Misère victorienne

Le XIXème correspond à l’apogée de l’Empire britannique mais aussi à l’explosion de la misère victorienne.

Mosaique sur les quais de la Tamise

 Londres passe de 1 à 7 Millions entre 1800 et1900. La ville s’étend vers l’est, l’ouest, le sud, le nord et devient un centre d’immigration . Elle attire aussi bien les Irlandais chassés de leur ile par la famine que les pauvres fuyant l’Europe de l’Est. Elle devient également le centre d’un Empire énorme et agit comme un aimant.  

la misère victorienne : l’espérance de vie dans l’East End, musée de la guerre

 Si la ville se modernise et s’agrandit énormément, Les zones se déterminent. A l’ouest, les quartiers huppés, aérés, profitent des collines et grands parcs, Ils bénéficient de leur éloignement des usines polluantes. Les vastes résidences bordent de grandes avenues arborées. La différence se creuse avec les autres quartiers, défavorisés.

Musée de la guerre

Des quartiers marqués par la misère victorienne

La misère victorienne à l’Est

Les quartiers insalubres, reçoivent les déjections charriées par la Tamise et subissent les fumées des usines. La pollution industrielle atteint son apogée à l’époque victorienne créant le fameux fog  décrit dans les romans. La Tamise elle-même n’échappe pas à cette intense pollution qui mènera à l’épisode de la grande puanteur en 1858. Pour pallier ce type de pollution et les épidémies, s’organise le système d’égout et l’endiguement du fleuve.

Joseph Bazalgette, Musée des Docks

La Tamise continuera néanmoins à déverser des immondices vers l’est de la ville, dans les quartiers marqués par la misère victorienne.

Bricklane et Whitechapel illustrent encore le Londres pauvre de l’époque victorienne. Petites maisonnettes partagées, constructions sordides et boutiques jouxtent toujours des entrepôts en piteux état, boutiques désaffectées ou usines.

– encore plus à l’est et le long de la Tamise,

Les Docks attiraient une foule hétéroclite et misérable de journaliers, dockers et ouvriers.

Le musée des Docks donne une bonne idée de la zone à l’époque victorienne et des conditions de vie.

Une rue de l’East End victorien, Musée des Docks

-De l’autre côté de la Tamise, Bermondsey puis Roserhithe abondent en témoignages du 19e, siècle : entrepôts, usines désaffectées, écoles caritatives donnent une idée précise de la vie des plus pauvres.

Les gares

Elles correspondent également aux quartiers pauvres du 19ème siècle. Effectivement, il était plus facile de déloger des pauvres pour construire les rails. En outre, les terrains à bâtir coutaient moins cher que dans le centre. Une seule gare se trouve d’ailleurs au centre de Londres, Charing Cross.

– au sud de Londres, les quartiers de Southwark, Lambeth, Kennington rappellent le sort des plus pauvres. Les films de Charlie Chaplin, recréent son enfance miséreuse à Kennington. Ils illustrent aussi les conditions d’existence abjectes des pauvres de l’époque victorienne. Sa mère se produisait dans les cafés et a été internée avec ses enfants dans ces abominables asiles, terreur des pauvres d’alors. Ces « workhouses » sous prétexte de venir en aide aux plus nécessiteux, les condamnaient à un quasi-enfermement dont il était difficile de se sortir. Le musée du cinéma se situe dans les bâtiments del’un de ces rares asiles encore en place.

Musée du cinéma

Des Conditions de vie et de travail épouvantable

Des vies difficiles

Les quartiers pauvres étaient très densément urbanisés. Outre la promiscuité, la petite taille des réduits, il faut imaginer le bruit incessant et assourdissant d’une ville travaillant jour et nuit, les cris, , les sabots des chevaux sur le pavé. Les indigents s’entassaient dans des petits gourbis sans eau. Souvent contraints de manger à l’extérieur par manque d’eau, ou de chauffage, ils profitèrent de l’essor des pubs. On y mangeait en effet chaud et on pouvait s’y réchauffer. Des salons réservés permettaient d’y séparer les clients selon leurs catégories sociales.

Des conditions de travail très éprouvantes 

2/3 des pauvres n’avait pas de travail fixe. Ils étaient contraints de travailler à la journée. Les horaires interminables et les conditions épouvantables en faisaient les artisans et victimes de l’opulence victorienne.

Photographie de la misère victorienne quotidienne, Musée des Docks

le musée des Docks et le musée de la guerre évoquent en filigrane le phénomène.

Les plus pauvres, fragiles, les enfants, étaient soumis à un véritable esclavagisme difficilement compréhensible en France où la 3e République s’est voulue garante de l’école obligatoire. Cette loi fondamentale a été l’une des armes le plus spectaculaires contre le travail des enfants et pour la promotion sociale. Or, a contrario, l’école ne devint obligatoire pour les moins de 10 ans qu’en 1918 au Royaume Uni, qu’en 2015 pour les moins de 18 ans.

-A Southwark, un curieux enclos à la grille ornée de rubans multicolores honore les prostituées. On leur refusait toute sépulture alors que le commerce de ces pauvres femmes bénéficiait à l’église.

Misères victoriennes et philanthropie 

Rapidement, de riches victoriens se sont émus des conditions de vie de plus pauvres. Ils ont alors multiplié les structures caritatives pour les loger, les instruire, prendre en charge les enfants. On voit ainsi se multiplier les lotissements ouvriers et écoles caritatives. Ces initiatives privées font écho aux aides de l’église ou de l’Etat dont la France a été généreuse.

En matière d’éducation, les ragged  et les charity schools visaient à éduquer et prendre en charge les enfants indigents. A Bermondsey, Lambeth, Southwark ou Spitalfield, de petites sculptures d’enfants attestent de ces initiatives.

Working cottage, Southwark
Almshouses Spitalfield

Pour le logement, les Almshouses , abris pour les plus démunis furent bientôt détrônés par les lmmeubles Peabody. Voulus par un riche philanthrope américain, ces logements bon marché restent nombreux dans la capitale.

Peabody Bg

Réactions politiques

Face à cette misère épouvantable dont il était quasi impossible de se sortir, l’époque victorienne a aussi inventé des réactions.

  • Ce sont d’abord des récits plus ou moins critiques : ceux de Dickens notamment.
  • la presse à sensation joue un rôle important, principalement lors de l’affaire Jack l’éventreur. Ces meurtres attirèrent l’intérêt sur l’East End miséreux .
  • Puis la Contestation devient politique. Ainsi, dès 1811, des ouvriers, les luddites, s’en prennent aux machines qui remettent leur travail en cause. Une vingtaine d’années plus tard, en 1838, le mouvement chartiste tente de promouvoir le suffrage pour tous, en vain.
  • Dans les années 1880, le Fabianisme marque une nouvelle étape de la contestation sociale. . Celle-ci trouvera un écho chez les réfugiés politiques. En effet Londres s’affirme alors comme une terre d’exil. Deux émigrés refugiés dans les quartiers de Clerkenwell vont notamment y échanger : Karl Marx et Vladimir Lénine. Marx , vivant de la générosité de Friedrich Engels va un peu tourner dans Londres.
Bibliothèque Marx

Syndicalisme

Le syndicalisme construit peu à peu un mouvement de masse, avec la fondation dans les années 1860, des Trade Union Congress (TUC, congrès des syndicats), et, dans les années 1880, l’extension du syndicalisme au-delà des seuls ouvriers qualifiés. Les grandes grèves des dockers, des travailleurs du gaz, et des filles qui fabriquaient des allumettes défrayent la chronique. Mais, la crise de 1890 marque le recul du mouvement ouvrier avec le recours à des briseurs de grèves, des lock-out et procès pour saisir les fonds syndicaux. A la mort de Victoria, en 1901, les grands mouvements de protestation sont surtout portés par les femmes, les Suffragettes.

