Panthéon

Panthéon Road évoque aujourd’hui à Chennai le Musée d’Egmore et le marché aux tissus. Néanmoins le reste du quartier est résidentiel. Il n’en a pas toujours été ainsi.

photo ancienne du theatre du musée avec sa tour

 Egmore était l’un des plus vieux villages composants l’actuelle ville. Au XIes, c’était une zone agricole prospère. Les Vijayanagar transformèrent peu à peu les champs de riz en des champs de manœuvre. Au XVe siècle alors que leur empire s’étendait, ils firent de Egmore un cantonnement pour leur garnison. Peu de traces attestent de l’arrivée de la East India Company au XVIIème siècle. En revanche la soif de terres britannique est vite attestée.

Les bords de la rivière Coom

Le quartier passa entre les mains des Anglais et des Moghols. Ce, jusqu’ à ce que les colons officialisent en 1765 leur possession et définissent quoi faire de ces terres. Cette zone plane en bord de rivière se prêtait à la construction de grands bungalows aux allures palatiales.  Le nom anglicisé de Egmore pour les 7 villages regroupés s’imposa alors. Malgré les protestations des locaux accrochés à leurs terres, les colons gringotèrent peu à peu l’espace. Les fonctionnaires et juristes s’y installèrent au XVIIIe puis au XIXème siècle en construisant hôpitaux, institutions puis gare.

La Cooptex

Des belles constructions en bordure de la Coom river il ne reste rien. La longue étendue près du pont correspondant autrefois à une seule résidence n’est plus. Qui plus est, les bureaux art deco de la Cooptex viennent malheureusement de disparaitre. Seul subsiste le magasin, témoin d’une coopérative montée en 1933 pour aider les tisserands tamouls, exposer et vendre leurs cotons.

 Le magasin reste une référence locale pour le linge de lit. C’est ici qu’a été inventé le « bleeding Madras » si en vogue aux Etats-Unis dans les années 1970. Malheureusement la coopérative fit faillite à la fin des années 1990. La nouvelle génération, qui a pris la direction, a décidé de moderniser les boutiques et collections. Elle a pour but de faire revivre les savoirs faire ancestraux. Un centre commercial est prévu ici pour redynamiser le quartier et les cotons tamouls. Rare clin d’œil au passé textile, Cotton Street bordée d’échoppes éphémères reste la référence des tissus bon marché.

La rue du Panthéon

Les noms des rues portent traditionnellement le nom d’officiels britanniques voire tamouls. La rue du Panthéon fait exception. Elle rappelle le lieu public des assemblées. Elle s’appelle en fait Sampath Salai depuis l’Indépendence.  Mais les habitants continuent à parler de Panthéon, en référence à un édifice disparu, vaste palais officiel accueillant les cérémonies du Raj.

Celui-ci constituait le plus grand bâtiment de la rue, à l’emplacement actuel du musée. Il servait de salle de spectacle, accueillait les réunions de la haute société ou les cérémonies. Pour le construire, on avait pris possession d’un vaste domaine agricole. Celui-ci s’étendait de  Casamaijor’s Road à Police Commissioner’s Office Road. La propriété reprise en1789 fut transformée pour héberger des « Assembly rooms » et nommée Panthéon.

Ce Panthéon avait pour but d’organiser loisirs, bals et dîners, pour la haute société coloniale qui imitait la vie anglaise. A l’époque la mode était au monde Gréco-romain. Tout y faisait référence, l’architecture, le mobilier, les pièces de théatre . On ajouta donc un théâtre des salles de jeux. Quelques marches menaient à une longue salle ovale menant en enfilade à deux autres salles. Celles-ci servaient de salle de bal, de théâtre, puis de salle de jeux. Tout autour, courait une véranda.

le bâtiment subsistant du Panthéon

Le Panthéon

Le Panthéon atteint son apogée entre 1793 et 1803 lorsque Edward, 2nd Lord Clive était Governeur de Madras. Ce bon vivant organisa des diners et bals au Panthéon. Mais il travailla à la perte du lieu en construisant le Banqueting  Hall (maintenant Rajaji) . rare survivant de l’epoque du Raj on peut le découvrir caché derrière l’hôpital général.

 L’un des derniers grands évènements célébrés au Panthéon fut le diner d’adieu pour le Coonell Sir Arthur Wellesley, franc maçon et futur duc de Wellington et 2 fois PM d’Angleterre.

Dans les années 1820, le Panthéon avait perdu toute utilité. Il passa de mains en mains jusqu’à ce que la Madras Litterary Society se mette en quête de nouveaux espaces pour ses collections. Elle proposa au gouvernement d’échanger les terrains de College house et du Panthéon pour loger d’un côté les douanes de l’autre le musée. Celui-ci croissant il fallut construire de nouveaux bâtiments. Ceux-ci cachèrent bientôt le Panthéon l’entourant de portique et d’un étage supérieur et d’ailes.

Le Panthéon agrandi et transformé

L’enceinte du musée

Le Banqueting Hall

Derrière le théâtre du Musée, un portail relie la bibliothèque historique Connemara et le bâtiment du musée consacré à la statuaire de pierre. Une partie du bâtiment aux accents classiques correspond à l’ancien Panthéon. Il faut monter une volée d’escalier pour accéder à ce qui rassemblait la belle société de la Madras coloniale. Le bâtiment accueillit peu à peu les collections croissantes du musée.

Encourageant les donations, ce musée grossit sous l’impulsion d’un collectionneur passionné, Lord Balfour. Il fallut rapidement agrandir le musée. Le zoo attira une foule considérable et finit par bouger en 1863 vers le People’s Park puis à nouveau en 1972. Sur l’espace libéré on construisit alors la Connemara Library

La bibliothèque

Batie en 1890 cette bibliothèque présente un de plus beaux exemples d’architecture indo-sarracénique avec la National art Gallery voisine. Il s’agit d’un simple rectangle de brique rouge mais la décoration en est admirable. Elle est malheureusement aujourd’hui fermée au public mais on peut apercevoir la salle de lecture via le a nouvelle bibliothèque et son magnifique faux plafond.

le théâtre

Le théâtre fut construit en 1896. J’ai déjà accordé un article à cette petite merveille architecturale très londonienne. A l’époque 550 spectateurs pouvaient y prendre place pour peu qu’ils amènent leurs coussins. Aujourd’hui, après restauration, le théâtre n’accueille plus que 450 personnes. En revanche l’acoustique reste bonne. Les performances laissent néanmoins parfois à désirer (je recommande d’éviter les concerts de musique classique).

A l’origine le théâtre avait 2 tours qui ressemblaient à des tours de palais florentin. Mais ces tours jugées inélégantes disparurent rapidement.

La National Gallery

Considérée comme le chef d’œuvre de l’architecture coloniale elle fut édifiée pour le jubilée de la reine victoria (50 ans de règne) en 1906. Le Victoria Institute qui y logeait se trouve maintenant sur Mount road. Elle représente l’apogée du style indo-sarracénique et s’inspire de Fatehpur Sikri. Réouverte en 2004 elle présente une muséographie renouvelée.

Le women hospital

On avance sur Panthéon rd vers Women Hospital, l’Hôpital de gynécologie et obstétrique. Il s’agit du premier hôpital de ce genre, une maternité, dans la zone.  A l’origine, hôpital militaire, il n’acceptait que les Européens. John Underwood essaya d’y faire admettre les locaux. Il devint très populaire et fréquenté dans les années 1870. Dans la décennie suivante, apparurent les premières sages femmes. Déplacé des bords de la rivière à l’emplacement actuel, il jouait aussi le rôle d’établissement de formation, et de conférences. Il était si renommé que la reine de Birmanie y accoucha en 1886. 15000 bébés/ an y voyaient le jour. Un petit musée complète l’ensemble. Seule la façade demeure de cette vénérable institution. C’est le premier établissement en Asie combinant les soins pour les enfants et les mamans. On parle d’ailleurs du modèle de Egmore.

