Les Huguenots à Londres

 L’une des vagues migratoires importantes pour la capitale britannique remonte au 16/17e. Elle correspond effectivement à l’arrivée des Huguenots chassés du royaume de France. https://visitesfabienne.org/la-presence-francaise-a-londres/

Bible à la bibliothèque de l’église protestante

 Les Huguenots à Londres

 Persécutés dès 1534, les protestants français fuirent l’hexagone. Cet exode s’amplifia avec les guerres de religion au milieu du 16eme siècle.  Les réformés français, dits Huguenots, et les Hollandais se réfugièrent à Londres profitant de la liberté de culte offerte aux protestants étrangers par la charte de 1550. https://fr.wikipedia.org/wiki/Huguenot

Edouard VI leur accorda  en effet l’utilisation de la chapelle des Augustins dans la Cité, renommée Strangers Church. Avec la croissance de la communauté, les Huguenots fondèrent une nouvelle église, de référence, Saint Antoine à l’emplacement de l’actuelle Bourse. Bientôt, une autre ouvrit près du Strand. Elle se conformait à la liturgie de l’Eglise d’Angleterre en langue française.

Les réfugiés qui arrivaient en Angleterre devaient commencer par se faire reconnaître auprès d´une église et attester de l’authenticité de leur adhésion à la Réforme. Grande était en effet la peur de trahison d’espions catholiques.

 Avec la révocation de l’Edit de Nantes en 1685, la répression et la discrimination contre les Protestants poussèrent les familles à fuir la France en nombre. L’église de la cité se révélant trop petite, ils en construisirent une nouvelle près de Spitalfields. Hormis sous Marie Stuart et pendant la Guerre civile, le flot de Huguenot ne tarit pas. L’Angleterre apparaissait alors comme le « grand refuge ». On compta plus de trente églises hors de Londres et plus d’une vingtaine dans la capitale. 1/3 des 25000 réfugiés se concentrait en effet à Londres. Ils se répartirent principalement dans deux quartiers : Spitalfields et Soho.

Les Huguenots de Spitalfields

Ces calvinistes industrieux croyaient en la valeur du travail et étaient qualifiés . Ils se fixèrent en tant que instituteurs, médecins, marchands, soyeux et même aristocrates. Ils furent globalement bien accueillis voire soutenus matériellement par leurs communautés. Les Huguenots installés autour de l’ancien hôpital de l’Est londonien étaient souvent des tisserands spécialisés et éduqués. Beaucoup se sont enrichis et ont construits de grandes maisons bourgeoises avec des verrières pour éclairer les métiers à tisser. De nombreuses rues rappellent d’ailleurs la présence française : Fournier, Fleur de Lis.

Les Huguenots urbanisèrent Spitalfields, Shoreditch et Bethnal. Des 9 églises autour de Spitalfields, 3 existent encore : celle de l’Artillerie devenue synagogue en 1840 sur Sandys. La Patente sur Hanbury Street, construite en 1719 est devenue centre d’art. Enfin, l’Eglise neuve à l’angle de Fournier Street et Brick Lane, est devenue chapelle Wesleyenne puis synagogue à la fin du XIXe et mosquée dans les années 1980.

Pour évoquer ces Huguenots et les vagues migratoires ultérieures, on peut visiter le petit musée de l’Immigration, ouvert uniquement pour les groupes au 19 Princelet street. Il se situe à l’emplacement d’une ancienne synagogue et d’une maison occupée par des protestants puis des familles juives pauvres. https://www.19princeletstreet.org.uk/

Hanbury Hall, ancienne église réformée

Un étonnant musée au 18 rue Foldsgate, évoque la vie matérielle d’une famille de Huguenots : la maison de Dennis Sever https://dennissevershouse.co.uk/

Maison Dennis Sever

Cette incroyable maison invente le destin d’une famille de soyeux huguenots, les Jervis. Sur quatre étages, on parcourt en silence, l’ascension et l’appauvrissement de cette famille au milieu des odeurs, des objets chinés par un excentrique artiste américain installé à Londres entre 1948 et 99.

à Soho, des Huguenots bien installés.

A Soho, les réfugiés protestants occupèrent les maisons vides d’un projet immobilier qui avait fait faillite. Ils y travaillèrent principalement en tant qu’ artisans d’art, orfèvres, horlogers, bijoutiers, ébénistes voire imprimeurs. En général hautement qualifiés, ils arrivaient avec un métier ou une profession qui facilita leur assimilation. Ils apportèrent beaucoup à la société anglaise. Les noms de John Houblon, premier gouverneur de la Banque d’Angleterre, de Romilly, avocat de la réforme de la Criminal Law, de Minet dans les assurance illustrent l’intégration de cette communauté au XVIIIeme siècle.

façade église protestante française

A la fin du 19e siècle, Soho concentrait la plus grande population française et s’imposa donc comme le lieu naturel de construction d’une nouvelle église.  Il y en eut 14 dans le quartier ! https://www.egliseprotestantelondres.org.uk/ L’indemnité offerte à St Martin le Grand détruite pour agrandir la Poste, permit l’achat du site et la construction du temple protestant inauguré en 1893. Cette magnifique église est l’œuvre de Aston Webb, grand architecte qui travailla notamment à Buckingham Palace et au Musée Victoria et Albert.

L’église fit également construire une école française à quelques pas de Soho Square, offrant un enseignement en anglais et en français aux enfants de l’église et du quartier (cette école ferma après la seconde guerre mondiale). Elle devint l’un des centres de la France Libre pendant la seconde guerre mondiale.

Portail église protestante française

Bien que vidé de sa population française le quartier en a conservé quelques souvenirs à travers les pâtisseries et restaurants : Maison Bertaux, Patisserie Richoux. https://visitesfabienne.org/soho/

L’église protestante française vaut vraiment la visite. Les Français de Londres la connaissent puisqu’elle accueille des conférences et réunions. https://www.londresaccueil.org.uk/v4/Conferences

Londres victorien

Le 19e s symbolise l’apogée de l’Empire britannique et du Londres Victorien. Il se confond en effet pratiquement avec Le long règne de la reine Victoria (1837-1901).  C’est une période de grands changements économiques et sociaux avec l’entrée dans un monde dominé par l’industrie et le capitalisme. Dans Londres, la période correspond à l’âge d’or du West End mais aussi à l’explosion de la misère à l’est de la Ville.

Je vous propose de nous intéresser cette semaine aux splendeurs du West end et de reporter à une semaine prochaine les misères de l’East end.

