Temples cholas

De Tanjore à Pondichery, un certain nombre de temples cholas s’égrènent non loin de l’embouchure du fleuve Kaveri. Ils remontent au règne des Cholas entre les Xe et XIIIème siècles. ils représentent le sommet de l’architecture dravidienne. Ils sont d’ailleurs inscrits sur la liste de l’Unesco. Considérés comme les joyaux du Tamil Nadu, ils se visitent facilement. J’y étais passé rapidement il y a quelques années. Mais cette fois je vous propose un article uniquement consacré aux temples cholas du delta du Kaveri et surtout aux deux plus importants après celui de Tanjore.

On peut les aborder au cours d’une boucle menant de Pondichery à Tanjore ou vice versa et rajouter un petit crochet à Chindabaram. Les temples de cette ville poussiéreuse ne sont pas les plus fascinants. On peut se laisser tenter par un détour dans la mangrove. Mais, je vous propose plutôt ici d’admirer les plus beaux temples vivants cholas du delta du Kaveri.

Temples vivant du delta du Kaveri

La notion de temple vivant chola concerne des sanctuaires tamouls classé au titre de patrimoine de l’humanité mais qui restent des lieux de culte. La nomenclature en distingue 3 avec celui de Tanjore ajouté en 1987. Les deux qui m’intéressent dans cet article sont  Gangaikonda Cholapuram et Airavatesvara. ils ont été rajoutés à la liste de l’UNESCO en 2004.

Ces temples datent des XI et XIIe siècles. Ils représentent les exemples les plus aboutis de structure chola. Construits en pierre calcaire d’un magnifique ocre, leur statuaire est absolument remarquable.

 La dynastie Chola initia ce type architectural avec le temple Brihadisvara à Thanjavur (https://visitesfabienne.org/tanjore/). Les deux temples que je vous propose de visiter aujourd’hui montrent des exemples parfaitement aboutis de développement des éléments initiés dans la capitale des Cholas.

 A eux 3, ces temples illustrent  de la plus belle manière ce qu’est l’architecture dravidienne d’époque chola. Ils témoignent de l’apogée de ce grand empire et de la civilisation tamoule au sud de l Inde. Ils montrent également combien le temple représentait un centre humain, social et économique.

Airavatesvara Temple

J’avais déjà écrit un peu sur ce temple découvert lors d’un premier voyage dans le sud du Tamil Nadu. Situé dans la localité de Darasuram, dans la banlieue de Kumbakonam, il remonte à 1166. Cette structure appartient à un ensemble de 18 temples médiévaux dans la région. Dédié à Shiva, il respecte les traditions Vaishnavites ainsi que des légendes du mouvement shaivite Bhakti .

Il se trouve dans un grand parc protégé. On y accède en contournant la muraille extérieure. Il ne reste que quelques vestiges de la gopuram de l’enceinte extérieure. En revanche, un bassin et une nouvelle gopuram donnent accès à la cour dans laquelle se dresse le sanctuaire conçu comme un chariot.

Le nom du temple rappelle l’éléphant blanc d’Indra. C’est le dernier des grands temples cholas de Rajaraja 1er commanditaire du temple de Tanjavur. Construit dans la seconde moitié du XIIes il frappe par sa magnifique cour royale ou Rajagambhira Thirumandapam.

Les piliers sculptés, les marches de granit et surtout le magnifique chariot tiré par des chevaux de pierre en font un véritable chef d’œuvre artistique. On y voit les dieux védiques et puraniques  les plus importants comme Indra, Agni, ou encore Varuna. Les plus experts reconnaitront aussi Vayu, Brahma, Surya, Vishnu, Saptamtrikas. Mais encore Durga, Saraswati, Sri Devi (Lakshmi), Ganga, Yamuna, Subrahmanya, Ganesha, Kama, Rati .

Ce temple fantastique, certainement le plus abouti de la triade, se compose de 2 parties. A l’origine, il était en effet beaucoup plus grand. Des inscriptions évoquent jusqu’à 7 cours. Il n’en reste qu’une.

La première enceinte est consacrée à Shiva alors que la seconde, plus petite, est dédiée à Parvati. Je vous conseille’ d y arriver en fin de matinée pour assister aux rituels. Relativement intimistes ceux ci permettent de pénétrer au plus près les mystères de l’hindouisme.

Brihadisvara Temple à Gangaikonda Cholapuram

Ce temple se trouve à près de 70km de Tanjavur sur la route de Pondichery. Il remonte à 1035 . Son bâtisseur, le roi  Rajendra Chola I,  le conçut comme faisant partie de sa nouvelle capitale. D’ailleurs, il reprend le nom et la structure du temple de Tanjore. Pour l’en différencier on le nomme le plus souvent le temple de la ville du roi qui est allé chercher l eau du Gange, Gangaikondacholapuram.

