Presentation Goa

Je suis partie à Goa comme on part à la plage ou en soirée. Bêtement, je pensais qu’il s’agissait d’une ville avec un centre colonial. Il y aurait aussi des kilomètres de plages de sable blanc fréquentées par des touristes éméchés. Je m’étonnais que depuis Chennai l’arrivée à Goa s’effectue par un aéroport au nord et le départ par un autre aéroport, situé plus au sud. Ce devait être une grande ville pour disposer de 2 aéroports internationaux. Mais je savais aussi que nous allions aborder dans la zone la plus touristique de l’Inde. Il me fallait donc m’attendre à tout.

Goa, un état et non une ville

Je n’avais rien compris. Goa correspond à un état complet. Certes le plus petit de l’Union indienne qui en compte 28. Néanmoins un état à part entière, séparé en districts. Ceux ci se divisent en sous districts, les Talukas chacun avec une identité propre. Cet état dispose d’une langue le Konkani. Son originalité tient aussi à une culture teintée d’éléments lusitaniens, une aristocratie particulière et une scène culinaire bien à part.

azulejo

Goa se trouve coincée contre le Golfe Arabo-persique à l’ouest. Les Ghats de l’ouest la séparent de l’aride plateau du Dekkan. Au sud, le Karnataka la borde alors que le nord voisine avec le Maharastra. La bande côtière est donc le débouché quasi naturel des habitants de deux des villes les plus populeuses du pays. A savoir, Mumbai et Bengalore. Autant éviter les périodes de vacances locales (mi-mai mi-juillet et les grandes fêtes type Diwali)

Goa Institute of management

Aller à Goa, c’est en priorité sélectionner. Choisir entre les districts nord réputés pour leur sens de la fête et ceux du sud, plus calmes. Choisir entre la côte avec les plages les plus agréables du pays ou presque. Certes, il y a aussi celles de Andaman ou de Varkala. Ou préférer l’intérieur des terres moins connu et plus nature.

forêt Goa

Goa ce sont aussi des villes à l’atmosphère quasi sud-américaine avec leurs églises au charme portugais. Ces missions baroques n’ont quasiment pas d’égal dans le reste du pays. Nichées dans une végétation tropicale magnifique elles ont un air mexicain inattendu en Inde.

le fleuve

Car colonisée au XVIeme par les Portugais, Goa est restée un comptoir européen. Ce jusqu’au rattachement à l’Union indienne en 1961 seulement. De son passé portugais elle a gardé des liens étroits avec les autres comptoirs lusitaniens notamment Macao. D’où des influences chinoises mêlées aux souvenirs quasi hispaniques.

La nouvelle mini- série du moment

Cela devient une habitude, mais je ne vais pas traiter de cet état surprenant en un seul pauvre article.

En revanche, je vous propose de me suivre pour une nouvelle mini-série à travers cet état bien plus extraordinaire qu’attendu. Car les récits de fêtes et de tourisme de masse ne m’avaient pas laisser espérer grand-chose. Quelle ne fut donc pas l’heureuse surprise que de découvrir une région restée très authentique. Mais aussi très distincte du reste du pays.

curieuse baignade

 Alors suivez-moi dans les prochaines semaines. Nous partirons à la découverte de Panjim la petite capitale de ce micro-état au charme original.

maison de planteur

De là, je vous emmènerai à Old Goa, la capitale abandonnée de ce petit bout de Portugal. Nous y cheminerons à travers les églises, souvenirs de la colonisation mais aussi de l’évangélisation. Nous y retrouverons notamment la trace de Saint François-Xavier.

Puis nous continuerons sur les plages du sud autour de Margao. C’est la ville économique à l’ambiance fantomatique.  Le sud de Goa offre de magnifiques plages et une ambiance encore intacte à l’écart des grands flux touristiques.

la plage

Enfin le dernier chapitre de mon épopée vous fera découvrir les magnifiques demeures de planteurs dans le taluka de Salcete. Souvent en mauvais état, ces maisons offrent un charme que l’on s’attend à trouver davantage de l’autre côté de l’Atlantique.

Pêcheurs, Goa

Pas de fiestas dans ce blog, ni de nature donc. Mais de belles découvertes historiques et architecturales pour les quatre prochaines semaines de balades indiennes.

Goa

Je suis partie à Goa comme on part à la plage ou en soirée. Bêtement, je pensais qu’il s’agissait d’une ville avec un centre colonial. Il y aurait aussi des kilomètres de plages de sable blanc fréquentées par des touristes éméchés. Je m’étonnais que depuis Chennai l’arrivée à Goa s’effectue par un aéroport au nord et le départ par un autre aéroport, situé plus au sud. Ce devait être une grande ville pour disposer de 2 aéroports internationaux. Mais je savais aussi que nous allions aborder dans la zone la plus touristique de l’Inde. Il me fallait donc m’attendre à tout.

Goa, un état et non une ville

Je n’avais rien compris. Goa correspond à un état complet. Certes le plus petit de l’Union indienne qui en compte 28. Néanmoins un état à part entière, séparé en districts. Ceux ci se divisent en sous districts, les Talukas chacun avec une identité propre. Cet état dispose d’une langue le Konkani. Son originalité tient aussi à une culture teintée d’éléments lusitaniens, une aristocratie particulière et une scène culinaire bien à part.

azulejo

Goa se trouve coincée contre le Golfe Arabo-persique à l’ouest. Les Ghats de l’ouest la séparent de l’aride plateau du Dekkan. Au sud, le Karnataka la borde alors que le nord voisine avec le Maharastra. La bande côtière est donc le débouché quasi naturel des habitants de deux des villes les plus populeuses du pays. A savoir, Mumbai et Bengalore. Autant éviter les périodes de vacances locales (mi-mai mi-juillet et les grandes fêtes type Diwali)

Goa Institute of management

Aller à Goa, c’est en priorité sélectionner. Choisir entre les districts nord réputés pour leur sens de la fête et ceux du sud, plus calmes. Choisir entre la côte avec les plages les plus agréables du pays ou presque. Certes, il y a aussi celles de Andaman ou de Varkala. Ou préférer l’intérieur des terres moins connu et plus nature.

forêt Goa

Goa ce sont aussi des villes à l’atmosphère quasi sud-américaine avec leurs églises au charme portugais. Ces missions baroques n’ont quasiment pas d’égal dans le reste du pays. Nichées dans une végétation tropicale magnifique elles ont un air mexicain inattendu en Inde.

le fleuve

Car colonisée au XVIeme par les Portugais, Goa est restée un comptoir européen. Ce jusqu’au rattachement à l’Union indienne en 1961 seulement. De son passé portugais elle a gardé des liens étroits avec les autres comptoirs lusitaniens notamment Macao. D’où des influences chinoises mêlées aux souvenirs quasi hispaniques.