On l’oublie souvent, mais le Londres que nous connaissons aujourd’hui est en grande partie victorien d’abord pour la taille mais aussi l’image. Y naissent en effet aménagements de la Tamise, mobilier urbain, voies de circulations et surtout de nouveaux quartiers. Les grands propriétaires bâtissent peu à peu le West End. Mayfair, Kensington sortent de terre autour des grandes constructions royales.

Nouveaux lieux de pouvoir :

– La construction de l’immense palais de Buckingham au centre de Londres dure plus d’un siècle.  Plusieurs rois y ont contribué : George IV, William IV. Cependant, Victoria sera la première à l’habiter. La construction, initiée par William Chambers, amplifiée par John Nash sera remaniée par différents architectes. Aston Webb déjà rencontré au Victoria & Albert et à l’église protestante y œuvra.  Du fait de ces agrandissements successifs, la construction, massive, est un peu indigeste

-Le Palais Saint James, laissé de côté en tant qu’habitation reste un lieu officiel alors que de nouveaux palais accueillent la famille royale. Ainsi en est-il de Kensington construit par Guillaume et Marie à leur arrivée de Hollande.

– Barry et Pugin reconstruisent le vieux Palais du Parlement, incendié en 1834 dans le style néogothique alors en vogue. Ils y adjoignent une tour destinée à abriter l’horloge : Big Ben.

– Downing Street qu’avait inauguré le premier premier ministre Robert Walpole devient emblématique de la Monarchie Parlementaire. Cette maison de style géorgien est agrandie au cours des mandats suivants jusqu’à occuper l’entière rue.

Nouvelles formes architecturales

Autour de ces grands chantiers royaux, les riches familles aristocratiques se mettent à bâtir, profitant de l’explosion démographique. Une fièvre spéculatrice s’empare de zones restées campagnardes. C’est que contrairement à Paris par exemple, l’ouest londonien n’est pas limité. Aucune Muraille ne vient entraver l’expansion de la ville. Les grands propriétaires fonciers peuvent s’en donner à cœur joie et de grandes sections se lotissent de manière ordonnée voire répétitive.

Terrasses, croissants et cirques

Suivant le modèle que John Wood a lancé à Bath, des crescents (croissants) s’ajoutent bientôt aux terrasses typiquement anglaises.

Les terrasses sont des alignement de maisons aux façades identiques, les croissants eux suivent une courbe. L’idée est d’affecter la forme du croissant de lune. La place dénommée circus s’inspire, elle, de la forme circulaire du soleil. Ces deux inventions adoptent une façade continue comme pour offrir aux locataires l’impression de vivre dans un palais.

Alignements et verticalité

Tous ces quartiers sont constitués de maisons individuelles de 2 ou 3 étages avec cour ou jardinet.

Les alignements de façades s’articulent ainsi autour de parcs ou squares. Dans les rues moins huppées, les maisons conservent les 2, 3 voire 4 étages mais occupent beaucoup moins de surface au sol. D’où l’impression de maisons verticales dans lesquelles chaque étage correspond à 1 voire 2 petites pièces.

Pour accueillir la domesticité, ces maisons conquièrent le sous-sol plus ou moins aveugle. En effet alors que Paris loge les serviteurs dans les combles, Londres les héberge dans les caves.

Nouveaux quartiers

Ce modèle urbanistique est alors déployé au travers de nouveaux secteurs de la capitale.

Nouveaux secteurs

Bloomsbury puis bientôt tous les quartiers ouest se parent de cet urbanisme novateur. Entre Regent Street et Buckingham Palace apparait le West-End. Mayfair en constitue un fleuron. Mais bientôt les villages de Kensington, Belgravia se transforment en quartiers huppés. Plus au Nord, le quartier de Marylebone ou celui de Fitzrovia rivalisent avec Bloomsbury.

Les grosses maisons de pierre y côtoient les maisons de briques noires. Jardins, squares, allées se multiplient pour aérer la vie de cette élite. Les nombreuses mews (étables, aujourd’hui maisonnettes très prisées) attestent des carrosses utilisés pour le transport de ces familles. Elles témoignent des encombrements de la capitale à la fin du 19e s. Les grosses familles s’enrichissent considérablement et donnent aux rues nouvellement crées les noms de leurs nombreuses familles. Les rues de Bloomsbury évoquent ainsi le duc de Bedford, aussi Marquis de Tavistock et baron Russel. On retrouve ses différents titres au travers des artères du quartier.

Jardins et parcs

Si les maisons sont éloignées de la rue par un jardinet ou un retrait, elles comportent également un petit espace de verdure à l’arrière. C’est que La ville victorienne s’aère considérablement. Des jardins publics ou privés mais communs s’ouvrent. D’immenses parcs sont créés.

Ceux-ci s’ouvrent principalement à l’Ouest de la capitale, pour le bienfait des classes aisées : Hyde park, Holland, Green St James, Holland Kensington. On en trouve également de plus en plus à l’extérieur de la ville dans les nouvelles zones conquises sur la campagne : Richmond, Greenwich, Highgate.

Islington

Ce joli quartier se développe autour d’une antique voie romaine. Les champs et fermes d’origine ont donné naissance à trois grands domaines : Barnbury, Canonbury et Highbury. Amplement lotis au XIXème siècle, ils ont conservé de grands espaces végétaux qui rappellent le passé champêtre de cette zone et son rôle pour approvisionner la capitale en laitages.

Islington, Autour de Canonbury

Le centre de Canonbury s’articule aujourd’hui autour de la plaisante place du même nom, Canonbury square. Son charme quasi provincial attira de nombreux auteurs au début du XXe siècle parmi lesquels Evelyn Waugh et George Orwell. Le côté sud a été construit sur une terrasse pour compenser le dénivelé de cette place construite à flanc de colline. Si l’on ne distingue plus vraiment aujourd’hui le relief dans Londres, il existait en effet encore aux 18 et 19e.

Du domaine de Canonbury, ne subsiste que la tour du manoir et une petite impasse. Au 13ème siècle, les terres dépendaient du Prieuré de St Bartholomé. A la dissolution des monastères au moment de la Réforme, au 16e siècle, les terres passèrent entre des mains privées. Seule la tour subsiste du manoir alors érigé. https://visitesfabienne.org/clerkenwell/

 S’y nichent aujourd’hui une école d’allure victorienne, une jolie demeure avec un jardin ahurissant au cœur d’une grande métropole, une grange. Le tout se situe au sommet d’une colline qui devait dominer les champs au-delà de la limite de la ville. De ces bâtiments témoins de l’ancien domaine, partent des rues en pentes qui rejoignent un étonnant et charmant cour d’eau.