Hôtel Ashoka

Non loin de la maternité, en traversant la rue Panthéon, se trouve l’hôtel Ashoka. Construit dans les années 1970 il a profité d’ un élan gouvernemental pour accompagner le tourisme grâce à des aides d’état. Cet hôtel art déco tardif affecte une forme originale. Sa salle à manger ronde servait régulièrement de lieu rencontre entre Indiens de l’étranger en vue d’un mariage. L’hôtel moderniste se situe dans un jardin. C’est une bonne expérience que d’y prendre un petit déjeuner pour clôre votre approche de Panthéon Road.

Raj Bhavan

Les Raj Bhavan sont les palais des gouverneurs à l’époque du Raj. Récupérés par le pouvoir fédéral, ils sont aujourd’hui l’émanation du gouvernement indien dans les différents états de l’Union. De ce fait, il est compliqué de les visiter. Au hasard de rencontres, j’ai eu la chance néanmoins de visiter celui de Chennai.

Raj Bhavan en Inde

D’une manière générale, les palais (Bhavan) de l’Empire des Indes (Raj) ont été construits durant la période coloniale.  Ce sont donc des bâtiments coloniaux blancs à colonnade de style néo palladien, typiques de la domination britannique et de l’architecture idéologique déployée par le Royaume Uni à son apogée.   

Même si leur architecture varie un peu selon les régions et surtout les climats, ils adoptent traditionnellement la même esthétique. De magnifiques jardins les entourent.

Ils sont en général situés dans les lieux les plus beaux et centraux des capitales régionales du Raj. Ainsi à Ooty, le Raj Bhavan domine le jardin botanique. A Pondichéry, il se trouve sur la place centrale dans la ville blanche en face du jardin public. A Chennai en revanche, on ne le voit guère. Il se situe en effet au fond d’un énorme parc, le seul parc national indien au centre d’une ville.

Chaque capitale de province de l’Empire possédait son Raj Bhavan. Néanmoins, la Présidence de Madras comptait une résidence d’été. C’est pourquoi, le Tamil Nadu compte un Palais du Gouverneur à Madras et un à Ooty. C’est également la raison pour laquelle, le Bhavan de Calcutta, alors capitale du Raj, est considéré comme le plus grandiose.

Raj Bhavan de Chennai

Résidence officielle du Gouverneur nommé par Delhi, Le Raj Bhavan de Chennai occupe un lieu naturel d’exception. Il symbolise également le pouvoir fédéral dans un Etat qui lui est traditionnellement averse. Le gouverneur s’oppose en effet souvent au Chief Minister élu par la population locale. De ce fait, le Raj Bhavan correspond à un lieu inféodé au pouvoir central pour beaucoup de Chennaiotes.

Le bâtiment recouvert de plâtre blanc comme la majorité des constructions administratives anglaises, ne se voit pourtant guère de la rue. Il se situe à Guindy. La zone était un peu excentrée à l’époque du Raj car il s’agissait d’une résidence secondaire et extérieure proche des lieux de loisirs. L’hippodrome et le golf permettaient à la haute société britannique d’y couler des jours heureux.

Histoire du Raj Bhavan de Chennai

 Le premier Raj Bhavan se trouvait en effet dans Fort St George. Il fut bâti dans les années 1640 détruit en 1693. La reconstruction s’effectua un peu plus à l’est, L’édifice devint le cœur de ce qui allait devenir le secrétariat. Après le départ des Français en 1746, le gouverneur acquit une « garden house ». Elle allait devenir « Government estate ». Le Gouverneur Munro (1820-27) en fit une résidence officielle et transforma Guindy Lodge , alors sa  maison de campagne, en Raj Bhavan.

 Guindy Lodge remontait au mandat de William Langhorne au début des années 1670. A son départ, le gouverneur vendit la propriété au marchand Chinna Venkatadri. Celui-ci en fit lui-même cadeau à la Compagnie des Indes orientales.

Après le passage des Français au XVIIIe, la maison de campagne « Guindy Lodge » passa en des mains privées. Au début du XIXes, elle appartenait à M Ricketts. Quand celui-ci décéda en décembre 1817, la propriété gagée passa sous le contrôle de la banque. Cette dernière l’offrit au gouvernement Ce dernier acquit également le terrain adjacent d’un marchand arménien Joseph Nazar Shawmier. Puis en 1821, un 3e achat fut conclus.

Le lieu reste étonnant dans l’immense et chaotique métropole. Guindy fait aujourd’hui complètement partie de la ville tentaculaire. Si les jardins disparaissent peu à peu tout autour, le Raj Bhavan a réussi à conserver son énorme parc, classé Parc National. C’est d’ailleurs le seul du genre en pleine ville. Dans sa continuité, le zoo, les monuments funéraires aux diverses gloires locales et le campus de IT Madras, assurent un énorme poumon vert à la ville.

On circule d’ailleur en petit train autour de la Résidence du gouverneur, des nombreux bureaux et bâtiments. Il n’est pas rare de croiser des biches courant entre les différents édifices officiels.

Depuis le Covid il est quasi impossible de visiter pour les non indiens non scolaires mais vous pouvez essayer.

Les bâtiments du Raj Bhavan de Chennai

Lorsque Guindy Lodge devint la résidence de campagne officielle du Gouverneur de la Présidence de Madras elle ne comptait que 3 édifices d’un étage. Lord Elphinstone conduisit diverses campagnes de reconstruction et agrandissements entre 1837 et 1841.  Il ouvrit également Taluk office road pour relier la propriété à Mount rd (Anna salai). Le bâtiment finit par acquérir sa forme actuelle en 1863. Les derniers ajouts remontent à 1937.

Après l’Indépendence, les terres furent partagées à des fins publiques. On peut ainsi voir le campus de l’Institut indien de technologie, le parc aux serpents, le parc pour enfants. Le long de la rue, des mémoriaux à Gandhi, Kamaraj et Rajaji voisinent avec le centre de Cancérologie. En 1958 près de 625 acres furent transférés au département forestier du TN. En 1977, 88a furent ajoutés à ce parc national.

Aujourd’hui, l’ensemble résidentiel est clôturé et comprend la demeure du Gouverneur, le bloc présidentiel et le Bharathiar Mandapam ainsi qu’un jardin magnifique avec des espaces de gazon, des parterres de fleurs et des vergers. On trouve d’autres bâtiments historiques, tels que la White House, le Cottage, The Nook, le Secretariat du gouverneur, et le bureau.

Le Raj Bhavan est un assemblage de bâtiments d’époques diverses dans un parc où coexistent des espèces rares de faune et flore.

Victoria Public Hall

Le musée et l’auditorium du Victoria Public Hall sont enfin ouverts au public. Alors ne perdez pas de temps et réservez votre créneau horaire.

Cela vous permettra au moins de rentrer dans l’enceinte du bâtiment entièrement mis à neuf. Vous y accéderez par le Ripon Building. Car le Victoria Public Hall, construit en 1887 en tant qu’Hôtel de ville de Madras, est l’un des plus beaux édifices de la ville coloniale.

Histoire du Victoria Public Hall

 Au XIXème siècle, alors que Madras s’épanouissait. Le besoin de bâtiments administratif plus grand se fit sentir. Entretemps, le centre de la ville s’était déplacé depuis Georgetown au quartier alors connu sous le nom de Park Town.

 Cet emplacement idéalement stratégique, tout près de l’ancien mur d’octroi, voyait converger les routes sud, nord et ouest de Chennai.

L’implantation de la gare centrale transforma encore davantage cette zone. De nouvelles constructions sortaient de terre et transformèrent le People’s Park. Des auberges suivirent rapidement. Tout cela contribuait à la croissance d’un quartier animé et vivant. Il manquait à Madras un hôtel de ville à la hauteur de ses ambitions et un lieu de festivité qui serait le Victoria Public Hall.

A l’époque anglaise un vaste parc occupait la zone.  Il n’en reste que des traces éparses comme le Lady’s Garden. Même les belles constructions coloniales tendent à disparaitre face à la folie immobilière et à la circulation délirante. Pourtant, il est question de faire revivre ce qui était la promenade de l’élite coloniale. Les autorités ont amorcé le projet en restaurant le Victoria Public Hall. Cette grande façade de briques rouges s’appelait à l’origine Town Hall ou Hôtel de ville.

