacock est une bonne option. pour la visite de l’abbaye mais aussi pour flâner dans les rues de ce charmant village. Il est si bien conservé qu’y sont tournés de nombreux épisodes de films et feuilletons historiques.

https://www.nationaltrust.org.uk/lacock-abbey-fox-talbot-museum-and-village/features/a-historic-village-with-a-modern-community

 Si vous disposez de temps vous pouvez passer par Salisbury mais vous pouvez aussi vous y rendre à la journée. La ville vaut un arrêt pour sa cathédrale et pour l’un des exemplaires de la magna Carta. https://visitesfabienne.org/salisbury/