Il adopte un plan carré. Il met en scène le Vaishnavisme, le Shaktisme ainsi que des éléments syncrétiques. On y reconnaitra des statues de Vishnu, Durga, Surya, Harihara, Ardhanishvara. Pourtant, l’énorme Nandi qui l’annonce et le lingam du sanctuaire ne peuvent nous faire oublier la consécration principale à Shiva. Une grande antichambre sombre et bordée de lingas mène au sanctuaire principal. Tout autour des sanctuaires plus petits aux magnifiques gravures et sculptures occupent le très beau parc. Un réservoir et un puit dont l’escalier d accès se niche dans un étonnant lion sculpté complètent l’ensemble.

Retour au Chettinad

Cette année, j’ai voulu tenter un retour au Chettinad. Car nous y étions allé il y a 3 ans. Nous y avions admiré l’architecture unique des 2 villes et de quelques uns des 73 villages du district de Siraganga. Nous nous étions arrêtés à Karaikudi, le centre économique de la région. Mais, nous n’avions quasi rien vu de cette ville assez poussiéreuse. Pourtant, les magnifiques palais des villages alentours, souvent en ruine, nous avaient laissé un goût de reviens y.

Alors, 3 ans après, je vous propose une nouvelle plongée dans cette région unique, avec ce retour au Chettinad.

En partant de Trichy, voici un petit itinéraire qui permet de jolies découvertes.

Fort et palais

On peut commencer par le fort de Trimayum perché sur une colline de granit rose. Il se confond d’ailleurs avec la couleur de la roche. Du haut du fort, un beau panorama s’ouvre sur la plaine agricole. Au pied des murailles, un temple en partie creusé utillise la même pierre. La couleur en est magnifique.

Le village suivant, Kadiapatti, abonde en palais. On n’en voit que les façades mais on peut rentrer dans le Lakshmi hôtel. En continuant dans le village, certains habitants sont prêts à ouvrir leur porte. Ce qui permet de constater que certains palais partent à la dérive. Des grandes familles enrichies par le commerce coloniale, ne survit souvent qu’un descendant, dont les enfants se sont la plupart du temps installés en occident. Le dernier propriétaire se trouve bien démuni pour affronter réparations et entretien de ces énormes vaisseaux. A l’origine y habitaient de larges familles de plus de 50 membres.

Kotalamangalam et Kanadukhatam

A Kotalamangalam et surtout dans les villages de Kanaduthakam et Pallathur, le tourisme a rapporté de quoi rénover davantage de palais. Des hôtels s’ouvrent tels le Saratha vilas, le lotus et attirent des visiteurs dans leurs salons joliment restaurés.

A Kanadukhatam, l’immense palais Raja abrite une administration. Il domine la place du village. Pour sa taille celui- ci abonde en grosses demeures. Elles se concurrencent le long des rues orthogonales. Certaines, repeintes de couleurs vives, attestent du retour ou du maintien des familles. Converties en hôtels, filatures ou autre elles peuvent se visiter au hasard de la promenade. D’autres au contraire souffrent tristement des outrages du temps.

Pallathur

A Pallathur, les rues 3, 6 et 9 recèlent de magnifiques palais éclectiques pour les plus anciens (fin XIXe début XXe) art deco pour les plus récents. La période de construction de ces palais s’étend en effet principalement entre 1890 et 1940. Loin de l’architecture indo-sarracénique de Chennai, ils empruntent ce qui se faisait de plus chic dans les grandes capitales européennes. Ce, avec un goût marqué pour la couleur et les jolis matériaux.

 Les Chettiars vivaient chichement dans les lieux où ils amassaient leurs fortunes. En revanche, ils dépensaient sans compter une fois revenus chez eux. Tek de Birmanie, marbres et miroir européens, rien ne les arrêtait. A vrai dire je n’avais jamais entendu parler des lustres belges mais qu’importe, Les locaux y tiennent et la splendeur des matériaux est indéniable. Une vraie compétition se jouait d’une famille à l’autre. Chacun rivalisait de créativité et d’étalage de richesses.

Des temples à Ayyanar

Ce que je n’avais pas du tout compris lors de mon premier voyage, c’est que cette région, comme une grande partie du Tamil Nadu, a conservé des sanctuaires rustiques uniques. Ce retour au Chettinad avait pour but de découvrir ces sanctuaires à Ayyanar.

 Il y en a notamment 2 dans le village de Kotalamangalam. Le premier se trouve à l’orée du village, le second carrément dans le bois. On part donc à l’aventure dans la forêt à la recherche du temple. Une cavalcade de statues de terre cuite l’entoure. Ces animaux statiques patrouillent les bois nuitamment pour assurer le repos des villageois. Les plus beaux chevaux anciens tendent à disparaître. Les remplacent des bestiaux et personnages en plâtre, criards et bedonnants. Mais l’esprit reste, même s’il se perd malheureusement avec l’exode rural.

Un sanctuaire particulièrement spectaculaire se trouve à Elangudipath. Là, une grande avenue de chevaux de terre cuite garde un petit temple campagnard interdit aux femmes. On y accède par un petit chemin de terre. Malheureusement jonché de détritus, celui ci reste caché de la grand route.

Bien qu’en voie de disparition, ces fantastiques sanctuaires témoignent d’une activité religieuse typique des communautés agraires du sud. Elle reste très marquée par l’animisme antérieur à l’hindouisme venu du Nord. Malgré leur raréfaction, ils gardent une authenticité poignante.