La nouvelle mini- série du moment

Cela devient une habitude, mais je ne vais pas traiter de cet état surprenant en un seul pauvre article.

En revanche, je vous propose de me suivre pour une nouvelle mini-série à travers cet état bien plus extraordinaire qu’attendu. Car les récits de fêtes et de tourisme de masse ne m’avaient pas laisser espérer grand-chose. Quelle ne fut donc pas l’heureuse surprise que de découvrir une région restée très authentique. Mais aussi très distincte du reste du pays.

curieuse baignade

 Alors suivez-moi dans les prochaines semaines. Nous partirons à la découverte de Panjim la petite capitale de ce micro-état au charme original.

maison de planteur

De là, je vous emmènerai à Old Goa, la capitale abandonnée de ce petit bout de Portugal. Nous y cheminerons à travers les églises, souvenirs de la colonisation mais aussi de l’évangélisation. Nous y retrouverons notamment la trace de Saint François-Xavier.

Puis nous continuerons sur les plages du sud autour de Margao. C’est la capitale économique à l’ambiance fantomatique.  Le sud de Goa offre de magnifiques plages et une ambiance encore intacte à l’écart des grands flux touristiques.

la plage

Enfin le dernier chapitre de mon épopée vous fera découvrir les magnifiques demeures de planteurs dans le taluka de Salcete. Souvent en mauvais état, ces maisons offrent un charme que l’on s’attend à trouver davantage de l’autre côté de l’Atlantique.

Pêcheurs, Goa

Pas de fiestas dans ce blog, ni de nature donc. Mais de belles découvertes historiques et architecturales pour les quatre prochaines semaines de balades indiennes.

Maisons de planteurs

Aujourd’hui je vous emmène dans le Taluka de Salcete, à la découverte des maisons de planteurs du sud de Goa.

Maison Braganza

Deux maisons de planteurs à Chandor

Maison Menezes Braganza.

salle à manger maison Braganza

Commençons par la plus belle peut être de ces plantations, en tous cas la plus grande. Il s’agit d’une énorme demeure à l’aspect palatial. Très étroite, elle s’étend tout en longueur dans le petit village de Chandor. On monte un escalier pour accéder dans les appartements de deux cousins. Car la maison se dédouble au niveau de l’escalier central. On y retrouvera d’ailleurs une duplication de tous les éléments, salle de bal, bibliothèque et cuisine.

1er salon maison Braganza

Nous sommes reçus par les descendants des premiers propriétaires. Cette maison est en effet comme beaucoup restée entre les mains de la même famille depuis le XVIIe s. Deuxième surprise, les propriétaires originaux, et donc leurs descendants, ne venaient pas du Portugal. Ces Indiens d’origine ont en revanche été anoblis par la couronne portugaise assez tôt dans l’histoire, souvent pour bons et loyaux services.

salle de bal maison Braganza

La maison a un peu souffert des ravages du temps. Mais ce n’est rien en comparaison de ce qui nous attend ailleurs à Goa. D’ailleurs, les deux cousins propriétaires s’acharnent du mieux qu’ils le peuvent à en conserver la splendeur. Ils n’hésitent pas à louer leurs salons pour des tournages, des mariages ou des séances photos pour financer la peinture ou retapisser les fauteuils. Le ticket d’entrée permet également d’améliorer un peu leur ordinaire.

Clairement le descendant Menezes Braganza est un homme d’affaire plus aguerri, doublé d’un gestionnaire et ses appartements révèlent plus d’opulence et un meilleur entretien. En témoigne la bibliothèque malgré son organisation quelque peu dérangeante. Le cousin Pereira-Braganza vous montrera tout fier la relique de Saint François-Xavier, gloire de la chapelle familiale. Son aile est en revanche plus poussiéreuse.

maison Menezes

Dans chaque appartement la magnificence s’illustre dans la salle de bal, véritable pièce maitresse. Une enfilade de salons et une salle à manger de réception évoquent le train de vie fastueux de ces aristocrates locaux cultivateurs de canne à sucre ou de caoutchouc.

  Maison Fernandez

Plus loin, dans le petit village miséreux de Chandor, se trouve la maison Fernandez. Elle parait fermée aux visiteurs. D’ailleurs rien n’indique qu’elle puisse se visiter. Son état calamiteux ne laisse rien présager de sa splendeur (très) passée pour ne pas dire trépassée.

facade maison Fernandez

 Le propriétaire des lieux, lui aussi descendant des premiers planteurs connait l’histoire familiale sur le bout des doigts. Mais son éducation n’empêche pas sa demeure de partir complétement à vau l’eau. Outre l’odeur pestilentielle due à l’incontinence de son vieux chien, l’ensemble laisse plus qu’à désirer en matière de propreté.

salon maison Fernandez

Néanmoins, malgré la crasse, on devine la beauté disparue. Bien sûr nous sommes loin de la magnificence de la plantation Braganza. Pour autant, cette maison avec son souterrain secret, sa salle d’armes et sa salle de bal, son coin chapelle pourrait, un peu rénovée, avoir du potentiel. Pour l’heure, si tournage il y a, il ne peut s’agir que de films d’épouvante.

salon Fernandez

Deux autres Maisons de Planteurs à Loutoulim

Changeons maintenant de village, et dirigeons-nous vers Loutoulim beaucoup plus agréable et avec un quartier carrément résidentiel.

Loutoulim

Maison Figueiredo

Commençons par la plus connue de toutes les maisons. Et pour cause elle est aménagée en hôtel, bien entretenue et gérée de main de maitre là encore toujours par les descendants de la famille d’origine.

entrée maison Figueiredo

Les inscriptions sur les murs rappellent la conversion (volontaire ?) des locaux à l’époque portugaise. Les missionnaires avaient pour but d’évangéliser au contraire des Anglais pour lesquels colonisation rimait presque uniquement avec enrichissement. Ainsi, avec la conversion, les Poddiars de Sancoale devinrent Figueiredo de Loutoulim au XVIe. Cela fut-il à l’origine de leur réussite sociale, politique et économique ? Toujours est il que la famille Figueiredo compte nombre de diplomates, juges et parlementaires. D’où la construction de cette superbe demeure en 1590. Deux siècles plus tard une seconda aile en doubla la superficie, en largeur cette fois.

