Salcete

Le taluka de Salcete se trouve dans le sud du petit état de Goa. Cette région doit sa renommée à ses longues plages de sable fin et son arrière pays aux paysages luxuriants.

facade Margao
riziere sud de Goa

Margao, seconde ville de Goa et capitale de la région de Salcete est un peu particulière. Elle offre une ambiance presque fantomatique. Pourtant, le cœur de la capitale du sud et  plus grosse ville économique de Goa correspond à un bel ensemble de maisons coloniales.  La région de Salcete jouit par ailleurs de magnifiques plages et une nature superbe.

raccomodage de filet de pêche

Margao

Margao, facade art deco

Avant l’arrivée des Portugais en 1579, il y avait déjà des temples.  Mais le village hindou en bord de rivière Sal se convertit rapidement sous l’influence des colons catholiques. Margao a beau croître rapidement, elle ne parvient pas encore à 100 000 habitants. C’est donc un gros bourg pour l’Inde plus qu’une réelle ville.

new market Margao

Le centre colonial se répartit autour de deux centres.

Tout d’abord La belle Église du St Esprit sur la place principale. De jolies maisons coloniales l’entourent. En revanche, les rues désertes confèrent une ambiance étrange. L’église remonte à 1675. Avec sa belle façade on ne s’attend pas aux extravagances baroques de l’intérieur. Tout autour de la place se succèdent les belles maisons coloniales de la riche élite catholique de l’époque portugaise. Dotées de balcons et de vérandas elles ne dépassent pas deux étages. La rue du vieux marché parallèle à la place concentre les magasins. Un peu tristounette, cette partie de la ville attire malheureusement davantage les chiens hurleurs, les voitures lancées à pleine vitesse que les visiteurs.

eglise de Margao

Plus haut sur la colline, on voit de beaux bâtiments administratifs, face au Jardin municipal. Les marchés Afonso de Albuquerque ou « Pimpalakatta », et le Mercado Velho soulignent combien la ville draine la richesse économique du taluka. L’hôtel de ville aux lignes  néoclassiques et le Jardin marquent le centre de la ville actuelle. On trouve quelques restaurants, voire des pâtisseries assez chouettes.

jolie maison coloniale Margao

La visite de Margao vous a laissé sur votre faim?  Pourquoi ne pas terminer votre journée sur une des magnifiques plages alentours?

facade bleue Margao

Des plages autour de Margao

Les plages connues autour de Margao portent des noms portugais. Colva, Benaulim, Majorda, Varca. Découvertes plus tardivement par les touristes, elles sont aussi plus loin de Bombay. Elles restent donc un peu à l’écart des grosses fêtes et grandes chaînes hôtelières. Pour une escapade calme, elles se révèlent idéales.

page Taluka Salcete

Etonnamment par rapport à l’idée que l’on se fait de Goa, elles ont donc conservé un vrai charme. On y voit par exemple des scènes émouvantes. Rares sont les baigneurs ou les partisans du bain de soleil.

retour de pêche

Il n’est pas forcément facile de s’y baigner en effet. Le drapeau ne quitte d’ailleurs guère la couleur rouge. Des fonds marins et des courants rendraient la zone dangereuse. N’oublions pas cependant que les Indiens ne sont pas des grands nageurs et qu’il vaut toujours mieux prévenir que guérir. Les plages indiennes sont donc le plus souvent déconseillées à la baignade. Pour autant, ces plages sont très ensablées et il faut à marée basse marcher sur des kilomètres avant d’espérer trouver une profondeur suffisante à la baignade.

pêcheurs

En revanche, le sable fin invite à la détente. De petits cafés ponctuent les longues balades. On y sert même de l’alcool. Ces guinguettes de bois ne sont pas toujours de hauts lieux culinaires. En revanche un cocktail en bord de mer à la nuit tombé n’est pas si courant en Inde pour être négligé.

sur la plage

Surtout ces plages, restées authentiques, offrent des spectacles incomparables. Vaches menées à la baignade. Pêcheurs raccommodant leurs filets. Départ ou retour de pêche et vente des petits poisons tombés du bateau. Toutes sortes de scènes s’y succèdent pour ceux qui fatigueraient de passer leur journée sous le parasol.

en revenant de la pêche, Goa

Non loin de la bordure maritime, la vie des locaux se révèle plus typique . Ici, on voit des combats de bœufs ou de chiens, des gens repiquer le riz les pieds dans l’eau, des cérémonies. De jolies fermes blanchies à la chaux se perdent dans un paysage tropical. Seul hic, la multiplication des chiens errants de plus en plus agressifs.

plage Goa sud

Bengalore

Pourquoi aller à Bengalore ? Après tout c’est une énorme ville pas particulièrement connue pour ses beautés. Plusieurs raisons peuvent cependant vous pousser à un voyage vers la capitale du Karnataka.

D’abord vous pouvez y aller pour affaires, puisque elle connait l’expansion la plus rapide d’Inde. Elle est aussi moderne et attractive. Cette semaine je vous propose quelques lieux dans cette ville rafraichissante, eh oui.