Bermondsey

Aujourd’hui, je vous propose un itinéraire que j’adore dans le quartier de Bermondsey. Il nous mène de London Bridge à Rotherhithe. Le long du chemin, nombre de bâtiments modernes alternent avec de vieilles bâtisses chargées d’histoire, rappelant souvent la tradition caritative de ce quartier populaire.

Autour du Shard

J’aime bien commencer cette promenade à la station London Bridge. On débarque ainsi au pied du Shard, la grande tour moderniste de Renzo Piano.

the Shard

 La gare elle-même abrite un centre commercial. Au sortir de celle-ci, s’ouvre l’immense hôpital Guy où alternent modernité et vestiges, comme cette alcôve de pierre dans la cour qui provient du vieux pont de Londres. Une autre se trouve dans victoria Park de l’autre côté de la Tamise.

Autour de l’hôpital quelques rues ont gardé un caractère du passé mais l’ensemble se noie peu à peu dans les reconstructions modernes.

En cheminant le long de Bermondsey Street

On rejoint alors Bermondsey street très animée le week-end. Les ravissantes petites boutiques ont conservé un charme provincial. Le musée du textile et de la mode, œuvre de l’architecte mexicain Legorreta, affiche de formidables couleurs rose et orange. Il égaye cette rue très agréableavec de petits bistrots bien sympathiquesLes collections textiles ne sont pas forcément enthousiasmantes par rapport au tarif d’entrée.

Un peu plus loin, le White cube est réputé pour ses expositions. Il s’agit d’une annexe ouverte en 2011 de la célèbre galerie d’art contemporain de Hoxton.

Les façades, poulies, enseignes, entrepôts et dénominations, tout rappelle le passé industriel du quartier.  Le Tanner Garden évoque par exemple les activités liées au cuir.

Au-delà de la maison consacrée aux pauvres, nous rejoignons le cimetière lié à l’église Marie Madeleine. Sa petite casemate, aujourd’hui transformée en café, rappelle une tradition bien sordide de la fin du 19e. A l’époque il était en effet plus lucratif de déterrer les corps que de travailler. Les cadavres fraichement enterrés étaient revendus à bon prix à l’hôpital voisin pour les dissections. Les cimetières se dotèrent donc de petit édicule d’observation visant à surveiller le repos des morts à la nuit tombée.

Vers Bermondsey

A l’angle de Tower bridge rd et de Grange Street, devant une mosaïque étonnante nous changeons de direction et nous dirigeons vers Abbey road. Cette œuvre se compose de photographies d’activités et de gens du quartier.

Une fois les petits cottages de Abbey Rd dépassés, la zone devient lugubre, reconstruite sans âme dans les années d’après guerre. L’idée est de rejoindre Maltby Street Market. Le long de la voie ferrée, des petits kiosques de nourriture des 4 coins du monde ont élu domicile offrant une halte gastronomique colorée comme Londres en a le secret.

On reprend Abbey Street pour emprunter l’étonnant tunnel sous la voie de chemin de fer. Ses colonnes doriques métalliques détonnent un peu ici. Un ingénieur royal l’a construit à la fin du 18e siècle. Il permet de rejoindre la rue George qui va nous ramener près de la Tamise. C’est ici que furent réhabilités les premiers entrepôts de Londres. Ces quartiers de docks se gentrifient peu à peu.

En longeant la Tamise

A partir de là, nous longeons la Tamise jusqu’au Manoir de Henri VIII. Il n’en reste qu’un vague soubassement sur Bermondsey Wall. Quasiment en face, se tient un groupe sculpté bien intéressant. Le couple, la petite fille et le chat évoquent les époux Salter, de grands bienfaiteurs de ce quartier défavorisé.

Ava Salter

Le long de Rotherhithe street, on passe alors devant le Mayflower pub. La légende raconte que les premiers à partir vers le Nouveau Monde y dégustèrent une dernière pinte d’encouragement. Quasi en face, le Brunel museum est consacré à Marc Brunel. Cet ingénieur d’origine française, s’illustra en construisant le fameux tunnel sous la Tamise. Il fut aussi le père du célèbre Isambard Kingdom Brunel.

le Pub Mayflower

La jolie Eglise de Ste Mary de Rotherhithe est doublée d’une de ces écoles caritatives signalées par les statues d’enfants que l’on retrouve dans ce type de quartiers pauvres de la période victorienne. On passe alors devant une nouvelle watchhouse, transformée en café pour rejoindre le métro. Non loin de là, les églises norvégiennes et finlandaises rappellent la proximité du Quai de la Baltique auquel abordaient les navires en provenance de Scandinavie.

Ecole caritative
mon itinéraire Bermondsey

Aude Cathare

Il faut se rendre en Occitanie et surtout dans « l’Aude Cathare » pour découvrir les soi-disant châteaux cathares et le Pays cathare.  https://visitesfabienne.org/les-cathares/ et https://visitesfabienne.org/chateaux-cathares/

En effet ces forteresses n’ont pas vraiment à voir avec les Cathares.  Majoritairement construites après la croisade contre les Albigeois, au début du XIIIe, elles visaient en fait à protéger le royaume de France contre celui d’Aragon. Voulues par la couronne et non par les Seigneurs locaux, elles jalonnent la frontière dans les actuels départements de l’Aude, des Pyrénées orientales et de l’Ariège.

Invention d’un concept historique

Bien que répartis sur 3 départements, seule l’Aude s’est emparée du terme de Cathare dans les années 1990 pour en faire sa marque.

 En effet, en exhumant le terme de cathare, l’Aude réactive une mythologie régionale bien réelle. Car bien que remise en question en tant qu’organisation homogène, la dissidence a effectivement secoué la région entre les XIIe et XIIIe siècles. Plus que le contenu théologique, c’est la mémoire de la répression qui a marqué le territoire. Car, outre la durée de son implantation et l’enracinement dans cette Occitanie en butte aux barons du nord, c’est surtout la violence de la croisade contre des Chrétiens et  de l’Inquisition qui ont marqué les esprits.

 Dès lors, lorsque les romantiques occitans du 19e s ont redécouvert leur histoire, ils ont fondé sur cette dissidence le mythe d’une nation égalitaire, cultivée, opposée au pouvoir central en place. Ils ont alors exhumé des écrits médiévaux consacrés à une dissidences allemande médiévale le nom « cathare » (purs en grec). Bien que jamais utilisé par les bonhommes ou leurs détracteurs, les hérétiques qualifiés d’albigeois ou de bons chrétiens par leurs contemporains sont ainsi ressortis de l’anonymat de l’histoire.

Naissance d’un concept marketing, Aude Cathare

Ecrivains et romantiques s’emparent alors du destin tragique de ces chrétiens dissidents criminalisés par l’église et l’Inquisition pour les associer aux ruines des châteaux de la région. Que ces châteaux aient été bâtis après la croisade et pour défendre la frontière aragonaise n’arrête pas l’association. La machine est en route et crée « le château cathare », une invention si fascinante que romanciers, scénaristes s’en emparent. Le château cathare devient alors le lieu des fantasmes les plus ésotériques.