maison Figueiredo

Sa décoration est joliment mise en valeur. Ce, notamment dans la fastueuse salle à manger, la salle de bal. Un salon de musique, un bureau et une chambre complètent le musée. De nombreuses porcelaines chinoises évoquent les relations privilégiées des maitres de céans avec Macao, autre colonie portugaise. Le reste des 55 pièces se répartit entre un hôtel boutique (dans la partie ancienne) avec piscine et la demeure familiale. Le tout à fait l’objet d’une restauration en 2016 menée par les descendants ré impatriés pour s’occuper du patrimoine familial.

salon maison Figueiredo

Maison Alvarez

La Maison Alvarez fait partie du musée local du grand pied.

maison Alvarez

 Le musée ne casse pas trois pattes à un canard. Il s’intéresse cependant à l’histoire, l’art de vivre et la culture de Goa.  En revanche le billet d’entrée permet de visiter la demeure. Celle-ci diffère un peu des précédentes. Le mobilier très fin XIXe n’a pas la qualité de celui des autres maisons. Les salles elles-mêmes sont de moindre qualité. En revanche les objets exposés valent le détour. Et surtout les quartiers serviles sont quasi complets. On y découvre cuisine, arrière-cuisine, cellier et tout un tas de petites pièces rustiques.

outils maison Alvarez, Loutoulim, Goa

Dans les chambres sont exposées des collections d’objets d’antan, jouets, vases de nuit. De quoi compléter agréablement la visite des autres Maisons de Planteurs.

cuisine maison Alvarez Loutoulim Goa

Old Goa

Old Goa nous replonge au XVIème siècle lorsque les Portugais abordèrent en ces terres lointaines. Motivés par le Prince Henri le Navigateur, les marins lusitaniens cherchaient à établir des comptoirs sur la route très rentable des textiles et surtout des épices.  Ceux-ci étaient si précieux que l’on a conservé longtemps en Français l’expression “payer en épices” devenue « payer en espèces ».

forêt Goa

Les marins ne venaient pas seuls. Secondés par des missionnaires, ils prenaient très au sérieux leur mission évangélisatrice. Les églises rescapées de Old Goa nous rappellent cette volonté de convertir.

autel Bom Jesu Goa

Car de la première capitale lusitanienne en terre indienne ne restent que des églises. Les 200 000 habitants évoqués par les chroniqueurs de Old Goa se sont évanouis après des épidémies. Ne subsistent que les vestiges de constructions religieuses. Leurs dimensions et leur nombre attestant néanmoins de la taille plus que respectable de la cité. On la surnommait alors la “Rome de l’Est”.

Basilique et cathédrale de Old Goa

La route qui vient de Panjim passe devant l’imposant carré sur lequel se dressent d’un côté le Bom Jesus et de l’autre la blanche Cathédrale. Ce double enclos concentre pratiquement l’ensemble des visiteurs de Old Goa. A juste titre, tant ces constructions religieuses sont significatives historiquement et spirituellement.

Se Goa

Le Bom jesus

Cet énorme vaisseau de grès rose et de brique doit sa notoriété au tombeau de Saint Francois-Xavier.  Arrivé en Inde en 1542 pour diffuser le message chrétien il mourut 10 ans après. Il prêchait alors en Chine. Son corps fut rapatrié à Goa, où il fut canonisé en 1622.

Bom Jesu Goa

 Passée l’imposante façade baroque, un cheminement obligatoire vous mène devant la pièce maitresse. Il s’agit de l’extraordinaire tombeau en argent. Il domine un piédestal de marbre et jaspe décoré de plaques de bronze illustrant la vie du saint. C’est un Cadeau du Grand Duc de Toscane Cosme III. L’ensemble témoigne du travail d’artistes italiens et d’orfèvres locaux. Les pierres semi précieuses et ornementales ont aujourd’hui disparu. Mais le mausolée conserve une grandeur baroque.

facade Bom Jesu old Goa

 Un petit musée au premier étage de l’édifice évoque la vie du saint homme. Sa visite n’ajoute pas grand chose à la beauté de l’immense édifice. Puis le chemin permet aux visiteurs de faire le tour de la basilique,  d’arpenter le cloitre blanc avant de ressortir dans un Jardin à la végétation luxuriante. On se croirait davantage en Amérique du Sud qu’en Inde.

La Se

intérieur Se old Goa

De là, on traverse l’immense place pour se rendre de l’autre côté de la route dans un enclos contenant plusieurs églises blanchies à la chaux. La plus spectaculaire est bien sûr la Se, ou cathédrale. Par sa taille, elle évoque à la fois l’importance de la ville mais aussi celle de la mission évangélisatrice. Il s’agirait de la plus grande église d’Asie. Vide, blanche et spacieuse elle accrédite l’idée.

facade Se Old Goa

La façade classique  et blanchie à la chaux tranche par sa simplicité sur les temples de la région voire sur celle du Jésus. A l’intérieur, la Chapelle du st Sacrement est en revanche couverte d’or. C’est sur le porche de cette cathédrale qu’avaient lieu les autodafés menés par la tristement célèbre Inquisition.

D’autre églises de Old Goa

Ste Catherine musée old Goa

L’ancien couvent des Dominicains jouxte la cathédrale. Transformé en musée archéologique, il conserve quelques belle pièces . Il nous rappelle le rôle des ordres mendiants dans la mission évangélisatrice. Surtout c’est le meilleur lieu pour en apprendre plus sur la colonisation portugaise.

chapelle Ste Catherine Old goa

Juste à coté la charmante petite chapelle Ste Catherine  remonte aux débuts du XVIème.

San Gaetano Old Goa

On peut alors sortir de l’enclos pour gagner San Gaetano. Cette église copie St Pierre de Rome d’une manière presque comique sinon grandiloquente . En effet, elle se trouve presque en pleine campagne. Au sortir, une arche permet d’accéder à la rivière Mandovi. Un embarcadère mène au ferry pour les îles. La nature y est magnifique si une journée au vert vous tente.

Sur les hauteurs de Old Goa

St Francois Old Goa et ruine de St Augustin

En revenant vers le marché pour touristes commence une montée. Cette route mène tout d’abord  à l’église st François transformée en musée. En continuant le long de la courbe on atteint la très belle église du Rosaire.

st Augustin

Sur la même route en revanche se dressent les ruines romantiques du couvent des Augustins. Il n est pas sans rappeler celui de Canterbury avec son clocher écroulé. Construite en 1602, cette Église faisait partie des plus importantes constructions augustiniennes du monde ibérique. Abandonnée en 1835, elle s’est en grande partie effondrée.

clocher st Augustin old Goa

 Ces ruines confirment le départ des Portugais au XVIIe en raison d’épidémies de malaria, de choléra ou de peste. En 1843, Panjim plus proche de la côte devint d’ailleurs officiellement la nouvelle capitale, New Goa.