Une œuvre de Chisolm

Bien que globalement néo roman, le hall s’enorgueillit d’une tour néogothique dont la frise en terre cuite s’inspire de la calligraphie islamique. Avec la National Gallery au sein du Musée d’Egmore, ce fut l’un des deux bâtiments commandés en l’honneur du Jubilée d’or de la reine Victoria. Mais alors que la galerie adopte le style indo- sarracénique et imite Fatehpur Sikri, le Victoria Public Hall lui préfère une architecture plus simple et européenne. L’idée était non pas de représenter l’art local mais de regrouper les élites blanches, d’organiser des fêtes, des rassemblements et des évènements culturels. Construit par Chisolm, il illustre l’extraordinaire inventivité du grand architecte.

Construit en 1887 il servit d’espace public pour l’élite blanche britannique, alors que l’administration avait déménagé de Fort St Georges au Ripon Building adjacent.

Comme la majorité des édifices du quartier, le Victoria Public Hall repose sur des puits enterrés à 7m de profondeur. Ce forage assure la stabilité des structures dans un environnement marécageux.

Le Victoria Public Hall a connu une longue restauration. Il vient de retrouver ses fonctions d’espace public, cette fois en tant que musée et auditorium. La réouverture était officiellement programmée pour juin 2025 Mais n’a eu lieu que 6 mois plus tard.

A vrai dire la visite (qui se réserve en ligne par créneau horaire) ne fascine pas. Des cartels expliquent la construction et évoquent l’activité théâtrale et cinématographique de ce qui fut la première grande salle de spectacle du Raj. Néanmoins si vous ne connaissez pas les grands acteurs tamouls des années 1920 ou 1940, vous ne vous sentirez pas concernés. L’audio reprenant les bruits de Chennai parait très assourdi et peu convaincant. Et les photos à l’intérieur du Victoria Public Hall sont interdites. Bref la visite ne vaut que pour le grand auditorium refait à neuf au premier étage et pour faire le tour du bâtiment très joliment restauré.

Taiping

Située à 1 heure de train de Ipoh, 1h30 de Georgetown, 3h de Kuala Lumpur, Taiping constitue un arrêt facile. Ce peut aussi être une excursion à la journée. Et quelle jolie surprise que cette ville très calme surnommée la ville verte, mais aussi la ville des premières fois.  

Eglise de bois Taiping

Taiping, la ville Verte

Cette jolie ville de la province de Perak constitue un arrêt agréable. Surnommée ville verte en raison de ses nombreux parcs, elle jouit d’une situation idéale. Les montagnes alentours en font un écrin magnifique où l’on peut facilement et rapidement profiter de la nature et d’un cadre magnifique. Car on parle ici de belles falaises et de paysages de forêt tropicale.

Taiping

D’ailleurs on peut rejoindre la hill station de Maxwell Hill ou Bukit Larut à pied depuis le parc de la ville.

Un immense parc occupe une grande partie du centre. Admirablement entretenu, c’est le lieu de récréation des seniors qui profitent du calme de la cité. Des arbres magnifiques bordent les allées autour d’un lac parcouru de petits ponts japonais.

parc de Taiping

A une extrémité de ce parc, le zoo abrite quelques espèces amusantes comme l’ours soleil ou la grue couronnée. Tout un programme.  Tout ce joli monde barrit, glapit et jappe, créant un fond sonore intéressant pour le promeneur.

arbres majestueux parc de Taiping

 De l’autre côté du parc, au-delà d’une allée bordée de majestueux arbres, commence la vieille ville. On découvre ses maisons coloniales le long d’un itinéraire prétracé.

Un ravissant centre colonial

Le centre de Taiping s’apparente un peu aujourd’hui à une ville fantôme de la ruée vers l’ouest. Les bâtiments, quoique parfois joliment refaits, voisinent avec des maisons à l’abandon le long de rues désertiques.

Néanmoins, de belles constructions coloniales ont été transformées qui en boutiques qui en café. Ainsi, le musée du Télégraphe admirablement restauré et l’office du tourisme sortent d’une campagne de réhabilitation réussie. Il reste encore fort à faire sur la plac , mais l’on sent une vraie volonté de remise en état du patrimoine local.

Mairis de Taiping

Un peu excentré, le musée de Perak subit lui aussi une campagne de rajeunissement. Il offre une double belle visite. D’abord parce que le bâtiment qui mêle des éléments architecturaux typiquement malais à des éléments coloniaux est juste beau.

Musée de Taiping

 Ensuite parce qu’il permet de faire connaitre des populations pauvres qui constituent une part du pays. Le premier étage présente en effet les tribus autochtones, les Orang Asli.

masques Orangs Asli

La région de Perak est riche et fortement peuplée de populations du sud de la chine. Pour séduisante qu’elle soit, elle ne donne qu’un aspect de la Malaisie que ce musée équilibre de manière intelligente.

Eglise de tous les Saints Taiping

Non loin du musée, se dresse la belle église de tous les Saints. La construction gothique en bois peint est la plus ancienne de la confédération de Malaisie. Elle remonte à 1887. Un petit cimetière romantique l’entoure. De là, le long de Jalan Taming Sari, on rejoint le New Taiping Club qui jouxte le lac. Le palais du Gouverneur le domine mais reste inaccessible aux visiteurs.

New Taiping Club

La ville des premiers essais

Ce qui assure la renommée de Taiping est le nombre d’essais lancés ici. On y recense ici le premier parc public, la première gare de Malaisie.

Hôtel Peace, jolie facade coloniale Taiping

La vieille ville permet d’autres découvertes intéressantes. A commencer par le marché Larut Matang Hawker Centre. Il n’est pas question ici d’acheter ses carottes ou ses pommes de terre mais de manger. Or c’est bien là la grande aventure malaisienne,

Marché Taiping

De petits stands proposent pour des prix ridiculement bas des spécialités régionales voire nationales. Autour de la halle, des boutiques vendent une foultitude d’objets du quotidien. Quelques vestiges rescapés d’architecture coloniale évoquent la splendeur perdue de la ville, comme l’hôtel Pékin ou l’hôtel Peace. L’horloge, si vitale ax Britannique pour contrôler le temps de la colonie, a, elle, été repeinte à neuf.

Hôtel Pekin Taiping

Il convient également de s’éloigner jusqu’au club Hokkien qui reste bien chinois. Il voisine avec un temple tamoul.. Et enfin conserver un peu de temps pour la gare. On arrive ou en part en général de Taiping de celle-ci. La construction de la nouvelle gare de train a respecté la gare coloniale. Celle-ci s’est transformée en un food court de plus mais a conservé ses vieux panneaux.

ancienne gare de Taiping transformée en food court

Sans être indispensable, l’arrêt à Taiping est charmant et permet de se rafraichir dans la verdure d’une ville calme et vieillissante

Varanasi

Varanasi a changé de nom en 1956 bien avant le mouvement de re nomination des villes indiennes. Autrefois connue sous le nom de Bénarès on la voyait comme la cité des morts. L’image en était d’une ville mystique et mythique. Les Indiens y venaient et y viennent toujours mourir. En effet mourir et se faire immoler sur les bords du Gange permet d’échapper au cycle des renaissances et d’atteindre la libération. Pour un hindou cela constitue la mort la « plus prisée ». Cité de la mort, Varanasi représente ainsi dans l’imaginaire collectif la quintessence de l’Inde en termes de couleurs, de foi extrême mais aussi de misère. Située sur les rives sacrées du Gange, la ville, l’une des 7 villes saintes de l’Inde, reste la capitale spirituelle de l’Inde.

vue des Ghâts de Varanasi

Or comme le reste du pays, la ville a énormément changé. Varanasi se veut ainsi une vision modernisée de Bénarès.

Varnasi, Ghât

Varanasi ville des morts ?

