Les belles Places de la Vieille Havane

Place d’Armes, Statue de Ferdinand VII et Fuerza Real

Pour une première approche, une balade à pied vous permettra de découvrir les Belles places de la Vieille Havane.

Les agences de tourisme nomment ce circuit le kilomètre d’or. Il permet de comprendre l’urbanisme original de la vieille ville. Contrairement aux autres villes coloniales, organisées autour de la Plaza mayor, la Havane est en effet une ville polycentrique. Ce qui signifie que au lieu de concentrer tous les pouvoirs coloniaux sur une même place, différents centres se sont formés au cours du temps. J’explique cet urbanisme particulier dans cet article : https://visitesfabienne/la-havane/la-havane-2/

 

Place d’armes, le pouvoir politique

Plaza de Armas, statue de CM de Cespedes

En débarquant du bateau, du taxi, ou du bus, on se rend Plaza de Armas.  C’est ici que tout a commencé avec la construction du fort, la Real Fuerza fin XVIe. Il nous rappelle que les Espagnols ne sont pas venus en pacificateurs mais bien en conquérants. Ils ont ensuite endossé l’habit de missionnaires comme en atteste la petite croix à l’emplacement de la première église paroissiale dans la cour du Palais du Gouverneur. Le petit Templete,  construit en 1828 aux formes néoclassiques commémore le lieu de naissance de la ville. La place est aujourd’hui un lieu agréable avec son petit jardin. Le Palais du Gouverneur  ou Palais des capitaines Généraux  est devenu un  musée .https://es.wikipedia.org/wiki/Palacio_de_los_Capitanes_Generales_(Cuba) 

Vous pouvez prendre un café au Santa Isabel, bel hôtel ancien au charme suranné en évitant le détour par les toilettes.

Place de la cathédrale : le pouvoir religieux

Pour continuer sur ces belles places, vous pouvez vous rendre Plaza de la Catedral. De là on peut faire un détour pour déguster les meilleures glaces de Cuba (c’est normal la patronne est francaise) chez Helado d’oro rue Aguiar 206 ( rue de droite juste après la célébrissime mais bondée Bodeguita del Medio).

Palais sur la Place de la Cathédrale

 Revenir place de la cathédrale, dans le petit callejon del Chorro se trouve un paladar très connu Dona Eutemia (mais il faut réserver). En face de celui-ci; une petite patisserie Bianchini sympa mais populeuse…. En longeant le musée d’art Colonial par la rue Ignazio, on passe devant une petite boutique de déco café sympa à tous points de vue Piscolabis… On rejoint alors  la rue Obispo en longeant sur la gauche (en direction de la place d’Armes) le bâtiment moderne de l’université. Il se tient à l’emplacement de l’ex-couvent des dominicains. On en voit encore le cloitre avec puits, portail et abside ainsi qu’une maquette (en contournant par le corridor intérieur). Sur la droite, les deux maisons les plus anciennes de la Havane (peintures murales et buzon – boite aux lettres)

Place Saint François : marché et couvent

Pl Saint François

On emprunte maintenant la rue Oficios qui mène à la Plaza s Francesco. On peut envisager une pause au café Mercurio dans la Lonja de Comercio belle construction du début du XXe . La terrasse sur la place est plaisante. Vous pouvez alors longer le couvent . Il abrite un musée d’art sacré. La montée au clocher permet de jouir d’une magnifique  vue. En fin de semaine des formations locales jouent de la musique classique. L’église est pourvue d’un trompe l’œil en guise d’abside. Le chœur est plat et en diagonale, parti pris contestable du restaurateur. Il est vrai que nous sommes ici sur le port et que la ligne de rivage a dû changer. La vieille ville était enserrée entre les couvents des ordres mendiants, les franciscains ici, et les dominicains donc juste derrière le Palais des Capitaines Généraux sur la place d’Armes.

En quittant Saint Francois, on arrive devant le wagon Mambi. Il s’agit du wagon présidentiel de l’éphémère république cubaine, avec la chambre de Monsieur, la Chambre de Madame, le salon, la salle à manger le tout en acajou. Quasiment en face, se tient le bâtiment qui abrita le Parlement de 1906 à 1929, date de la construction du Capitole avant d’accueillir le musée de l’alphabétisation.

Place de la vieille ville : le centre économique

Pl de la Vieille Ville, la Havane

On prend alors la rue Muralla en face pour remonter sur la Plaza Vieja, https://visitesfabienne/place-de-la-vieille-ville/ Cette place accueillait l’ ancien marché. Elle devint un lieu des réjouissances publiques puis un parking avant d’être restaurée dans les années 1990. Des photos insistent sur cette restauration. Elle a permis de remettre en état les belles demeures XVIIIe qui la longent au sud. En revanche, la partie nord remonte aux débuts du XXe. De là, on rejoint la place d’Armes par la calle Mercaderes. On peut s’arrêter au Museo du chocolate pour une délicieuse tasse de chocolat à la tazza chaude ou froide. Sur la Plaza Vieja, on trouve également une brasserie très sympa  pour la bière. Le café Bohemia offre une très agréable halte dans son patio. On peut y louer des chambres. On peut préférer le café Escorial pour ses cafés.

