Palitana

Palitana est la Mecque des Jains et pourtant rares sont ceux qui en ont entendu parler y compris en Inde. C’est pourtant réellement un lieu exceptionnel. Il faut compter plus de 4h de route (sans encombrement) depuis Ahmedabad en voiture, 1 bonne heure de Bhavnagar la grande ville peu passionnante du coin. L’accès est encore plus compliqué en transports en commun. Pour réserver bus ou train en effet il faut avoir un compte bancaire et un téléphone indiens. Sauf à passer par une agence ou des amis locaux, venir à Palitana n’est pas aisé. Mais le jeu en vaut la chandelle car Palitana se mérite !

La Mecque des Jains

Niché au Sommet du Mont Shatrunjaya, les temples surgissent comme par magie dans une belle campagne fertile.

C’est un des hauts lieux de pèlerinage jains. Les Jains les plus orthodoxes doivent réaliser 3 montées par jour (une bonne heure et demie pour escalader les 3800 marches sans manger ni boire). Les plus convaincus y montent 99 fois en 1 mois. En raison de la difficulté à trouver des informations, je conseille vivement la lecture de cet article.

Palitana, une merveille architecturale

Le site naturel est certes magnifique. Mais, ce qui émerveille avant tout, c’est l’architecture. Une fois en haut en effet, le spectacle est magique. 900 temples, tous plus beaux les uns que les autres, se répartissent sur 2 collines. Le grand temple Adinath couronne la première colline. Une multitude de cours et de petits sanctuaires surmontés de vimanas aux fantastiques sculptures en font une véritable petite ville de l’intérieur. On y débouche à travers un véritable labyrinthe de temples et sanctuaires plus petits mais admirablement sculptés. L’architecture se révèle remarquablement homogène. Comme pour presque tous les bâtiments jains, il s’agit d’un style qualifié de Solanki .

L’architecture Solanki doit son nom à Kumarpal Solanki, mécène et bienfaiteur jain, ministre du roi Chaulukya. Ce style se figea dans la communauté autour de ce grand personnage. On le retrouve donc dans tous les temples jains aujourd’hui encore. Mais, on en voit l’archétype au Rani ki Vav et surtout au temple du soleil avec ses arcs en accolade et ses sculptures raffinées.

C’est d’ailleurs de l’époque Solanki au XIᵉ siècle que datent les premiers des 900 temples construits au sommet de Shatrunjaya Hill. Beaucoup sont plus récents mais respectent les mêmes principes constructifs. Certains sont encore en construction. Les temples jains construits depuis cette époque fondatrice partout dans le monde affectent un style identique.

Un chemin de Croix pour monter sur Shatrunjaya Hill

Une fois arrivé dans la grosse bourgade moderne et sans charme, il faut atteindre la ville sainte. On y accède à pied au terme d une montée à pied d’une bonne heure trente. Les photos, la nourriture, les boissons y sont interdites. J’ai volé pour les besoins de l’article les quelques photos dont je vous gratifie. Surtout les plastiques sont interdits pour éviter de polluer le superbe site. En outre, le jeûne fait partie des obligations jains. Des dames sévères contrôlent d’ailleurs l’entrée du site pour vider vos sacs de tout aliment ou appareil photo. L’ensemble de la balade dure entre 4 et 5 heures selon le temps que vous passez à admirer les temples.

 L’idéal consiste à arriver le soir pour dormir à Palitana et marcher au lever du soleil. En partant à 5h, on parvient aux temples avec les premiers rayons solaires. La lumière qui baigne les temples est magique. Il vaut mieux prévoir cette marche en hiver pour éviter les grosses chaleurs. On peut facilement petit-déjeuner après 11h une fois  redescendu de Shatrunjaya Hill. Si l’effort physique ne fait pas du tout partie de votre ADN ou que votre condition physique vous empêche ce type d’expérience, vous pouvez utiliser les services de portage (doli). Des jeunes gens robustes vous chargeront à bord d’un palanquin brinquebalant et vous porteront à bout de bras et de souffle le long du chemin.

