Aujourd’hui je vous propose une balade insolite à Saidapet. Ce quartier populaire ne fait généralement pas partie des lieux touristiques. Loin des temples de Mylapore ou des bâtiments coloniaux de Egmore ou Park Town, des circuits restaurants et street food de Anna Nagar ou des parcs d’amusement de ECR, Saidapet a conservé quelques rares maisons traditionnelles et une ambiance de village.

Un peu excentré, mais desservi par le métro et le train, ce point d’entrée de la ville a accueilli des vagues de migrants. Il fait maintenant pleinement partie de Chennai. Y vivaient des tisserands et des générations de nouveaux arrivants dans la ville. Avec le temps, des cubes de béton tendent à remplacer les maisons coloniales et les constructions traditionnelles.

Longtemps considéré comme un bidonville pour les gens venus des campagnes, on y trouve néanmoins quelques bijoux comme un superbe temple à Shiva, une gare très art déco et un marché coloré.

Le marché de Saidapet

Les petites rues surpeuplées d’une foule d’acheteurs mènent à un des marchés les plus authentiques de Chennai. Le dimanche matin celui-ci bat son plein. Les étals se succèdent sur la rue principale. Des arches en fer érodé annoncent le dédale des petits marchands de poisson et de viande.


Une fois sorti du marché, on peut traverser la voie rapide par la passerelle et rejoindre la gare. On parvient alors à une esplanade animée par un petit temple très bruyant. Ici des vendeurs d’offrandes, de fleurs parfumées vous accompagnent jusqu’à l’énorme temple à Shiva qui fait la renommée du quartier.
Karaneeswarar Temple
On distingue sa Gopuram colorée avec ses 7 étages de fort loin.

Dédié à Karaneeswara – Shiva ( celui qui est à l’origine) il réplique un petit temple médiéval de Mylapore. Ici on l’associe à Swamambika (la déesse de prospérité- autre nom de Parvati). De ce fait, le temple symbolise bien être et prospérité. C’est aussi le lieu de culte privilégié des chauffeurs en détresse qui viennent y faire bénir leurs clés pour éviter les accidents. Avec le temple du « garde corps », dans le quartier de la gare, il est donc le lieu d’une exaltation religieuse toute particulière.
Le temple bruisse de la ferveur des fidèles. De plus petits sanctuaires à Ganapathi, Ganesh, Karthikeya, Murugan, patron du Sud de l’Inde se succèdent dans l’enceinte. Autrement dit, la famille divine de la région. Le petit sanctuaire Parivara honore d’ailleurs la famille. Le Devtas permet de prier devant les différents aspects du divin. Quant au Dwajasthamba c’est le mât qui symbolise la souveraineté et la présence divine. Il représente aussi la force de l’univers et lie le monde terrestre au royaume spirituel.
Malgré son apparence ancienne, ce temple ne remonte qu’à la fin du XIXème siècle. Il s’inspire néanmoins du style dravidien.

La rue qui y mène est bordée de petits vendeurs d’offrandes, et de kiosques à dosas. Le dimanche une grande table accueille les plus pauvres pour le repas.
Derrière le temple, un grand réservoir pourvoyait à l’approvisionnement en eau du quartier. Un bain dedans une nuit de pleine lune soignerait les maladies.
De la gare au quartier Populaire

On remonte une nouvelle fois le long de la très jolie gare Art deco de Saidapet. Un peu plus loin en face d’un autre petit temple coloré, une des rares maisons traditionnelles à pans de bois disparait peu à peu dans la marée alentour de cubes colorés et peu harmonieux. Juste à côté, une porte rouge s’ouvre sur la bibliothèque Mahatma Gandhi fondée en 1952. Bien que tous en Tamoul, les livres honorent la mémoire de la grande âme et des Freedom fighter qui ont combattu pour l’indépendance de l’Inde.


Dans la rue qui part à la perpendiculaire quelques maisons conservent un charme campagnard. Mais combien de temps vont elle encore lutter ? On passe le long d’autres temples multicolores pour atteindre le quartier musulman. Parmi les nombreuses mosquées, la plus connue ou Jama Masjid attire l’œil avec son minaret recouvert de petites faïences bleues. Construite au XVIIIe s par Saadatullah Khan, le premier des Nawabs de Nawayath Konkani à gouverner la zone, elle se trouve au fond d’une ruelle.

En revenant sur nos pas, on finit cette balade découverte de Saidapet à l’Hôtel Mari. Bien que miteux, l’établissement se targue d’avoir mis au point le vada curry, invention qui n’a pas franchement traversé les frontières du quartier et dont je vous laisse juge….


























































































