Les Indiens considèrent Varanasi ou de son ancien nom Kashi comme l’une des plus vieilles villes du monde. Sur quoi repose cette affirmation ? La ville est ancienne sans aucun doute. La tradition d’y mourir aussi. De là à la considérer comme l’une des plus anciennes du monde, c’est faire peu de cas de Jéricho, Ur ou autres villes du croissant fertile ou de la vallée de l’Indus. Aucune datation ne précise l’antériorité de la cité des bords du Gange ni de ses rituels. Associés à des temps immémoriaux et des légendes, les traditions prennent donc statut de vérité comme souvent en Inde.

Manikamika , champ de crémation Varanasi

Dans les faits, deux champs de crémation dont le Manikamika se situent sur les bords du Gange et fonctionnent quasiment en permanence. Il y aurait environ plus de 200 crémations par jour. Le Gange aurait le pouvoir de libérer l’âme du cycle de la réincarnation, et l’incinération à Varanasi est considérée comme la voie royale vers la moksha, la libération spirituelle. Quelques rares mouroirs existent encore dans la ville. Mais, contrairement à l’idée que l’on peut s’en faire en Occident, Varanasi n’est ni triste, ni macabre. Certes on croise régulièrement des processions portant des cadavres sur des civières de fortune. Celles-ci, recouvertes de draps orangés et de fleurs sont portées au bord des deux Ghâts, immergées en vue de la purification puis brûlées.

Manikamika , bûchers funéraires

Pourtant tout ce rituel se déroule dans les chants et les fleurs. Finalement ce qui ressort est plus le côté mystique voire magique que le caractère macabre de l’opération. Il est vrai que les Indiens interprètent ce type de rituel comme une libération et non une fin en soi. La musique lancinante des chants, les fumées mais aussi la joie des vivants créent une ambiance assez surprenante. D’autant que des bateaux truffés de haut-parleurs traversent en permanence le Gange transformant le fleuve en une discothèque à ciel ouvert.

Varanasi, ville des pèlerins

Les nombreux temples rappellent en tous cas l’importance religieuse de la ville. Certains sont quasi inaccessibles en raison de la foule de pèlerins. C’est le cas du Kashi Vishwanath Temple un des 12 Jyoti lingas.  Ceux-ci sont des sanctuaires représentant Shiva sous la forme d’une borne phallique, le Linga,.

Temple au bord du Gange

Ce temple en particulier a été transformé en machine à sous. Son accès et ses bâtiments ont fait l’objet d’une modernisation radicale. Au point que le « corridor » qui mène du temple au Ghât est devenu emblématique de la polémique qui enfle entre riverains, pélerins et autorités soucieuses de « nettoyer » Varanasi.

Si la misère et les odeurs ne prennent pas à la gorge comme je le craignais, le bruit lui défie l’entendement. A côté, le tumulte circulatoire de Chennai parait presque gentillet. Il reste de drôles de de Sadhus, errants à demi nus, les cheveux longs. Mais les mendiants, les estropiés ont quasi disparu du paysage.

sadhus sur les bords du Gange

En revanche, c’est une des rares villes indiennes où l’on voit déambuler des troupeaux de caucasiens en quête de sensationnel. Il est vrai que le lieu s’y prête par sa photogénie et son ambiance. Ces touristes en groupe restent néanmoins cantonnés à une petite portion des Ghâts et ne s’aventurent ni dans les marchés, ni dans la vieille ville, ni sur les ghâts les plus excentrés. Sont-ils attirés par le spectacle de la mort, la promesse spirituelle ou la renommée de cette ville haute en couleurs ?

la cohue de sbateaux sur les bords du Gange à Varanasi

Car il est vrai que Varanasi ne manque pas de couleurs, ni de bruits et correspond aux images les plus fortes que les occidentaux se font de l’Inde. Malgré la campagne sanitaire de modernisation, Varanasi reste colorée, étonnante, unique. Plus encore que l’abondance de temple ou l’ancienneté de la ville, sa singularité repose sur les ghâts.

Les ghâts

Les ghâts sont une spécificité des villes fluviales indiennes. I s’agit de quais en gradins permettant à la marée ou aux fleuves gonflés par la crue de la mousson ou de la fonte des neiges de l’ Himalaya de monter sans atteindre la ville.

 En la matière une magnifique étude architecturale menée par Savitri Jalais a donné naissance a un remarquable ouvrage.

vue ge'nerale des Ghâts Varanasi

A Varanasi, on admire cette succession de 84 quais utilisés pour les cérémonies et les baignades rituelles. Deux d’entre eux, les Ghâts Manikarnika and Harishchandra correspondent à des zones de crémation. Ce sont elles qui assurent à Varanasi sa notoriété un peu macabre. Des cérémonies se succèdent et les bûchers fonctionnent quasi en continu brûlant d’importantes quantités de bois de santal ou de manguier. L’odeur âcre se mélange aux effluves de la ville.

bois pour les bûchers Varanasi

Pour autant, ces quais qui assurent la notoriété de la ville sont en restauration voire en refonte. Beaucoup déplorent la perte d’identité et la destruction d’un patrimoine inestimable. On peut apprécier la meilleure hygiène des grands escaliers monumentaux quasi mussoliniens. Car le gouvernement local, sur le modèle de l’Etat, a pris très au sérieux l’image de la ville. Il a entrepris de gommer la mendicité et la saleté en utilisant les grands moyens. Les ghâts sont devenus un véritable chantier. Des petites cabines flottantes permettent aux baigneurs et fidèles de se changer. Les escaliers anciens et les édifices historiques, un tantinet délabré, disparaissent livrés à la folie destructrice du XXIème siècle.

bain rituel du matin Varanasi

Mais les légendes ont la vie dure et on lit encore des blogs lyriques parlant des ossements récupérés à la surface des eaux. Dans les faits, les cadavres sont purifiés dans l’eau. Ils sont ensuite entièrement brûlés et seules les cendres sont immergés.  Des bouées délimitent des enclos et retiennent les cendres ou fleurs jetées à l’eau après crémation.

coucher du soleil Varanasi

Que voir à quelle heure ?

Les ghâts peuvent se parcourir en bateau au coucher du soleil si vous aimez la foule ou à l’aube pour une expérience plus intense. Vous pouvez acheter votre course en bateau via votre hébergement ou une agence. Mais vous pouvez aussi vous rendre directement le long du Gange et accoster un batelier pour discuter de son prix.

Aarthi Ghât

 Vous pouvez aussi marcher les 6 km le long du fleuve. Le spectacle change à chaque Ghât. L’architecture y varie mais aussi et surtout l’ambiance. Celle-ci évolue également en fonction de l’heure. Le soir, la foule compacte se presse pour assister au Ganga Aarthi une cérémonie fiévreuse et populeuse marquant l’union du fleuve et de la ville. Vous pouvez assister à ce spectacle religieux gratuit sur Assi Ghat, ou Dashashwamedh Ghat. .Si vous voulez vous assoir il vous faudra arriver 1h avant le coucher du soleil. Des agences ou les hôtels vous vendent des places assises « d’honneur » pour profiter de l’expérience.

Ganga Aarthi Varanasi

Car les cérémonies de Varanasi rappellent un peu celles de Venise où la sérénissime célèbre son union avec la mer. Née du fleuve, Varanasi ne l’honore que sur une rive. L’autre berge est laissée au désert. On aperçoit ainsi une vaste étendu ensablée parcourue par les chameaux et parsemée de tentes nomades.

Si votre hébergement ne se trouve pas au centre il vous faudra marcher. Les taxis ne peuvent s’approcher des ghâts sauf tôt le matin. La circulation et le bruit sont ahurissants et il vous faudra vous armer de patience pour parvenir où vous le désirez. En revanche si votre chambre donne sur les ghâts ou les rues du centre vous ne trouverez pas le sommeil sinon au cœur de la nuit. En revanche, vous serez à pied d’œuvre pour admirer le spectacle fascinant du Gange.

lever du soleil sur les bords du Gange Varanasi

Auroville

Depuis mon arrivée à Chennai il y a trois ans, j’ai toujours remis la visite de Auroville. Pourtant il y a un moment où il faut s’ouvrir un peu et à force de me rendre à Pondichéry, j’ai fini par passer voir la cité utopiste de la « Mère ». Quoi de mieux en cet automne en effet que de laisser libre court à notre envie de tout changer…Avant cela, il faut néanmoins se donner les moyens d’ arriver à Auroville. Ici, le taxi reste l’option la plus simple.

savitri hall Auroville

Auroville, qu’est-ce que c’est ?

