En amont de la Tamise

Les bords en aval comme en amont de la Tamise ont admirablement été aménagés pour les amateurs de marche. Et il est vrai que les Anglais sont de fantastiques randonneurs. Alors pourquoi bouder son plaisir ?

Voici le lien pour télécharger vos randonnées : https://www.nationaltrail.co.uk/en_GB/trails/thames-path/

Si les 294km de chemin de la source à l’embouchure vous semblent ambitieux, la Régie des Transports londoniens propose les trajets autour de la capitale : https://tfl.gov.uk/modes/walking/thames-path

 Et ici un article pour mieux choisir votre trajet.

En amont de la Tamise, le long de la rive Nord

On peut longer la Tamise depuis sa source ou son embouchure. Vous pouvez vous inspirer du descriptif et du plan de la TFL https://content.tfl.gov.uk/thames-path-north-section-1.pdf

Cependant si les 37km vous paraissent un peu beaucoup, vous pouvez couper la promenade en fonction des stations de métro ou des parkings. Il est jouable de se garer dans les parkings des monuments indiqués mais mieux vaut arriver tôt, surtout les jours d’été.

Que vous marchiez pour marcher, que vous flâniez ou que vous vous arrêtiez pour visiter et connaitre, je vous conseille quelques arrêts.


A Hammersmith et Putney, vous pourrez admirer les ponts construits par l’ingénieur, d’origine française, Joseph Bazalguette. Ces deux magnifiques ouvrages d’art sont devenus des icones de l’architecture industrielle de l’époque victorienne cf article sur Bazalguette

Le chemin D’Hammersmith à Chiswick passe le long de pubs typiques et de jolies petites maisons.

Chiswick, incontournable pour les amateurs d’art

A Chiswick, il faut faire le détour jusqu’au centre de la ville. L’ambiance de la grande rue commerciale y est très plaisante. On peut pousser jusqu’à la maison du grand peintre Hogarth. Le petit cottage se situe malheureusement sur une route devenue quasi-autoroute. Mais une partie du jardin a conservé son charme. https://hogarthshouse.org/

 Non loin, on parvient à Chiswick House, la merveilleuse maison de plaisance de Lord Burlington. Le troisième Comte du nom, de retour d’Italie, confia le soin de créer une œuvre italianisante à William Kent. Décorateur et peintre, celui-ci n’était alors pas considéré comme architecte. Il construisit néanmoins l’un des chefs d’œuvre de l’Angleterre du XVIIIe siècle, en se réappropriant le langage du grand architecte vicentin du 16e s Palladio= https://visitesfabienne.org/palladio-a-londres/

Autour de la maison aux somptueux intérieurs, se déploie un parc dont on ne saisit plus forcément l’extraordinaire nouveauté. Au moment de sa réalisation il fut en effet le premier parc paysager du pays. Il rompait alors avec la tradition des jardins classiques « à la française ».

Chiswick consacre donc la naissance du jardin à l’anglaise et le renouveau du palladianisme (après l’épisode d’Inigo Jones). En conséquence, c’est un arrêt incontournable pour les amateurs d’architecture et d’histoire ! https://visitesfabienne.org/chiswick-et-le-renouveau-du-palladianisme/

De Kew Bridge à Strawberry Hill

Les découvertes ne s’arrêtent pas là puisque, une fois rejointe, la Tamise nous mène après Kew Bridge à Syon House https://www.syonpark.co.uk/

La vieille demeure médiévale de Syon vaut la visite intérieure. En effet c’est une des premières maisons décorées par l’immense Robert Adam. L’architecte écossais, issu d’une lignée, s’est imposé au XVIIIe. Les salons classiques sont un modèle du genre. Autour de la prestigieuse demeure, s’étend un immense parc dessiné par le plus grand des paysagistes jardiniers qu’ait connu le pays pourtant bien pourvu : Lancelot Capability Brown. Le maitre du jardin à l’anglaise est à l’origine de ce parc ouvert et paysager Si le jardin a été considérablement refait au 19es, s’y promener reste un délice.

