Mysore bis

Et pourquoi pas un Mysore bis ? Après avoir vanté les Palais de Mysore, je pensais parler des environs. Mais, je reste sous le charme de cette ville et vous propose de vous y promener encore un peu dans ce « Mysore bis ». Aujourd’hui, je voudrais m’attarder sur quelques haut lieux et monuments de la ville..

un mouton dans les rues de Mysore
Jolie recontre dans les rues de Mysore

La colline Chamundi

Gopuram du temple Chamundi, à Mysore
Temple de Chamundi

Située à une dizaine de km de la rivière Kauveri, Mysore a été construite au pied d’une colline surmontée par le temple Chamundi. Très vivant, il fait l’objet d’un véritable chemin de pèlerinage pour les fidèles qui montent à pied. Vous pouvez tout à fait vous y faire déposer si la montée abrupte vous rebute.

La vue d’en haut y est spectaculaire. Néanmoins, je vous conseille d’emprunter à l’aller ou au retour le chemin. Le temple, consacré à la Déesse Durga est bondé les fins de semaine. Les Gopurams sculptées sont monochromes contrairement à celles du Tamil Nadu. En outre, elles ne comportent en général que la divinité honorée dans les lieux. Leur couleur jaune évoque l’or dont certaines pouvaient se parer. Des piliers et murs sculptés soulignent son importance pour les fidèles.

Statue géante du taureau Nandi, sur la colline Chamundi à Mysore
Taureau Nandi

A mi-chemin, une énorme statue du taureau Nandi. Depuis la terrasse, se dessine les pelouses du palais royal. Au pied de la colline, si vous aimez marcher sur les grandes routes, vous pouvez regagner le palais ou prendre un véhicule pour vous y mener.

marche colorée par les pélerins sur la colline Chamundi Mysore
Marches marquées par les pélerins sur la colline de Chamundi

Marché et autres édifices religieux de Mysore

Autour du Palais, se concentre en fait l’essentiel de l’activité de la ville. On y découvre en effet le marché Devajara, le terminal de bus, l’hôtel de ville et les commerces.

Poudres multicolores au marché de Mysore
Couleurs du marché de Mysore

Le marché, très vivant comme toujours en Inde, se cache derrière les façades des rues principales, comme Sayyaji Rao rd.  Ce dédale de ruelles couvertes explose de mille couleurs. On voit le sens esthétique et chromatique typiquement indien dans la disposition des étals, des légumes et fruits. Un régal pour les yeux et les photographes. Les épices et surtout le santal ont également assis la notoriété de la ville.

D’ailleurs, c’est à l’entrée de ce marché que se trouvent les innombrables vendeurs de la sucrerie dont raffolent les Indiens du Sud, le Mysore pak. Déjà un peu lourd et très sucré en temps ordinaire, il se déguste chaud dans la boutique Guru. Cependant, attention ce peut être un peu compliqué pour nos estomacs européens.

couleurs de sfruits du marché de Mysore
Marché de Mysore

Au-delà de ce quartier central, s’étendent parcs et quartiers d’habitations. Ainsi, la cathédrale Sainte Philomène, fait penser à une sorte de réplique de Westminster abbaye. Plus que les clochers néo gothiques peints en gris pour ressembler a du granit , c’est la perspective qui rappelle l’abbaye anglaise. L’intérieur de la cathédrale, blanchi à la chaux, recèle cette chaleur joyeuse propre aux églises indiennes.

Cathédrale ste Philomène Mysore
Cathédrale Sainte Philomène, Mysore

Toujours, dans la perspective, une très jolie mosquée fait face à une roseraie et annonce le souk musulman. Au milieu des moutons, la grosse communauté musulmane (près de 1/5e de la population de la ville) rend cette zone très active. Ici la population, les étals, les restaurants rappellent le moyen orient.

Mosquée à Mysore
`Mosquée à Mysore

La nature dans la ville

Pour ceux qui ne voudraient pas commencer trop loin leur exploration de la luxuriante région du Karnataka , le Karanji lake offre une halte de choix. Construit par un des rois de Mysore au pied de la colline Chamundi, il constitue aujourd’hui une réserve aviaire. Ce beau lac jouxte également le zoo  Chamarajendra, très réputé pour ses guépards fugueurs…

Il est également tout proche du Lalita Palace, déjà évoqué dans mon article précédent.

un singe
Singe à Mysore

Mysore offre un peu le meilleur des mondes. Un vrai dépaysement, une grande variété, dans une ville au climat plus sec que la côte du Tamil Nadu. D’ailleurs, on y marche sur les trottoirs à l’ombre des arbres. Je m’emballe. On n’est pas non plus en Europe mais quelle douceur de vivre par rapport à la majorité des villes du sud. Et vous pouvez tout simplement vous régaler des affiches et de la délicieuse écriture locale au Karnataka, le Kannada,

écriteau en kannada, l'ecriture du Karnataka
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affichage en Kannada



Mysore

La ville des Palais

Mysore, ville des palais, allie le charme des villes du sud de l’Inde et l’histoire et le raffinement des villes du Nord marquées par la période Moghole. Elle mérite de s’y arrêter pour profiter de la cité elle-même mais aussi de ses environs. Du coup, je vous propose un premier article sur la ville et un second sur ses environs.

Le Palais de Mysore

Splendeur du Palais de Mysore

L’un des charmes de Mysore réside en effet dans ses palais. L’histoire des maharadjas et de toute la mythologie occidentale qui y est liée s’apprécie ici. Pourtant, la plupart de ces palais sont récents. L’occupant britannique dans sa mansuétude a reconnu les potentats locaux en leur accordant des demeures mirifiques comme pour mieux se jouer de leur pouvoir réel. Quoiqu’il en soit Mysore compte au moins 3 palais dignes de ce nom et de nombreuses maisons palatiales.

Entrée du Palais Royal de Mysore

Le plus connu, le Palais de Mysore est une énorme pâtisserie kitsch. Il s’illumine de mille ampoules les soirs de la semaine le temps d’un son et lumières très sonore. Le dimanche à 19h30, toutes les lumières se mettent à briller. Dans la journée, les salles officielles se visitent pieds nus, ainsi que différents temples à l’intérieur de cet énorme complexe fréquenté par des hordes de touristes.

