Henry Irwin

Henry Irwin est un architecte anglais. Le peu de documents à disposition ne permet pas de retracer une réelle biographie. Né en 1841, soit un an après son compatriote Chisholm il lui a survécu pour mourir en 1922. On les connait tous deux davantage à Madras que dans leur Royaume-Uni natal. Néanmoins rien n’atteste que les deux architectes se soient fréquentés. Ils se sont en effet succédé à Madras. Chisholm y créant sa légende avant de partir vers d’autres cieux. Au contraire, Irwin y arriva au sommet de sa gloire.

palais de Mysore salle du durbar

Apôtre du style indo-sarracénique, il est l’un de ceux qui ont le mieux illustré ce style emblématique du Raj. Auréolé de ses réalisations à Shimla (loge vice royale et théâtre), au Palais de Mysore, Irwin arriva à Madras pour y triompher.

Palais Mysore

Effectivement, il se lança dans une activité frénétique et orna la capitale de la Présidence de certains de ses plus beaux fleurons. Il participa ainsi à la construction de la Gare centrale, du musée d’Egmore, des cours de justice, de la Bibliothèque Connemara mais aussi de la Banque d’Inde sur North Beach Road.

theatre Shimla

Voici donc aujourd’hui quelques-unes de ses plus grandes œuvres dans la capitale du Tamil Nadu.

La Banque d’Inde

Sur la rue Rajaji Sali autrefois North Beach road, on compte parmi les plus beaux bâtiments du Raj. C’était en effet l’avenue de parade pour les visiteurs qui abordaient Madras depuis la mer. Pas étonnant que les plus grands noms s’y soient illustrés. Parmi eux, Henry Irwin auteur notamment de la Banque de Baroda devenue Banque de Madras puis Banque d’Inde.

Banque d'inde

Construite en 1896, dans le plus pur style indo-sarracénique, elle mélange les genres. Ce grand vaisseau de brique rouge représente une véritable prouesse architecturale. Elle s’inspire à la fois de l’architecture moghole mais aussi de la dentelle des façades vénitiennes ou génoises. On sent ici combien John Ruskin, a pu influencer les architectes coloniaux. Car son livre « les pierres de Venise » a constitué une source essentielle pour les artistes voyageurs en leur procurant un catalogue d’idées.

escalier de la Banque d'Inde, clairement inspiré par de sfacades génoises ou vénitiennes

On ne sait pas grand-chose de l’architecte. Fils de Pasteur il n’a pas forcément eu les moyens de pratiquer le Grand Tour pour y puiser un répertoire de formes et d’idées. En revanche, la circulation de l’ouvrage de Ruskin peut expliquer les références italiennes manifestes ici. Les escaliers à double entrée, les rehauts de plâtre blanc sur la brique rouge rappellent en effet les constructions de la sérénissime république de Venise. Pour autant, ces influences européennes, se mêlent avec élégance à des éléments Moghols. Les dômes et balcons rappellent en effet la cité abandonnée de Fatehpur Sikri, non loin d’Agra.

détails de la facade de la Banque d'Inde sur north Beach Road

North Beach Road semble ici traitée comme le grand canal de Venise. Voie d’accès, de parade, elle montre aux visiteurs ce que la capitale de la Présidence peut proposer de plus abouti. Construite en 1896, la façade symétrique est scandée de tourelles surmontées de clochetons (des chhatris) particulièrement harmonieux. Si les Américains contemporains avaient coutume de bâtir des cathédrales du commerce, Irwin a ici réalisé un véritable palais de la finance.

Facade de la Banque d'Inde, North Beach Road

Les Cours de Justice

A dire vrai, cet énorme complexe qui se situe sur les terres de la old town détruite par le siège français n’est pas l’œuvre d’un seul homme. Sur des plans de Chisholm, les différents bâtiments des cours de justice et de l’université de droit projettent leurs tours de briques telles des beffrois, clochers ou minarets. Initiée en 1862, la construction correspond au travail de divers architectes. L’université de droit sur la partie occidentale (la plus loin de la mer) compléta le projet à partir de 1899. Elle vit certainement Irwin y travailler, sur des dessins de Chisholm. En effet, les deux grands architectes se succédèrent dans la ville.

bâtiment d'angle des cours de justice

Bâties sur le modèle des cours de justice à Londres, elles remplacent l’architecture gothique de leurs ainées anglaises par ce style indo-sarracénique adopté par les colons après 1857. C’est en effet après la défaite des cipayes et le passage de la colonie des mains de la Compagnie des Indes orientales à la couronne britannique que ce style architectural s’affirma comme typique du Raj.

coupole cours de justice

Il est malheureusement quasi impossible, à moins de devoir passer en jugement, de visiter l’énorme campus. Il faut donc se contenter d’admirer les hautes structures et les dômes de loin et d’en deviner la majesté abritée par de hauts murs et des portes bien gardées.

Le musée

pignons du musée d'Egmore

Dans le musée d’Egmore, Irwin est l’auteur de trois des bâtiments les plus réussis. La National Gallery directement inspirée de Fatehpur Sikri, le théâtre copie assez fidèle du Royal Albert Hall et surtout la bibliothèque Connemara. J’ai déjà consacré quelques lignes à ces magnifiques lieux qui s’inspirent en fait plus de l’éclectisme victorien que du pur style indo-sarracénique. En dehors de la National Gallery, largement influencée par les réalisations des Maharajas, la bibliothèque et le théâtre nous ramènent dans la Londres de la fin du XIXème s. Plus précisément dans le quartier de Kensington.

Museum Theatre

Les frontons quasi néerlandais de la galerie d’archéologie et la forme caractéristique du théâtre copie quasi conforme du Royal Albert Hall, ne peuvent en effet pas nous faire oublier la provenance d’Henry Irwin. Pour autant, bercé d’influences italianisantes, celui-ci n’hésita pas à doter le théâtre d’une tour qui le faisait ressembler au Palazzo Vecchio de Florence. Détruite par son successeur, la tour comme la référence, ont laissé place à un édifice plus victorien que néo italien. Qu’importe puisqu’il avait pour but d’honorer l’élite britannique de la colonie.

National gallery

Longtemps inaccessibles, ces trois édifices se visitent à nouveau. Pour le théâtre, le plus simple est d’assister à une représentation . La National Gallery se visite. C’est même avec la galerie des bronzes cholas la seule section à ne surtout pas manquer. Quant à la bibliothèque, il convient de rentrer dans le bâtiment des années 1970. Une fois au premier étage ,au fond de la salle des Périodiques, une toute petite pancarte indique le passage quasi caché pour se rendre à la bibliothèque homonyme. Parvenu au débouché d’un long dédale, quelle récompense néanmoins que ces vitraux éclairant des rayonnages de bois massifs.

plafond de l'ancienne bibliothèque Connemara

Salcete

Le taluka de Salcete se trouve dans le sud du petit état de Goa. Cette région doit sa renommée à ses longues plages de sable fin et son arrière pays aux paysages luxuriants.

facade Margao
riziere sud de Goa

Margao, seconde ville de Goa et capitale de la région de Salcete est un peu particulière. Elle offre une ambiance presque fantomatique. Pourtant, le cœur de la capitale du sud et  plus grosse ville économique de Goa correspond à un bel ensemble de maisons coloniales.  La région de Salcete jouit par ailleurs de magnifiques plages et une nature superbe.

raccomodage de filet de pêche

Margao

Margao, facade art deco

Avant l’arrivée des Portugais en 1579, il y avait déjà des temples.  Mais le village hindou en bord de rivière Sal se convertit rapidement sous l’influence des colons catholiques. Margao a beau croître rapidement, elle ne parvient pas encore à 100 000 habitants. C’est donc un gros bourg pour l’Inde plus qu’une réelle ville.

new market Margao

Le centre colonial se répartit autour de deux centres.

