Autour de Victoria Station

On ne débarque plus à Victoria Station lorsque l’on vient de France. Néanmoins, pour peu que vos pas vous mènent vers le sud de l’Angleterre, vous pouvez avoir à passer quelques heures dans ce quartier. Dans ce cas, que faire ? Comme pour les autres gares, voici des itinéraires selon le temps dont vous disposez à Victoria Station.

frise en pierre de Coade sur Belgrave Square

Il pleut ou vous ne voulez pas trop vous éloigner de Victoria Station

Si vous ne disposez que d’1 heure

Dans ce cas vous pouvez déjà déambuler dans Victoria Station modernisée par l’ajout d’un centre commercial. Mais, vous pouvez aussi vous aventurer vers l’étonnante cathédrale catholique Westminster. A moins que vous ne disposiez d’un peu plus de temps, et que vous ne vous décidiez carrément pour l’abbaye de Westminster et Westminster Square.

De Victoria Station à Pimlico

Vous disposez d’un peu de temps, il pleut encore et vous avez une envie de vous cultiver ? dans ce cas, pas une minute à perdre ni une hésitation, rendez-vous directement à la Tate Britain, orgueil du quartier de Pimlico.

Turner, autoportrait à la Tate Britain, non loin de Victoria Station

Les majestueux bâtiments ont été refaits. La galerie consacrée à la peinture anglaise offre un panorama passionnant de la peinture élisabéthaine à la création contemporaine avec des galeries très réjouissantes consacrée à Turner bien sûr, Hogarth, Sargent et Moore. Personnellement, j’ai un petit faible pour Sargent et ses portraits distingués d’une Angleterre déchue. Les collections permanentes sont, comme toujours dans les grands musées anglais, gratuites. Les expositions temporaires, elles, coutent assez cher.

Sargent
David Hockney

Du côté de Knighstbrige

Vous disposez de plus de temps, l’averse s’est enfin interrompue ? Vous avez maintenant envie de prendre l’air et de visiter un quartier moins touristique mais élégant. Vous pouvez longer Buckingham (et faire le détour par la galerie de la Reine) puis rejoindre Knightsbridge.

De là, trois options s’offrent à vous.

Belgravia

Vous pouvez commencer cette incursion dans les beaux quartiers par la visite de Number one. Apsley House fut la maison de Wellington. Comme il se doit, un musée occupe désormais les lieux. Vous y apprendrez tout du Duc de fer et de la vie des grands de ce monde au début du 19e siècle.

Vous pouvez aussi vous diriger directement vers les effluves d’Oud émanant de Harrods et vous régaler des magnifiques décors des rayons nourritures. Si vous voulez éviter la foule, vous pouvez obliquer vers Belgravia. Ici les ruelles attestent de la richesse des riverains.

Motcomb street

De jolies maisons bordent les « mews » alors que les places sont bordées de grandes demeures. Belgrave square ou Eaton square et les rues alentour restent des oasis de luxe et de tranquillité si près du tohu-bohu des quartiers centraux. La rue Motcomb a conservé une jolie animation. Son ancien cinéma panteknikon est aujourd’hui un restaurant doublé d’un petit centre commercial. Le jardin à l’arrière accueille un couple Rabbit girl et Dogman de Gillie and Marc : le banc de l’amitié.

Rabbitgirl and dogman

Chelsea

De Eaton Square, ou directement depuis Victoria Station, il est facile de gagner Chelsea.

La place Sloane square regorge de boutiques et restaurants chics qui continuent le long de King’s Road. L’artère principale de ce ravissant quartier de Londres voit se succéder enseignes à la modes et boutiques indépendantes. Quelques bâtiments anciens rappellent néanmoins le village ancien. L’Hôtel de ville et les quelques belles maisons précèdent en effet les charmants petits cottages de brique, et les jardins si typiques de Chelsea.

Plus près de la Tamise, la zone a hébergé de nombreuses personnalités du monde littéraire notamment. Ainsi Cheyne Walk après avoir été distingué à l’époque de Thomas More est devenu LE quartier des Préraphaélites. Cheyne Row, où a habité Thomas Carlyle, auteur d’une somme sur l’histoire anglaise, garde tout son charme.

Surtout, le Royal Hospital, équivalent britannique de notre Hôtel des Invalides et chef d’œuvre de Christopher Wren peut à nouveau se visiter.

Vers Kensington

Le quartier chic par essence. Outre les belles artères commerçantes et les célèbres grands magasins, on y apprécie les grands parcs. Pas seulement Hyde Park mais aussi Kensington avec le Palais voulu par Guillaume et Mary et depuis résidence des héritiers du trône. La construction de brique a conservé l’aspect sobre déterminé, par la maison d’Orange. Les grilles restent envahies par les tributs des fans de feu la princesse de Galles, Diana.

Holland Park et son ravissant Kyoto Garden vaut la visite. Non loin, la maison du Japon a ouvert sa vitrine avec un magasin et un restaurant extrêmement raffiné.  Tout autour, on se régale de rues élégantes et verdoyantes, de petits parcs.

Kensington est aussi et surtout un des hauts lieux de la culture avec le regroupement de musées fantastiques. J’ai déjà abondamment parlé de ce quartier dans mes pérégrinations victoriennes.

Bermondsey

Aujourd’hui, je vous propose un itinéraire que j’adore dans le quartier de Bermondsey. Il nous mène de London Bridge à Rotherhithe. Le long du chemin, nombre de bâtiments modernes alternent avec de vieilles bâtisses chargées d’histoire, rappelant souvent la tradition caritative de ce quartier populaire.

Autour du Shard

J’aime bien commencer cette promenade à la station London Bridge. On débarque ainsi au pied du Shard, la grande tour moderniste de Renzo Piano.

the Shard

 La gare elle-même abrite un centre commercial. Au sortir de celle-ci, s’ouvre l’immense hôpital Guy où alternent modernité et vestiges, comme cette alcôve de pierre dans la cour qui provient du vieux pont de Londres. Une autre se trouve dans victoria Park de l’autre côté de la Tamise.

Autour de l’hôpital quelques rues ont gardé un caractère du passé mais l’ensemble se noie peu à peu dans les reconstructions modernes.