Le Palais de Mysore illuminé

Sur les hauteurs de la colline Chamundi, la villa Rajendra, palais réservé aux visiteurs du roi de Mysore, Krishnaraja Wodeyar IV, abrite aujourd’hui un hôtel. Son architecture s’inspirerait de la cathédrale St. Paul’s de Londres. Construit en 1921, il appartenait au vice-roi des Indes.

Palais Musée Jahangar

La famille royale, a fait don à la ville d’autres palais. Ainsi, le Palais Jahangar, à l’architecture sobre abrite des collections artistiques. Les amateurs d’art à l’occidental peuvent passer leur chemin. Pour ceux qui tiendraient vraiment à visiter les lieux cependant,  il ne faut pas manquer la guitoune à l’entrée. Elle fait office de billetterie. On accède aux galeries par la verrière au fond du jardin à droite.

le dernier Maharadja de Mysore

Le premier grand salon expose des œuvres horlogères. Quant à la grande collection de portraits, elle révèle combien dès la fin du XVIIIe l’européanisation s’exerçait autant dans les mœurs, l’économie que dans les arts. Des portraits de dignitaires locaux posant à la manière anglaise côtoient des profils moghols agrandis. Des portraits de groupe juxtaposent maladroitement des jambes et torses sur lesquels ont été posés des visages, visiblement par des artistes différents. Les perspectives sommaires, attestent de l’intérêt porté à l’art européen par des artistes locaux.

De jolies fresques ornent néanmoins les murs du second étage.

Le Palais Lalita

Le Lalita Palace, Mysore, des allures de Capitole

Plus au sud de la ville, le Palais Lalita reste impressionnant. Son architecture n’est pas sans rappeler le capitole de Washington ou tout autre grand bâtiment néo colonial anglais. Les salons ont gardé un charme désuet. Dommage néanmoins que l’hôtel vive sur son précieux passé et ne songe guère à se moderniser. La tasse de thé et le biscuit digestif offert en contrepartie de 100 roupies pour compléter le tour d’horizon pourraient gagner en classe. On se voit bien profiter d’un véritable et « so british » afternoon tea dans un lieu pareil.  

Salon du Lalita Palace

Outre ces Palais, de très belles maisons se découvrent au hasard des avenues plantées. On peut citer le Green Hotel une jolie demeure coloniale entourée d’un vaste jardin dans le quartier de l’université. Au fond du hall de cet hôtel vieillot au charme colonial, se niche une ravissante pâtisserie.

Jolie halte à la pâtisserie du Green Hotel

Mysore, une ville pensée

En dehors du marché, très animé et typique des villes indiennes, Mysore jouit d’un urbanisme incomparable dans le sud. Car elle n’a pas poussé au gré des exodes, comme bon nombre d’autres villes. Au contraire les larges avenues aérées, les rond points et les perspectives attestent d’une véritable pensée urbanistique. En d’autres termes Mysore a été dessinée avant d’exister.

On sent certes la patte anglaise, dans le plan et les nombreux espaces verts, les édifices blancs et symétriques. Mais la présence moghole compte certainement beaucoup dans la création de cette véritable cité jardin. Le plan s’est d’ailleurs d’autant plus imposé ici qu’il a fallu tenir compte de la géographie des lieux. En l’occurrence de nombreux lacs et collines parsèment cette ravissante cite verte.

Mysore, cité jardin

Car si les grandes avenues donnent un aspect aéré rarissime en Inde, la profusion des jardins, parcs et arbres rajoutent au dépaysement. Alors Mysore ville jardin, ou ville Palais ?

Première salle du Palais Royale de mysore

Madurai Bis

Pour ce Madurai bis, je vous convie à visiter en profondeur deux icônes du Sud de l’Inde. Le Temple Meenakshi de Madurai est certainement le temple vivant le plus connu et le plus fréquenté du Sud de l’Inde. Véritable emblème du Tamil Nadu, il rend la visite de la ville incontournable.

Fondée au 3e millénaire avant JC, la richesse de Madurai la rendit précieuse. Convoitée, Madurai est en effet envahie par le sultan de Dehli au 14ème siècle. Elle connait alors une parenthèse musulmane, rare dans l’Inde du sud. Puis, elle est reconquise par la dynastie hindoue Nayak. De ces époques, datent deux des très beaux monuments de la ville, le temple et le Palais. Puis, en 1801, elle passe sous la tutelle anglaise de l’East India Company.

Le temple Meenakshi de Madurai

Le grand temple Menaakshi de Madurai se trouve au centre de la ville. C’est l’édifice le plus célèbre de Madurai et l’un des plus beaux et importants d’Inde. Pour le Sud il représente ce que le Taj Mahal est au Nord. Construit entre les 7ème et 9èmes siècles, il a été reconstruit à plusieurs reprises. Ce labyrinthe coloré et très fréquenté par les fidèle s’apparente à une ruche.

Le temple Meenakshi de Madurai

 C’est un double temple, énorme, consacré à Shiva et Parvati, sous son nom Meenakshi. Pour y entrer, il faut dépos. er quasi toutes ses possessions. Bien sûr, chaussures chaussettes, mais aussi téléphone et sacs, appareil photo puisque les photos y sont interdites. Une tenue correcte s’impose (les jambes et épaules doivent être couverts). Une fois démuni, vous pouvez visiter l’énorme complexe en essayant de ressortir par la porte par laquelle vous êtes rentrés. Car Il y a 12 gopurams et 4 entrées principales, assez éloignées les unes des autres pour qui claudique pied nu dans la fange des villes indiennes….

L’ensemble est impressionnant de vie, de couleurs et de profusion sculpturale notamment dans l’extraordinaire salle des mille piliers, transformée en musée et donc payante. Ce dernier ferme de midi à 16h. Il vaut mieux visiter le matin (5h30/12h30), à moins que la foule et le chaos qui l’accompagne ne vous tente vraiment.

