Gujarat

Aujourd’hui je voudrais commencer une nouvelle série sur le Gujarat. En effet après avoir pas mal visité l’Inde nous commençons à nous demander où aller maintenant. La Bucket list est quasi remplie, que faire ? Loin de s’avérer secondaire, le Gujarat nous a ébloui. Mieux, j’ai hâte d’y retourner.

Pourquoi partir au Gujarat ?

Le Gujarat n’était certes pas mon premier choix mais des amis avaient mentionné la beauté de la vieille ville d’Ahmedabad. Alors pourquoi pas ? Quitte à passer 1 week-end dans le grand nord pourquoi ne pas coupler la découverte de la capitale régionale avec de jolis sites ?

La « terre des légendes », de quoi satisfaire tous types de tourisme

A première vue le désert de Kutsch s’imposait mais peu à peu un autre type de voyage plus patrimonial s’est dessiné. Nous sommes donc partis 4 jours pour un circuit quasi en étoile depuis Ahmedabad avec quelques découvertes qui à elles seules justifieraient un voyage au Gujarat depuis l’Europe. Comme le disait le guide Michelin, le Gujarat mérite plus que le détour quasi le voyage, Alors voici de quoi vous faire saliver d’avance.

Le super site du tourisme dans le Gujarat recense une série de points pour convenir à tous les intérêts. Il y en a pour tous les goûts : histoire, sport, faune et flore, religion, nourriture, festivals

Que vous soyez amateurs de plein air ou de musées, de villes ou de paysages, d’histoire ou d’expériences, le Gujarat est un Etat riche en belles surprises. Ici je ne me limite pas à répéter les slogans de l’Office du tourisme du Gujarat. A vrai dire j’avais peu d’attentes en abordant le voyage, mais les quelques jours passés dans le Gujarat m’ont vraiment fascinée. Alors voici quelques idées de balades dans cette terre aux multiples facettes.

Les paysages naturels du Gujarat

Les paysages forment en grande partie la renommée du Gujarat. Le gros du tourisme semble se rassembler autour du désert de Kutch connu sous le nom de Great Rann of Kutch. N’aimant pas trop les balades en groupe et les campements, j’avoue ne pas m’y être rendue. Mais un catalogue honnête des beautés à découvrir dans la région ne peut pas omettre cette zone située au Nord Ouest de l’Etat. Ce vaste désert blanc s’étend jusqu’au Pakistan et les images donnent très envie de s’y rendre.

Outre le désert, l’état s’enorgueillit de nombreuses merveilles naturelles. L’une des plus connues est le parc National de Gir. Sur le site, on peut choisir des balades et safaris repris par nombre d’agences de voyages.

La Civilisation harappéenne

Les amateurs d’archéologie sont à la fête au Gujarat. C’est le seul endroit d’Inde où l’on trouve des traces de la civilisation de la vallée de l’Indus. On peut ainsi s’intéresser à Lothal, Dholavira ou Gola Dhoro. Lothal est l’un des plus vieux ports du monde. Dholavira correspond au site mégalithique le plus important de Kutch. Quelques sites isolés se situent dans les états voisins de Haryana, Maharashtra et Rajasthan. Mais, les sites harrapéens majeurs se regroupent de l’autre côté de la frontière pakistanaise. Sans le Gujarat, la civilisation de l’Indus et donc le berceau de la civilisation indienne échapperait en grande partie à l’Inde. On comprend mieux l’importance de ces sites aux yeux de l’historiographie nationale.

 Les sites historiques et religieux

Au Gujarat, les villes historiques et monuments abondent. L’office du tourisme propose d’ailleurs nombre de circuits thématiques. Il promeut par exemple un circuit d’architecture islamique, ou un circuit sur les pas de Gandhi. On peut également se concentrer sur le riche patrimoine des villes d’Ahmedabad, ou de Baroda par exemple. Pour faciliter la découverte des nombreux sites historiques, temples, palais ou encore réservoirs, nous avons construit un circuit autour des sites UNESCO.

En effet c’est à travers la construction de temples et de mosquées que s’illustre le mieux la riche histoire régionale. Le Gujarat abonde en mosquées et héritage islamique. Dans les semaines à venir je vous proposerai ainsi de découvrir la capitale Ahmedabad bien sûr mais aussi Champaner et ses fabuleuses mosquées. Je vous emmènerai dans la belle cité universitaire de Baroda. Et je vous partagerai quelques émerveillements comme Palitana, la ville jain. Car la région abrite de nombreux jains.

Ou encore.

Bien sûr je vous laisse décider de votre itinéraire en toute liberté. Il y a tant à faire dans la région. Je ne parle par exemple pas du tout des plages. Or, le Gujarat, avec ses 1660km de côtes le long du golfe arabo-persique compte plus de plages que les autres 9 états côtiers de l’Inde.