Mandovi river

Sur les hauteurs et dominant de belle manière la rivière Mandovi, l‘église Notre Dame du Rosaire a des accents presque manuéliens. C’est l’une des plus anciennes églises de Old Goa et l’une des mieux conservées. Malheureusement, elle est plus compliquée à atteindre (il faut une voiture) et souvent fermée.  Néanmoins, si la restauration en est terminée lors de votre visite, la vue vaut vraiment le coup. Elle permet d’embrasser la forêt dense qui a pris possession de la Capitale déchue en bord de Mandovi. Des arbres, s’échappent quelques coupoles, blanches pour la plupart, le clocher effondré de St Augustin ou les énormes vaisseaux du Bom Jesu et de la Se.

ND du Rosaire Old goa

Kanchipuram bis

Voici un Kanchi bis pour compléter l’article de la semaine dernière. Je vous avais emmené dans la vieille ville visiter les temples les plus connus et les plus spectaculaires. Notamment l’immense Varadaraja Perumal, le célèbre Ekambaranatha dédié au Shiva terrestre et le Kamakshi Amman Temple, dédié à Shakti en plein centre-ville.

Cette semaine je vous propose une immersion dans la période Pallava (V- VIIIe siècles). Cette dynastie fit de Kanchipuram sa capitale et de Mahaballipuram son port. Les deux magnifiques temples dont je voudrais parler sont donc à mettre en parallèle avec l’art développé dans les temples du site Unesco.

Outre la beauté de ces deux temples aux fantastiques sculptures, vous  apprécierez le calme de ce kanchi bis, par rapport au tumulte des grands temples déjà explorés la semaine passée.

Le temple Kailasanatha, essentiel de ce kanchi bis

On peut commencer par Kailasanatha, un temple du VIIe s dédié à Shiva. C’est l’un des plus anciens de Kanchipuram et l’un des premiers bâti avec une base en granit pour le sanctuaire et le Nandi blancs. Le reste a été construit en calcaire blond et adopte la forme et l’iconographie de la dynastie Pallava. On retrouve ainsi le lion emblématique d’échanges avec l’Extrême orient, déjà vu à Mahaballipuram.

 Il apparait comme un modèle d’architecture dravidienne avec un mandapa d’entrée -mukha mandapa, un pour les réunions- maha mandapa et un saint des saints surmonté d’une vimana à 4 niveaux. Le sanctuaire central, lui, est entouré de 9 sanctuaires. Tout autour de la cour carrée s’articulent 28 cellules avec des reliefs de Shiva particulièrement anciens et magnifiques. On y trouve des traces de polychromie.  Le temple est aussi connu pour ses nombreuses et très précoces inscriptions.

traces de poychromie au temple Kailasanatha de Kanchipuram

Quoique petit, ce temple est une pure merveille en terme de statuaire du VIIIe siècle. Les sculptures sont essentiellement Shivaïtes. Les fresques, parmi les plus anciennes du Tamil Nadu, à l’intérieur de certaines cellules assurent sa notoriété. On va retrouver le même type de sculptures dans le temple Vaikunthaperumal que nous irons visiter juste après.

Vaikunta Perumal Temple

Ce superbe temple Pallava du VIIIe s dédié à Vishnou se situe près du centre de la ville. On y accède via une grille. Elle s’ouvre sur un jardin bordé d’un réservoir vide. Une belle cour intérieure précède le magnifique sanctuaire dravidien entouré de reliefs de lions mais aussi d’un curieux fossé.

Ce temple est particulièrement important car c’est un des 108 Divya Desams dédié à Vishnou sur les 14 que compte Kanchipuram. En outre, c’est le second temple le plus ancien après Kailasanathar. Enfin, on en lit les louanges dans les hymnes tamouls des VI/ IXe siècle.

Bien qu’assez ramassé, il offre un programme iconographique étourdissant. Le clergé ici charmant, propose aux rares visiteurs de fermer les yeux sur les horaires, et de laisser rentrer dans le saint des saints en échange de quelques menues monnaies.

Par ailleurs, ce temple présente quelques spécificités comme la superposition de 3 sanctuaires les uns sur les autres avec 3 images de Vishnou dans 3 postures différentes. Cette superposition architecturale témoigne d’une maitrise développée depuis Mahaballipuram où les monuments sortaient de la pierre et commençaient seulement à être bâtis.

 Ici, Vishnou apparait assis dans l’escalier, allongé au 1er étage. Au 2e étage, le Vishnou Murti debout a disparu mais l’escalier s’ouvre sur une terrasse. On peut circuler autour du bâtiment à chaque étage.

Comme au temple Kailasanatha, le motif emblématique Pallava du lion se répète. De nombreuses vignettes historiées évoquent la vie de Vishnou, et en parallèle celle du souverain bâtisseur de ce temple, ainsi que les différentes célébrations. Une restauration a eu lieu sous les Vijayanagar. Elle explique les différences de couleurs dans cet ensemble remarquable.

Néanmoins ne quittons pas ce Kanchi bis sans un dernier petit arrêt.

Au-delà des temples, la ville

le berceau, Kanchi Kudil, Kanchipuram

Pour les amateurs d’ethnologie, Kanchi Kudil, est une belle maison transformée en musée. On peut visiter moyennant une petite obole. Les pièces de vie d’une famille au sens large vivant sous le même toit sont bien préservées. De belles explications concernent justement la cohabitation dans le Tamil Nadu agricole. On y comprend mieux les stratégies de préservation des terres au sein d’une même famille. On y voit aussi les toits caractéristiques de la région à 7 épaisseurs de tuiles.

Le musée ethnographique de Kanchipuram

Kanchipuram est aussi connu pour sa soie de murier. Cinq mille familles travaillent a la fabrication de saree traditionnels. Malheureusement, les ateliers souvent petits ont migré hors de la ville et les invitations a voir le travail du tissage vous mènent immanquablement dans de grandes boutiques. L’expérience peut amuser ou lasser, à vous de voir…

Kanchi Kudil, maison musée de Kanchipuram

Kanchipuram

Située à une bonne heure de route de Chennai, Kanchipuram offre une belle idée de visite pour la journée.

Kanchipuram, l’une des 7 villes sacrées d‘Inde

L’importance de Kanchipuram tient à son statut de Saptapuri. Parmi les 7 villes saintes d’Inde, Varanasi est la plus connue, Kanchipuram la seule au sud. Ces villes sacrées de l’Hindouisme apporteraient la Moksha (libération) à leurs pèlerins et surtout à ceux qui viennent y mourir.

