Les Palais du Chettinad constituent un patrimoine d’exception dans une petite région étonnante. Aujourd’hui, je reprends un article publié il y a 3 ans et je l’étoffe de photos.

Située entre Tanjore et Madurai, cette zone agricole offre la particularité d’être couverte de palais civils. Ils datent tous de la fin du XIXe, début du XXe. de fait, ils remontent à l’occupation britannique. A l’époque coloniale en effet, de riches commerçants au service de la couronne anglaise s’enrichirent. Pour prendre le frais durant les saisons chaudes, ils s’éloignaient de la côte et faisaient construire dans l’arrière pays de somptueuses demeures. Tombés à l’abandon après le départ des Anglais, certains de ces palais commencent à être rénovés.

Diversité et modèle des Palais du Chettinad
La communauté tamoule des Chettiars était réputée dans le monde colonial du commerce, et de la banque. Ils firent fortune sous l’Empire Britannique dans le sud de l’Asie, ce, jusqu’à l’indépendance de l’Inde.

Chaque famille faisait construire son palais et rivalisait avec ses voisins à qui serait le plus richement orné. Depuis l’Indépendance, la plupart de ces palais ont été abandonnés. Les villages se succèdent donc avec leurs rues bordées de demeures magnifiques mais très souvent inhabitées et en ruine. Du coup, il n’est pas toujours aisé de visiter ces petits châteaux urbains. Sur les 96 villages initiaux, près de 20 ont d’ailleurs pratiquement disparu.

Quoique tous différents, les Palais du Chettinad obéissent à un plan à peu près identique. Rectangulaires, ils sont bâtis autour d’une voire plusieurs cours. Si les modèles de base se ressemblent, les détails architecturaux confèrent leur originalité à chacun d’entre eux. La structure emprunte plutôt au vocabulaire classique. En revanche, les décors juxtaposent sans vergogne ogives médiévales, cours méditerranéennes, meubles orientaux, objets européens.

Organisation des Palais du Chettinad
On accède dans presque chaque maison par une terrasse couverte ou tinai où les maîtres de maison pouvaient recevoir leurs invités. Elle joue en effet le rôle de salon officiel ouvert sur la rue. Celle-ci est en effet couverte pour l’ombre mais l’air y circule aisément. Vient ensuite la cour. Selon l’opulence des propriétaires, elle va du simple au grandiose. Le long du mur d’entrée, on peut admirer photos de famille ou fresques, piliers peints, mosaïques orientales, ou miroirs et lustres italien. Elle joue le rôle d’une pièce de réception.

Il s’agit de la zone privée de ces palais du Chettinad. Autour de la cour, d’énormes piliers en bois de teck (pour les plus riches) ou en pierres sculptées. Souvent, des grillages protègent le patio des singes. Tout autour, des portes cachent des coffre forts. Chaque couple y entreposait les richesses reçues lors des noces. Les chambres, quand il y en a, se situent, elles, au premier étage. En général, les hommes dormaient dans la première cour, les femmes dans la seconde.

Les autres pièces du fond, plus petites et sombres, étaient réservées aux femmes et aux domestiques.
Que visiter, ou s’arrêter
La plupart des sites et guides évoquent la ville la plus importante, Karaikudi, un peu active mais sans grand intérêt. Pour le reste, la région semble s’être arrêtée au XIXème siècle quand les riches marchands Chettiars construisaient ces étonnantes demeures, mi- indiennes mi- occidentales, symboles de leur réussite dans les affaires. On dénombre plus de 10 000 palais sur 1550 km2.

Trois villages connus voient s’arrêter les visiteurs: Pallathur, Athangudi et Kanadukathan. Il est malheureusement quasi impossible de visiter l’intérieur des demeures dans ces villages. Témoins d’une ancienne richesse, ils tombent en lambeaux.
Le mieux pour visiter un palais du Chettinad est de commencer par un hôtel, tel le lakhshmi House à Chidambaram.

Ce village accueille des tournages de film. Avec un peu de chance, l’équipe vous laissera rentrer dans les décors et parcourir de fond en comble une de ces merveilles architecturales. Faute de quoi, vos pouvez tenter d’amadouer un des charmants villageois en exprimant votre admiration architecturale.

Dormir ou manger dans un de ces palais peut aussi permettre de mieux comprendre les beautés de la région. A ce titre Saratha vilas, restauré avec soin et raffinement par un couple de français passionnés offre une halte fantastique.

La réussite de cette restauration exemplaire semble faire des émules dans une région délaissée par ses habitants historiques. Ce, même si les familles reviennent souvent au pays pour fêter les mariages et autres grandes fêtes.

Outre les belles bâtisses, la région abonde en temples et en sanctuaires anciens dont certains rupestres dominant les rizières. Pour se donner l’impression de voir vraiment des palais du Chettinad, mieux vaut prendre un chauffeur et préparer a minima son circuit. Ce blog recense les temples et monuments autour de Pudukkottai. Il évoque même la cuisine si particulière de la région.






















































