Higginbothams,

La librairie incontournable de Chennai

Vous aimez lire et vous habitez ou visitez Chennai ? Alors, pas d’hésitation, foncez chez Higginbothams.

En effet, Higginbothams est la librairie incontournable de Chennai.

Cette librairie, la plus vieille du pays, vieille de plus de 1,5 siècles est une véritable institution dans le sud de l’Inde. Alors en route pour connaitre son histoire.

Abel Joshua Higginbotham s’est embarqué pour l‘Inde pour une raison inconnue en 1844. Délaissant l’Angleterre, il est néanmoins resté fidèle à sa profession et a initié une librairie sur Mount Rd à son arrivée à Madras. Plus précisément il a acheté la boutique en déclin de missionnaires protestants qui vendaient des Bibles.

Des missionnaires vendeurs de Bible à la Librairie Higginbotham

Sous l’impulsion de Higginbotham, L’entreprise, peu rentable, est devenue florissante au cours du 19e alors que l’offre de livres s’étoffait.

La liquidation de la Compagnie des Indes Orientales en 1858 fit l’objet d’une proclamation royale, lue à Fort George puis imprimée et diffusée en Tamoul et anglais par la libraire. Dès lors Higginbotham devint incontournable dans la ville coloniale. Elle s’affirma comme la librairie la mieux achalandée, ce dans tous les domaines. Des sciences à la littérature, Higginbotham proposait alors un vaste choix, que ce soit en rayon ou sur catalogue.

Avec l’ouverture du Canal de Suez et l’introduction de bateaux à vapeur, la distance de la métropole aux colonies indiennes se réduisit et dans les années 1870, l’offre de livres s’accrut encore. Avec les visites royales, la librairie devint même fournisseur officiel de la couronne puis du gouvernement et des institutions coloniales.

les rayonnages bien remplis de la librairie Higginbothams

De Higginbotham à Higginbothams

 Plus encore, dans les années 1890 Abel Joshua Higginbotham devint shérif de Madras et seul fournisseur de la bibliothèque Connemara. Il associa alors son fils dans sa société devenue Higginbothams and co.

Avec la publication de livres de cuisine indiens, Higginbothams affirma en outre sa position d’imprimeur et éditeur local.  Au début du XXème siècle, et sous l’impulsion du fils, l’enseigne commença à s’étendre à toute l’Inde du Sud. On retrouvait ainsi des succursales Higginbothams à Bengalore mais aussi dans les villages des collines dans lesquels les riches colons passaient les mois d’été. L’héritier de la librairie étendit en outre le commerce aux kiosques situés dans les gares qui accompagnaient le développement ferroviaire.

A Madras, le nouveau bâtiment toujours siège de la librairie sur Mount Road, afficha fièrement sa belle façade coloniale blanche. Très spacieux, il évitait les fenêtres pour ne pas nuire aux ouvrages présentés. Sa symétrie et ses baies palladiennes attestent aujourd’hui encore des gouts architecturaux du Raj. Il devint rapidement le lieu à la mode.

Higgibothams, survivante de l’ère de gloire du Livre

Dans les années 1920, Associated Printers, aux mains du groupe Robinson, absorba le journal Madras Mail puis la librairie.

Pendant la seconde guerre mondiale, Higginbothams connut un nouvel essor en devenant le plus gros pourvoyeur de livres de poche vendant tous types de livres même les plus controversés. Le site explique que les royalties étaient alors versées à la Croix Rouges pour les vétérans de l’armée anglaise. Quoi qu’il en soit, on y trouve encore aujourd’hui des publications sujettes à caution.

Avec l’Indépendance néanmoins, la librairie passa sous le contrôle du groupe Amalgamations.

Aujourd’hui la librairie est juste une activité annexe mais le groupe tient à sa survie.

Elle a malheureusement beaucoup souffert du Covid et de la concurrence des ventes en ligne. La majorité des boutiques de gares ont fermé pendant la période de confinement et ne réouvriront pas.

 Il ne reste aujourd’hui que 15 librairies des 70 que le groupe avait dans les années 1990 dans les grandes villes du Sud de l’Inde. Plus que jamais, le beau bâtiment colonial de Mount Road reste le témoin d’un âge d’or de la lecture et de la vente en direct de livres. Le plaisir de flâner entre les rayons y reste intact. Que vous cherchiez la dernière publication anglaise ou un classique de la littérature locale ou anglo-saxonne, que vous vous intéressiez aux auteurs indiens ou à la littérature mondiale, Higginbothams a de quoi vous satisfaire. Si vous lisez en anglais (voire en Tamoul), que vous recherchez de la papeterie, des livres pour enfants ou des ouvrages d’art, Higginbothams reste un lieu magique de Chennai.

des rayonnages vidés à la gare centrale

Donner

Donner aux enfants démunis du Tamil Nadu

Dans une salle de classe

Il existe une multitude d’Organisations non gouvernementales dont le but est d’aider les nécessiteux et surtout de donner aux enfants démunis. Voici 3 associations francophones œuvrant à Chennai ou autour. Leur but est de soutenir des enfants de milieux très défavorisés par des circuits courts. Chacune a donc ciblé des écoles ou types de population en grande difficulté et s’applique à soutenir des fondations indiennes. Eviter le maximum de rouages administratifs en s’appuyant sur des bonnes volontés locales identifiées garantit que le don atteint celui qui en a besoin.

une crèche financée par Heart For India

Chacune de ces organisations répond au défi énorme de la scolarité des plus pauvres à sa manière. Si vous ressentez le désir bien légitime de contribuer à ces jolis projets, voici leurs coordonnées et leurs besoins.

Heart for India

Heart for India a été fondée à Genève par la Princesse Sturdza en 2005.  L’idée est de donner aux enfants démunis du Tamil Nadu un accès à l’école. Cette Organisation purement genevoise cherche à motiver les enfants des quartiers miséreux de Chennai (et surtout les familles) à venir régulièrement à l’école dans des conditions correctes.  

la Princesse Sturdza et les enfants du Programme Heart for India, copyright HFI

Celle-ci finance les programmes dans les écoles d’état sélectionnées et assure les repas. Cette idée géniale assure la stabilité de la fréquentation scolaire. L’ONG assure également l’apprentissage de l’anglais, nécessaire pour la pousuite des études. Elle lutte également contre la mal et la sous nutritution et s’applique à enseigner le self défense aux jeunes filles.

le garden kitchen financé par Heart for India, copyright HFI

IEA Trust

IEA trust. Cette ONG indienne s’applique à donner aux enfants démunis du Tamil Nadu une aide extra solaire. Il s’agit en effet de soutenir les petits villageois hors castes. Elle cherche à apporter un soutien logistique à des enfants laissés pour compte par le système social très hiérarchique de l’inde. Ces programmes ciblent l’école mais aussi des activités de soutien pour éviter le décrochage des élèves en difficultés. Elle accorde aussi des bourses pour aider les enfants à aller plus loin dans leurs apprentissages. Deux associations françaises l’appuient : Inde Educ’Actions et Educadev.