Vous pouvez télécharger l’application suivante https://www.escapad.io/ pour retrouver cet itinéraire sur une carte interactive. (visites.fabienne/ Cuba)

Centre culturel Belge, Vieille Place, la Havane

Le Centre historique de la Havane

Patrimoine mondial de l’UNESCO, le centre historique de la Havane reste une des cités coloniales espagnoles les mieux conservées de la zone Caraïbe. Rien n’a altéré son charme dans ce pays où le temps s’est arrêté. Mieux encore, le quartier a su profiter des subsides internationaux pour s’offir une cure de jouvence.https://whc.unesco.org/fr/list/204/

Mais en quoi consiste le charme particulier du centre  historique de la Havane?

za Real depuis la Place de la Vieille Ville

Un urbanisme colonial typique mais original

La colonie espagnole typique s’organise autour d’une place centrale qui concentre les pouvoirs économiques, politiques, militaires et religieux.

Cependant, la capitale cubaine se distingue par une organisation polycentrique. Fondée en 1509, après les 7 autres villes coloniales de l’Ile , elle n’est devenue capitale de l’ile qu’en 1607.  Ainsi, le lieu fondateur, la place d’Armes faisait office de traditionnelle plaza Mayor. Aux débuts de la colonie, cette esplanade a cumulé les fonctions militaires, politiques et même religieuse.

https://visitesfabienne.org/cuba/la-havane/la-vieille-havane/belles-places-de-la-vieille-havane/

En effet, la forteresse Royale jouait un rôle politique et militaire. Le centre de la place était lui affecté aux manoeuvres. Lorsque la ville a grossi, au XVIIIème siècle, on a construit le Palais des Capitaines Généraux . Celui-ci ne séjournant que peu sur l’Ile, on lui a adjoint un gouverneur en second, logé dans le Palais du Vice Gouverneur ou Palais du Capitaine en second. Le centre de la place a alors été aménagé en un joli jardinet.

Cette place d’Armes, accueillit aussi la première messe comme en attestent les peintures de JB Vermay dans le Templete. La première église, elle, se trouvait dans l’actuel Palais des Capitaines Généraux. Elle s’est ensuite déplacée vers une nouvelle place, celle de la cathédrale.

Cathédrale de la Havane

Un déplacement progressif du centre de la Vieille Havane

La place de la Cathédrale forme donc le second volet de cette organisation polycentrique. Elle s’articule autour de l’immense édifice jésuite et des beaux palais XVIIIe qui l’entourent. Très scénographique cette place baroque est construite sur un marécage. Elle nous ferait presque oublier que les jésuites débarqués sur l’ile en 1566 et installés dans un petit oratoire furent chassés en 1767. L’église fut alors terminée puis consacrée en tant que cathédrale. Le collège de 1721 la jouxtant à l’arrière devint séminaire Saint Charles. La place, rénovée, avec le réaménagement du musée, d’une bibliothèque, d’un café littéraire  est reliée à la troisième grande place.

La rue San Ignazio part du Collège Jésuite et mène à l’ancienne place Neuve, aujourd’hui devenue place vieille,. Cette rue est la seule à porter la trace de l’ancien oratoire et de la titulature de l’église de la Compagnie de Jesus.

Cette fois il s’agit d’une place sans vocation religieuse et organisée en tant que marché, ce qui explique l’immense foirail en son centre. Elle a permis de désengorger la place St Francois sur laquelle le bruit des commercants mettait en péril l’écoute de la messe….

C’est aussi de la place st Francois, quatrième des places de la Vieille Havane que partait le chemin de croix qui mène à la cinquième et dernière des places havanaises : la place du Christ voyageur. Son caractère presque campagnard l’a longtemps tenue à l’écart des circuits. Ce qui lui a permis d’arriver presque intouchée en ce début de XXIe siècle. Elle s’affirme aujourd’hui comme le centre “hype” de la capitale cubaine et abonde (à la manière locale : elle abonde modérement et pour l’observateur avisé…) en petits cafés et boutiques.

Place Saint-François, Vieille Ville

Les jardins de la Tropical de la Havane

jardin la tropical e

Les Jardins de la Tropical sont un petit coin isolé dans l’espace et le temps de la Havane.  Ils nous replongent dans les racines arabes de l’art espagnol.

L’art Mudéjar

Pour découvrir la Havane mudéjare, il faudrait commencer par un café à l’hotel Sevilla. Après quoi, le Musée archéologique (Tacon 12) ou au 12 Oficios illustre bien le legs architectural arabe à Cuba.

L’architecture mudéjare (ou pseudo mudéjare dans le contexte cubain) est celle construite par les musulmans en terre espagnole après la reconquète. Au XVIIe à Cuba, il ne reste de cet héritage que l’organisation autour d’un patio central. Celui-ci sert à la fois d’espace de circulation, de puits de lumière. L’utilisation de techniques de maçonnerie, et de décors comme les arcs trilobés ou en demi-pointe hérite également des influences arabes.

http://islamicart.museumwnf.org/exhibitions/ISL/mudejar_art/introduction.php

On peut aussi longer les édifices plus tardifs de la calle Muralla y Egido. Plus insolite, on peut se rendre aux improbables Jardins de la Tropical, le long du rio Almendares.

Les étonnants Jardins de la Tropical

Construite à la fin du 19e siècle par la famille Herrera, propriétaires de la brasserie la Tropical, ces jardins sont en phase de restauration lente. Cosme Blanco Herrera, président de l’usine, acheta La Tropical. Il s’agissait de l’ ancienne propriété de Andrés Fernández. Le nouveau propriétaire l’agrandit, la modernisa et l’ouvrit au public en 1897. Puis il acquit Havana Brewery, une grosse entreprise de bières cubaine qui employait beaucoup d’ouvriers.

La famille habitait alors une somptueuse demeure sur la Linea. Le brasseur avait une vision assez moderniste, quasi fourriériste, pour ses employés . En 1917, profitant du succès de ses boissons glacées, il ouvrit un centre de vie près de l’usine pour ses ouvriers. Le lieu comptait une école de société ainsi qu’un parc pour aérer les employés le dimanche.