En cheminant le long de Bermondsey Street

On rejoint alors Bermondsey street très animée le week-end. Les ravissantes petites boutiques ont conservé un charme provincial. Le musée du textile et de la mode, œuvre de l’architecte mexicain Legorreta, affiche de formidables couleurs rose et orange. Il égaye cette rue très agréableavec de petits bistrots bien sympathiquesLes collections textiles ne sont pas forcément enthousiasmantes par rapport au tarif d’entrée.

Un peu plus loin, le White cube est réputé pour ses expositions. Il s’agit d’une annexe ouverte en 2011 de la célèbre galerie d’art contemporain de Hoxton.

Les façades, poulies, enseignes, entrepôts et dénominations, tout rappelle le passé industriel du quartier.  Le Tanner Garden évoque par exemple les activités liées au cuir.

Au-delà de la maison consacrée aux pauvres, nous rejoignons le cimetière lié à l’église Marie Madeleine. Sa petite casemate, aujourd’hui transformée en café, rappelle une tradition bien sordide de la fin du 19e. A l’époque il était en effet plus lucratif de déterrer les corps que de travailler. Les cadavres fraichement enterrés étaient revendus à bon prix à l’hôpital voisin pour les dissections. Les cimetières se dotèrent donc de petit édicule d’observation visant à surveiller le repos des morts à la nuit tombée.

Vers Bermondsey

A l’angle de Tower bridge rd et de Grange Street, devant une mosaïque étonnante nous changeons de direction et nous dirigeons vers Abbey road. Cette œuvre se compose de photographies d’activités et de gens du quartier.

Une fois les petits cottages de Abbey Rd dépassés, la zone devient lugubre, reconstruite sans âme dans les années d’après guerre. L’idée est de rejoindre Maltby Street Market. Le long de la voie ferrée, des petits kiosques de nourriture des 4 coins du monde ont élu domicile offrant une halte gastronomique colorée comme Londres en a le secret.

On reprend Abbey Street pour emprunter l’étonnant tunnel sous la voie de chemin de fer. Ses colonnes doriques métalliques détonnent un peu ici. Un ingénieur royal l’a construit à la fin du 18e siècle. Il permet de rejoindre la rue George qui va nous ramener près de la Tamise. C’est ici que furent réhabilités les premiers entrepôts de Londres. Ces quartiers de docks se gentrifient peu à peu.

En longeant la Tamise

A partir de là, nous longeons la Tamise jusqu’au Manoir de Henri VIII. Il n’en reste qu’un vague soubassement sur Bermondsey Wall. Quasiment en face, se tient un groupe sculpté bien intéressant. Le couple, la petite fille et le chat évoquent les époux Salter, de grands bienfaiteurs de ce quartier défavorisé.

Ava Salter

Le long de Rotherhithe street, on passe alors devant le Mayflower pub. La légende raconte que les premiers à partir vers le Nouveau Monde y dégustèrent une dernière pinte d’encouragement. Quasi en face, le Brunel museum est consacré à Marc Brunel. Cet ingénieur d’origine française, s’illustra en construisant le fameux tunnel sous la Tamise. Il fut aussi le père du célèbre Isambard Kingdom Brunel.

le Pub Mayflower

La jolie Eglise de Ste Mary de Rotherhithe est doublée d’une de ces écoles caritatives signalées par les statues d’enfants que l’on retrouve dans ce type de quartiers pauvres de la période victorienne. On passe alors devant une nouvelle watchhouse, transformée en café pour rejoindre le métro. Non loin de là, les églises norvégiennes et finlandaises rappellent la proximité du Quai de la Baltique auquel abordaient les navires en provenance de Scandinavie.

Ecole caritative
mon itinéraire Bermondsey

Vauxhall

Pour faire suite à la dernière promenade autour de Waterloo station, Southwark et Lambeth, voici une extension du côté de Vauxhall.

Vers Battersea Park

On peut commencer cette promenade dans le quartier de Vauxhall vers Nine elms.

 C’est au milieu des immeubles modernes qu’a été construite la nouvelle et moderniste Ambassade des Etats-Unis. Ce déménagement de Grosvenor Place à ce quartier tout neuf a suscité la controverse notamment après le refus fallacieux de Donald Trump de venir l’inaugurer.

Ce quartier en pleine refonte recèle encore quelques jolies pépites comme la maison géorgienne qui lui a légué son nom « folks hall » devenu Vauxhall. C’est dans ce quartier que se niche une merveille, la ravissante enclave de Bonnington avec un café associatif adorable et un jardin communautaire délicieux.

Bonnington Garden, un oasis au coeur de Vauxhall

En continuant le long de la Tamise on va alors rejoindre le parc de .Battersea avec sa belle pagode dorée.

On peut également s’enfoncer davantage dans Vauxhall et rejoindre le jardin du même nom connu à l’époque géorgienne comme jardin des plaisirs. Ce lieu apparait d’ailleurs dans la peinture mais aussi dans une reconstitution du musée de Londres.  Non loin, se tient une ferme avec des poules, ânes et lamas.  Ce petit air de campagne en plein Londres attire de nombreux amateurs en fin de semaine.

mon ami le lama décoiffé à la ferme de Vauxhall

Vers le Musée de la guerre et le musée du cinéma

En partant de la station de métro Lamberth North, on atteint un champ de lavande minuscule autant qu’inattendu au croisement de Wesminster Bridge et George rd. Puis on pourra s’arrêter au Musée de la Guerre. Derrière ce nom peu prometteur, se dissimule une présentation passionnante de Londres au XXe s. On y découvre l’énorme effort consenti par les britanniques pendant les deux guerres mais pas seulement. Y sont évoqués de larges tableaux des guerres actuelles et de leurs ravages mais aussi un remarquable panorama de l’Empire britannique à la fin de l’ère victorienne. Finalement, ce musée est assez mal nommé et devrait plutôt s’appeler musée « pour la paix », ce qui rendrait sa visite tout de suite plus attirante. D’autant qu’il se situe dans un jardin bien plaisant.

On peut d’ailleurs pousser la promenade verte jusqu’à Lambeth Walk, un fort agréable jardin communautaire qui débouche sur Kennington road. Quasiment en face, s’embranche Wincott Street puis Gilbert rd.