Également libre à vous de vous rendre au grand temple de Somnath. Si vous ne vous sentez pas l’âme d’un pèlerin, vous aimerez peut-être Surat la capitale mondiale des diamants, Rajkot ville d’enfance de Gandhi ou encore Jamnagar riche en textiles et bijoux. Je vous laisse également programmer votre expérience au Gujarat en fonction des festivals et spécialités culinaires locales. Il ne faut pas oublier que les vaches du Gujarat assurent une bonne partie de la production du pays. La marque Amul est locale et propose des produits introuvables ailleurs. Le très bon site de l’office du tourisme du Gujarat, toujours lui, propose une foultitude d’options en la matière.

Comme vous l’aurez compris et comme presque toujours je me contenterai de vous présenter les lieux patrimoniaux que j’ai visité.

Sikkim bis

Pour faire suite à mon article justifiant un voyage au Sikkim, me revoilà avec quelques précisions sur la région. C’était un royaume indépendant jusqu’ à son annexion par l’Inde en 1975. Il est alors devenu le 22ème état de l’Union alors même qu’il subissait des poussées migratoires de la part des Tibétains eux-mêmes annexés par la Chine. Ce rapide survol historique permet de comprendre pourquoi bien qu’indienne, la région tranche par rapport au reste du pays.

S’équiper

Malgré ces mouvements politiques, le Sikkim a su conserver son calme paisible, ses populations autochtones et ses fantastiques paysages. C’est une région plus égalitaire que le reste du pays avec moins de misère absolue mais partout une vraie pauvreté. La vie y est dure à l’écart des villes et du modernisme. N’y attendez pas le haut débit, le confort absolu partout. Certains homestay ne disposent pas de draps. La plupart des maisons n’ont pas de chauffage malgré des hivers rudes. Et l’eau chaude est sporadique hors des grandes chaines hôtelières. Il vaut mieux venir préparé et vous équiper de sac à viande, bonnets, pulls, savon entre autres.

Circuler au Sikkim

Circuler n’est pas bien facile. Les taxis et voitures avec chauffeur locales sont incontournables. Ils sont seuls habilités et capables de rouler sur ces terrains dangereux. En outre, ils sont pour la plupart tout à fait excellents et sont seuls à connaitre les règles de la conduite en très haute montagne. Le choix se fait entre taxis collectifs ou privés. Des jeeps attendent que les 10 places soient occupées avant de partir. Les voitures avec chauffeurs sont en général des SUV en bon état et les taxis locaux de petites Suzuki.

Sur les routes, il faut souvent avoir le cœur accroché, entre les ravins, les écroulements de roche et toujours s’attendre au pire, ralentissement, éboulement, disparition de la route emportée par un torrent soudain ou un bloc de montagne.

4 régions pour 1 Etat

Le Sikkim se partage entre 4 régions. L’est se déploie autour de la capitale de l’état, Gangtok et de la frontière « sino-tibétaine ». Il faut des permis pour le Sikkim en général mais aussi pour des zones précises comme le lac Tsomgo. Nathula pass est quant à lui interdit aux étrangers car la frontière reste sensible.

Le sud tourne autour de de la capitale culturelle Namchi et des lieux religieux. Ainsi Ravangla avec son énorme bouddha parc. Il faut aimer le concept flambant neuf orienté vers le tourisme local. Pour autant, le lieu n’est pas inintéressant en ce qu’il explique tout l’itinéraire du Bouddha et du bouddhisme.

A l’ouest, on est dans le domaine de la montagne avec des villes d’altitude comme Pelling et Yuksom. Les rares routes sont en général bonnes lorsqu’ elles existent. En effet les glissements de terrain abondent et les routes se transforment facilement en torrents ou en carrières à ciel ouvert. En général, il faut doubler les temps de route estimés.

 Le nord, la plus grande zone du Sikkim, domaine de la haute montagne, est largement vide et peu carrossable. Les routes relient uniquement Lachen et Lachung. Elles sont fermées une grande partie de l’année. Ces 2 villages ne sont accessibles qu’en période touristique.

Un état tibétain au sein de l’union indienne

A la frontière de plusieurs Etats, le Sikkim occupe un emplacement stratégique voire disputé. Assez pour être fortement militarisé, en tous cas sur sa frontière sino- tibétaine. Toute la région orientale fait l’objet d’un contrôle par l’armée. Les camps militaires se succèdent et la BRO (border road organisation) fait en sorte que les routes restent impeccables pour faciliter le déploiement des chars. De ce fait il est plus aisé de monter au Nathula pass à près de 5000m que de pratiquer les routes plus occidentales.

Cet ancien royaume à la croisée du Népal, du Tibet et du Bhoutan, enserré par les chaînes montagneuses, a vécu dans la quiétude du bouddhisme tibétain du XVIIème au milieu du XXème siècle. Religion née en Inde, migrée en Asie du Sud-est puis venue au Sikkim via le Tibet, le Bouddhisme reste lié au Royaume. Celui-ci a vu prospérer les différentes écoles tibétaines.