Toujours sur la rive Nord, en venant de Londres, on passe par une succession de belles demeures. C’est d’abord Marble Hill House. Cette belle demeure, de style palladien, incarne l’art de vivre à l’époque géorgienne (18e) https://www.english-heritage.org.uk/

Un peu plus loin, Orleans House. Cette belle maison géorgienne avec sa salle octogonale a accueilli Louis Philippe en exil entre 1815 et 1817 à l’issue de la période napoléonienne et pendant la restauration. Son fils, le duc D’Aumale, y a vécu pendant 20 ans à l’avènement du second empire (1852)….Siège d’une galerie moderne un peu surprenante, la maison et son parc rappellent un temps où la monarchie anglaise accueillait ses cousins français menacés.

Twickenham, du rugby et des demeures

En continuant le long de la Tamise, une nouvelle demeure aristocratique vaut un arrêt. Cette fois il s’agit de York house, entourée d’un joli jardin. Cette demeure, construite au 17e pour la famille Yorke, sert aujourd’hui d’Hôtel de ville à la commune de Richmond.

Puis, toujours en longeant la Tamise, on peut rejoindre Twickenham. Connue pour son stade de rugby, la petite commune abrite également l’étonnant Strawberry hill. https://www.strawberryhillhouse.org.uk/

 Cette maison qui semble construite en carton-pâte importe aux historiens d’art.  Construite par Horace Walpole, fils du premier premier ministre Robert, elle introduisit le style néogothique en Angleterre. Horrifié par le classicisme, Walpole entreprit avec humour de s’opposer à la symétrie néo palladienne. Tourelles, faux créneaux remontent au milieu du 18e siècle, époque où le style géorgien promouvait la géométrie, les frontons.

De là, le train ramène à la rejoindre la capitale  via Barnes par le South  Western Railway

Londinium, Londres romain

Voici une balade pour découvrir Londinium, le Londres romain. Car Londres date de l’invasion romaine en -43 . Cet important carrefour sur la Tamise servit en effet de centre commercial jusqu’à son abandon au +Ve. Très rapidement construit, le petit camp établi au Nord du fleuve entre 2 collines contrôlait un pont à l’endroit où la Tamise se rétrécissait, « London Bridge ».

A Tower Bridge, la partie inférieure du mur est romaine

Un mur entourait Londinium, repris en partie par la muraille médiévale. Cette dernière reste d’ailleurs visible. A l’abri derrière ce mur épais, la petite ville se développa, comme ses sœurs continentales, autour de son forum. On y décèle encore la trace de cultes et de lieux de loisir. Des musées regroupent les artefacts récupérés au cours de fouilles. Par une ironie du sort, les bombardements de la seconde guerre mondiale ont souvent permis de découvrir les vestiges épargnés par les destructions médiévales.

1/ La muraille de Londinium

La Muraille romaine encerclait la cité de Londres. Construite entre 190 et 225 elle se développa jusqu’au IVes. Avec le mur d’Hadrien (au sud de l’Ecosse) elle constitua l’un de plus gros projets de construction mené par les Romains sur le sol britannique. Elle mesurait 6m de haut sur un peu plus de 3km. Elle a dessiné la structure de la city actuelle.

Après le départ des romains, les Anglo saxons continuèrent à utiliser le mur. Néanmoins, La période médiévale l’élargit et ajouta des créneaux, portes et bastions. Les Tours de Londres, de Montfichet et de Baynard renforçaient l’édifice. Au 18e s, le mur disparut en grande partie. Pourtant, de grandes sections subsistaient encore, incorporées dans d’autres constructions. Certaines réapparurent d’ailleurs lors des bombardements. https://www.english-heritage.org.uk/visit/places/london-wall/History/

Où voir le mur :

– A la sortie du métro Tower Hill. Au pied de cette importante section du mur, une statue de Trajan. Le mur continue dans la cour du Leonardo Royal hôtel sur Cooper’s Row.