Tout d’abord La belle Église du St Esprit sur la place principale. De jolies maisons coloniales l’entourent. En revanche, les rues désertes confèrent une ambiance étrange. L’église remonte à 1675. Avec sa belle façade on ne s’attend pas aux extravagances baroques de l’intérieur. Tout autour de la place se succèdent les belles maisons coloniales de la riche élite catholique de l’époque portugaise. Dotées de balcons et de vérandas elles ne dépassent pas deux étages. La rue du vieux marché parallèle à la place concentre les magasins. Un peu tristounette, cette partie de la ville attire malheureusement davantage les chiens hurleurs, les voitures lancées à pleine vitesse que les visiteurs.

eglise de Margao

Plus haut sur la colline, on voit de beaux bâtiments administratifs, face au Jardin municipal. Les marchés Afonso de Albuquerque ou « Pimpalakatta », et le Mercado Velho soulignent combien la ville draine la richesse économique du taluka. L’hôtel de ville aux lignes  néoclassiques et le Jardin marquent le centre de la ville actuelle. On trouve quelques restaurants, voire des pâtisseries assez chouettes.

jolie maison coloniale Margao

La visite de Margao vous a laissé sur votre faim?  Pourquoi ne pas terminer votre journée sur une des magnifiques plages alentours?

facade bleue Margao

Des plages autour de Margao

Les plages connues autour de Margao portent des noms portugais. Colva, Benaulim, Majorda, Varca. Découvertes plus tardivement par les touristes, elles sont aussi plus loin de Bombay. Elles restent donc un peu à l’écart des grosses fêtes et grandes chaînes hôtelières. Pour une escapade calme, elles se révèlent idéales.

page Taluka Salcete

Etonnamment par rapport à l’idée que l’on se fait de Goa, elles ont donc conservé un vrai charme. On y voit par exemple des scènes émouvantes. Rares sont les baigneurs ou les partisans du bain de soleil.

retour de pêche

Il n’est pas forcément facile de s’y baigner en effet. Le drapeau ne quitte d’ailleurs guère la couleur rouge. Des fonds marins et des courants rendraient la zone dangereuse. N’oublions pas cependant que les Indiens ne sont pas des grands nageurs et qu’il vaut toujours mieux prévenir que guérir. Les plages indiennes sont donc le plus souvent déconseillées à la baignade. Pour autant, ces plages sont très ensablées et il faut à marée basse marcher sur des kilomètres avant d’espérer trouver une profondeur suffisante à la baignade.

pêcheurs

En revanche, le sable fin invite à la détente. De petits cafés ponctuent les longues balades. On y sert même de l’alcool. Ces guinguettes de bois ne sont pas toujours de hauts lieux culinaires. En revanche un cocktail en bord de mer à la nuit tombé n’est pas si courant en Inde pour être négligé.

sur la plage

Surtout ces plages, restées authentiques, offrent des spectacles incomparables. Vaches menées à la baignade. Pêcheurs raccommodant leurs filets. Départ ou retour de pêche et vente des petits poisons tombés du bateau. Toutes sortes de scènes s’y succèdent pour ceux qui fatigueraient de passer leur journée sous le parasol.

en revenant de la pêche, Goa

Non loin de la bordure maritime, la vie des locaux se révèle plus typique . Ici, on voit des combats de bœufs ou de chiens, des gens repiquer le riz les pieds dans l’eau, des cérémonies. De jolies fermes blanchies à la chaux se perdent dans un paysage tropical. Seul hic, la multiplication des chiens errants de plus en plus agressifs.

plage Goa sud

Panjim

escalier avec azulejos

Panjim ou Panaji  ( selon la dénomination actuelle) est certainement l’une des plus petites capitales d’état de la péninsule indienne. Néanmoins, son joli patrimoine colonial et son ambiance en rendent la visite fort recommandable.

petite rue dans le centre de Panjim

Curieusement, Panjim tourne le dos à la mer pour regarder l’estuaire de la Mandovi. En bordure du fleuve s’égrènent de jolis bâtiments coloniaux. La ville ancienne borde la rive sud. Mais, l’ambiance y diffère fortement de celle des colonies britanniques indiennes. En effet, la colonisation est le fait des Portugais au XVIème. De jolies maisons colorées et de belles églises baroques confèrent un charme assez unique, presque latin, à cette ville modeste mais passionnante. On peut y passer un ou deux jours très agréables.

Il faut 45mn pour venir de l’aéroport Nord de Goa Manohar International Airport (GOX). Car la ville se situe au nord du plus petit état indien quasi en bord de mer.  Capitale de l’Inde portugaise au XVIIème siècle sous le nom de New Goa, elle remplaça Old Goa, abandonnée. Son intégration à l’Union indienne ne date que de 1961. Elle s’accroche donc fièrement à son passé original.

vieille ville de Panjim

Le centre historique de Panjim

A première vue, Panjim peut faire peur avec son enfilade de bateaux casinos le long de la Mandovi. Autant s’en méfier et ne pas réserver d’hôtel proche de la rivière. Celle ci est bordée de bâtiments administratifs typiquement coloniaux.

facade bleue

Ainsi, le Secrétariat ou Adil Shah’s Palace, bien que construit en 1500 par le Sultan de Bijapur a un aspect colonial. Car assiégé par l’Amiral portugais Albuquerque vers 1510, il devint résidence du Vice Roi de Goa. Appelé aussi Idalcao’s Palace, il abrite le musée. A l’époque de mon passage il était fermé et en restauration.

Palais, musée

Pres du musée, un joli parc permet d’accéder au monument le plus important de Panjim. l’église Notre Dame de l’Immaculée Conception domine un spectaculaire escalier. Elle représente l’image  et le centre de Panjim. On ne peut ici s’empêcher d’évoquer le merveilleux sanctuaire du Bom Jesu au Mont à Braga et son fantastique escalier baroque.

cathédrale ND de l'Immaculée Conception

 La mise en scène d’une église au sommet d’une montée appartient bien au vocabulaire baroque.

Ce sanctuaire, construit  en 1541 domine fièrement le centre animé de Panjim.  Ses tours baroques jouaient le rôle de phare pour les marins. Ceci nous rappelle le double objectif des colons portugais. Il s’agissait pour eux de fonder des comptoirs commerciaux ET d’évangéliser. Au contraire, les premiers Anglais ne vinrent que pour des raisons économiques au XVIIe. Leur colonisation au XIXe s transforma la conquête en fait militaire et politique. Les Portugais, eux, se cantonnaient aux villes côtières pour s’approvisionner en épices et tissus.

ruelle du vieux Panjim
fresque

Avec la croissance de la ville, l’église s’agrandit en 1600 pour devenir paroisse. Ses vives couleurs bleu, blanc et or sont typiques du catholicisme local. A l’intérieur, de lourds chandeliers, des bois dorés, des statues de marbre (de Pierre et Paul) témoignent du style baroque.