Connu sous le nom de « New river », ce serpent d’eau correspond en fait à un canal ouvert en 1613 par Hugh  Myddleton pour approvisionner la capitale en eau. Bien qu’artificiel et aujourd’hui réaménagé uniquement en promenade, ce canal menait jusqu’aux réservoirs que l’on voit encore sur Petonville street.

En partant vers Newingston, les plaisantes maisons cèdent la place à des constructions plus modestes. Caché derrière la rue Northampton Park le jardin st Paul, nommé St Paul Shrubbery est tout ce qui reste des énormes vergers qui alimentaient la capitale.

Islington, Du côté de Highbury

La rue st Paul mène à Newington green. C’est le long de ce parc que se trouve l’une des rangée de maisons les plus anciennes de Londres du 17e,. Quoique remaniées (la maison du milieu a été rehaussée), assez maladroites, elles constituent la plus ancienne « terrace » de la capitale.

 Le jardin lui-même honore au moyen d’une curieuse sculpture Mary Wollstonecraft, la première féministe anglaise qui dès 1792 réclamait l’égalité des Sexes. Contemporaine d’Olympe de Gouges, elle fut aussi la mère de Mary Shelley auteur de Frankenstein.

Newington, où se trouve une fantastique mosquée turque aménagée dans un ancien cinéma à la façade aux carreaux ottomans, jouxte Highbury. https://aziziye.org.uk/

Highbury Field marque l’épicentre de ce qu’était autrefois ce grand domaine. L’immense parc engazonné et entouré de maisons géorgiennes est désormais un lieu de promenade. Les petits collectifs et maisonnettes alentours ne sont pas les plus prisées d’Islington. En revanche il vaut le coup de pousser jusqu’à la communauté quasi fermée de Aberdeen Park. Cette rue circulaire donne accès à une série de jolies maisons victoriennes et Arts and Crafts. Au centre, l’église st saviour donne un caractère champêtre. Le poète John Betjeman lui a consacré un poème. Il y évoque l’église dans laquelle se sont mariés ses parents et le calme de ce quartier à l’époque déshérité. Effectivement le quartier connut une véritable désaffection après 1860, époque où les premiers transports publics rendaient les campagnes proches de la capitale plus attractives. Néanmoins, depuis les années 1960, on assiste à une nette gentrification. https://www.poetrynook.com/poem/st-saviours-aberdeen-park-highbury-london-n

Plus au nord encore du parc, le grand stade d’Arsenal draine des foules de supporters vers le nord d’Islington

Vers Barnbury

Du sud du quartier émane une atmosphère en revanche bien différente. Le carrefour Angel marque le passage de la ville ancienne aux faubourgs. Les lieux de mauvaise vie se sont peu à peu transformés en théâtres, pubs et cafés soignés et animés. Pour autant, le marché sur Chapel Market a gardé son caractère populaire. On se trouve ici face à une première fourche qui mène vers Liverpool rd à l’ouest de laquelle le quartier s’embourgeoise complètement. C’est d’ailleurs entre Barnard Park et le ravissant jardin de Thornhill qu’habitent aujourd’hui quelques uns des membres les plus importants du gouvernement ou des précédents. C’est aussi au milieu de ces rues calmes arborées et ponctuées de nombreux espaces verts que se trouve l’une des rues les plus étonnantes de Londres, Richmond Street,. Loties par un amateur d’Egypte, chaque maison se voit annoncer par deux petits sphinxes. (https://visitesfabienne.org/legyptomanie-londonienne/

La grande artère se dédouble une nouvelle fois  en Upper street qui mène vers Highbury et Essex Rod le long de Canonbury. Un petit bâtiment à la jonction de Essex road et de la ravissante petite rue piétonnière rappelle que l’on changeait d’équipage avant d’entrer dans Londre. Transformé en supermarché, il tend à se fondre dans l’ensemble des petites échoppes colorées et bondées de High street Islington. Cette ravissante ruelle attire de nombreux français. De là, on peut regagner la new river déjà évoquée.

On peut également remonter vers le carrefour d’Islington, très animé, devant la statue de Hugh Myddleton et se diriger vers l’église Ste Mary. Tout autour un joli jardin mène à un charmant théâtre de marionnettes. Upper Street, bordée de jolis magasins, mène ensuite directement jusqu’à Highbury Fields.

Londres royale

Une promenade très classique pour terminer la trilogie des incontournables. Après Westminster et Whitehall  où nous découvrions les hauts lieux du pouvoir britannique, nous abordons cette fois la Londres royale.

Elizabeth 1 Andy Warhol

Autour de Saint James Palace

 On peut accoler cette promenade à celle consacrée à Mayfair et commencer sur Picadilly, à l’angle du prestigieux hôtel Ritz.

 Juste avant le Ritz nous empruntons la très élégante St James Street où se succèdent clubs privés et fournisseurs de sa Majesté. De petites cours rappellent l’atmosphère de la Londres médiévale. Ainsi Pickering court avec ses colombages se niche derrière une jolie boutique ancienne.

Pickering Place

 La place St James est dominée par le Palais du même nom. De la Résidence royale construite au XVIe s par Henri VIII ont résisté la structure et une grande partie des constructions de briques rouges. Les souverains y résidèrent le plus souvent après l’incendie de Whitehall et ce jusqu’au règne de Guillaume IV. La reine Victoria lui préféra Buckingham Palace, devenu depuis Résidence du monarque. Depuis, le Palais de Saint James accueille réceptions et protocoles.

St James Palace

Au cœur de la construction médiévale en briques, une construction renaissance tranche avec tours et créneaux. La chapelle de la Reine est un chef d’œuvre d’Inigo Jones et pierre angulaire de l’architecture britannique. https://visitesfabienne.org/palladio-a-londres/

Queen’s chapel

Face à cette façade classique, la cour des Frères avec son architecture de brique typique du règne de Henri VIII est un lieu important de la Royauté. C’est ici que se rassemble la garde de sa Majesté. C’est aussi du balcon que sont annoncées les morts et naissances des souverains.

Red Lion Tavern, derrière St James

Le bâtiment classique qui jouxte le Palais sur le Mall porte le nom de Clarence House et héberge le prince de Galles. Le Mall relie Trafalgar Square et le Palais de Buckingham. Elle est le lieu des grands défilés protocolaires.