Lambeth walk

On emprunte alors la rue Renfrew, le célèbre préhistorien. On y trouve un charmant centre bouddhiste, et, juste derrière, le musée du cinéma. Il occupe une des rares workhouse encore debout dans Londres.

Centre bouddhique

 C’est dans cet asile pour pauvres que Charlie Chaplin passa une partie de sa jeunesse misérable. Dans ses films, il décrit d’ailleurs la pauvreté vécue durant son enfance passée non loin de là, à Kennington. Ce quartier de grande misère est en pleine réhabilitation. S’y construisent des ilots entiers sans beaucoup de charme. Il faut donc y profiter de chaque joli vestige comme le château d’eau aménagé en logement haut de gamme qui domine fièrement le pâté de maison.

Musée du Cinéma

Du côté de Elephant and Castle

On va alors rejoindre la place très bruyante de Elephant and castle. Le quartier a été fort remanié dans les années 19670, ce parfois de manière brutaliste. Témoin l’horrible immeuble commis par Ërno Goldfinger que nous avons déjà rencontré à Hampstead. Ce personnage mérite vraiment de devenir héros de roman. Ian Fleming l’a fait avant moi malheureusement (ou heureusement). Ulcéré par les horreurs construites par cet architecte brutaliste, il en a fait le vilain de James Bond. Un brin d’antisémitisme peut-être, mais une vraie vision patrimoniale chez Fleming !

Le petit panneau de l’Elephant se niche juste à côté de la gare et non de la station de métro.  Ce nom amusant proviendrait de la déformation linguistique de l’ « infante de Castille » Eleonore. Un historien a récemment prouvé que cette légende relevait du mythe et que l’éléphant et son château désignaient en fait un pub. Cette tradition de noms de lieux liés à un établissement de boisson est en effet très courante à Londres.

 Sur la place même, une curieuse boite argentée fait figure de mémorial à Faraday qui habitait le quartier. Sa cage le poursuit jusque dans l’éternité…

cage mémorial de Faraday, sur Elephant and Castle

Autour de Waterloo Station

Je continue mes idées promenades autour des gares, aujourd’hui autour de Waterloo Station.

Jardin d’amour par William Blake

 Waterloo Station ne vise pas seulement à agacer les Français. Même si les premiers TGV reliaient la gare du Nord parisienne à cette gare. En effet, le lieu reprend le nom du pont de Waterloo et non celui de la bataille.  D’ailleurs les trains en provenance de France débarquent maintenant à St Pancras.

Le quartier a récemments bénéficié d’une rénovation et peut présenter un bon départ d’exploration. Alors RV comme tous les amoureux devant la grande horloge des départs.

En direction de Borough Market

En descendant du grand escalier de l’entrée principale, on passe devant la statue hommage aux soldats de la première guerre mondiale. De là, on rejoint une place occupée par l’odéon. Un grand hôpital de briques rouges appartient aujourd’hui à l’université. En face, une petite maison qui semble coupée par les voies de chemin de fer. Et la belle église st Georges avec son jardinet. Juste derrière la rue Roupel a conservé son aspect victorien avec ses petites maisons alignées.

Roupel Street

Un peu plus loin, on atteint le Old Vic, grand théâtre aux bonnes programmations, dont le nom remonte à une visite de la Reine Victoria.

 Du petit jardinet, on se rend vers Southwark par the cut. Les constructions modernes effacent peu à peu les petites maisons. Des rues bordées de lotissements mènent à l’emplacement du shakespearien théâtre the Rose aujourd’hui seulement marqué par un panonceau. 

Le quartier de Southwark tient sa renommée à l’église mais aussi au marché alimentaire, très à la mode pour des en cas de world food. Sur le chemin, on remarquera quelques belles fresques. Sur la rue Redcross, une grille couverte de chiffons attire l’œil. Elle marque l’emplacement d’un cimetière non consacré. Ici, à Crossbones, atterrissaient les ossements des prostituées et autres miséreuses. L’église récupérait eurs maigres richesses matérielles, mais pas leurs âmes…

cottages sur Redcross alley

 Pratiquement en face, se dresse une ragschool, une de ces écoles que la pitié victorienne accordait aux nécessiteux. C’est aussi ici que se niche un charmant petit ensemble de cottages ouvriers. Enfin, en levant le nez en direction de la Tamise, on verra l’un des plus beaux « ghost signs » de la capitale. Ces publicités peintes du siècle passé sont aujourd’hui très prisées. Elles vantent essentiellement la bière (ici « Take courage ») ou des produits du type Bovril (une sorte de viandox local).

En longeant la Tamise

On peut également rejoindre Borough Market en longeant la Tamise.

Southwark par Jimmy C

 cette balade fort agréable en semaine est bondée le week end. Elle longe des marchés alimentaires. Les kiosques proposent arepas, curry indiens, nouilles chinoises, voire crêpes. De quoi effectuer un tour du monde gastronomique sans se déplacer bien loin.

Borough Market

Le long de la Tamise, on rejoint alors  la Tate Gallery modern. L’ancienne usine abrite aujourd’hui les collections d’art moderne. L’énorme bâtiment industriel se trouve aujourd’hui doublé d’une aile moderniste. Le tout est relié à la cathédrale Saint Paul et à la rive nord de la Tamise par une spectaculaire passerelle piétonnière construite pour l’an 2000.

Un tout petit peu plus loin, se dresse le théâtre Globe merveilleusement recréé. Ce haut lieu shakespearien mérite une visite. La reconstruction et les spectacles sont en effet d’une qualité remarquable. Je reparlerai de ce haut lieu de culture anglaise très prochainement.

Vers Lambeth

Si maintenant on contourne Waterloo Station, on rejoint Lower marsh qui nous rappelle la présence de marais en ces lieux. A mi-chemin, s’embranche le tunnel Leak, célèbre chez les graffeurs. C’est en effet un haut lieu du Street art et le panorama visuel y change d’une semaine à l’autre avec de vraies merveilles.