Le quartier des Fontaines, ou le Panjim portugais ou Quartier latin

En revenant vers la rivière depuis la cathédrale, s’étend toute un ensemble de ruelles en  réhabilitation . On l’appelle quartier Latin ou quartier des Fontaines. Panjim n’est pas à proprement parler une ville UNESCO mais le quartier latin est reconnu par l’UNESCO comme une zone patrimoniale

jolies facades

On peut y marcher agréablement le long de petites maisons aux couleurs vives. Quasi piétonnier, ce quartier nous replonge aux XVI et XVIIème siècles et dans une atmosphère quasi sud-américaine. On est loin des bruyantes villes indiennes aux constructions hétéroclites. Ici l’homogénéité architecturale séduit, ce même si les constructions sont pour la plupart de taille modeste.

casa di san Antonio

On chemine dans ces jolies rues colorées dans lesquelles les cafés se multiplient. En passant, on peut s’arrêter dans les jolies confeitria ou les taverna pour un verre de vin ou un délicieux pastel de nata. Confeitaria 31 de Janeiro, reste une adresse quasi incontournable.

Elle se situe  dans une ruelle adorable qui mène à l église Saint Sébastien. Ce ravissant quartier colonial mène jusqu’au centre culturel portugais dans un charmant Jardin. Car le quartier tient aussi son charme des petits jardins. Il continue parallèlement à la petite rivière Ourem juste avant qu’elle ne se jette dans la Mandovi.

eglise san Sebastien
eglise portugaise

La route chemine au delà du périmètre en restauration vers une zone moins rénovée mais plus authentique au delà du temple Maruti. Ce grand temple badigeonné en orange criard domine la colline Altinho. Dédié à Hanuman, le dieu singe, il offre des vues agréables sur la ville.

rue ancienne de Panjim

Plus loin, commencent les plages dont la célèbre Bambolin. Sur la plage Dona Paula les deux fleuves  Mandovi et Zuari se rencontrent pour se jeter dans le Golfe arabo-persique. C’est ici que se situe la résidence du Gouverneur de Goa, Cabo Raj Bhavan.

maison bleue du quartier des fontaines

Presentation Goa

Je suis partie à Goa comme on part à la plage ou en soirée. Bêtement, je pensais qu’il s’agissait d’une ville avec un centre colonial. Il y aurait aussi des kilomètres de plages de sable blanc fréquentées par des touristes éméchés. Je m’étonnais que depuis Chennai l’arrivée à Goa s’effectue par un aéroport au nord et le départ par un autre aéroport, situé plus au sud. Ce devait être une grande ville pour disposer de 2 aéroports internationaux. Mais je savais aussi que nous allions aborder dans la zone la plus touristique de l’Inde. Il me fallait donc m’attendre à tout.

Goa, un état et non une ville

Je n’avais rien compris. Goa correspond à un état complet. Certes le plus petit de l’Union indienne qui en compte 28. Néanmoins un état à part entière, séparé en districts. Ceux ci se divisent en sous districts, les Talukas chacun avec une identité propre. Cet état dispose d’une langue le Konkani. Son originalité tient aussi à une culture teintée d’éléments lusitaniens, une aristocratie particulière et une scène culinaire bien à part.

azulejo

Goa se trouve coincée contre le Golfe Arabo-persique à l’ouest. Les Ghats de l’ouest la séparent de l’aride plateau du Dekkan. Au sud, le Karnataka la borde alors que le nord voisine avec le Maharastra. La bande côtière est donc le débouché quasi naturel des habitants de deux des villes les plus populeuses du pays. A savoir, Mumbai et Bengalore. Autant éviter les périodes de vacances locales (mi-mai mi-juillet et les grandes fêtes type Diwali)

Goa Institute of management

Aller à Goa, c’est en priorité sélectionner. Choisir entre les districts nord réputés pour leur sens de la fête et ceux du sud, plus calmes. Choisir entre la côte avec les plages les plus agréables du pays ou presque. Certes, il y a aussi celles de Andaman ou de Varkala. Ou préférer l’intérieur des terres moins connu et plus nature.

forêt Goa

Goa ce sont aussi des villes à l’atmosphère quasi sud-américaine avec leurs églises au charme portugais. Ces missions baroques n’ont quasiment pas d’égal dans le reste du pays. Nichées dans une végétation tropicale magnifique elles ont un air mexicain inattendu en Inde.

le fleuve

Car colonisée au XVIeme par les Portugais, Goa est restée un comptoir européen. Ce jusqu’au rattachement à l’Union indienne en 1961 seulement. De son passé portugais elle a gardé des liens étroits avec les autres comptoirs lusitaniens notamment Macao. D’où des influences chinoises mêlées aux souvenirs quasi hispaniques.

La nouvelle mini- série du moment

Cela devient une habitude, mais je ne vais pas traiter de cet état surprenant en un seul pauvre article.

En revanche, je vous propose de me suivre pour une nouvelle mini-série à travers cet état bien plus extraordinaire qu’attendu. Car les récits de fêtes et de tourisme de masse ne m’avaient pas laisser espérer grand-chose. Quelle ne fut donc pas l’heureuse surprise que de découvrir une région restée très authentique. Mais aussi très distincte du reste du pays.

curieuse baignade

 Alors suivez-moi dans les prochaines semaines. Nous partirons à la découverte de Panjim la petite capitale de ce micro-état au charme original.

maison de planteur

De là, je vous emmènerai à Old Goa, la capitale abandonnée de ce petit bout de Portugal. Nous y cheminerons à travers les églises, souvenirs de la colonisation mais aussi de l’évangélisation. Nous y retrouverons notamment la trace de Saint François-Xavier.

Puis nous continuerons sur les plages du sud autour de Margao. C’est la ville économique à l’ambiance fantomatique.  Le sud de Goa offre de magnifiques plages et une ambiance encore intacte à l’écart des grands flux touristiques.

la plage

Enfin le dernier chapitre de mon épopée vous fera découvrir les magnifiques demeures de planteurs dans le taluka de Salcete. Souvent en mauvais état, ces maisons offrent un charme que l’on s’attend à trouver davantage de l’autre côté de l’Atlantique.

Pêcheurs, Goa

Pas de fiestas dans ce blog, ni de nature donc. Mais de belles découvertes historiques et architecturales pour les quatre prochaines semaines de balades indiennes.

Goa

Je suis partie à Goa comme on part à la plage ou en soirée. Bêtement, je pensais qu’il s’agissait d’une ville avec un centre colonial. Il y aurait aussi des kilomètres de plages de sable blanc fréquentées par des touristes éméchés. Je m’étonnais que depuis Chennai l’arrivée à Goa s’effectue par un aéroport au nord et le départ par un autre aéroport, situé plus au sud. Ce devait être une grande ville pour disposer de 2 aéroports internationaux. Mais je savais aussi que nous allions aborder dans la zone la plus touristique de l’Inde. Il me fallait donc m’attendre à tout.

Goa, un état et non une ville

Je n’avais rien compris. Goa correspond à un état complet. Certes le plus petit de l’Union indienne qui en compte 28. Néanmoins un état à part entière, séparé en districts. Ceux ci se divisent en sous districts, les Talukas chacun avec une identité propre. Cet état dispose d’une langue le Konkani. Son originalité tient aussi à une culture teintée d’éléments lusitaniens, une aristocratie particulière et une scène culinaire bien à part.

azulejo

Goa se trouve coincée contre le Golfe Arabo-persique à l’ouest. Les Ghats de l’ouest la séparent de l’aride plateau du Dekkan. Au sud, le Karnataka la borde alors que le nord voisine avec le Maharastra. La bande côtière est donc le débouché quasi naturel des habitants de deux des villes les plus populeuses du pays. A savoir, Mumbai et Bengalore. Autant éviter les périodes de vacances locales (mi-mai mi-juillet et les grandes fêtes type Diwali)

Goa Institute of management

Aller à Goa, c’est en priorité sélectionner. Choisir entre les districts nord réputés pour leur sens de la fête et ceux du sud, plus calmes. Choisir entre la côte avec les plages les plus agréables du pays ou presque. Certes, il y a aussi celles de Andaman ou de Varkala. Ou préférer l’intérieur des terres moins connu et plus nature.

forêt Goa

Goa ce sont aussi des villes à l’atmosphère quasi sud-américaine avec leurs églises au charme portugais. Ces missions baroques n’ont quasiment pas d’égal dans le reste du pays. Nichées dans une végétation tropicale magnifique elles ont un air mexicain inattendu en Inde.

le fleuve

Car colonisée au XVIeme par les Portugais, Goa est restée un comptoir européen. Ce jusqu’au rattachement à l’Union indienne en 1961 seulement. De son passé portugais elle a gardé des liens étroits avec les autres comptoirs lusitaniens notamment Macao. D’où des influences chinoises mêlées aux souvenirs quasi hispaniques.

