Autour de Victoria Station

On ne débarque plus à Victoria Station lorsque l’on vient de France. Néanmoins, pour peu que vos pas vous mènent vers le sud de l’Angleterre, vous pouvez avoir à passer quelques heures dans ce quartier. Dans ce cas, que faire ? Comme pour les autres gares, voici des itinéraires selon le temps dont vous disposez à Victoria Station.

frise en pierre de Coade sur Belgrave Square

Il pleut ou vous ne voulez pas trop vous éloigner de Victoria Station

Si vous ne disposez que d’1 heure

Dans ce cas vous pouvez déjà déambuler dans Victoria Station modernisée par l’ajout d’un centre commercial. Mais, vous pouvez aussi vous aventurer vers l’étonnante cathédrale catholique Westminster. A moins que vous ne disposiez d’un peu plus de temps, et que vous ne vous décidiez carrément pour l’abbaye de Westminster et Westminster Square.

De Victoria Station à Pimlico

Vous disposez d’un peu de temps, il pleut encore et vous avez une envie de vous cultiver ? dans ce cas, pas une minute à perdre ni une hésitation, rendez-vous directement à la Tate Britain, orgueil du quartier de Pimlico.

Turner, autoportrait à la Tate Britain, non loin de Victoria Station

Les majestueux bâtiments ont été refaits. La galerie consacrée à la peinture anglaise offre un panorama passionnant de la peinture élisabéthaine à la création contemporaine avec des galeries très réjouissantes consacrée à Turner bien sûr, Hogarth, Sargent et Moore. Personnellement, j’ai un petit faible pour Sargent et ses portraits distingués d’une Angleterre déchue. Les collections permanentes sont, comme toujours dans les grands musées anglais, gratuites. Les expositions temporaires, elles, coutent assez cher.

Sargent
David Hockney

Du côté de Knighstbrige

Vous disposez de plus de temps, l’averse s’est enfin interrompue ? Vous avez maintenant envie de prendre l’air et de visiter un quartier moins touristique mais élégant. Vous pouvez longer Buckingham (et faire le détour par la galerie de la Reine) puis rejoindre Knightsbridge.

De là, trois options s’offrent à vous.

Belgravia

Vous pouvez commencer cette incursion dans les beaux quartiers par la visite de Number one. Apsley House fut la maison de Wellington. Comme il se doit, un musée occupe désormais les lieux. Vous y apprendrez tout du Duc de fer et de la vie des grands de ce monde au début du 19e siècle.

Vous pouvez aussi vous diriger directement vers les effluves d’Oud émanant de Harrods et vous régaler des magnifiques décors des rayons nourritures. Si vous voulez éviter la foule, vous pouvez obliquer vers Belgravia. Ici les ruelles attestent de la richesse des riverains.

Motcomb street

De jolies maisons bordent les « mews » alors que les places sont bordées de grandes demeures. Belgrave square ou Eaton square et les rues alentour restent des oasis de luxe et de tranquillité si près du tohu-bohu des quartiers centraux. La rue Motcomb a conservé une jolie animation. Son ancien cinéma panteknikon est aujourd’hui un restaurant doublé d’un petit centre commercial. Le jardin à l’arrière accueille un couple Rabbit girl et Dogman de Gillie and Marc : le banc de l’amitié.

Rabbitgirl and dogman

Chelsea

De Eaton Square, ou directement depuis Victoria Station, il est facile de gagner Chelsea.

La place Sloane square regorge de boutiques et restaurants chics qui continuent le long de King’s Road. L’artère principale de ce ravissant quartier de Londres voit se succéder enseignes à la modes et boutiques indépendantes. Quelques bâtiments anciens rappellent néanmoins le village ancien. L’Hôtel de ville et les quelques belles maisons précèdent en effet les charmants petits cottages de brique, et les jardins si typiques de Chelsea.

Plus près de la Tamise, la zone a hébergé de nombreuses personnalités du monde littéraire notamment. Ainsi Cheyne Walk après avoir été distingué à l’époque de Thomas More est devenu LE quartier des Préraphaélites. Cheyne Row, où a habité Thomas Carlyle, auteur d’une somme sur l’histoire anglaise, garde tout son charme.

Surtout, le Royal Hospital, équivalent britannique de notre Hôtel des Invalides et chef d’œuvre de Christopher Wren peut à nouveau se visiter.

Vers Kensington

Le quartier chic par essence. Outre les belles artères commerçantes et les célèbres grands magasins, on y apprécie les grands parcs. Pas seulement Hyde Park mais aussi Kensington avec le Palais voulu par Guillaume et Mary et depuis résidence des héritiers du trône. La construction de brique a conservé l’aspect sobre déterminé, par la maison d’Orange. Les grilles restent envahies par les tributs des fans de feu la princesse de Galles, Diana.

Holland Park et son ravissant Kyoto Garden vaut la visite. Non loin, la maison du Japon a ouvert sa vitrine avec un magasin et un restaurant extrêmement raffiné.  Tout autour, on se régale de rues élégantes et verdoyantes, de petits parcs.

Kensington est aussi et surtout un des hauts lieux de la culture avec le regroupement de musées fantastiques. J’ai déjà abondamment parlé de ce quartier dans mes pérégrinations victoriennes.

Hogarth

William Hogarth est regardé comme l’un des plus grands peintres anglais. Cet artiste du XVIIIe siècle (1697-1764) fait l’objet de nombreuses expositions, la dernière en date à la Tate Britain.. https://www.tate.org.uk/whats-on/tate-britain/exhibition/hogarth-and-europe . Après avoir été adoré, il est néanmoins aujourd’hui dénoncé pour ses contenus « pouvant choquer certaines sensibilités ». Qu’en est-il réellement ?