Puilaurens dans la brume

Pourtant, les historiens, depuis les années 1960, essayent de réajuster le chaos historique en insufflant des données réelles, ainsi qu’en publiant des documents. Qu’importe, le public redemande du mystère. Profitant de cette notoriété, le département de l’Aude utilise alors intelligemment  la terminologie à des fins marketing. Ne pouvant pas sérieusement associer les mots de châteaux et cathares, elle crée le concept marketing de « Pays cathare » en 1990.

Un exemple de communication maitrisée

Et de fait, la communication est un exemple du genre. Les sites sont organisés pour la visite et jouissent d’une identité visuelle de qualité. Dans Chacun des fils de Carcassonne, cette ceinture de forts édifiés par la couronne royale pour protéger la frontière, un petit fascicule présente l’histoire, les caractéristiques du lieu. Des anecdotes et plans agrémentent la description, par ailleurs bien documentée. Le tout est relayé solidement dans les réseaux sociaux. En effet le site « pays cathares » et les liens vers chacun des châteaux donnent toutes les informations imaginables. Une app de grande qualité existe même https://www.payscathare.org/les-applis 

Puilaurens dans l’Aude Cathare

Elle permet des visites en autonomie. Pour s’adapter au public jeune, un jeu « Castrum » se télécharge gratuitement en trois langues. Tout est ainsi fait pour faciliter l’expérience auprès des publics en état de monter à l’assaut des forteresses. S’ils ne bénéficient pas tous de la même notoriété, les boutiques et ouvertures des châteaux s’adaptent. L’accès est facilité autant que possible, même s’il reste ardu dans certaines de ces « citadelles du vertige ».

Chateau de Queribus

Situées au sommet d’éperons rocheux impressionnants, ces sites ne s’atteignent en effet pas sans effort.

A l’ouest et à l’est rien de semblable.

Il en va tout autrement dans l’Ariège voisine. Pourtant riche de nombreux châteaux et autres vestiges, le département ne cesse de surprendre par son inadaptabilité au tourisme. A Montségur, lieu le plus emblématique et connu du catharisme, en deça des heures d’ouverture officielle, personne ne tient la billetterie à mi-hauteur du site, on peut contourner l’entrée sans encombre.

Le petit musée a joliment été refait. Néanmoins le paiement par carte bancaire s’y révèle impossible. Impossible également d’obtenir un reçu. Quant à un fascicule de visite que nenni. Le caissier semble débordé dès que plus de deux visiteurs apparaissent. Il se montre au moins gracieux ce qui n’est pas le cas du château de Foix.

 Bien que doté d’un tout nouveau tout beau musée, le château se montre favorable aux enfants mais semble dédaigner les touristes. C’est dommage car le château, bien mis en valeur, pourrait jouer un merveilleux rôle d’aimant pour la petite ville.

Quant aux Pyrénées orientales, si certains maires ont parfaitement compris l’enjeu touristique, les perpignanais eux rivalisent d’agressivité à l’égard du pauvre visiteur.

 Il ne faut donc pas bouder son plaisir au château de Termes qui grâce à un édile à l’énergie remarquable est devenu une sorte de Guédelon local. Détruit selon la volonté de Richelieu en 1654, il ressuscite à chaque campagne de fouilles grâce au travail inlassable des archéologues et bénévoles de tout âge. Un formidable site internet https://www.chateau-termes.com/ rend compte du projet et de la renaissance du lieu. Le village de Termes est lui-même un lieu adorable. Dommage que l’aubergiste local soit si désagréable. Soyez prévenus, Termes s’impose mais avec un pique-nique !

Village de Termes, dans l’Aude Cathare
chateau de Termes

Vauxhall

Pour faire suite à la dernière promenade autour de Waterloo station, Southwark et Lambeth, voici une extension du côté de Vauxhall.

Vers Battersea Park

On peut commencer cette promenade dans le quartier de Vauxhall vers Nine elms.

 C’est au milieu des immeubles modernes qu’a été construite la nouvelle et moderniste Ambassade des Etats-Unis. Ce déménagement de Grosvenor Place à ce quartier tout neuf a suscité la controverse notamment après le refus fallacieux de Donald Trump de venir l’inaugurer.

Ce quartier en pleine refonte recèle encore quelques jolies pépites comme la maison géorgienne qui lui a légué son nom « folks hall » devenu Vauxhall. C’est dans ce quartier que se niche une merveille, la ravissante enclave de Bonnington avec un café associatif adorable et un jardin communautaire délicieux.

Bonnington Garden, un oasis au coeur de Vauxhall

En continuant le long de la Tamise on va alors rejoindre le parc de .Battersea avec sa belle pagode dorée.

On peut également s’enfoncer davantage dans Vauxhall et rejoindre le jardin du même nom connu à l’époque géorgienne comme jardin des plaisirs. Ce lieu apparait d’ailleurs dans la peinture mais aussi dans une reconstitution du musée de Londres.  Non loin, se tient une ferme avec des poules, ânes et lamas.  Ce petit air de campagne en plein Londres attire de nombreux amateurs en fin de semaine.

mon ami le lama décoiffé à la ferme de Vauxhall

Vers le Musée de la guerre et le musée du cinéma

En partant de la station de métro Lamberth North, on atteint un champ de lavande minuscule autant qu’inattendu au croisement de Wesminster Bridge et George rd. Puis on pourra s’arrêter au Musée de la Guerre. Derrière ce nom peu prometteur, se dissimule une présentation passionnante de Londres au XXe s. On y découvre l’énorme effort consenti par les britanniques pendant les deux guerres mais pas seulement. Y sont évoqués de larges tableaux des guerres actuelles et de leurs ravages mais aussi un remarquable panorama de l’Empire britannique à la fin de l’ère victorienne. Finalement, ce musée est assez mal nommé et devrait plutôt s’appeler musée « pour la paix », ce qui rendrait sa visite tout de suite plus attirante. D’autant qu’il se situe dans un jardin bien plaisant.

On peut d’ailleurs pousser la promenade verte jusqu’à Lambeth Walk, un fort agréable jardin communautaire qui débouche sur Kennington road. Quasiment en face, s’embranche Wincott Street puis Gilbert rd.

Lambeth walk

On emprunte alors la rue Renfrew, le célèbre préhistorien. On y trouve un charmant centre bouddhiste, et, juste derrière, le musée du cinéma. Il occupe une des rares workhouse encore debout dans Londres.

Centre bouddhique

 C’est dans cet asile pour pauvres que Charlie Chaplin passa une partie de sa jeunesse misérable. Dans ses films, il décrit d’ailleurs la pauvreté vécue durant son enfance passée non loin de là, à Kennington. Ce quartier de grande misère est en pleine réhabilitation. S’y construisent des ilots entiers sans beaucoup de charme. Il faut donc y profiter de chaque joli vestige comme le château d’eau aménagé en logement haut de gamme qui domine fièrement le pâté de maison.

Musée du Cinéma

Du côté de Elephant and Castle

On va alors rejoindre la place très bruyante de Elephant and castle. Le quartier a été fort remanié dans les années 19670, ce parfois de manière brutaliste. Témoin l’horrible immeuble commis par Ërno Goldfinger que nous avons déjà rencontré à Hampstead. Ce personnage mérite vraiment de devenir héros de roman. Ian Fleming l’a fait avant moi malheureusement (ou heureusement). Ulcéré par les horreurs construites par cet architecte brutaliste, il en a fait le vilain de James Bond. Un brin d’antisémitisme peut-être, mais une vraie vision patrimoniale chez Fleming !