La nouvelle mini- série du moment

Cela devient une habitude, mais je ne vais pas traiter de cet état surprenant en un seul pauvre article.

En revanche, je vous propose de me suivre pour une nouvelle mini-série à travers cet état bien plus extraordinaire qu’attendu. Car les récits de fêtes et de tourisme de masse ne m’avaient pas laisser espérer grand-chose. Quelle ne fut donc pas l’heureuse surprise que de découvrir une région restée très authentique. Mais aussi très distincte du reste du pays.

curieuse baignade

 Alors suivez-moi dans les prochaines semaines. Nous partirons à la découverte de Panjim la petite capitale de ce micro-état au charme original.

maison de planteur

De là, je vous emmènerai à Old Goa, la capitale abandonnée de ce petit bout de Portugal. Nous y cheminerons à travers les églises, souvenirs de la colonisation mais aussi de l’évangélisation. Nous y retrouverons notamment la trace de Saint François-Xavier.

Puis nous continuerons sur les plages du sud autour de Margao. C’est la capitale économique à l’ambiance fantomatique.  Le sud de Goa offre de magnifiques plages et une ambiance encore intacte à l’écart des grands flux touristiques.

la plage

Enfin le dernier chapitre de mon épopée vous fera découvrir les magnifiques demeures de planteurs dans le taluka de Salcete. Souvent en mauvais état, ces maisons offrent un charme que l’on s’attend à trouver davantage de l’autre côté de l’Atlantique.

Pêcheurs, Goa

Pas de fiestas dans ce blog, ni de nature donc. Mais de belles découvertes historiques et architecturales pour les quatre prochaines semaines de balades indiennes.

Maisons de planteurs

Aujourd’hui je vous emmène dans le Taluka de Salcete, à la découverte des maisons de planteurs du sud de Goa.

Maison Braganza

Deux maisons de planteurs à Chandor

Maison Menezes Braganza.

salle à manger maison Braganza

Commençons par la plus belle peut être de ces plantations, en tous cas la plus grande. Il s’agit d’une énorme demeure à l’aspect palatial. Très étroite, elle s’étend tout en longueur dans le petit village de Chandor. On monte un escalier pour accéder dans les appartements de deux cousins. Car la maison se dédouble au niveau de l’escalier central. On y retrouvera d’ailleurs une duplication de tous les éléments, salle de bal, bibliothèque et cuisine.

1er salon maison Braganza

Nous sommes reçus par les descendants des premiers propriétaires. Cette maison est en effet comme beaucoup restée entre les mains de la même famille depuis le XVIIe s. Deuxième surprise, les propriétaires originaux, et donc leurs descendants, ne venaient pas du Portugal. Ces Indiens d’origine ont en revanche été anoblis par la couronne portugaise assez tôt dans l’histoire, souvent pour bons et loyaux services.

salle de bal maison Braganza

La maison a un peu souffert des ravages du temps. Mais ce n’est rien en comparaison de ce qui nous attend ailleurs à Goa. D’ailleurs, les deux cousins propriétaires s’acharnent du mieux qu’ils le peuvent à en conserver la splendeur. Ils n’hésitent pas à louer leurs salons pour des tournages, des mariages ou des séances photos pour financer la peinture ou retapisser les fauteuils. Le ticket d’entrée permet également d’améliorer un peu leur ordinaire.

Clairement le descendant Menezes Braganza est un homme d’affaire plus aguerri, doublé d’un gestionnaire et ses appartements révèlent plus d’opulence et un meilleur entretien. En témoigne la bibliothèque malgré son organisation quelque peu dérangeante. Le cousin Pereira-Braganza vous montrera tout fier la relique de Saint François-Xavier, gloire de la chapelle familiale. Son aile est en revanche plus poussiéreuse.

maison Menezes

Dans chaque appartement la magnificence s’illustre dans la salle de bal, véritable pièce maitresse. Une enfilade de salons et une salle à manger de réception évoquent le train de vie fastueux de ces aristocrates locaux cultivateurs de canne à sucre ou de caoutchouc.

  Maison Fernandez

Plus loin, dans le petit village miséreux de Chandor, se trouve la maison Fernandez. Elle parait fermée aux visiteurs. D’ailleurs rien n’indique qu’elle puisse se visiter. Son état calamiteux ne laisse rien présager de sa splendeur (très) passée pour ne pas dire trépassée.

facade maison Fernandez

 Le propriétaire des lieux, lui aussi descendant des premiers planteurs connait l’histoire familiale sur le bout des doigts. Mais son éducation n’empêche pas sa demeure de partir complétement à vau l’eau. Outre l’odeur pestilentielle due à l’incontinence de son vieux chien, l’ensemble laisse plus qu’à désirer en matière de propreté.

salon maison Fernandez

Néanmoins, malgré la crasse, on devine la beauté disparue. Bien sûr nous sommes loin de la magnificence de la plantation Braganza. Pour autant, cette maison avec son souterrain secret, sa salle d’armes et sa salle de bal, son coin chapelle pourrait, un peu rénovée, avoir du potentiel. Pour l’heure, si tournage il y a, il ne peut s’agir que de films d’épouvante.

salon Fernandez

Deux autres Maisons de Planteurs à Loutoulim

Changeons maintenant de village, et dirigeons-nous vers Loutoulim beaucoup plus agréable et avec un quartier carrément résidentiel.

Loutoulim

Maison Figueiredo

Commençons par la plus connue de toutes les maisons. Et pour cause elle est aménagée en hôtel, bien entretenue et gérée de main de maitre là encore toujours par les descendants de la famille d’origine.

entrée maison Figueiredo

Les inscriptions sur les murs rappellent la conversion (volontaire ?) des locaux à l’époque portugaise. Les missionnaires avaient pour but d’évangéliser au contraire des Anglais pour lesquels colonisation rimait presque uniquement avec enrichissement. Ainsi, avec la conversion, les Poddiars de Sancoale devinrent Figueiredo de Loutoulim au XVIe. Cela fut-il à l’origine de leur réussite sociale, politique et économique ? Toujours est il que la famille Figueiredo compte nombre de diplomates, juges et parlementaires. D’où la construction de cette superbe demeure en 1590. Deux siècles plus tard une seconda aile en doubla la superficie, en largeur cette fois.

maison Figueiredo

Sa décoration est joliment mise en valeur. Ce, notamment dans la fastueuse salle à manger, la salle de bal. Un salon de musique, un bureau et une chambre complètent le musée. De nombreuses porcelaines chinoises évoquent les relations privilégiées des maitres de céans avec Macao, autre colonie portugaise. Le reste des 55 pièces se répartit entre un hôtel boutique (dans la partie ancienne) avec piscine et la demeure familiale. Le tout à fait l’objet d’une restauration en 2016 menée par les descendants ré impatriés pour s’occuper du patrimoine familial.