– une autre section est visible près du musée de Londres. Au niveau du Barbican, on trouve quelques tours du 13e s ajoutées à la construction romaine.  On suit encore le mur dans le jardin Salter puis le long de Noble Street. Ici, on voit les traces du fort romain du 2es intégrée aux fortifications saxonnes et au bastion médiéval. Pratiquement carré (200m x 200m), il fut progressivement intégré au mur enserrant la ville. Mais, devenu inutile avec la sécurisation de la Britannia romaine, il fut alors démantelé.

– D’autres fragments existent. Néanmoins, Il faut souvent un permis pour y accéder. En revanche le parking le long de la rue London Wall recèle un pan de ce mur.

Enfin, la toponymie nous indique la présence des portes dans la muraille. Il suffit de suivre London Wall bien sûr, mais aussi Aldgate (Old gate), Bishopsgate, Moorgate, Cripple gate (Eglise St Giles, porte du Nord), Aldergate, Newgate, Ludgate (Eglise St Martin), pour retrouver son trajet. Par ailleurs les diverses églises St Botolph nous donnent une indication précieuse. Ce Saint saxon est en effet associé aux voyageurs et les églises se situaient à l’extérieur du mur, tout près de portes.

2/ Les monuments de Londinium

Londinium s’articulait autour de son forum à peu près au niveau de Leadenhall Market.  Des traces subsistent dans les sous-sols de certains commerces comme le coiffeur. Il reste malheureusement très peu de vestiges.

Des monuments publics redécouverts

  • Un Mithraeum, découvert sur un site bombardé pendant la Guerre, a été déplacé dans Cannon Street Ce type de sanctuaire souterrain au dieu Perse Mithrae, s’adressait aux hommes, principalement militaires. Vous pouvez réserver votre visite : https://www.londonmithraeum.com/
Mithrae

 Trois églises de la cité recèlent des vestiges romains :

l’église st Magnus the martyr présente une pile de pont romaine du 1er siècle dans le porche d’entrée sous le clocher.

All Hallows-by-the-Tower (musée de la Crypte) l’église, fondée en 675, a conservé un arc saxon du 7e s construit en tuiles romaines de réemploi. Dans la crypte on a retrouvé la mosaïque d’une maison du 2e siècle. L’église, reconstruite aux 11e et 15e s a été en grande partie détruite pendant la seconde Guerre mondiale.

St Bride’s Church. Dans cette église dessinée par Christopher Wren en 1672 sur un lieu de culte plus ancien, la crypte abrite une mosaïque romaine.

London stone, une pierre romaine dans Cannon street

D’autres vestiges apparaissent de manière parfois fortuite. Ainsi en est-il du cadavre de la jeune romaine découvert sous le bâtiment détruit dans l’explosion de 1992 (Bombe posée par l’IRA). Une dalle l’honore au pied du nouvel édifice, le Gherkin.

3/ Les musées

  • British Museum. La salle 49 montre combien l’occupation romaine a changé le cours de l’histoire anglaise. Argenterie et mosaïques côtoient des lampes et statues illustrant la vie dans cette cité provinciale et septentrionale de l’Empire. Le site du musée n’est malheureusement pas à la hauteur de la qualité des pièces. exposées.https://www.britishmuseum.org/collection/galleries/roman-britain
  • Musée de Londres : Organisé de manière très pédagogique le parcours nous invite dans un tablinum romain mais aussi à travers toutes sortes de trésors : sculptures, monnaies, tombes, céramiques, verres, amphores à garum etc… Une maquette du pont, une petite cuisine illustrent de manière vivante cette présentation de la Londres romaine. Outre les outils, instruments divers, on y voit également la première mention écrite de Londres.  https://www.museumoflondon.org.uk/museum-london/permanent-galleries/roman-london
  • Vestiges de Bains romains  Billingsgate : il s’agit de vestiges thermaux des 2 et 3e siècles, découverts en 1848 lors de la construction de la Bourse du Charbon. Lors du développement du site dans les années 1960, les archéologues ont pu davantage l’étudier. En effet, l’édifice, construit le long de la Tamise, comprenait plusieurs ailes, un hypocauste. Les bains apparurent au 3e s avec frigidarium (bain froid), tepidarium (bain chaud) et caldarium (sauna). En activité jusqu’au 5e s, les bains, comme le reste de la ville, abandonnés, se dégradèrent. Le site fût le premier monument historique classé, en 1882. https://www.cityoflondon.gov.uk/things-to-do/attractions-museums-entertainment/visit-billingsgate-bathhouse