Des enfants en soutien scolaire

Inde Educ’Action https://inde-education-actions.org/ est une association de Montpellier. Son site, très bien fait, permet de mieux comprendre la problématique scolaire pour les Indiens le plus pauvres.

une terrasse utilisée en salle de classe

Educadev Cette association créée par un groupe d’amis d’amis en 1991 s’applique à soutenir des projets visant la scolarité d’enfants démunis à travers le monde. En l’occurrence, le donateur peut choisir de manière ciblée le projet qui lui tient à cœur.

des enfants soutenus par IEA trust

Points coeur

Points cœur est une organisation catholique qui vise à réconforter les plus déshérités. Il s’agit ici de donner aux enfants démunis du Tamil Nadu mais aussi aux personnes handicapées ou au plus nécessiteux de la compassion et de l’aide matérielle.

Fondée en 1990, elle est présente dans le monde entier et cherche à « réconforter le plus démunis ». L’objectif est plus large que la simple scolarité. A Chennai, les laïcs et religieux se concentrent sur les habitants les plus démunis des bidonvilles.

alphabet tamil

La visite d’écoles, via les 3 associations et fondations, permet de se rendre compte des problèmes liés à la scolarisation des plus pauvres en Inde. On comprend à quel point l’alimentation, l’hygiène jouent un rôle essentiel mais aussi les mariage précoces, l’éloignement ou le manque d’information. On voit également le poids de l’Anglais en Inde mais surtout dans le Tamil Nadu . Cet Etat s’oppose en effet farouchement à l’apprentissage de l’Hindi au nom de l’identité tamoule. Renée, en charge d’une ONG américaine, me confirme qu’elle rencontre le même type de problèmes à savoir la formation d’enseignants d’anglais et leur affectation dans les quartiers déshérités. Faute de maitrise de cette langue de communication, les enfants ne pourront en effet pas faire d’études supérieures, ni travailler dans des postes autres que subalternes

des enfants villageois attentifs

Pourquoi RRR n’est pas un film Bollywood

Pour rebondir sur la polémique et contrairement à ce qu’on lit dans les journaux occidentaux et ce que pense Jimmy Kimmel le présentateur des oscars, RRR n’est pas un film Bollywood, mais un film Tollywood, c’est à dire du Telangana . Voici pourquoi.

Aller au cinéma à Chennai

RRR, typique d’un cinéma régional

RRR, ce film évênement braque les projecteurs sur le cinéma indien et plus précisement le cinéma du Telangana, cette petite région créée à partir de l’Andar Pradesh et dont la capitale est Hyberabad. Les 3 R illustre la montée en puissance des cinémas régionaux et notamment du Sud. En effet, en Inde, le cinéma correspond à de nombreuses industries locales. Bollywood fabrique des films à Bombay devenu Mumbai. Alors que RRR est un film de Tollywood et typique du Telangana. Varisu est issu des studios de Kollywood (quartier de chennai) et est typique du Tamil Nadu. Mais on compte également des studios dans le Karnataka (Sandalwood). Dans le Kerala, on parle de Mollywood.

Tollywood s’affirme de plus en plus avec des blockbusters tels Baahubali, et maintenant RRR.

Une différence linguistique

Cette différence de lieux implique une différence de langue et de culture. Celle-ci est la base de la polémique. Bollywood tourne et produit des films en hindi, langue du gouvernement central dont la tendance est de s’imposer à l’ensemble du pays. RRR est tourné en Telugu, doublé d’emblée en tamil pour concerner un marché plus important, celui du sud qui s’oppose culturellement et linguistiquement au Nord de l’Inde.

seule réponse au problème linguistique : doublage ou sous-titres

Un cinéma plus traditionnel

Bollywood représente le cinéma dit mainstream. Or, ce cinéma caractérisé par ses couleurs et ses numéros dansés et chantés, ses scènes de foule, tend à s’occidentaliser.  De plus en plus, on voit des films à thèse, avec des sujets sociaux, tel « lunchbox », Gangubai, . En revanche le cinema du sud reste plus traditionnel avec des thématiques et personnages empruntant davantage à la mythologie.

Par ailleurs, le cinéma du Nord tend à loucher sur des thématiques occidentales, avec des sujets et de traitements parfois osés pour le pays : drogue, prostitution, sexe, alcool, homosexualité. Le cinéma du sud, lui, reste beaucoup plus conservateur, avec des sujets mythologiques, historiques, familiaux voire, quoique plus rarement, sociétaux. Il est plus tourné vers l’action.

Un cinéma de héros

Les acteurs sont des « héros » locaux et le public se bat pour eux et leur voue un véritable culte. A Chennai, les fans de Vijay en viennent à se battre contre ceux de Ajith Kumar. Ils ont même des trajectoires régionales politiques, comme les Chief Minister du Tamil Nadu.  Les canons physiques diffèrent du Nord. Aux héros clairs, quasi européens, et sportifs du Nord s’opposent les baraques dodues et barbues des films du sud.

Un héros moustachu et dodu typique du cinéma du sud de l’Inde

RRR, un flm avec danses et musique

Danses et musiques diffèrent également selon les puristes. Les instruments, les rythmes, les danses ne sont pas les mêmes.  Les chansons, reprises par le public et diffusées sur les ondes avant la sortie des films, ont des résonnances et significations locales. Même si vu et entendu de loin, tout cela semble semblable, ne bondirions-nous pas si on nous disait que West Side Story ou les parapluies de Cherbourg, chantés dansés sortent des studios de Bollywood ?

Comme le dit SS Rajamapouli, auteur du doublé BaahuBali et RRR, lui utilise la musique et la danse pour faire avancer l’intrigue pas pour servir de charmant intermède. Ainsi la fameuse scène de « Naatu Naatu » sert-elle de compétition entre les deux héros mais aussi de pacte d’entraide. D’ailleurs cette injonction, naatu, est un verbe telugu qui signifie ici « danse »et peut être compris dans les langues dravidiennes du sud alors que le hindi, au Nord, repose sur des racines et des mots totalement différents.

Des budgets plus limités

Enfin, les Budgets n’ont rien à voir entre la grosse machine Bollywood et les budgets souvent plus restreints des  studios du sud. Ce même si les récents succès en telugu promettent un changement. Le quasi bricolage de poductions comme Varisu ou Sir n’a en effet rien à voir avec les effets de Paathan.