Buckingham Palace

Au-delà du Parc Saint-James et de Green Park, on atteint la Résidence de la reine.

George III acheta la maison de Buckingham en 1761. George IV chargea l’architecte John Nash de transformer la maison de la Reine en un palais au début du XIXe s. Il ne devint résidence royale que sous Victoria en 1837.

Cet immense édifice peut se visiter l’été lorsque la famille royale se retire à Balmoral.

Vermeer à la Queen’s Gallery

En revanche, on peut visiter toute l’année les Ecuries Royales. On peut également se régaler de peintures à la Queen’s Gallery. Cette pinacothèque offre de très belles expositions. La collection permanente tient en 3 grandes salles. On y admire quelques œuvres magnifiques, des vedutistes mais surtout un remarquable regroupement d’œuvres de Rembrandt, parmi lesquels deux autoportraits, à 34 et 65 ans ainsi que le portrait de l’armateur et de son épouse. Parmi les chefs d’œuvre, un autoportrait de Rubens révèle une facture exceptionnelle. Sa qualité picturale le fait ressortir dans une galerie de grande qualité. Outre les magnifiques Rubens et Rembrandt, on admire la jeune femme au Virginal de Vermeer, Jan Steen et tant d’autres.

autoportrait de Rembrandt

 (ceci étant à choisir entre la fabuleuse collection de la NG gratuite et celle-ci il n’y a pas hésitation.)

autoportrait de Rubens

Pour parachever notre découverte de la Londres royale Windsor.

Hampton Court , Tower of London et Victoria en ses quartiers que j’aborderai bientôt

Whitehall

Pour faire suite à mon article sur Westminster, https://visitesfabienne.org/westminster/ je vous propose maintenant de remonter Whitehall. Cette rue « du Parlement » a beau être le lieu le plus fréquenté des touristes, on peut encore y découvrir des surprises. En quittant les quais de la Tamise et tournant le dos au Parlement mais aussi à la place du même nom, nous allons remonter Parliament Street, épicentre du gouvernement britannique.

Pourquoi Whitehall ?

Que la rue porte le nom de Parliament Street on le comprend aisément puisque les bâtiments publics de la monarchie britannique la bordent.

 En revanche le vocable de Whitehall nous rappelle qu’ici se trouvait l’énorme Palais de Henri VIII disparu dans l’incendie de 1698. Le roi avait réquisitionné la magnifique résidence du Cardinal Wolsey pour la faire sienne. Les façades de pierre contrastaient avec la brique des constructions de la capitale. https://www.hrp.org.uk/banqueting-house/history-and-stories/the-whitehall-fire-of-1698/#gs.cjxkz8

  Aujourd’hui, le terme de Whitehall désigne le Gouvernement britannique, au même titre que l’ « Elysée » désigne la présidence française.

Parliament Street est aussi surnommée le corridor parlementaire. En la remontant, on longe les ministères de la culture, puis des finances. La petite rue sur la gauche qui débouche sur St James Park mène au cabinet de guerre de Winston Churchill.Ceux-ci se visitent pour un prix extravaguant. https://www.iwm.org.uk/visits/churchill-war-rooms Un peu plus loin sur Parliament street, les grilles bondées annoncent Downing street, résidence au 10 du premier ministre (PM) et au 11 du chancelier de l’échiquier (ministre des Finances). Il est aujourd’hui quasi impossible de distinguer la fameuse maison de brique dont le premier locataire fut Robert Walpole.

En revanche, le cabinet du PM s’étend largement le long de Whitehall, faisant face au ministère de la Défense. Au centre de l’avenue, deux monuments aux morts rappellent le soldat inconnu (le cénotaphe) et le rôle des femmes durant la GM2.

On accède alors à Horse Guard, siège de la garde montée de sa majesté. Amateurs de chevaux, parades, guerres et autres uniformes, ici aussi un musée s’offre à vos yeux ébahis : https://householdcavalry.co.uk/museum/

La Banqueting House, seul vestige de Whitehall

Je vous conseille de traverser la rue pour admirer la fantastique façade de Banqueting House. Ce magnifique édifice est quadruplement important dans l’histoire de Londres. En effet, il fut le premier bâtiment de la Renaissance dans la capitale . Construit en 1626 par Inigo Jones il devait apparaitre comme révolutionnaire dans la ville de briques et colombages qu’était alors Londres. https://visitesfabienne.org/palladio-a-londres/

Banqueting House

 Il est d’ailleurs le seul survivant du magnifique palais « Whitehall » de Henri VIII. En outre c’est la seule maison royale de banquets qui nous soit parvenue du 17es.  En réalité, outre les banquets c’était surtout un lieu de réunions et de plaisirs.

Enfin c’est devant ces fenêtres que le seul roi assassiné de l’histoire d’Angleterre. Charles Ier (dont on voit le buste au-dessus de la porte) y perdit la tète en 1649. Ce roi, amateur d’art éclairé, commissionna d’ailleurs les fresques du plafond à Rubens. Si vous adorez Rubens, vous pouvez vous offrir la visite : https://www.hrp.org.uk/banqueting-house/#gs.cm7a49

De Banqueting House, le regard se porte désormais sur Trafalgar Square, annoncée par la colonne de Nelson. D’ici on peut alors remonter vers la place en passant juste devant la bizarre statue équestre de Charles Ier revenue après la guerre civile et la restauration et érigée à l’emplacement d’une croix (la fameuse Charing cross qui a donné son nom à la gare voisine) .

Banqueting House, seul vestige de Whitehalll


Au contraire, on peut retraverser et passer sous le bâtiment de la garde montée, traverser la champ d’entrainement le long du ministère du commerce extérieur, contourner le bunker face au monument aux soldats de la GM1 dans st James Park. On contourne alors ce blockhaus recouvert de vigne vierge pour rejoindre l’arche de l’Amirauté, a priori bientôt transformée en Hôtel de luxe.

Horse Guards Field

Trafalgar Square

Cette arche, dont l’arcade centrale ne peut laisser passer que des membres de la famille royale, s’ouvre néanmoins aux coureurs du Marathon de Londres. Elle débouche sur Trafalgar Square dont la colonne surmontée par l’amiral Nelson sert de point de départ à toutes les grandes manifestations. C’est également sur cette place que se trouve le point zéro des routes anglaises. De grandes institutions la bordent, comme l’église Saint Martin des Champs ou la National Gallery où je vous convierai bientôt.

colonne Nelson sur Trafalgar square

Petit clin d’oeil, on y voit également le plus petit commissariat du pays, caché dans une guitoune :

Commissariat de Police sur Trafalgar Square

Rarement en manque d’humour, la mairie confie d’ailleurs à des artsites contemporains le soin d’orner le socle laissé libre face à la statue de Georges IV.