L’immense parc ouvrait sur la terrasse supérieure. Un bâtiment d’allure  mediévale se dressait doté d’une façade éclectique mais un intérieur mauresque. Construit en 1912, l’ensemble se composait de fontaines et jeux d’eaux et de salons décorés d’azulejos et de stucs. Le tout s’inspirait de l’Alhambra de Grenade.

 

Le salon du rez-de chaussée éblouissait par les couleurs chaudes de ses azulejos et la finesse des stucs des colonnades, sa coupole décorée de muqarnas, ses motifs floraux. La folie architecturale a en effet été poussée jusquà des inscriptions calligraphique a priori fantaisiste. Cette pièce servit de salon de jeu, de danse après les années 1920. Un escalier mène à un salon du même style. Néanmions, le niveau supérieur et la terrasse du sommet attendent d’être remis en état.

Salon Ensueño, big rooms without walls on the sides © Cuba Absolutely, 2014

Une splendeur fânée

Il faut imaginer les lieux au temps de leur splendeur, lorsque les fontaines se déversaient en cascade jusqu’à la rivière. A l’époque, une fois le petit château dépassé, on s’engageait sur des allées qui menaient à de fausses ruines dans le ton des parcs publics contemporains en Europe. Un niveau intermédiaire abritait ainsi une grande salle couverte utilisée comme salle de bal pour 500 personnes. Dans la période d’oubli des années 1990, elle servit de lieu de vente pour des brocanteurs improvisés. Un grand espace couvert, de petits cabanons de béton imitant des petites constructions de bois, des petits cafés, kiosques, grottes labyrinthes, tourelles et terrasses panoramiques complétaient l’ensemble.

Au début du siècle, le parc devint vite un lieu très fréquenté par la haute société cubaine. Les meilleurs orchestres s’y produisaient. Dans les années 1920, la fabrique fut fermée. Pourtant le petit palais mauresque fut transformé en salon de jeu puis en restaurant (le Madrid) fermé et désaffecté dans les années 1960. La bâtisse tomba alors dans l’oubli et les batiments négligés tombèrent en ruine. Puis au début des années 2000 le projet de restauration commença et dura 10 ans pour transformer le lieu en centre cuturel pour des gens du quartier d’un milieu culturel defavorable. Toute la communauté alentour a contribué au projet pour former des travailleurs dans le quartier… L’esprit paternaliste et social du parc est resté mais il manque encore des financements notamment pour achever la restauration prise en main par le Parc Métropolitain de la Havane pour en faire une zone écologique.

Pour y acceder : Avenida 51, barrio de Marianao, près du Puentes Grandes. A ne pas confondre avec le Salón Rosado de La Tropical, ave 41, salón de danse

À lire : Yaneli Leal del Ojo de la Cruz : Los Jardines de la Tropical

https://www.atlasobscura.com/places/los-jardines-de-la-tropical

Glastonbury

Glastonbury

On avait presque oublié la légende du Roi Arthur…Et puis on arrive à Glastonbury, une petite ville du Somerset connue pour son festival de musique et son abbaye.

Le meilleur des deux mondes

Glastonbury représente une juxtaposition pacifique de deux univers. Les barbus revenus de Woodstock fréquentent les galeries et boutiques New Age dans la rue principale.

C’est en effet ce village qui tous les étés depuis 1970 accueille le célèbre festival né dans une ferme. https://www.glastonburyfestivals.co.uk/line-up/

En toile de fond, se détache l’abbaye, fantomatique. Une immense étendue verdoyante parsemée d’arches. Ce sont les timides reliquats de ce qui fut l’un des plus grands ensembles bénédictins d’Angleterre. Du somptueux lieu de pèlerinage ne reste en état qu’une cuisine, parfait pendant à Fontevraud.

Le reste des bâtiments a été anéanti par la fureur réformatrice d’Henry VIII le terrible roi aux 7 épouses. Au début du XVIe siècle, le monarque fit sécession d’avec Rome pour pouvoir divorcer librement de sa première épouse Catherine d’Aragon, tante du terrible Charles Quint..

Avalon

Sur la pelouse, à l’emplacement de ce qui fut le cloitre de l’énorme complexe abbatial, un petit écriteau rappelle Le Roi Arthur. Des archéologues auraient en effet exhumé sa tombe et celle de la reine Guenièvre en ces lieux.  Le même panonceau évoque timidement l’ile d’Avallon en vous invitant à continuer votre promenade arthurienne dans la petite ville.

De fait, en montant vers la colline, on découvre un panorama brumeux fantasmagorique. Sur le chemin du Thor, cette colline qui domine la plaine, un petit jardin vous invite à découvrir le puit du St Graal, Et l’on se prend à imaginer en cette plaine marécageuse, les eaux qui jadis recouvraient les lieux. C’est cette éminence qui aurait accueilli le héros de la table ronde lors de son dernier voyage. http://expositions.bnf.fr/arthur/arret/03_3.htm

Et si la visite de cette jolie petite ville ne suffisait pas, on peut pousser jusqu’au vilage suivant, appelé de manière amusante Street. Il était entièrement occupé par les usines Clark au siècle dernier. Le célèbre chausseur a fermé usine en ses terres. Comme tant d’autres, il a délocalisé. Cependant, les locaux ont été réaménagés en un immense centre commercial centré autour du culte de la chaussure. https://clarksvillage.co.uk/

Bath

royal crescent bath

La ville de Bath est née autour de la seule source d’eau chaude des Iles Britanniques, dédiée à la déesse celte Sulis.

