En amont de la Tamise

Les bords en aval comme en amont de la Tamise ont admirablement été aménagés pour les amateurs de marche. Et il est vrai que les Anglais sont de fantastiques randonneurs. Alors pourquoi bouder son plaisir ?

Voici le lien pour télécharger vos randonnées : https://www.nationaltrail.co.uk/en_GB/trails/thames-path/

Si les 294km de chemin de la source à l’embouchure vous semblent ambitieux, la Régie des Transports londoniens propose les trajets autour de la capitale : https://tfl.gov.uk/modes/walking/thames-path

 Et ici un article pour mieux choisir votre trajet.

En amont de la Tamise, le long de la rive Nord

On peut longer la Tamise depuis sa source ou son embouchure. Vous pouvez vous inspirer du descriptif et du plan de la TFL https://content.tfl.gov.uk/thames-path-north-section-1.pdf

Cependant si les 37km vous paraissent un peu beaucoup, vous pouvez couper la promenade en fonction des stations de métro ou des parkings. Il est jouable de se garer dans les parkings des monuments indiqués mais mieux vaut arriver tôt, surtout les jours d’été.

Que vous marchiez pour marcher, que vous flâniez ou que vous vous arrêtiez pour visiter et connaitre, je vous conseille quelques arrêts.


A Hammersmith et Putney, vous pourrez admirer les ponts construits par l’ingénieur, d’origine française, Joseph Bazalguette. Ces deux magnifiques ouvrages d’art sont devenus des icones de l’architecture industrielle de l’époque victorienne cf article sur Bazalguette

Le chemin D’Hammersmith à Chiswick passe le long de pubs typiques et de jolies petites maisons.

Chiswick, incontournable pour les amateurs d’art

A Chiswick, il faut faire le détour jusqu’au centre de la ville. L’ambiance de la grande rue commerciale y est très plaisante. On peut pousser jusqu’à la maison du grand peintre Hogarth. Le petit cottage se situe malheureusement sur une route devenue quasi-autoroute. Mais une partie du jardin a conservé son charme. https://hogarthshouse.org/

 Non loin, on parvient à Chiswick House, la merveilleuse maison de plaisance de Lord Burlington. Le troisième Comte du nom, de retour d’Italie, confia le soin de créer une œuvre italianisante à William Kent. Décorateur et peintre, celui-ci n’était alors pas considéré comme architecte. Il construisit néanmoins l’un des chefs d’œuvre de l’Angleterre du XVIIIe siècle, en se réappropriant le langage du grand architecte vicentin du 16e s Palladio= https://visitesfabienne.org/palladio-a-londres/

Autour de la maison aux somptueux intérieurs, se déploie un parc dont on ne saisit plus forcément l’extraordinaire nouveauté. Au moment de sa réalisation il fut en effet le premier parc paysager du pays. Il rompait alors avec la tradition des jardins classiques « à la française ».

Chiswick consacre donc la naissance du jardin à l’anglaise et le renouveau du palladianisme (après l’épisode d’Inigo Jones). En conséquence, c’est un arrêt incontournable pour les amateurs d’architecture et d’histoire ! https://visitesfabienne.org/chiswick-et-le-renouveau-du-palladianisme/

De Kew Bridge à Strawberry Hill

Les découvertes ne s’arrêtent pas là puisque, une fois rejointe, la Tamise nous mène après Kew Bridge à Syon House https://www.syonpark.co.uk/

La vieille demeure médiévale de Syon vaut la visite intérieure. En effet c’est une des premières maisons décorées par l’immense Robert Adam. L’architecte écossais, issu d’une lignée, s’est imposé au XVIIIe. Les salons classiques sont un modèle du genre. Autour de la prestigieuse demeure, s’étend un immense parc dessiné par le plus grand des paysagistes jardiniers qu’ait connu le pays pourtant bien pourvu : Lancelot Capability Brown. Le maitre du jardin à l’anglaise est à l’origine de ce parc ouvert et paysager Si le jardin a été considérablement refait au 19es, s’y promener reste un délice.

Toujours sur la rive Nord, en venant de Londres, on passe par une succession de belles demeures. C’est d’abord Marble Hill House. Cette belle demeure, de style palladien, incarne l’art de vivre à l’époque géorgienne (18e) https://www.english-heritage.org.uk/

Un peu plus loin, Orleans House. Cette belle maison géorgienne avec sa salle octogonale a accueilli Louis Philippe en exil entre 1815 et 1817 à l’issue de la période napoléonienne et pendant la restauration. Son fils, le duc D’Aumale, y a vécu pendant 20 ans à l’avènement du second empire (1852)….Siège d’une galerie moderne un peu surprenante, la maison et son parc rappellent un temps où la monarchie anglaise accueillait ses cousins français menacés.

Twickenham, du rugby et des demeures

En continuant le long de la Tamise, une nouvelle demeure aristocratique vaut un arrêt. Cette fois il s’agit de York house, entourée d’un joli jardin. Cette demeure, construite au 17e pour la famille Yorke, sert aujourd’hui d’Hôtel de ville à la commune de Richmond.

Puis, toujours en longeant la Tamise, on peut rejoindre Twickenham. Connue pour son stade de rugby, la petite commune abrite également l’étonnant Strawberry hill. https://www.strawberryhillhouse.org.uk/

 Cette maison qui semble construite en carton-pâte importe aux historiens d’art.  Construite par Horace Walpole, fils du premier premier ministre Robert, elle introduisit le style néogothique en Angleterre. Horrifié par le classicisme, Walpole entreprit avec humour de s’opposer à la symétrie néo palladienne. Tourelles, faux créneaux remontent au milieu du 18e siècle, époque où le style géorgien promouvait la géométrie, les frontons.

De là, le train ramène à la rejoindre la capitale  via Barnes par le South  Western Railway

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