salon maison Figueiredo

Maison Alvarez

La Maison Alvarez fait partie du musée local du grand pied.

maison Alvarez

 Le musée ne casse pas trois pattes à un canard. Il s’intéresse cependant à l’histoire, l’art de vivre et la culture de Goa.  En revanche le billet d’entrée permet de visiter la demeure. Celle-ci diffère un peu des précédentes. Le mobilier très fin XIXe n’a pas la qualité de celui des autres maisons. Les salles elles-mêmes sont de moindre qualité. En revanche les objets exposés valent le détour. Et surtout les quartiers serviles sont quasi complets. On y découvre cuisine, arrière-cuisine, cellier et tout un tas de petites pièces rustiques.

outils maison Alvarez, Loutoulim, Goa

Dans les chambres sont exposées des collections d’objets d’antan, jouets, vases de nuit. De quoi compléter agréablement la visite des autres Maisons de Planteurs.

cuisine maison Alvarez Loutoulim Goa

Old Goa

Old Goa nous replonge au XVIème siècle lorsque les Portugais abordèrent en ces terres lointaines. Motivés par le Prince Henri le Navigateur, les marins lusitaniens cherchaient à établir des comptoirs sur la route très rentable des textiles et surtout des épices.  Ceux-ci étaient si précieux que l’on a conservé longtemps en Français l’expression “payer en épices” devenue « payer en espèces ».

forêt Goa

Les marins ne venaient pas seuls. Secondés par des missionnaires, ils prenaient très au sérieux leur mission évangélisatrice. Les églises rescapées de Old Goa nous rappellent cette volonté de convertir.

autel Bom Jesu Goa

Car de la première capitale lusitanienne en terre indienne ne restent que des églises. Les 200 000 habitants évoqués par les chroniqueurs de Old Goa se sont évanouis après des épidémies. Ne subsistent que les vestiges de constructions religieuses. Leurs dimensions et leur nombre attestant néanmoins de la taille plus que respectable de la cité. On la surnommait alors la “Rome de l’Est”.

Basilique et cathédrale de Old Goa

La route qui vient de Panjim passe devant l’imposant carré sur lequel se dressent d’un côté le Bom Jesus et de l’autre la blanche Cathédrale. Ce double enclos concentre pratiquement l’ensemble des visiteurs de Old Goa. A juste titre, tant ces constructions religieuses sont significatives historiquement et spirituellement.

Se Goa

Le Bom jesus

Cet énorme vaisseau de grès rose et de brique doit sa notoriété au tombeau de Saint Francois-Xavier.  Arrivé en Inde en 1542 pour diffuser le message chrétien il mourut 10 ans après. Il prêchait alors en Chine. Son corps fut rapatrié à Goa, où il fut canonisé en 1622.

Bom Jesu Goa

 Passée l’imposante façade baroque, un cheminement obligatoire vous mène devant la pièce maitresse. Il s’agit de l’extraordinaire tombeau en argent. Il domine un piédestal de marbre et jaspe décoré de plaques de bronze illustrant la vie du saint. C’est un Cadeau du Grand Duc de Toscane Cosme III. L’ensemble témoigne du travail d’artistes italiens et d’orfèvres locaux. Les pierres semi précieuses et ornementales ont aujourd’hui disparu. Mais le mausolée conserve une grandeur baroque.

facade Bom Jesu old Goa

 Un petit musée au premier étage de l’édifice évoque la vie du saint homme. Sa visite n’ajoute pas grand chose à la beauté de l’immense édifice. Puis le chemin permet aux visiteurs de faire le tour de la basilique,  d’arpenter le cloitre blanc avant de ressortir dans un Jardin à la végétation luxuriante. On se croirait davantage en Amérique du Sud qu’en Inde.

La Se

intérieur Se old Goa

De là, on traverse l’immense place pour se rendre de l’autre côté de la route dans un enclos contenant plusieurs églises blanchies à la chaux. La plus spectaculaire est bien sûr la Se, ou cathédrale. Par sa taille, elle évoque à la fois l’importance de la ville mais aussi celle de la mission évangélisatrice. Il s’agirait de la plus grande église d’Asie. Vide, blanche et spacieuse elle accrédite l’idée.

facade Se Old Goa

La façade classique  et blanchie à la chaux tranche par sa simplicité sur les temples de la région voire sur celle du Jésus. A l’intérieur, la Chapelle du st Sacrement est en revanche couverte d’or. C’est sur le porche de cette cathédrale qu’avaient lieu les autodafés menés par la tristement célèbre Inquisition.

D’autre églises de Old Goa

Ste Catherine musée old Goa

L’ancien couvent des Dominicains jouxte la cathédrale. Transformé en musée archéologique, il conserve quelques belle pièces . Il nous rappelle le rôle des ordres mendiants dans la mission évangélisatrice. Surtout c’est le meilleur lieu pour en apprendre plus sur la colonisation portugaise.

chapelle Ste Catherine Old goa

Juste à coté la charmante petite chapelle Ste Catherine  remonte aux débuts du XVIème.

San Gaetano Old Goa

On peut alors sortir de l’enclos pour gagner San Gaetano. Cette église copie St Pierre de Rome d’une manière presque comique sinon grandiloquente . En effet, elle se trouve presque en pleine campagne. Au sortir, une arche permet d’accéder à la rivière Mandovi. Un embarcadère mène au ferry pour les îles. La nature y est magnifique si une journée au vert vous tente.

Sur les hauteurs de Old Goa

St Francois Old Goa et ruine de St Augustin

En revenant vers le marché pour touristes commence une montée. Cette route mène tout d’abord  à l’église st François transformée en musée. En continuant le long de la courbe on atteint la très belle église du Rosaire.

st Augustin

Sur la même route en revanche se dressent les ruines romantiques du couvent des Augustins. Il n est pas sans rappeler celui de Canterbury avec son clocher écroulé. Construite en 1602, cette Église faisait partie des plus importantes constructions augustiniennes du monde ibérique. Abandonnée en 1835, elle s’est en grande partie effondrée.

clocher st Augustin old Goa

 Ces ruines confirment le départ des Portugais au XVIIe en raison d’épidémies de malaria, de choléra ou de peste. En 1843, Panjim plus proche de la côte devint d’ailleurs officiellement la nouvelle capitale, New Goa.

Mandovi river

Sur les hauteurs et dominant de belle manière la rivière Mandovi, l‘église Notre Dame du Rosaire a des accents presque manuéliens. C’est l’une des plus anciennes églises de Old Goa et l’une des mieux conservées. Malheureusement, elle est plus compliquée à atteindre (il faut une voiture) et souvent fermée.  Néanmoins, si la restauration en est terminée lors de votre visite, la vue vaut vraiment le coup. Elle permet d’embrasser la forêt dense qui a pris possession de la Capitale déchue en bord de Mandovi. Des arbres, s’échappent quelques coupoles, blanches pour la plupart, le clocher effondré de St Augustin ou les énormes vaisseaux du Bom Jesu et de la Se.