Au bout de la rue, on parvient au métro Lamberth North. Ici on peut s’arrêter devant la gare qui menait à Brookwood, ancienne nécropole victorienne desservie par un train qui en partait. C’est donc d’une certaine manière une « nécrogare » puisqu’en partaient des convois de cercueils visant à désengorger les cimetières paroissiaux du centre-ville ou à emmener les endeuillés accompagnant leurs proches vers leur dernier voyage.

la gare désaffectée du cimetière de Brookwood

La flèche de la chapelle Lincoln décorée des bandes et étoiles de la bannière américaine domine la rue. Non loin de cette église commémorative s’embranche un tunnel décoré de mosaïques rappelant l’œuvre du grand artiste William Blake, habitant du quartier.

On rejoint alors l’hôpital St Thomas où l’on peut, ou non, visiter le musée consacré à Florence Nightingale.

L’immense mur commémorant les trop nombreuses victimes du Covid

Le long de la tamise on longera le mur du Covid pour rejoindre le palais de Lambeth, résidence officielle à Londres de l’Archevêque de Canterbury.

 Le nom de Lambeth évoque le rivage ou l’on amenait les moutons. Le musée du Jardinage a élu domicile tout près.

On rejoint alors la galerie Newsport. Damian Hirst a transformé des entrepôts en un musée épatant.

Entre jardins et baraquements, la rue mène jusqu’à une étonnant bâtiment, autrefois siège de la fabrique de céramique Royal Doulton.

Royal Doulton

Celui-ci est décoré de reliefs de terre-cuite spécialité de l’enseigne. Le tunnel dans la même rue du Prince noir, montre d’ailleurs, au moyen de médaillons, l’inventivité et la technicité de cette manufacture.

Juifs de Londres

Les Juifs de Londres se sont installés par vagues. D’abord cantonnés à la City, ils habitent aujourd’hui plutôt dans les faubourgs.

Néanmoins la City a gardé quelques traces des bombardements du Blitz. Le musée de Camden rappelle l’histoire des Juifs de Londres .

 Une communauté qui remonte au Moyen Age

Apparition des Juifs de Londres (11e)

-Les premiers Juifs de Londres arrivent au Royaume-Uni avec Guillaume le Conquérant, au 11e siècle. Banquiers ou serfs personnels, ils fuient les pogroms de Rouen et jouent les rôles de financiers ou usuriers auprès du conquérant. Ils s’épanouissent aussi dans l’artisanat et les commerces non régis par des guildes. Médecins, orfèvres, joaillers, s’installent ainsi dans l’ancienne juiverie près de Guildhall. Cette communauté riche migre ensuite vers le marché de Westcheap, près de Gresham Street, Milk Street, Wood Street, Old Jewry. Ce nom date d’ailleurs de l’abandon du quartier au 14e siècle. Comme à Rouen, la juiverie s’articule autour du Guildhall (palais de justice).  Gresham Street constitue l’axe central du qaurtier qui compte  au moins cinq synagogues. Le quartier s’agrandit ensuite, avec un cimetière,  un hôpital, un mikveh, un abattoir redecouverts au Barbican sous les bombardements de la guerre.

Boutique de Amelie Gold, modiste juive de Spitalfiel

Une juiverie pauvre se développe vraisemblablement près de la Tour de Londres (Aldgate, Jewry Street). La communauté s’épanouit sous les règnes d’Etienne 1135/54 et d’Henri II 1154/89

Persécutions et expulsion des Juifs de Londres (12/13è)

-Avec la mort d’Henri II et les croisades, commence une période de persécutions (12e s) pour les Juifs de Londres. Le cocktail de dettes contractées pour le départ et de ferveur chrétienne pour la reprise de terre sainte se révèle fatale pour la communauté juive.  La propagande, la haine dégénèrent rapidement en persécutions  pogroms. La violence s’exerce surtout contre les juif pauvres.

La chèvre de Spitalfield Market, symbole du bouc émissaire émigré

-Les persécutions s’accélèrent avec Jean sans terre 13siècle. En banqueroute financière, le royaume dénonce, profane, taxe, convertit, pourchasse, confisque. Oppressés, un grand nombre de ces Juifs se réfugient dans la Tour de Londres. Beaucoup sont accusés d’être faussaires, emprisonnés, voire exécutés. Ils sont finalement expulsés du Royaume en 1290.

Le retour progressif après Cromwell

Des communautés sépharades profitent de la liberté de commerce au 17ème siècle.

De petites communautés illégales fuient l’Espagne reconquise après 1492. Ephémères, elles sont pourchassées sous Elisabeth 1ère. . Ces Sépharades se regroupent autour de Saint Olaf et Hart Street. Et du côté de Fenchurch Street Railway Station.. La synagogue de Creechurch Lane est alors un secret de polichinelle.

Des négociations avec Cromwell en 1655 marquent le point de depart de la reconnaissance officielle des juifs à Londres. Charles II l’officialise d’ailleurs en dépit des marchands.. Les contacts des Séfarades avec les colonies espagnoles et les ports du levant favorisent en effet le commerce. Les courtiers juifs s’imposent à la toute nouvelle Bourse à la fin du 17ème siècle. La communauté se réorganise alors. Des institutions caritatives, synagogues, écoles, hôpitaux ou orphelinats se multiplient. La communauté s’enrichit de nouveaux arrivants.

Synagogue espagnole

.Avec l’accession au pouvoir de Guillaume et Marie d’Orange, débarquent alors des juifs hispaniques de Hollande. Au 18e siècle, cette communauté dynamique et croissante s’était beaucoup enrichie, commerçant avec les Indes orientale et occidentales.

Maison de M Stren sur Miles End

La concurrence des Ashkénazes

-Cependant, l’immigration Ashkenaze (d’Europe centrale) concurrence bientôt les communautés antérieures, sépharades. Des 1690, ils transitaient par Amsterdam et construisirent leur centre à Duke Place. Ces arrivées, plus tardives, se transformèrent en flot au 19e. Des disputes éclatèrent entre les communautés, jusqu’à la formation de la Synagogue Unie en 1870 représentant les intérêts collectifs. Au cours du 19esiècle ,les ashkénazes l’avaient emporté en effet de par leur nombre et influence sur les sépharades. Mais ils étaient souvent pauvres. Des structures s’intéressèrent à ces pauvres et créèrent écoles et institutions.

rare rescapée dans le quartier de Spitalfield

-Conversions : La communauté sépharade, elle, se trouvait bloquée dans la rigidité. Certains de ses membres la désertèrent jusqu’à faire baptiser leur descendance. C’est le cas de Benjamin Disraeli, devenu Premier Ministre britannique. D’autres, très riches et intégrés baptisèrent leurs enfants pour les marier à l’aristocratie. Par ailleurs ces familles très éduquées tendaient à se distancier de la foi de leurs ancêtres. La communauté sépharade perdait ainsi de sa vigueur alors que les ashkénazes devenaient plus nombreux à Londres.