Les Romains, lors de la conquête, l’assimilent à Minerve et construisent un temple en 60 autour de cette source. Un complexe thermal enserre ensuite le sanctuaire au IIe s. La ville porte alors le nom de Aquae Sulis. Elle croit et se dote d’une muraille défensive au siècle suivant. Mais avec le déclin de l’empire et les invasions, les thermes tombent dans l’oubli.  Redécouverts, superbement organisés, ils se visitent aujourd’hui. Et c’est un plaisir que d’écouter les commentaires précis pour comprendre comment se déroulait la vie à l’époque romain dans ces établissements thermaux. https://www.romanbaths.co.uk/

Les Thermes de Bath

Au VIIe, la petite ville renaît autour d’un nouveau complexe :  l’abbaye. Elle devient alors un centre religieux. Le passé romain est gommé, et on réutilise les pierres pour reconstruire l’abbaye au XIIeme siècle. On redécouvre les bains et la ville prend le nom de Bath. Un hôpital accompagne la redécouverte des propriétés curatives des eaux.  

Au XVI e siècle, Ia ville tombe et l’évêque décide de reconstruire une abbaye plus petite au moment même où Henri VIII déclare la dissolution des monastères. https://www.bathabbey.org/

Voûte en éventail de l’Abbaye de Bath

A l’epoque élisabéthaine, les spas deviennent à la mode et la ville attire l’aristocratie.  L’abbaye s’orne alors de fantastiques plafonds en éventail.

La ville se modernise au XVIIIe  et John Wood l’ancien et le jeune, la parent d’un urbanisme régulier. Ils y inventent la notion de croissant (crescent). Ils unifient en une façade un ensemble de maisons le long d’une rue en demi-lune. Cette forme jouxte le circus, place ronde, donnant une allure cosmique au plan de la ville. Les façades classiques et les eaux curatives attirent l’élite britannique et Bath devient très à la mode. On retrouve cette ambiance typiquement géorgienne à la Pump Room le temps d’un tea time. https://thepumproombath.co.uk/.

On peut aussi visiter la maison au 1 sur le Croissant Royal pour avoir une idée de la vie à Bristol à l’époque géorgienne : https://no1royalcrescent.org.uk/

Number 1 Roral Crescent, Bath

D’ailleurs, Bath, abonde en petits lieux charmants et élégants. Ainsi, sur le pont Pulteney, un des trois seuls ponts d’Europe bordé de maisons.

Enfin les fastes géorgiens apparaissent dans les Assembly Room aménagées en un superbe musée du costume. https://www.fashionmuseum.co.uk/

Musée du Costume, Bath

Ville touristique et culturelle, Bath offre également des expositions au musée Holborne ou au Victoria and Albert. J’ai d’ailleurs déjà parlé des expositions de ce musée : https://visitesfabienne.org/themes/toulouse-lautrec-de-montmartre-a-bath/

Musée du Costume, Bath

/ https://www.victoriagal.org.uk/

Queens Park et l’Université de Toronto

Toronto

Après une première balade dans UoT, en voici une seconde autour de Queens Park et l’Université Toronto.

Explorer le Campus de UoT

Le bâtiment

Queens Park désigne depuis 1860 le parc, mais aussi l’Assemblée législative, et encore le bâtiment en grès de 1892, et le gouvernement d’Ontario. Le nom rappelle la reine Victoria. Sa statue (1903 par M Raggi), jouxte  en effet l’entrée principale.

Devant le bâtiment de style romanesque richardsonien, des statues d’hommes illustres sont dues au sculpteur W Allard (1903). On y voit Simcoe, Mowat ( Premier Ministre de l’Ontario pendant 24 ans, un record). On voit également un buste de William Lyon Mackenzie, journaliste, premier maire de Toronto. Il commémore le 100ème anniversaire de la rébellion de 1837. http://torontoplaques.com/Pages/Welcome_to_Queens_Park.html

On contourne le bâtiment de Queens Park par la gauche. Le monument au bataillon Mackenzie Papineau honore les soldats de la guerre d’Espagne (1937-38). On passe devant l’escalier éclectique menant à la suite du Lieutenant-Gouverneur pour admirer la façade sud de style néo-roman (1913) ornée de lions, blason, motifs héraldiques et inscriptions. De l’autre côté de la rue, relié aux autres bâtiments officiels par des tunnels et ponts, le bâtiment Whitney et Queens (1926) autrefois l’un des bâtiments les plus hauts à Toronto.

Autour de Qeens Park

Queen’s Park à l’angle de Wellesley, fut l’une des meilleures adresses dans les années 1920. Puis certaines maisons ont été acquises par l’université ou démolies.  William Christie boulanger d’Aberdeen, fondateur des Christie’s Biscuits se fit construire la Christie House au 100. Cette maison de style géorgien date de 1882.

Le site a été racheté en 1926 pour le Collège jésuite Saint Joseph  et ajouté à la propriété sur la rue Wellesley. La Faculté de droit,  au 39 Queen’s Park Circle, de style éclectique, fut construite en 1904 pour Sir Thomas White. Celui-ci fut considéré comme le meilleur ministre des finances de l’histoire canadienne.  Il a établi les fondements d’une économie moderne grâce à la loi de finances de 1914. Il a modernisé  aussi le régime fiscal présentant l’impôt sur le revenu comme une mesure de guerre temporaire.

On longe la remise qui accueille l’Institut McLuhan fondé en 1963. L’Institut prend le nom du célèbre professeur et théoricien de la communication. Tout près, la maison Millichamp de style Queen Anne avec de jolis motifs en terracotta (1892) est aujourd’hui l’Ecole de Théologie. On continue sur  Joseph Street jusqu’au 113 la Bibliothèque J Kelly de 1969 en béton bouchardé. Devant ,se dresse une sculpture de 1973 illustrant la fuite du monde traversé par les grands esprits : Christ, Gandhi Marx, Freud, St Augustin, Mc Luhan.

