Le thé boisson symbole

Cette quatrième et dernière partie du feuilleton des thés s’intéresse au thé boisson symbole de deux pays que tout semble opposer.

tableau representant un service à thé
Théière peinte par CBrousset

Le thé né en Chine, acculturé en Inde pour satisfaire les appétits financiers et étancher la soif des anglais, devient une boisson symbole pour ces deux contrées. C’est au XIXe que l’ensemble de la Société anglaise fait du thé la boisson nationale. En revanche, il faut attendre la fin du XXème pour que le chai devienne indissociable du sous-continent indien

Ritualisation anglaise du thé indien

Ayant mis tout le monde au boulot sans coup férir, les Anglais peuvent tranquillement siroter leur cuppa venue d’Inde ou d’ailleurs> Elle coûte d’ailleurs un prix sans commune mesure avec celle de leurs ancêtres de la période Géorgienne. Pour l’aristocratie, il convient maintenant de se démarquer de ce qui est en train de devenir une boisson nationale. La gourmande septième Duchesse de Bedford a l’idée d’inventer l’afternoon tea, ou low tea.,

Tableau de C Brousset représentant une table dressée joliment pour le thé avec macarons et fleurs
Tea Time, tableau de CBrousset

A l’époque, l’élite a coutume de diner tardivement, à la mode française. Et longue est l’après-midi qui s’étire entre le diner et le souper. Pour se sustenter sans perdre de sa superbe, la distinguée Anna de Bedford a donc l’idée ingénieuse de lancer la mode de cet afternoon tea. Le thé, servi dans des services rivalisant d’élégance. On l’accompagne de petits biscuits, scones et petits sandwichs de pain de mie coupés joliment.

boite de thé

Ce tea time considéré comme emblématique du raffinement britannique se prend en fait à 15h. Il comprend de nombreuses règles mais aussi des batailles, éminemment essentielles à la survie de la société.

Batailles de bienscéance

Convient-il en effet de verser le thé d’abord et d’y ajouter une goutte de lait ou de commencer par le lait froid pour éviter de casser la fine porcelaine en y versant brutalement de l’eau bouillante. ? Primordial également à la survie de l’humanité, tartine-t-on le scone d’abord de clotted cream puis de marmelade de fraises ou le contraire ?

Les classes moins favorisées elles, se mettent à l’abri de ces débats d’idées fondamentaux. Elles se replient sur le high tea, ou sorte de repas complet servi vers 17h30.

L’ère victorienne et le thé comme arme morale

Dans la suite du dix-neuvième siècle, la reine Victoria devenue impératrice des Indes et d’une grande partie du monde, va régler toute la vie de ses sujets. Elle formate tout de la tenue vestimentaire à la manière de consommer le thé.

tea time très victorien servi à l'hotel Durrands de Lonndres

Dans cette société puritaine et corsetée, le thé va connaitre un nouvel élan moralisateur grâce aux sociétés de tempérance qui l’opposent à l’alcool. On loue alors le thé consommé très sucré pour apporter des calories et tromper la faim des plus pauvres. Nourrissant, réchauffant et énergisant, il permet de contrer la consommation d’alcool, absorbé par les miséreux de la Révolution industrielle en butte au froid et à la faim.

Tout est donc en place pour l’avènement du thé des colonies. Reste à régler un détail, économiquement essentiel pour les sujets de sa grâcieuse Majesté. Il s’agit de s’assurer que les consommateurs britanniques préfèrent bien le thé indien au thé chinois. Un certain M Horniman entre alors en scène. Le saint homme du Capitalisme britannique a d’ailleurs un musée à sa mémoire.

Pour être honnête, c’est la fortune de ce monsieur qui a permis à ses descendants de se lancer en politiqu. Elle a aussi permis de faire bénéficier aux britanniques des largesses rendues possible par l’exploitation des colonies.  Avec un génie du marketing très Anglo saxon, il lui revient de diaboliser la production chinoise. On la peint alors comme de mauvaise qualité, mélangée avec de la boue. Dans ce cadre, on l’oppose à la production indienne contrôlée par la toute puissante compagnie des Indes orientales.