Karaikudi, la grande ville du Chettinad

L’atmosphère rustique ne se retrouve en revanche pas du tout dans la ville poussiéreuse de Karaikudi. Ce gros bourg vaut la visite pour sa rue d’antiquaires. Rares en Inde, les vendeurs d’objets et meubles anciens s’adressent beaucoup aux étrangers et pratiquent des tarifs prohibitifs. Pour autant, ils permettent de s’intéresser aux objets typiques de la société chettiare. On trouve par exemple de la vaisselle en aluminium, comme celle typique de Malaisie où les Chettiars faisaient leur commerce. Sur  kovil street, on peut aussi acheter du mobilier du début du XXes ou des statuettes avant de se rendre au Bazar Muneeswaran.

Temples Tamouls

Pourquoi un article général sur les temples Tamouls ?  C’est qu’à Chennai, on en trouve à tous les coins de rues et leur aspect est typique du Tamil Nadu. Alors quelles en sont les caractéristiques ?

Je commencerai par insister sur le fait que je vais parler ici d’édifices religieux. La deuxième remarque concerne le style dravidien original et originaire du sud de l’Inde. On peut par exemple l’opposer au style Nagara recnotré au nord du Deccan.

Parler des temples Tamouls oblige à s’intéresser à la religiosité exacerbée du sud de l’Inde et à l’identité revendiquée des Tamouls.

Caractéristiques architecturales des temples tamouls

Les temples du sud empruntent à la tradition dravidienne. Leur forme dérive globalement des époques Pallavas (VIIème au IXème siècles de notre ère) et Cholas (X/XIII-ème siècles). Ils connaissent alors une large expansion. Leur forme évolue un peu jusque vers le XVIe siècle. Elle se fige alors sous les Vijayanagar.

 Voici les éléments principaux que l’on retrouve dans les temples du sud :

-La Gopuram

La plus caractéristique est la Gopuram. C’est une grande pyramide qui sert de tour et de porche d’entrée. Au Tamil Nadu elle se compose d’une base de granit, d’étages de stuc abondamment sculptés et colorés, repeints très régulièrement. D’ailleurs les temples indiens sont refaits fréquemment. La préservation historique n’est pas vraiment la priorité ici. La partie sommitale affecte la forme du chariot utilisé pour promener les dieux lors des festivals. Les plus grands temples disposent de plusieurs Gopurams aux points cardinaux. Avec le temps, les Gopurams, bien que plus récentes sont devenues plus imposantes que la Vimana.

-La Vimana

Plus compacte, la Vimana est souvent monolithique. Elle recouvre et protège le saint des saints (garbha griha)) où se trouve la divinité du temple. Pyramidale, ou en forme de bulbe, elle est beaucoup plus petite que dans les temples du Nord (shikharas) et souvent dominée par les Gopurams.

-Les mandapams

Ce sont des portiques à piliers précédant le ou les sanctuaires, un peu comme les pronaos dans des temples antiques ou des narthex dans les églises. Les piliers dravidiens sont eux même particuliers, carrés et décorés de divinités. Les fidèles se réunissent dans ces salles hypostyles. Ils peuvent y faire causette, voire y manger le pongal servi dans des grandes bassines. Ils peuvent aussi y avaler les friandises vendues dans les boutiques à l’intérieur du temple.

-Les enceintes quadrangulaires

Des murs entourent le temple. Au sommet des murs, des sculptures animalières évoquent le dieu honoré dans le temple. Dans les temples tamouls il s’agit souvent de Ganesh ou de Nandi (pour Shiva). Des dwarapalakas –  ou gardiens doubles veillent devant l’entrée du sanctuaire. Des  goshtams – divinités sculptées dans des niches- entourent le sanctuaire. Parmi les sculptures, les temples tamouls abondent en lingam, représentant Shiva. Ceux ci affectent une forme phallique. Il s’agit le plus souvent de monolithes de pierre sombre, voire noire.

-Le Bassin

Un réservoir est consubstantiel au temple. Outre la présence de l’eau, on retrouve dans les temples tamouls les autres éléments feu, air, terre. Ceci concerne tous les temples hindous. Au Tamil Nadu néanmoins, le bassin du temple fait souvent office de réserve d’eau pour toute la communauté.

Des caractéristiques cultuelles

Au-delà des particularismes architecturaux, les rituels présentent quelques particularités au Tamil Nadu. Ce même s’ils s’inscrivent dans la logique de l’hindouisme.