Les campus

Nous débouchons sur le Campus catholique St Michel avec sur la gauche Elmsley Place qui date de 1890. Le nom rappelle les propriétaires des terrains. Ceux-ci avaient déposé un plan d’aménagement d’une rue aux villas faites de matériaux identiques mais en styles différents . Se succèdent une maison romantique au 2. Les maisons 1 et 3 sont en revanche  éclectique , la 6 est médiévale.  Mais la 5 est néo-classique avec une entrée en biseau.

Dominant la place, le Sorbara Hall de Carlos Ott, de 2001 s’intègre aux autres bâtiments. Quant au Brennan Hall de 1939 il affiche un style Néo-gothique Tardif. Remontant Elmsley Place, on prend à gauche pour découvrir St Michael’s Quadrangle. Cette place s’articule autour d’une  sculpture en acier inoxydable “Michael” commémorant la fondation de l’université.

Nous arrivons sur le campus Victoria. Juste devant, se trouve le Jardin de la paix et de la compréhension de Lester B. Pearson. Celui-ci a été Premier Ministre canadien et Prix Nobel de la Paix en 1957. On remonte le long de la bibliothèque. Le Batiment Pratt moderniste des années 1960  a été rénové en 2001 . Suit le Anorthrop Frye Hall de 1967.

Un petit escalier nous mène alors près de la statue assise de Pratt (qui comme Frye enseignait la littérature). On arrive au beau bâtiment néo roman de Victoria College fondé par Ryerson 1892 et intégré à UoT en 1936.

A gauche, on parvient enfin devant la, Femme crucifiée (1979) une sculpture controversée dans la cour d’Emmanuel College. Ce bâtiment néogothique (1908) abrite des résidences étudiantes et un collège théologique. Plus moderne, le Théâtre Isabel Bader 1999-2001 reflète les édifices néo-gothiques qui l’entourent.  A sa droite, le Burwash Hall est devenu une cafétéria qui mène par une arche à Charles street west.

Le quartier financier de Toronto

Toronto
       

Cette visite du quartier financier de Toronto emprunte Bay Street. Elle montre notamment comment la ville de Toronto s’est agrandie au cours du XXe siècle pour devenir la capitale économique et financière du pays.

Autour de la gare

Elle commence à la Gare (Union Station) sur Yonge Street. Ce beau bâtiment ouvert en 1927  est la gare la plus fréquentée du Canada. Y transitent en effet 6,5 millions de passagers par an. De style « Beaux Arts », contemporain de l’Opéra Garnier, elle emprunte les dimensions colossales des Thermes romains de Caracalla.  Ainsi, elle compte 18 immenses colonnes doriques de 27m de haut. Des pilastres plats séparant les fenêtres sans décorations sur 3 étages animent sa façade austère, longue de 750m. A l’intérieur, son magistral plafond vouté et son immense salle des pas perdus de 260m rappellent les noms des villes desservies à l’origine dans les médaillons.

En fait, le terrain a été conquis au XIXe siècle sur le lac  et sur l’ancien rivage. Vers 1900, cinquante ans après les premiers voyages en train à Toronto, près de 200 trains transitaient par la gare. Elle a pris le nom de Union car elle servait de liaison entre les grandes compagnies des Canadian National et Canadian Pacific Railways. Cependant, le trafic a beaucoup diminué, la gare a même été menacée de fermeture dans les années 1970.

Face à la gare, l’hôtel Fairmount date de 1929. Il  était à l’époque d’une modernité exceptionnelle : ascenseur, chauffage, eau chaude et baignoires dans les chambres. Aujourd’hui , c’est encore l’un des palaces, un lieu de RV. Au dernier étage, sur la terrasse, il jouit d’un potager avec des ruches. Architecturalement il adopte la forme  d’un fauteuil avec un dossier central et des accoudoirs. Cette architecture château typique de la chaine se retrouve dans tout le Canada. A l’époque de la construction un souterrain reliait la gare et l’hôtel.

En face de la gare, on accède au métro et au PATH, la ville souterraine près de la Sculpture ‘City People’ de Catherine Widgery. 

Banque de Commerce du Canada

Sur Front Street

En continuant, se dresse la Royal Bank Tower; de 1973-77. Il s’agit d’ un complexe de deux tours triangulaires  de 41 et 26 étages. Entre les deux, un atrium de douze étages vitrés modère le style international des tours. Les murs sont faits de vitres dorées pour refléter le soleil à facettes comme des cristaux de basalte….

Le bâtiment des douanes se trouvait près du port, de la gare et donc à l’arrivée des flux de marchandises. Il date de  1938. Ce bâtiment énorme épouse la courbe de la rue en une colonnade ionique telle celle de Regent Street à Londres.

Encore plus loin, sur Front, le Sony Centre, anciennement O Keefe Center offre une fantastique entrée avec une marquise surdimensionnée de style expressionniste et brutaliste. Effectivement, il est construit  en béton armé,  et doté de 3200 sièges. Il accueillait le ballet national et l’opéra avant le transfert sur Osgoode.