Cette ancienne capitale des Pallavas a vécu son heure de gloire du VIe au VIIIe siècle. Pourtant certains temples sont plus tardifs et datent de l’Empire Chola ou de celui des Vijayanagar.

Aujourd’hui, cette ville poussiéreuse et bruyante a perdu de sa superbe et il faut fouiller dans le chaos pour y trouver du charme et y repérer les temples les plus importants. Elle en a conservé énormément, mais peut-être pas les 1000 vantés par les guides touristiques. D’ailleurs, tous ne valent pas la visite au point de vue artistique ou historique. Néanmoins la spiritualité reste saisissante.

Dans leur majorité, les prêtres locaux sont traditionnalistes, peu sympathiques et réfractaires à la présence d’étrangers. Il vaut donc mieux ne pas tenter d’enfreindre leurs ordres.

Pour des raisons pratiques, il vaut mieux partir à la journée en voiture ou recourir aux services d’un auto. Les distances peuvent être longues, la touffeur insupportable. Il est parfois difficile de s’orienter et un chauffeur voire un guide peuvent donner du sens à cette découverte.

Des agences proposent des matinées de folie à Kanchipuram en faisant visiter dix temples. Ce qui implique un lever aux aurores, car les édifices religieux ferment entre 12.30 et 16h. Comme le disent les locaux, les dieux font la sieste pendant ce temps.

Néanmoins, tous ne sont pas incontournables et pour éviter la saturation, voici une petite sélection maison. Aujourd’hui, je vous présenterai les trois temples les plus connus. La semaine prochaine nous visiterons les deux plus anciens (et, à mes yeux) plus beaux.

Le temple à Shakti, Kanakshi Amman Temple

Situé en plein centre-ville c’est l’un des hauts lieux de pèlerinage et de visite. Très fréquenté, on y accède à pied et par des portiques de sécurité. Son architecture imposante, son emplacement et son importance spirituelle expliquent la foule.

Tout ici tourne autour de la déesse Kamakshi, l’une des formes divines de Parvati, déesse de l’amour, de la fertilité et de la force. Ce temple est l’un des 51 Shakti Peethas ou sanctuaires sacrés construits autour des membres du corps sacré tombés du Ciel. C’est aussi le seul de la ville dédié à Shakti.  Ici en l’occurrence aurait atterri le nombril divin. Le temple est donc l’un des centres les plus importants du Shaktisme au Tamil Nadu. On y célèbre la puissance féminine.

ShaktiTemple reservoir, Kanchipuram

Ce temple date du VIIème siècle, et de la dynastie Pallava qui avait fait de Kanchipuram sa capitale. Les Naalayira Divya Prabandham ou hymnes composés par des poètes sacrés Tamouls un siècle plus tard en font mention. Les Cholas ont pu le reconstruire et l’agrandir vers le XIVe. Puis les Vijayanagar entre les XIVe et XVIème siècle.

Une autre légende ne fait remonter la construction du temple qu’en 1565 à la chute de l’empire Vijayanagar. L’idole Kamakshi Amman aurait alors été transportée au travers de l’Inde du sud en quête d’un foyer permanent. Le temple daterait dans ce cas d’une construction plus tardive.

L’absence de documentation précise et les nombreuses reconstructions laissent comme toujours en Inde le champ libre à l’imagination. Ce même si la structure respecte le schéma dravidien avec ses nombreux sanctuaires et mandapas et son immense Gopuram (portail) d’accès jusqu’au spectaculaire réservoir à l’arrière. S’y mêle une iconographie typique des Vijayanagars.

Malheureusement les étrangers ne peuvent pas accéder au Saint des saints. On ne peut pas voir l’idole assise  Kamakshi accompagnée de la sainte trinité Shiva, Vishnu, and Brahma.

L’incontournable temple Ekambaranathar

C’est l’un des temples les plus célèbres et l’un des plus grands du Tamil Nadu. Il est dédié à Shiva sous sa forme Ekambareswara, terrestre. On a un peu l’impression de rentrer dans un immense enclos en jachère, d’où surgissent des sanctuaires plus ou moins fréquentés.

Ainsi, en partant sur la gauche, un réservoir vide précède un mandapa aux magnifiques sculptures. L’ensemble vient d’être restauré de couleurs vives, à la limite du flashy. Des barrières ont surgi pour réglementer le flot de visiteur.

Nandi, Temple Ekambaranathar Kanchipuram

Si l’on part tout droit après la première gopuram, on rentre dans le saint des saints. Les marchands du temple vous attendent et se succèdent jusqu’au mandapa vibrant d’animation. Là, on peut vous accoster pour vous proposer de pénétrer dans le sanctuaire. A moins que l’on ne vous force à acquitter les 100 roupies pour un darshan express. Ce droit d’entrée vous permettra de sauter la queue, parfois imposante. Surtout il vous permettra de rentrer dans le saint des Saints.

Puis vous pourrez longer l’immense corridor bordé de lingams. De magnifiques piliers sculptés de yalis attestent de la réfection du temple à l’époque de la dynastie Vijayanagar. De petits autels et des chariots et statues processionnels rangés mènent jusqu’à une courette dans laquelle survit un manguier soi-disant tri centenaire. L’on contourne ainsi le sanctuaire. Une véritable plongée dans l’atmosphère sacrée et de l’immensité du lieu.

Bien qu’initialement érigé sous l’Empire des Pallavas, le temple fut entièrement détruit et reconstruit à la fin de l’ère des Cholas. Au fil des siècles, la structure du temple a été améliorée, notamment par les rois Vijayanagar au XVème s.

Varadharaja Perumal Temple,

À l’est de Kanchipuram et un peu en extérieur, cet immense temple dédié à Vishnou peut clore une matinée de visites à Kanchipuram. C’est un des 108 Divya Desams, ces temples à Vishnou qui auraient été visités par les 12 poètes sacrés ou Alvars. C’est donc un des lieux les plus sacrés pour les Vaishnavites. On le repère de loin en raison de sa taille et surtout de la hauteur de la Gopuram d’accès. Le nom Perumal se réfère d’ailleurs à Vishnou.

C’est le plus grand temple de la ville avec 3 immenses cours ou prakarams, ses énormes gopurams, ses nombreux sanctuaires, et ses magnifiques madapams ou halls à piliers.