The End, sur la place Trafalgar

Saint-Pancras

En carafe à Saint-Pancras, je vous propose quelques idées de balades. Plus précisemment j’inaugure ici une petite série sur les quartiers de gares. Aujourd’hui donc commençons à l’arrivée de l’Eurostar, à la gare Saint-Pancras, du nom d’un martyr chrétien.

Saint Pancras Station

Car les métros et trains prennent parfois du retard à Londres. C’est même le moins que l’on puisse dire. Et les trains ne sont pas toujours à l’heure. Ce malgré leur numérotage amusant. Au Royaume-Uni en effet, les trains ne sont pas désignés par un numéro ou un petit nom mais par leur horaire présumé de départ. C’est ainsi que le 10.02, s’il accumule du retard, peut partir bien après le 11.15.

Train et métro même combat.

On est donc parfois obligé de passer plus de temps que prévu aux abords des gares.

Le voyageur de Saint Pancras

Or les gares situées en périphéries de la ville victorienne lors de leur construction sont reliées entre elles. Ainsi, la Metropolitan line, creusée en 1863, relie les gares du Nord. Elle dessert notamment Euston, Saint-Pancras, Kings cross, Farringdon et Liverpool Street. C’est aussi la première ligne de métro de la capitale, et du monde,

 L’idée consistait ensuite à relier cette ligne à une ligne circulaire (la Circle line) pour rallier facilement les autres gares. Le Musée des Transports propose à ce sujet de belles explications.https://www.ltmuseum.co.uk/collections/stories/transport/metropolitan-line

Tendres retrouvailles à Saint-Pancras

Que vous disposiez d’une demi-heure ou de 2 heures, il y a forcément de quoi explorer autour des nœuds ferroviaires, avec en prime la possibilité de profiter des très chères consignes !

Autour de Saint-Pancras et King’s Cross

Là c’est facile, les deux gares se jouxtent et partagent une belle esplanade où écouter de petites formations musicales. On peut aussi grignoter un sandwich, se laisser envahir par la rumeur de la ville.

Harry Potter à King’s Cross

Si vous n’avez que 5mn et que vous adorez Harry Potter, ne manquez pas la pancarte platform 9 ¾. C’est le point de départ du Hogwarts Express juste à côté de la boutique. Les scènes d’extérieur ont en revanche été tournées devant le bel hôtel victorien Saint Pancras.

Pour les férus d’archéologie, une légende raconte que la tombe de la fameuse Reine Boudica se trouverait sous le quai 13. https://londonist.com/2016/08/is-boudica-buried-in-london

Si vous appréciez l’architecture et ne disposez que peu de temps, profitez-en pour admirer l’hôtel st Pancras, merveille victorienne. Vous pouvez également vous amuser des sculptures de la gare. Amoureux d’architecture encore, le toit réticulé de John Mc Aslan à King’s Cross redessine la gare depuis 2012 et vaut le détour.

Le magnifique toit de King’s cross

Vous disposez de plus de temps

Si vous disposez d’au moins 30/45mn, vous pouvez remonter derrière le Gymnasium, ancien lycée allemand reconverti en bar à bière. De ce point, entre les deux gares, on rejoint le canal. Tout autour,s’est monté ces dernières années un magnifique centre commercial aéré avec petit marché gourmand. Pas la peine donc de rester enfermé dans la gare pour un sandwich insipide.

Le canal derrière Saint Pancras

Si vous avez vraiment un moment à tuer entre deux correspondances, direction la ravissante vieille église de St Pancras en redescendant le long du bassin sur St Pancras Road. A ne pas confondre avec la New Church plus près de Euston. cette jolie église de campagne reconstruite à la période victorienne a conservé des vestiges romans ainsi que son charmant cimetière. Y est enterré John Soane le grand architecte et collectionneur. Ce mausolée un peu pompeux serait à l’origine du dessin des fameuses cabines téléphoniques rouges.

Eglise Saint Pancras

Un peu plus loin, des tombes s’entrelacent autour d’un arbre, rassemblées lors de la réfection de l’ensemble par le célèbre romancier, architecte de formation, Thomas Hardy, au moment de la construction des gares.https://stpancrasoldchurch.posp.co.uk/history/church-history/

Non loin, se trouve également la Bibliothèque Nationale, avec de belles expositions. La galerie permanante offre à la vue de magnifiques manuscrits et un rare exemplaire des quatre originaux de la Magna Carta.

Bibliothèque Nationale

Si vous disposez d’une demi-journée, libre à vous de continuer votre balade le long du canal pour rejoindre l’animation de Camden Town.

Le canal derrière Saint-Pancras

Le Vedado

Le quartier de Vedado aujourd’hui centre commercial névralgique de la Havane s’articule autour de la calle 23. 

Après la Vieille ville et le quartier de Centro, Vedado fut en effet  le troisième territoire ouvert au développement urbain à la charnière des 19 et 20 èmes siècles.

Une des belles demeures de l’avenue du Paseo, aujourd’hui maison de l’Amitié

L’edificio Focsa depuis le Malecon et le stade Jose Marti

Le Vedado, les charmes d’un quartier aéré

De nos jours, Il est aussi peuplé que le quartier de Centro, pour une superficie double. Il est donc plus aéré et moins densément peuplé. En 1870, on n’y comptait que vingt maisons.

Le développement du quartier n’a réellement débuté qu’à la fin du XIXe siècle. Et il a atteint son apogée dans la première moitié du XXe siècle (1920/50) avec la flambée du prix du sucre.

Le Vedado  désigne ses rues par des lettres. Le mot espagnol de Vedado signifie réserve, chasse gardée, ce qu’était l’actuel quartier à l’époque coloniale. Sa partie Est  se situe sur des collines calcaires. On y extrayait de quoi construire la ville. A la base, cette colline boisée entourée de grandes exploitations agricoles permettait de surveiller l’arrivée de pirates ou d’ennemis.  Cette zone avait été bâtie jusqu’au Paseo (les rues portant des numéros pairs) sous le nom de quartier du Carmel.

devant l’Université L et 23

Un exemple de planification

En fait, dans les années 1870, l’urbanisation de ce quartier a représenté l’une des premières tentatives de planification urbaine répondant à des exigences rationnelles.