On voit derrière, sur l’esplanade, le condominium construit par Dan Liebeskind, auteur aussi du Musée juif à Berlin, et du Musée de l’holocauste à Tel Aviv, du ROM, ici une structure incurvée en verre bleuté

Le Hockey Hall of Fame

En continuant sur Front Street, on arrive au Hockey Hall of Fame  https://www.hhof.com/ (1885 de style Beaux Arts). L’entrée dans un petit pavillon entre des portiques est ornée d’un dôme de verre et de sculptures rococo. Le tympan est désaxé et dédoublé pour être vu des deux rues. Il se pare de nombreux éléments classiques :   piliers corinthiens, mascarons sculptés. Le tout est construit en grès de l’Ohio .

Avant de devenir un musée, la Banque de Montréal s’y était établie depuis 1817.  Elle s’enrichit dans les années 1880. Du coup, elle exhiba sa richesse dans de beaux bâtiments. Ainsi, son siège à Montréal en 1845 imite le Panthéon de Rome.  Fermé en 1982 ce bâtiment a été restauré et rénové pour devenir le Hockey Hall of Fame avec une entrée au sous-sol de la galerie BCE.  Devant, des sculptures, Canada, l’Equipe du siècle 1997  et Notre jeu ; d’Edie Parker; 1994.

Banque dans la Brookfield par Calatrava

Bay Street

Baystreet s’appelait à l’origine Bearstreet car des ours devaient y errer. Au fond de Bay street, on aperçoit la Tour de l’ancien hôtel de ville dans l’axe. Ceci implique qu’elle n’a pas été construite au centre du bâtiment pour en revanche être vue depuis Bay Street….

Dans Yonge street, on entre alors dans Brookfield Place BCE 1989-922. Il s’agit de tours de bureau reliées par une allée couverte entre Bay Street east et Yonge Street avec des arches d’acier peintes comme une rue bordée d’arbres. Au centre, une place à l’européenne avec une fontaine, un restaurant et un magasin de presse (journaux européens). Architecte espagnol,  Calatrava spécialisé dans les gares et ponts, avait comme cahier des charges de relier 3 tours, dans un espace chargé d’histoire.

Il a ainsi eu l’idée de déplacer dans la galerie La banque commerciale du Midland, fondée en 1832.  Située sur Wellington Street à l’origine, c’était la  plus ancienne du quartier, de style néogrec  en calcaire. Elle servait de banque au rez de chaussée, et de maison du banquier à l’étage.

En sortant de l’avenue, par Bay Street, on rejoint alors les bâtiments du Dominion Centre, Bank of Toronto. Six bâtiments de style International, datent de 1960 à 1990. Sur Wellington Street, la banque au 79,  expose au RDC une étonnante collection d’art Inuit. https://www.td.com/about-tdbfg/corporate-information/inuit-art/index.jsp

Cette extraordinaire collection est due à l’initiative de son directeur, M Lambert qui souhaitait faire connaitre à ses salariés l’art inuit. https://visitesfabienne.org/les-premieres-nations/


On traverse maintenant  la rue,  et on remonte les marches en face du Dominion Centre œuvre de Mies van der Rohe, le pape du less is more. Entre les tours, « la pâture », une sculpture de vaches au repos,. Elles apportent en fait un air de campagne pour « détendre les financiers » à l’heure du déjeuner. On traverse alors le bâtiment de droite et on parvient dans l’ancienne Bourse.

L’Angle des quatre banques

De l’autre côté de la rue, on monte maintenant des marches avec à  gauche une tour de Pei de 1972 l’architecte de la Pyramide du Louvre. Cet angle (King/Bay) regroupe depuis les années 1970 les 4 plus grandes banques de Toronto. Le petit escalier mène à une sculpturereprésentants des’éléphants (2002). La tour moderne ressort face au bâtiment ancien CBC (Canadian Bank of Commerce) de 1930 . Ses volumes intérieurs et plafonds empruntent une nouvelle fois aux plafonds des thermes de Caracalla. On traverse maintenant le Bâtiment d’Ernst &Young, pour retrouver Bay Street en passant le long du Bâtiment de la Bourse, avec une très belle frise art déco enchâssée dans l’ensemble des 6 tours.

On sort par un formidable façade néo romane sur King Street et on se retrouve face à la Scotia Bank (on peut  admirer à l’intérieur le relief Art déco (flèche, bois, agriculture… allégorie de la richesse de l’Amérique).

On reprend alors Bay street. A l’angle, la Banque de Montréal devait ressembler à l’origine à un temple. Mais la crise de 1929 a réduit les ambitions comme en atteste la partie supérieure. Plus haute, plus efficace moins décorée, elle témoigne d’une logique plus financière que décorative!

En face, le club “national”très select, (National Club Building). Etonnant de voir ce bâtiment néo géorgien (1874) au milieu de tous les buildings modernes  du quartier financier..

On rejoint ma balade dans le centre de Toronto

Aller à l’angle Bay Street / Queen Street, et regarder le bâtiment d’Hudson Bay angle Yonge / Queen. Ce fut le 1er grand magasin de la ville. En 1894, il représentait une vraie révolution. Créé par Mr Simpson, écossais. Face à lui, de l’autre côté de la rue, le concurrent Eaton. A la fin du XIXe et début XXe siècle, les deux se sont livrés une vraie guerre à base de publicités, promotions…Tout cela pour attirer les clients.

Le Bâtiment Hudson Bay est typique de l’école de Chicago et le premier du genre ici . L’ossature est en acier et non en fonte. Elle soutient l’édifice (au lieu des murs) ce qui permet d’avoir de larges vitrines pour mettre en valeur les produits commercialisés.

Autour de l’hôtel de ville

Sur Queen Street, ancien hôtel de ville  par James Lennox, l’architecte de Casa Loma. Ce batiment à fonctions multiples est de style néo roman Ridchardsonien …A l’époque, la tour proclame la fierté de la ville.