Varisu

Il faut reconnaitre que la frontière est souvent ténue entre Bollywood et les reste de la production indienne. Les ingrédients sont souvent semblables : amitiés masculines, histoire d’amour, action, danses et chants. Pour autant, n’oublions pas notre statut d’exception culturelle française lorsque nous regardons un film indien et essayons de comprendre pourquoi le sujet de la langue, de la culture, du rayonnement importe autant depuis Chennai, Bengalore ou Hyderabad.

Par ailleurs la vogue Bollywood permet aussi à RRR d’être considéré et son doublage en hindi sur Netflix lui donne une plus large audience.

L’école

L’école au Tamil Nadu voit coexister deux systèmes. Les écoles privées forment l’élite et abordent l’enseignement en anglais dès le plus jeune âge. Elles proposent également d’autres langues, souvent au choix des parents.

une fréquetation pléthorique

En revanche, les écoles publiques qui suivent pourtant un même curriculum fédéral, connait des difficultés. Au Tamil Nadu, au nom de l’identité culturelle et de l’indépendance tamoules, ces dernières proposent un enseignement en tamoul et anglais uniquement.

Les difficultés de l’école publique au Tamil Nadu

Ces écoles n’accueillent en général que les enfants les plus pauvres. Elles ne peuvent refuser aucun de ceux qui se présentent. Ce même si les effectifs sont pléthoriques et les professeurs en nombre insuffisant, les locaux trop exigus.  Il n’est pas rare de voir une cinquantaine d’enfants serrés à même le sol sous la conduite d’une institutrice surmenée. Pour tenir ces hordes de bambins, la sévérité s’impose.

Encore, ces écoles peinent-elles à mener les écoliers jusqu’aux dernières années de secondaire. Ce même si l’école est officiellement obligatoire de 6 à 14 ans. Il faut dire que les écoles sont confrontées à de nombreuses difficultés. Outre l’affluence donc et le manque d’enseignants, la pauvreté et à la problématique linguistique compliquent la donne.

La pauvreté, un obstacle à l’école au Tamil Nadu et dans le reste de l’Inde

Le taux de natalité étant en chute libre en Inde (passant de 5,7 naissances par femme en 1950 à 2 aujourd’hui), les familles, de classes moyennes et hautes, tendent à surinvestir dans leur descendance. Les plus riches choisissent sans hésitation le système privé élitiste anglophone. La classe moyenne concentre également ses efforts sur l’éducation quitte à contracter des emprunts dès l’école primaire.

Les plus démunis sont eux contraints d’envoyer les enfants dans les écoles publiques. D’emblée, le plus pauvres sont donc écartés du système anglophone et des écoles privées.

de l’importance d’aller à l’ecole

Or ces mêmes familles, non éduquées, sont celles qui ont le plus de mal à fournir le matériel scolaire le plus anodin pour nous. Crayons, cahiers et surtout uniformes deviennent des objets de lutte. Le gouvernent prend parfois en charge ces frais. Encore s’agit-il souvent d’effets d’annonce préélectorales.

Plus grave encore, les plus pauvres, ont souvent besoin de bras pour subvenir aux besoins familiaux. Ce sont aussi les catégories sociales marquées par les mariages des très jeunes filles. Dès lors, il n’est pas étonnant que l’un des problèmes majeurs pour les enseignants soit l’absentéisme et la disparition très précoce des filles dans le cursus scolaire publique.

des petites élèves endimanchées

La distance peut aussi constituer un obstacle pour les écoliers souvent contraints à se rendre à pied à l’école faute de ressources pour emprunter un transport.

Pour contrer ces fléaux, les enseignants et proviseurs développent des trésors d’imagination et de bonne volonté, traquant les absents au téléphone, allant même jusqu’à les chercher chez eux. Certains proposent même des repas pour faire venir et rester le plus pauvres.

La discrimination par l’anglais

La différenciation entre écoles et élèves se fait notamment par les langues. Dès la primaire, l’apprentissage de l’anglais s’impose. Car les universités enseignent pratiquement toutes en anglais. Il est donc quasi impossible de suivre un cursus complet sans une pratique parfaite de l’anglais.

une petite école villageoise

Or les plus pauvres viennent pour la plupart de familles illettrées, incapables de les accompagner scolairement ou de les exposer à l’anglais. En outre les professeurs du public, peu payés ne sont pas toujours les plus anglophones Ainsi le niveau en anglais, langue obligatoire dès le primaire, n’a rien à voir à l’entrée dans le secondaire entre un étudiant d’école privée, quasi bilingue à 11 ans, et un enfant de classes défavorisées exposé à un Anglais souvent erratique.

Les écoles publiques limitent d’ailleurs l’apprentissage linguistique à l’anglais seulement, ce qui coupe les petits tamouls pauvres de toute possibilité d’aller travailler dans le reste de l’Inde faute notamment de maitriser l’Hindi. L’attachement à l’exception culturelle tamoule pose ici une limite. Celle-ci reste acceptable dans la mesure ou le Tamil Nadu est plus une zone d’attraction que d’exode grâce à son grand dynamisme économique.

l’histoire locale

Les programmes scolaires du Primaire dans le Tamil Nadu

Les Programmes voulus au niveau fédéral offrent une approche très pratique. Les exigences sont élevées et les enfants soumis à une discipline sévère. Dans le public, les écoles accueillent les enfants entre 9 et 12h30 puis de 14 à 16h. Les écoles privées sont, elles plus libres dans leurs horaires et dates de vacances. Elles laissent ainsi davantage de temps aux activités extra-scolaire comme le sport.

Le cursus se fait en anglais et/ou tamil à l’école au Tamil Nadu

Ce qui correspondrait à notre socle d’apprentissage obligatoire se compose de 5 matières : mathématiques, sciences, sciences sociales anglais et Tamoul. Le cursus s’enseigne dans les 2 langues. Au Tamil Nadu, l’Hindi n’est pas enseigné dans les écoles publiques.

Connaitre l’environnement

Les sujets sont abordés de manière très pratique. En sciences, les enfants de S6 l’équivalent de notre CM2 sont sensibilisés aux maladies, à la pollution, au réchauffement climatique.

des principes d’agriculture dès le CM2

La primaire compte 6 classes de Standard 1 à standard 6. Le collège ou Secondary comprend les classes Standard 7, 8, 9, 10. Puis le Higher Secondary correspond à notre Lycée et est sanctionné par des examens qui donnent accès au supérieur.

Révisions dans une école du Tamil Nadu

Des cursus plus ou moins favorables

Comme chez nous, le cursus scientifique est plus valorisé que les sections commerce/art.

Dans le public les élèves sont suivis selon leurs origines sociales, religieuse et économique, avec des exigences et accompagnements différenciés. La discrimination positive s’y exerce sous le nom de réservation. Dans les faits elle ne favorise guère les basses castes.