Mary Hogarth

Loin des grandes envolées picturales de Turner ou des portraits de la bonne société chers à Gainsborough, Reynolds ou Lawrence, Hogarth s’est davantage illustré dans la peinture dite de genre que dans la « grande peinture ».

Un peintre de genre, critique social de son époque

Ses quelques œuvres historiques (notamment à l’Hôpital Saint Bartholomée) https://spitalfieldslife.com/2010/10/20/hogarth-at-st-bartholomews-hospital/

 ne lui rapportant que peu de gloire, Hogarth s’est vite consacré aux portraits de ses proches ou de la bourgeoisie. Il ne connait pas le succès d’un Gainsborough en la matière. Du coup, il se fait un nom dans le portrait de groupe. En revanche, son mordant et son sens du détail font mouche.

Petit chien dans un mariage à la mode

Ainsi, graveur et peintre «de genre », il a connu du succès avec ses séries illustrées et moralisatrices. La plus connue est certainement « le mariage à la mode » de la National Gallery de Londres. https://www.nationalgallery.org.uk/

 Au travers de 6 scénettes, on voit l’évolution d’un mariage arrangé entre le dernier rejeton débauché d’une famille aristocratique et la fille d’un riche bourgeois. Derrière le ridicule, se lit la désapprobation du peintre. Les détails s’accumulent pour enrichir son propos : cicatrices de maladies vénériennes sur le visage du comte, petits chiens mimant la fidélité, accumulations archéologiques à peine dépoussiérées, enfants désœuvrés. Car Hogarth adore les petits, animaux et humains, et se plait à les mettre en scène.

Petit garçon détail dans un mariage à la mode

Une exposition consacrée à Hogarth et l’Europe, à la Tate Britain

La Tate Britain conserve nombre de ses tableaux de genre et portraits. L’exposition qui s’y tient jusqu’au 20 Mars 2022 restitue le peintre dans le contexte européen. https://www.tate.org.uk/visit/tate-britain

Affiche de l’Exposition de la Tate

Malheureusement, à trop insister sur le hiatus entre sa peinture et la pensée « woke » propre à notre siècle, cette exposition me semble manquer l’essentiel. Si l’idéologie de Hogarth n’est pas conforme à celle d’aujourd’hui, il n’en reste pas moins un extraordinaire chroniqueur de son époque. Son œuvre, outre l’intérêt pictural, se veut mordante et caustique. Elle dénonce avec humour les travers de son époque marquée par l’ascension décomplexée de la bourgeoisie d’affaire et la décomposition morale et financière de l’aristocratie.

« After » fait le pendant de « Before »….

L’exposition, en présentant Hogarth auprès de ses contemporains européens réduit encore l’impact du peintre. En effet, elle le place en parallèle de peintres tels le vénitien Longhi ou le français Chardin. C’est ne lui accorder qu’un intérêt documentaire, celui de chroniqueur de son époque.

Un peintre de conviction, comique mais engagé

Or, Hogarth a beaucoup consacré de sa vie et de sa fortune pour aider les autres. Sa petite maison de campagne, à Chiswick, nous le montre en famille. https://hogarthshouse.org/

Tout le petit monde de Hogarth

Malheureusement encerclée par les échangeurs routiers, cette charmante maisonnette expose des reproductions de ses séries les plus célèbres mais aussi des évocations de ses proches. Epris de sa femme, attentionné avec ses proches, il s’intéresse à toute sa famille, aux domestiques qu’il peint, aux chiens qu’il s’amuse à montrer dans ses tableaux. Sans descendance, il vient en aide aux enfants abandonnés et donne de son temps et de ses œuvres au Foundling Museum. Il offre ainsi au bienfaiteur Thomas Coram son portrait et à l’institution deux œuvres. https://visitesfabienne.org/les-enfants-abandonnes/

critique social de son siècle

Ami fidèle, Hogarth offrit également son portrait à Thomas Twinnings son portrait pour le remercier de lui offrir du thé. Conformément à la volonté du peintre, on peut encore admirer l’original accroché dans la boutique originelle sur le Strand. https://twinings.co.uk/pages/twinings-flagship-store-216-strand

Shoreditch

Comme promis, plus qu’une promenade vouée à disparaitre très rapidement, voici quelques noms du Street Art entre Shoreditch et Hoxton.

Wrdsmth

Shoreditch offre un mélange très plaisant de boutiques à la mode, petits cafés sympas, traces historiques et œuvres d’art. Si le quartier, pauvre et très reconstruit ne présente que peu de charme, les œuvres murales valent le détour. En effet, le lieu s’est mué en laboratoire artistique.. Le dimanche, l’animation est à son comble entre marchés et chasseurs de graffitis.

: Shoreditch, Hoxton et plus

-Autour de Brick lane

La rue des cantines indiennes, boutiques de frippes et boites de nuit est aussi une galerie à ciel ouvert. Tout autour, les artistes profitent de chaque centimètre de paroi. Murs, stores se couvrent de peintures, fresques, affiches. Chaque ruelle ou allée vaut le détour : Fashion Street, Princelet, Hanbury, Toynbee, Buxton et surtout Heneage Street. Chaque allée ou courette mérite d’y jeter un œil. Le dimanche, avec les marchés, l’animation atteint son comble. https://inspiringcity.com/2020/01/21/where-to-find-street-art-and-graffiti-on-brick-lane/

 Autour du marché alimentaire upmarket, sur Elys Yard, la brasserie Truman a financé une véritable galerie. https://inspiringcity.com/2020/02/14/secrets-of-the-truman-brewery-on-brick-lane/

 Dans une voiture rose, Banksy a installé un squelette, alors que le monstre Grunchie de Renzo ricane du haut d’un mur. Cette dénonciation grinçante et rigolarde du capitalisme fait face au mur de Gucci qui change régulièrement. Invader a laissé sa marque pixellisée avec une de ses mosaïques caractéristiques. Vhils lui a laissé un grand visage sculpté moulé dans le béton.