Pilier du mandapa du Temple Meenakshi de Madurai

En sortant, on contourne le temple. Sur la vaste esplanade, les terrasses de certains commerces permettent d’avoir une vue magnifique sur l’ensemble du temple. Il vaut aussi le coup de contourner complètement le mandapam extérieur pour découvrir le taureau Nandi. De là, on accède facilement au très beau marché. Mais aussi à tout le centre commercant avec ses rues et galeries spécialisées.

Le Palais

Non loin, se trouve le palais ou plus exactement ce qui reste du palais, à savoir une cour et les appartements de la reine.

Cour d’honneur du Palais de Madurai

 Construit en 7 ans autour de 1636 pour le roi Thirumalai Nayak, le palais de Madurai s’organise autour de sa cour. Si on lit des influences arabes dans les arcs outrepassés, ce palais porte également une marque européenne. L’architecte italien Roberto de Nobili, jésuite converti à l’hindouisme, y travailla en effet vers 1610. Le palais était alors peint en jaune et noir. Le blanc d’œufs et les coquillages constituant le plâtre jaune isolaient de l’humidité et des insectes. Néanmoins, le tout a été refait en bête plâtre en 1850 par les Anglais.

Perspective du Palais de Madurai

Bien qu’Italien, le missionnaire architecte s’est plié aux préceptes architecturaux particuliers du Vastu shastra.

moulures du Palais de Madurai

Je vous laisse méditer ces principes et haruspices, encore en vigueur dans les constructions indiennes. Mon neurone cartésien ayant été pris de fou rire au moment de l’explication du très sérieux guide, je ne suis pas en mesure de vous livrer une lecture satisfaisante, et encore moins rationnelle.

Pour autant, la majesté de l’ensemble est indéniable et on décèle malgré les lourdes restaurations britanniques des influences dravidiennes et islamiques.

Le long de la majestueuse cour, un musée lapidaire occupe aujourd’hui l’ancienne salle de bal. On y voit des statues de divinités en pierre remontant au 10ème siècle et notamment une belle sculpture jain.

Musée lapidaire, Palais de Madurai

On peut visiter le Palais illuminé tous les soir lors du spectacle sons et lumières, toujours très son pour les Indiens qui adorent le bruit fort.

Madurai

L’arrivée à l’aéroport de Madurai et les chemins de traverse pour y mener annoncent une petite ville provinciale. Pourtant, une fois dans le centre de Madurai, le décor et l’atmosphère changent du tout au tout. D’ailleurs, les distances imposent de se déplacer en véhicule.

dans le Temple

Pour loger, Madurai offre un panel complet du luxueux Taj ou Heritage Hôtel au dortoir en guesthouse. Cependant un large choix d’Hotels meilleur marché et très correct existe aussi., Dormir et manger à Madurai coûte de toutes façons sensiblement moins cher qu’à Chennai.

Le temple Meenakshi et le Palais assurent la notoriété de la ville. Un article sur la question paraitra la semaine prochaine.

Bâtiments civils de Madurai

Madurai fut une grande capitale des Palavas. Marco Polo y évoque d’ailleurs sa présence sur le chemin du Kerala, avant d’embarquer à Goa vers l’Arabie. Contrairement à de nombreuses cités tamoules, Madurai a cependant perduré après son apogée.

Près de la rivière, le Montapum, petit pavillon bâti en 1638, parait perdu dans un grand bassin souvent comblé. Celui-ci est alimenté par les crues de la rivière.

Ce réservoir a été creusé pour la fabrication de briques destinées au palais. Il se remplit naturellement pendant les moussons. Cette partie de la ville est construite sur les fossés.

Marchés de Madurai

La ville très vivante, abonde en marchés. Assez loin du centre, le marché aux fleurs est assez impressionnant. Comme partout en Inde, les fleurs vendues le sont sans tiges. Elles servent d’offrandes dans les temples et s’enroulent en collier. Trouver un bouquet relève de l’impossible en Inde malgré la profusion de fleurs.

En revanche, d’autres marchés se trouvent dans le centre. Notamment les 2 extraordinaires allées occupées par les marchands de bananes. Grossistes, ils reçoivent les bananes vertes, plus facilement transportables. Ils les font murir dans des fours puis les vendent aux petits marchands.

Ceux-ci tiennent de petits étals colorés un peu partout dans la ville. La diversité chromatique est effectivement spectaculaire à Madurai. Les arrangements de ces petits marchés de rues permettent aux photographes de se régaler. Les Indiens se montrent en général très coopératifs et adorent selfies et photos. Il suffit de leur demander gentiment et éventuellement de leur montrer voire de leur donner un exemplaire de la photo prise s’ils acceptent.

Le Musée Gandhi

De l’autre côté de la rivière, on rejoint le Gandhi Museum. Le bâtiment blanc est un palais historique d’une reine de la dynastie Nayak, construit vers 1670. En 1955, le gouvernement de l’État du Tamil Nadu a cédé le palais à l’Inde pour y loger le très didactique Gandhi Memorial Museum. Premier musée consacré au Mahatma dans la ville où celui-ci a troqué le costume européen pour le dhoti traditionnel.

 L’exposition n’a certainement jamais été réaménagée depuis son ouverture. Tout y est vieillot, des photos, au dernier dhoti de l’assassinat maculé de sang. Les panneaux, écrits en tout petit narrent l’histoire de l’indépendance des prémices de la colonisation a l’assassinat de Gandhi.

Fermé entre midi et 14h, son entrée est gratuite sauf pour les appareils photos, mais je ne suis pas sûre que les collections incitent à la photo.

Thirumayyal temple

Eloigné du centre-ville, le Temple de Murugal vaut la balade en taxi, bus ou ato. C’est un fantastique temple dravidien à flanc de montagne. Coloré plein de vie, en partie excavé, il est l’une des 6 demeures de Murugan très honoré dans le Tamil Nadu. L’ambiance y est incroyable. Des marchands de bibeloterie dans le hall incitent à se demander si on est vraiment dans un temple. Et puis, on peut rentrer dans le sanctuaire darshan, avec la bénédiction d’un clergé et de fidèles adorables et amusés.