Il convient de s’habiller décemment pour se rendre en ce lieu saint. Les épaules et genoux couverts s’imposent. En revanche, une fois dans les temples, il faut se déchausser. Malgré toutes ces précautions préalables, l’expérience vaut la peine. Le panorama et les temples sont d’une beauté à couper le souffle. Enfin dernière précision matérielle, l’accès au site est gratuit. Néanmoins, les prêtres ne s’opposent pas à une petite donation. Charmants, ils sont prêts à expliquer les rituels voire à vous y faire participer.

 Visite de Palitana

Une fois parvenu dans la cité sainte, de grosses tours annoncent les temples. On prend presque naturellement sur la gauche du chemin pour avancer vers le temple principal Adinath au sommet de la première colline. On y accède en montant le long d’une enfilade de petits temples presque imbriqués les uns dans les autres. Car les temples de Palitana, majoritairement en marbre blanc, forment de véritables sous ensembles qualifiés de Tonk ou tuk. Ils parsèment l’ensemble de la cité sainte et fortifiée sur les deux principaux sommets de la chaine montagneuse. Enfin on parvient au saint des saints, un grand temple composé de cours et de petits sanctuaires.

L’autre colline, beaucoup moins fréquentée, consiste en une véritable citadelle. Elle enserre une multitude de sanctuaires toujours sur le même modèle. Ils débouchent les uns dans les autres. Le fait que la colline ne soit accessible qu’à pied rend la visite incroyable. On marche en effet de merveilles en merveilles sans aucun bruit ou circulation, fait rarissime en Inde. Ce calme presque irréel, ajouté à la beauté des lieux, rend la découverte de la ville sainte vraiment unique. J’allais répéter magique, mais je ne me remets pas de ce lieu fantastique. La vue de tous côtés a de quoi éblouir également. Seul bémol, les nombreuses réfections bétonnent malheureusement les sculptures érodées. Le charme s’en va mais au moins les édifices évitent-ils de disparaitre.

Le site remplirait visiblement toutes les conditions pour se ranger au patrimoine de l’Unesco. Car tout ici est remarquable à quelque niveau que ce soit, historique, spirituel, religieux, architectural. Mais, une farouche volonté de le conserver à l’écart des circuits touristiques et de la fréquentation de masse, terrifiante en Inde, empêche son classement. À vrai dire, lorsque l’on voit le comportement des rares touristes portés sur les palanquins et hurlant des ordres ou pendus à leurs téléphones portables sans se préoccuper des interdictions locales, on comprend cette décision. La cacophonie créée par ces touristes non religieux et les jeunes porteurs  s’inscrit en faux par rapport à la sérénité ambiante et voulue. Combien de temps encore ce lieu presque idéal échappera-t-il aux hordes sauvages?

Ahmedabad

entrée de Haveli Ahmedabad

A l’aéroport et sur la route de Ahmedabad on a presque l’impression de débarquer dans le premier monde. Pourtant, ce sont les contrastes qui rendent Ahmedabad si intéressante. l’aéroport ultra moderne, le quartier chic proche de l’université, les jolis parcs le long du fleuve font de cette énorme ville de plus de 10 Millions d’habitants l’une des plus modernes du pays. Mais les nombreux bidonvilles et le centre historique pauvre, sale mais fascinant donnent une image radicalement différente. Il est temps de plonger dans les différentes facettes de Ahmedabad

mosqée , Ahmedabad

Une vieille ville remarquable

Le patrimoine homogène du centre historique de Ahmedabad lui a valu de devenir la première ville d’Inde classée au patrimoine de l’Unesco.

Ce quartier musulman très vivant, pauvre et poussiéreux abonde en belles maisons à l’architecture fascinante. Des rues commerçantes offrent une plongée dans l’ambiance grouillante et chaleureuse de l’Inde populaire. Outre les belles façades, la vieille ville offre l’occasion d’admirer de magnifiques mosquées.