Il faut pousser jusqu’aux jardins Allen pour voir les artistes à l’œuvre

Autour de Shoreditch

Shoreditch High Street station et vers Hoxton. Redchurch street, Shoreditch High Street et Great eastern Street sont devenues incontournables. Cependant, tout a commencé sur Rivington Street autour du Cargo Club et du mur de graffitis lancé par Banksy. De là, on peut pousser vers Hoxton Square où Stik a planté deux de ses personnages ou vers Columbia Road. Autour du joli marché aux fleurs, quelques belles fresques valent le détour.

Et encore

D’autres quartiers s’ornent d’œuvres incroyables notamment du côté de Lambeth et Leake street, près de Waterloo Station(voir mon article de la semaine dernière). Il s’agit ici des lieux qui regroupent de nombreuses d’œuvres. On trouve n éanmoins des fresques plus isolées mais magnifiques comme le David Bowie de Jimmy C à Brixton ou son Shakespeare près de Borough Market.

Heneage Street, London, England, United Kingdom

Qui

Voici maintenant quelques artistes, les plus connus, reconnaissables, et présents sur les murs londoniens.

Zabou est française. Sa peinture grand format et très figurative reprend de manière un peu retro des icones tells Dali, Audrey Hepburn..

Zabou

Ante, adopte un style clownesque, très coloré pour ses revendications politiques cf Bojo, @Ante.LTD

Ante

Phlegm peint des petits personnages surréalistes dans des lieux imaginaires monochromes. Son style graphique s’inspire des BD. Venu de l’illustration, il mélange petits personnages, effets 3D. https://www.streetartbio.com/artists/phlegm/

Phlegm

Stick, l’ancien SDF, drogué et instable est devenu un artiste célèbre et célébré pour ses bonhommes bâtons très stylisés dont le symbolisme porte de forts messages politiques et sociaux sur la diversité, la tolérance.

Dan Kitchener se spécialise dans les paysages urbains pluvieux, les villes d’Asie

Fanakapan, ce londonien se spécialise dans des fromes hyper réalistes, ballons, glace, fumée, trompe l’œil. Il joue avec les contrastes ombres et lumières .

Jimmy C éclaire les murs de ses personnages romantiques. Sa technique s’apparente à celle des post impressionnistes dans les couleurs et les points plus ou moins gros.

Jimmy C

Roa, cette Belge peint d’énormes animaux.

Sudude se moque des réseaux sociaux au travers de posters ou collages et au moyen de petits personnages.

Subdude

Thierry Noir. Français également, il a atteint la notoriété sur le mur de Berlin. Il décore de ces têtes colorées les murs de Shoreditch où il a une boutique.

Richard Noir

Street Art dans l’East End

Aujourd’hui, je vous propose quelques éléments de compréhension du Street Art. La semaine prochaine je vous emmènerai en balade dans l’East End.

A la base du Street art, la contestation

Pour commencer, quelques rappels pour ceux qui n’auraient pas vu mes promenades Street art dans le sud-ouest anglais : https://visitesfabienne.org/destinations/royaume-uni/street-art-de-la-contestation-a-la-gentrification-2/

Le terme de street art est un générique regroupant plusieurs types d’art. Il englobe de fait œuvres picturales, sculptures, happenings, concerts etc…

Le relief d’un lapin explosif sur Rivington Street

En matière picturale le street art se déploie sur les murs, volets, stores et parois de la ville et les transforme en galeries d’art à ciel ouvert. Les maisons abandonnées, vouées à la démolition offrent des parois idéales à peindre et repeindre. Par ailleurs, les quartiers en déshérence sont particulièrement adaptés et réceptifs au contenu social et politique inhérent au Street Art.

Fallen Heroes wall

En effet, né de la pauvreté et dans les quartiers délaissés, le Street art est porteur de message. Politique ou social celui-ci est relayé de différentes manières : par la violence, l’humour, le non-dit ou l’accusation brutale. Il s’oppose en général au gouvernement en place, aux forces de l’ordre.

Pourtant, à la génération des « hors la loi » qui œuvraient de nuit, à la sauvette, ont succédé des artistes recherchés, payés par les commerçants, les collectifs de quartier pour attirer le public. Dans la plupart des cas, aujourd’hui, les artistes opèrent sans poursuite ou conséquence sur les murs abandonnés, des zones vouées à la destruction ou sous le regard semi consentant des propriétaires.

Paste up féministes

Vers de nouvelles expressions

Le mouvement s’est amplifié et compliqué ces dernières années avec une recherche d’originalité et de créativité. Car le Street art se heurte à quatre types d’écueils en contradiction avec son essence

1/ Un relatif embourgeoisement

Le street art est maintenant à la mode. Nombreux traquent les dernières créations. Les peintres se transforment eux-mêmes en guides et animateurs de leurs réalisations ou de celles de leurs confrères.