Le système de discrimination opère donc tout au long de la vie, ce dès l’école maternelle. Des associations étrangères/ organisations non gouvernementales tentent d’aider des enfants en grand besoin. Je vous propose de vous les présenter dans des articles futurs.

Pour mieux comprendre le système, un remarquable article émane de l’association Inde éduc’actions : https://inde-education-actions.org/

Madurai Bis

Pour ce Madurai bis, je vous convie à visiter en profondeur deux icônes du Sud de l’Inde. Le Temple Meenakshi de Madurai est certainement le temple vivant le plus connu et le plus fréquenté du Sud de l’Inde. Véritable emblème du Tamil Nadu, il rend la visite de la ville incontournable.

Fondée au 3e millénaire avant JC, la richesse de Madurai la rendit précieuse. Convoitée, Madurai est en effet envahie par le sultan de Dehli au 14ème siècle. Elle connait alors une parenthèse musulmane, rare dans l’Inde du sud. Puis, elle est reconquise par la dynastie hindoue Nayak. De ces époques, datent deux des très beaux monuments de la ville, le temple et le Palais. Puis, en 1801, elle passe sous la tutelle anglaise de l’East India Company.

Le temple Meenakshi de Madurai

Le grand temple Menaakshi de Madurai se trouve au centre de la ville. C’est l’édifice le plus célèbre de Madurai et l’un des plus beaux et importants d’Inde. Pour le Sud il représente ce que le Taj Mahal est au Nord. Construit entre les 7ème et 9èmes siècles, il a été reconstruit à plusieurs reprises. Ce labyrinthe coloré et très fréquenté par les fidèle s’apparente à une ruche.

Le temple Meenakshi de Madurai

 C’est un double temple, énorme, consacré à Shiva et Parvati, sous son nom Meenakshi. Pour y entrer, il faut dépos. er quasi toutes ses possessions. Bien sûr, chaussures chaussettes, mais aussi téléphone et sacs, appareil photo puisque les photos y sont interdites. Une tenue correcte s’impose (les jambes et épaules doivent être couverts). Une fois démuni, vous pouvez visiter l’énorme complexe en essayant de ressortir par la porte par laquelle vous êtes rentrés. Car Il y a 12 gopurams et 4 entrées principales, assez éloignées les unes des autres pour qui claudique pied nu dans la fange des villes indiennes….

L’ensemble est impressionnant de vie, de couleurs et de profusion sculpturale notamment dans l’extraordinaire salle des mille piliers, transformée en musée et donc payante. Ce dernier ferme de midi à 16h. Il vaut mieux visiter le matin (5h30/12h30), à moins que la foule et le chaos qui l’accompagne ne vous tente vraiment.

Pilier du mandapa du Temple Meenakshi de Madurai

En sortant, on contourne le temple. Sur la vaste esplanade, les terrasses de certains commerces permettent d’avoir une vue magnifique sur l’ensemble du temple. Il vaut aussi le coup de contourner complètement le mandapam extérieur pour découvrir le taureau Nandi. De là, on accède facilement au très beau marché. Mais aussi à tout le centre commercant avec ses rues et galeries spécialisées.

Le Palais

Non loin, se trouve le palais ou plus exactement ce qui reste du palais, à savoir une cour et les appartements de la reine.

Cour d’honneur du Palais de Madurai

 Construit en 7 ans autour de 1636 pour le roi Thirumalai Nayak, le palais de Madurai s’organise autour de sa cour. Si on lit des influences arabes dans les arcs outrepassés, ce palais porte également une marque européenne. L’architecte italien Roberto de Nobili, jésuite converti à l’hindouisme, y travailla en effet vers 1610. Le palais était alors peint en jaune et noir. Le blanc d’œufs et les coquillages constituant le plâtre jaune isolaient de l’humidité et des insectes. Néanmoins, le tout a été refait en bête plâtre en 1850 par les Anglais.

Perspective du Palais de Madurai

Bien qu’Italien, le missionnaire architecte s’est plié aux préceptes architecturaux particuliers du Vastu shastra.

moulures du Palais de Madurai

Je vous laisse méditer ces principes et haruspices, encore en vigueur dans les constructions indiennes. Mon neurone cartésien ayant été pris de fou rire au moment de l’explication du très sérieux guide, je ne suis pas en mesure de vous livrer une lecture satisfaisante, et encore moins rationnelle.

Pour autant, la majesté de l’ensemble est indéniable et on décèle malgré les lourdes restaurations britanniques des influences dravidiennes et islamiques.

Le long de la majestueuse cour, un musée lapidaire occupe aujourd’hui l’ancienne salle de bal. On y voit des statues de divinités en pierre remontant au 10ème siècle et notamment une belle sculpture jain.

Musée lapidaire, Palais de Madurai

On peut visiter le Palais illuminé tous les soir lors du spectacle sons et lumières, toujours très son pour les Indiens qui adorent le bruit fort.

Madurai

L’arrivée à l’aéroport de Madurai et les chemins de traverse pour y mener annoncent une petite ville provinciale. Pourtant, une fois dans le centre de Madurai, le décor et l’atmosphère changent du tout au tout. D’ailleurs, les distances imposent de se déplacer en véhicule.

dans le Temple

Pour loger, Madurai offre un panel complet du luxueux Taj ou Heritage Hôtel au dortoir en guesthouse. Cependant un large choix d’Hotels meilleur marché et très correct existe aussi., Dormir et manger à Madurai coûte de toutes façons sensiblement moins cher qu’à Chennai.

Le temple Meenakshi et le Palais assurent la notoriété de la ville. Un article sur la question paraitra la semaine prochaine.

Bâtiments civils de Madurai

Madurai fut une grande capitale des Palavas. Marco Polo y évoque d’ailleurs sa présence sur le chemin du Kerala, avant d’embarquer à Goa vers l’Arabie. Contrairement à de nombreuses cités tamoules, Madurai a cependant perduré après son apogée.

Près de la rivière, le Montapum, petit pavillon bâti en 1638, parait perdu dans un grand bassin souvent comblé. Celui-ci est alimenté par les crues de la rivière.

Ce réservoir a été creusé pour la fabrication de briques destinées au palais. Il se remplit naturellement pendant les moussons. Cette partie de la ville est construite sur les fossés.

Marchés de Madurai

La ville très vivante, abonde en marchés. Assez loin du centre, le marché aux fleurs est assez impressionnant. Comme partout en Inde, les fleurs vendues le sont sans tiges. Elles servent d’offrandes dans les temples et s’enroulent en collier. Trouver un bouquet relève de l’impossible en Inde malgré la profusion de fleurs.