Et l’Inde ?

trois buveurs de thé autour d'un chawallah, vendeur de thé dans les rues de Chennai

Et l’Inde dans toute cela ? Car s’il est un fait établi que le tea time est une tradition anglaise et que le thé est la boisson symbole de l’Angleterre, que font les Indiens en dehors d’être réduits à ramasser les feuilles ? En fait il faut attendre l’indépendance pour que la boisson, déjà consommée au début du vingtième siècle par l’élite anglicisée, gagne les villes de province, ce grâce au chemin de fer. Après 1950, les campagnes sont peu à peu gagnées au gout du thé. Mais il faut attendre les années 1970 pour que cette boisson devienne un symbole national. Bien qu’unitaire, elle ne porte néanmoins pas le même nom entre le sud et le nord. Car si la terminologie Chai au Nord, c’est le mot Tea qui lui est préféré au sud.  C’est que le thé s’est diffusé par voie maritime alors que le chai lui venait par voie terrestre. C’est ainsi que le seul pays européen à boire du cha est le Portugal et ses colonies alors que le reste de l’Europe a adopté le thé, tea, tee.

pause thé dans les rues de Chennai

 Il est d’ailleurs incroyable de voir que la boisson symbole de ces 2 pays opposé que sont le Royaume Uni et l’Inde est la même. Mais le symbole lui diffère passablement. Si le thé indien symbolise l’unité nationale d’un pays très divers. Le thé anglais, quant à lui, affirme la toute puissance impériale de l’Angleterre victorienne à son apogée consommant le sucre des Antilles dans le thé d’Inde, avec du lait néozélandais.

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Tea

Une passion anglaise

Originaire de Chine, le thé, ou Tea devient rapidement une passion anglaise. Rapporté par les premiers découvreurs, il gagne rapidement toute l’Europe. Les Portugais puis les Hollandais en rapportant la petite feuille de leurs pérégrinations vont lancer une vraie mode en Europe et surtout en Angleterre.

Avant le Tea, une autre passion anglaise, le café

Et voilà en effet qu’avec la Renaissance, les voyages de découvertes et les missions religieuses, les premiers Européens entrent dans la danse. Le contact se fait d’abord par le truchement des missionnaires portugais puis des marchands hollandais. Des 1606 la première cargaison est attestée dans le port d’Amsterdam.

Des missionnaires fransiscains, relief à l'église de la Lumière, Chennai

Or les Anglais ont découvert entre temps le café et montent leurs premières maisons pour déguster la boisson dans le dédale de ruelles de la City de Londres. Une jolie pancarte bleue rappelle d’ailleurs le flair de Rose Pasqua ce grec d’origine qui ouvrit sur St Michael Cornhill la première de ces maisons de café, le premier café donc.

pancarte indiquant le premier café en 1652

Ces « maisons » deviendront bien vite des lieux d’échange. L’un de ces cafetiers, M Lloyd a même l’idée de transformer sa maison de café en lieu d’échanges d’informations financières. Situé tout près de ce qui deviendra la bourse, ce lieu d’échanges sera appelé à un avenir financier des plus assurés.

facade de la maison de thé Twinnings, représentant un chinois

Du coup, il faut attirer. Rien de tel pour cela que la nouveauté. Rapidement, les Anglais flairent la bonne affaire dans ces feuilles qui parfument l’eau chaude. Un certain Thomas Garway annonce le nouveau breuvage magique. En dépit des peurs du corps médical, la mode prend, d’abord mollement. Puis aidée par le mariage de Charles II en 1662, elle s’empare des élites. La mariée Catherine de Bragance, une princesse portugaise ne se déplace pas sans son thé et lance la vogue. Elle apporte aussi dans sa dot Bom Bahia, comptoir portugais qui deviendra Bombay.