Loin des temples hindous habituels en Inde, les routes du Sikkim se bordent de drapeaux de prière.

moulins de prières

Les Lung-ta consistent en de petits tissus colorés, accrochés les uns aux autres, sur lesquels sont inscrits les mantras. Les dar chog sont des grandes bannières verticales de tissu, avec des inscriptions de textes sacrés. Ils s’accrochent à de très hauts mâts dans les sites religieux. Bercés par le vent, ils diffusent les prières. Dans les monastères, on trouve également des moulins à prières. En tournant, les prières sacrées, enfermées à l’intérieur, s’envolent. Le paysage religieux abonde également en pierres de Mani.

Drapeaux dar chog verticaux

Le Bengale

De loin, le nom de Bengale « de l’ouest » pour l’opposer au Bengladesh, fait penser aux tigres, à la partition et  à Calcutta. On connait souvent moins les Sundarbans ou la partie montagneuse de l’état.

Le Bengale est très densement peuplé. Cent Millions d’habitants se pressent sur 89000 km2 soit 20% de plus de personnes que la France sur 1/6e du territoire (à peine un peu plus que la nouvelle région Auvergne Rhône Alpes). Aux confins de l’Inde, il voisine avec le Bengladesh, le Népal et le Bhoutan. C’est une région très variée avec de nombreux très beaux sites.

Le Bengale, un état frontalier à la géographie complexe

Le Bengale offre un panorama géographique et culturel très varié . Au sud   s’étend la plaine gangétique au sol alluvial fertile fécondée par des pluies favorables. Cet énorme fleuve se subdivise en deux. Le Padma, or Pôdda se dirige vers le Bengladesh. Quant à eux, les fleuves Bhagirathi et Hooghly coulent à travers le Bengale occidental. Le Hooghly baigne la capitale de l’état, Calcutta.

Plus au sud de Calcutta et à la frontière du Bengladesh, s’étend la plus grande mangrove du monde, les Sundarbans. Déclarée réserve biosphère mondiale en raison de son exceptionnelle ressource en poissons et de sa faune et sa flore, les iles se voient malheureusement menacées par la pollution et la montée des eaux .

Le Terai relie cette région de plaines aux contreforts de l’Himalaya au nord. Cet étroit corridor relie la zone marécageuse à la savane et aux forêts des montagnes. Au Nord du Bengale, les reliefs se soulèvent pour culminer au Sandakfu à 3,636 m. On ne connait en général de cette zone que Darjeeling.

Ces régions, géographiquement et climatiquement très distinctes, accueillent des populations et cultures variées. Le sud, très densement peuplé et majoritairement bengali s’oppose aux territoires montagneux du nord. Les Népalais y sont si nombreux que les districts du Gorkhaland jouissent d’une certaine autonomie et revendiquent périodiquement leur état propre.

Depuis Chennai, une liaison aérienne directe permet de rejoindre Calcutta au sud, Bagdogra au nord. Si la grosse ville industrielle de Siliguri qui la jouxte ne présente aucun intérêt, elle offre néanmoins l’accès à Darjeeling et au Sikkim.

Une Histoire mouvementée

Historiquement, de nombreux empires hindous et bouddhistes se sont succédés dans la région avant la conquête Moghole en 1576 et l’établissement du Sultanat de Dehli. Les Européens voyaient ce territoire marchand comme une zone particulièrement prospère.  Devenue semi indépendante sous les nawabs du Bengale, elle montrait des signes d’industrialisation lorsque les Anglais prirent pied en Inde. Presque naturellement, la Compagnie britannique des Indes orientales l’annexa dès le XVIIIe, après la bataille de Plassey en 1757.

De 1772 à 1911 Calcutta fut la capitale de la Compagnie des Indes orientales pour les provinces du Nord, du Punjab au Brahmapoutre et à l’Himalaya. Après 1857 et le transfert de pouvoir à la couronne britannique, Calcutta devint capitale de la colonie du vice-royaume jusqu’au transfert vers Delhi en 1911. A cette époque, la région, grenier à thé de l’Empire, était devenue un foyer d’activisme indépendantiste tout en restant un centre intellectuel et artistique. La grande famine de 1943 joua le rôle de détonateur dans la lutte pour l’indépendance.

Les frontières de l’état évoluèrent au moment de l’indépendance en 1947 avec le rattachement de territoires. Des portions du Bihar et le comptoir français de Chandernagor passèrent alors aux couleurs bengalies. Des transferts de population regroupèrent les hindous à l’ouest alors que les musulmans se voyaient parqués à l’est dans ce qui devenait un périphérique du Pakistan. Ces transferts s’amplifièrent à la création du Bengladesh en 1971.). Indépendance puis partition provoquèrent des violences et des  mouvements de population dont la région peine encore à se relever.