Bloomsbury

Bloomsbury entoure le British Museum. Ce quartier évoque l’intelligentsia de la fin du XIXe. De fait, les rues paisibles bordées de jolies maisons géorgiennes, les squares élégants nous mènent d’institutions universitaires en musées. On peut y consacrer quelques balades thématiques.

Bloomsbury, pour les amateurs de musées

Pour les amoureux d’égyptologie :  

  • le British Museum bien sûr, mais aussi deux collections moins connues.  La première présente le père de l’égyptologie anglaise : Flinders Petrie. Ce Musée Petrie se trouve dans UCL au bout de Malet Street :  https://www.ucl.ac.uk/culture/petrie-museum
  • La seconde est  l’extraordinaire Musée John Soane, maison de l’architecte de la Banque d’Angleterre. https://www.soane.org/. Ce capharnaüm exposé dans trois maisons accolées recèle entre autres merveilles le sarcophage de Sethi Ier, papa de Ramsès II et deux fantastiques séries de tableaux moralisateurs de William Hogarth : les élections et le débauché. Ces deux dernières ne sont accessibles que pendant les visites guidées.

Pour ceux qui ont déjà visité beaucoup de musées

  •  Le Foundling Museum présente l’histoire de la fondation pour les enfants abandonnés. Parmi les généreux bienfaiteurs, le musicien Haendel et le peintre Hogarth y ont laissé de beaux témoignages de leur générosité.  https://foundlingmuseum.org.uk/
  • Si la littérature misébariliste du XIXeme est votre tasse de thé, un détour dans la maison de Dickens s’impose. En fait l’écrivain a laissé sa trace à travers toute la ville mais ce petit musée est vraisemblablement l’endroit où il a passé le plus de temps et où il a beaucoup écrit. https://dickensmuseum.com/

Bloomsbury, lieux de verdure et de commémoration

De nombreux jardins

  • Comme de nombreux quartiers londonniens, Bloomsbury abonde en petits jardins. Mais ici les squares conservent cette élégance géorgienne des 18 et 19e lorsque ce quartier drainait la bonne bourgeoisie intellectuelle.
  • De nombreuses places offrent un banc accueillant, voire un petit café. Vous pouvez choisir entre l’élégant Bedford square, Russel square plus grand, Fitzroy un peu oublié. Bloomsbury proche du British Museum est souvent colonisé par les touristes, alors que l’ancien cimetière de Saint George isolé attire les gens du quartier. Coram’s Fields est fermé au public. Gordon et Tavistock square conservent la mémoire des sœurs Bell (Virginia Woolf, sa sœur Vanessa Bell et tous leurs proches dont le grand économiste Keynes). Des plaques bleues nous permettent de retracer leurs déménagements dans le quartier d’abord au 46 Gordon Square, puis 29 Fitzroy Square,  au 52 Tavistock Square et enfin juste à côté du Musée Foundling. Dans Tavistock square, un buste de l’auteur de « Promenade au phare » voisine avec une statue du Mahatma Gandhi.

Des lieux originaux

Outre les squares publics, le quartier de bloomsbury recèle des lieux moins connus. Ainsi, La Brunei Gallery  abrite l’un des jardins le plus secrets de la capitale : un jardin japonais, https://www.soas.ac.uk/soas-life/roofgarden/

  • Au chapitre des lieux originaux,  àl’angle de Southampton row et Theobald road, face à une fresque assez plaisante se trouve Kingsway entrance. Il s’agit de l’entrée (interdite)de voies souterraines qui traversent une bonne partie de la capitale.
  • Près de Fitzroy place sur Cherry street un curieux batiment art deco arrondi et plat marque le QG de Eisenhower pendant la seconde guerre mondiale.
  • Sur New oxford street, à l’angle de Bloomsbury et Shaftesbury streets le magasin James smith and sons est le plus ancien magasin de parapluies de londres. Il date de 1830.
  • Pratiquement en face, se trouve la magnifique église Saint Georges construite par Nicolas Hawksmoor . L’architecte, élève de Wren, n’a reculé devant aucun pastiche avec son clocher modelé sur le mausolée d’Halicarnasse, la façade reprenant le temple de Bacchus à Baalbeck. Qu’importe, l’intérieur est d’une majesté remarquable.
  • https://en.wikipedia.org/wiki/St_George%27s,_Bloomsbury
  •  sur Russel square, un curieux petit bâtiment vert permet aux chauffeurs de taxis de se requinquer entre deux courses. Il est l’un des 13 survivants de la capitale à offrer réconfort et boissons non alcoolisées aux titulaires du fameux knowledge. (examen considéré comme le plus dur du monde pour devenir taxi à Londres)