L’urbaniste Luiz Yboleon Bosque est à l’origine d’un plan en 1859 pour lotir la zone délimitée par le Rio Almendares, le Malecon, le cimetière de Colon et la Calle Infanta. Cette dernière prend le nom de l’Infante Isabel qui régna sous le nom d’Isabel II entre 1843 et 68. Le quartier continue jusqu’au San Lazaro, la rue  la plus proche du bord de mer avant la construction du Malecon. Elle accueillait  les institutions hospitalières. Plutôt inhospitalières en fait : asile, orphelinat, hospice pour lépreux, cimetière Espada (1804/78). Des piscines étaient aussi aménagées le long du littoral.

Le quartier s’organise autour de deux larges avenues sur le modèle parisien : G ou Président et Paseo. La Linea traverse perpendiculairement ces deux artères plus larges et entièrement arborées. Les lignes de transport à cheval puis en tramway donnèrent son nom à l’avenue « Linea ».

Le plan, d’ailleurs respecté, prévoyait des quadrilatères, d’une centaine de mètres de chaque côté. Les seules exceptions se trouvent entre les rues C et D (de 80m de large) et entre D et E (de 120m de large). Douze parcelles, les 4 plus grandes aux coins, les 8 moins grandes au centre occupaient chaque carré. Chaque parcelle devait comporter 5 mètres de jardinet devant la maison et 4 mètres de portique. Ces normes donnèrent  une vraie homogénéité adoucie par la végétation.

Maison du Vedado

Considéré comme un modèle de développement urbain, le quartier se caractérise par la combinaison harmonieuse de maisons de styles variés. Celles-ci s’alignent le long de rues arborées, disposées en damier et identifiées par des lettres et des chiffres depuis l’avenue Paseo.

Un itinéraire dans le Vedado

  • Commencer par le Musée Napoléon
  • puis l’Université. Un grand escalier surmonté par la figure maternelle de Alma Mater mène ,au bâtiment du Rectorat puis des Sciences. Face à l’escalier monumental se trouve la Bibliothèque. Les moines dominicains fondèrent cette Université dans la vieille ville en 1728. Sécularisée en 1842, elle déménagea après 1902 sur cette colline. L’ensemble constitue un complexe néoclassique avec des accents parfois art-déco construit entre 1906 et 1940.
  • En contrebas, devant l’escalier, place avec monument à Juan Antonio Mella leader estudiantin et créateur du Parti Communiste sous Machado exilé et assassiné au Mexique en 1929.
  • Puis la rue San Lazaro mène à la rue Infanta, limite du Vedado et du Centro avec l’église ND du Carmel construite en 1872 dont le clocher de 60m ne fut terminé qu’en 1908 en raison de fissures dans le mur.
  • On peut reprendre la calle L depuis l’Université vers l’Hotel Habana Libre, ex Hilton, construit 10 mois avant la Révolution. Il s’inspire ouvertement du breakers Hotel de Plam Beach en Floride. Admirer la mosaïque d’Amelia Pelaez. Cet hôtel servit de premier lieu de commandement de Fidel Castro depuis le 24e étage.
  • L’angle de L et 23 est l’un des hauts lieux de la Havane, c’est l’amorce de la Rampa (partie de la 23 en déclivité, où se regroupent cinémas, boites, bar). A l’angle face à face, se trouvent le cinéma Yara et le glacier Coppelia. Le bâtiment en béton armé date de 1966. En forme d’araignée il peut accueillir 1000 gourmands très patients ou amateurs de queue. On peut se contenter de la caravane sur le côté, mêmes glaces en devises, sans attente. Ceci dit, Les glaces étant ce qu’elles sont on peut s’en passer….
Université de la Havane

Les Hauts lieux de la Mafia dans le Vedado

  • On peut  faire un détour par l’Hotel Nacional construit en 1930 pour la pègre par MCKim Mead. Dans le jardin, subsistent les canons et casemates de l’antique fort Santa Clara sur la falaise. Dans l’Hôtel, le casino faisait face à la Floride en pleine prohibition. Les architectes New Yorkais combinèrent les styles art déco/ néo-classique/ néo colonial avec des mosaïques mudéjares, du marbre local, de beaux plafonds de bois. https://www.hotelnacionaldecuba.com/
  • On peut remonter vers l’Hôtel Capri pour parachever cette visite des hôtels construits pour la Mafia. Il faudrait rajouter le Riviera, inchangé depuis 1957  avec une vue incroyable sur le Malecon depuis le bar. Je recommande les soirées jazz du bar Elégant les vendredis et samedis à partir de 22h. https://www.iberostar.com/en/hotels/la-habana/habana-riviera-by-iberostar/
  • On passe alors devant l’edificio Focsa. Cet immense délire de béton armé de 1956  fait du Corbusier de la Cité Radieuse un petit joueur.  Surtout, il laisse imaginer à quoi le quartier aurait pu ressembler si la ville était restée aux mains des américains. On peut pousser sur la Linea pour admirer le magnifique édifice Art déco Lopez Serrano.
  • Enfin, en continuant calle 17 on peut marcher jusqu’au musée des Arts Décoratifs voire jusqu’à la casa Musica sur Paseo et au parc John Lennon . On revient alors sur l’avenue des Présidents vers l’hôtel Président (1927), le Musée de la danse et la Casa de las Americas, merveille Art-Déco.
Casa de la Musica

Les belles Places de la Vieille Havane

Place d’Armes, Statue de Ferdinand VII et Fuerza Real

Pour une première approche, une balade à pied vous permettra de découvrir les Belles places de la Vieille Havane.

Les agences de tourisme nomment ce circuit le kilomètre d’or. Il permet de comprendre l’urbanisme original de la vieille ville. Contrairement aux autres villes coloniales, organisées autour de la Plaza mayor, la Havane est en effet une ville polycentrique. Ce qui signifie que au lieu de concentrer tous les pouvoirs coloniaux sur une même place, différents centres se sont formés au cours du temps. J’explique cet urbanisme particulier dans cet article : https://visitesfabienne/la-havane/la-havane-2/

 

Place d’armes, le pouvoir politique

Plaza de Armas, statue de CM de Cespedes

En débarquant du bateau, du taxi, ou du bus, on se rend Plaza de Armas.  C’est ici que tout a commencé avec la construction du fort, la Real Fuerza fin XVIe. Il nous rappelle que les Espagnols ne sont pas venus en pacificateurs mais bien en conquérants. Ils ont ensuite endossé l’habit de missionnaires comme en atteste la petite croix à l’emplacement de la première église paroissiale dans la cour du Palais du Gouverneur. Le petit Templete,  construit en 1828 aux formes néoclassiques commémore le lieu de naissance de la ville. La place est aujourd’hui un lieu agréable avec son petit jardin. Le Palais du Gouverneur  ou Palais des capitaines Généraux  est devenu un  musée .https://es.wikipedia.org/wiki/Palacio_de_los_Capitanes_Generales_(Cuba) 

Vous pouvez prendre un café au Santa Isabel, bel hôtel ancien au charme suranné en évitant le détour par les toilettes.