18 et 19e siècle, l’âge d’or de l’East End ashkénaze

– lLa majorité des juifs se concentraient sur un espace restreint, le triangle défini par St Mary’s Axe, Bevis Marks, Duke Street and Leadenhall Street. De petites communautés pauvres se pressaient le long de Houndsditch à l’est de la ville. Les plus riches de la communauté avaient des résidences d’été à la campagne et dans les villages près de Londres voire dans le West end. La communauté connut le mouvement d’émancipation. Ce mouvement encouragea aussi la sortie des juifs de leurs quartiers traditionnels.

-vers Une communauté plus éparpillée. 

D’autres membres de la communauté s’imposaient. Certains devinrent Parlementaires, banquiers voire sheriff. Ainsi, D Salomons devint-il maire de Londres mau milieu du19eme siècle. Beaucoup migrèrent aussi hors de la city vers  le Nord ou l’Ouest.  A la même période, le mouvement de réforme des synagogues précipita un nouveau schisme. Une partie de la communauté s’intégrait professionnellement et socialement alors que l’autre, plus pauvre, restait plus traditionnelle et fidèle à l’East end et aux métiers du textile : frippiers, tailleurs, courtiers, grossistes, diamantaires ou cordonniers, vendeurs de parapluies, oranges, pipes, cartes.

Soupe populaire juive, Spitalfield


-Vers 1880 de nouvelles vagues d’Europe centrale

Ces nouveaux arrivants fuient les pogroms et déferlent sur Londres.

Cet afflux  massif de 100 000 personnes changea le paysage social et la géographie de la Londres juive. L’antagonisme entre populations anglo-juives intégrées et arrivants souvent pauvres et exploités s’accentua. La majorité des nouveaux-venus s’installa dans l’East end, vers Whitechapel , Aldagate et Spitalfields. Ces quartiers traditionnels restèrent centraux à la communauté juive jusqu’à la seconde guerre mondiale. Avec le temps, ils bougèrent de plus en plus vers l’est de la ville.

Monument aux enfants juifs, Liverpool Station

Mais la city devint peu à peu un lieu d’affaires et non d’habitation. Ce qui s’accentua avec les bombardements. Les juifs migrèrent alors vers la périphérie. Les pauvres s’installèrent plutôt à l’Est (Stepney, Totenham), les riches à l’Ouest à Maida Vale, Bayswater  voire Hampstead. Le mouvement s’est amplifié avec l’amélioration des transports publics.

Synagogue de Great Portland Street

Fun Bath

Voici un Fun Bath pour faire suite à mon précédent article sur Bath et à la conférence du 15 Juin. Il s’agit plus exactement de quelques anecdotes sur la ville. Celle-ci a connu deux étapes historiques principales.

Fun Bath dans l’Antiquité et au Moyen Age

La légende de Bladud

Tout commence avec la légende du roi Bladud, narrée par Geoffroy de Monmouth au 12es.

On en trouve la trace en divers endroits de la ville. Ainsi une statue de ce roi trône au « bain du roi » dans le musée des Thermes. Une statue du roi porcher et d’un cochon se tient sur le jardin le long de l’Avon. On voit souvent des cochons colorés derrière l’abbaye. Enfin les toits du Circus aménagé par John Wood l’Ancien sont décorés d’acrotères en forme de glands. Ces glands auraient nourri les cochons soigneurs du roi.

Des Bains romains et des vols

Les Romains voient vite l’intérêt des sources chaudes et vont aménager un magnifique complexe thermal. Redécouvert à l’époque géorgienne, puis remis au goût du jour à la fin du 19e, il abrite aujourd’hui un fantastique musée. Les audioguides nous régalent d’informations et pour les plus aventureux vous pouvez même écouter la version Bill Bryson. L’écrivain américain, amoureux de l’Angleterre, et si drôle, a déjà été plus inspiré malheureusement.

Dans le parcours, un peu théâtralement reconstitué, on croise quelques vestiges extraordinaires. Je tairai la rencontre avec les autochtones déguisés en esclaves pour me consacrer aux extraordinaires tablettes votives. Ecrites dans une langue vernaculaire, elles invoquent la déesse locale, Sullis Minerva, et lui demandent vengeance face aux voleurs de vêtements. Pour ceux qui n’avaient pas les moyens de confier à un esclave leurs habits dans l’apodyterium (vestiaire), il arrivait en effet qu’ils ne retrouvent pas de quoi se vêtir à la sortir. D’où ces imprécations.

Fun Bath médiéval

Peu de vestiges attestent de la période médiévale à Bath. Il faut chercher pour trouver un pan de mur  sur Upper Borough Walls et Old Orchard Street, et une maison à colombages sur Slippery Lane .

A cette époque on n’aime pas l’eau, on construit sur les bains oubliés. La ville romaine disparait. Pour éviter les maladies, on boit de la bière. A ce propos savez-vous qu’il a fallu attendre 2016 pour que l’eau de Bath soit embouteillée et donc consommable à l’extérieur ? https://bathwater.co.uk/about-us/

Néanmoins, Reconstruite à plusieurs reprises, l’abbaye vaut d’y passer un bon moment pour admirer quelques détails exceptionnels.

Eventail et anges déchus de l’Abbaye

La magnifique voûte en éventail n’est pas unique à l’architecture britannique. Elle correspond en revanche à l’âge d’or du gothique anglais. Ce gothique tardif (début du 16e siècle) se distingue en effet des interprétations tardives françaises (gothique flamboyant) ou vénitiennes par exemple (gothique fleuri du Palais des Doges). Il est dit « perpendiculaire » et se distingue par ses nervures fines, les nombreuses verrières scandées de meneaux verticaux, et la délicatesse de ses formes.