Une ville pour se rafraichir

 Si vous habitez Chennai, Bengalore présente bien des atouts. Située à 1000m d’altitude il y fait plus frais que dans la capitale du Tamil Nadu. Et 10 degrés en plein été ce n’est pas rien, croyez moi.

Et puis si Bengalore n’est pas la ville la plus spectaculaire du pays, elle jouit de jolis lieux, d’agréables restaurants et bars, de grandes avenues et surtout, fait rare en Inde, quasi inconnu dans le sud du pays, il y a de nombreux parcs aérés et joliment dessinés. En outre on peut s’y déplacer à pied car il y a des trottoirs. Le métro est pratique et permet d’éviter les rues complètement congestionnées par une circulation démentielle.

Le surnom de ville jardin n’est pas usurpé. Du grand poumon vert Cubbon park, au jardin botanique, en passant par une multitude d’espaces verts, la capitale du Karnataka soigne sa chlorophylle.

Cubbon Park

Bien sûr on commence par cet immense parc de 300 acres au cœur de la ville. Bien dessiné, entretenu, on y trouve même des poubelles et des bancs. Venant de Chennai, c’est déjà un exploit. On n’y sent même pas les remugles nauséabonds des égouts ou des pissotières en pleine nature. Des statues et édicules ponctuent les pelouses. Des animaux s’ébattent en liberté, petits écureuils indiens et, moins plaisant, serpents. Attention donc de ne pas partir folâtrer pied nu dans les bosquets… De nombreux chemins mènent à l’aquarium et, en lisière du parc, aux grands musées de la ville. Il s’agit du musée du Gouvernement, de la Galerie nationale et du musée des arts et techniques. Les deux premiers occupent un beau bâtiment néoclassique peint en rouge.

Jardin Botanique de Bengalore, le Lal Bagh

Un tout petit peu plus petit (240 acres) et excentré ce magnifique parc occupe une belle demi-journée voire plus. Moyennant un léger droit d’entrée, on profite de belles allées ombragées d’arbres majestueux. Inutile de se préoccuper de l’horloge florale en dépit de ce que racontent les guides. En revanche l’énorme arbre à coton reste impressionnant. Les serres n’ont conservé que leur toiture mais donnent à imaginer ce qu’était une serre victorienne. Les jardins à thème, qu’ils s’agissent de celui des lotus, des bonsaïs ou de la roseraie offrent de jolis arrêts. Un templounet en guise de tour posé au sommet des monticules rocheux (Lalbagh rock) marque l’un des points cardinaux. Il limitait la ville ancienne. De là on jouit d’une jolie vue sur cette cité qui n’en finit plus de grandir et sur les gratte ciels. On peut encore faire le tour du lac et admirer les palmier royaux alentours.

Ulssor Lake

Vous l’avez compris, en arrivant de Chennai, profiter de la verdure est déjà un programme à part entière. Pour autant tous les parcs ne se valent pas. Celui-ci offre une promenade circulaire pas désagréable pour peu qu’on ait le nez bouché. Sinon l’odeur en est tout de suite moins dépaysante. Pour autant de jolis cafés l’entourent.

Des cafés pour se rafraichir

Le sud de Ulssor lac propose donc de jolies adresses. Un peu plus loin, les cafés se pressent dans le quadrilatère Church street, MGR rd et Brigade. Je ne dis pas ici que l’on ne trouve pas de jolis lieux à Chennai. Mais nulle part l’on n’y ressent l’impression d’être ailleurs. Vous pouvez certes m’objecter qu’on ne vas pas en Inde pour se sentir ailleurs. Pourtant lorsqu’on y réside cela peut parfois faire du bien de se croire ailleurs…Sur Church street les pizzeria et bars se succèdent. Le long de Brigade on trouve plutôt des magasins de vêtements. MGR est moins joli mais il faut bien regarder car de nombreuses terrasses surmontent les immeubles qui font face au métro.

Moins rafraichissant, mais si vous avez besoin d’une cure de shopping vous pouvez compléter votre virée sur Brigade street par un bain du côté de Commercial Road. Vous y trouverez toutes les grandes marques internationales et nationales. Seule une vache perdue pourra vous rappeler que vous vous trouvez encore en Inde.

Singapour

Singapour représente une destination facile au départ de Chennai. Avec 2h30 de décalage horaire, 4h20 de vol, on débarque directement au 23e siècle. Ce changement d’échelle et de monde est idéal pour un séjour totalement dépaysant. Singapour est en effet l’une des villes les plus propres, l’une des mieux organisées au monde. Mais aussi l’une de plus onéreuses.

Dès l’aéroport Changi, on entre dans la modernité et la beauté avec le « Jewel », un centre commercial sur le thème de la nature. Ce complexe grandiose né de l’imagination fertile de l’architecte Moshe Safdie s’articule autour du Rain Vortex,  une cascade intérieure haute de 7 étages entourée de passages en hauteur. D’emblée le ton est donné dans cette ville cosmopolite aux multiples racines et soucieuse de mettre en scène la luxuriante nature locale.