Place de la cathédrale : le pouvoir religieux

Pour continuer sur ces belles places, vous pouvez vous rendre Plaza de la Catedral. De là on peut faire un détour pour déguster les meilleures glaces de Cuba (c’est normal la patronne est francaise) chez Helado d’oro rue Aguiar 206 ( rue de droite juste après la célébrissime mais bondée Bodeguita del Medio).

Palais sur la Place de la Cathédrale

 Revenir place de la cathédrale, dans le petit callejon del Chorro se trouve un paladar très connu Dona Eutemia (mais il faut réserver). En face de celui-ci; une petite patisserie Bianchini sympa mais populeuse…. En longeant le musée d’art Colonial par la rue Ignazio, on passe devant une petite boutique de déco café sympa à tous points de vue Piscolabis… On rejoint alors  la rue Obispo en longeant sur la gauche (en direction de la place d’Armes) le bâtiment moderne de l’université. Il se tient à l’emplacement de l’ex-couvent des dominicains. On en voit encore le cloitre avec puits, portail et abside ainsi qu’une maquette (en contournant par le corridor intérieur). Sur la droite, les deux maisons les plus anciennes de la Havane (peintures murales et buzon – boite aux lettres)

Place Saint François : marché et couvent

Pl Saint François

On emprunte maintenant la rue Oficios qui mène à la Plaza s Francesco. On peut envisager une pause au café Mercurio dans la Lonja de Comercio belle construction du début du XXe . La terrasse sur la place est plaisante. Vous pouvez alors longer le couvent . Il abrite un musée d’art sacré. La montée au clocher permet de jouir d’une magnifique  vue. En fin de semaine des formations locales jouent de la musique classique. L’église est pourvue d’un trompe l’œil en guise d’abside. Le chœur est plat et en diagonale, parti pris contestable du restaurateur. Il est vrai que nous sommes ici sur le port et que la ligne de rivage a dû changer. La vieille ville était enserrée entre les couvents des ordres mendiants, les franciscains ici, et les dominicains donc juste derrière le Palais des Capitaines Généraux sur la place d’Armes.

En quittant Saint Francois, on arrive devant le wagon Mambi. Il s’agit du wagon présidentiel de l’éphémère république cubaine, avec la chambre de Monsieur, la Chambre de Madame, le salon, la salle à manger le tout en acajou. Quasiment en face, se tient le bâtiment qui abrita le Parlement de 1906 à 1929, date de la construction du Capitole avant d’accueillir le musée de l’alphabétisation.

Place de la vieille ville : le centre économique

Pl de la Vieille Ville, la Havane

On prend alors la rue Muralla en face pour remonter sur la Plaza Vieja, https://visitesfabienne/place-de-la-vieille-ville/ Cette place accueillait l’ ancien marché. Elle devint un lieu des réjouissances publiques puis un parking avant d’être restaurée dans les années 1990. Des photos insistent sur cette restauration. Elle a permis de remettre en état les belles demeures XVIIIe qui la longent au sud. En revanche, la partie nord remonte aux débuts du XXe. De là, on rejoint la place d’Armes par la calle Mercaderes. On peut s’arrêter au Museo du chocolate pour une délicieuse tasse de chocolat à la tazza chaude ou froide. Sur la Plaza Vieja, on trouve également une brasserie très sympa  pour la bière. Le café Bohemia offre une très agréable halte dans son patio. On peut y louer des chambres. On peut préférer le café Escorial pour ses cafés.

Vous pouvez télécharger l’application suivante https://www.escapad.io/ pour retrouver cet itinéraire sur une carte interactive. (visites.fabienne/ Cuba)

Centre culturel Belge, Vieille Place, la Havane

Le Centre historique de la Havane

Patrimoine mondial de l’UNESCO, le centre historique de la Havane reste une des cités coloniales espagnoles les mieux conservées de la zone Caraïbe. Rien n’a altéré son charme dans ce pays où le temps s’est arrêté. Mieux encore, le quartier a su profiter des subsides internationaux pour s’offir une cure de jouvence.https://whc.unesco.org/fr/list/204/

Mais en quoi consiste le charme particulier du centre  historique de la Havane?

za Real depuis la Place de la Vieille Ville

Un urbanisme colonial typique mais original

La colonie espagnole typique s’organise autour d’une place centrale qui concentre les pouvoirs économiques, politiques, militaires et religieux.

Cependant, la capitale cubaine se distingue par une organisation polycentrique. Fondée en 1509, après les 7 autres villes coloniales de l’Ile , elle n’est devenue capitale de l’ile qu’en 1607.  Ainsi, le lieu fondateur, la place d’Armes faisait office de traditionnelle plaza Mayor. Aux débuts de la colonie, cette esplanade a cumulé les fonctions militaires, politiques et même religieuse.

https://visitesfabienne.org/cuba/la-havane/la-vieille-havane/belles-places-de-la-vieille-havane/

En effet, la forteresse Royale jouait un rôle politique et militaire. Le centre de la place était lui affecté aux manoeuvres. Lorsque la ville a grossi, au XVIIIème siècle, on a construit le Palais des Capitaines Généraux . Celui-ci ne séjournant que peu sur l’Ile, on lui a adjoint un gouverneur en second, logé dans le Palais du Vice Gouverneur ou Palais du Capitaine en second. Le centre de la place a alors été aménagé en un joli jardinet.

Cette place d’Armes, accueillit aussi la première messe comme en attestent les peintures de JB Vermay dans le Templete. La première église, elle, se trouvait dans l’actuel Palais des Capitaines Généraux. Elle s’est ensuite déplacée vers une nouvelle place, celle de la cathédrale.