Outre ce plafond admirable, l’abbaye de Bath est particulièrement lumineuse et claire du fait du nombre important de vitraux (52). Son pavement formé de dalles funéraires attire l’attention. Il vient d’ailleurs d’être surélevé de manière à équiper l’église d’un révolutionnaire système de chauffage hydrothermique au sol.

Enfin, cette abbaye présente une particularité sculpturale : la façade Ouest est en effet ornée de deux échelles de pierre qui illustrent le songe de Jacob. Des petits anges montent et descendent, certains précipitamment ces échelles.

La période géorgienne

La période qu’on appelle géorgienne correspond au règne des quatre rois George au 18e siècle, et à l’apogée de Bath.

La ville devient à la mode.  

Avec la Reine Anne et le changement dynastique, la ville change de statut. Les grands architectes y innovent et la bonne société londonienne y hiverne et y crée la notion de villégiature. C’est une société du plaisir où l’on ne songe qu’à danser, parader, paraitre, jouer.

Malgré quelques anachronismes la série Bridgerton donne un compte rendu assez pertinent de la vie à l’époque géorgienne. En effet, étiquette stricte et raffinement y côtoient une dégradation des mœurs et fin de règne sous un George III devenu fou.  

Des personnages qui vont magnifier la ville

L’un des personnages importants de Bath au 18e était très laid, cela n’aurait aucune importance s’il n’avait répondu au nom de Beau Nash. Cet arbitre du goût et de l’élégance compte parmi les noms de la ville avec Ralph Allen. Riche entrepreneur, spéculateur de génie, celui-ci occupa des fonctions municipales et fit construire nombre de bâtiments emblématiques. On lui doit, ainsi qu’au grand architecte Robert Adam, le Pulteney Bridge. Sa propriété au jardin dessiné par le grand Capability Brown s’enorgueillit également d’un des 4 ponts palladiens d’Angleterre (avec Stourhead, moins joli, Stowe et Wilton). Le trio d’hommes importants est complété par le duo John Wood l’ancien et le jeune, architectes révolutionnaires et créateurs du cirque et du croissant, deux inventions urbanistiques qui changeront l’architecture anglaise. Ce sont eux et non Jane Austen que l’on célèbre à tous les coins de le ville qui ont véritablement marqué la ville. https://janeausten.co.uk/blogs/authors-artists-vagrants/ralph-allen-and-john-woods-elder

L’invention du croissant

Effectivement, Wood père et fils, ont marqué Bath et l’architecture anglaise pour des siècles. En effet, au Circus ils s’inspirent à la fois du Colisée romain et de Stonehenge pour construire une place elliptique . Derrière la façade monumentale et uniforme, s’alignent des logements locatifs. L’idée est reprise sur le Crescent qui propose le premier alignement de logements loués à la saison, homogénéisés par une même façade aux allures palatiales. Ce coup de génie sera répété maintes fois dans les Crescent et Terraces anglais. http://royalcrescentbath.co.uk/History%20bath.htm

L’époque géorgienne redécouverte

 Du coup, le Crescent nous révèle des détails croquignolets sur la vie de la bonne société géorgienne. Il en va des produits de luxe comme le sucre, le thé ou l’ananas. Au number One Crescent, Des bénévoles expliquent les détails de la vie. Ils renseignent ainsi sur l’utilisation des perruques et des gratte poux, nombreux sous les perruques. Certains expliquent l’usage des robes jamais lavées et portées d’abord par les Dames, puis par les servantes et enfin par les prostituées. Dautres évoquent les spécialités culinaires, tel le bun, cette petite brioche, typique de Bath.

Pour retrouver tout cela dans de belles balades, une foule d’auto tours de qualité sont disponibles sur you tube:

https://www.gpsmycity.com/tours/bath-introduction-walking-tour-3588.html

https://visitbath.co.uk/things-to-do/tours-and-sightseeing/self-guided-tours

Bath

La ville de Bath est née autour de la seule source d’eau chaude des Iles Britanniques, dédiée à la déesse celte Sulis.

Les Romains, lors de la conquête, l’assimilent à Minerve et construisent un temple en 60 autour de cette source. Un complexe thermal enserre ensuite le sanctuaire au IIe s. La ville porte alors le nom de Aquae Sulis. Elle croit et se dote d’une muraille défensive au siècle suivant. Mais avec le déclin de l’empire et les invasions, les thermes tombent dans l’oubli.  Redécouverts, superbement organisés, ils se visitent aujourd’hui. Et c’est un plaisir que d’écouter les commentaires précis pour comprendre comment se déroulait la vie à l’époque romaine dans ces établissements thermaux. https://www.romanbaths.co.uk/

Les Thermes de Bath

Au VIIe, la petite ville renaît autour d’un nouveau complexe :  l’abbaye. Elle devient alors un centre religieux. Le passé romain est gommé, et on réutilise les pierres pour reconstruire l’abbaye au XIIeme siècle. On redécouvre les bains et la ville prend le nom de Bath. Un hôpital accompagne la redécouverte des propriétés curatives des eaux.  

Au XVI e siècle, Ia ville tombe et l’évêque décide de reconstruire une abbaye plus petite au moment même où Henri VIII déclare la dissolution des monastères. https://www.bathabbey.org/

Voûte en éventail de l’Abbaye de Bath

A l’epoque élisabéthaine, les spas deviennent à la mode et la ville attire l’aristocratie.  L’abbaye s’orne alors de fantastiques plafonds en éventail.

La ville se modernise au XVIIIe  et John Wood l’ancien et le jeune, la parent d’un urbanisme régulier. Ils y inventent la notion de croissant (crescent). Ils unifient en une façade un ensemble de maisons le long d’une rue en demi-lune. Cette forme jouxte le circus, place ronde, donnant une allure cosmique au plan de la ville. Les façades classiques et les eaux curatives attirent l’élite britannique et Bath devient très à la mode. On retrouve cette ambiance typiquement géorgienne à la Pump Room le temps d’un tea time. https://thepumproombath.co.uk/.