Derrière le réservoir, on peut escalader les nombreuses marches menant à un petit temple infesté de singes très entreprenants. Le sanctuaire tout simple ne peut pas faire oublier la superbe vue sur la ville et ses nombreux lacs et espaces verts. On redescend par un chemin plus sportif ou par le même escalier qui mène à l’écoparc, un grand parc public très cher pour ce qu’il propose. Aux dernières nouvelles, la police interdisait la montée aux étrangers.

On peut parachever la découverte de Madurai en se rendant à la colline Samanar. Au-delà du petit étang couvert de lotus (et de détritus), du temple kitsch et de la colline aux formes étonnantes, on accède à une grotte temple jain dont la région abonde. Les gravures à même la roche rappellent la présence de communautés isolées autour de Madurai à l’époque où les moines d’Europe s’enfermaient dans des monastères.

Venir

Ça y est vous vous êtes décidé à venir à Chennai et avez même comparé les tarifs aériens. Air France a malheureusement suspenu ses 3 rotations directes par semaine depuis Paris. Emirates, Lufthansa ou Qatar Airways entre autres proposent des connexions souvent parfois un peu sportives.

Préparatifs pour venir à Chennai

Alors première étape essentielle avant de venir à Chennai : le visa.

Il vous faut vous y prendre 1 mois à l’avance pour le e visa. Munissez-vous de photographies d’identité au format américain carré numérique.

Précautions sanitaires avant de venir à Chennai

Deuxième étape, les vaccins éventuels, à moins de venir vous installer dans la campagne, rien de vraiment obligatoire. La fièvre jaune, la rage et l’hépatite A sont conseillés mais en 1 semaine ou 2 vous n’êtes pas obliges de sortir trop des chemins battus et de prendre des risques sanitaires. En revanche conservez à l’idée que vous arrivez dans un pays tropical dit en développement donc les normes ne sont pas toujours les mêmes. Il faut toujours demander de l’eau bouchée, éviter les glaçons. Vous munir d’anti-moustiques, de gel hydroalcoolique, de sérum physiologique (pour les yeux, allergies…) n’est pas inutile. Vous munir de votre gobelet de vos couverts n’est pas hors de propos. Vous pourrez tout à fait les trouver sur place. Idem pour le chapeau, les lunettes de soleil, le parapluie.

L’argent en avoir ou pas

Pour l’argent inutile de vous en préoccuper avant vous changerez en arrivant et surtout des quantités minimales. Les roupies ne sont pas convertibles donc inutile d’en rapporter sauf si vous voulez montrer la tête de Gandhi au retour en France. La moindre boutique est équipée d’un terminal et on trouve des tirettes partout. Cela étant pour éviter les frais de conversion, il vaut mieux estimer vos dépenses et tirer une bonne somme en conséquence au début de votre séjour. Depuis quelques mois néanmoins, le compte Revolut convertit en roupies. il ne s’agit pas ici de publicité, je n’ai pas de lien d’affiliation. Cependnat, cela vaut le coup de vérifier le statut de vos banques en ligne.

Pour le téléphone, l’achat de puce est quasi impossible en Inde. Mieux vaut prendre une extension de votre forfait pour la durée de votre séjour.

Les bagages

On trouve de tout en Inde ou pratiquement. Si vous êtes blonde, avez besoin d’un shampoing particulier, d’une crème ou d’un traitement spécial, il vaut mieux la prendre. Mais les médicaments se trouvent partout, génériques et à prix ridiculement bas. On les trouve quasiment vendus à l’unité. Pour l’instant , nous n’avons pas de troisième œil ou de troisième bras.

Pour vos chargeur et ordi, là encore venir à Chennai équivaut à arriver dans une caverne d’Ali baba. Cela étant les prises ne sont pas les mêmes.

Guides/ Livres

Vous pouvez emporter avec vous un guide papier. En ce cas laissez tomber le routard, préférez le Lonely ou équivalent. Quelques sites se distinguent pour la préparation d’un voyage dans le sud de l’inde. Le mien évidemment, mais aussi

A propos de livres, si vous êtes anglophones ne vous chargez pas. On trouve en effet de très bonnes librairies à Chennai. Elles offrent des ouvrages à des prix incroyablement bas. Alors pourquoi bouder son plaisir. J’ai un faible pour la magnifique boutique de Higginbottams dont certains ouvrages sont vendus à l’aéroport ou dans la jolie chaine de cafés littéraires writer’s cafe.

Vêtements

Inutile de vous charger de vêtements. Ici il faut s’habiller léger mais couvrant. Les bras et les jambes nus sont mal venus. La décence est de rigueur. Même sur la plage. Donc vous pouvez venir avec des valises vides que vous remplirez sur place car la mode est moins chère. En revanche je vous conseille d’emmener votre maillot de bain. Les Indiens ne nagent guère et ne se déshabillent pas donc si vous voulez vraiment nager, équipez-vous en France. Pour le reste Decathlon offre de tout à prix indien, même les bonnets et les doudounes. Néanmoins, vous pouvez embarquer une cargaison de mi bas transparents qui vous permettront de contourner l’obligation de vous mettre pied nu dans les temples sans être trop remarqués.

En revanche vous pouvez tout à fait apporter un vêtement que vous aimez pour le faire copier. Les tissus abondent et il vous suffira d’aller choisir dans les multiples boutiques de T Nagar.

Douceurs de France

Vous voulez apporter des douceurs françaises, alors malheureusement surtout pas de chocolat. Il fait beaucoup trop chaud tout fond. Eventuellement des tablettes de noir et encore (quoiqu’en ce qui me concerne la tablette aux amandes salées ou aux noix de cajou supporte le réfrigérateur) mais trop dommage de mettre des vrais bons chocolats au réfrigérateur.

Amul, le chocolat local sucré à la date qui ne fond pas

En revanche si vous avez besoin de vin, il faudra l’apporter.  Les douanes autorisent 2 bouteilles en soute ou au duty free. Le vin de qualité est quasi introuvable à Chennai.