Construite sur des iles à l’extrême sud de la péninsule malaise, Singapour est en effet un lieu de confluences culturelles et commerciales, à la hauteur de l’Equateur. On y circule entre des parcs admirablement paysagés, des immeubles aux architectures avant-gardistes au creux desquels se nichent quelques petites enclaves préservées.

La ville jardin

Ce qui frappe en arrivant de Chennai est la beauté et la multitude des espaces verts ainsi que la propreté. Si vous ne passez qu’une journée dans la ville monde de Singapour, les jardins de la Baie sont incontournables,

Gardens by the bay

Cet immense parc admirablement dessiné est globalement gratuit . Il faut compter une bonne demi-journée pour parcourir les différents jardins thématiques et découvrir les supertree Grove, les jardins « Tulipmania » ou « Orchid Extravaganza. »  Ou déambuler au milieu de la chaine animalière sculptée par les formidables Marc et Gillie rencontrés  à Londres.

Les 12 super trees ( super arbres) se trouvent dans une sorte de clairière. Ils jouent le rôle de méga capteurs solaires. L’énergie ainsi recueillie sert à alimenter le parc. Il est possible d’acheter un billet pour marcher en hauteur d’un arbre à l’autre. Le soir un fantastique son et lumière, gratuit, y prend place.

La Forêt de nuages est, elle, payante et onéreuse. Elle recrée en intérieur l’environnement humide tropical. On fait le tour du dôme sur un sentier en haut des arbres et autour d’une cascade.

Marina Bay

La promenade qui relie les 3 jardins en bord de baie – Bay South, Bay East and Bay Central – permet d’admirer Marina Bay. Plus que de jardins on devrait parler ici de promenade plantée. On y voit la fameuse statue fontaine du Merlion, mi poisson mi lion, l’emblème de Singapour. Elle date de 1972. Le poisson représente le village de pécheurs originel alors que le lion évoque le nom de la ville qui signifie « la ville du lion » en malais.

 De là, on voit clairement l’immense complexe Marina bay Sands . A défaut de loger dans le luxueux hôtel et de profiter de la spectaculaire piscine infinie on peut se contenter du centre commercial dessiné aussi par Moshe Safdie, avec son casino, son centre de convention, et son musée des arts et sciences, tous logés dans les 3 tours de 57 étages.

Singapour, la cosmopolite

Kampong Glam, le quartier malais

Au début du 19e Kampong Glam était un quartier musulman. Y habitaient le Sultan de Johore (au sud de la Malaisie) ainsi que des communautés arabes et javanaises. Le petit souk est devenu un quartier vibrant et multiethnique avec de nombreux cafés, restaurants et boutiques d’artisanat blotties dans des petites bâtisses art deco. Il faut se perdre dans la jolie Haji Lane piétonnière. Quelques monuments culturels parsèment le quartier comme la Mosquée du Sultan, Malay Heritage Centre et le Vintage Camera Museum avec sa jolie façade.

Quartier chinois

Thian Hock Keng Temple, ou Tianfu Temple est le temple bouddhiste le plus ancien de Singapour. Construit dans le style traditionnel de Chine du sud sans clou et bien restauré, c’est un régal avec ses sculptures de dragons et phénix et ses toits en pagodes étagés. Les photos y sont interdites.

Aujourd’hui, près des trois quarts des habitants de Singapour sont d’origine chinoise. Mais les premiers colons sont arrivés dans la cité Etat au début du XIXe siècle. C’est ici qu’ils se sont installés, près de la rive au sud de la rivière. Même si ce quartier porte le surnom de Chinatown, à l’image de cet état insulaire, c’est un endroit particulièrement cosmopolite. Il abrite par exemple deux mosquées. La mosquée Al Abrar et la mosquée Jamae jouxtent le temple hindou Sri Mariamman. Celui-ci est très coloré et consacré à la déesse Kali. On voit aussi entre les marchés et magasins chinois, des temples taoïstes et bouddhistes.

Little india

Il s’agit probablement de l’endroit le plus coloré de la ville, avec ses maisons bigarrées comme la fameuse Tan Teng Niah House (maison d’un marchand chinois). Le Tekka Centre, grand marché couvert de fruits légumes viandes et poissons rappelle l’Inde du sud. Tout comme les arcades commerçantes et l’Indian Heritage Centre. On se croirait à Chennai. On y voit des temples hindous et des monastères bouddhistes comme Le Sakya Muni Buddha Gaya. Dans ce petit monastère surnommé le « temple des 1000 lumières » se trouve une statue de Bouddha de 300 tonnes et de 15 mètres de haut.

Le Sri Srinivasa Perumal Temple est lui consacré à Vishnu. Son imposante Gopuram de 20m de haut est décorée de nombreuses sculptures des incarnations de Vishnu.

Vous voilà munis pour une première journée dans cette étonnante cité état. Je vous retrouve la semaine prochaine pour compléter cette première approche des incontournables de Singapour.