Il est d’ailleurs particulièrement réputé pour le mandapam de la première cour aux somptueuses sculptures accessible à tous. Considéré comme un musée, on accède à ce hall aux 1000 colonnes moyennant un paiement. Les piliers Yalis attestant de l’intervention des Vijayanagars. Communs dans le Sud de l’Inde, ils représentent des créatures mythiques, aux têtes d’éléphants ou de cheval mais aux corps léonins. Leur puissance protégeait les temples. Des sculptures illustrent le Ramayana et le  Mahabharata dans cette salle magnifique, ouverte aux quatre vents.

Plus de 300 inscriptions rappellent que de nombreuses dynasties l’ont enrichi et embelli. Chola, Pandya, Kandavarayas, Cheras, Kakatiya, Sambuvaraya, Hoysala and Vijayanagara ont laissé leur empreinte. Elles attestent d’une fondation au XIe s et de travaux d’agrandissement notamment sous les Cholas au XIVe siècle.

Le clergé local, particulièrement radical, refuse farouchement l’accès des non hindous au sanctuaire. Les étrangers ne voient donc presque rien des différents bâtiments ou des richesses du lieu.

C’est dommage, le programme iconographique y est particulièrement riche, intéressant et varié. Il illustre les différentes et complexes légendes liées à Vishnou mais aussi des épisodes de l’histoire mouvementée de ce temple aux nombreux festivals.

Cameron Highlands

Cameron Highlands est devenu ses dernières années un des hauts lieux du tourisme malaisien. C’est dommage car les paysage sont peu à peu saccagés. En revanche, on peut comprendre que la beauté de la zone et la relative fraicheur attirent les visiteurs, locaux ou étrangers.

Cameron Highlands, une région agricole

Située sur les uniques montagnes de Malaisie, Cameron Highland est la seule zone du pays à offrir des températures douces. On comprend que les Anglais s’y soient installés avec délectation. Ils y ont implanté deux cultures dont ils étaient friands : les fraises et le thé. Tout a commencé avec le thé.

 La plantation de Cameron est une merveille. Pour les habitués des plantations indiennes, celle de Cameron est vraiment un régal. Propre, ordonnée, organisée. On peut s’y promener le long de sentiers balisés, prendre des photos en des endroits déterminés. Un petit train accompagne les plus fatigués. On peut y prendre le thé et y manger des scones, y boutiquer.

La grande cafeteria permet de goûter le délicieux thé local Teh Tarik très sucré et lacté mais au goût bien différent du chai indien. Seul bémol si vous n’aimez pas le tourisme de masse vous vous sentirez un peu à l’étroit.

Bien pire, la culture des fraises est une abomination totale dans la région. Pour multiplier les serres et cultiver davantage de ces petites baies rouges, des bulldozers continuent d’éventrer la montagne. Les jolis sommets verts se couvrent de ridicules mers de plastiques destinées à isoler les fragiles cultures des intempéries. Un véritable désastre écologique.

Le tourisme dans les Cameron Highlands

Marcher dans les Cameron Highlands

Si le thé et la culture des fraises attirent un public nombreux et peu soucieux d’environnement, Cameron Highland est aussi un haut lieu du tourisme sac à dos. On y croise nombre de jeunes près à parcourir les montagnes. Il ne s’agit pas de haute montagne mais de jolis chemins permettant de jouir du panorama.

Il convient néanmoins de vérifier la météo et de comprendre qu’elle peut radicalement changer l’aspect des chemins. Par exemple, un sentier peut être considéré comme alternativement facile et difficile. Il faut comprendre que s’il pleut abondamment la veille le gentil chemin peut devenir une patinoire boueuse quasi impraticable.

Comme les touristes se massent le long des routes sur les attractions les plus appréciées, il ne faut pas compter rencontrer qui que ce soit dans la jungle. Car la beauté du lieu repose sur la végétation foisonnante. La forêt primaire, malheureusement de plus en plus mitée, est de toute beauté.

Déguster un thé et des scones

Une fois extirpé des racines et des lianes, quel plaisir d’arriver à Tanah Raa pour y déguster un afternoon tea. Car ne boudons pas notre joie.Si les Anglais ont laissé une belle empreinte c’est bien dans le « tea time ». Or la petite ville abonde en jolis établissements qui se concurrencent pour le meilleur scone. Certains sont drôles comme le Lord’s cafe, juste en face du terminal d’autobus. Il s’agit vraiment d’une petite église et les (petits mais régalants) scones y honorent bien LE Seigneur. L’établissement délicieusement désuet vous permet d’attendre agréablement votre bus. Plus central et tout proche d’un centre commercial riche en restaurants, Bake n cafe offre également de très bons scones. Je reprécise ici que je refuse les liens d’affiliation et que ces adresses sont testées, approuvées avant d’être partagées.

Cameron Highlands offre une jolie excursion de 2 ou 3 jours si vous aimez marcher dans des paysages quasi vierges. Vous pouvez profiter des salons de thé ou vous agréger à une visite de ferme de fraises. Ou rester plus longtemps pour parcourir les sommets. Un bus relie la région à Ipoh en 2h30. Il faut compter un peu plus de 4h pour Kuala Lumpur ou Georgetown. Les bus sont très confortables, bon marché et relativement ponctuels et surtout faciles à prendre. Il ne sert à rien d’arriver plus de 15mn avant leur départ. Ils s’arrêtent peu, juste le temps d’une escale technique. Il est interdit d’y manger ou d’y faire du bruit.

Autour de l’Inde

Autour de l’Inde, il y a beaucoup à voir et découvrir. Si vous n’en pouvez plus de la saleté, du bruit et que vous désirez changer d’air Chennai est bien relié à l’intérieur mais aussi à l’international. Sans aller jusqu’à Londres ou Francfort, il y a de quoi s’amuser et se dépayser à l’est et à l’Ouest autour de l’Inde.

Le trajet pour Colombo dure à peine 1h alors que 3h30 suffisent pour rejoindre Bangkok ou 4h la Malaisie. Il faut beaucoup plus de temps en revanche pour se rendre au Népal ou en Birmanie depuis Chennai, faute de vol direct. Oublions le Pakistan ou la Chine quasi inaccessibles. En revanche, Dubai ou Abu Dhabi ne sont qu’à 4h30 de vol et permettent de relier une grande partie du monde. Alors c’est décidé ce week-end, on voyage autour de l’Inde !

La péninsule malaisienne si proche

En changeant de pays pour la péninsule malaisienne, on se sent à la fois dépaysé et en territoire connu. Connu car Singapour comme la Malaisie reconnaissent le tamoul comme langue officielle au même titre que l’anglais ou le malais.