On peut aussi visiter la maison au 1 sur le Croissant Royal pour avoir une idée de la vie à Bristol à l’époque géorgienne : https://no1royalcrescent.org.uk/

Number 1 Roral Crescent, Bath

D’ailleurs, Bath, abonde en petits lieux charmants et élégants. Ainsi, sur le pont Pulteney, un des trois seuls ponts d’Europe bordé de maisons.

Enfin les fastes géorgiens apparaissent dans les Assembly Room aménagées en un superbe musée du costume. https://www.fashionmuseum.co.uk/

Musée du Costume, Bath

Ville touristique et culturelle, Bath offre également des expositions au musée Holburn ou au Victoria and Albert. J’ai d’ailleurs déjà parlé des expositions de ce musée : https://visitesfabienne.org/themes/toulouse-lautrec-de-montmartre-a-bath/

Musée du Costume, Bath

/ https://www.victoriagal.org.uk/

Influences Londres-Paris

Une histoire d’influences Londres-Paris

Les destructions et (re)constructions croisées permettent de souligner les influences Londres-Paris mais aussi les grandes directions prises. Les deux capitales monde se sont longtemps disputé la place dominante. Si Londres semble avoir gagné la bataille, il n’en a pas toujours été ainsi.

Deux villes de construction romaine

Bien que de fondation celtique, les deux villes ne sont devenues cités que grâce à l’effort urbanistique romain. Toutes les deux nées le long du fleuve, près d’un gué, elles se sont développées ensuite sur les deux rives du cours d’eau.

De leur fondation romaine, elles conservent l’une et l’autre le plan hippodaméen de la colonie. Les cardo et decumanus se lisent d’ailleurs encore à Paris (rue St Jacques et rue Soufflot) autour du forum. Les thermes de Cluny restent en outre s très visibles. Cependant, il faut aller chercher les vestiges du Bas-empire sous la crypte archéologique devant Notre-Dame de Paris.

En revanche, Londres, qui avait presque tout gommé de son passé romain le redécouvre peu à peu, à la faveur des destructions et (re)constructions. C’est par exemple après les bombardements qu’est réapparu le Mitraeum. https://visitesfabienne.org/londinium-londres-romain/

Une forte influence française à Londres

Avec le Moyen-Age et la conquête normande (1066), l’influence française devient prééminente. Bien à l’ouest de la cité romaine de Londinium, le conquérant renforce la muraille antique d’un fort, la Tour de Londres, et fonde un noyau royal autour de Westminster. https://visitesfabienne.org/westminster/

La chapelle romane dans la Tour de Londres montre les influences Londres-Paris

De l’époque romane et de l’influence française, subsistent quelques vestiges quoique parfois lourdement remaniés. L’Abbaye de Westminster a subi de nombreuses transformations. Néanmoins on lit aisément le roman d’origine normande (norman style) dans la chapelle royale de la Tour de Londres, à la Tour des Bijoux ou la chapelle Savoie.

Les périodes d’épidémies et de guerres qui frappent nos deux pays ne favorisent pas précisément un échange d’idées ou d’influences. Pourtant, des deux côtés de la Manche, les deux capitales se fortifient. Le mur de Londres est rehaussé. Quant à Paris, Philippe-Auguste qui y établit définitivement son siège, choisit de la protéger depuis l’ouest avec la construction du Louvre, qui clôt l’enceinte de la ville contre une éventuelle incursion angloise.

Villes ouvertes, villes planifiées ?

Les deux capitales croissent très vite à l’ère « moderne ». Au 17e siècle, les murailles tombent. Pourtant Paris en garde la trace avec ses boulevards et ses portes. Londres efface quant à elle toute empreinte du passé. Le pouvoir royal cherche à planifier en France dès le 16e siècle avec les places royales. Ainsi, Henri IV prévoit-il trois places, une carrée (Vosges), une triangulaire (Dauphine), et une semi-circulaire, (la Place de France) jamais construite. En revanche, loin de toute scénographie, Londres croit en fonction des besoins des marchands et des aristocrates, le long des voies de communication entre la City et Westminster, le long de la Tamise ou près des routes reliant la province.

Le Grand Incendie, peinture anonyme, Musée de la Ville de Londres

Avec le grand incendie de 1666, la City disparait sous les flammes. Dès lors, l’opportunité s’offre de la rebâtir totalement. Les trois plans d’urbanisme proposés seront rejetés par les hommes d’affaire. Ceux-ci presseront le roi pour reconstruire au plus vite le long des rues existantes. Bien que la ville change de visage avec des constructions plus homogènes, en pierre ou brique, aucune place ou espace ne sera perdu en décorum couteux et superfétatoire. https://www.historic-uk.com/HistoryUK/HistoryofEngland/The-Great-Fire-of-London/

Christopher Wren, artisan d’une des (re)constructions de Londres après le Grand incendie
Assurance contre le feu

(Re)constrcutions du 19e

Le Pont de Hammersmith, chef d’oeuvre de Bazalgette

Avec la Révolution industrielle, tout change. Londres affirme sa domination. Sans murailles, la ville s’étend de plus en plus. A l’Est, les quartiers ouvriers s’opposent à l’élégance du West-End. Londres détrône même sa rivale sur le marquage du temps. Ainsi, l’observatoire de Greenwich devient-il maître de l’horloge mondiale, reléguant l’observatoire de Paris et son méridien au passé. Des ingénieurs d’origine française déploient leur science au service de l’Angleterre. Ainsi la dynastie Brunel construit ponts et tunnels, gares et usines. C’est à Joseph Bazalgette que l’on doit le système d’égout, l’assainissement et la modernisation d’une ville autrefois insalubre. https://fr.wikipedia.org/wiki/Joseph_Bazalgette

Isambart Brunel

Bien qu’enfermée dans de nouvelles murailles, Paris elle se réinvente grâce à la vision de deux hommes, Napoléon III et le Préfet Haussmann. Cette reconstruction totale, à coup d’expropriations, de démolitions et de nouveaux bâtiments montre la volonté urbanistique des Rois et empereurs.

Paris, ville du prince, Londres ville des marchands

 A Paris, le fait du Prince perdure. Lorsque les présidents laissent leur empreinte sur la ville au 20e ou 21e siècle à travers un opéra, un musée, ils illustrent que les constructions de Paris obéissent à la volonté planificatrice et édificatrice de sa tête. La beauté et l’homogénéité restent de mise dans une ville dont les murs et limitations freinent la croissance.