Ces bains sont véritablement romains au contraire des Roman Bath de Strand Lane sur Surrey Street, qui datent en fait du 17e siècle !

Weston super Mare

Que fait-on ce week-end ? Si on allait à Weston Super Mare ?

Ecrite comme cela la proposition peut faire sourire. En effet, si Weston a été une station de bord de mer à la mode à la fin du XIXème siècle, le moins que l’on puisse dire est qu’elle est un peu désuète aujourd’hui….

Et pourtant…

Une plage magnifique

Weston Super Mare, ce sont des kilomètres d’une plage magnifique, paradis des kite surfeurs et autres véliplanchistes. Evidemment, il faut supporter l’eau froide et aimer le sable terreux. Néanmoins la plage est grande et dégagée. On peut aussi bien aimer le monde et rester proche du centre-ville et des baraques à fish and chips ou préférer l’extrémité plus sauvage.

Et pour ceux qui veulent juste se promener, il s’agit d’une vraie ville avec des boutiques et des petits restaurants, pas haut de gamme, mais de quoi passer une demi-journée bien plaisante. Pour les amateurs de jeux, des arcades et la jetée victorienne en fer forgé offrent de quoi s’occuper.

JPS, fils de Weston super Mare

Et puis pour les amateurs de Street Art, Weston est la ville de JPS et on le voit partout. On le suit aussi bien au centre de la ville que le long de la plage. La mairie a même mis au point un plan que l’on peut suivre comme une chasse au trésor pour découvrir les personnages d’animés au détour d’une rue. https://www.visit-westonsupermare.com/dbimgs/x171550-BID-Art-Trail-Nov-2017.pdf

Beaucoup des fresques ayant été dégradées, le graphiste, amateur de pochoirs, est revenu en Aout 2020 pour décorer les murs de sa ville natale de 35 nouvelles œuvres.

Jamie Scanlon, a changé de vie brutalement selon ses dires en 2009 après avoir découvert Banksy. L’ancien alcoolique et drogué s’est converti à la peinture illégale et distille aujourd’hui ses images tirées de marvels assorties de messages parfois politiques, souvent humoristiques. Il les signe des initiales JPS. https://www.facebook.com/JPSstreetart/

Bloomsbury

Bloomsbury entoure le British Museum. Ce quartier évoque l’intelligentsia de la fin du XIXe. De fait, les rues paisibles bordées de jolies maisons géorgiennes, les squares élégants nous mènent d’institutions universitaires en musées. On peut y consacrer quelques balades thématiques.

Bloomsbury, pour les amateurs de musées

Pour les amoureux d’égyptologie :  

  • le British Museum bien sûr, mais aussi deux collections moins connues.  La première présente le père de l’égyptologie anglaise : Flinders Petrie. Ce Musée Petrie se trouve dans UCL au bout de Malet Street :  https://www.ucl.ac.uk/culture/petrie-museum
  • La seconde est  l’extraordinaire Musée John Soane, maison de l’architecte de la Banque d’Angleterre. https://www.soane.org/. Ce capharnaüm exposé dans trois maisons accolées recèle entre autres merveilles le sarcophage de Sethi Ier, papa de Ramsès II et deux fantastiques séries de tableaux moralisateurs de William Hogarth : les élections et le débauché. Ces deux dernières ne sont accessibles que pendant les visites guidées.