En revanche, d’autres marchés se trouvent dans le centre. Notamment les 2 extraordinaires allées occupées par les marchands de bananes. Grossistes, ils reçoivent les bananes vertes, plus facilement transportables. Ils les font murir dans des fours puis les vendent aux petits marchands.

Ceux-ci tiennent de petits étals colorés un peu partout dans la ville. La diversité chromatique est effectivement spectaculaire à Madurai. Les arrangements de ces petits marchés de rues permettent aux photographes de se régaler. Les Indiens se montrent en général très coopératifs et adorent selfies et photos. Il suffit de leur demander gentiment et éventuellement de leur montrer voire de leur donner un exemplaire de la photo prise s’ils acceptent.

Le Musée Gandhi

De l’autre côté de la rivière, on rejoint le Gandhi Museum. Le bâtiment blanc est un palais historique d’une reine de la dynastie Nayak, construit vers 1670. En 1955, le gouvernement de l’État du Tamil Nadu a cédé le palais à l’Inde pour y loger le très didactique Gandhi Memorial Museum. Premier musée consacré au Mahatma dans la ville où celui-ci a troqué le costume européen pour le dhoti traditionnel.

 L’exposition n’a certainement jamais été réaménagée depuis son ouverture. Tout y est vieillot, des photos, au dernier dhoti de l’assassinat maculé de sang. Les panneaux, écrits en tout petit narrent l’histoire de l’indépendance des prémices de la colonisation a l’assassinat de Gandhi.

Fermé entre midi et 14h, son entrée est gratuite sauf pour les appareils photos, mais je ne suis pas sûre que les collections incitent à la photo.

Thirumayyal temple

Eloigné du centre-ville, le Temple de Murugal vaut la balade en taxi, bus ou ato. C’est un fantastique temple dravidien à flanc de montagne. Coloré plein de vie, en partie excavé, il est l’une des 6 demeures de Murugan très honoré dans le Tamil Nadu. L’ambiance y est incroyable. Des marchands de bibeloterie dans le hall incitent à se demander si on est vraiment dans un temple. Et puis, on peut rentrer dans le sanctuaire darshan, avec la bénédiction d’un clergé et de fidèles adorables et amusés.

Derrière le réservoir, on peut escalader les nombreuses marches menant à un petit temple infesté de singes très entreprenants. Le sanctuaire tout simple ne peut pas faire oublier la superbe vue sur la ville et ses nombreux lacs et espaces verts. On redescend par un chemin plus sportif ou par le même escalier qui mène à l’écoparc, un grand parc public très cher pour ce qu’il propose. Aux dernières nouvelles, la police interdisait la montée aux étrangers.

On peut parachever la découverte de Madurai en se rendant à la colline Samanar. Au-delà du petit étang couvert de lotus (et de détritus), du temple kitsch et de la colline aux formes étonnantes, on accède à une grotte temple jain dont la région abonde. Les gravures à même la roche rappellent la présence de communautés isolées autour de Madurai à l’époque où les moines d’Europe s’enfermaient dans des monastères.

Fruits

Sujets à somptueuses photos colorées, les nombreux fruits indiens.

Grenades au marché aux fruits indiens de Chennai

ne sont pas toujours identifiables pour les occidentaux. Ils abondent sur les étals, au coin des rues, dans les magasins. Cependant, peu de ces fruits indiens sont réellement originaires du subcontinent. Le Tamil Nadu jouissant d’un climat tropical, il a pu en effet adapter de nombreuses espèces exogènes.

Sapotilles

Un petit tour d’horizon pour faire de la balade au marché plus qu’un lieu pittoresque.

Les fruits dits exotiques.

Globalement les fruits des pays tempérés ou méditerranéens, communs sous nos latitudes, se rangent dans la section exotique en Inde. Rien d’étonnant à ce qu’ils soient plus chers ou difficiles à trouver.

Ainsi, nos pommes, poires, kiwis, ne se trouvent que dans les magasins un peu haut de gamme. Certaines variétés de pommes sont néanmoins cultivées dans le nord du pays, notamment l’Uttar Pradesh et surtout le cachemire, précisément l’Etat du Jammu et Cachemire à la frontière du Pakistan. Il ne faut pas en effet négliger la taille du pays, qui permet toute sortes de cultures.

Ne parlons pas des baies rouges ou noires, des fraises, véritables denrées de luxe. Le fruit du dragon parait chinois et pourtant il nous vient du Mexique. Il se range souvent dans les produits importés. La grenade méditerranéenne, très fréquente au Tamil Nadu, s’’égrène sur de nombreux plats salés, tel les chats.

Les fruits sud-américains assimilés à des indiens

La belle variété des étals de fruits indiens nous fait souvent oublier que nombre de ces tropicaux sont nés sur le continent américain. Voici un petit tour d’horizon.

Goyaves vertes et sapotilles
  • Le sapota ou sapotille est ici un petit fruit à la carapace rugueuse et à la chaire orange. Il ressemble un peu au mamey sud-américain. Il aurait peut-être dû rester dans son Mexique natal.
  • Si vous êtes amateurs de maracujas ou fruits de la passion, version tropicale de la passiflore de nos herbiers, passez votre chemin. Ici leur coque jaune ne laisse pas présager les semences visqueuses à l’intérieur. En bref, ces fruits sud-américains sont meilleurs dans leur pays d’origine.
Des fruits de la passion indiens
  • La Papaye. Sa chair orange vif assez odorante ne laisse pas indifférent. La papaye compte adeptes et détracteurs.
  • L’Ananas est certainement le plus commun de ces fruits sud-américains
  • L’Annone, pomme-cannelle ou custard apple fait un peu penser à une grosse pomme de pin vert tendre. Sa chair blanche contient de nombreuses graines. Bien mûre, en saison, (octobre Novembre au Tamil Nadu) les plus gros fruits sont délicieux.
Annones, ces fruits indiens à la chair blanche
  • Les goyaves indiennes peuvent être roses ou blanches. Elles ne sont pas forcément excellentes.

Les fruits importés, cultivés comme des fruits indiens

La pastèque et les dattes sont apparues en Afrique. Néanmoins elles sont très communes dans le Tamil Nadu. La pastèque y est cultivée toute l’année et est souvent délicieuse, juteuse et sucrée. De la famille des cucurbitacées, elle se plait particulièrement dans les régions du Karnataka et du Tamil Nadu. On la cultive particulièrement autour de Pondichéry.

Curieusement aussi, on trouve couramment deux fruits originaires du Moyen-Orient, les figues vertes et le raisin.

L’Inde est également le plus gros producteur mondial de bananes. Elle en produit toutes sortes de variétés particulières. Outre les petites bananes, les grosses que nous connaissons en Europe ou les plantains servies en légumes, on trouve en effet les s bananes rouges très juteuses et savoureuses.