Lennox voulut signer son œuvre, selon la coutume. On lui refusa ce droit, en raison de ses dépassements budgétaires. Il se vengea en représentant les édiles en singes grimaçants sur les chapiteaux, à l’entrée du bâtiment . Le seul représenté souriant est James Lennox, au milieu d’eux ! Il s’amusa aussi à disperser (une lettre sur 3) sur la frise du sommet les lettres composant son nom…..

A l’intérieur du bâtiment, aller voir le rare beau vitrail.

Derrière l’ancien hôtel de ville, et cachée dans les entrailles du Eaton Centre, l’église de la Ste Trinité . Cette église était consacrée aux pauvres à l’époque, avec son presbytère et la maison du révérant. Un petit jardin rappelle ce qu’a été le lieu et accueille les déjeuners des gens qui travaillent ici mais aussi les deshérités toujours pris en charge par l’église.

Enfin, on arrive au Nouvel Hôtel de Ville par les jardins, il date de 1965. En bas du bâtiment,  on trouve des bureaux d’accueil pour les habitants de la ville. Devant, un miroir d’eau se transforme en patinoire l’hiver. On peut suivre la rampe pour finir sur l’inattendu jardin. Dernière surprise de ce parcours dans le Quartier financier de Toronto !!!

Les Hockeyeurs, devant le Hockey Hall of Fame

Gloucester

Gloucester cathedrale

Pourquoi aller à Gloucester ?

Pas seulement pour rencontrer Beatrix Potter, la célèbre et délicieuse auteure de Peter Rabbit qui a immortalisé la ville : https://www.tailor-of-gloucester.org.uk/

La cathédrale de Gloucester, une merveille gothique

Les amateurs d’art se régaleront à la Cathédrale, l’une des merveilles de la région. https://www.gloucestercathedral.org.uk/.  Dans le circuit des chefs d’œuvre gothiques, Gloucester occupe une place de choix tant par la taille de cet immense vaisseau de pierre, que par la magnificence du cloitre. D’ailleurs le cinéma ne s’y est pas trompé qui y a situé l’intrigue de trois films de Harry Potter. https://www.youtube.com/watch?v=EfSofShp0gs

Les somptueuses voutes en éventail décorent également la chapelle de la vierge restaurée grâce a l’argent généré par le film. Le ticket d’entrée donne en outre accès au triforium. De cet étage en général interdit au public, la vue sur le chœur est prodigieuse. Même la caféteria est un ravissant lieu dans l’ancien réfectoire des moines.

Une ville charmante

Autour de la cathédrale, les aménagements ont su préserver l’atmosphère médiévale et bucolique. De charmants salons de thé et boutiques mènent aux  rues qui se croisent en angle droit à la tour Michel. Dans Northgate Street se trouvent de jolies maisons à colombage dont la New Inn servait déjà d’auberge en 1450. La structure urbaine provient de la colonie romaine Glevum. On en retrouve quelques vestiges, comme un mur au terminus des autobus.

Le  Port mène à l’estuaire de la Severn par des canaux. La ville a entièrement rénové ses docks abandonnés dans les années 1980. Ils forment désormais un espace public occupé par le National Waterways Museum, et de luxueux magasins, bars, ou appartements résidentiels. Le Musée des soldats du Gloucestershire est situé dans la Maison des Douanes.

Par ailleurs, le Gloucestershire est superbe : à l’est les Cotswolds, au nord-ouest les collines de Malvern et à l’ouest la forêt de Dean puis le Pays de Galles.

Enfin on ne peut quitter Gloucester sans évoquer une course fascinante mais véridique : la célèbre course au fromage

Les quartiers de Toronto

banque dans calavatra

Voici un certain nombre de visites , à la découverte des quartiers de Toronto les plus intéressants de par leur architecture ou leur histoire.

J’ai eu la chance de profiter d’un an de formation au ROM. Au cours de cette année, j’ai accumulé pas mal de connaissances théoriques et pratiques sur la ville. et les quartiers de Toronto.

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Je vous présente donc dans cette rubrique les visites que j’ai pu tester et faire tester. Il y a ainsi deux types d’itinéraires, les balades purement historiques pour comprendre la formation de la ville et les balades plus architecturales.

Les balades historiques

Certaines promenade nous permettent de comprendre la formation de la ville. Pour ce faire, je vous recommande si vous en avez le temps de commencer par les origines de Toronto. https://visitesfabienne.org/aux-origines-de-toronto/

Cette promenade vise à montrer les lieux fondateurs. Avec la promenade autour de l’AGO (Toronto colonial), je m’attache à montrer comment l’on est passé de parcelles distribuées aux colons à des lotissements habités par des vagues de populations successives.

https://visitesfabienne.org/lheritage-colonial/

Vous pourrez compléter ces deux premières visites par le quartier financier puis le centre de Toronto. Elles ont pour but de montrer la croissance économique, démographique de la ville. L’idée est de voir combien les lieux de pouvoir économique et politique ont finalement peu bougé mais comment l’architecture nous révèle leur évolution.

Ces quatre promenades permettent en outre de découvrir des trésors peu connus, qu’il s’agisse de beaux bâtiments ou d’oeuvres d’art.