Si vous avez besoin de votre expresso matinal, là aussi, il vaut mieux vous munir de votre cargaison. On trouve du nescafé à prix fort, sinon c’est du café à la chicorée ou le filter coffee spécialité du Tamil Nadu ¾ de lait épais et une giclée de café très sucré. Le thé c’est bon aussi…. J’espère qu’avec ces quelques éléments vous êtes maintenant prêts à venir à Chennai 

Bienvenue

Pour se sentir bienvenue à Chennai, il va falloir tordre le cou aux idées reçues.  Alors, d’emblée, voici mes premières impressions et surprises. Les premiers défis, sans parler de transports ou de nourriture qui feront l’objet de prochaines publications.

Fils electriques

Bienvenue a Chennai et Premiers défis : chaleur, eau, misère

-La chaleur et l’humidité.

Le climat représente un vrai défi et empeche de se sentir bienvenue a Chennai. Même hors mousson, l’humidité atteint des pourcentages inenvisageables dans nos contrées tempérées et décuple la sensation de chaleur. Inutile de consulter la température, de toutes façons supérieure à 25 toute l’année (voire à 35/40 en Mai juin). C’est le degré d’humidité qui impacte bien ou mal être. Dans le sud, la mousson est tardive (Octobre Novembre) et n’empêche pas les pluies estivales. Les grandes chaleurs anticipent celles du reste de l’hémisphère Nord (Mai Juin). Les mois les plus plaisants sont donc décembre/ Avril.

le chaos d’une grande ville

Quelle que soit la saison, le soleil et l’humidité imposent quelques précautions. Lunettes de soleil, crème solaire et surtout anti-moustique sont fondamentaux.

L’eau n’est pas toujours bien traitée a Chennai

Elle pose problème à tous niveaux. Si elle tombe du ciel, c’est en trombe, sinon elle se fait trop rare. S’il s’agit des rivières, elles sont toutes réduites à l’état d’égout. Il faut donc les éviter pour ne pas succomber aux odeurs, aux moustiques. En général, les bidonvilles s’agglutinent le long des cours d’eau. Ceux-ci offrent un triste spectacle. Quant à l’eau à boire, elle est impropre à la consommation. Partout la municipalité de Chennai met à disposition des vasques d’eau filtrée avec gobelet. De la même manière, les quartiers pauvres sont équipés de groupes sanitaires. Ce qui n’empêche pas de nombreux hommes de se soulager dans la rue. Les restaurants et petits cafés sont munis de filtres à eau et l’eau fournie sur les tables est potable. En revanche, la vaisselle lavée dans une bassine journalière ne donne guère envie.

étendage de linge

Misère

Si l’on ne peut nier la misère, elle n’est pas flagrante dans le centre de Chennai. Plus que l’extrême pauvreté, le choc provient plutôt de l’extrême différence entre la pauvreté la plus absolue et des richesses inenvisageables en Europe et a fortiori en France, royaume du rééquilibrage social. Plus flagrante est l’explosion de la classe moyenne. Ce qui explique le nombre de voitures, grandes et en bon état, la juxtaposition de petits étals et de belles boutiques voire de centres commerciaux de luxe.

Les trottoirs defonces donnent la bienvenue a Chennai

Défis culturels et saturation sensorielle

-L’importance de l’anglais.

Les parents qui le peuvent parlent dans la langue du colon à leur enfant pour lui permettre de fréquenter une école anglaise, synonyme de qualité. Et quand j’écris enfant au singulier c’est parce que la taille de la famille moyenne est en chute libre dans la région. En fait, et contrairement aux nombreux avis préconçus, tous les Indiens ne parlent pas l’anglais. La maitrise de la langue est liée au niveau social et l’anglais ne suffit souvent pas pour les menus besoins du quotidien.

-La complexité linguistique

L’Inde reconnait une vingtaine de langues. En l’occurrence au Tamil Nadu on parle le Tamoul. C’est une des langues les plus anciennes au monde avec un système grammatical complexe de déclinaisons, une graphie toute en rondeurs. Syllabique, elle se compose de dessins associant plusieurs sons (voyelles, consonnes simples mais aussi diphtongues et 1consonne +voyelle)

Couleurs, bruits, odeurs

 La couleur est bienvenue a Chennai

Les femmes ne portent pas forcément de sarees. Ceux-ci sont portés par les plus pauvres et sont souvent à motifs et en nylons ou coton bon marché. Mais on trouve également des sarees de soie brodée de fils d’or aux couleurs resplendissantes. Ceux-ci sont l’apanage de l’élite et apparaissent au temple ou lors des réceptions. Plus généralement en coton et de couleurs très vives, ils sont portés par les moins jeunes, au travail ou dans tout contexte formel. Dans la rue l’on voit majoritairement des kurtas. La plupart des femmes portent en effet des leggings et de grandes chemises colorées avec dupattas, grandes écharpes assorties. Chaque modèle ou quasiment est unique dans ce paradis du fait sur mesure. Les hommes les plus pauvres vont pieds nus et en dhoti, le pagne popularisé par Gandhi. Les autres sont habillés à l’européenne.

Quel que soit le costume, la couleur règne en maitre dans cette mosaïque visuelle. Elle sature pratiquement l’espace visuel. Parlant de vêtements, il nést vraiment pas bien vu de se promener les bras ou les jambes à l’air, les petites robes à bretelles sont à bannir. Il faut leur préférer pantalons et chemises amples, plus adaptés au climat et aux sensibilités locales.

Bruits et odeurs

L’espace sonore lui est suroccupé par les vrombissements divers et variés, les bruits de rue et les klaxons omniprésents. Mieux vaut en tenir compte avant d’élire un domicile. Outre le bruit, les odeurs ont de quoi indisposer les cœurs les mieux accrochés. Pas toujours mauvaises, mais essentiellement fortes.

Le triste spectacle des cours d’eau

Cette saturation sensorielle peut épuiser, et il faut prendre son temps pour s’adapter a ce pays unique. Le temps ne peut pas s’appréhender comme en Occident si l’ on veut tenir dans la durée.