Batu Cave Malaisie, le Ramayana

Connu parce que l’hindouisme y est présent mais aussi les légendes et mythes fondateurs, fondés sur le Mahabarata. Si la Thaïlande ne reconnait comme langue officielle que le thaï, l’écriture s’appuie, elle, sur l’héritage pali. Elle utilise une logique similaire à celle de l’alphabet tamoul, a priori car je ne parle rien de tout cela. Le fait de le savoir ne rend ni bilingue ni alphabétisé. En revanche ces influences culturelles donnent un fond commun qui justifie pleinement toute excursion depuis l’Inde.

Ces 3 pays sont à la fois proches géographiquement et très différents matériellement. Tout y semble propre, moderne, organisé et facile. A Singapour on se sent projeté directement au 22ème siècle. Le choc est accentué par les prix et le niveau de vie. La Malaisie propose une alternative intermédiaire. La vie y reste bon marché, mais les infrastructures n’ont rien à envier au monde occidental. On peut loger dans des hôtels de luxe et se régaler dans de ravissants endroits pour 3 fois rien. Les locaux se montrent adorables. Les paysages sont magnifiques et pas encore trop abimés par le tourisme sauf dans certains endroits comme les Cameron Highlands.

La Thailande quoique innondée par le tourisme (et quel tourisme) reste une des meilleures destinations. Le pays est d’une beauté à couper le souffle. L’hospitalité y est d’un professionalisme haut de gamme. Les prix demeurent plus que corrects. Et il y en a pour tous les goûts, entre les plages magnifiques mais surexploitées, les villes superbes, le patrimoine historique et artistique unique. Car la Thailande reste le seul pays d’Asie à n’avoir jamais été envahi.

De Chennai, des vols permettent également de se rendre à Bali, Dakkha voire Hong Kong en 5h30, un peu long pour un simple week-end.

A l’Ouest, du nouveau

Pour un vrai bain de modernité, voire de luxe, nombre d’Indiens et d’expatriés partent du côté des Emirats. En moins de 5h de vol direct les voila propulsés à Dubai, Sharjah, Bahrain ou Doha. A vrai dire, ces vols servent surtout aux NRI. Ces Indiens travaillent en effet à l’étranger où ils payent leurs impots et jouissent d’un statut spécifique. La nationalité indienne n’étant pas cumulable, l’Etat a inventé toute une série de statuts pour les Indiens, nés vivant, étudiants ou résidant à l’étranger. Ces flux expliquent également la cadence des vols pour l’Arabie Saoudite. Pas sûre néanmoins que la destination attire véritablement les touristes pour le moment.

En revanche, Chennai jouit de liaisons directes avec Oman et l’ile Maurice. De quoi changer d’air sinon de température. Si les Emirats offrent des expériences urbaines et désertiques incroyables, Oman jouit de paysages fantastiques. Il y en a donc pour tous les goûts. Les amoureux d’art pourront se pâmer au Louvre d’Abu Dhabi ou au MIA de Doha. Les adeptes de sport pourront profiter de la politique qatarie et aller applaudir leurs idoles à l’open de tennis ou aux courses automobiles. Les amoureux de désert eux se régaleront dans les dunes de Dubai et du Qatar. Ceux qui préfèrent découvrir des paysages sublimes ou nager avec les tortues seront ravis dans la péninsule de Musandam ou le reste d’Oman.

« Les Indes »

Nos grand parents évoquaient avec un brin de nostalgie « les Indes ». Cet article vous propose un regard rapide sur la diversité indienne. Surtout, il vise à proposer quelques échappées à moins de 3h d’avion de Chennai. De quoi passer un joli week-end ou de petites vacances.

A 1 heure de Chennai, le nord du plateau du Deccan

Autour du Tamil Nadu, il y a d’abord, tout le plateau du Deccan avec des villes fascinantes. Ainsi, Hyderabad ou Mysore à 1 heure de vol nous projettent dans un cadre bien distinct. Car les Moghols ont conquis et gouverné cette zone. Ils y ont laissé des témoignages visibles, dans l’art mais aussi la culture populaire et la façon de vivre. L’architecture et la population y diffèrent totalement de celles du grand sud, en l’occurrence du Tamil Nadu ou du Kerala. A Hyderabad, les vestiges mogholes nous transportent dans le monde fantasmé des 1001 nuits. La nature diffère également avec des forêts denses que l’on découvre dès le Nord du Tamil Nadu.

Tombe Paigah à Hyderabad

L’Inde du Nord

Taj Mahal

On peut aussi pousser plus loin vers le Nord du pays et se donner l’impression de changer complètement de monde. Les langues, les peuples y diffèrent. L’histoire même du Nord n’a rien à voir avec celle du sud. Elle est marquée par de nombreuses invasions. Aryens, Moghols notamment qui ont épargné une grande partie de l’Inde dravidienne du Sud. La colonisation britannique y a souvent laissé une trace plus profonde. Souvent plus marqué par l’occident, le Nord correspond davantage à l’image d’Epinal que l’Occident se fait du pays. Une Inde multicolore, surpeuplée, miséreuse. Mais là encore il conviendrait de parler d’Indes plurielles.

temple de rue Varanasi

Cette Inde axée autour des grands fleuves ne ressemble que de loin à l’Inde du sud. Celle-ci est à la fois plus technologique et plus conservatrice. Ainsi c’est à Bengalore et Hyderabad que se concentrent la haute technologie et la créativité informatique du pays. En revanche, à Chennai, on trouve les industries innovantes. C’est aussi à Chennai que les familles restent le plus viscéralement attachées à leurs traditions. Et notamment à leur gastronomie basée sur le riz. On pourrait ainsi opposer une Inde du riz au sud à une Inde du blé au nord.

Ouest, Est, une autre Inde

Troisième option, les territoires autonomes comme Andaman, Chandigarh ou Pondichéry ou carrément les pays proches. L’Inde contemporaine se compose en effet de 28 Etats et 8 territoires. Je n’ai pas eu l’occasion de tout visiter. En revanche, je me suis ingéniée à systématiquement écrire sur les différents lieux où je me suis rendue.

On oppose généralement le Sud (du Dekkan) et le reste du pays. Certains voyagistes rangent même Mumbai dans le sud. Si cela ne parait pas aberrant sur une carte, c’est singulièrement méconnaitre l’histoire et la culture du pays. La scission s’effectue ici entre Inde dravidienne et le reste du pays de culture majoritairement hindi. Pourtant ce grand nord n’est pas non plus homogène. Entre le delta surpeuplé du Gange ou le Punjab, s’étend un continent de différences. Entre l’est et l’ouest mais surtout entre les côtes et les montagnes, le terme pluriel ancien des « Indes » se justifie pleinement.