ND du Rosaire Old goa

Visite de Dakshina Chitra

Une série de cours pour entrainer les aspirants guides à Dakshina Chitra m’a amenée à préparer une visite de Dakshina Chitra. Je vous en livre ici la subtentifique moëlle.

la salle de cour

A l’occasion de la sortie de l’audio guide auquel j’ai contribué au printemps 2025, j’avais déjà publié un article. J’y expliquais que le musée vivant regroupait aujourd’hui 19 maisons reconstruites sur les 8 acres de terrain. Sur les 19 maisons, voici donc ma sélection.

chariot de procession

Pour débuter votre visite de Dakshina Chitra, passez devant la boutique sur votre gauche. Puis traversez la cour autour de laquelle s’organisent salle de conférence, film et autel enfin sortez à l’air libre face à la carte des lieux, au marché artisanal et à l’amphithéâtre. Prenez à travers le marché artisanal et dirigez-vous vers la gauche. Vous parvenez alors devant la première grande maison. C’est bon, vous commencez par la section Tamil Nadu.

Le Tamil Nadu, star d’une visite de Dakshina Chitra

Maison du Chettinad

maison chettiar

Cette première maison est celle d’un riche Chettiar. Le parti pris pour le Tamil Nadu est de montrer des maisons de différentes strates et corporations de cette société très hiérarchisée. On commence donc par celle d’un riche marchand. On y accède par un thinnai, une de ces vérandas typiques de la région. Les pièces de réception et les bureaux s’articulent habituellement autour d’une cour. Ici, ils font place à des salles d’exposition. L’une, sur les différents types d’écriture, se révèle bien intéressante pour les Européens novices que nous sommes en matière de culture indienne. Il manque la salle à manger, la cuisine et la cour de la cuisine, véritable section féminine pour donner une idée précise d’une maison du Chettinad.

cour de la maison du Chettinad

Maisons de l’agriculteur et du Brahmin

Sur la gauche, la galerie vous emmène à la découverte de la richesse textile à l’origine de la fortune de la région. Puis, on ressort de cette maison pour voir, immédiatement sur la droite, la maison de l’agriculteur. Elle sert de lieu d’exposition et d’exploration pour les métiers liés à la terre.  Plus simple, elle aussi s’articule autour d’une simple cour carrée. Les alcôves, occupées par des panneaux explicatifs, restaient ouvertes et ventilées sur un socle permettant d’éviter les crues.

rue Tamil Nadu

Ces deux maisons se situent le long d’une rue reconstituée, comme dans un village. De plus petites maisons à façade blanche et grosses colonnes de bois colorées la bordent. Les rayures rouges et blanches annoncent la maison du Brahmin. On y présente sa formation intellectuelle et son rythme de vie. Les façades d’autres maisons ont été incorporées à cette maison, petite mais prestigieuse, pour exposer différents objets de culte.

dans la maison du Brahmin

Maisons de métiers

Lui succèdent la maison du tisserand avec son métier à tisser, actif ici. Une grande pièce à l’arrière expose des tissus. Le Tamil Nadu s’enorgueillit à juste titre de son extraordinaire diversité textile.

Presque en face, la maison du potier, beaucoup plus petite, évoque la vie et le travail de ces artisans nécessaires dans les campagnes. Ils fournissaient en effet la vaisselle et les réceptacles de base. Plus sommaires encore les petites cabanes à toit de chaume sont typiques des travailleurs du Tamil Nadu. On y cuisinait à l’extérieur car ces huttes sont minuscules. Aujourd’hui le ciment et le béton remplacent ces matériaux traditionnels plus esthétiques mais devenus couteux à maintenir et plus difficiles à trouver.

hutte de laboureurs du Tamil Nadu

Juste derrière, sur la petite colline se trouve un joli temple à Ayyanar. Cette divinité villageoise accompagnée de ses 2 femmes a été déplacée au musée avec la bénédiction du prêtre de son lieu d’origine. Son installation a donné lieu à de grandes célébrations. La piété locale se lit également dans le petit temple à Mariama juste en dessous. Sorti à la fin d’une exposition, ce petit sanctuaire est rapidement devenu un lieu de dévotion pour les travailleurs et visiteurs qui passaient devant.

Temple Ayyanar

Au contraire, Si l’on prend sur la gauche, on accède aux maisons du Kerala

Les maisons du Kerala.

Ici nous découvrons deux merveilleuses maisons de bois. Il s’agit de la maison syrienne Chrétienne et de la maison hindoue. Elles nous permettent de comprendre l’originalité architecturale mais aussi la culture plurale de cette côte soumise à un régime de double Mousson. La visite de Dakshina Chitra insiste sur la mixité religieuse si spécifique au Kerala. Elle met également l’accent sur les différences régionales entre le nord de la région, qui faisait partie de la Présidence de Madras et le sud, domaine des Travancore.

La région, très humide elle, est aussi très arborée. Ce qui explique que le Kerala soit riche en maisons de bois et en travailleurs du bois. Ces maisons, construites sans clous sont des modèles de solidité. Parfois, comme ici dans la maison syrienne, une adjonction en dur date de la période coloniale. Chaque propriétaire disposait d’un petit verger et d’un potager qui lui assurait l’autosuffisance. Les greniers omniprésents, permettaient de stocker le contenu des récoltes pluriannuelles.

maison chrétienne syrienne

Une petite Croix, presque cachée au-dessus de la porte d’entrée, sous le débord de toiture, annonce la maison syrienne. Le terme est une référence à la langue de prière, le syriaque et non au pays. En effet le Kerala a été la porte d’entrée du christianisme en Inde. La région compte encore 20 % de Chrétiens.  Chaque maison disposait de son puit et de son lopin de terre. Chaque propriétaire avait également un bateau pour se déplacer sur les canaux voire la mer. Un toit très pentu laissait ruisseler les pluies abondantes. De larges vérandas et des incisions dans le pignon ventilent l’air chaud.

maison Koothatukulam

La maison Koothatukulam agissait en Grenier de la maison syrienne.

Maison Moplah et Calicut

Plus loin, la maison Moplah, repère des instagrammeurs locaux, accueille des expositions. Son architecture de pierre rappelle que cette riche communauté musulmane de la côte Nord du Malabar vit dans de bonnes conditions matérielles.

Maison Moplah

Quant à la maison Memnon ou Calicut house, une maison sur la côte nord du Malabar au nord du Kerala, elle illustre le caractère matrilinéaire des héritages au Kerala. Cette maison décrit les cultes et  rites propres à la région, avec notamment une section sur l’ayurveda.

maison hindoue du Kerala

En remontant le long de la belle maison de bois de Trivandrum, première maison de Dakshina Chitra, on atteint les Etats du Nord du Sud de l’Inde.

Le Karnataka

Ce magnifique état aux paysages et cultures si diverses est représenté par trois belles demeures. Dans celle de Chittusnagar, l’on revient notamment sur la culture du café, l’une des spécialités dont les locaux sont si fiers. En effet le café est ce qui distingue les populations du sud de buveurs de thé du nord.

maison Chittusnagar

Cette maison aux balcons de bois évoque également les relations commerciales entre l’Inde et le reste de l’océan Indien. Propriété de riches musulmans, elle illustre les lieux de culte et les spécificités de cette communauté. Au grenier, des photos parlent du soufisme.