Cathédrale de la Havane

Un déplacement progressif du centre de la Vieille Havane

La place de la Cathédrale forme donc le second volet de cette organisation polycentrique. Elle s’articule autour de l’immense édifice jésuite et des beaux palais XVIIIe qui l’entourent. Très scénographique cette place baroque est construite sur un marécage. Elle nous ferait presque oublier que les jésuites débarqués sur l’ile en 1566 et installés dans un petit oratoire furent chassés en 1767. L’église fut alors terminée puis consacrée en tant que cathédrale. Le collège de 1721 la jouxtant à l’arrière devint séminaire Saint Charles. La place, rénovée, avec le réaménagement du musée, d’une bibliothèque, d’un café littéraire  est reliée à la troisième grande place.

La rue San Ignazio part du Collège Jésuite et mène à l’ancienne place Neuve, aujourd’hui devenue place vieille,. Cette rue est la seule à porter la trace de l’ancien oratoire et de la titulature de l’église de la Compagnie de Jesus.

Cette fois il s’agit d’une place sans vocation religieuse et organisée en tant que marché, ce qui explique l’immense foirail en son centre. Elle a permis de désengorger la place St Francois sur laquelle le bruit des commercants mettait en péril l’écoute de la messe….

C’est aussi de la place st Francois, quatrième des places de la Vieille Havane que partait le chemin de croix qui mène à la cinquième et dernière des places havanaises : la place du Christ voyageur. Son caractère presque campagnard l’a longtemps tenue à l’écart des circuits. Ce qui lui a permis d’arriver presque intouchée en ce début de XXIe siècle. Elle s’affirme aujourd’hui comme le centre « hype » de la capitale cubaine et abonde (à la manière locale : elle abonde modérement et pour l’observateur avisé…) en petits cafés et boutiques.

Place Saint-François, Vieille Ville

Les jardins de la Tropical de la Havane

Les Jardins de la Tropical sont un petit coin isolé dans l’espace et le temps de la Havane.  Ils nous replongent dans les racines arabes de l’art espagnol.

L’art Mudéjar

Pour découvrir la Havane mudéjare, il faudrait commencer par un café à l’hotel Sevilla. Après quoi, le Musée archéologique (Tacon 12) ou au 12 Oficios illustre bien le legs architectural arabe à Cuba.

L’architecture mudéjare (ou pseudo mudéjare dans le contexte cubain) est celle construite par les musulmans en terre espagnole après la reconquète. Au XVIIe à Cuba, il ne reste de cet héritage que l’organisation autour d’un patio central. Celui-ci sert à la fois d’espace de circulation, de puits de lumière. L’utilisation de techniques de maçonnerie, et de décors comme les arcs trilobés ou en demi-pointe hérite également des influences arabes.

http://islamicart.museumwnf.org/exhibitions/ISL/mudejar_art/introduction.php

On peut aussi longer les édifices plus tardifs de la calle Muralla y Egido. Plus insolite, on peut se rendre aux improbables Jardins de la Tropical, le long du rio Almendares.

Les étonnants Jardins de la Tropical

Construite à la fin du 19e siècle par la famille Herrera, propriétaires de la brasserie la Tropical, ces jardins sont en phase de restauration lente. Cosme Blanco Herrera, président de l’usine, acheta La Tropical. Il s’agissait de l’ ancienne propriété de Andrés Fernández. Le nouveau propriétaire l’agrandit, la modernisa et l’ouvrit au public en 1897. Puis il acquit Havana Brewery, une grosse entreprise de bières cubaine qui employait beaucoup d’ouvriers.

La famille habitait alors une somptueuse demeure sur la Linea. Le brasseur avait une vision assez moderniste, quasi fourriériste, pour ses employés . En 1917, profitant du succès de ses boissons glacées, il ouvrit un centre de vie près de l’usine pour ses ouvriers. Le lieu comptait une école de société ainsi qu’un parc pour aérer les employés le dimanche.

L’immense parc ouvrait sur la terrasse supérieure. Un bâtiment d’allure  mediévale se dressait doté d’une façade éclectique mais un intérieur mauresque. Construit en 1912, l’ensemble se composait de fontaines et jeux d’eaux et de salons décorés d’azulejos et de stucs. Le tout s’inspirait de l’Alhambra de Grenade.

 

Le salon du rez-de chaussée éblouissait par les couleurs chaudes de ses azulejos et la finesse des stucs des colonnades, sa coupole décorée de muqarnas, ses motifs floraux. La folie architecturale a en effet été poussée jusquà des inscriptions calligraphique a priori fantaisiste. Cette pièce servit de salon de jeu, de danse après les années 1920. Un escalier mène à un salon du même style. Néanmions, le niveau supérieur et la terrasse du sommet attendent d’être remis en état.

Salon Ensueño, big rooms without walls on the sides © Cuba Absolutely, 2014

Une splendeur fânée

Il faut imaginer les lieux au temps de leur splendeur, lorsque les fontaines se déversaient en cascade jusqu’à la rivière. A l’époque, une fois le petit château dépassé, on s’engageait sur des allées qui menaient à de fausses ruines dans le ton des parcs publics contemporains en Europe. Un niveau intermédiaire abritait ainsi une grande salle couverte utilisée comme salle de bal pour 500 personnes. Dans la période d’oubli des années 1990, elle servit de lieu de vente pour des brocanteurs improvisés. Un grand espace couvert, de petits cabanons de béton imitant des petites constructions de bois, des petits cafés, kiosques, grottes labyrinthes, tourelles et terrasses panoramiques complétaient l’ensemble.

Au début du siècle, le parc devint vite un lieu très fréquenté par la haute société cubaine. Les meilleurs orchestres s’y produisaient. Dans les années 1920, la fabrique fut fermée. Pourtant le petit palais mauresque fut transformé en salon de jeu puis en restaurant (le Madrid) fermé et désaffecté dans les années 1960. La bâtisse tomba alors dans l’oubli et les batiments négligés tombèrent en ruine. Puis au début des années 2000 le projet de restauration commença et dura 10 ans pour transformer le lieu en centre cuturel pour des gens du quartier d’un milieu culturel defavorable. Toute la communauté alentour a contribué au projet pour former des travailleurs dans le quartier… L’esprit paternaliste et social du parc est resté mais il manque encore des financements notamment pour achever la restauration prise en main par le Parc Métropolitain de la Havane pour en faire une zone écologique.

Pour y acceder : Avenida 51, barrio de Marianao, près du Puentes Grandes. A ne pas confondre avec le Salón Rosado de La Tropical, ave 41, salón de danse

À lire : Yaneli Leal del Ojo de la Cruz : Los Jardines de la Tropical

https://www.atlasobscura.com/places/los-jardines-de-la-tropical