Voici un itinéraire de 3h environ facile à suivre pour découvrir la vieille ville.

Les Pols du centre historique

Pol, Ahmedabad

Première plongée dans la vieille ville, les Pols. Ces véritables mini labyrinthes urbains se composent de cours fermées sur l’extérieur. On y accède par une ou deux portes fermées le soir sur des ruelles étroites. Reconnus par l’Unesco comme patrimoine vivant et unique, ces Pols s’organisent autour de cours intérieures fermées au reste du quartier. Ils offrent une cohésion à la vieille ville fondée en 1411. Pourtant l’atmosphère et l’architecture de chacun y diffère. On y découvre de jolis havelis plus ou moins restaurés (plutôt moins que plus). Outre ces belles maisons traditionnelles, on voit des portes secrètes et des Chabutaras (pigeonniers). Ceux-ci témoignent de l’importance des animaux dans cette région marquée par la tradition jain, et de l’influence de Gandhi. Les jharokhas, véritables marqueurs sociaux, ornent les façades, mi oriels mi balcons sculptés.

pigeonnier, Ahmedabad

Dans ce labyrinthe, le pont Fernandes abrite des bouquinistes sous ses piles. Il représente le centre intellectuel de la vieille ville de Ahmedabad. De là on longe des rues animées bordées de pols et de jolis havelis mais aussi de temples jains et hindous.

temple jain Ahmedabad vieille ville

 On atteint alors le Rani no Hajiro. Ces tombes des reines remontent au règne du Sultan Ahmed Shah. Dans la cour de merveilleuses tombes délicatement sculptées gisent à ciel ouvert. Autour de l’enclos se pressent les orfèvres, bijoutiers et boutiquiers divers.

Grande Mosquée et marchés

3/ presque en face se dessinent les deux minarets tronqués de la magnifique Grande Mosquée. Construite en 1424, comme l’ensemble de la ville, Jama Masjid fut l’une des plus belles mosquées du pays. Ses 260 piliers de pierre jaune somptueusement sculptés, ses mihrabs la classent parmi les chefs d’œuvre de l’art pré moghol. Avec son vaste diwan et sa forêt de colonnes elle n’est pas sans rappeler la grande mosquée de Damas. Des influences sassanides agrémentent néanmoins le plan ommeyade.

Grande Mosquée Ahmedabad

En suivant la rue commerçante on débouche sur la triple porte fortifiée Teen Darwaza. Comme l’ensemble du complexe royale elle date de 1411. Elle domine la grande place centrale. Là se dresse l’hôtel de ville brutaliste. Derrière la masse disgracieuse, une mosquée et un temple s’adossent au fort Bhadra. Cette zone royale se réduit à peu de choses. La construction du sultan Ahmed Shah n’abrite plus que le temple Bhadra Kali, une mosquée et des bureaux. Il ne reste rien des palais, jardins et appartements du début du XVe.

Bhadra Kali, le fort

En limite de la vieille ville

On quitte cette zone très commerçante de petits vendeurs de rues pour s’engager dans le Manek Chowk. Ce grand marché aux légumes du matin se transforme en marché aux bijoux dans la journée avant de devenir un night market connu pour ses petits restaurants de rue.

le Manek chowk dans l'après midi

Dernière étape de cet itinéraire, la mosquée Sidi Saiyyed. Beaucoup plus petite que la grande mosquée, elle jouit de fantastiques fenêtres ouvragées. La dentelle de pierre forme des arbres de vie.

En face, le grand hôtel de la ville MG, offre une superbe expérience culinaire. Au dernier étage le restaurant (sur réservation) permet d’expérimenter un thali, création locale, hors du commun. Les saveurs, la fraicheur, la variété y sont remarquables.

Une grosse ville aux diverses facettes

Une fois hors du quartier historique populeux s’étendent bidonvilles, quartiers résidentiels et modernes. Des zones quasi occidentales s’articulent autour de l’université. De belles maisons longent des rues carrossables. Des cafés bordent les avenues ponctuées de centres commerciaux.