Auroville est une ville modèle conçue dans un écosystème reposant sur des valeurs « morales ».  Comme le dit la brochure, la cité de l’aurore vise à réaliser « l’unité de l’humanité ». Elle a pour but de faire « coexister en toute harmonie hommes et femmes de tous pays, croyances et politiques ». Pour en savoir plus, vous pouvez vous plonger dans lesite d’Auroville, à équilibrer avec l’article wikipedia, et l’article de atmos

La cité « idéale »a été créé en 1968 autour de la personnalité de Mira Alfassa. Compagne de Sri Aurobindo, Freedom fighter vénéré, fondateur du yoga integral et installé à Pondichéry. Elle le rejoignit d’abord en son Ashram. Il la nomma « la Mère». Puis, à la mort du grand homme, naquit le projet d’une cité idéale de 50 000 habitants. Aujourd’hui le projet survit et accueille 2000 personnes de toutes nationalités.

Sur un grand terrain sec, les volontaires majoritairement européens, et la population locale continuent à s’escrimer à créer cette cité idéale un brin rétrofuturiste. le projet architectural reste étonnant, très marqué par la vision des années 1970 mais avec de vraies belles réalisations. Le modèle écologique est lui aussi une véritable réussite. Quant aux valeurs et aux idéaux, chacun peut en juger selon ses convictions.

Une énorme boule dorée à l’extérieur, blanche à l’intérieur, le Matrimandir marque le centre de la cité idéale. A côté, se situe un amphithéâtre en plein air en brique et un fantastique banyan tree aux racines aériennes. De là, partent 4 zones dessinées par la « Mère » : la zone résidentielle , l’industrielle, l’internationale ainsi que la zone d’éducation.

Venir à Auroville

 Plusieurs types de visites s’offrent à vous. Les plus extensives permettent d’y passer plusieurs semaines (le visa touristique pour l’Inde autorise à 6 mois sur le territoire comprenant une sortie obligatoire). Les fans absolus peuvent carrément venir s’y installer moyennant finance sérieuse et risquent de tout perdre s’ils décident de quitter la cité modèle. Vous pouvez aussi partir en bénévolat de 6 à 12 mois.

Pour des esprits plus frileux, vous pouvez passer quelques jours (avec 1 minimum de 2 nuits) qui vous permettront de participer à diverses activités, et surtout visiter le Matrimandir. Il s’agit de cette énorme boule dorée rétrofuturiste. Conçue comme un espace de médiation elle abrite également le tombeau de la Mère. Pour la visiter et y méditer, il convient de s’inscrire en ligne quelques jours à l’avance.

Vous pouvez aussi vous contenter de loger à proximité d’Auroville et vous rendre au Visitor Center. Ici une balade d’un km approximativement vous mènera jusqu’au point de vue sur le Matrimandir.

Au passage, vous pourrez admirer quelques magnifiques bâtiments. Roger Anger les a conçus selon le modèle de Corbusier. Si vous aimez l’architecture, la promenade dans la forêt est très agréable. A l’orée, se situe le Visitor center proprement dit. Il s’agit s’un musée où un petit film et des photos retracent le projet. Tout autour, des boutiques vendent les productions artisanales d’Auroville. Un food court et un shopping center des plus capitalistiques avant de pénétrer le monde sans argent d’Auroville…

Aux abords d’Auroville, des villages ont vu le jour. S’y pressent boutiques, restaurants et cafés. Des caucasiens circulent en vespa et donnent une coloration particulière à cette zone atypique en Inde.

Que voir que faire

Aujourd hui, Auroville représente une vaste entreprise avec hébergements, restauration, investissements divers, boutiques, productions. Une foule d’activités s’offre au visiteur quelle que soit la durée de son séjour.

Evidemment, si vous aimez la méditation et voulez tenter des approches de yoga ou de musique sur bol, Auroville est la destination la plus adaptée.  Outre les d’ateliers, ll’auto-reflexion ou le yoga, la cité offre pléthore de formations, travaux manuels, cours divers et variés voire découverte de la culture indienne et des arts. Cours de cuisine, bien être, soins, travail à la ferme, balade à vélo, tout existe.

Pour les plus réfractaires, la cité idéale est l’un des rares lieux du Tamil Nadu ou l’on puisse profiter de la nature pour faire du vélo ou marcher. Si vous appréciez l’écologie, c’est un modèle du genre. Si vous aimez manger ou recherchez de l’artisanat de qualité vous pouvez également y trouver beaucoup de plaisir.

Enfin, si vous êtes sensibles à l’architecture, vous pourrez admirer les créations de Roger Anger.  Cet architecte français, très marqué par l’esthétique des années 1970, a travaillé sur des immeubles en France avant de partir à point nommé pour l’œuvre de sa vie à Auroville. Vous pouvez aussi vous régaler des créations de Mona Pingel .

Visiter Chandigarh

Visiter Chandigarh oblige à aller au-delà du Capitole et de la simple déambulation. Les rues larges et longues se succèdent sans intérêt particulier.  Les guides insistent sur la découverte du secteur 17. Il apparait comme le cœur palpitant de l’activité commerciale. Je parle ici de Neelam Piazza. En dehors des petites fontaines musicales je n’ai rien trouvé de bien excitant dans ce quartier néanmoins. On n’est pas non plus à Dubaï !! La vie semble se concentrer dans les cafés et restaurants bien sympathiques et abondants en l’occurrence. En revanche, les multiples parcs et musées méritent la visite.

mosaiques Rock Gdn Chandigarh

Espaces verts et parcs

La ville abonde en espaces verts, rond points, jardins de quartiers ou arbres plantés le long des rues. Pourtant, 4 grandes zones vertes méritent de visiter Chandigarh.

Le Rock Garden

Selon Internet,’il émane du projet un peu fou d’un seul homme, Nek Chand.  Pendant 18 ans ce fonctionnaire se serait livré dan le plus grand mystère à l’érection de cet énorme jardin. Son concepteur rêvait d’un jardin des dieux. Commencé en 1958, il n’aurait été « découvert » et ouvert au public qu’en 1976.

Chandigarh Rock Garden

 Pourtant, si vous visitez cet énorme parc vous vous interrogerez sur ce projet. Comment un seul homme peut il avoir tout fait ? La foi peut certes déplacer des montagnes. Mais de là à déplacer des blocs de béton nuitamment, il y a un pas…de géant. On a aussi du mal à envisager qu’un tel projet n’ait été vu par personne. Certes la ville était en chantier et le lieu un peu reculé. Néanmoins il a fallu charrier des tonnes de déblais, des montagnes de chutes de béton, ou de céramiques. Dans un pays où toute personne voit sa vie disséquée et colportée on a du mal à concevoir que la construction de ce gigantesque jardin soit passée sous les radars. Ceux de l’administration centrale éventuellement, pour le reste je vous laisse juge.

entrée rock garden Chandigarh

En la matière la lecture du livre de mon amie Anuradha Uberoi m’a donné quelques clés.

Le musée de poupées

rock Garden Chandigarh

Quoiqu’il en soit, le jardin est hallucinant et vaut vraiment d’y consacrer une demi-journée. cette sorte de capharnaüm céramique en hommage aux divinités indiennes et à la diversité du pays n’est pas sans rappeler l’oeuvre de Gaudi à Barcelone. Il vaut aussi la peine de parachever la découverte de ce lieu improbable avec le musée de poupées.