Maison Illkal lambani

Maison Illkal Lambani

On y entre par une superbe porte de pierre et bois, véritable seuil entre la rue et la zone privée, considéré comme un sanctuaire. Ces maisons se trouvaient dans des espaces désertiques dans le nord du Dekkan. Elles sont donc construites en pierre avec des toits plats. La première maison évoque la tribu nomade des Lambani originaire du Rajasthan. Les femmes arboraient des vêtements colorés et bijoux d’argent. Ils se déplaçaient en convois menés par des bœufs pour transporter nourriture et objets. L’arrivée du train leur ôta toute utilité professionnelle,

maison Illkal

La double maison dans la cour appartenait à deux frères tisserands du nord du Karnataka. Ils utilisaient la cour commune pour tendre les fils. On voit un sanctuaire à Durga sous le Neem sacré avec deux pierres de Naga ( serpents) vénéré dans ce pays désertique en lieu d’ancêtres. A l’intérieur, on voit un métier à tisser et des masques de divinités protectrices.

maison illkal

Maison de Coorg

Au contraire, la maison de Coorg, dernière ajoutée à ce musée en plein air, est unique. Tout à Coorg rappelle que cette communauté isolée dans ses montagnes et ses sauvages forêts est à part en effet. La cuisine, les croyances, les coutumes, les costumes, tout est différent ici. Le rez-de-chaussée rend hommage à la  vie locale alors que l’étage expose  les rites et nombreux festivals qui ponctuent la vie des habitants.

maison de Coorg

De l’autre côté de la “route” se dressent les maisons du Telangana. En chemin vous pouvez vous arrêter au restaurant bon et particulièrement bon marché. Car la visite de Dakshina Chitra passe aussi par ses spectacles et des expériences culinaires. Celles-ci suivent le cycle des saisons.

fen6etre décorée de la maison de coorg

Andhra Pradesh et Telangana

La petite maison Chuttilu en Andhra Pradesh parait rudimentaire. Pourtant sa forme circulaire est emblématique des fermiers et pêcheurs de la côte. Elle peut supporter des vents énormes. Cette maison indigène, est un modèle environnemental. A l’époque elle était très simple et bon marché. Ironiquement, son entretien coûte maintenant cher en raison notamment du toit végétal, pentu pour laisser les pluies ruisseler. Ce type de maison se construisait en village pour résister aux tempêtes. Une seule petite fenêtre assurait la ventilation et un peu de lumière. L’espace entre l’intérieur et l’extérieur servait de stockage, de cuisine, voire d’étable en période de cyclones. Hors mousson tout se faisait autour de la maison. Le toit peut s’enlever et s’utiliser comme bateau dans le pire des cas. Malgré son aspect sommaire ,cette maison est donc assez spectaculaire.

maison Chuttilu

Ikat House, Telangana

Nalgonda ou la maison Ikat devait montrer l’ikat, un procédé complexe de tissage et teinture dans cette région riche en fabrication textile. Cette maison très  simple expose donc un métier à tisser. Elle rappelle un peu celle de l’agriculteur au Tamil Nadu avec sa toute petite cour.

maison de l'ikat

On peut sortir de cette maison pour se rendre à la galerie ou revenir vers le craft bazar et le restaurant.

Le Fort Rouge

Aujourd’hui, je vous emmène au Fort Rouge, une construction fort méconnue au sein du Madras Medical College sur Poonamallee High Road, dans le quartier de Park Town.

Vous pouvez venir par métro. Dans ce cas descendez à Central station. Ou vous pouvez préférer venir en train, dans ce cas arrêtez vous à la station Park Town. C’est un moyen amusant de découvrir la ville.  Le plus simple néanmoins est de prendre une voiture avec chauffeur ou de prendre un « auto », le terme local pour rickshaw.

Le Madras Medical College

Entrez par le portail d’accès du Madras Medical College sur General Hospital Rd. S’il est fermé ce qui semble être souvent le cas ces derniers temps, contournez le petit édicule sur la droite le long de l’escalier souterrain et regagnez l’allée au delà du portail. Prenez alors tout droit le long de MMC office Rd. C’est une voie privée donc calme.

Le Government General Hospital fut fondé le 16 novembre 1647 pour soigner les soldats de la Compagnie des Indes orientales. Néanmoins, l’Hôpital Général n’occupa ce lieu qu’en février 1835. Il s’agit de la plus vieille université de médecine d’Asie. Elle se compose de bâtiments dispersés le long d’une allée que vous empruntez en ce moment. Les premiers cours eurent lieu dans des salles jouxtant les appartements du chirurgien en chef et l’Hôpital Général. Cependant, l’université se dota de son propre bâtiment l’année suivante. Celui-ci comprenait 4 pièces- une bibliothèque, un musée, une salle de cours qui pouvait se transformer en salle d’opération et un laboratoire. Il fut énormément agrandi en 1867.

Un nouveau campus de 6 étages fut ajouté à l’université de médecine en 2010.

Les bâtiments anciens de l’université de médecine accueillent aujourd’hui l’université de pharmacie, l’école d’infirmières ainsi que des logements étudiants.

Le baobab, un véritable monument

Passez devant l’école d’infirmière et la bibliothèque sur votre gauche ainsi que le bloc administratif sur votre droite entouré par deux élégantes rotondes aux fines colonnes inspirées par l’église All Souls de Londres, chef d’œuvre de John Nash. Bien qu’en mauvais état, ces constructions présentent un bel exemple de l’éclectisme victorien teinté d’un zeste de classicisme. Vous atteindrez alors un impressionnant baobab vieux de 150 ans.

La pancarte écrite en tamoul peut être traduite de la manière suivante :

 “Cet arbre est l’un des plus vieux du monde. Il est originaire d’Afrique. Ses feuilles sont riches en vitamine C. Les tribus africaines utilisaient toutes les parties de cet arbre pour se nourrir ou se soigner. Son tronc a une circonférence de plus de 11m et il est haut de plus de 20m. Cet arbre rare honore l’université de médecine de Madras depuis plus d’1 siècle et demi. Ce panneau a été dévoilé par Monsieur le Premier Ministre du Tamil Nadu, MK Stalin.“.

Le Fort Rouge


à l’angle sud-est du campus se trouve le bloc consacré à l’anatomie. Il comprend une salle d’opération, des salles de dissection, des salles de cours. C’est l’une des plus anciennes constructions ici. Les historiens se disputent sa date. Mais si on le compare à l’ancien Moore Market, on trouve des similitudes qui attesteraient d’une construction dans les années 1883 ou 1897.

En 1887-88, un musée l’agrandit puis des laboratoires de biologie et d’hygiène. En 2016, il fut annoncé que le bâtiment serait transformé en musée. Malheureusement à ce jour, rien n’a bougé. Les salles médicales ont été transférées dans un nouvel édifice de plusieurs étages, mais le musée se fait toujours attendre.

Le Fort Rouge de Chennai, un vrai inconnu

Bref qu’y a-t-il de spécial dans ce bâtiment ? En fait il s’agit de l’un des exemples les plus anciens et des plus aboutis d’architecture indo-sarracénique à Chennai, une sorte de trésor caché en quelque sorte. Ce style est fascinant, il s’est développé à la fin du XIXème siècle, C’est un mélange d’architecture indienne, islamique et anglaise. Pour les Anglais, c’était un moyen de dire « Regardez comme nous respectons le passé indien », notamment la période moghole qui a précédé la colonisation anglaise. Dans les faits, on retrouve le style indo-sarracénique essentiellement dans les édifices publics et les écoles de la période anglaise.

A Chennai, ces structures sont généralement construites en briques ou peintes en rouge pour y ressembler. Les façades peuvent se révéler amusantes avec une foultitude de détails du genre dômes, arcs, jalis (ces écrans dentelés tout droit inspirés du lointain Taj Mahal), chhatris, ces petits kiosques couverts couronnant les constructions. Le bloc d’anatomie exhibe un certain nombre de ces détails architecturaux, depuis les vérandas à arcatures, les soubassements de pierre jusqu’au parapet à bas-reliefs qui court le long du toit.