Le fleuve Sabamarti rend la ville facile à comprendre. Le rivage se transforme peu à peu en parcs arborés (et payants) mais repousse les plus pauvres vers la périphérie.

 Les nombreux bidonvilles tendent en effet à se déplacer au-delà des zones centrales gentrifiées de cette énorme ville en croissance rapide.

haveli de la vieille ville d'Ahmedabad

Quelques musées valent le détour. Sur la rive est, au nord de la vieille ville, dans le joli quartier résidentiel de Shahibaug, l’admirable musée du Calico représente l’une des plus belles galeries textiles du monde dans des bâtiments superbes et un jardin magnifique. Il convient de réserver bien en avance la visite de ce lieu extraordinaire.

Rive ouest

Corbusier à Ahmedabad, Mill's owners

A réserver également, Mill’s owners, la maison de l’association des fabricants de tissus. Cette œuvre de Corbusier, donne l’occasion d’un parcours architectural et historique passionnants. La maison musée est sujette à restauration et je vous conseille de vous renseigner pour préparer votre visite.

Mill's owners, maison du Corbusier

Plus au sud, le musée Sanskar Kendra de Corbusier est hideux et en totale réfection. A moins de vous rendre au théâtre voisin, vous pouvez vous abstenir de vous rendre si loin . En revanche vous pouvez longer le Sabamarti pour gagner l’Ashram de Gandhi. Ce lieu correspond en revanche à une belle surprise. Gandhi, héros régional y a réellement vécu 12 ans. Outre sa maison, un musée passionnant et très bien fait raconte de manière simple et didactique la vie et l’œuvre du héros de l’indépendance.

lunettes de Gandhi à l'Ashram
Ashram de Gandhi

Gujarat

Aujourd’hui je voudrais commencer une nouvelle série sur le Gujarat. En effet après avoir pas mal visité l’Inde nous commençons à nous demander où aller maintenant. La Bucket list est quasi remplie, que faire ? Loin de s’avérer secondaire, le Gujarat nous a ébloui. Mieux, j’ai hâte d’y retourner.

Pourquoi partir au Gujarat ?

Le Gujarat n’était certes pas mon premier choix mais des amis avaient mentionné la beauté de la vieille ville d’Ahmedabad. Alors pourquoi pas ? Quitte à passer 1 week-end dans le grand nord pourquoi ne pas coupler la découverte de la capitale régionale avec de jolis sites ?

La « terre des légendes », de quoi satisfaire tous types de tourisme

A première vue le désert de Kutsch s’imposait mais peu à peu un autre type de voyage plus patrimonial s’est dessiné. Nous sommes donc partis 4 jours pour un circuit quasi en étoile depuis Ahmedabad avec quelques découvertes qui à elles seules justifieraient un voyage au Gujarat depuis l’Europe. Comme le disait le guide Michelin, le Gujarat mérite plus que le détour quasi le voyage, Alors voici de quoi vous faire saliver d’avance.

Le super site du tourisme dans le Gujarat recense une série de points pour convenir à tous les intérêts. Il y en a pour tous les goûts : histoire, sport, faune et flore, religion, nourriture, festivals

Que vous soyez amateurs de plein air ou de musées, de villes ou de paysages, d’histoire ou d’expériences, le Gujarat est un Etat riche en belles surprises. Ici je ne me limite pas à répéter les slogans de l’Office du tourisme du Gujarat. A vrai dire j’avais peu d’attentes en abordant le voyage, mais les quelques jours passés dans le Gujarat m’ont vraiment fascinée. Alors voici quelques idées de balades dans cette terre aux multiples facettes.