Pinner, le charme d’un ancien village

Pinner est l’un des plus jolis villages de charme de la proximité de Londres. Desservi par la Metropolitan Line, le petit centre médiéval a mué en un banlieue cossue.

Depuis le métro, (face au Sainsbury) commence une belle balade d’une bonne heure.

High Street Pinner

Autour de l’église de Pinner

l’église St JB, Pinner et l’ancienne public House

Il suffit de remonter vers la rue principale (High Street) bordée de ravissantes maisons médiévales. Des pubs et boutiques donnent à cette rue son animation. On peut s’y rafraichir agréablement. En haut de cette rue, se dresse une jolie ferme basse, Church Farm, en activité jusqu’en 1906. C’est à cette époque que la capitale a absorbé ce charmant village. De l’autre côté de la rue, l’abattoir abrite aujourd’hui un orthopédiste..

Church Farm, Pinner

Quasiment en face, se dresse l’église Saint Jean Baptiste avec son clocher carré massif et typique. On y accède par la lych gate (porte couverte si typique de la région) latérale. On prend à droite le long de l’église pour longer sur la gauche Pinner House. Une série de bâtiments qui la sertissent totalement défigurent malheureusement la magnifique demeure géorgienne du 18e. Pour être caritatifs, ces logements pour retraités nécessiteux dénaturent la belle façade classique. Juste après, sur la gauche, prend une sente qui mène jusqu’à Moss Lane. Au débouché de ce sentier, on peut prendre à gauche au milieu des belles demeures. On peut également rejoindre la rue Moss en dépassant la sente.

Pinner House

Les jolis cottages de Pinner

Juste avant que la route ne tourne, on parvient à East End Farm. Ces 3 cottages, seuls survivants de la demi douzaine qui se situaient en ces lieux, sont les plus anciennes constructions de la région. Le Tudor Cottage date ainsi de 1592. Une jolie maison géorgienne cache une autre de ces fermes anciennes alors que la grande et belle grange en face a été entièrement rénovée. On continue la route. Après quelques logements, les maisons deviennent toutes plus belles les unes que les autres.

Tudor Cottage sur East end , Pinner

Au bout de Moss Lane, on traverse la rue Paine pour prendre quasi en face Barrow Point Lane que l’on continue jusqu’à un angle droit. Là, on prend à droite pour prendre la petite sente immédiatement sur la gauche. Elle rejoint Waxwell Lane. Au débouché du sentier, on découvre la jolie ferme de Waxwell. La ferme et la rue tirent leur nom de la source, sur la droite au bout de la rue, qui alimentait le village en eau. Puis on revient sur Waxwell Lane jusqu’à the Dell sur la droite. Cette petite vallée, aujourd’hui comblée, nous rappelle que la région fournissait la chaux nécessaire aux maisons de la capitale. Une nouvelle sente nous ramène (sur la gauche) au jardin Little Common juste après White Cottage.

la source Waxwell, emmurée Pinner

Au sortir du parc, reprendre la rue Park sur la gauche jusqu’à Waxwell road. Au carrefour des deux rues, une borne donne la distance de Londres. Un joli pub et deux cottages à colombages charmants offrent une halte avant de redescendre Bridge street pour regagner le métro.

Pour ceux qui voudraient parachever leur découverte par la visite d’une jolie ferme, le musée de Harrow a élu domicile dans une des fermes anciennes de Pinner : https://headstonemanor.org/

Waxwell Cottage, Pinner

Harrow on the Hill

Harrow est aujourd’hui une ville importante du Greater London. Mais cette banlieue offre des visages variés pour peu que l’on s’y promène un peu. La sortie du métro à Harrow sud avec son marché indien et ses primeurs et boulangers bigarrés a de quoi surprendre. Harrow on the Hill offre, quant à elle, deux aspects bien distincts. La sortie nord mène vers un centre commerçant actif avec toutes les chaines traditionnelles d’une ville anglaise de moyenne importance et une population très mélangée. En revanche la sortie sud offre une superbe balade dans le monde un brin désuet d’une des Public School les plus exclusives du pays.