Il y a quand même un détail croustillant ici. En effet même si le style indo-sarracénique avait pour but de créer un sentiment de familiarité, il ne parlait pas aux populations locales, Car ici il n’y a pas de tradition moghole mais une forte appartenance dravidienne. Ce qui fait que ces constructions étaient quelque peu déplacées. Mais les Britanniques n’avaient pas l’air de s’en soucier.

Une référence prestigieuse

C’est particulièrement net ici où le bâtiment s’inspire de toute évidence du célèbre Fort Rouge de Delhi construit au XVIIème siècle par le grand Shah Jahan, l’empereur à l’origine du Taj Mahal. La réplique que vous êtes en train de regarder affecte la même forme cubique et l’aspect de forteresse. Et les étudiants enfermés dedans de longues heures pour étudier l’appelèrent donc affectueusement le « Fort Rouge de Madras ».

Lady’s Garden

Le Ladys Garden est une sorte de bijou méconnu à Chennai. Il se cache en effet sur la grande rue Raja Muthiah juste après le stade Nehru. On l’atteint de l’autre côté à l’extrémité de la rue VP Hall Compound derrière un marché ancien et un parc disparus. Pour plus d’indications et une visite complète des lieux, je vous conseille mon magnifique audioguide.

Un marché disparu dans les flammes

Nous voici dans un quartier entièrement transformé au XIXe et au XXe siècles. A l’arrivée des Anglais, la forêt occupait les collines alentours. A l’époque, la grande avenue EVR Salai était un chemin de terre qui menait de Fort St Georges à l’est au village de Poonamallee. Un hameau se dressait tout près du mur qui doublait les fortifications. Il s’appelait Periamet, ce qui en Tamoul signifie « lieu où l’on perçoit la douane ». Il agissait donc en barrière d’octroi. Ces noms de villages existent encore dans les quartiers qui composent la zone devenue au XIXe siècle Park Town.

Car les colons britanniques transformèrent totalement le paysage et le jardin du marchand portugais João Pereira de Fari avec la construction de la gare centrale et du marché Moore. Ce dernier a lui-même disparu dans les années 1980 dans des conditions encore mystérieuses. C’est l’époque où la vacance du pouvoir municipal a laissé partir en fumée (ici en l’occurrence un incendie inexpliqué à ce jour) de nombreux bâtiments historiques, à la grande joie des spéculateurs immobiliers.

Il ne reste hélas rien de ce malheureux Moore Market, une belle construction indo-sarracénique sinon une malheureuse maquette perdue dans les immondices du parking entre la gare centrale et le Victoria Public hall. Son emplacement correspond au amas de voiture et à l’affreux bâtiment qui fait office de gare de banlieue. Le canal Buckingham transformé en égout à ciel ouvert sépare les deux gares d’un mur nauséabond. Derrière le Moore Market Bg dont seul le nom rappelle cette halle Baltard mauresque oubliée, sur la gauche, une jolie grille victorienne mène jusqu’à l’immense parking à deux-roues. Un vrai symbole du passage du temps.



Marché des livres d’occasion

Une sorte d’arche en métal indique l’entrée de ce marché en plein air entièrement dévolu aux livres anciens et d’occasion. Cet endroit est un paradis pour bibliophiles. Des rangées d’étals de fortune croulent sous les volumes de toute sorte. Une partie de l’histoire se déroule dans le remarquable roman d’Abraham Verghese “le pacte de l’eau”. On y trouve des livres universitaires déjà utilisés sur des sujets aussi variés que la médecine, le droit, la littérature ou les sciences humaines.

 Un autre vestige du People’s Park disparu se trouve caché à la vue de tous. Il s’agit du centre commercial Lily Pond, la mare aux nénuphars. Le complexe manque de charme malgré son joli nom évoquant les fleurs d’eau épanouies sur les plans d’eau qui ponctuaient cette zone de marécages. Néanmoins, si vous êtes fou de brocante c’est l’un des rares lieux de Chennai pour chiner.

La rue VP Hall compound correspond au chemin qui bordait le parc du peuple, People’s Park ouvert dans les années 1850. Ce fut l’un des premiers parcs d’Inde et il constitua le cœur vert de Madras durant de nombreuses décennies. Il s’enorgueillissait d’étangs parcourus par des bateaux, de pelouses taillées au cordeau et de grands boulevards bordés de rangées d’arbres.

Une balade à travers le People’s Park constituait le sommet de l’élégance, le loisir favori de l’élite citadine. Le parc marquait également la frontière extérieure de la Madras coloniale, le seuil au-delà duquel la ville s’étendait hors des murs du fort St Georges. La rue s’ouvre bientôt sur une clairière malheureusement envahie d’ordures et malodorante. Une grille marque l’entrée du jardin de Notre Dame « Our Lady’s Garden ».


Lady’s Garden

Le Lady’s Garden est l’unique vestige de ce qui fut l’immense parc du peuple. Situé tout d’abord au centre géographique de la ville, des portions du grand Parc accueillaient des collections « zoologiques et ornithologiques, cinq lacs, une fanfare, des terrains de football, de tennis et autres jeux ». En 1878, un gymnase s’y ajouta. A l’époque, la fanfare jouait deux fois par semaine dans le kiosque.

L’apogée du parc se situe dans les années1920. De nombreux évènements y avaient lieu. Parmi ceux-ci la foire de Madras ou bien la populaire Foire de Park Town et le Carnaval. La foire de l’association athlétique d’Inde du Sud représentait un des moments clé du calendrier social, ce jusqu’à la fin des années 1970.

Des attractions avaient beaucoup de succès comme les cascadeurs sur deux-roues dans un enclos ressemblant à un tonneau, des combats et le rekla, une attraction très locale. Il s’agissait d’une course de chars à deux roues.

Néanmoins, vers 1979, une grand partie du parc fut acquise par la compagnie de chemins de fer du sud qui souhaitait ajouter des rails et s’étendre vers la banlieue. Les pelouses furent recouvertes de constructions.

Le jardin officiel du Maire

My Lady’s Garden se trouvait au milieu de People’s Park. Il était et continue d’être le Jardin officiel du maire. Il conserve un charme sans équivalent avec des arbres centenaires et des statues des années 1930. Entre 1933 et 1973 il devint le lieu pour les réceptions du maire. S’y déroulaient également les festivals, comme celui des fleurs qui dura plus d’un siècle quand la ville comptait plus de jardins que de constructions.

Vous pouvez vous balader dans cet espace vert depuis l’entrée ouest en passant devant une réplique du fameux pilier d’Ashoka. Cette colonne blanche surmontée de 4 lions dorés symbolise l’unité indienne réalisée par le grand Empereur au IIIème siècle avant notre ère.  Elle apparait dans l’angle droit en bas des billets de banque indiens.

Les statues, peu inspirées, de plâtre coloré, réparties dans les herbes, représentent des divinités et des maires des temps passés. Puis dirigez-vous vers l’horloge d’aspect bien britannique à la sortie est du parc. La couronne britannique imposait sa vision du temps mais aussi ses horloges. C’est la raison pour laquelle l’Inde avance de 5 heures et demie  sur le Royaume-Uni. Le brave Anglais n’avait besoin que de retourner sa montre pour lire l’heure de Londres ou celle de n’importe quel point de la lointaine colonie qu’il se trouve à Madras, Calcutta ou Bombay. Ainsi quand il est 13 heures à Londres, il est 18h30 en Inde. Elémentaire mon cher Watson !

Au-delà de l’horloge, la grille du parc s’ouvre sur une allée qui mène à la grande rue Raja Mutiah