Ce nouveau type d’activité revitalise l’East End londonien, les banlieues, les abords des gares. Des spots apparaissent ainsi près de Waterloo Station, sur Leake tunnel ou Southbank Centre ou encore à Brixton, Hackney Wix ou Camden. Les quartiers où s’installent les artistes deviennent à la mode et sortent de leur marginalité ce qui pousse les artistes à toujours plus d’audace et de non-conformisme pour survivre.

Leake Street, nouvelle Mecque du Street Art

2/ Financer sans se compromettre

En effet la composante anti sociale est fondamentale. Or en sortant de l’illégalité, le street art se voit menacé dans son essence. De même, en sortant de l’anonymat, les artistes perdent de leur force contestataire. Néanmoins comment vivre et payer les couleurs ? Car les artistes ne sont pas toujours jeunes, célibataires ou sans domicile. Certains sont même très installés, vendent sur le net ou dans leurs boutiques, comme Thierry Noir devenu célèbre à Berlin. https://thierrynoir.com/

Richard Noir égaye Rivington Street

 Certains sont même exposés. http://www.vam.ac.uk/content/articles/s/street-art/.

 D’autres battent des records en salles des ventes https://www.youtube.com/watch?v=eXKE0nAMmg4

Des galeries scrutent l’apparition de nouvelles œuvres et les ajoutent à leurs tours ou catalogues : https://streetartlondon.co.uk/tours/gallery/

Enfin, la publicité et quelques grandes sociétés ont compris comment utiliser le Street art pour faire résonner leur image, telles Gucci ou Botega Veneta.

3/ Péreniser l’éphémère

Dans tous les cas, le Street art reste marqué par son caractère éphémère. L’œuvre une fois apparue peut rester 2 heures ou des années selon le support, le voisinage, la notoriété de l’auteur. D’où l’importance de la mise en scène. Qui dit Street art aujourd’hui implique photographie et post sur les réseaux sociaux. L’existence même de l’œuvre se fait via instagram, Twitter, Snapchat ou Youtube. La pérennité dépend du succès en ligne. En effet, les murs eux, changent en permanence. Impossible dès lors de proposer un itinéraire fixe.

4/ Se renouveler constamment

Quelques-uns se spécialisent dans l’hommage ou le portrait posthume. Ceux- là ont une chance de rester.

D’autres mélangent les cultures

Au risque de répéter des schémas, certains se citent eux-mêmes en se référant les uns aux autres. Ainsi lorsque Georgie fait un paste up de la soupe Tories, , il s’agit en fait d’un clin d’œil à la soupe Tesco de Banksy, elle-même allusion au pape de la culture pop Andy Warhol et ses soupes Campbell.

Certains s’inspirent de peintres célèbres, tel Jimmy C dont les drippings rappellent les néo impressionnistes. https://www.facebook.com/Jimmyc.artwork.

Jimmy C sur Whitby Street

D’autres n’hésitent pas à assoir leur notoriété sur un motif, tel Adrien Boswell et ses brocolis https://www.instagram.com/adrianboswell/.

Nous retrouverons ces artistes non en leurs murs mais sur les murs dès la semaine prochaine.

L’Art Islamique

Le terme Art Islamique désigne l’Art produit d’une civilisation et non l’art au service d’une religion. Comment le caractériser? Quelques éléments pour mieux comprendre

Un art décoratif et religieux

Ce que l’on appelle art islamique correspond à des objets utilitaires pour la plus grande partie. La plupart du temps, une inscription ou une décoration les magnifient.

Ces objets s’utilisent souvent au quotidien. On trouve aussi bien des panneaux décoratifs que des candélabres, assiettes, pots à encre. Selon les régions, et les périodes, le type d’objets et de décorations changent.

Globalement les motifs décoratifs sont calligraphiques, géométriques ou végétaux. Quant aux sujets, il s’agit soit d’objets de la vie quotidienne, soit d’objets cérémoniels, voire d’éléments architecturaux. En général ils témoignent d’un message religieux.

L’art islamique est globalement stylisé et iconoclaste. En architecture, il se manifeste dans les mosquées, les madrasas (Ecoles coraniques), Mausolées mais aussi Palais et forteresses. Il est très lié aux sciences.

Le magnifique Musée de Doha,http://www.mia.org.qa/en/ mais aussi les galeries d’art islamique du Louvre ou du Met illustrent magnifiquement cet art. Tout comme le fantastique musée du Caire ou celui de Kuala Lumpur. https://www.iamm.org.my/

https://visitesfabienne.org/musee-dart-islamique-de-doha/

Chapiteau de Mdinat al Zahra, MIA, Doha

Jalons historique sur l’art islamique

Voici les grandes périodes de l’art Islamique, avec les noms des dynasties, les lieux clés et les oeuvres représentatives.


1/Les débuts (VIIe–IXe siècles)

1 Pré dynastique : Mahomet 570-632,  Califes 632-661 : Abou Bakr, Omar, Othman, Ali

2 L’art Omeyyade 661-756, Mosquée Damas, Dôme du Rocher

3 L’art Abbasside , 1001 Nuits, Hôpital de Bagdad, Samara

2 La période médiévale (IXe–XVe siècle)

1 Espagne et Maghreb : Omeyyades, Almohades, Almoravides, Nasrides – Mosquée Cordoue, Giralda  Séville, Alhambra Grenade, murs et mosquées de Fès, de Rabat, Koutoubia de Marrakech