Les paysages naturels du Gujarat

Les paysages forment en grande partie la renommée du Gujarat. Le gros du tourisme semble se rassembler autour du désert de Kutch connu sous le nom de Great Rann of Kutch. N’aimant pas trop les balades en groupe et les campements, j’avoue ne pas m’y être rendue. Mais un catalogue honnête des beautés à découvrir dans la région ne peut pas omettre cette zone située au Nord Ouest de l’Etat. Ce vaste désert blanc s’étend jusqu’au Pakistan et les images donnent très envie de s’y rendre.

Outre le désert, l’état s’enorgueillit de nombreuses merveilles naturelles. L’une des plus connues est le parc National de Gir. Sur le site, on peut choisir des balades et safaris repris par nombre d’agences de voyages.

La Civilisation harappéenne

Les amateurs d’archéologie sont à la fête au Gujarat. C’est le seul endroit d’Inde où l’on trouve des traces de la civilisation de la vallée de l’Indus. On peut ainsi s’intéresser à Lothal, Dholavira ou Gola Dhoro. Lothal est l’un des plus vieux ports du monde. Dholavira correspond au site mégalithique le plus important de Kutch. Quelques sites isolés se situent dans les états voisins de Haryana, Maharashtra et Rajasthan. Mais, les sites harrapéens majeurs se regroupent de l’autre côté de la frontière pakistanaise. Sans le Gujarat, la civilisation de l’Indus et donc le berceau de la civilisation indienne échapperait en grande partie à l’Inde. On comprend mieux l’importance de ces sites aux yeux de l’historiographie nationale.

 Les sites historiques et religieux

Au Gujarat, les villes historiques et monuments abondent. L’office du tourisme propose d’ailleurs nombre de circuits thématiques. Il promeut par exemple un circuit d’architecture islamique, ou un circuit sur les pas de Gandhi. On peut également se concentrer sur le riche patrimoine des villes d’Ahmedabad, ou de Baroda par exemple. Pour faciliter la découverte des nombreux sites historiques, temples, palais ou encore réservoirs, nous avons construit un circuit autour des sites UNESCO.

En effet c’est à travers la construction de temples et de mosquées que s’illustre le mieux la riche histoire régionale. Le Gujarat abonde en mosquées et héritage islamique. Dans les semaines à venir je vous proposerai ainsi de découvrir la capitale Ahmedabad bien sûr mais aussi Champaner et ses fabuleuses mosquées. Je vous emmènerai dans la belle cité universitaire de Baroda. Et je vous partagerai quelques émerveillements comme Palitana, la ville jain. Car la région abrite de nombreux jains.

Ou encore.

Bien sûr je vous laisse décider de votre itinéraire en toute liberté. Il y a tant à faire dans la région. Je ne parle par exemple pas du tout des plages. Or, le Gujarat, avec ses 1660km de côtes le long du golfe arabo-persique compte plus de plages que les autres 9 états côtiers de l’Inde.

Également libre à vous de vous rendre au grand temple de Somnath. Si vous ne vous sentez pas l’âme d’un pèlerin, vous aimerez peut-être Surat la capitale mondiale des diamants, Rajkot ville d’enfance de Gandhi ou encore Jamnagar riche en textiles et bijoux. Je vous laisse également programmer votre expérience au Gujarat en fonction des festivals et spécialités culinaires locales. Il ne faut pas oublier que les vaches du Gujarat assurent une bonne partie de la production du pays. La marque Amul est locale et propose des produits introuvables ailleurs. Le très bon site de l’office du tourisme du Gujarat, toujours lui, propose une foultitude d’options en la matière.

Comme vous l’aurez compris et comme presque toujours je me contenterai de vous présenter les lieux patrimoniaux que j’ai visité.

Madras inherited

maison paquebot T Nagar

Vous aimez l’architecture? Alor vous aimerez, Madras inherited.

 Si vraiment vous ressentez qu’il n’y a rien à voir dans cette mégalopole à la croissance exponentielle, venez profiter des pépites offertes par Madras inherited. Par le biais de visites, ateliers, blogs, programmes, évènements, Madras’inherited cherche à préserver, sauvegarder et faire connaitre le patrimoine architectural de la ville. Outre les activités éducatives, promotionnelles, l’association anime un blog passionnant.