Celui ci fut terminé en 2017 par le fils de Nek Chand. Ces pantins de toiles récupérées racontent l’histoire familiale des déportés du Punjab occidental. On voit leur arrivée dans une Inde inconnue et étrangère. Emouvant et drolatique, ce petit musée s’ouvre sur un énorme espace. Les enfants y jouent à la balançoire pendant que les singes se balancent eux sur les poubelles. Une sorte de palais des mille et une nuit du Facteur Eléphant.

musée de spoupées Chandigarh

Le rose garden dans la vallée verte,

Zakir Hussain Rose Garden. A priori je n’étais pas venue à Chandigarh pour y admirer des roses fanées. Mais l’honnêteté m’oblige à reconnaitre que la roseraie est magnifique. Ses plus de 1500 variétés constituent un lieu bien agréable. Ce Jardin gratuit s’ouvre dans le prolongement de la vallée verte, une coulée verdoyante au cœur de la ville.

roseraie Chandigarh

Le lac Sukhna

Là encore, la lecture d’internet ne me donnait guère envie de m’aventurer sur les berges de ce lac artificiel.. Et pourtant, c’est un joli lieu très populaire le soir. Il offre une balade bien agréable et fraiche.

Lac Sukhna Chandigarh

Punjab University

Bâtiment jeanneret, université Punjab, chandigarh

Les grandes universités indiennes s’inspirent de leurs grandes sœurs britanniques. Leurs pavillons de savoir s’éparpillent dans de grands parcs aux abords de la ville. L’université du Punjab ne fait pas exception à la règle. Cette université est connue et prestigieuse en Inde, notamment en ingénierie, IT et médecine. Elle complète bien ct article visiter Chandigarh. Quelques bâtiments attirent l’amateur d’architecture. Ainsi la bibliothèque et surtout le Gandhi Bhavan considéré comme le chef d’œuvre de Pierre Jeanneret. Celui-ci ressort comme le grand artisan de la ville.

bibliothèque musée du Punjab

Les Musées à visiter à Chandigarh

1/maison Jeanneret

escalier maison Jeanneret Chandigarh

La maison s’attache à l’homme, très apprécié localement, et à la qualité de son œuvre. Modèles, articles s’insèrent dans la maison meublée avec ces meubles simples et fonctionnels qui l’ont rendu célèbre. Ses maisons, petits collectifs, son travail à l’université rappellent son sens de la symétrie et de l’harmonie. Mais on voit aussi les énormes contraintes budgétaires auxquelles il du faire face. On comprend à quel point l’homme aimait l’Inde au point de faire disperser ses cendres dans le lac Subka. Ainsi ses maisons empruntent autant au fonctionnalisme occidental qu’aux détails de la vie indienne.

maison Jeanneret Chandigarh

2/ Le centre Corbusier

 Ces énormes hangars conçus comme ateliers temporaires pendant la construction de la ville se sont mués en musée. La correspondance expose les décisions de Corbusier, ses échanges avec la tête de l’Etat indien. Des photographies illustrent la naissance de la ville et la genèse des grands bâtiments. Une école d’art et un petit café dans le jardin complètent la visite. Ce musée épatant donne la mesure du caractère et de l’ego démesuré du grand architecte.

chaises Jeanneret

3/ Le musée d’état

chapiteau Bouddha, musée Chandigarh

Ce musée permet de visiter une structure corbuséenne. Amateur de brutalisme vous allez vous régaler. C‘est l’un des 3 seuls musées conçus dans le monde par Corbusier avec Tokyo et Ahmenabad. Pour les autres, les collections extraordinaires de miniatures mogholes et de sculptures Greco bouddhistes devraient vous emballer.  Car ce musée doit sa renommée à son impressionnante collection de 627 sculptures de Gandhara. Beaucoup se trouvent au musée Guimet à Paris. Les Bouddha apparaissent dans une fusion de styles indien et gréco romain durant la période Kushan. On peut aussi y admirer des peintures Pahari, sikhs, mogholes et rajasthani miniatures. Ces magnifiques collections proviennent de Lahore et ont été divisées en deux au moment de la partition. Attention simplement, la billetterie ferme à 16h30.

Musée Chandigarh

4/ le Musée d’architecture

Ce petit musée insiste sur les différentes phases de construction de la ville. Pour moi, il est indispensable pour qui veut visiter et comprendre Chandigarh. On y découvre la vision de Nehru, puis la réflexion de Mayer et Novicki. Ces architectes des origines s’inspiraient du mouvement des cités jardins .

On y voit comment l’équipe initiale, américaine, s’est vue remplacée en pleine guerre froide. Un plan orthogonal a remplacé le plan en éventail plus souple et plus humain. Les Européens menés par Corbusier ont alors développé une idée certes visionnaire mais aussi jusqu’au boutiste. Elle a été portée sur le terrain par le couple Maxwell Fry/ Jane Drew et Pierre Jeanneret. Ce dernier, entièrement dédié au projet, y a consacré sa carrière et sa vie personnelle. On y comprend mieux l’aspect visionnaire de la ville. Le projet prévoyait le développement automobile, l’importance de l’ écologie mais aussi le pragmatisme du mobilier.

entrée musée d'architecture Chandigarh

Une approche passionnante de la construction de la ville

On y apprend surtout le rôle fondamental de Pierre Jeanneret. Le musée expose d’ailleurs les fameuses chaises et canapés alliant simplicité, fonctionnalité et indianité avec le rotin. On y découvre aussi l’extraordinaire contribution de Maxwell Fry et de son épouse Jane Drew. Conscients du risque de se faire écraser par Corbusier, le couple britannique ne resta que 3 ans. Mais, il marqua de son empreinte la ville.  J’ai particulièrement été sensible à Jane Drew spécialiste de l’architecture tropicale et de la formation de jeunes. Une fois de plus le livre de mon amie Anu s’est révélé une bible en la matière.

modèle chaise Jeanneret

 Dans le même parc, l’Ecole d’Art et d’Architecture date de 1950-1965. Corbusier a conçu l’extérieur en brique, moins noble et moins onéreuse que le béton brut réservé au complexe du Capitole. Ateliers et salles de classes s’articulent autour de cours intérieures.

musée d'architecture Chandigarh

Capitole

Le Capitole de Chandigarh

A Chandigarh, Le complexe du capitole est classé patrimoine mondial de l’humanité. Plus précisément , « 17 bâtiments ou sites corbuséens sont inscrits sur la Liste du patrimoine mondial de l’UNESCO, » dans le cadre de la série L’Œuvre architecturale de le Corbusier, une contribution exceptionnelle au Mouvement Moderne »

Qu’est-ce que le Capitole de Chandigarh

A Chandigarh, Corbusier envisagea un centre administratif grandiose. Il planifia 4 bâtiments, 6 monuments sur un même site et 3 places. Cette zone, qualifiée de secteur 1, se trouve au sommet (la tête) de la ville. Aujourd’hui vide, il la conçut pourtant comme le centre de la vie démocratique.

Seuls 3 des 4 bâtiments furent finalement réalisés. Il s’agit de la cour de justice, l’assemblée et le secrétariat. Suivant la volonté de l’architecte, les 3 piliers de la démocratie se font face. Corbusier les dessina pour représenter les fonctions majeures de cette fameuse démocratie. Cependant, le 4e édifice, le palais du gouverneur ne dépassa jamais le stade d’esquisse.

  Pour visiter l’immense complexe, il suffit de se rendre à l’office du tourisme au minimum un quart d’heure avant la visite. En effet, l’inscription en ligne ne fonctionne pas. Les visites guidées, gratuites, sont obligatoires à 10h 12h ou 15h. Il s’avère impossible de visiter autrement depuis l’attentat de 1995. Celui-ci couta la vie au Chief Minister de l’époque Beant Singh.

Il faut compter 1h30 de visite avec des groupes de taille et d’intérêt aléatoires.  On peut aussi tenter la visite architecturale.

La visite guidée nous emmène dans ce secteur sous haute surveillance. Elle commence avec la Cour de justice.