Barbican, une des (re)constructions de quartier londonien dévasté par le Blitz

 En revanche, la croissance de Londres est le fait des puissants. Celle qui, entièrement détruite à deux reprises par le Grand Incendie et le Blitz, a eu maintes fois l’occasion de se reconstruire. Systématiquement, à un plan général s’oppose la volonté des élites. Aujourd’hui ouverte, dominante, triomphante, Londres peut regarder avec amusement Paris enserrée dans son périphérique mais fière de son harmonie urbanistique.

Le château de Foix

Le château de Foix jaillit au détour de la route qui mène de Toulouse en Andorre. Perché sur un pech haut de 60m, il ressemble à un décor de carton pâte. Selon l’appellation régionale, le terme pech désigne ces collines de calcaire qui s’élèvent brutalement dans un décor de reliefs doux et verdoyants. Ce château n’est pourtant pas une de ces forteresses cathares comme dans le reste de la région.

le château incontournable dans la vieille ville

Un château à l’orée du pays Cathare

Cette citadelle a, au contraire, affiché sa neutralité pendant la période de l’héresie (13e) et en est ressorti indemne. Elle affiche fièrement sa tour des gardes du 11e couronnée d’un toit du 19e siecle. Sa tour carrée ou tour du milieu du 12e, surmonte le logis dont n’a été conservée que la partie inferieure voutée. Pour affirmer leur puissance sur la région, les comtes ont même fait construire une impressionnante tour ronde de pierres de taille au 15e s. Pour autant, ils préféraient habiter dans leur autre capitale, Pau puis Orthez en Bearn.

Foix depuis son château

Si le château nous est parvenu en si bon état c’est qu’il a été utilisé en prison dès lors de l’annexion du grand comté de Foix Bearn à la France sous Henri IV. Classé monument national en 1862, il a été restauré. Y a œuvré le gendre de Viollet le Duc alors occupé à Carcassonne….

Un château musée

Depuis les débuts du XXe siècle  c’est un musée médiéval. Après quelques années de travaux, il vient de réouvrir avec une muséographie sympathique. L’ancien tribunal est ainsi devenu musée. La visite permet d’en savoir plus long sur le Comté de Foix. Né en 1002, aggrandi en 1290 en Comté de Foix -Béarn, il a été annexé à la France en 1607.

Après le musée, on aborde le château lui même. Y monter constitue en soi une jolie grimpette. On emprunte aujourd’hui le chemin construit galet par galet par les forcats et non plus l’ancien sentier médieval perdu dans les arbres sous la tour ronde. Mais la vue sur la vallée récompense des efforts endurés.

On peut alors visiter la tour du millieu et la tour ronde mais aussi le corps de logis central et faire le tour du château dans une totale liberté. Des ateliers thématiques ont remplacé les visites guidées d’avant les travaux. On peut ainsi s’initier à l’archerie, découvrir le fonctionnement des outils de levage. Dommage que les responsables du projet aient jugé bon de meubler le château d’horribles sièges de bois clairs. Et surtout, on peut déplorer que les édiles locaux aient jugé inutile d’aménager un café. On aurait pu profiter avantageusement de la terrasse et de la vue magnifique.

http://www.sites-touristiques-ariege.fr/sites-touristiques-ariege/chateau-de-foix

Un week-end à Cancun

Pourquoi Cancun ?

Y aller

D’abord parce que Cancun n’est qu’à 45mn d’avion de Cuba et seulement quelques heures du Canada et que ce saut de puce se fait facilement sur le week-end et permet de recharger tellement !

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Ensuite parce que grace à Interjet l’AR n’est pas forcément très cher.

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Et encore parce que tout est si bien organisé sur place que c’en est presque reposant en venant de Cuba, notamment.

Dès l’arrivée, un guichet de change vous accueille puis les guichets des taxis, location de voiture, navettes d’hôtels ou de villes et bus vous attendent. Les bus sont très confortables, fréquents, sûrs et bon marché. Pour une personne ou 2, cela peut être une bonne idée.

Autobuses ADO  www.ado.com.mx

En outre, l’accueil local est un vrai bonheur : on vous propose de l’aide sans insister et on vous aide vraiment et avec le sourire sans attendre un pourboire, enfin si mais sans insister trop…

Se loger

Pour les hôtels, vous n’avez que l’embarras du choix entre Cancun et la Riviera Maya, avec quelques précisions peut être… Si vous ne voulez faire que des courses, mieux vaut prendre un hôtel dans le centre ville de Cancun. Si vous préférez la plage, la zone hôtelière de Cancun ou la Riviera maya sont préférables et si vous souhaitez visiter, le site le plus proche est Tulum à 1h45 de Cancun. Mais il y a aussi les cenotes (piscines naturelles) et le grand centre de loisirs Xcaret et bien sur le magnifique site maya de chichen Itza ‘à 2h de Playa del Carmen.

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Pour aller à Tulum et sur la Riviera Maya depuis Cancun ou Playa del Carmen, 4 possibilités : la location de voiture, le taxi (à arranger avec l’hôtel) ou la navette, le bus ADO ou les taxis collectifs pour les plus roots, très économique et facile. A Playa del Carmen il suffit de se rendre sur la Calle 2 entre la 15 et la 20, d’annoncer sa destination et de s’asseoir dans un minivan à air conditionné et de descendre quand le chauffeur vous l’indique.L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est IMG_20180407_195158-1024x768.jpg.

Cancun est une grande ville, on peut préférer l’ambiance plus  balnéaire de Playa del Carmen et garder à l’esprit que si on dort dans un des hôtels de la Riviera Maya ou de la zone hoteliere de Cancun, il peut être plus compliqué de circuler vers les centres commerciaux ou les sites archéologiques. En revanche, si on loge dans le centre ville de Cancun, cela peut être plus compliqué d’aller à la plage. Et franchement il serait dommage de ne pas aller profiter de ces plages exceptionnelles….

Si vous préférez les vestiges mayas à la plage, regardez plutôt cette page : http://visitesfabienne.org/wordpress/week-end-a-merida-une-vraie-alternative-a-la-riviera-maya/