2 Égypte et Syrie : Fatimides puis Mamluks

3 Iran et Asie Centrale XIIIe s : Seldjuks, Mongols (Gengis Khan) Ilkhanides Puis Horde d’Or Tamerlan XIV-XVe, Samarkand

3 Les trois empires (XVe–XIXe siècles)

1 Ottomans en Turquie, 1453-1914 Suleymanie, Palais de Topkapi

2 Moghols en Inde 1526-1878 : Taj Mahal, Bijouxs et miniatures

3 Séfévides (1501-1786) et Kadjars en Iran : Ispahan, tapis

Jarre, MIA

L’AGO, Galerie d’Art d’Ontario

Le grand canot moderniste posé sur la verrière le long de la rue Dundas  fait aujourd’hui figure de symbole de l’AGO, Galerie d’Art d’Ontario. https://ago.ca/

Pourtant, pour qui prend la peine de contourner le pâté de maison, une toute autre image de l’AGO apparait. Elle révéle une construction biséculaire. Ses agrandissements reflètent d’ailleurs  l’évolution d’ un quartier en constante redéfinition.

L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est Magritte-a-lAGO-1024x768.jpg.

Ici une visite du quartier de l’AGO : https://visitesfabienne.org/lheritage-colonial/

L’AGO, un bâtiment remarquable

Sur le parc accolé au musée s’ouvre en effet l’ une des rares demeures coloniales de Toronto « The Grange ».

The Grange Toronto

Construite entre 1812 et 1815 pour d’Arcy Boulton, gentilhomme britannique, cette belle maison géorgienne en briques rouges, rappelle l’époque des « Family Compact ». A l’époque,  la ville naissante de York motivait les aristocrates à venir d’Angleterre s’installer sur ces terres lointaines.  La ville se situait alors entre le petit centre urbain, autour de l’actuel marché St Lawrence et Fort York, près de Bathurst Street. L’idée consistait à attirer des colons pour  asseoir la couronne. Pour ce faire, celle-ci accordait des parcelles de 100 ares. Celle de D’Arcy Boulton, toute en longueur,  s’étendait de la rue Queen au Sud à la rue Bloor au Nord et  de la rue Mc Caul à l’est à la rue Beverley à l’ouest. Elle était donc très longue et étroite.

Pour subvenir aux besoins de sa nombreuse famille de 8 enfants, le propriétaire des lieux démembra dès les années 1840. Il vendit en effet des parcelles de ses terres au Nord au King College. Puis il céda au sud pour la construction de l’église anglicane st George le martyr .

On perça alors  les rues Dundas, St Patrick . pour être loties. En effet, des immigrants s’installaient dans le quartier autrefois aristocratique. Ils arrivaient par vagues  successives, d’abord des Iles Britanniques, puis d’Europe Centrale, et enfin de Chine.

Pendant ce temps, La maison,  passa entre les mains de William Boulton puis de sa veuve Harriet et de son second  époux, l’ érudit Golwin Smith. Le couple lègua la demeure familiale à la ville pour y abriter la première Galerie d’Art.

L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est Picasso-a-lAGO-768x1024.jpg.

De collections éclectiques à l’AGO

A mesure, que la ville croissait,  l’AGO s’enrichissait et s’agrandissait, devenant le miroir des modes architecturales. Une adjonction néo renaissance dans les années 1920 sert aujourd’hui de cour intérieure, puis les ajouts en béton brut des années 1969 et 1970 modernisèrent les galeries. Enfin,  le grand architecte local  mais oublié Franck Gehry n’habilla l’ensemble d’une enveloppe résolument contemporaine. Il couvrit ainsi de verre la façade Nord et de titane bleu la façade sud comme pour mieux la lier au lac.

ago toronto

A l’intérieur, les collections répondent à l’éclectisme architectural du bâtiment . Une remarquable collection d’ivoires anciens voisine avec un salon de collectionneur à l’ancienne,. Quelques très beaux hollandais répondent au « salon des  Impressionnistes » européens. L’étage se veut résolument  canadien exposant aussi bien des œuvres autochtones, que des impressionnistes et académistes locaux mais aussi le « groupe des sept », ici Lawren Harris..L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est groupe-des-7-ago-1024x768.jpg.On remarquera la magnifique collection du peintre autochtone Norval Morisseau. Son oeuvre très colorée illustre la richesse des arts canadiens. https://www.thecanadianencyclopedia.ca/en/article/norval-morrisseau

On ne saurait finir une visite de l’AGO sans un crochet par la magnifique salle des Moore. Celle-ci correspond à la plus grande collection publique d’œuvres de l’immense sculpteur anglais. Elle jouxte une toute petite mais magnifique salle consacrée aux petits objets autochtones et aux arts premiers.

L’attribut alt de cette image est vide, son nom de fichier est Moore-AGO-768x1024.jpg.

Puis s’ouvre la « Galleria  Italia » chef d’œuvre architectural de Gehry, élégant  trait d’union entre les galeries et la rue . On y déguste un merveilleux chocolat maya en surplombant  l’un des quartier les plus animés de Toronto.

Henry Moore, à l’AGO

Le Musée des Beaux-Arts de la Havane

Le Musée des Beaux-Arts de la Havane comprend un batiment des années 1950/60 consacré à l’art cubain  http://visitesfabienne.org/wordpress/beaux-arts-cubains/  et le Palacio del Centro Asturiano, imposant immeuble de style néoclassique. Ce dernier construit pour la communauté asturienne est devenu un musée depuis 1927. Il regroupe les collections dites d’Art universel . http://www.bellasartes.co.cu/

Le Musée des Beaux-Arts de la Havane se dresse face au Parque Central et au Gran Teatro de La Habana. Les tableaux et oeuvres exposés révèlent les goûts (et les moyens) de la bonne bourgeoisie cubaine d’avant la Révolution.