Pour ceux qui ont déjà visité beaucoup de musées

  •  Le Foundling Museum présente l’histoire de la fondation pour les enfants abandonnés. Parmi les généreux bienfaiteurs, le musicien Haendel et le peintre Hogarth y ont laissé de beaux témoignages de leur générosité.  https://foundlingmuseum.org.uk/
  • Si la littérature misébariliste du XIXeme est votre tasse de thé, un détour dans la maison de Dickens s’impose. En fait l’écrivain a laissé sa trace à travers toute la ville mais ce petit musée est vraisemblablement l’endroit où il a passé le plus de temps et où il a beaucoup écrit. https://dickensmuseum.com/

Bloomsbury, lieux de verdure et de commémoration

De nombreux jardins

  • Comme de nombreux quartiers londonniens, Bloomsbury abonde en petits jardins. Mais ici les squares conservent cette élégance géorgienne des 18 et 19e lorsque ce quartier drainait la bonne bourgeoisie intellectuelle.
  • De nombreuses places offrent un banc accueillant, voire un petit café. Vous pouvez choisir entre l’élégant Bedford square, Russel square plus grand, Fitzroy un peu oublié. Bloomsbury proche du British Museum est souvent colonisé par les touristes, alors que l’ancien cimetière de Saint George isolé attire les gens du quartier. Coram’s Fields est fermé au public. Gordon et Tavistock square conservent la mémoire des sœurs Bell (Virginia Woolf, sa sœur Vanessa Bell et tous leurs proches dont le grand économiste Keynes). Des plaques bleues nous permettent de retracer leurs déménagements dans le quartier d’abord au 46 Gordon Square, puis 29 Fitzroy Square,  au 52 Tavistock Square et enfin juste à côté du Musée Foundling. Dans Tavistock square, un buste de l’auteur de « Promenade au phare » voisine avec une statue du Mahatma Gandhi.

Des lieux originaux

Outre les squares publics, le quartier de bloomsbury recèle des lieux moins connus. Ainsi, La Brunei Gallery  abrite l’un des jardins le plus secrets de la capitale : un jardin japonais, https://www.soas.ac.uk/soas-life/roofgarden/

  • Au chapitre des lieux originaux,  àl’angle de Southampton row et Theobald road, face à une fresque assez plaisante se trouve Kingsway entrance. Il s’agit de l’entrée (interdite)de voies souterraines qui traversent une bonne partie de la capitale.
  • Près de Fitzroy place sur Cherry street un curieux batiment art deco arrondi et plat marque le QG de Eisenhower pendant la seconde guerre mondiale.
  • Sur New oxford street, à l’angle de Bloomsbury et Shaftesbury streets le magasin James smith and sons est le plus ancien magasin de parapluies de londres. Il date de 1830.
  • Pratiquement en face, se trouve la magnifique église Saint Georges construite par Nicolas Hawksmoor . L’architecte, élève de Wren, n’a reculé devant aucun pastiche avec son clocher modelé sur le mausolée d’Halicarnasse, la façade reprenant le temple de Bacchus à Baalbeck. Qu’importe, l’intérieur est d’une majesté remarquable.
  • https://en.wikipedia.org/wiki/St_George%27s,_Bloomsbury
  •  sur Russel square, un curieux petit bâtiment vert permet aux chauffeurs de taxis de se requinquer entre deux courses. Il est l’un des 13 survivants de la capitale à offrir réconfort et boissons non alcoolisées aux titulaires du fameux knowledge. (examen considéré comme le plus dur du monde pour devenir taxi à Londres)

Pinner, le charme d’un ancien village

Pinner est l’un des plus jolis villages de charme de la proximité de Londres. Desservi par la Metropolitan Line, le petit centre médiéval a mué en un banlieue cossue.