Le petit panneau de l’Elephant se niche juste à côté de la gare et non de la station de métro.  Ce nom amusant proviendrait de la déformation linguistique de l’ « infante de Castille » Eleonore. Un historien a récemment prouvé que cette légende relevait du mythe et que l’éléphant et son château désignaient en fait un pub. Cette tradition de noms de lieux liés à un établissement de boisson est en effet très courante à Londres.

 Sur la place même, une curieuse boite argentée fait figure de mémorial à Faraday qui habitait le quartier. Sa cage le poursuit jusque dans l’éternité…

cage mémorial de Faraday, sur Elephant and Castle

Autour de Waterloo Station

Je continue mes idées promenades autour des gares, aujourd’hui autour de Waterloo Station.

Jardin d’amour par William Blake

 Waterloo Station ne vise pas seulement à agacer les Français. Même si les premiers TGV reliaient la gare du Nord parisienne à cette gare. En effet, le lieu reprend le nom du pont de Waterloo et non celui de la bataille.  D’ailleurs les trains en provenance de France débarquent maintenant à St Pancras.

Le quartier a récemments bénéficié d’une rénovation et peut présenter un bon départ d’exploration. Alors RV comme tous les amoureux devant la grande horloge des départs.

En direction de Borough Market

En descendant du grand escalier de l’entrée principale, on passe devant la statue hommage aux soldats de la première guerre mondiale. De là, on rejoint une place occupée par l’odéon. Un grand hôpital de briques rouges appartient aujourd’hui à l’université. En face, une petite maison qui semble coupée par les voies de chemin de fer. Et la belle église st Georges avec son jardinet. Juste derrière la rue Roupel a conservé son aspect victorien avec ses petites maisons alignées.

Roupel Street

Un peu plus loin, on atteint le Old Vic, grand théâtre aux bonnes programmations, dont le nom remonte à une visite de la Reine Victoria.

 Du petit jardinet, on se rend vers Southwark par the cut. Les constructions modernes effacent peu à peu les petites maisons. Des rues bordées de lotissements mènent à l’emplacement du shakespearien théâtre the Rose aujourd’hui seulement marqué par un panonceau. 

Le quartier de Southwark tient sa renommée à l’église mais aussi au marché alimentaire, très à la mode pour des en cas de world food. Sur le chemin, on remarquera quelques belles fresques. Sur la rue Redcross, une grille couverte de chiffons attire l’œil. Elle marque l’emplacement d’un cimetière non consacré. Ici, à Crossbones, atterrissaient les ossements des prostituées et autres miséreuses. L’église récupérait eurs maigres richesses matérielles, mais pas leurs âmes…

cottages sur Redcross alley

 Pratiquement en face, se dresse une ragschool, une de ces écoles que la pitié victorienne accordait aux nécessiteux. C’est aussi ici que se niche un charmant petit ensemble de cottages ouvriers. Enfin, en levant le nez en direction de la Tamise, on verra l’un des plus beaux « ghost signs » de la capitale. Ces publicités peintes du siècle passé sont aujourd’hui très prisées. Elles vantent essentiellement la bière (ici « Take courage ») ou des produits du type Bovril (une sorte de viandox local).

En longeant la Tamise

On peut également rejoindre Borough Market en longeant la Tamise.

Southwark par Jimmy C

 cette balade fort agréable en semaine est bondée le week end. Elle longe des marchés alimentaires. Les kiosques proposent arepas, curry indiens, nouilles chinoises, voire crêpes. De quoi effectuer un tour du monde gastronomique sans se déplacer bien loin.

Borough Market

Le long de la Tamise, on rejoint alors  la Tate Gallery modern. L’ancienne usine abrite aujourd’hui les collections d’art moderne. L’énorme bâtiment industriel se trouve aujourd’hui doublé d’une aile moderniste. Le tout est relié à la cathédrale Saint Paul et à la rive nord de la Tamise par une spectaculaire passerelle piétonnière construite pour l’an 2000.

Un tout petit peu plus loin, se dresse le théâtre Globe merveilleusement recréé. Ce haut lieu shakespearien mérite une visite. La reconstruction et les spectacles sont en effet d’une qualité remarquable. Je reparlerai de ce haut lieu de culture anglaise très prochainement.

Vers Lambeth

Si maintenant on contourne Waterloo Station, on rejoint Lower marsh qui nous rappelle la présence de marais en ces lieux. A mi-chemin, s’embranche le tunnel Leak, célèbre chez les graffeurs. C’est en effet un haut lieu du Street art et le panorama visuel y change d’une semaine à l’autre avec de vraies merveilles.

Au bout de la rue, on parvient au métro Lamberth North. Ici on peut s’arrêter devant la gare qui menait à Brookwood, ancienne nécropole victorienne desservie par un train qui en partait. C’est donc d’une certaine manière une « nécrogare » puisqu’en partaient des convois de cercueils visant à désengorger les cimetières paroissiaux du centre-ville ou à emmener les endeuillés accompagnant leurs proches vers leur dernier voyage.

la gare désaffectée du cimetière de Brookwood

La flèche de la chapelle Lincoln décorée des bandes et étoiles de la bannière américaine domine la rue. Non loin de cette église commémorative s’embranche un tunnel décoré de mosaïques rappelant l’œuvre du grand artiste William Blake, habitant du quartier.

On rejoint alors l’hôpital St Thomas où l’on peut, ou non, visiter le musée consacré à Florence Nightingale.

L’immense mur commémorant les trop nombreuses victimes du Covid

Le long de la tamise on longera le mur du Covid pour rejoindre le palais de Lambeth, résidence officielle à Londres de l’Archevêque de Canterbury.

 Le nom de Lambeth évoque le rivage ou l’on amenait les moutons. Le musée du Jardinage a élu domicile tout près.

On rejoint alors la galerie Newsport. Damian Hirst a transformé des entrepôts en un musée épatant.

Entre jardins et baraquements, la rue mène jusqu’à une étonnant bâtiment, autrefois siège de la fabrique de céramique Royal Doulton.

Royal Doulton

Celui-ci est décoré de reliefs de terre-cuite spécialité de l’enseigne. Le tunnel dans la même rue du Prince noir, montre d’ailleurs, au moyen de médaillons, l’inventivité et la technicité de cette manufacture.

Juifs de Londres

Les Juifs de Londres se sont installés par vagues. D’abord cantonnés à la City, ils habitent aujourd’hui plutôt dans les faubourgs.

Néanmoins la City a gardé quelques traces des bombardements du Blitz. Le musée de Camden rappelle l’histoire des Juifs de Londres .

 Une communauté qui remonte au Moyen Age

Apparition des Juifs de Londres (11e)

-Les premiers Juifs de Londres arrivent au Royaume-Uni avec Guillaume le Conquérant, au 11e siècle. Banquiers ou serfs personnels, ils fuient les pogroms de Rouen et jouent les rôles de financiers ou usuriers auprès du conquérant. Ils s’épanouissent aussi dans l’artisanat et les commerces non régis par des guildes. Médecins, orfèvres, joaillers, s’installent ainsi dans l’ancienne juiverie près de Guildhall. Cette communauté riche migre ensuite vers le marché de Westcheap, près de Gresham Street, Milk Street, Wood Street, Old Jewry. Ce nom date d’ailleurs de l’abandon du quartier au 14e siècle. Comme à Rouen, la juiverie s’articule autour du Guildhall (palais de justice).  Gresham Street constitue l’axe central du qaurtier qui compte  au moins cinq synagogues. Le quartier s’agrandit ensuite, avec un cimetière,  un hôpital, un mikveh, un abattoir redecouverts au Barbican sous les bombardements de la guerre.