Tout comme la banane, l’orange et le kaki sont originaires d’Asie du Sud-Est. On les trouve facilement parmi les fruits indiens.

On trouve par exemple des monceaux malodorants de ce terrible fruit originaire de Bornéo qu’est le Durian.  De nombreuses boutiques de fruits et légumes les proposent déjà préparés. En revanche, le durian ne se conserve pas du tout sous peine de devenir dangereux à l’absorption et à l’odeur.

Également originaire du sud-est asiatique le lychee garnit les rayons de fruits à l’automne. Mais un lychee jaune assez différent de ceux présents en Europe.

Les fruits indiens endémiques,

Les fruits indiens endémiques sont finalement relativement peu nombreux.

Outre la noix de coco que l’on trouve quasiment dans tous les pays tropicaux, l’Inde a donné naissance à la mangue, au melon et à quelques agrumes. Parmi ceux-ci, on distingue le citron vert, le petit citron jaune beaucoup plus doux et le mosambi. Céstest un agrume endémique de couleur verte. Il a la forme d’une orange et une saveur acidulée à mi-chemin entre le citron et l’orange.

L’Inde offre une variété impressionnante de mangues. On les trouve vertes une grande partie de l’année. Cependant, la grande saison se situe vers le mois de juin. Une foultitude de variétés envahit alors les étals (entre mai et aout en fait).    

Mangues, un des fruits indiens les plus répandus

-Parmi les fruits indiens on trouve aussi aussi des noix notamment des cajous dont l’Inde est le second producteur mondial.  

On trouve même des milk-shakes de fruits secs,

Par ailleurs, nous sommes en Inde et le choix d’épices et tubercules est énorme. De la cardamone, à la girofle, la cannelle, le turmeric ou le safran. En poudre ou râpé, comme le gingembre ou la noix de muscade.

Comment les consomme t on ?

Les Indiens absorbent les fruits tout au long de la journée mais rarement en dessert, sinon incorporés à des préparations. Ils les consomment beaucoup en jus frais, smoothies notamment.

Une foule de desserts utilisent ces fruits, qu’il s’agisse de sablés, de glaces ou encore de ces boissons composites que sont les faloodas, sherbet ou le fameux Jigarthanda de Madurai.

Pondichéry

Derrière l’image idyllique de jolie ville coloniale française, Pondichéry a beaucoup à offrir.

Pondichéry et ses surprises

Première surprise. Connue dès l’antiquité, la côte attirait déjà les Romains dès avant notre ère. Outre le site d’Arikamedu, on découvre des vestiges romains au musée local. Perdues au milieu des terres cuites Pallavas, (4e au 10eme siècle,) et des rares vestiges cholas (10e et 13e), elles font l’objet de maigres cartels. Les gardiennes du musée, plus empressées à causer entre elles qu’à vous renseigner, vous vilipendent violemment si vous tentez subrepticement la moindre photo.

Le musée de Pondichéry expose avec le même manque d’intérêt pour l’histoire une chaise à porteur et un cabriolet en triste état. Malheureusement, l’activité commerciale des Portugais et des Hollandais n’y apparait pas. En revanche, la présence française depuis 1674 transparait dans les meubles horriblement vernis, un buste de Marianne caché dans le capharnaüm. Ces objets attestent à leur manière de l’enrichissement et de l’embellissement de la ville à l’époque française.

Pondichéry, la Française devenue indienne

Ce n’est qu’en 1954 que Pondichéry a voté son rattachement à l’Union Indienne. Le transfert ne se fit qu’en 1962. Mais le territoire reste indépendant du Tamil Nadu. Les lois y restent plus souples (notamment en matière de consommation d’alcool). Certains habitants ont choisi de rester français, ce qui ne va pas sans poser de lourds problèmes.

Cette histoire particulière explique la présence inhabituelle en Inde de nos concitoyens mais aussi l’empreinte culturelle (et gastronomique) prégnante dans la « ville blanche ».

L’ancien comptoir des Indes a en effet conservé son quartier français avec ses boulangeries, restaurants rues qui rappellent la présence coloniale entre le XVIIè et le milieu du XXè siècle. Le canal, aux allures d’égout à ciel ouvert sépare cette « ville blanche » en bord de mer, du quartier tamoul.

Le quartier français.

Derrière la longue promenade le long de la plage avec son monument à Gandhi, les jolies maisons coloniales aux murs jaunes à pilastres et corniches blanches cachent des patios arborés. Avec leurs persiennes en bois et leurs bougainvilliers, elles longent des rues perpendiculaires. Çà et là, émergent des souvenirs de la présence coloniale. On longe ainsi le Lycée, célèbre pour être le premier où se tiennent les épreuves du baccalauréat, de délicieuses boulangeries ou des enseignes en français. On suit le souvenir de Dupleix, station de métro mais aussi gouverneur de la province.

Malheureusement, le charme du quartier disparait peu à peu, grignoté par les maisons grises conquises par la communauté d’Auroville et de l’ashram de Sri Aurobindo. C’était le lieu de résidence du philosophe gourou et de la Mère, française à l’origine d’Auroville. On peut visiter leurs appartements et se recueillir devant leur tombeau. Les plus passionnés peuvent se rendre à Auroville et supporter le processus d’entrée. A vous néanmoins de vous renseigner et de juger si vous adhérez à l’initiative.

Verdures et Plages, le charme de Pondichéry

Il n’y a pas beaucoup de monuments. Cependant, le charme de la ville blanche, les jolis cafés, le calme et la relative propreté en font une pause unique en Inde. On peut néanmoins visiter l’église ND des Anges, passer du temps dans les jardins. Par exemple, le mémorial gréco-romain du parc Bharathi et les beaux bâtiments coloniaux.

Le temple d’Arulmigu Manakula Vinayagar , consacré à Ganesh, est très vivant et surtout, fait rare, les non hindous peuvent y entrer. Lakshmi, l’éléphante qui venait bénir dévots et curieux vers 18h00 est malheureusement décédée d’une crise cardiaque récemment.

« La Promenade », est une plage de gros rochers. Ils gênent l’accès à la mer. De toutes façons, la baignade y est interdite. En revanche, c’est un plaisir d’y marcher et d’y regarder l’animation. Le matin tôt, les locaux font leurs exercices et profitent de la relative fraicheur. En revanche, très peu de restaurants ou de cafés bordent la plage.

Le quartier tamul

Ce quartier offre une ambiance toute différente. On retrouve l’Inde bruyante avec sa circulation chaotique, ses cris, klaxons et les ordures. Cependant, y subsistent quelques vestiges français. Ainsi, l’étonnante église du Sacré cœur, néogothique, et la cathédrale de l’Assomption plutôt néo-baroque.