Bye London

Malheureusement pour moi, Il est temps de dire « Bye London ». Je laisse avec tristesse cette période anglaise derrière moi.  La fraicheur de mes informations commence déjà à s’estomper.

Surtout je manque cruellement de photos pour illustrer des itinéraires complets à Notting Hill, Hackney ou Kensington, voire Greenwich. Je les ai évoqués pour autant dans d’autres articles. Il ne me reste pas non plus le temps de consigner nos balades hors Londres. J’aurais aimé aussi écrire un article sur mon bien aimé musée Victoria et Albert.

Le Tigre, boite à musique, V&A

Je me contenterai donc en guise de Farewell de quelques recommandations.

coiffes indiennes, V&A

En effet, pour ceux qui restent sur leur faim, je vous conseille ardemment la lecture  ou l’écoute de mes excellents confrères britanniques. De quoi améliorer ou entretenir votre anglais tout en apprenant une foule d’anecdotes fascinantes ou de solides faits historiques.

A suivre et écouter

A suivre en visite ou en lecture, tout en vous méfiant des plans, http://www.andrewduncan.co.uk/books

Vous pouvez aussi peut être suivre Andrew dans ses pérégrinations s’il n’a pas finalement pris sa retraite comme il nous en menaçait.

Je vous conseille également fortement le blog, le livre, les tours virtuels ou réels de Katie Wignall, une jeune guide passionnante, passionnée et merveilleuse passeuse d’histoire londonienne. https://lookup.london/blog/  Ici tout est à prendre et j’attends avec joie et impatience chacune de ses nouveautés.

Pour découvrir la ville en vous amusant vous pouvez suivre les vidéos pleines d’humour anglais de Julian Mc Donnell : https://joolzguides.com/videos/ De petites anecdotes croustillantes et pleines d’entrain et une très bonne qualité de films. A consommer sans modération les jours de pluie et de grisaille.

Enfin plus sérieux (mais moins rigolo) les guides de Londres accrédités : https://www.guidelondon.org.uk/blue-badge-tourist-guides/

Depuis le confinement, les « blue badge » guides  ont mis en ligne certaines de leurs activités, et de leurs visites. Très informatif et souvent passionnant, surtout si vous avez la chance de tomber sur Pepe Martinez

colonne commémorative du grand Incendie

A Lire

Last but not least, le site des transports de Londres TFL offre des itinéraires de marche.  https://tfl.gov.uk/modes/walking/top-walking-routes

En outre TFL a mis en place une app pour ceux qui voudraient découvrir la ville à pied.

https://www.gojauntly.com/tfl-partnership

A lire et à suivre pas à pas :

Les ouvrages de cette collection représentent des mines de promenades et anecdotes pour découvrir la cité.

Je vous souhaite à tous de belles découvertes et de belles marches dans cette extraordinaire ville que je quitte avec tristesse. et vous dis « Bye, Bye London « . De mon côté, je quitte la perfide Albion et m’oriente vers ses anciennes colonies….

En surimpression, mon monde d’hier et celui d’Aujourd’hui

Brixton

Brixton n’est plus le quartier jamaïcain synonyme de révoltes des années 1980. La commune s’est regénérée ces dernières années. Néanmoins, de nombreux lieux rappellent son passé plus populaire.

 Brixton, capitale de la musique et berceau de David Bowie

On peut arriver à Brixton à pied depuis Vauxhall et Little Portugal après avoir goûté des pastel de nata. Mais le moyen le plus simple reste le métro ou le train. Tout autour des deux gares, le quartier se gentrifie très vite. Le dimanche, les bars à la mode affichent complet.

Le long de la grande artère, Brixton Road, le premier department store du pays, ouvert en 1877« le bon marché », propose aujourd’hui des brunchs au prosecco. Il attire les jeunes gens huppés de la capitale. Car les quartiers sud ne font plus peur !

Cet ancien grand magasin faisait l’angle de la rue Ferndale et était relié au bâtiment de l’autre coté de la rue par un tunnel. En effet, c’est dans ce dernier que logeaient les employés.

Plus loin, à l’angle de Brixton road et rue Tunstall, une énorme fresque de Jimmy C rend hommage à l’enfant chéri de Brixton, David Bowie. Le grand musicien est en effet né et a passé son enfance au 40 Stansfield Rd.

De l’autre coté de la route, les murs soutenant les rails sont ornés de peintures colorées. Un marché s’y tient le dimanche. En revanche, Electric road en accueille un tous les autres jours de la semaine. Cette rue, la première d’Angleterre illuminée par l’électricité, en 1888 a conservé  une animation née des vagues migratoires. On y trouve, sous les canopés victoriens, de magnifiques étals de fruits et produits exotiques mais de plus en plus rarement jamaïcains.

Dans Brixton market, les boutiques offrent des denrées de pratiquement tous les coins du globe. Les marchés et arcades du quartier valent vraiment la balade et l’arrêt gastronomique. Un autre enfant du quartier (sur cold Harbour rd)a lui un lien avec le monde politique : John Major fils d’un Monsieur Loyal devenu comptable.

Brixton, ville jamaïcaine

La place principale de Brixton s’articule autour de constructions de la fin du 19e et des modernes archives noires https://blackculturalarchives.org/  (1981). Son nom Windrush square se réfère au bateau HMS Windrush qui, en 1948, amena  dès après le Nationality act la première génération de Jamaicains pour aider à la reconstruction du pays. Cette vague migratoire s’arrêta en 1971 avec l’Immigration Act. La lumière s’est braquée sur cette communauté avec les émeutes de 1981. Plus récemment, le scandale de 2018 a mis en cause la légitimité de ces jamaïcains venus légalement .https://www.youtube.com/watch?v=Q4SIP7EZze4

Un magnifique roman de 2004 illustre la tragédie des Jamaïcains venus aider la mère patrie : Small Island par Andrea Levi , https://www.en-attendant-nadeau.fr/2017/05/09/couleur-peau-andrea-levy/

Sur la place, la statue de Henry Tate rappelle que l’inventeur du sucre en morceau a aussi été généreux. Il a offert sa collection de tableaux à la nation, la fameuse Tate Gallery. Brixton lui doit l’une des premières bibliothèques publique et gratuite.