Alors, pour les early birds, puisque les visites commencent à 6.30 du matin les samedis et dimanches, chaussez vos tennis et en route !

Chennai au petit matin, stores baissés et misère humaine

Des visites bien organisées.

On retrouve des activités patrimoniales dans toute l’Inde mais la branche chennaiote offre des visites menées par une jeune femme dynamique, architecte de formation, à l’anglais impeccable. Elle a à cœur de faire découvrir en profondeur des quartiers méconnus ou trop connus pour être considérés comme des lieux d’expérimentation architecturale. Elle est accompagnée d’une coéquipière charmante et prévenante.

Vous avez l’embarras du choix pour sélectionner le quartier ou la thématique qui vous intéresse. Le calendrier est publié en début de chaque mois avec une fréquence de balades bihebdomadaires.

des décombres cachent un vieux pan de mur dans Georgetown

L’organisation est carrée. L’inscription et le paiement se font en ligne en ligne. Vous recevez votre confirmation électronique et la veille de la balade une invitation à vous joindre au groupe whatsapp qui vous donnera le point de ralliement et les dernières recommandations. Les RV sont facilement identifiables et les horaires respectés. Ces promenades matinales permettent de ne pas trop souffrir de la chaleur ni du bruit ambiant. 

Des visites rondement menées

Le rythme n’est pas trop rapide sauf si votre anglas est par trop hésitant ou que votre ouïe ne vous permet pas d’écouter un discours ponctué de sirènes, klaxons et autres fonds sonores indiens.

deux personnesdormant à même le trottoir

La découverte de lieux a priori connus mais expliqués est un bonheur pour les amateurs d’architecture. L’ensemble est bien mené vivant, illustré de photographies anciennes et de plans. La conférencière connait parfaitement ses sujets et son discours est de grande qualité.

Seul petit bémol, si vous n’êtes pas familier des termes tamuls voire anglais vous risquez de vous sentir perdus. Par ailleurs il n’y a aucune référence à l’architecture européenne, ce qui en matière de constructions coloniales et art déco peut perturber.

un groupe de Madras inherited

La visite suit en général un fil directeur repris en conclusion de manière fort intelligente. La matinée se clôt avec un conseil de maison, institution, église à visiter dans le quartier et en lien avec le sujet du jour.  Tout se termine avec la distribution fort sympathique de goodies, ou souvenir de visite.

Une fois rentré chez vous, les pieds en l’air pour vous remettre de votre lever aux horreurs, un petit mail gentil vous demande ce que vous avez pensé de la visite. Il s’accompagne d’une petite photo de groupe ainsi que de références sur internet en lien avec la visite du matin. Une affaire rondement menée pour faire revivre un passé qui a tendance à s’oublier.

High court dans la buffer zone entre Fort St George et Georgetown

Quelques marches proposées par Madras inherited

maison art déco , quartier Georgetown
  • Le long de la cote de Madras
  • Georgetown, la première fondation de Madras
  • Maisons de Theagaraya Nagar
  • Balade indosaracenique
  • Maisons de Triplicane
  • Causeries sur Broadway
  • A la découverte des allées de Royapet
  • Visages et phrases de Chindrapet
  • Sasnthome perdu et retrouvé
  • Histoire mercantile le long de Kutchery Road
  • Fort St George, à l’origine de Madras
  • T Nagar un témoignage de commerce et de Justice
  • Retour dans le passé le long de Mount Road
  • Le skyline de Rajaji Salai
  • Triplicane pour tout le monde
  • Maisons de Mylapore
obelisque de séparation de quartier Georgetown

Cependant, si le lever matinal vous rebute, que vous n’êtes pas disponible le jour de la visite qui vous intéresse, que votre anglais ne vous permet pas de suivre ce type de visite ou que vous avez besoin de vous raccrocher à des références plus familières, vous pouvez me contacter pour une visite privée et adaptée à vos besoins.