Si les rues demeurent perpendiculaires, l’architecture des maisons tamoules y diffère. Les maisons coloniales joliment entretenues et encerclées de hauts murs s’ouvrent sur des patios arborés. Au contaire, les maisons tamoules s’ouvrent vers l’extérieur par des vérandas sur rue (thalvaram) avec un toit en appentis sur des poteaux en bois. Souvent, on trouve aussi un thinnai, une plateforme surélevée adjacente à l’entrée principale de la maison. L’ensemble, plus délabré, manque de la verdure charmante de la « ville blanche ». Une maison musée poussiéreuse, Sri Ananga Mansion, se dresse en face de l’entrée du marché, mais ses horaires erratiques posent un vrai problème au visiteur.

L’inde commerçante du quartier tamoul.

La rue Nehru marque le centre de l’activité marchande. S’y cache le dédale du marché Goubert. Enorme et particulièrement vivant, il regorge de produits, de senteurs et de couleurs.

Malgré l’absence de trottoir et la circulation de ce quartier, il faut s’y promener. On peut pousser vers le Nord jusqu’au temple dravidien de Varadaraja Perumal dédié à Vishnu et point de départ de la ville ancienne. On peut aussi se rendre au jardin botannique ou à la tour de guet avec le petit marché.

Pour un jour ou deux jours, Pondichéry marque une étape adorable. L’on se plonge avec délices dans les rues calmes et arborées du quartier colonial et on s’arrête avec bonheur dans ses cafés au charme suranné.

Mahabalipuram

Mahabalipuram ou Mamallapuram est l’un des grands sites du Tamil Nadu, voire le plus connu. Il est d’ailleurs classé au patrimoine mondial de l’UNESCO.

Ce fut, entre le Vème et le VIIIème siècle, la grande ville portuaire des Pallavas. Cette dynastie avait établi sa Capitale à Kanchipuram. La ville tire d’ailleurs son nom du Roi Pallava, Narasimha Varnam 1er, surnommé « Mamalla » (le grand guerrier).

Outre le fameux bas-relief de 27m sur 9m, la Descente du Gange, de nombreux temples ont été taillés directement dans les falaises de granit entre les 7eme et 8emes siècles.

Mamallapuram est un site compliqué si on l’aborde sans préparation. Alors, pour mieux le comprendre, voici les 5 zones à ne pas manquer.

On peut acheter un ticket global a la première entrée (notamment aux temples du rivage) qu’il faut composter à chaque guichet.

La motte de beurre et autour

 On peut commencer, ou finir, par Le butterball ou motte de beurre, rocher qui se tient en équilibre depuis plus de 1200 ans. Cette boule de granit de 6,5m pèse 250t et ne bouge pas. Plusieurs théories farfelues expliquent ce prodige. Certains ont invoqué des extra-terrestres. La légende raconte que le fils de Krishna aurait volé du beurre, l’aurait envoyé dans le ciel puis fait tomber sur terre.

Cependant, une explication plus scientifique considère que La friction entre la base et le rocher le maintient en place. De plus, c’est la seule roche non sculptée par les Pallavas.

 En contrebas, des reliefs ornent des roches monolithes. Puis, en remontant derrière le temple de Ganesh, deux temples en hauteur dédiés à Shiva.

Une fois monté vers la Grotte de Trimurthi, on voit des sculptures de Brahma, Vishnu et Mahaeschwara. De là, On rejoint le phare, qui offre une belle vue sur la plage.

L’impressionnant relief de Mahabalipuram, la pénitence d’Arjuna

En sortant côté motte de beurre et en longeant sur la droite, on accède au Krishna mandapa. Il s’agit d un pronaos excavé avec des sculptures impressionnantes. Des reliefs illustrent la traite de la vache sacrée et Krishna élevant la fille de Govarghana.

Juste avant d’y accéder, se déroule l’exceptionnel relief de 27x10m, taillé dans un énorme roc de granit. Ce chef d’œuvre de l’Art Antique indien date du VIIème siècle. Les spécialistes le considèrent comme le plus grand relief du monde. Selon l’interprétation, on l’appelle Pénitance d’Arjuna ou descente du Gange. Ce bas-relief représente une multitude de scènes de la mythologie hindoue ainsi que des scènes de la vie quotidienne.

Au centre de l’œuvre, des naga (serpents mythiques capables de prendre une forme humaine) s’insinuent dans une crevasse, dans laquelle coulait autrefois de l’eau. Elle symbolise le fleuve sacré, le Gange. Ce relief illustrerait en fait un passage du Mahâbharatha.

Sur la gauche, on repère aisément un homme qui se mortifie, debout sur une jambe, les deux bras en l’air. Et là, deux interprétations s’opposent :

  • Pour les uns, il s’agirait d’Arjuna, le héros de la fameuse épopée du Mahâbhârata. Celui-ci ferait pénitence afin d’obtenir du Dieu Shiva (debout à sa droite) le Pasupatha Astra, l’arme la plus puissante de Shiva. Elle permet de tuer les Dieux. Dans l’épopée, Arjuna la désire pour vaincre ses cousins les Kauraves.
  • D’autres défendent l’idée que l’homme faisant pénitence, serait le Sage Bhagîratha. Celui-ci souhaite obtenir du Dieu Shiva, qu’Il fasse couler l’eau du Gange sur la Terre.

Les 5 Rathas

 Plus loin, en continuant la route jusqu’au bout de Mahabalipuram, on atteint un autre enclos avec Les 5 rathas, référence aux 5 frères pandavas ou 5 panchas (5 en sanskrit). Il s’agit d’un ensemble de petits temples creusés directement dans la roche, du haut vers le bas. Le Roi Pallava Narsimha Varman I (630-668 après J.-C.), a construit ces édifices monolithiques aux VIIème et VIIIème siècles. Plus exactement il les a fait excaver.

Les Cinq Rathas portent les noms des légendaires Pandavas, les frères qui se battent contre leurs cousins Kauraves dans le Mahâbhâratha: Yudhistara, Arjuna, Bheema (grand chariot rectangulaire), Nakula & Sahadeva et de leur épouse commune Draupadi (à l’entrée). Ces édifices incomplets n’ont pas été consacrés. En revanche, ils ont été creusés comme des modèles, et n’étaient pas utilisés pour le culte.

Les statues d’un éléphant (le véhicule d’Indra), du lion (le véhicule de Durga) et du taureau Nandi (le véhicule de Shiva) jouxtent les rathas.

Le clou de Mahabalipuram, les temples du rivage

 De l’autre côté de la route et près de la plage, se dressent Les temples du rivage. Ce sont 2 fantastiques temples pyramidaux dédies à Vishnou et Shiva. Une magnifique allée de taureaux Nandi (monture de Shiva) y mène.