La passion anglaise naissante du Tea

Les Anglais se lancent alors dans une course poursuite pour accaparer ce commerce qui promet d’être lucratif. Ils suppriment le monopole hollandais et créent leur Compagnie des Indes orientales.

Puis ils fondent sur la production chinoise. Ils en profitent pour taxer considérablement cette denrée de luxe que s’arrache l’aristocratie anglaise. Au passage cette politique de taxation leur coute le déclenchement de la guerre d’indépendance américaine.

Exaspérés que la métropole taxe aussi lourdement leur boisson, les bostoniens décident de la boycotter. Cet épisode de désobéissance civile en 1773 annonce la guerre d’indépendance. Nommée tea party elle reprend l’expression américaine de l’époque qui désigne simplement le five o’clock tea des élites britanniques.

facade de Twinnings sur le Strand, détail d'une des statues de chinois

A la fin du XVIIIe siècle, un tiers de la population boit du thé deux par fois par jour. Or, après la Guerre de sept ans, la Grande Bretagne taxe le commerce du thé dans les colonies pour se refaire une santé financière. Pour contre ces coûts prohibitifs, la contrebande fait rage sur le continent américain. Sauf à Boston où les Douanes anglaises contrôlent l’ensemble du trafic. Une campagne anti-anglaise agite la population dès 1770. À Philadelphie et à New York, des indépendantistes empêchent débarquement des cargaisons britanniques. En 1773, dans un acte de désobéissance, cent cinquante hommes jettent à la mer des caisses de thé britannique pour protester contre ces taxes. Les Anglais organisent alors des représailles. Cet incident annonce l’indépendance américaine, qui sera suivie de cinq ans de guerre d’indépendance.

Un produit de luxe

Surtout, face à la croissance du marché, la qualité de la marchandise baisse. Parallèlement, la Chine, en situation de monopole, augmente ses tarifs.  En Angleterre où le thé reste très taxé, la contrebande bat son plein. Pour la contrer le gouvernement Pitt décide d’abaisser ses tarifs douaniers et légifère avec la fameuse loi de 1784. Le prix du thé baisse et du coup la consommation britannique explose.

facade de Twinnings sur le Strand

Jusque-là le thé restait un produit de luxe.Une passion anglaise certes, mais réservée à l’élite. Dans les bonnes maisons, il était conservé dans des boites précieuses et consommé dans des services de plus en plus sophistiqués et raffinés. Les manufactures de porcelaine se développaient à mesure que le gout du thé s’affirmait. C’est dans ce contexte que le jeune Josiah Wedgwood a vu sa manufacture se développer considérablement.

tableau du V&A montrant un  tea time

 Les feuilles de thé étaient si couteuses, qu’on les réutilisait d’abord dans les étages nobles, puis à la cuisine chez les domestiques. A mesure que leur parfum s’estompait, elles descendaient l’échelle sociale. Ce ruissellement du thé si l’on peut dire permit peu à peu à l’ensemble de la société britannique de s’habituer à cette boisson exotique. A mesure, que les Anglais prenaient gout au thé, ils l’accompagnaient d’une consommation croissante de sucre en provenance cette fois des Antilles.

Une consommation croissante et de plus en plus populaire

La vogue du thé en Angleterre s’accompagna ainsi de changements dans la façon de le boire, non plus pulvérisé mais infusé et accompagné du lait crémeux anglais et du sucre d’Amérique. La consommation grandissant, le besoin de récipients s’accrut et fut à l’origine du développement local de services à thé fabriqués localement.

services à thé anciens au V&A

Tout cela coutant fort cher, les Anglais conçurent peu à peu l’idée d’échapper au monopole chinois et de créer leurs propres réseaux de thé.

En effet, cette croissance de la consommation mettait en péril la balance des échanges britanniques. Car la période correspond à l’extinction des gisements d’argent d’Amérique et par conséquent à une crise fiduciaire. Pour éviter un désastre financier et surtout échapper au monopole chinois sans se priver de monnaie, les Anglais cherchèrent alors à maitriser leurs échanges. En l’occurrence, ils se mirent en quête d’un produit que les Chinois seraient disposés à acquérir coute que coute. Ils se rendirent vite compte de l’attrait grandissant de l’élite pour l’opium.