A coté de ce bâtiment, le Ritzy fut le premier cinéma construit en tant que tel. A l’origine, un théâtre faisait face à l’hôtel de ville qui a conservé son haut beffroi. Des institutions musicales l’entourent : la Brixton Academy et Electric Brixton. https://www.electricbrixton.uk.com/. De nombreux grands groupes y sont passés.

Brixton champêtre

Outre les marchés et rues commerçantes, il existe un Brixton vert. Pour le trouver, il suffit de rejoindre Matthew’s Church, également appelée Waterloo Church. Cette église commémorative est devenue bar. Brixton Hill devient plus champêtre avec des petites maisons et de la verdure. On rejoint alors Blenheim Gardens où se trouve une jolie poste victorienne, toujours en activité depuis 1891. Le jardin au bout de la rue nous plonge dans la campagne avec son moulin qui a fonctionné de 1846 à 1934 . https://www.brixtonwindmill.org/visit/

 Juste derrière les bâtiments pénitenciers rappellent la triste réputation de Brixton.

On peut alors marcher vers le parc de Brockwell en rebroussant chemin le long de Brixton Hill et en empruntant la jolie Brixton Water lane. https://beta.lambeth.gov.uk/parks/brockwell-park

 Ce parc très plaisant permet de passer un bel après midi dominical entre serres, jardins communautaires, café et Lido. Cette très belle piscine en plein air a gardé des éléments art déco. De là, on peut finir l’après midi au Herne Hill Market et y prendre le train.

Ecrivains londoniens

Voilà de quoi découvrir les grands écrivains londoniens et se régaler de littérature.

 Je n’évoquerai ici que quelques écrivains anglais connus en France qui ont vécu à Londres. De fait, je vous propose de retrouver les plus célèbres de ces écrivains anglais dans leurs parcours londoniens.

Un détour par la Bibliothèque nationale s’impose si vous voulez découvrir des manuscrits authentiques. https://www.bl.uk/ Des expositions saisonnières dévoilent de véritables chefs d’œuvre.

Des écrivains londoniens

Virginia Woolf 1882-1941

On suit l’auteur de Mrs Dalloway à la trace dans le quartier de Bloomsbury. Elle a pratiquement habité toutes les places du quartier où s’est formé le groupe des quatre. Ce Bloomsbury group rassembla artistes et intellectuels  au tout début du XXe. Il se composait de Thoby Stephen et ses amis de Oxford, Lytton Stachey, Leonard Woolf et Clive Belle qu’il présenta à ses deux sœurs Virginia et Vanessa.

On retrouve les panneaux bleus indiquant la présence de Virginia au 46 Gordon sq, au 29 Fitzroy Squre et au 52 Tavistock square, ainsi qu’une très vilaine statue dans le  jardin au centre de la place. https://visitesfabienne.org/bloomsbury/

Pour les inconditionnels de Virginia Woolf, la visite de son cottage  Monk’s House, dans le Sussex vaut également le coup  https://www.nationaltrust.org.uk/monks-house

Dickens 1812-1879

On peut suivre Dickens à travers Londres. L’immense écrivain arpentait en effet les rues sans se lasser. Il aurait par exemple évoqué la old Curiosity shop dans le livre du même nom. Ce, batiment du 16es, probablement le plus ancien magasin de la ville,  a miraculeusement survécu au grand incendie de 1666 et aux bombardements. Situé à l’angle de Lincoln’s Inn Field,la vieille maison à colombage et pans de bois fait aujourd’hui partie de LCI.

 Non loin de Coram Fields se situe l’une des demeures de Dickens transformée en Musée. Celui-ci nous offre une jolie plongée dans un intérieur bourgeois du 19e siècle mais aussi et surtout dans l’œuvre littéraire et engagée du grand romancier. https://dickensmuseum.com/

Des écrivains qui rencontrèrent le succès à Londres

Beaucoup de grands noms de la littérature anglaise ne sont pas nés à Londres mais y ont fait carrière. Retrouvons les plus connus des lecteurs français.

 Shakespeare

Bien sûr on ne peut parler des écrivains anglais sans évoquer le monument national. Il hante chaque recoin de sa charmante cité natale , Stratford upon Avon. Les jolies rues et ravissantes maisons sont devenues un véritable Shakespeareland. https://visitesfabienne.org/stratford-upon-avon/

Si la foule et le folklore vous rebutent, ne boudez pas votre plaisir néanmoins au Globe. Ce théâtre reconstitué par les soins d’un américain passionné, Sam Wanamaker, vaut vraiment la visite. Celle-ci est assurée par des comédiens exceptionnel et le tout se révèle passionnant. Encore mieux, il faut assister à une pièce l’été, debout dans les conditions de l’époque. https://www.shakespearesglobe.com/visit/

Pour se faire une idée du personnage, son portrait se trouve à la National Portrait Gallery, un musée tout à fait passionnant en plein cœur de Londres.

Sir Arthur Conan Doyle 1859-1930

Bien qu’il n’ait pas beaucoup vécu à Londres, le célèbre médecin et écrivain Sir Arthur Conan Doyle, ou plus précisément son encore plus célèbre héros, Sherlock Holmes, s’y voit gratifié d’un musée. Protagoniste de plus de 50 nouvelles,  le détective , doublé de son ombre Watson est en effet au centre de reconstitutions très touristiques au 221 B Baker Street. https://www.sherlock-holmes.co.uk/

Sur plusieurs niveaux, on retrouve l’univers familier de Sherlock Holmes : pipe, chapeau de chasse (le fameux « Deerstalker »), jamais décrit par l’auteur mais rendu célèbre dans les premières illustrations  mais aussi violon, matériel de chimie.

On retrouvera également l’ambiance des romans policiers au pub Sherlock Holmes, à Charing Cross. Le décor y restitue le bureau du célèbre détective..