Boutique de Amelie Gold, modiste juive de Spitalfiel

Une juiverie pauvre se développe vraisemblablement près de la Tour de Londres (Aldgate, Jewry Street). La communauté s’épanouit sous les règnes d’Etienne 1135/54 et d’Henri II 1154/89

Persécutions et expulsion des Juifs de Londres (12/13è)

-Avec la mort d’Henri II et les croisades, commence une période de persécutions (12e s) pour les Juifs de Londres. Le cocktail de dettes contractées pour le départ et de ferveur chrétienne pour la reprise de terre sainte se révèle fatale pour la communauté juive.  La propagande, la haine dégénèrent rapidement en persécutions  pogroms. La violence s’exerce surtout contre les juif pauvres.

La chèvre de Spitalfield Market, symbole du bouc émissaire émigré

-Les persécutions s’accélèrent avec Jean sans terre 13siècle. En banqueroute financière, le royaume dénonce, profane, taxe, convertit, pourchasse, confisque. Oppressés, un grand nombre de ces Juifs se réfugient dans la Tour de Londres. Beaucoup sont accusés d’être faussaires, emprisonnés, voire exécutés. Ils sont finalement expulsés du Royaume en 1290.

Le retour progressif après Cromwell

Des communautés sépharades profitent de la liberté de commerce au 17ème siècle.

De petites communautés illégales fuient l’Espagne reconquise après 1492. Ephémères, elles sont pourchassées sous Elisabeth 1ère. . Ces Sépharades se regroupent autour de Saint Olaf et Hart Street. Et du côté de Fenchurch Street Railway Station.. La synagogue de Creechurch Lane est alors un secret de polichinelle.

Des négociations avec Cromwell en 1655 marquent le point de depart de la reconnaissance officielle des juifs à Londres. Charles II l’officialise d’ailleurs en dépit des marchands.. Les contacts des Séfarades avec les colonies espagnoles et les ports du levant favorisent en effet le commerce. Les courtiers juifs s’imposent à la toute nouvelle Bourse à la fin du 17ème siècle. La communauté se réorganise alors. Des institutions caritatives, synagogues, écoles, hôpitaux ou orphelinats se multiplient. La communauté s’enrichit de nouveaux arrivants.

Synagogue espagnole

.Avec l’accession au pouvoir de Guillaume et Marie d’Orange, débarquent alors des juifs hispaniques de Hollande. Au 18e siècle, cette communauté dynamique et croissante s’était beaucoup enrichie, commerçant avec les Indes orientale et occidentales.

Maison de M Stren sur Miles End

La concurrence des Ashkénazes

-Cependant, l’immigration Ashkenaze (d’Europe centrale) concurrence bientôt les communautés antérieures, sépharades. Des 1690, ils transitaient par Amsterdam et construisirent leur centre à Duke Place. Ces arrivées, plus tardives, se transformèrent en flot au 19e. Des disputes éclatèrent entre les communautés, jusqu’à la formation de la Synagogue Unie en 1870 représentant les intérêts collectifs. Au cours du 19esiècle ,les ashkénazes l’avaient emporté en effet de par leur nombre et influence sur les sépharades. Mais ils étaient souvent pauvres. Des structures s’intéressèrent à ces pauvres et créèrent écoles et institutions.

rare rescapée dans le quartier de Spitalfield

-Conversions : La communauté sépharade, elle, se trouvait bloquée dans la rigidité. Certains de ses membres la désertèrent jusqu’à faire baptiser leur descendance. C’est le cas de Benjamin Disraeli, devenu Premier Ministre britannique. D’autres, très riches et intégrés baptisèrent leurs enfants pour les marier à l’aristocratie. Par ailleurs ces familles très éduquées tendaient à se distancier de la foi de leurs ancêtres. La communauté sépharade perdait ainsi de sa vigueur alors que les ashkénazes devenaient plus nombreux à Londres.

18 et 19e siècle, l’âge d’or de l’East End ashkénaze

– lLa majorité des juifs se concentraient sur un espace restreint, le triangle défini par St Mary’s Axe, Bevis Marks, Duke Street and Leadenhall Street. De petites communautés pauvres se pressaient le long de Houndsditch à l’est de la ville. Les plus riches de la communauté avaient des résidences d’été à la campagne et dans les villages près de Londres voire dans le West end. La communauté connut le mouvement d’émancipation. Ce mouvement encouragea aussi la sortie des juifs de leurs quartiers traditionnels.

-vers Une communauté plus éparpillée. 

D’autres membres de la communauté s’imposaient. Certains devinrent Parlementaires, banquiers voire sheriff. Ainsi, D Salomons devint-il maire de Londres mau milieu du19eme siècle. Beaucoup migrèrent aussi hors de la city vers  le Nord ou l’Ouest.  A la même période, le mouvement de réforme des synagogues précipita un nouveau schisme. Une partie de la communauté s’intégrait professionnellement et socialement alors que l’autre, plus pauvre, restait plus traditionnelle et fidèle à l’East end et aux métiers du textile : frippiers, tailleurs, courtiers, grossistes, diamantaires ou cordonniers, vendeurs de parapluies, oranges, pipes, cartes.

Soupe populaire juive, Spitalfield


-Vers 1880 de nouvelles vagues d’Europe centrale

Ces nouveaux arrivants fuient les pogroms et déferlent sur Londres.

Cet afflux  massif de 100 000 personnes changea le paysage social et la géographie de la Londres juive. L’antagonisme entre populations anglo-juives intégrées et arrivants souvent pauvres et exploités s’accentua. La majorité des nouveaux-venus s’installa dans l’East end, vers Whitechapel , Aldagate et Spitalfields. Ces quartiers traditionnels restèrent centraux à la communauté juive jusqu’à la seconde guerre mondiale. Avec le temps, ils bougèrent de plus en plus vers l’est de la ville.

Monument aux enfants juifs, Liverpool Station

Mais la city devint peu à peu un lieu d’affaires et non d’habitation. Ce qui s’accentua avec les bombardements. Les juifs migrèrent alors vers la périphérie. Les pauvres s’installèrent plutôt à l’Est (Stepney, Totenham), les riches à l’Ouest à Maida Vale, Bayswater  voire Hampstead. Le mouvement s’est amplifié avec l’amélioration des transports publics.

Synagogue de Great Portland Street

Vestiges juifs à Londres

Il reste très peu de Vestiges juifs à Londres. Les bombardements violents de 1941 ont en effet saccagé les lieux et rayé une communauté très vivante à la fin du 19ème siècle.. Dans les années 1950, celle-ci avait d’ailleurs quasi disparu. Les cinémas, théâtres, clubs, magasins juifs fermaient les uns après les autres repris par les migrants du Pakistan et du Bengladesh. Les synagogues devinrent alors ateliers textiles, les boutiques kosher, curry houses. L’East End londonien se transformait une nouvelle fois.


Autour de Spitalfields

Au sud de Spitalfields

Ici, travaillait et habitait la communauté juive. Ainsi, au 42 Brushfield Street, la boutique de la modiste Amélie Gold a conservé son enseigne. En passant par Fort street , on rejoint l’allée Sandy’s row où se trouve l’une des quatre synagogues survivantes des cent qui existaient autrefois. A la base, c’était une chapelle huguenote. Quelques jolies maisons géorgiennes attestent de la paupérisation de ce quartier autrefois cossu. Ces maisons furent divisées au cours du temps en minuscules logements pour les migrants.