Les écoles du Nord au Musée des Beaux-Arts de la Havane

Juste après le guichet (5 CUP/ CUC), Sur la droite, on peut voir les peintures du continent américain, riches en Madonnes du sud du continent. Ainsi qu’un très beau Childe Hassam, Vue du Paseo de Prado. Au fond de ces salles,  l’ascenceur mène en haut du très beau batiment éclectique. On peut commencer la visite au 5e avec les écoles du Nord. L’école allemande possède  un joli Cranach, et des élèves du maitre. Chez les Hollandais, on distingue quelques beaux portraits de Van Dyck. Chez les flamands un Jan Brueghel le Jeune malheureusement mal exposé, sur une petite paroi mobile et obscure.

Les salles ont été réaménagées. Cependant l’éclairage n’est pas toujours optimal et le nombre important d’œuvres et l’absence de cartels explicatifs nuisent à la visite.

Une étonnante collection d’Antiques

Les troisième et quatrième étages sont occupés par l’importante Collection Lagunilla. On y trouve une Amphore panathénaïque et de nombreuses céramiques grecques. La disposition étouffe quelque peu la vraie richesse de la collection. Par manque d’espace, statues archaiques, classiques se mélangent avec les bustes hellenistiques. Ainsi, une tête ionique jouxte un buste classique, lui-même quasi adossé à des statuettes de Tanagra.et à une belle tête d’Alexandre le Grand.

On descend un niveau de mezzanine pour accéder à une enfilade consacrée aux étrusques, aux Romains et aux Egyptiens …. Et là quelques merveilles apparaissent dans le corridor entourant l’atrium. A commencer par le Papyrus Hood ou Livre des Morts de Bakenwerel, (assez moisi) découvert à Louxor, acquis par le comte de Lagunillas en 1949. Plus loin,  la Tête de la statue d’Amon, en basalte noir, dont le corps se trouve au musée du Louvre. Dans un recoin un sarcophage et surtout huit merveilleux portraits du Fayoum plongés dans le noir…. de nombreuses têtes et lampes romaines, une magnifique collection de verres, quelques mosaiques en tesselatum, une en opus vermicullatum. Malheureusement aucune trace  de provenance.

Collection française et italienne

En face la peinture francaise. La peinture du XIXe s est à l’honneur. Outre les pompiers (Bouguereau, Meissonnier) et troubadours,  on retrouve l’École de Barbizon. Les paysages de Millet, Daubigny, Corot, Troyon  ont eu leur heure de gloire chez les riches cubains. On trouve également un magnifique Courbet. Il cohabite avec  un tigre de Delacroix de jolie facture. Ingres nous gratifie d’un portrait disproportionné. Sur les murs bleus, ressortent également  un Greuze, deux  Vernet (le marseillais pas celui du templete). Malheureusement l’air conditionné est en panne depuis un temps indéterminé et les tableaux se craquelent et/ ou moisissent. On voit les champignons à l’œil nu !!!!!!!

http://visitesfabienne.org/wordpress/au-secours/

 

La collection italienne, pour sa part, montre l’hôpital de Chelsea vu par Canaletto, coupé en deux par le peintre lui-même. Il a cherché à vendre les deux moitiés. Aujourd’hui, une moitié du tableau se trouve à Norfolk (UK), alors que l’autre est exposée au Musée des Beaux-Arts de La Havane.

L’Espagne est sans aucun doute la mieux représentée avec des œuvres de Joaquin Sorolla, mais aussi de l’École du Greco, de Zurbaran et de Murillo, Ribera.

La vague de Courbet, au Musée des Beaux-Arts de la Havane

Le musée Napoléon de la Havane

Le bruyant quartier du Vedado  http://visitesfabienne.org/wordpress/la-havane/le-vedado/ offre de vraies merveilles et de véritables surprises, comme le Musée Napoléon de la Havane. Il s’agit peut être du plus exotique des musées de la Havane. Car on peut  se demander ce que fait Napoléon à la Havane.

Le grand salon du musée Napoléon de la Havane

La Dolce Dimora

Fondé en Décembre 1961, Le Musée Napoléon est le seul du genre en Amérique latine tant par le nombre et la diversité des collections que par leur valeur. La Dolce Dimora l’accueille. C’était la demeure de l’homme politique italo-cubain Orestes Ferrara Marino. Il la construisit entre 1926 et 1929 dans un style évoquant la Renaissance florentine.

Cette demeure magnifique héberge un fond thématique sur Napoléon 1er constitué en grande partie par la collection de Julio Lobo Olavarria. Ce dernier fit fortune dans le sucre. Il possédait 14 raffineries et était surnommé le tsar du sucre. Sa collection de peintures se trouve aujourd’hui au Musée des Beaux-Arts. Exilé aux US en 1962, l’industriel y mourut.

La disposition des galeries suit la chronologie de la période révolutionnaire, Directoire et Consulat (au rdc) à l’Empire (1er), aux défaites, à l’exil et à la mort (2nd ).

Dans le hall d’accès, le portrait du propriétaire des lieux Oreste Ferrara Marino nous accueille. Il se passionna par les luttes pour l’indépendance dans les Caraïbes. Avocat, écrivain, il participa au Gouvernement Machado puis Battista. Il devint alors diplomate en Europe d’où l’éclectisme de la maison. Ses voyages inspirèrent  ce palais florentin aux plafonds coloniaux, avec des vitraux quasi médiévaux. A la révolution, Ferrara était ambassadeur aux Etats-Unis et y resta. Sa maison fut alors convertie en musée en 1971 et on y exposa les collections napoléoniennes de Julio Lobo qui habitait esq 11 y 4 .