Ce sont les plus anciens temples construits du Tamil Nadu. Ils s’opposent en cela aux temples précédents taillés directement dans la roche ou creusés.

 La construction de ceux-ci daterait de 700-728 ap JC, à l’époque où Mahabalipuram était une importante ville portuaire, sous le règne des Pallavas. Ce processus témoigne de la cohabitation des deux courants principaux de l’hindouisme. 

 Deux sanctuaires sont dédiés au Seigneur Shiva. Le plus grand se dresse a 18m avec son lingam symbole de Shiva et haut relief de Somaskanda (le trio Shiva, son épouse Parvati et leur fils, Skanda). Le second est consacré est consacré à Vishnu, représenté dans sa posture couchée, sur le serpent Sesha. Le troisième est arrasé. Le dernier grand tsunami a mis a jour les vestiges d’autres temples aujourd’hui recouverts par la mer et le sable.

Les sculptures qui ornent les tours sont nombreuses et délicates.  Un lion se dresse au milieu de l’ensemble, Vahana, monture de la déesse Durga.

Les deux temples encore debout, très bien conservés sont certainement le lieu le plus célèbre du Tamil Nadu. L’affluence des Week-ends et jours fériés peut donc dérouter.

Venir

Ça y est vous vous êtes décidé à venir à Chennai et avez même comparé les tarifs aériens. Air France a malheureusement suspenu ses 3 rotations directes par semaine depuis Paris. Emirates, Lufthansa ou Qatar Airways entre autres proposent des connexions souvent parfois un peu sportives.

Préparatifs pour venir à Chennai

Alors première étape essentielle avant de venir à Chennai : le visa.

Il vous faut vous y prendre 1 mois à l’avance pour le e visa. Munissez-vous de photographies d’identité au format américain carré numérique.

Précautions sanitaires avant de venir à Chennai

Deuxième étape, les vaccins éventuels, à moins de venir vous installer dans la campagne, rien de vraiment obligatoire. La fièvre jaune, la rage et l’hépatite A sont conseillés mais en 1 semaine ou 2 vous n’êtes pas obliges de sortir trop des chemins battus et de prendre des risques sanitaires. En revanche conservez à l’idée que vous arrivez dans un pays tropical dit en développement donc les normes ne sont pas toujours les mêmes. Il faut toujours demander de l’eau bouchée, éviter les glaçons. Vous munir d’anti-moustiques, de gel hydroalcoolique, de sérum physiologique (pour les yeux, allergies…) n’est pas inutile. Vous munir de votre gobelet de vos couverts n’est pas hors de propos. Vous pourrez tout à fait les trouver sur place. Idem pour le chapeau, les lunettes de soleil, le parapluie.

L’argent en avoir ou pas

Pour l’argent inutile de vous en préoccuper avant vous changerez en arrivant et surtout des quantités minimales. Les roupies ne sont pas convertibles donc inutile d’en rapporter sauf si vous voulez montrer la tête de Gandhi au retour en France. La moindre boutique est équipée d’un terminal et on trouve des tirettes partout. Cela étant pour éviter les frais de conversion, il vaut mieux estimer vos dépenses et tirer une bonne somme en conséquence au début de votre séjour. Depuis quelques mois néanmoins, le compte Revolut convertit en roupies. il ne s’agit pas ici de publicité, je n’ai pas de lien d’affiliation. Cependnat, cela vaut le coup de vérifier le statut de vos banques en ligne.

Pour le téléphone, l’achat de puce est quasi impossible en Inde. Mieux vaut prendre une extension de votre forfait pour la durée de votre séjour.

Les bagages

On trouve de tout en Inde ou pratiquement. Si vous êtes blonde, avez besoin d’un shampoing particulier, d’une crème ou d’un traitement spécial, il vaut mieux la prendre. Mais les médicaments se trouvent partout, génériques et à prix ridiculement bas. On les trouve quasiment vendus à l’unité. Pour l’instant , nous n’avons pas de troisième œil ou de troisième bras.

Pour vos chargeur et ordi, là encore venir à Chennai équivaut à arriver dans une caverne d’Ali baba. Cela étant les prises ne sont pas les mêmes.

Guides/ Livres

Vous pouvez emporter avec vous un guide papier. En ce cas laissez tomber le routard, préférez le Lonely ou équivalent. Quelques sites se distinguent pour la préparation d’un voyage dans le sud de l’inde. Le mien évidemment, mais aussi

A propos de livres, si vous êtes anglophones ne vous chargez pas. On trouve en effet de très bonnes librairies à Chennai. Elles offrent des ouvrages à des prix incroyablement bas. Alors pourquoi bouder son plaisir. J’ai un faible pour la magnifique boutique de Higginbottams dont certains ouvrages sont vendus à l’aéroport ou dans la jolie chaine de cafés littéraires writer’s cafe.

Vêtements

Inutile de vous charger de vêtements. Ici il faut s’habiller léger mais couvrant. Les bras et les jambes nus sont mal venus. La décence est de rigueur. Même sur la plage. Donc vous pouvez venir avec des valises vides que vous remplirez sur place car la mode est moins chère. En revanche je vous conseille d’emmener votre maillot de bain. Les Indiens ne nagent guère et ne se déshabillent pas donc si vous voulez vraiment nager, équipez-vous en France. Pour le reste Decathlon offre de tout à prix indien, même les bonnets et les doudounes. Néanmoins, vous pouvez embarquer une cargaison de mi bas transparents qui vous permettront de contourner l’obligation de vous mettre pied nu dans les temples sans être trop remarqués.

En revanche vous pouvez tout à fait apporter un vêtement que vous aimez pour le faire copier. Les tissus abondent et il vous suffira d’aller choisir dans les multiples boutiques de T Nagar.

Douceurs de France

Vous voulez apporter des douceurs françaises, alors malheureusement surtout pas de chocolat. Il fait beaucoup trop chaud tout fond. Eventuellement des tablettes de noir et encore (quoiqu’en ce qui me concerne la tablette aux amandes salées ou aux noix de cajou supporte le réfrigérateur) mais trop dommage de mettre des vrais bons chocolats au réfrigérateur.

Amul, le chocolat local sucré à la date qui ne fond pas

En revanche si vous avez besoin de vin, il faudra l’apporter.  Les douanes autorisent 2 bouteilles en soute ou au duty free. Le vin de qualité est quasi introuvable à Chennai.

Si vous avez besoin de votre expresso matinal, là aussi, il vaut mieux vous munir de votre cargaison. On trouve du nescafé à prix fort, sinon c’est du café à la chicorée ou le filter coffee spécialité du Tamil Nadu ¾ de lait épais et une giclée de café très sucré. Le thé c’est bon aussi…. J’espère qu’avec ces quelques éléments vous êtes maintenant prêts à venir à Chennai