Cette prise de conscience mena les Anglais à tout tenter pour assouvir leur passion pour le thé.

Le doublage du cinéma indien

Le doublage du cinéma indien est monnaie courante et plus particulièrement dans les régions du sud. En effet, l’une des particularités du cinéma indien est de devoir composer avec la multitude de langues et donc de devoir offrir des possibilités de sous titrage et de doublage.

Photo Aura Studio

La problématique linguistique au cœur du doublage du cinéma indien

Le sous-continent compte en effet plus de 20 langues officielles. Celles du Sud, dravidienne n’ont aucune base commune avec celles du nord. Du coup le cinéma s’adresse non pas au milliard et demi d’habitants mais à une portion d’hindiphones, tamoulophones ou autre.

studio de doublage à Chennai

Si l’hindi s’impose relativement dans le Nord et peut être compris dans de nombreuses provinces il est en revanche très mal considéré dans certaines régions au sud du Plateau du Dekkan et notamment dans le Tamil Nadu. Une grande partie du public peu éduqué ne va en effet voir que les films tamouls, ou à défaut doublés en Tamoul. D’où le développement de studios dans chacune des grandes capitales régionales et linguistiques. Ainsi Tollywood produit le cinéma du Telangana et de l’Andhra Pradesh dont la capitale conjointe est Hyderabad. Ce cinéma a particulièrement le vent en poupe avec deux énormes succès récents Baahubali et RRR, couronné récemment par l’oscar de la meilleure musique originale.

double affiche de Bahu Baali, l'une en tamoul, l'autre en Telougou

Kollywood, un cinéma restreint au Tamoul

A Chennai, ce sont les studios de Kollywood qui diffusent un cinéma en Tamoul. Cependant ces cinémas pour gagner une audience plus large sont souvent tournés en plusieurs langues.

Baahubali est peut-être justement l’exemple le plus connu de film tourné en telugu, sa langue d’origine et simultanément en tamoul. Un seul des acteurs est Tamoul et célèbre. La plupart des acteurs se sont doublés eux-mêmes. Seuls les plans rapprochés sont tournés une nouvelle fois dans la seconde langue de manière à faire coïncider le mouvement des lèvres et le son.

 Dans certains films, même les inscriptions changent selon le public concerné. Il ne faut pas oublier qu’une grande partie du public n’est que faiblement alphabétisée. Elle n’est surtout pas forcément alphabétisée dans la langue de son état de résidence et ne peut donc pas lire de sous titres ou pas suffisamment rapidement. Les différentes langues indiennes ne reposent effectivement pas sur le même alphabet. Ainsi lire dans sa langue d’origine n’implique pas que l’on puisse lire une autre langue pour autant pratiquée à l’oral. On pourrait ici parler d’analphabétisation relative. C’est pourquoi, les sous-titrages en anglais sont relativement fréquents. L’anglais est en effet la langue la plus commune et la plus utilisée dans les études.

Pathaan en Hindi

Les studios de doublage du cinéma indien abondent, disséminés un peu partout dans Chennai. Cependant, ils s ne sont pas toujours très visibles. Le studio typique consiste en une salle insonorisée avec un pupitre et un gros micro, un écran de cinéma de petite taille à quelques mètres en face, et les ingénieurs du son avec leur matériel audio derrière une vitre.

Le doublage une activité florissante

Depuis les années 2000, le doublage est devenu une activité florissante grâce notamment aux progrès dans le digital. Les ingénieurs du son ont affiné leur spécialité et recalent les voix ou les modifient le cas échéant pour correspondre au personnage. Les doubleurs, eux, ne doublent plus forcément un artiste mais plusieurs, en fonction du sujet ou du personnage. Le milieu s’est modernisé, et même syndicalisé. Doubler en Inde est aujourd’hui un métier reconnu, voire recherché. Du fait de la professionnalisation croissante, les interprètes de doublages sont de plus en plus connus. Mais également de plus en plus chers. Aujourd’hui, pour accéder à ce métier de plus en plus valorisé et recherché, il existe même des formations universitaires.