Sir Winston Churchill (1874-1965)

Héritier d’une immense famille, l’homme reste lié à sa demeure ancestrale : https://www.blenheimpalace.com/visitus/sir-winston-churchill/

Pour autant, l’écrivain a essentiellement écrit dans sa demeure de Chartwell https://www.nationaltrust.org.uk/chartwell

Enfin,  on suit l’ homme politique et orateur de talent à maints endroit de Londres. Sa statue fait face aux Houses of Parliament. Mais il a aussi beaucoup marqué les war rooms. https://www.iwm.org.uk/visits/churchill-war-rooms

Je n’ai évoqué ici que quelques noms célèbres et vous propose de nous retrouver la semaine prochaine pour d’autres idées de parcours littéraires.

Quartiers littéraires

On peut commencer cette évocation des quartiers littéraires dans quelques-unes des très belles librairies londoniennes : https://www.hatchards.co.uk/page/our-history

Ou encore : https://dauntbooks.co.uk/

La grande chaine Waterstones allie rayonnages de livres et cafés. Certaines de ses librairies sont particulièrement achalandées.

De nombreux écrivains anglais, de passage à Londres, y sont rappelés par les célèbres plaques bleues. .

Bloomsbury

Bien sûr la zone qui s’étend autour du British Museum, jusqu’à l’actuelle British Library a  constitué l’un des quartiers littéraires majeurs à Londres. Ce, particulièrement au début du XXe avec le célèbre groupe de Bloomsbury. J’ai déjà évoqué ce groupe autour de la personnalité de Virginia Woolf.

 Leicester Square et Agatha Christie

La grande dame du policier anglais est toujours restée attachée à sa ville de naissance, Torquay.

 Néanmoins, elle a passé quelques années dans la capitale.

Outre ses romans policiers, Agatha Christie s’est illustrée dans l’écriture théâtrale. D’ailleurs, au St Martin’s Theatre se joue la pièce au plus grand nombre de représentations consécutives au monde, The Mouse trap. Non loin de là, à l’angle de Great Newport Street et Cranbourn se tient le mémorial de l’auteur de Dix petits nègres.

Celle-ci a notamment habité un extraordinaire immeuble moderniste et ruche d’intellectuels de Hampstead. Ce bâtiment est particulièrement intéressant pour les amateurs du Bauhaus. Il renseigne amplement sur la vie de la célèbre romancière.

Immeuble Isokon

Hampstead, le roi des quartiers littéraires

l’auteur du Livre de la jungle, Rudyard Kipling, est né et a passé son enfance à Bombay . Il a ensuite suivi le reste de sa scolarité en Angleterre. Ecrivain prolifique, il a écrit romans , poèmes, nouvelles, chroniques de gazettes et journaux.. Sa maison de cœur se trouvait dans l’East Sussex . Pour autant, Kipling vécut aussi à Hampstead, dans un joli cottage de Paradise Valley. Surtout il fréquenta Burgh House,où habitait sa fille. La maison abrite aujourd’hui un charmant petit musée.

Comme dit plus haut, Agatha Christie a aussi logé à Hampstead.

Tout comme John Keats, dont la maison reconstitue un intérieur Régence. Non loin de Keats Grove,  sur Willow Drive, Ian Fleming s’est opposé aux constructions brutalistes de son ennemi Goldfinger. Leur conflit de voisinage est à l’origine de l’une des descriptions de méchant les plus réjouissantes de la littérature d’espionnage.

Plus glamoureuse, Daphne du Maurier a habité la somptueuse demeure familiale sur les hauteurs de Hampstead. Elle se dresse non loin de la maison (sur Vernon Mount) où Robert Louis Stevenson a trouvé une «  délicieuse source d’inspiration ».

Maison de Stevenson

Enid Blyton,  également résidente de Dulwich et Chelsea,  y a écrit quelques opus de sa très copieuse production enfantine. Que serions-nous en effet devenus sans « club des 5 » « Oui oui » ou  « Le clan des 7 » ?

Lytton Strachey, Lord Byron, TS Eliot, DH Lawrence, ont  également trouvé de quoi écrire de grandes pages dans ce quartier huppé et arboré

Mieux que tout ce que je pourrai dire, voici un autotour sur les traces des écrivains qui ont vécu à Hampstead.

Islington

Le charme bucolique d’Islington a également inspiré quelques auteurs.

Sur Canonbury Square, on voit les plaques bleues indiquant la résidence de George Orwell et Evelyn Waugh qui ont aussi habité un temps Hampstead. John Betjeman, lui aussi résident de Hampstead et ardent défenseur du patrimoine, a écrit de jolis poèmes sur le quartier de ses parents.

Mary Shelley, connue pour sa créature Frankenstein y passa une partie de sa vie ainsi que sa mère. La célèbre féministe Mary Wollstonecraft y a même une statue, sur Newington Green.

Chelsea

Il faudrait encore tout un article pour parler des célèbres écrivains de Chelsea, tels Thomas Carlyle mais l’idée ici était de se cantonner aux auteurs connus de tous.

Ainsi, vous pourrez y suivre les aventures de Ian Fleming et son célèbre héros James Bond.

Le charme de Chelsea a aussi attiré de grands auteurs tels Oscar Wilde ou Samuel Beckett.

Pour mieux savoir qui a habité où, voire qui était qui, je vous recommande ce tour gratuit dans les pas des écrivains qui ont marqué le quartier.

St Pancras

Enfin, je ne résiste pas à l’idée de vous rappeler la présence de Thomas Hardy à la vieille église St Pancras. Pourtant, l’auteur de drames romantiques n’était pas londonien. Il n’aimait pas la ville et y a peu vécu. Il s’est néanmoins marié à Kensington et y a laissé une trace… peu littéraire mais étonnante…

 En effet, l’auteur de « Tess d’Uberville » , a travaillé en tant qu’architecte à l’église st Pancras. Il s’est ainsi vu confier la tâche de regrouper les tombes déplacées de l’ancien cimetière pour faire place à la construction du chemin de fer de l’Ouest. En regroupant une certain nombre de stèles au pied d’un arbre épargné par la fièvre constructive, il a donné naissance à un arbre du plus grand romantisme.