 Les divinités gagnantes des temples tamouls

Ainsi le sud honore plus particulièrement certains dieux

  • Shiva est le champion du sud mais un Shiva père de famille, serein et aimable assez éloigné du jeune ermite fougueux et chevelu du nord. Autour de Shiva, la sainte famille constituée de Parvati et des enfants Ganesh et surtout Murugan est honorée.
  • Ganesh fait l’objet d’un culte tout particulier. Il est présent à chaque entrée de temple et dans une multitude de petits autels à chaque coin de rue pratiquement. Plus encore Murugan son frère est LE dieu du Sud.
  • Les dieux sont représentés par leurs attributs ou véhicules, nandi, lingam pour Shiva, souris de Ganesh. Ce qui explique aussi la présence des animaux au sein des temples. Je ne parle pas ici seulement des singes abondants en Inde mais des étables dans les temples à Shiva, des éléphants dans les temples consacrés à Ganesh.
  • Chaque temple est constitué d’une multitude de sanctuaires consacrés chacun a une forme ou une caractéristique du Dieu. Chacun de ces sanctuaires est gardé par un prêtre ou plusieurs qui y pratiquent les bénédictions et y recueille les offrandes. Darshan. Pooja et prières sont en effet les 3 rituels principaux pratiqués dans les temples. Encore faut-il préciser qu’il n’y a pas UNE pratique dans cette religion non révélée.

Abondance des temples tamouls

A Chennai, on trouve une multitude de temples. Peu sont connus comme celui de Kapelashewar.

 Ou celui de Triplicaine, le plus ancien. A Parry’s corner, le plus connu est un temple double à Vishnu et Shiva. Mais ces arbres cachent la forêt des très nombreux temples de Chennai.

Le plus grands rappellent le village dont ils marquaient le centre. D’autres très nombreux, modernes attestent de la croissance de la ville. A cette pluralité de temples s’ajoutent les petits sanctuaires de rues, les autels domestiques ou de quartiers.

Les temples tamouls sont toujours extrêmement colorés et bruissants. Leur fréquentation s’intègre totalement au quotidien des habitants. On va au temple le matin avant de partir travailler et pour tout évènements familial ou professionnel.

Tout autour des temples, une multitude de petites échoppes vendent des fleurs de jasmin ou des œillets, des noix de coco du ghee pour les offrandes. On peut également acheter des petits berceaux, pour les couples en désir d’enfants, ou des cordons rouges ou jaune pour les gens en mal de partenaire de vie.

Varanasi

Varanasi a changé de nom en 1956 bien avant le mouvement de re nomination des villes indiennes. Autrefois connue sous le nom de Bénarès on la voyait comme la cité des morts. L’image en était d’une ville mystique et mythique. Les Indiens y venaient et y viennent toujours mourir. En effet mourir et se faire immoler sur les bords du Gange permet d’échapper au cycle des renaissances et d’atteindre la libération. Pour un hindou cela constitue la mort la « plus prisée ». Cité de la mort, Varanasi représente ainsi dans l’imaginaire collectif la quintessence de l’Inde en termes de couleurs, de foi extrême mais aussi de misère. Située sur les rives sacrées du Gange, la ville, l’une des 7 villes saintes de l’Inde, reste la capitale spirituelle de l’Inde.

vue des Ghâts de Varanasi

Or comme le reste du pays, la ville a énormément changé. Varanasi se veut ainsi une vision modernisée de Bénarès.

Varnasi, Ghât

Varanasi ville des morts ?

Les Indiens considèrent Varanasi ou de son ancien nom Kashi comme l’une des plus vieilles villes du monde. Sur quoi repose cette affirmation ? La ville est ancienne sans aucun doute. La tradition d’y mourir aussi. De là à la considérer comme l’une des plus anciennes du monde, c’est faire peu de cas de Jéricho, Ur ou autres villes du croissant fertile ou de la vallée de l’Indus. Aucune datation ne précise l’antériorité de la cité des bords du Gange ni de ses rituels. Associés à des temps immémoriaux et des légendes, les traditions prennent donc statut de vérité comme souvent en Inde.

Manikamika , champ de crémation Varanasi

Dans les faits, deux champs de crémation dont le Manikamika se situent sur les bords du Gange et fonctionnent quasiment en permanence. Il y aurait environ plus de 200 crémations par jour. Le Gange aurait le pouvoir de libérer l’âme du cycle de la réincarnation, et l’incinération à Varanasi est considérée comme la voie royale vers la moksha, la libération spirituelle. Quelques rares mouroirs existent encore dans la ville. Mais, contrairement à l’idée que l’on peut s’en faire en Occident, Varanasi n’est ni triste, ni macabre. Certes on croise régulièrement des processions portant des cadavres sur des civières de fortune. Celles-ci, recouvertes de draps orangés et de fleurs sont portées au bord des deux Ghâts, immergées en vue de la purification puis brûlées.

Manikamika , bûchers funéraires

Pourtant tout ce rituel se déroule dans les chants et les fleurs. Finalement ce qui ressort est plus le côté mystique voire magique que le caractère macabre de l’opération. Il est vrai que les Indiens interprètent ce type de rituel comme une libération et non une fin en soi. La musique lancinante des chants, les fumées mais aussi la joie des vivants créent une ambiance assez surprenante. D’autant que des bateaux truffés de haut-parleurs traversent en permanence le Gange transformant le fleuve en une discothèque à ciel ouvert.

Varanasi, ville des pèlerins

Les nombreux temples rappellent en tous cas l’importance religieuse de la ville. Certains sont quasi inaccessibles en raison de la foule de pèlerins. C’est le cas du Kashi Vishwanath Temple un des 12 Jyoti lingas.  Ceux-ci sont des sanctuaires représentant Shiva sous la forme d’une borne phallique, le Linga,.