Tout près, sur Bell Lane, l’école publique juive a disparu. En revanche, au 17/19 Brune Street, le bâtiment « Soup kitchen » ouvert en 1902 a conservé sa façade. Il a remplacé la première soupe populaire ouverte sur Bricklane au 18e pour les Huguenots.

Sur Commercial street,

On longe le marché maure, aujourd’hui transformé en école de mode. Il atteste encore de la présence sépharade. Fashion Street était la rue des frippiers juifs,. On rejoint Brick Lane. Aujourd’hui Banglatown, elle n’a conservé qu’un magasin juif, au 92 la boutique de papier Katz. Les curry houses ont remplacé les boutiques juives. Cependant, les deux beigelhouses (au 155), plus haut dans la rue, restent témoin de cet héritage qui s’estompe.

Devant Christ church school,  fondée au 18e et reconstruite au 19e  pour les enfants pauvres, se trouve un petit médaillon au sol. A l’angle de Fournier Street, l’ancienne église huguenote construite en 1743 devenue méthodiste au 19e puis transformée en synagogue en 1897 . Depuis 1976, c’est une mosquée. Elle appartient maintenant à la communauté Bengladaise. Elle peut accueillir 4000 fidèles. L’inscription latine « Umbra Sumus » (nous sommes des ombres) se lit encore en haut du mur, côté Fournier Street.

Cette évolution, unique au Royaume-Uni, reflète les vagues migratoires . En face, au 86 Brick Lane se trouvait les bains russes fermés en 1940. Ces derniers temps, Les boutiques juives ont laissé place au curry houses et l’héritage se meurt silencieusement.

Ecole sur Bricklane

A l’Est de Spitalfield

Dans Fournier  Street justement perdure une Vieille boutique juive, Schwartz au 33.

Plus impressionnant, le 19 Princelet street  était un théâtre yiddish. En 1869, des juifs polonais y construisirent une synagogue, la plus vieille ashkenaze de Londres.. Pratiquement impossible à visiter, cette maison regorge d’histoires terribles dont celle de David rodinsky relatée par Ian Sinclair dans Rodinsky’s room. Le musée, aménagé dans cette maison, tente péniblement de survivre et ne s’ouvre que sporadiquement et sur RV pour des visites de groupe. 

Le grapheur Stik prône la tolérance religieuse sur Princelet

La légendaire Petticoat Lane

Petticoat Lane

Le nom de Petticoat Lane se rapporte en fait au commerce de fripperie monopolisé par les juifs pauvres d’Europe centrale. Car un marché textile se tient sur Middlesex street depuis le Moyen Age. Devenu axe central de la communauté ashkénaze au 19e s, la rue accueillait outre les frippiers, des organisations pour les pauvres : soupes populaire, armée du salut. Un marché s’y tient toujours le dimanche matin.

Néanmoins, la communauté, encore très florissante et étoffée par la dernière vague migratoire des années 1920 disparut après les bombardements de la Seconde Guerre mondiale. Le quartier s’apparentait à un quartier juif distinct depuis les années 1880. Près de 10 000 nouveaux arrivants s’étaient effectivement installés à Londres fuyant les pogroms et persécutions en Russie. Au début du 20e siècle , 95% de la population de Petticoat lane était juive immigrée. Les noms des rues étaient alors écrits en yiddish. La zone comptait plus de 100 synagogues et de shtiebls (petites salles de prières) . Un réseau bien organisé d’institutions religieuses donnait vie à ce quartier de petites échoppes, et ateliers. La vie culturelle y battait également son plein avec quatre théatres yiddish, des journaux et magazines, groupes littéraires, cinemas, dancings et groupes politiques. Anarchistes, communistes, sionistes se réunissaient. Ils firent front avec les activistes de gauche le 4 octobre 1936 lors de la marche des chemises noires menées par le chef du syndicat fasciste britanique Oswald Mosley. Ils s’affrontèrent lors de la celebre bataille de Cable street.

Vers Liverpool Station

-Sur Cutler street se dressent encore les entrepôts énormes de la East India Company transplantée depuis les docks (importation de soie) . Cette rue lie Middlesex street à Liverpool Station devant laquelle se dresse l’émouvante sculpture consacrée aux enfants juifs accueillis en Grande Bretagne pendant la deuxième Guerre mondiale

– sur Wenworth street, un arc de briques rouges date de 1886. Il marque l’entrée des logements modèles de Charlotte de Rotschild pour loger décemment les pauvres juifs .  En face, les réformistes se réunissaient à Toynbee Hall . De là, partaient nombre d’aide aux pauvres. Sur Dean Walk se concentraient les plus indigents dans l’ ancien rookery ( documentée comme la pire rue de la ville au 19e ) C’est dans ce quartier miséreux que frappa à trois reprises Jack l’éventreur.

Une carte de mémoire, document sur l’histoire et les vestiges des juifs de l’East End émane de la collaboration d’éminents spécialistes.

Whitechapel , Bethnal, synagogues disparues et cimetières cachés

Whitechapel High Street

La rue aujourd’hui orientale fait néanmoins remonter des souvenirs de la présence Juive.

Le jardin Altab Ali Park avec sa fontaine victorienne rappelle les vagues migratoires qui se sont succédées dans le quartier . En face, au 88, un petit blason juif :rappelle la Poste établie jusqu’en 1930 . Les nombreux restaurants kosher se sont transformés en établissements hallal. Un peu plus loin, La fonderie de cloche qui a fourni celle de big ben fonctionnait encore il y a peu . Juste derrière, sur Fieldgate street la synagogue a fermé, remplacée par une mosquée.

Miles End et ses cimetières

Alors que la rue prend le nom de Mile’s End dans Stepney on va passer devant d’impressionnants vestiges cachés. Peu ou pas du tout signalés, trois cimetières sépharades se déteriorent sous les nouvelles vagues migratoires. Car la communauté juive y était plus ancienne et hispanique que celle de Spitalfields.

Sur la petite rue Brady un cimetière désaffecté. Abandonné derrière ses hautes grilles, il sert de décharge aux passants.

Sur Alderney Road, on parvient à une petite courée dont l’extrémité murée se heurte à un autre cimetière invisible. De hauts murs et une porte résolument fermée bloquent tout accès.  Encore un peu plus loin, en remontant Bancroft Road, se trouve encore un cimetière désaffecté.

Encore plus au Nord sur Grove Road, on accède au cimetière juif de Hackney

Si on reprend Miles End on découvre une merveille peu connue. On accède en effet à l’université Queen Mary. Dans le dédale des bâtiments universitaires, se cache l’extraordinaire cimetière novo, lui aussi soustrait à la vue du grand public et à la signalétique.

Fun Bath

Voici un Fun Bath pour faire suite à mon précédent article sur Bath et à la conférence du 15 Juin. Il s’agit plus exactement de quelques anecdotes sur la ville. Celle-ci a connu deux étapes historiques principales.

Fun Bath dans l’Antiquité et au Moyen Age

La légende de Bladud

Tout commence avec la légende du roi Bladud, narrée par Geoffroy de Monmouth au 12es.

On en trouve la trace en divers endroits de la ville. Ainsi une statue de ce roi trône au « bain du roi » dans le musée des Thermes. Une statue du roi porcher et d’un cochon se tient sur le jardin le long de l’Avon. On voit souvent des cochons colorés derrière l’abbaye. Enfin les toits du Circus aménagé par John Wood l’Ancien sont décorés d’acrotères en forme de glands. Ces glands auraient nourri les cochons soigneurs du roi.