Du Consulat à l’Empire

L’escalier d’accès expose des gravures concernant la fin de la monarchie, notamment un émouvant billet d’adieu de Marie-Antoinette à ses enfants.

Le grand salon, éclairé par d’immenses vitraux retrace l’évolution de la période du Directoire, au Consulat, à l’Empire. Ce salon concentrait la vie sociale du propriétaire célibataire et diplomate. Le long de la paroi d’accès,  deux belles chaises Directoire signées Jacob ont été récemment restaurées et retapissées à l’identique. Juste au dessus on peut noter le tableau d’Edouard Detaille, La conquête d’Egypte. Cette toile annonce  l’orientalisme. Une gravure du sphinx, évoque également la campagne d’Egypte.

Sur le mur de droite, se détache un buste du 1er Consul par Canova. Au dessus d’une console de Thomire (bronzier) et Jacob (ébéniste), se trouve une belle horloge à mécanisme apparent. Au-dessus, un portrait à l’huile du Consul par Gros. Entre les deux vitraux, encore une belle commode Empire avec des éléments antiques, colonnettes, figures ailées. Ces figures féminines et animalières (comme les cygnes qu’elle introduisit à la Malmaison) témoignent de l’influence de Joséphine de Beauharnais.

Une collection de soldats de plomb polychromes évoque un siège. Juste à côté de cette bataille modélisée, se trouve un très beau guéridon de bois et émaux au pied orné de trois aigles. Le plateau représente les maréchaux d’Empire. Un siège curule montre combien le style empire emprunte au classicisme antique. Sièges de campagne pour les empereurs romains, ce type de tabouret, ici en bronze et tapisserie, fut aussi utilisé par les papes puis réactualisé par Napoléon et utilisé lors des cérémonies officielles par les Maréchaux…

De l’Empire à Sainte-Hélène

La petite salle en enfilade expose des armes blanches et armes à feu. Des sabres et pistolets voisinnent avec des uniformes et des accessoires parmi lesquels un des 16 fameux bicornes de l’Empereur. Dans une petite vitrine, on voit la longue vue utilisée sur l’ile de Ste Hélène. Cette collection montre les progrès de l’armement mais aussi du textile et de la passementerie.

Au 1er , l’étage noble s’intéresse à la formation de l’Empire et la division des territoires conquis entre les membres de la famille. On peut aussi admirer le luxe du Palazzetto. Au débouché de l’escalier, un tableau unique de Jean-Georges Vibert La répétition du sacre. On y voit le futur Empereur assis en compagnie de Joséphine et de prélats. Napoléon installe des miniatures représentant les participants au sacre sur le plan de Notre Dame de Paris et en supprime d’autres…

Au fond de la petite galerie, un grand vase de la manufacture de Sèvres, signé Després illustre le sacre mais aussi les symboles napoléoniens. Il porte le monogramme, l’aigle,. Au mur, des portraits de la famille, Jérôme, Joaquim Murat par Gros.

Des souvenirs étonnants

La galerie puis le petit salon proposent des toiles et sculptures évoquant la famille de l’Empereur. Des meubles de salon de la Villa de Prangin recréent la résidence de Jérôme en Suisse. Un lustre de Percier et Fontaine offert par Napoléon à Joséphine au retour de la campagne d’Italie éclaire la  pièce.. Elle donne sur une salle à manger fabriquée par des ébénistes cubains selon l’opulence de la société française du XIXe siècle avec une belle vitrine de porcelaine de Sèvres.

Dans l’escalier, un tableau de Luca Padillo causa un faux espoir lors de son nettoyage. Passé aux rayons X, il laissa apparaitre la signature de Goya…Malheureusement, il s’agit d’une toile récupérée au grand maitre, recyclée en scène de bataille…

Le 2e étage offre un ensemble de bureau et chambre ainsi que des objets liés à la mort de l’Empereur.  La vitrine du corridor exhibe des souvenirs étonnants comme une pierre de Sainte-Hélène. On découvre avec incrédulité la brosse à dent, une molaire de l’Empereur.  Julio LObo avait même acquis le fac similé d’une lettre d’amour à Joséphine. Dans la chambre, ’un redoutable tableau sur la mort de l’Empereur surmonte le lit. Une petite vitrine exhibe la montre de poche (offert par les descendants du médecin à Raul Castro lors de son mariage). Le couvre lit et  le masque mortuaire ramené à Cuba parproviennent  de Antonmarchi, le médecin de Napoléon, venu mourir à Cuba. https://fr.wikipedia.org/wiki/Fran%C3%A7ois_Antommarchi

Le 3e étage du Musée Napoléon est occupé par la bibliothèque  riche de 4000 ouvrages. Son style n’a rien à voir avec le reste du musée.

https://www.napoleon.org/en/magazine/places/museo-napoleonico-cuba-2/

L’art européen a la Havane

   Cette page a pour but de rappeler les jalons de l’histoire de l’Art européen évoquées dans les collections et les murs de la Havane.

La Bourse, sur le modèle d’un Palais italien

Antiquité, Renaissance Baroque et classicisme

Le Musée des Beaux-Arts regroupe un certain nombre de collections intéressantes dans sa section d’art universel. Le musee des beaux-arts

Y sont rassemblés des collections égyptiennes, grecques et romaines. Le Bas-Empire et la période gréco-romaine intéressaient visiblement beaucoup les riches havanais du début du XXième siècle. D’où de très beaux objets égyptiens, des portraits du Fayoum, des pages de Livre des Morts notamment, mais aussi de beaux vases grecs.