Temple au bord du Gange

Ce temple en particulier a été transformé en machine à sous. Son accès et ses bâtiments ont fait l’objet d’une modernisation radicale. Au point que le « corridor » qui mène du temple au Ghât est devenu emblématique de la polémique qui enfle entre riverains, pélerins et autorités soucieuses de « nettoyer » Varanasi.

Si la misère et les odeurs ne prennent pas à la gorge comme je le craignais, le bruit lui défie l’entendement. A côté, le tumulte circulatoire de Chennai parait presque gentillet. Il reste de drôles de de Sadhus, errants à demi nus, les cheveux longs. Mais les mendiants, les estropiés ont quasi disparu du paysage.

sadhus sur les bords du Gange

En revanche, c’est une des rares villes indiennes où l’on voit déambuler des troupeaux de caucasiens en quête de sensationnel. Il est vrai que le lieu s’y prête par sa photogénie et son ambiance. Ces touristes en groupe restent néanmoins cantonnés à une petite portion des Ghâts et ne s’aventurent ni dans les marchés, ni dans la vieille ville, ni sur les ghâts les plus excentrés. Sont-ils attirés par le spectacle de la mort, la promesse spirituelle ou la renommée de cette ville haute en couleurs ?

la cohue de sbateaux sur les bords du Gange à Varanasi

Car il est vrai que Varanasi ne manque pas de couleurs, ni de bruits et correspond aux images les plus fortes que les occidentaux se font de l’Inde. Malgré la campagne sanitaire de modernisation, Varanasi reste colorée, étonnante, unique. Plus encore que l’abondance de temple ou l’ancienneté de la ville, sa singularité repose sur les ghâts.

Les ghâts

Les ghâts sont une spécificité des villes fluviales indiennes. I s’agit de quais en gradins permettant à la marée ou aux fleuves gonflés par la crue de la mousson ou de la fonte des neiges de l’ Himalaya de monter sans atteindre la ville.

 En la matière une magnifique étude architecturale menée par Savitri Jalais a donné naissance a un remarquable ouvrage.

vue ge'nerale des Ghâts Varanasi

A Varanasi, on admire cette succession de 84 quais utilisés pour les cérémonies et les baignades rituelles. Deux d’entre eux, les Ghâts Manikarnika and Harishchandra correspondent à des zones de crémation. Ce sont elles qui assurent à Varanasi sa notoriété un peu macabre. Des cérémonies se succèdent et les bûchers fonctionnent quasi en continu brûlant d’importantes quantités de bois de santal ou de manguier. L’odeur âcre se mélange aux effluves de la ville.

bois pour les bûchers Varanasi

Pour autant, ces quais qui assurent la notoriété de la ville sont en restauration voire en refonte. Beaucoup déplorent la perte d’identité et la destruction d’un patrimoine inestimable. On peut apprécier la meilleure hygiène des grands escaliers monumentaux quasi mussoliniens. Car le gouvernement local, sur le modèle de l’Etat, a pris très au sérieux l’image de la ville. Il a entrepris de gommer la mendicité et la saleté en utilisant les grands moyens. Les ghâts sont devenus un véritable chantier. Des petites cabines flottantes permettent aux baigneurs et fidèles de se changer. Les escaliers anciens et les édifices historiques, un tantinet délabré, disparaissent livrés à la folie destructrice du XXIème siècle.

bain rituel du matin Varanasi

Mais les légendes ont la vie dure et on lit encore des blogs lyriques parlant des ossements récupérés à la surface des eaux. Dans les faits, les cadavres sont purifiés dans l’eau. Ils sont ensuite entièrement brûlés et seules les cendres sont immergés.  Des bouées délimitent des enclos et retiennent les cendres ou fleurs jetées à l’eau après crémation.

coucher du soleil Varanasi

Que voir à quelle heure ?

Les ghâts peuvent se parcourir en bateau au coucher du soleil si vous aimez la foule ou à l’aube pour une expérience plus intense. Vous pouvez acheter votre course en bateau via votre hébergement ou une agence. Mais vous pouvez aussi vous rendre directement le long du Gange et accoster un batelier pour discuter de son prix.

Aarthi Ghât

 Vous pouvez aussi marcher les 6 km le long du fleuve. Le spectacle change à chaque Ghât. L’architecture y varie mais aussi et surtout l’ambiance. Celle-ci évolue également en fonction de l’heure. Le soir, la foule compacte se presse pour assister au Ganga Aarthi une cérémonie fiévreuse et populeuse marquant l’union du fleuve et de la ville. Vous pouvez assister à ce spectacle religieux gratuit sur Assi Ghat, ou Dashashwamedh Ghat. .Si vous voulez vous assoir il vous faudra arriver 1h avant le coucher du soleil. Des agences ou les hôtels vous vendent des places assises « d’honneur » pour profiter de l’expérience.

Ganga Aarthi Varanasi

Car les cérémonies de Varanasi rappellent un peu celles de Venise où la sérénissime célèbre son union avec la mer. Née du fleuve, Varanasi ne l’honore que sur une rive. L’autre berge est laissée au désert. On aperçoit ainsi une vaste étendu ensablée parcourue par les chameaux et parsemée de tentes nomades.