Des Bains romains et des vols

Les Romains voient vite l’intérêt des sources chaudes et vont aménager un magnifique complexe thermal. Redécouvert à l’époque géorgienne, puis remis au goût du jour à la fin du 19e, il abrite aujourd’hui un fantastique musée. Les audioguides nous régalent d’informations et pour les plus aventureux vous pouvez même écouter la version Bill Bryson. L’écrivain américain, amoureux de l’Angleterre, et si drôle, a déjà été plus inspiré malheureusement.

Dans le parcours, un peu théâtralement reconstitué, on croise quelques vestiges extraordinaires. Je tairai la rencontre avec les autochtones déguisés en esclaves pour me consacrer aux extraordinaires tablettes votives. Ecrites dans une langue vernaculaire, elles invoquent la déesse locale, Sullis Minerva, et lui demandent vengeance face aux voleurs de vêtements. Pour ceux qui n’avaient pas les moyens de confier à un esclave leurs habits dans l’apodyterium (vestiaire), il arrivait en effet qu’ils ne retrouvent pas de quoi se vêtir à la sortir. D’où ces imprécations.

Fun Bath médiéval

Peu de vestiges attestent de la période médiévale à Bath. Il faut chercher pour trouver un pan de mur  sur Upper Borough Walls et Old Orchard Street, et une maison à colombages sur Slippery Lane .

A cette époque on n’aime pas l’eau, on construit sur les bains oubliés. La ville romaine disparait. Pour éviter les maladies, on boit de la bière. A ce propos savez-vous qu’il a fallu attendre 2016 pour que l’eau de Bath soit embouteillée et donc consommable à l’extérieur ? https://bathwater.co.uk/about-us/

Néanmoins, Reconstruite à plusieurs reprises, l’abbaye vaut d’y passer un bon moment pour admirer quelques détails exceptionnels.

Eventail et anges déchus de l’Abbaye

La magnifique voûte en éventail n’est pas unique à l’architecture britannique. Elle correspond en revanche à l’âge d’or du gothique anglais. Ce gothique tardif (début du 16e siècle) se distingue en effet des interprétations tardives françaises (gothique flamboyant) ou vénitiennes par exemple (gothique fleuri du Palais des Doges). Il est dit « perpendiculaire » et se distingue par ses nervures fines, les nombreuses verrières scandées de meneaux verticaux, et la délicatesse de ses formes.

Outre ce plafond admirable, l’abbaye de Bath est particulièrement lumineuse et claire du fait du nombre important de vitraux (52). Son pavement formé de dalles funéraires attire l’attention. Il vient d’ailleurs d’être surélevé de manière à équiper l’église d’un révolutionnaire système de chauffage hydrothermique au sol.

Enfin, cette abbaye présente une particularité sculpturale : la façade Ouest est en effet ornée de deux échelles de pierre qui illustrent le songe de Jacob. Des petits anges montent et descendent, certains précipitamment ces échelles.

La période géorgienne

La période qu’on appelle géorgienne correspond au règne des quatre rois George au 18e siècle, et à l’apogée de Bath.

La ville devient à la mode.  

Avec la Reine Anne et le changement dynastique, la ville change de statut. Les grands architectes y innovent et la bonne société londonienne y hiverne et y crée la notion de villégiature. C’est une société du plaisir où l’on ne songe qu’à danser, parader, paraitre, jouer.

Malgré quelques anachronismes la série Bridgerton donne un compte rendu assez pertinent de la vie à l’époque géorgienne. En effet, étiquette stricte et raffinement y côtoient une dégradation des mœurs et fin de règne sous un George III devenu fou.  

Des personnages qui vont magnifier la ville

L’un des personnages importants de Bath au 18e était très laid, cela n’aurait aucune importance s’il n’avait répondu au nom de Beau Nash. Cet arbitre du goût et de l’élégance compte parmi les noms de la ville avec Ralph Allen. Riche entrepreneur, spéculateur de génie, celui-ci occupa des fonctions municipales et fit construire nombre de bâtiments emblématiques. On lui doit, ainsi qu’au grand architecte Robert Adam, le Pulteney Bridge. Sa propriété au jardin dessiné par le grand Capability Brown s’enorgueillit également d’un des 4 ponts palladiens d’Angleterre (avec Stourhead, moins joli, Stowe et Wilton). Le trio d’hommes importants est complété par le duo John Wood l’ancien et le jeune, architectes révolutionnaires et créateurs du cirque et du croissant, deux inventions urbanistiques qui changeront l’architecture anglaise. Ce sont eux et non Jane Austen que l’on célèbre à tous les coins de le ville qui ont véritablement marqué la ville. https://janeausten.co.uk/blogs/authors-artists-vagrants/ralph-allen-and-john-woods-elder

L’invention du croissant

Effectivement, Wood père et fils, ont marqué Bath et l’architecture anglaise pour des siècles. En effet, au Circus ils s’inspirent à la fois du Colisée romain et de Stonehenge pour construire une place elliptique . Derrière la façade monumentale et uniforme, s’alignent des logements locatifs. L’idée est reprise sur le Crescent qui propose le premier alignement de logements loués à la saison, homogénéisés par une même façade aux allures palatiales. Ce coup de génie sera répété maintes fois dans les Crescent et Terraces anglais. http://royalcrescentbath.co.uk/History%20bath.htm

L’époque géorgienne redécouverte

 Du coup, le Crescent nous révèle des détails croquignolets sur la vie de la bonne société géorgienne. Il en va des produits de luxe comme le sucre, le thé ou l’ananas. Au number One Crescent, Des bénévoles expliquent les détails de la vie. Ils renseignent ainsi sur l’utilisation des perruques et des gratte poux, nombreux sous les perruques. Certains expliquent l’usage des robes jamais lavées et portées d’abord par les Dames, puis par les servantes et enfin par les prostituées. Dautres évoquent les spécialités culinaires, tel le bun, cette petite brioche, typique de Bath.

Pour retrouver tout cela dans de belles balades, une foule d’auto tours de qualité sont disponibles sur you tube:

https://www.gpsmycity.com/tours/bath-introduction-walking-tour-3588.html

https://visitbath.co.uk/things-to-do/tours-and-sightseeing/self-guided-tours

Bath

La ville de Bath est née autour de la seule source d’eau chaude des Iles Britanniques, dédiée à la déesse celte Sulis.

Les Romains, lors de la conquête, l’assimilent à Minerve et construisent un temple en 60 autour de cette source. Un complexe thermal enserre ensuite le sanctuaire au IIe s. La ville porte alors le nom de Aquae Sulis. Elle croit et se dote d’une muraille défensive au siècle suivant. Mais avec le déclin de l’empire et les invasions, les thermes tombent dans l’oubli.  Redécouverts, superbement organisés, ils se visitent aujourd’hui. Et c’est un plaisir que d’écouter les commentaires précis pour comprendre comment se déroulait la vie à l’époque romaine dans ces établissements thermaux. https://www.romanbaths.co.uk/

Les Thermes de Bath

Au VIIe, la petite ville renaît autour d’un nouveau complexe :  l’abbaye. Elle devient alors un centre religieux. Le passé romain est gommé, et on réutilise les pierres pour reconstruire l’abbaye au XIIeme siècle. On redécouvre les bains et la ville prend le nom de Bath. Un hôpital accompagne la redécouverte des propriétés curatives des eaux.  

Au XVI e siècle, Ia ville tombe et l’évêque décide de reconstruire une abbaye plus petite au moment même où Henri VIII déclare la dissolution des monastères. https://www.bathabbey.org/

Voûte en éventail de l’Abbaye de Bath

A l’epoque élisabéthaine, les spas deviennent à la mode et la ville attire l’aristocratie.  L’abbaye s’orne alors de fantastiques plafonds en éventail.