Les Bâtiments constitutifs du Capitole

La Haute cour de justice (1952)

 La cour de justice fonctionne depuis 1956. En béton brut, elle est animée par 3 piliers géants vert, jaune et rouge. Cette entrée polychrome et démesurée mène à une rampe d’accès. Elle souligne l’’accès à l’entrée vers ce gigantesque bloc de béton brutaliste. Seuls, le tempèrent les bassins qui le réverbèrent lorsque la mousson les remplit.

 Un double toit protège du soleil et de la chaleur. Des brise-soleils à la manière de persiennes de béton coupent également la luminosité intense. On ne peut visiter les bâtiments qu’en semaine pour y admirer les tapisseries

Le Parlement ou Assemblée Législative (1955)

 Le Parlement ressemble à une énorme boite de béton brut. Sa façade répétitive ne s’anime que grâce à deux formes géométriques sur le toit. Un silo couronne l’assemblée. Une pyramide surmonte le Sénat. La forme de silo s’inspire des tours de refroidissement de la centrale près de Ahmedabad. Ces deux formes ont changé de destination avec la séparation de L’Haryana et du Punjab. Depuis 1966, elles correspondent chacune à l’un des 2 états. La représentation du Punjab (le silo) reste un peu supérieure (60%) conformément aux données démographiques.

Le portique latéral est illuminé par une porte cyclopéenne. Elle pivote sur un axe. Des peintures vives l’illustrent. On y voit la signature de Corbusier, un corbeau, jeu de mot avec ce nom de scène choisi par le célèbre architecte. L’autre partie de la façade est scandée d’énormes piliers de béton.

Le « Secretariat »

A la place du gratte-ciel de ses rêves, Corbusier dut se contenter d’un très long bâtiment de 254m de longueur et quand même 42m de haut. C’est le plus grand complexe du capitole. Il sert de siège pour les Gouvernements du Punjab et de l’Haryana. Construit en 1953, entièrement en béton brut, il incarne la notion de brutalisme. Même les pare soleil, rampes d’accès, parapets, brise soleil, acrotères sont en béton non peint. Avec son air de cité radieuse, c’est un monstrueux bâtiment brut sans grâce que même une admiration sans borne pour Corbusier ne peut sauver. Les fans absolus se concentrent sur le traitement de la lumière, la ventilation et l’efficacité.

4 Monuments du Capitole

Le monument de la main ouverte

Emblème de la cité, il symbolise paix et réconciliation. La main est ouverte pour donner, ouverte pour recevoir. Cette main tourne au gré du vent comme une girouette et surplombe une sorte de bassin avec une tribune en son centre. Celle-ci accueille d’ailleurs les consultations lorsque le gouvernement local se voit interpellé par les citoyens.

Ce bassin porte des noms divers « fossé de la considération » ou « puits de la contemplation ». Bien que petit et difficilement accessible par les citoyens lambdas, il marque néanmoins un effort pour considérer l’importance de la population en démocratie. L’architecte suisse marque ici son attachement à la démocratie dans sa version athénienne.

La tour des ombres

Ce curieux bâtiment creux et orné uniquement de brises soleil illustre une quête de Corbusier. Face à l’impitoyable climat indien, l’architecte se préoccupait d’une construction sans aucune prise face au soleil.

La colline géométrique

Ce tertre recouvert d’herbe s’apparente à une colline artificielle. Les débris générés par la construction de l’ensemble du Capitole ont permis son érection. Même si la base est en béton, le coté naturel attenue l’immensité de la place aujourd’hui déserte et vide.

 A l’origine, le plan prévoyait des circulations. Celles-ci ont cessé complètement après l’assassinat du Chief Minister en 1995.

Le Mémorial aux martyrs

Ce mémorial aux martyrs du Punjab lors de la partition n’a a priori pas été conçu comme tel par Corbusier. Il correspond à un immense mur gravé des noms des victimes ainsi qu’un symbole de prospérité, géant, le long d’une rampe. De quoi faire tomber à la renverse tout européen qui a de près ou loin étudié la Seconde guerre mondiale.

Ekamra

Ekamra Kshetra désigne l’ancienne ville temple de Bubaneshwar que je vous ai presenté la semaine dernière. Petite, Ekamra offre une ambiance quasi villageoise à l’abri de sa multitude de temples. Sur les 700 vous ne parviendrez à en admirer que quelques-uns, alors voici un petit tour d’ensemble…

Marcher à Ekamra, pour mieux découvrir

En général, les agences survolent malheureusement Ekamra Kshetra. Elles insistent effectivement sur le plus grand temple, le Lingaraj puis  le Mutekswara, le plus beau et le Rajarani. Pour ce dernier, en dehors de la beauté du parc alentour et des sculptures coquines je ne vois pas pourquoi il est préféré à d’autres.

Dommage, d’abord parce que ce circuit fait fi de l’histoire de la ville mais aussi de l’histoire architecturale de la région. C’est vraiment dommage car sans prétendre visiter les 700 temples, d’autres méritent vraiment de s’y arrêter.

Dommage également de ne rester qu’une journée dans un bus climatisé alors que le vieux centre de Ekamra se prête à la découverte pédestre. Bref voici un petit itinéraire maison pour mieux profiter de cette superbe cité ancienne.

A noter que les horaires et modalités d’entrée varient selon les lieux. En général et contrairement à Chennai les temples sont ouverts toute la journée et ne ferment pas le midi. Le Rajarani est le seul vraiment payant mais le Mutekswara est sensé l’être.

Votre promenade vous mènera autour du lac Bindu Sagar, juste derrière le temple Lingaraj. Il est sensé contenir une goutte de toutes les rivières sacrées d’Inde ce qui le rend hautement sacré lui-même.  De nombreux temples l’entourent et contourner l’une de ses rives donne une jolie idée de la ville.

Les temples anciens VII-VIIIe de Ekamra

A l’origine de la cité bimillénaire se trouve vraisemblablement le lac Bindu entouré de 7 temples. Bien qu’un peu odorant à certains endroits, c’est un joli lieu. Les mariés s’y donnent RV pour se faire prendre en photo juste au débouché du majestueux Lingaraja. Toutes sortes de légendes rattachent le lac au couple de Siva et Parvati. Des autochtones y barbotent enserrés dans des bidons vides. Ceux-ci servent-ils de bouée ou de réceptacle pour ramasser les déchets ? je ne saurai le dire. En face, quelques Dharamshalas (ou caravansérails) sont devenus l’un hôpital, l’autre cantine typique. On trouve peu d’endroits ou se restaurer ouverts avant 11h du matin outre les petits vendeurs de rue.

Je suggère de commencer par Le temple Parasurameswara. Juste à côté du Mutekswara, il compte parmi les plus anciens du pays (7e s). Typique du style Nagara ce temple à Shiva témoigne de la maitrise des sculpteurs locaux. Les sculptures extérieures en sont magnifiques. L’intérieur, en revanche, noir et dépouillé, cherche à recréer la grotte primordiale. La jagamahona (ou hall menant à la Sikhara) est emblématique de la première période de l’école de l’Odisha avec son toit plat. On ne trouve pas encore la multiplication des halls pour les offrandes et festivités. Ceux-ci apparaitront plus tardivement. On peut rentrer dans le temple contre une offrande.

Par commodité on peut enchainer avec le magnifique temple Mutekswara. Ou préférer la logique chronologique. Dans ce cas, mieux vaut se diriger vers le temple Vaital du 8e s un peu excentré. Il évoque également Shakti parèdre de Shiva. Ils vont toujours tous les deux. La déesse Shakti, tueuse de démons est associée au culte tantrique.

L’âge d’or

-Mukatswar

Ce magnifique temple est un incontournable. Il célèbre le culte de Shiva. Il apparait comme la perle des temples de l’Odisha.

Construit vers 950-70 ce temple comporte une Shikara avec 4 natarajas sur 4 côtés. Compact et assez petit, il affirme le style typique Odisha. En effet, il en rassemble tous les éléments fondamentaux. Le jagamohana (hall offrandes) pyramidal y apparait pour la première fois. Il est relié à la vimana. Derrière celle-ci, se trouve la piscine. les femmes s’y baignent lors d’un festival pour améliorer leur fécondité.  Comme les 2 précédents il se trouve dans une cuvette et il convient de descendre quelques marches pour le visiter.