Si votre hébergement ne se trouve pas au centre il vous faudra marcher. Les taxis ne peuvent s’approcher des ghâts sauf tôt le matin. La circulation et le bruit sont ahurissants et il vous faudra vous armer de patience pour parvenir où vous le désirez. En revanche si votre chambre donne sur les ghâts ou les rues du centre vous ne trouverez pas le sommeil sinon au cœur de la nuit. En revanche, vous serez à pied d’œuvre pour admirer le spectacle fascinant du Gange.

lever du soleil sur les bords du Gange Varanasi

Ekamra

Ekamra Kshetra désigne l’ancienne ville temple de Bubaneshwar que je vous ai presenté la semaine dernière. Petite, Ekamra offre une ambiance quasi villageoise à l’abri de sa multitude de temples. Sur les 700 vous ne parviendrez à en admirer que quelques-uns, alors voici un petit tour d’ensemble…

Marcher à Ekamra, pour mieux découvrir

En général, les agences survolent malheureusement Ekamra Kshetra. Elles insistent effectivement sur le plus grand temple, le Lingaraj puis  le Mutekswara, le plus beau et le Rajarani. Pour ce dernier, en dehors de la beauté du parc alentour et des sculptures coquines je ne vois pas pourquoi il est préféré à d’autres.

Dommage, d’abord parce que ce circuit fait fi de l’histoire de la ville mais aussi de l’histoire architecturale de la région. C’est vraiment dommage car sans prétendre visiter les 700 temples, d’autres méritent vraiment de s’y arrêter.

Dommage également de ne rester qu’une journée dans un bus climatisé alors que le vieux centre de Ekamra se prête à la découverte pédestre. Bref voici un petit itinéraire maison pour mieux profiter de cette superbe cité ancienne.

A noter que les horaires et modalités d’entrée varient selon les lieux. En général et contrairement à Chennai les temples sont ouverts toute la journée et ne ferment pas le midi. Le Rajarani est le seul vraiment payant mais le Mutekswara est sensé l’être.

Votre promenade vous mènera autour du lac Bindu Sagar, juste derrière le temple Lingaraj. Il est sensé contenir une goutte de toutes les rivières sacrées d’Inde ce qui le rend hautement sacré lui-même.  De nombreux temples l’entourent et contourner l’une de ses rives donne une jolie idée de la ville.

Les temples anciens VII-VIIIe de Ekamra

A l’origine de la cité bimillénaire se trouve vraisemblablement le lac Bindu entouré de 7 temples. Bien qu’un peu odorant à certains endroits, c’est un joli lieu. Les mariés s’y donnent RV pour se faire prendre en photo juste au débouché du majestueux Lingaraja. Toutes sortes de légendes rattachent le lac au couple de Siva et Parvati. Des autochtones y barbotent enserrés dans des bidons vides. Ceux-ci servent-ils de bouée ou de réceptacle pour ramasser les déchets ? je ne saurai le dire. En face, quelques Dharamshalas (ou caravansérails) sont devenus l’un hôpital, l’autre cantine typique. On trouve peu d’endroits ou se restaurer ouverts avant 11h du matin outre les petits vendeurs de rue.

Je suggère de commencer par Le temple Parasurameswara. Juste à côté du Mutekswara, il compte parmi les plus anciens du pays (7e s). Typique du style Nagara ce temple à Shiva témoigne de la maitrise des sculpteurs locaux. Les sculptures extérieures en sont magnifiques. L’intérieur, en revanche, noir et dépouillé, cherche à recréer la grotte primordiale. La jagamahona (ou hall menant à la Sikhara) est emblématique de la première période de l’école de l’Odisha avec son toit plat. On ne trouve pas encore la multiplication des halls pour les offrandes et festivités. Ceux-ci apparaitront plus tardivement. On peut rentrer dans le temple contre une offrande.

Par commodité on peut enchainer avec le magnifique temple Mutekswara. Ou préférer la logique chronologique. Dans ce cas, mieux vaut se diriger vers le temple Vaital du 8e s un peu excentré. Il évoque également Shakti parèdre de Shiva. Ils vont toujours tous les deux. La déesse Shakti, tueuse de démons est associée au culte tantrique.

L’âge d’or

-Mukatswar

Ce magnifique temple est un incontournable. Il célèbre le culte de Shiva. Il apparait comme la perle des temples de l’Odisha.

Construit vers 950-70 ce temple comporte une Shikara avec 4 natarajas sur 4 côtés. Compact et assez petit, il affirme le style typique Odisha. En effet, il en rassemble tous les éléments fondamentaux. Le jagamohana (hall offrandes) pyramidal y apparait pour la première fois. Il est relié à la vimana. Derrière celle-ci, se trouve la piscine. les femmes s’y baignent lors d’un festival pour améliorer leur fécondité.  Comme les 2 précédents il se trouve dans une cuvette et il convient de descendre quelques marches pour le visiter.

Ses délicates sculptures, ses reliefs ouvragés et ses portés ornées décrivent les divinités hindoues. Sa torana (porte) est unique. 