Chandigarh, Capitole

Les états de montagne

A ne penser qu’à Varanasi, ou au Rajasthan, les voyageurs en Inde oublient souvent l’importance de la montagne. L’Etat fédéral qualifie pourtant de montagneux 13 des 28 Etats fédéraux. Outre les Himalayas, puisque l’Inde appréhende la chaine dans sa pluralité, on compte 6 autres chaines sur le sous continent. Les Western, Eastern Ghâts, et les massifs des Vinhya et Saptura au Nord séparent clairement le plateau du Dekkan et individualisent le sud de l’Inde. Les Aravalli surplombent la ville de Jaipur et s’étendent jusqu’ au Gujarat, et Le Karakoram au Kashmir isole le pays de ses voisins.

la montagne autour de Shimla

Dès lors, on ne s’étonne pas du nombre d’états dits de montagne. Et je ne parle pas des 7 soeurs, et de leur frère, le Sikkim, ces états de l’extrême est séparés de l’Inde « de l’intérieur » par le Bengladesh. Leur population, aux traits asiatiques, n’a rien à voir avec celle des Etats dits centraux. Leurs traditions, leur culture les rapproche du Bhoutan et de la Birmanie.

Comme on le voit sans avoir à se préoccuper de visas ou autre paperasserie administrative on peut rester en Inde et changer de monde du tout au tout.

Sarnath

  Sarnath se situe sur la route de l’aéroport à Varanasi, Même si le site a passablement été reconstruit il est fondamental dans l’histoire du bouddhisme.

Sarnath site archéologique

Importance historique du site (pourquoi s’arrêter à Sarnath)

Soyons honnête si vous ne connaissez rien au bouddhisme et que vous n’avez rien envie de connaitre, vous pouvez passer votre chemin. Les vestiges ont passablement été reconstruits et il faut pas mal d’imagination pour reconstituer le site. A défaut, un excellent guide extrêmement pointu sur le bouddhisme pourra vous éclairer. En l’occurrence vous devez maintenant avoir compris ma défiance à l’égard des guides locaux. Leur recrutement tient davantage à leurs performances linguistiques qu’historiques.

En revanche si vous vous intéressez vraiment au bouddhisme, ou que vous voulez en apprendre un peu, l’arrêt s’impose.

pagode

Car Sarnath est le lieu du premier discours du Bouddha. Je ne vous ferai pas l’injure de revenir sur la vie et l’œuvre de Siddhartha Gautama au Ve s iècle avant notre ère.

Sarnath est donc un peu au Bouddhisme ce que Jérusalem est aux chrétiens. Plus encore, le lieu fait partie des 4 grandes étapes obligatoires pour tout pèlerin. Né à Lumbini, le Bouddha parvint à l’éveil à Bodhgaya avant donc de faire son premier grand sermon à Sarnath. Il voyagea ainsi entre l’actuel Népal, le Bihar et l’Uttar Pradesh, dans une zone géographique relativement limitée. A Sarnath mais aussi Kushinagar où il délivra son dernier sermon avant d’atteindre l’’etat de Mahaparinirvana. C’est ici  qu’il forma ses Sangha (disciples) et les envoya au travers du monde.

Si le bouddhisme est aujourd’hui minoritaire en Inde, il y est pourtant né. Il s’est certes davantage diffusé vers le sud-est (Sri Lanka) et l’extrême Orient (Chine Japon). Mais il est revenu dans le nord de l’Inde vers le XIème siècle via les moines tibétains.

Sarnath est aussi l’endroit se trouve un des piliers d Ashoka avec 4 lions dans chaque direction. Car le grand empereur Maurya ressuscita ce site clé du bouddhisme au IIIème s. Il s’agit donc d’un double lieu essentiel au bouddhisme.

Que visiter/ comment

La petite ville de Sarnath contient plusieurs sites. Outre une quantité impressionnante de temples bouddhistes de toutes nations, les deux monuments essentiels correspondent au musée et à l’enclos archéologique.

stupa

Ce dernier a été très restauré et les monuments de briques ne sont pas toujours complètement lisibles. Seule la Dhamek Stupa érigée par Ashoka conserve quelques reliefs joliment sculptés. Reconstruite en grande partie elle marque le lieu du premier sermon du Bouddha, dit roue de la loi. Elle se situe dans le Parc aux cerfs. La légende raconte que le roi local, désireux de chasser y renonça après l’intercession d’un faon. Il transforma le lieu en monastère. C’est dans ce lieu que Bouddha vint parler de la voie du milieu entre excès et ascétisme, et commença ses enseignements. Il y exposa les quatre nobles vérités et les 8 chemins de la vérité pour atteindre le nirvana

De nombreuses petites stupas et vestiges de monastères attestent de l’activité passée du lieu, ressuscité donc sous Ashoka puis tombé dans l’oubli jusqu’à la découverte de Alexander Cunningham. Celui-ci s’appuyait alors sur les écrits de voyageurs chinois. Parmi lesquels, le moine Xuan Zang, parti à la recherche au VIIeme siècle des origines du Bouddhisme. En effet, la religion avait alors presque disparu d’Inde. L’archéologue anglais mit également à jour la base du dharma, la roue voulue par Ashoka le grand roi Maurya.

Le site remonte donc à trois étapes distinctes. A savoir, la présence de Bouddha attestée historiquement vers le Ve avt notre ère. Puis la reconstruction par Ashoka au IIIe, et enfin la redécouverte en 1837 par le britannique Cunningham.

bijoux dans le musée archéologique

Le très beau musée archéologique sur l’esplanade centrale de Sarnath regroupe l’ensemble des œuvres sculptées ainsi que des fouilles plus pointues. Il met joliment en scène le pilier d’Ashoka, une merveille de finesse, et emblème par excellence de l’unité indienne. On y voit également de belles sculptures bouddhistes, des peintures de l’école de Sarnath mais aussi l’impressionnante roue de marbre. Le tout très didactique permet de mieux comprendre le lieu. Les collections datant des IIIè au XIIe siècles de notre ère s’organisent en 5 galeries autour de la salle centrale des chefs d’œuvre, telles des cellules monastiques autour d’un sanctuaire.

pilier d'ashoka

Le site, toujours sur la liste tentative UNESCO est néanmoins protégé au niveau national. Malheureusement, le manque d’infrastructure touristique limite Sarnath pourtant fondamentale à l’histoire du bouddhisme à une escapade hors de Varanasi, C’est pourquoi la ville lutte pour se faire connaitre comme patrimoine de l’humanité.