Depuis le métro, (face au Sainsbury) commence une belle balade d’une bonne heure.

High Street Pinner

Autour de l’église de Pinner

l’église St JB, Pinner et l’ancienne public House

Il suffit de remonter vers la rue principale (High Street) bordée de ravissantes maisons médiévales. Des pubs et boutiques donnent à cette rue son animation. On peut s’y rafraichir agréablement. En haut de cette rue, se dresse une jolie ferme basse, Church Farm, en activité jusqu’en 1906. C’est à cette époque que la capitale a absorbé ce charmant village. De l’autre côté de la rue, l’abattoir abrite aujourd’hui un orthopédiste..

Church Farm, Pinner

Quasiment en face, se dresse l’église Saint Jean Baptiste avec son clocher carré massif et typique. On y accède par la lych gate (porte couverte si typique de la région) latérale. On prend à droite le long de l’église pour longer sur la gauche Pinner House. Une série de bâtiments qui la sertissent totalement défigurent malheureusement la magnifique demeure géorgienne du 18e. Pour être caritatifs, ces logements pour retraités nécessiteux dénaturent la belle façade classique. Juste après, sur la gauche, prend une sente qui mène jusqu’à Moss Lane. Au débouché de ce sentier, on peut prendre à gauche au milieu des belles demeures. On peut également rejoindre la rue Moss en dépassant la sente.

Pinner House

Les jolis cottages de Pinner

Juste avant que la route ne tourne, on parvient à East End Farm. Ces 3 cottages, seuls survivants de la demi douzaine qui se situaient en ces lieux, sont les plus anciennes constructions de la région. Le Tudor Cottage date ainsi de 1592. Une jolie maison géorgienne cache une autre de ces fermes anciennes alors que la grande et belle grange en face a été entièrement rénovée. On continue la route. Après quelques logements, les maisons deviennent toutes plus belles les unes que les autres.

Tudor Cottage sur East end , Pinner

Au bout de Moss Lane, on traverse la rue Paine pour prendre quasi en face Barrow Point Lane que l’on continue jusqu’à un angle droit. Là, on prend à droite pour prendre la petite sente immédiatement sur la gauche. Elle rejoint Waxwell Lane. Au débouché du sentier, on découvre la jolie ferme de Waxwell. La ferme et la rue tirent leur nom de la source, sur la droite au bout de la rue, qui alimentait le village en eau. Puis on revient sur Waxwell Lane jusqu’à the Dell sur la droite. Cette petite vallée, aujourd’hui comblée, nous rappelle que la région fournissait la chaux nécessaire aux maisons de la capitale. Une nouvelle sente nous ramène (sur la gauche) au jardin Little Common juste après White Cottage.

la source Waxwell, emmurée Pinner

Au sortir du parc, reprendre la rue Park sur la gauche jusqu’à Waxwell road. Au carrefour des deux rues, une borne donne la distance de Londres. Un joli pub et deux cottages à colombages charmants offrent une halte avant de redescendre Bridge street pour regagner le métro.

Pour ceux qui voudraient parachever leur découverte par la visite d’une jolie ferme, le musée de Harrow a élu domicile dans une des fermes anciennes de Pinner : https://headstonemanor.org/

Waxwell Cottage, Pinner

Harrow on the Hill

Harrow est aujourd’hui une ville importante du Greater London. Mais cette banlieue offre des visages variés pour peu que l’on s’y promène un peu. La sortie du métro à Harrow sud avec son marché indien et ses primeurs et boulangers bigarrés a de quoi surprendre. Harrow on the Hill offre, quant à elle, deux aspects bien distincts. La sortie nord mène vers un centre commerçant actif avec toutes les chaines traditionnelles d’une ville anglaise de moyenne importance et une population très mélangée. En revanche la sortie sud offre une superbe balade dans le monde un brin désuet d’une des Public School les plus exclusives du pays.