– Lingaraj Temple,

Le Roi du linga ne se visite pas c’est le plus important temple de la ville par sa taille, c est LE temple par excellence de la region. Malheureusement, les non hindous ne peuvent pas y accéder. Ils doivent se contenter de le regarder depuis la plateforme ou depuis la grande place après le réservoir qui en annonce l’entrée.

Il est typique de l art kalinga. Il remonte au 11es. C’est la période considérée comme intermédiaire de l’art kalinga. On y retrouve les 4 composantes apparues au temple précédent. On accède au vimana via la jagamahona. Il s’agit d’une sorte de mandapam à toit plat dans les premières structures devenu pyramidal vers le 10e s.  S’y ajoutent un hall de festivités, le natamandir et un hall d’offrandes, dit magamandapa.

Une cinquantaine de plus petits sanctuaires magnifiquement décorés insistent sur le culte à Shiva. Cependant, quelques images de Vishnou rappellent l’influence de Puri.

-Le temple Rajarani Temple,

Le temple RajaRani remonte au 11e siècle. Son originalité tient au manque de dieu tutélaire connu. Les nombreux reliefs érotiques, l’ont fait connaitre comme « temple de l’amour ». Ses murs extérieurs en calcaire rouge et jaune (raja rani) s’ornent de sculptures de danseuses, musiciens et personnages mythologiques. Ces sculptures ainsi que le joli jardin l’entourant expliquent peut être son succès touristique. Néanmoins c’est l’un des rares temples dont l’accès soit payant. C’est également l’un des trois courus des touristes en groupes.

Construit sur un socle, il comprend un deul (pyramide) de 18m de haut rappelant l’architecture de Khajuraho et un sanctuaire carré vide et sombre à l’intérieur. La forme de la tour ou deul contraste avec celles traditionnelles de Bhubaneshwar.

-Le temple Ananta Vasudeva

Sur la rive est du lac Bindu Sarovar ce temple du 13e s est le seul de Ekamra à vénérer Krishna, Balarama et Subhadra. Originellement il s’agissait d’un temple à Vishnou unique dans cette ville consacrée à Shiva. Rénové au 17eme siècle il s’inspire du temple Lingaraj mais avec des éléments Vaishnavite. Malgré son état de délabrement il reste un lieu de pèlerinage important.

Le temple Brahmeswara

Un peu excentré,  ce temple remonte au 9eme siècle et honore Shiva. Il illustre parfaitement l’architecture kalinga. Quatre sanctuaires identiques  entourent en effet son sanctuaire principal. Les portes s’ornent de figures sculptées et des neuf planètes de l’astrologie indienne.

Ernakulam

Cet article sur Ernakulam s’adresse à tous ceux qui restent plus d’une demi-journée dans la ville et qui veulent explorer ses environs. En effet, j’avais déjà évoqué dans un premier article les incontournables de la ville coloniale avec son Palais et le quartier juif. Dans un second article, je me suis intéressée à Fort Cochin et autour du Fort. Il est temps maintenant de déborder du quartier historique et de s’intéresser à tout ce qui fait le charme de cette énorme métropole.

Il est temps maintenant de déborder du quartier historique et de s’intéresser à tout ce qui fait le charme de cette énorme métropole.

Ernakulam correspond à la bande de terre continentale agglomérée aux vieux quartiers de Fort Cochin, sis sur une presqu’ile lagunaire. Moins touristique, cette zone abrite les bâtiments administratifs, universités, centres commerciaux. C’est aussi un grand quartier marchand. On y trouve donc sans surprise de grands temples, comme celui de Shiva et des marchés bien fournis. Globalement, si l’on veut passer une journée à Ernakulam, voici des idées de balades :

Marchés supermarchés et temples

 Le temple de Shiva non loin de l’embarcadère impressionne pour la ferveur de ses fidèles. Il faut s’y rendre le matin ou le soir pour profiter des célébrations colorées. On peut y accéder par le Durbar, un bâtiment colonial dont le nom évoque la cour royale. Tout autour, se pressent de petits restaurants végétariens.

temple de Shiva Ernakulam

Entre le débarcadère et le métro, Market road la bien nommée regroupe une grande partie des petits commerces. Les ruelles adjacentes donnent des airs de souk à ce quartier extrêmement animé. Certainement plus populaire mais aussi plus authentique que Fort Cochin, Ernakulam abonde en marchés et magasins très bien achalandés.

Le marché aux légumes n’est plus que l’ombre de ce qu’il était. La végétation luxuriante du Kerala permet en effet de se régaler de fruits et légumes en avance par rapport au Tamil Nadu. En revanche, les ruelles commerçantes continuent à offrir toutes sortes de marchandises bon marché et organisées par spécialités. le quartier abrite une communauté musulmane et s’endort le vendredi lorsque les fidèles se rendent dans les différentes mosquées.