Si la ville comme les collections ignorent totalement les périodes médiévales, l’architecture apparait aux débuts de la Renaissance à la Forteresse Royale https://visitesfabienne/forteresse-de-force-royale/. 

Les murs épais et les douves empruntent encore à la fin de la période médiévale, mais le tracé bastionné annonce déjà la période suivante. Pour autant, La Havane illustre surtout les périodes baroques et classiques de l’art européen.

Ces types d’art européen n’existent à Cuba qu’au musée des Beaux-Arts. La Renaissance est perceptible à la forteresse Royale.https://visitesfabienne/forteresse-de-force-royale/ . Cette période correspond en effet à l’arrivée des conquérants sur le territoire de la Juana.

Murs peints d’époque coloniale
Maisons coloniales

Renaissance, Baroque et classicisme

Après les « Les Grandes découvertes » commence la période de colonisation proprement dite. Les 7 premières villes sont fondées au cours du XVIe siècle et les premiers bâtiments surgissent de terre au XVIIème siècle. De cette époque, ne subsistent que quelques constructions coloniales aux balcons de bois. Néanmoins, la vraie fièvre constructive correspond au développement de l’ile et donc au commerce en triangle au XVIIIème siècle. La plupart des beaux bâtiments de la Havane remontent à cette époque..

Avec les esclaves arrivent les styles alors à la mode en Europe. En Espagne prédomine le baroque. Il arrive allégé et simplifié à la Havane notamment. En effet, l’Ile n’apporte pas les richesses d’or et d’argent du continent et ne prédispose pas le colon a trop de dépenses. Par ailleurs, le faible peuplement autochtone n’impose pas d’imposer la foi catholique par tous les moyens. Le baroque cubain parait ainsi bien timide par rapport à celui que l’on peut trouver dans la péninsule ibérique ou en Amérique Centrale. De même il est assez absent des collections. 

Finalement, l’Ile s’épanouit essentiellement à la fin du XIXème et au début du XXème siècle. Les Américains de plus en plus présents sur l’ile imposent leur esthétique néo-classique symble de Démocratie. C’est donc aussi de cette époque que datent la plupart des collections européennes. Au Musée des Beaux-Arts dans la section peinture. Mais aussi dans deux musées plus insolites et tout aussi intéressants : le Musée Napoléon et le Musée des Arts Décoratifs. Le premier se consacre entièrement à la personne de l’Empereur. Ce qui ne manque pas de piquant si loin de la France. https://visitesfabienne.org/cuba/la-havane/musees-de-la-havane/musee-napoleon/ Le second s’inspire très clairement des Arts Déco Français. https://visitesfabienne/les-arts-decoratif-a-la-havane/

La Cathédrale, le plus bel exemple de barqoue havanais
Musée des Arts Décoratifs

Les musées de la Havane

Vive la Havane ! La Havane regorge de Musées. Malheureusement, la majorité des musées de la Havane sont ouverts toute la semaine de 10 à 17h sauf le dimanche où ils ferment à 13h .

Les institutions incontournables

On peut voir ou revoir les musées les plus classiques, comme les deux musées des Beaux-arts et le Musée de la Révolution. Bien qu’incontournable, celui-ci n’a pas évolué depuis son ouverture et sa visite peut s’avérer rébarbative. Le Musée des Beaux-Arts se divise en deux bâtiments et deux collections distincts. La première section, sur le Parque Central, se consacre à l’Art dit Universel, autrement dit les grandes civilisations. Alors que la section cubaine permet de découvrir peintres et artistes locaux.

Musée de la Peinture murale

Classiques également le Palais des Gouverneurs et le Musée colonial. Les deux ont fort besoin de se voir rénover mais les meubles y sont beaux et l’ambiance emblématique de la période coloniale. La Force Royale, quant à elle, abrite les collections d’Histoire de la ville. On peut compléter la découverte archéologique dans les différentes forteresses. Chacune se visite en effet.

Des maisons musées

Casa Obrapia

Pourquoi ne pas s’intéresser à la multitude de petits musées dont regorge la vieille ville? Il s’agit pour beaucoup de belles maisons coloniales dont les collections s’ouvrent au public de 10 à 17htlj et le dimanche en général jusqu’à 13h. Il suffit de donner une obole aux gardiennes désoeuvrées pour découvrir des collections parfois amusantes voire étonnantes.

On peut s’intéresser aux collections ethnographiques de la Maison d’Asie, de la Maison des Arabes ou de la Maison de l’Afrique ou du Mexique. On peut préférer les maisons d’artistes comme la Casa Guayanil ou la maison de la peinture murale ou les maisons d’hommes connus telle celle de Jose Marti. Pour fétichistes en herbe, cette maison permet de se recueillir devant la cuillère ou le premier livre du héros national. Plus que la collection ou la maison c’est la muséographie et l’idolatrie qui fascinent ici.

Capitole

Pour la période coloniale, la Casa Obrapia est un petit bijou. Alors que les amoureux de Santeria pourront pénétrer la casa de las Orishas, pratiquement en face du Capitole. Celui-ci se visite d’ailleurs également.

On peut préférer les visites gustatives, au Musée du Chocolat (en fait un salon de dégustation) ou au musée du Rhum.

http://www.havanaclubmuseum.com/

Mais la ville regorge également de musées totalement insolites. Le plus exotique est peut être le musée Napoléon. Le plus emblématique le flambant neuf musée de la Dénonciation.

Buste de Napoléon au Musée du même nom