Ses délicates sculptures, ses reliefs ouvragés et ses portés ornées décrivent les divinités hindoues. Sa torana (porte) est unique. 

– Lingaraj Temple,

Le Roi du linga ne se visite pas c’est le plus important temple de la ville par sa taille, c est LE temple par excellence de la region. Malheureusement, les non hindous ne peuvent pas y accéder. Ils doivent se contenter de le regarder depuis la plateforme ou depuis la grande place après le réservoir qui en annonce l’entrée.

Il est typique de l art kalinga. Il remonte au 11es. C’est la période considérée comme intermédiaire de l’art kalinga. On y retrouve les 4 composantes apparues au temple précédent. On accède au vimana via la jagamahona. Il s’agit d’une sorte de mandapam à toit plat dans les premières structures devenu pyramidal vers le 10e s.  S’y ajoutent un hall de festivités, le natamandir et un hall d’offrandes, dit magamandapa.

Une cinquantaine de plus petits sanctuaires magnifiquement décorés insistent sur le culte à Shiva. Cependant, quelques images de Vishnou rappellent l’influence de Puri.

-Le temple Rajarani Temple,

Le temple RajaRani remonte au 11e siècle. Son originalité tient au manque de dieu tutélaire connu. Les nombreux reliefs érotiques, l’ont fait connaitre comme « temple de l’amour ». Ses murs extérieurs en calcaire rouge et jaune (raja rani) s’ornent de sculptures de danseuses, musiciens et personnages mythologiques. Ces sculptures ainsi que le joli jardin l’entourant expliquent peut être son succès touristique. Néanmoins c’est l’un des rares temples dont l’accès soit payant. C’est également l’un des trois courus des touristes en groupes.

Construit sur un socle, il comprend un deul (pyramide) de 18m de haut rappelant l’architecture de Khajuraho et un sanctuaire carré vide et sombre à l’intérieur. La forme de la tour ou deul contraste avec celles traditionnelles de Bhubaneshwar.

-Le temple Ananta Vasudeva

Sur la rive est du lac Bindu Sarovar ce temple du 13e s est le seul de Ekamra à vénérer Krishna, Balarama et Subhadra. Originellement il s’agissait d’un temple à Vishnou unique dans cette ville consacrée à Shiva. Rénové au 17eme siècle il s’inspire du temple Lingaraj mais avec des éléments Vaishnavite. Malgré son état de délabrement il reste un lieu de pèlerinage important.

Le temple Brahmeswara

Un peu excentré,  ce temple remonte au 9eme siècle et honore Shiva. Il illustre parfaitement l’architecture kalinga. Quatre sanctuaires identiques  entourent en effet son sanctuaire principal. Les portes s’ornent de figures sculptées et des neuf planètes de l’astrologie indienne.

Bhubaneshwar

Bhubaneshwar, l’actuelle et récente capitale de l’Odisha, est pourtant une ancienne cité religieuse. On la connait d’ailleurs sous le surnom de « ville temple ». De fait, le centre historique s’enorgueillit officiellement de 700 temples. Et on croise des deuls (tours) à tous les coins de rues.

Cette ville se consacrait à Shiva, comme l’indique son nom originel « Tribhubaneswara » (Seigneur des 3 mondes).  Petite, elle constitue le quartier historique autour du grand temple à Shiva le Lingaraj. Promue capitale d’état seulement en 1948, les pères de l’indépendance la firent croitre autour d’un plan d’urbanisme.

Une ville en pleine explosion démographique

Cette ville en pleine explosion démographique surprend aujourd’hui par son excellente maitrise de la croissance urbaine et sa dualité. D’une part un centre historique religieux magnifique, d’autre part une ville moderne aux grandes et larges avenues.

Autour de ces deux entités distinctes, les quartiers périphériques grignotent peu à peu la campagne et les sites religieux. Ceux-ci datent majoritairement des 6eme au 13eme siècles.

Au-delà, encore à une quarantaine de km, le long de la cote se trouvent les deux villes qui complètent le triangle d’or de l’Odisha. Puri, lieu de pèlerinage fondamental avec son énorme culte à Vishnou, n’est visitable que pour les seuls hindouistes. Quant à Konark, le seul site inscrit au patrimoine de l’Unesco, on ne s’y rend que pour son immense temple du soleil, à la Sikhara écroulée mais au célèbre chariot sculpté.

Je vous propose de nous concentrer cette semaine sur la ville moderne de Bhubaneshwar avant de vous emmener la semaine prochaine dans le quartier ancien à la découverte des magnifiques temples.

Une ville planifiée

A l’époque du Raj, la capitale régionale se trouvait à Cuttack au confluent des fleuves. Inondée et marquée par la colonisation, la ville et son fort furent abandonnés à l’indépendance en faveur du site plus abrité de Bhubaneshwar.

Nehru avait dècidè la construction de 3 cités planifiées : Jamshedpur, Chandigarh et donc Bhubaneshwar. En 1948, il chargea Otto Königsberger, juif Allemand émigré, de se charger de la ville modèle. Des unités, conçues autour du temple et de l’école permettaient aux résidents de vivre dans leur quartier comme dans leurs villages. On pouvait se déplacer à pied le long des larges rues arborées et ponctuées de parcs.

Les unités conçues comme des villages se concentraient autour des écoles et magasins. On pouvait s’y déplacer à pied sans bus le long des grandes avenues arborées.

Depuis l’indépendance, la ville a littéralement explosé. De fait la bourgade de à peine 15 000 hab en 1966 atteignait 300 000 hab en 2011. Elle frise aujourd’hui le million et demi. Néanmoins, cette explosion s’est accompagnée, fait rare en Inde, d’une croissance harmonieuse.

L’idée originale consista d’emblée à créer un plan d’urbanisme anticipant les nécessités à venir. Ainsi les larges avenus prévoient elles une augmentation de la circulation automobile et des besoins en parking. Les nombreux ronds-points permettent de fluidifier le passage d’un quartier à l’autre.

Le musée tribal

Ce musée est une pure merveille. Un joli parc réunit sur la gauche un centre de recherche, sur la droite la boutique et une charmante cafeteria. Au-delà, un premier bâtiment présente les arts tribaux. Une première salle s’intéresse aux différentes tribus, leur répartition géographique et démographique. Autour d’un cour une série de salles s’intéresse aux outils agraires, et de pêches, aux instruments de musique, aux vêtements et bijoux. La cour exhibe des autels et éléments religieux.

En contournant cet édifice on parvient à un second. Celui-ci met en lumière les tribus au moyen de diorama. Enfin, le fond du parc recrée des huttes, maisonnettes, l’habitat, les conditions de vie.

Une ville jardin

Il faudrait ajouter à la découverte de la ville une balade dans les grands et nombreux parcs de cette cité jardin, le zoo et les autres musées.

Bhubaneshwar est l’une des premières villes indiennes à avoir adhéré au projet smart city.

 Elle est en revanche l’une des rares à vraiment le vivre avec un soin dans le ramassage, par une armée de nettoyeurs. Un service d’embellissement des espaces publics existe même.  Il passe par exemple par la peinture de tous murs publics, la multiplication des espaces verts. La construction en unités de 1,2 km conserve un rythme de vie humain. Chacun peut vivre à l’intérieur de son quartier et en sortir au moyen de bus électriques.

La ville s’est dotée des institutions typiques d’une capitale d’Etat. Sans importance à l’époque britannique, Bhubaneshwar ne s’enorgueillit pas comme tant d’autres d’un palais du gouverneur et autres administration coloniales ou d’une belle gare victorienne. Néanmoins les bâtiments gouvernementaux bordent fièrement les grandes avenues centrales, tout comme le musée de l’Odisha. Celui-ci fait la part belle a l’archéologie régionale avec nombre de sculptures bouddhistes et jains, des bijoux, et de nombreux manuscrits.

Pour le touriste, habitué à une Inde sale et encombrée, la ville de Bhubaneshwar apparait, de prime abord, verte, propre et aérée.