La Promenade

Le long de la lagune, elle s’étend entre le débarcadère de ferries pour Fort Cochin et le quartier commerçant de Market Road. Les jardins joliment dessinés donnent des allures européennes à ce long ruban vert très apprécié par les locaux en soirée et le week-end. De là, on peut se diriger vers le ferry qui dessert Fort Cochin. On peut également se rendre vers le métro et au-delà vers la ville moderne. Sans charme, cette partie de Ernakulam fait penser aux villes d’extrême orient par son animation, ses grands et petits commerces, et même, chose rare dans le sud, ses gigantesques grands magasins comme le Lulu mall, un must pour ceux qui arrivent de Chennai en manque d’hypermarché.

Par le métro, on atteint la gare (Ernakulam Junction) mais aussi le quartier plutôt huppé d’Aluva. De la station de métro, des autobus flambant neufs permettent de relier l’aéroport au-delà des embouteillages. Ce quartier résidentiel, s’étend le long de la rivière Periyar et offre de jolies vues sur les berges et les ponts.

Aluva, les bords de la rivière Periyar

fresque Kochi es a feeling

Musée du folklore

Il se situe au sud du quartier Thevara, à la pointe de la bande de terre que constitue Ernakulam. Bien que privé, ce musée du folklore offre une foultitude d’objets à découvrir, voire à acheter, on s’y perd un peu. C’est un peu chaotique mais tellement fourni, que l’on y trouve toujours son bonheur.

Musée du folklore

Le musée lui-même est une recréation architecturale à partir de maisons traditionnelles en bois. Sa structure avec ses toits quasi en pagode emblématiques du Kerala, et ses décorations, valent la visite. Des petits panneaux permettent de se repérer à minima.

marionettes au musée du folklore Ernakulam

Sortis de cet étonnant capharnaüm, on peut se faire conduire en tuk tuk un peu plus au nord vers la promenade ou carrément les plages ou les lagunes.

tablette de cuivre ancienne musée Folklore

Plus au nord d’Ernakulam

C’est aussi depuis Ernakulam que l’on accède à la zone des plages. Attention néanmoins à la foule des fins de semaine et à l’extrême chaleur. La longue bande de terre qui fait face à la mer accueille d’immenses plages dont certaines sont considérées comme parmi les plus belles du pays. Parmi celles-ci, Cherai Beach.

Sur la ligne de métro, Il existe encore une foultitude de musées et galeries selon les gouts de chacun. Parmi ceux-ci s’imposent le musée du Kerala et le Hill Palace.

Enfin, les quartiers nord desservis par la ligne de métro ouvrent sur les backwaters. Cette zone lagunaire est souvent plus à l’intérieur des terres que du côté d’Allepey et offre de merveilleux paysages.

poster de Jesus sur les murs de Cochin

Thiruvallur

A priori, Thiruvallur est une banlieue industrielle de Chennai pas forcément idéale comme destination de balade du week-end. Pourtant cette cité satellite en pleine explosion démographique recèle une agréable ambiance et de magnifiques temples.

Le temple Veera Raghavar Perumal et autour

 Sur les bords de la Coovum river, un énorme temple assure la notoriété de la ville. Il s’agit d’un des 108 temples à Vishnu et l’un des rares dans le Tamil Nadu. Malheureusement le Veera Raghava Perumal temple est interdit aux étrangers. Des prêtres vous le feront savoir de manière assez rude.

On ne peut admirer sa Gopuram et son atmosphère de piété fervente que de l’extérieur. Il est donc inutile de vous démunir de vos chaussures lorsque vous vous dirigez vers la grande porte. En revanche, l’effervescence alentour vaut le coup d’œil.

 Juste derrière le temple, à l’extrémité de l’énorme réservoir, un petit temple consacré à Shiva coloré et charmant accueille tout le monde.

Puis, en contournant la terrible enceinte du temple vaishinite, on traverse un quartier commerçant. Ce sont d’abord les orfèvres musulmans que l’on voit au travail. Plus avant dans la rue Gandhi, un atelier d’épices, réduit les plantes en poudre. Ce marché très animé nous ramène sur les marches du temple de Vishnu.

 Plus à l’extérieur de Thiruvallur

A 3km du centre de Thiruvallur, la petite localité de Kakkalur semble un village endormi. Un temple sans intérêt architectural particulier s’ouvre sur une immense statue monolithique de 12m d’Hanuman. Constitué d’une seule petite pièce dérobée aux regards, il est l’objet d’une grande ferveur. Les fidèles tournent autour du sanctuaire et couvrent l’énorme déité de fleurs jaunes. La piété est à son comble ici.

Encore plus loin dans la campagne, près de Kadambathur, Tirupathur, le temple de Shiva est réputé comme le plus ancien de Thiruvallur. Avec sa Gopuram blanche il tranche sur l’architecture habituelle du Tamil Nadu. Un petit bosquet de bambous rappelle l’origine de sa construction légendaire. En effet il aurait été érigé dans une forêt de bambous, autour d’un lingam. Son cœur remonte effectivement au temps des Cholas, voire des Pallavas, même si une fois de plus il est difficile de trouver une documentation précise. Néanmoins, les prêtres qui y officient sont très affables et près à vous conter avec moult détails, mais en Tamoul, l’histoire de ce lieu sacré. Quel que soit votre degré de compréhension, il n’en reste pas moins que le lieu un peu perdu recèle une véritable magie.