Selon donc la sortie envisagée on passe d’un monde à l’autre, voire d’un siècle à l’autre. Je vous propose un petit itinéraire pour découvrir le quartier élégant de Harrow on the Hill à travers les bâtiments de cette école fort réputée fondée au XVIe siècle. Elle a notamment accueilli Sir Winston Churchill, Palmerston ou encore Lord Byron. https://www.harrowschool.org.uk/

Harrow, Une des Public School les plus chics d’Angleterre.

On descend donc du métro par la sortie sud (la route d’accès est un éternel embouteillage aussi me parait-il plus judicieux d’arriver par le métro). On peut alors traverser la grande pelouse et longer sur la gauche Lowland. La circulation y est toujours compacte. On se dirige vers la rue à gauche qui longe le grand carré d’herbe. Grove Hill permet de passer de la tumeur de la ville à une atmosphère quasi villageoise. La notoriété de l’école a en effet permis au village de lutter contre le lotissement et il a conservé son charme d’antan.

On longe en effet de beaux bâtiments scolaires néogothiques qui abritent 3 des 11 internats disséminés sur la colline. Entre les constructions de briques rouges s’ouvrent sur la gauche des vues magnifiques sur Londres. Sur la droite, juste après le sentier qui monte, une plaque rappelle la présence du puit de Charles 1er. Le souverain s’y abreuva avant de se rendre aux Ecossais. Ce puit rappelle la difficulté d’approvisionner la colline jusqu’au 19e siècle et explique aussi pourquoi elle est restée peu habitée.

Le manoir nommé « Speech Room » érigé en 1870 accueille les assemblées du prestigieux pensionnat pour garçon. En face, se situe la chapelle et la bibliothèque. On est ici au cœur du prestigieux établissement. Commence alors High Street. C’est ici qu’ont débuté les constructions au 16e siècle. Ce que l’on voit aujourd’hui de l’école correspond à la grande expansion de l’époque victorienne (19e siècle). Les 3 internats s’élèvent à l’emplacement d’un manoir du 14e siècle. Les jolis magasins surannés proposent à la vente canotiers, uniformes de tous les jours ou plus formels.

Harrow ou la splendeur des siècles passés

 On se croirait au XIXe siècle. Les jolies maisons abritent tuteurs, professeurs ou membres de l’administration. Après la jolie fontaine on arrive sur la place principale et on prend sur la droite la rue qui descend Byron Hill. Parmi les constructions, un curieux cottage de bois. La rue décrit une boucle sur la droite pour devenir Crown Street. Sur la gauche, le Lyon School est une école gratuite (au contraire de la Public School qui en Angleterre est une école privée, payante et chic) Au bout de la rue, à l’angle un sympathique pub, the Castle permet de rejoindre West Street. On revient alors à la place principale.

 On reprend High Street en sens inverse jusqu’à Church Hill que l’on montera sur la gauche.  Le bâtiment surmonté d’une horloge est le plus ancien encore debout et correspond à la vieille école d’Harrow et remonte au 17e.  C’est ici que le squash a été inventé. On accède alors au portail de l’église Sainte Mary, sans grand intérêt sinon qu’elle marque le sommet de la colline et se voit des kilomètres à la ronde. On la contourne pour traverser le charmant cimetière. Il est connu et fréquenté par les amateurs de Byron. Le poète y méditait en effet.

Un chemin goudronné s’amorce sur la droite qui aboutit sur la rue Roxborough Park. On peut également décider de traverser le cimetière et la pelouse qui le prolonge pour regagner le centre de la ville On descend cette rue pour passer devant la charmante église Notre Dame et Saint Thomas de Canterbury. En face de celle-ci, à main droite, une petite sente permet de regagner la pelouse qui fait face à la gare. Pour se sustenter après cette charmante balade, il vaut mieux regagner le centre moderne soit en traversant la gare soit en empruntant la rue sur la gauche qui enjambe la voie de chemin de fer.