Selon donc la sortie envisagée on passe d’un monde à l’autre, voire d’un siècle à l’autre. Je vous propose un petit itinéraire pour découvrir le quartier élégant de Harrow on the Hill à travers les bâtiments de cette école fort réputée fondée au XVIe siècle. Elle a notamment accueilli Sir Winston Churchill, Palmerston ou encore Lord Byron. https://www.harrowschool.org.uk/

Harrow, Une des Public School les plus chics d’Angleterre.

On descend donc du métro par la sortie sud (la route d’accès est un éternel embouteillage aussi me parait-il plus judicieux d’arriver par le métro). On peut alors traverser la grande pelouse et longer sur la gauche Lowland. La circulation y est toujours compacte. On se dirige vers la rue à gauche qui longe le grand carré d’herbe. Grove Hill permet de passer de la tumeur de la ville à une atmosphère quasi villageoise. La notoriété de l’école a en effet permis au village de lutter contre le lotissement et il a conservé son charme d’antan.

On longe en effet de beaux bâtiments scolaires néogothiques qui abritent 3 des 11 internats disséminés sur la colline. Entre les constructions de briques rouges s’ouvrent sur la gauche des vues magnifiques sur Londres. Sur la droite, juste après le sentier qui monte, une plaque rappelle la présence du puit de Charles 1er. Le souverain s’y abreuva avant de se rendre aux Ecossais. Ce puit rappelle la difficulté d’approvisionner la colline jusqu’au 19e siècle et explique aussi pourquoi elle est restée peu habitée.

Le manoir nommé « Speech Room » érigé en 1870 accueille les assemblées du prestigieux pensionnat pour garçon. En face, se situe la chapelle et la bibliothèque. On est ici au cœur du prestigieux établissement. Commence alors High Street. C’est ici qu’ont débuté les constructions au 16e siècle. Ce que l’on voit aujourd’hui de l’école correspond à la grande expansion de l’époque victorienne (19e siècle). Les 3 internats s’élèvent à l’emplacement d’un manoir du 14e siècle. Les jolis magasins surannés proposent à la vente canotiers, uniformes de tous les jours ou plus formels.

Harrow ou la splendeur des siècles passés

 On se croirait au XIXe siècle. Les jolies maisons abritent tuteurs, professeurs ou membres de l’administration. Après la jolie fontaine on arrive sur la place principale et on prend sur la droite la rue qui descend Byron Hill. Parmi les constructions, un curieux cottage de bois. La rue décrit une boucle sur la droite pour devenir Crown Street. Sur la gauche, le Lyon School est une école gratuite (au contraire de la Public School qui en Angleterre est une école privée, payante et chic) Au bout de la rue, à l’angle un sympathique pub, the Castle permet de rejoindre West Street. On revient alors à la place principale.

 On reprend High Street en sens inverse jusqu’à Church Hill que l’on montera sur la gauche.  Le bâtiment surmonté d’une horloge est le plus ancien encore debout et correspond à la vieille école d’Harrow et remonte au 17e.  C’est ici que le squash a été inventé. On accède alors au portail de l’église Sainte Mary, sans grand intérêt sinon qu’elle marque le sommet de la colline et se voit des kilomètres à la ronde. On la contourne pour traverser le charmant cimetière. Il est connu et fréquenté par les amateurs de Byron. Le poète y méditait en effet.

Un chemin goudronné s’amorce sur la droite qui aboutit sur la rue Roxborough Park. On peut également décider de traverser le cimetière et la pelouse qui le prolonge pour regagner le centre de la ville On descend cette rue pour passer devant la charmante église Notre Dame et Saint Thomas de Canterbury. En face de celle-ci, à main droite, une petite sente permet de regagner la pelouse qui fait face à la gare. Pour se sustenter après cette charmante balade, il vaut mieux regagner le centre moderne soit en traversant la gare soit en empruntant la rue sur la gauche qui enjambe la voie de chemin de fer.