La ville se modernise au XVIIIe  et John Wood l’ancien et le jeune, la parent d’un urbanisme régulier. Ils y inventent la notion de croissant (crescent). Ils unifient en une façade un ensemble de maisons le long d’une rue en demi-lune. Cette forme jouxte le circus, place ronde, donnant une allure cosmique au plan de la ville. Les façades classiques et les eaux curatives attirent l’élite britannique et Bath devient très à la mode. On retrouve cette ambiance typiquement géorgienne à la Pump Room le temps d’un tea time. https://thepumproombath.co.uk/.

On peut aussi visiter la maison au 1 sur le Croissant Royal pour avoir une idée de la vie à Bristol à l’époque géorgienne : https://no1royalcrescent.org.uk/

Number 1 Roral Crescent, Bath

D’ailleurs, Bath, abonde en petits lieux charmants et élégants. Ainsi, sur le pont Pulteney, un des trois seuls ponts d’Europe bordé de maisons.

Enfin les fastes géorgiens apparaissent dans les Assembly Room aménagées en un superbe musée du costume. https://www.fashionmuseum.co.uk/

Musée du Costume, Bath

Ville touristique et culturelle, Bath offre également des expositions au musée Holburn ou au Victoria and Albert. J’ai d’ailleurs déjà parlé des expositions de ce musée : https://visitesfabienne.org/themes/toulouse-lautrec-de-montmartre-a-bath/

Musée du Costume, Bath

/ https://www.victoriagal.org.uk/

Les Huguenots à Londres

 L’une des vagues migratoires importantes pour la capitale britannique remonte au 16/17e. Elle correspond effectivement à l’arrivée des Huguenots chassés du royaume de France. https://visitesfabienne.org/la-presence-francaise-a-londres/

Bible à la bibliothèque de l’église protestante

 Les Huguenots à Londres

 Persécutés dès 1534, les protestants français fuirent l’hexagone. Cet exode s’amplifia avec les guerres de religion au milieu du 16eme siècle.  Les réformés français, dits Huguenots, et les Hollandais se réfugièrent à Londres profitant de la liberté de culte offerte aux protestants étrangers par la charte de 1550. https://fr.wikipedia.org/wiki/Huguenot

Edouard VI leur accorda  en effet l’utilisation de la chapelle des Augustins dans la Cité, renommée Strangers Church. Avec la croissance de la communauté, les Huguenots fondèrent une nouvelle église, de référence, Saint Antoine à l’emplacement de l’actuelle Bourse. Bientôt, une autre ouvrit près du Strand. Elle se conformait à la liturgie de l’Eglise d’Angleterre en langue française.

Les réfugiés qui arrivaient en Angleterre devaient commencer par se faire reconnaître auprès d´une église et attester de l’authenticité de leur adhésion à la Réforme. Grande était en effet la peur de trahison d’espions catholiques.

 Avec la révocation de l’Edit de Nantes en 1685, la répression et la discrimination contre les Protestants poussèrent les familles à fuir la France en nombre. L’église de la cité se révélant trop petite, ils en construisirent une nouvelle près de Spitalfields. Hormis sous Marie Stuart et pendant la Guerre civile, le flot de Huguenot ne tarit pas. L’Angleterre apparaissait alors comme le « grand refuge ». On compta plus de trente églises hors de Londres et plus d’une vingtaine dans la capitale. 1/3 des 25000 réfugiés se concentrait en effet à Londres. Ils se répartirent principalement dans deux quartiers : Spitalfields et Soho.

Les Huguenots de Spitalfields

Ces calvinistes industrieux croyaient en la valeur du travail et étaient qualifiés . Ils se fixèrent en tant que instituteurs, médecins, marchands, soyeux et même aristocrates. Ils furent globalement bien accueillis voire soutenus matériellement par leurs communautés. Les Huguenots installés autour de l’ancien hôpital de l’Est londonien étaient souvent des tisserands spécialisés et éduqués. Beaucoup se sont enrichis et ont construits de grandes maisons bourgeoises avec des verrières pour éclairer les métiers à tisser. De nombreuses rues rappellent d’ailleurs la présence française : Fournier, Fleur de Lis.

Les Huguenots urbanisèrent Spitalfields, Shoreditch et Bethnal. Des 9 églises autour de Spitalfields, 3 existent encore : celle de l’Artillerie devenue synagogue en 1840 sur Sandys. La Patente sur Hanbury Street, construite en 1719 est devenue centre d’art. Enfin, l’Eglise neuve à l’angle de Fournier Street et Brick Lane, est devenue chapelle Wesleyenne puis synagogue à la fin du XIXe et mosquée dans les années 1980.

Pour évoquer ces Huguenots et les vagues migratoires ultérieures, on peut visiter le petit musée de l’Immigration, ouvert uniquement pour les groupes au 19 Princelet street. Il se situe à l’emplacement d’une ancienne synagogue et d’une maison occupée par des protestants puis des familles juives pauvres. https://www.19princeletstreet.org.uk/

Hanbury Hall, ancienne église réformée

Un étonnant musée au 18 rue Foldsgate, évoque la vie matérielle d’une famille de Huguenots : la maison de Dennis Sever https://dennissevershouse.co.uk/

Maison Dennis Sever

Cette incroyable maison invente le destin d’une famille de soyeux huguenots, les Jervis. Sur quatre étages, on parcourt en silence, l’ascension et l’appauvrissement de cette famille au milieu des odeurs, des objets chinés par un excentrique artiste américain installé à Londres entre 1948 et 99.

à Soho, des Huguenots bien installés.

A Soho, les réfugiés protestants occupèrent les maisons vides d’un projet immobilier qui avait fait faillite. Ils y travaillèrent principalement en tant qu’ artisans d’art, orfèvres, horlogers, bijoutiers, ébénistes voire imprimeurs. En général hautement qualifiés, ils arrivaient avec un métier ou une profession qui facilita leur assimilation. Ils apportèrent beaucoup à la société anglaise. Les noms de John Houblon, premier gouverneur de la Banque d’Angleterre, de Romilly, avocat de la réforme de la Criminal Law, de Minet dans les assurance illustrent l’intégration de cette communauté au XVIIIeme siècle.

façade église protestante française

A la fin du 19e siècle, Soho concentrait la plus grande population française et s’imposa donc comme le lieu naturel de construction d’une nouvelle église.  Il y en eut 14 dans le quartier ! https://www.egliseprotestantelondres.org.uk/ L’indemnité offerte à St Martin le Grand détruite pour agrandir la Poste, permit l’achat du site et la construction du temple protestant inauguré en 1893. Cette magnifique église est l’œuvre de Aston Webb, grand architecte qui travailla notamment à Buckingham Palace et au Musée Victoria et Albert.

L’église fit également construire une école française à quelques pas de Soho Square, offrant un enseignement en anglais et en français aux enfants de l’église et du quartier (cette école ferma après la seconde guerre mondiale). Elle devint l’un des centres de la France Libre pendant la seconde guerre mondiale.

Portail église protestante française

Bien que vidé de sa population française le quartier en a conservé quelques souvenirs à travers les pâtisseries et restaurants : Maison Bertaux, Patisserie Richoux. https://visitesfabienne.org/soho/

L’église protestante française vaut vraiment la visite. Les Français de Londres la connaissent puisqu’elle accueille des conférences et réunions. https://www.londresaccueil.org.uk/v4/Conferences