Des balades architecturales

D’autres quartiers plus au Nord nous permettent d’aborder l’architecture. Il en va ainsi des promenades sur le campus de Toronto https://visitesfabienne.org/campus-de-toronto/

Pareillement, la balade dans l’Annexe illustre le vocabulaire architectural typique dans les quartiers de Toronto :

Les styles classiques anglais

  • Emprunté à l’Angleterre, le style dominant du XVIIIe est le style Géorgien avec ses façades sobres et classiques.
  • Les “néoismes”. Comme en Europe à la fin du XIXeme siècle, les architectes de Toronto piochent dans les styles antérieurs . Le néo gothique voire néo roman ou néo byzantin servent pour les bâtiments religieux et les écoles. Les banques recourent davantage au vocabulaire néo renaissance ou néo grec. Les riches bourgeois apprécient particulièrement le néo baroque ou surtout le néoclacissisme à la française appelé ici “Style Beaux arts” (pour nous il est typique des constructions du second empire). Les maisons particulières affectent le néo géorgien ou néo colonial. Aujourd’hui certains n’hésitent pas à importer du néo espagnol.

Quelques styles très typiques de Toronto

  • Deux styles typiques de la région sont le style Italien (à la manière des Palais italiens) et surtout le Richardsonian romanesque. L’exemple typique en est l’ancien hôtel de ville avec ses volumes robustes et l’utilisation de briques ou de pierres rouges et sombres.
  • La fin du XIXeme est également marquée par le style Victorien et ses dérivés. Le Queen Anne se veut plus éclectique et fouilli alors que le Edouardien cherche plus de classicisme. On en voit beaucoup à l’Annexe.
  • On trouve au tout début du XXe siècle des bâtiments Arts and Craft, notamment dans le quartier de l’Annexe, l’architecte Eden construit sur ce modèle qui se veut plus artisanal et traditionnel

Toronto s’américanise dans l’architecture également

  • Dans les années 1920 / 30se développe le style Art Déco. A Toronto il est manifeste dans les bâtiments du quartier financier, Bourse, églises, immeubles de Banques sont des exemples de ce style géométrique.
  • l’Art moderne après la deuxième guerre mondiale va se développer d’abord sur une ligne dite internationale. On en a l’exemple avec les tours de Mies van der Rohe dans ma promenade dans le quartier financier. Ce type d’architecture utilise des matériaux nouveaux comme l’acier et le verre Les architectes tenteront ensuite l’aventure brutaliste comme au Sony Center dans la promenade aux origines de Toronto. Ici le matériau favori est le béton brut. Depuis les années 1980 se sont développés le post-modernisme et le style “high tech” qui révèle la structure de l’édifice comme à l’aéroport Pearson. Une volonté vernaculaire ou organisque apparait également dans l’architecture du ROM qui rappelle les minéraux exposés, ou à l’AGO ou les matériaux jouent sur les élements : le bleu acier du lac, le bois des pirogues mis en valeur par la modernité du verre.

L’Art Nouveau

Casa Battlo

En une petite dizaine d’années seulement, les courbes et arabesques de l’Art Nouveau révolutionnent l’art européen. Entre 1890 et 1910 en effet l’académisme de rigueur se voit battu en brêche.

Car, symbole de la Belle Epoque, ce style s’est diffusé à travers toute l’Europe. Voici ses principales caractéristiques, évoquées lors d’une intervention . https://afbristol.org.uk/events/cafe-artistique-art-nouveau/

Gaudi, la Sagrada Familia, Barcelone
Bristol, imprimerie Everard, Broad Street

Un rejet de l’Académisme et de la production de masse….

L’Art Nouveau nait en réaction contre les dérives de l’industrialisation et la reproduction sclérosante des styles académiques. Au contraire, ce style promeut l’artisanat. Il met à l’honneur de nouveaux matériaux et de nouvelles techniques :  ferronnerie, verrerie, cristallerie.

Les artistes s’engagent le plus souvent dans la lutte pour le progrès social. Pour ce faire, ils traitent des objets quotidiens pour créer un art total. D’où une fusion entre les Arts décoratifs et les Beaux-Arts.

The Willow Tea Room par Mackintosh, Glasgow

Néanmoins l’univers anticonformiste ainsi créé restera limité à la bourgeoisie avant-gardiste des grandes cités industrielles .

Des influences variées

Face à la standardisation industrielle, Les artistes utilisent essentiellement des formes végétales et féminines.

Mucha, les quatre saisons

Les écoles et artistes de l’art nouveau ont des inspirations communes :

  • Le mouvement anglais Art and Craft fondé par W. Morris
  • Les créations du verrier LC Tiffany
  • La mode du Japonisme
  • Les beautés de la nature
  • Les Expositions Universelles

Un mouvement européen mais nationaliste

Toute l’Europe est emportée par ce mouvement parti de Belgique vers les grands centres industriels. Si, les critères restent communs, chaque pays développe un langage adapté.

Et surtout, chaque artiste développe des spécificités. Ainsi, si quelques écoles se distinguent, l’Art Nouveau reste essentiellement le fait de personnalités.

  • Quelques écoles et leurs chefs de file :
Lustre - Accessoire d'éclairage
Willow Tea room, lustre du salon de luxe, Glasgow

* Mackintosh et les 4 à Glasgow,

*Majorelle et l’école de Nancy, https://www.paj-mag.fr/2020/01/15/ecole-nancy-art-nouveau/

*Klimt et la Sécession à Vienne

Otto Wagner, pavillon du métro, Vienne
  • Mais surtout des personnalités locales :
Gaudi, Barcelone
Casa Batlo, Gaudi, Barcelone

*Gaudi à Barcelone,

*Horta à Bruxelles, https://visit.brussels/fr/article/Victor-Horta-et-Bruxelles

*Guimard à Paris, https://visitesfabienne.org/hector-guimard-un-itineraire-dans-le-quartier-dauteuil-2/

*Lechner à Budapest,

Dans le sillage des Ecoles de Glasgow et de la Sécession Viennoise, ce mouvement évolue ensuite vers un style plus géométrique, l’Art déco.