Les acteurs de doublage, car il s’agit de véritables acteurs, travaillent uniquement en post production. La plupart du temps, leur scène se limite à un studio. On leur demande un échantillon de voix qui doit coller à un ou plusieurs personnages mais surtout à des situations. Car tels de véritables acteurs, les doubleurs se doivent de faire passer les émotions par leur simple voix.

Pathaan affiche en tamoul d'un film hindi doublé

Lors du doublage, le nom du film n’est pas toujours connu, il peut être donné bien en amont du montage. Chaque scène fait l’objet de nombreux essais pour bien caler la voix à l’image. L’acteur ne reçoit pas de script mais un papier un stylo qui lui permettent de noter les dialogues des  scènes qu’il visionne. Cela permet de vraiment interpréter le rôle. La difficulté consiste à coller à la durée du mouvement des lèvres des acteurs visibles à l’écran et à l’intonation voulue par le réalisateur.

Le doubleur un interprète dans tous les sens du terme

matériel de prise de son

Les langues sont variées. On peut ainsi demander à un artiste du sud de doubler un acteur hindi en plusieurs langues dravidiennes. Il n’est pas rare en effet que les acteurs maitrisent plusieurs langues. Il arrive qu’un doubleur puisse doubler en 2, 3 voire 4 langues du sous-continent indien. Certains indiens ont en effet des parents de régions, et donc de langues, différents. D’autres sont scolarisés en deux ou trois langues. D’autres encore, parce qu’ils changent d’Etat pour une raison ou une autre, se voient contraints à apprendre une ou plusieurs autres langues. Il n’est donc pas rare que les Indiens parlent, sans forcément écrire, trois, quatre voire plus de langues en plus de l’anglais. On a alors affaire à des véritables spécialistes de l’interprétation au sens large. En effet il s’agit d’interprétation en matière linguistique et au sens théâtral.

Pains

De quels pains indiens parler en Inde, civilisation du riz? Depuis la révolution néolithique, vers -5000 l’Inde est devenue une civilisation du pain. Mais faut-il parler du naan synonyme de nourriture indienne partout dans le monde ou de quel autre type de pain ?

Selon les régions le grain varie en Inde. Entre le nord producteur de blé et le sud cultivateur de riz, deux mondes s’affrontent en effet. J’avais déjà survolé le sujet lors d’un précédent article.

Voici 10 pains indiens pour s’y retrouver au petit déjeuner.

Petit déjeuner typique du sud, photo Catherine Girod

5 Pains au blé dans le nord

Chapati, le pain de base
  • Le Roti est le nom générique des pains indiens. Le double roti est d’ailleurs le mot local pour le hamburger.
  • Le Chapati est un petit pain plat fait avec de la farine non levée (moitié blanche moitié complète) et de l’eau.  Il est si populaire en Inde du Nord qu’il a donné son nom à la révolte du 10 mai 1857. Les cipayes, troupes indiennes commandées par des officiers européens, se sont alors rebellées et ont pris Dehli. Cet épisode tragique de la colonisation britannique a commencé avec une chaine humaine. Chaque gardien de village remettait effectivement 2 chapatis au gardien du village d’à côté avec pour mission de redistribuer à 5 villages proches. Grace à ce signal, l’insurrection mit moins de 10 jours pour s’étendre à la vallée du Gange. Malheureusement, elle fut étouffée dans un long bain de sang.
  • Le Naan est un pain de farine levé cuit dans un four d’argile, le tandoor. On peut le manger fourré au fromage, aillé ou couvert de graines.
  • Le Puri est une galette de farine de blé gonflée dans l’eau bouillante. il accompagne les plats de pois chiches en sauce, ghana masala ou chole, Cette galette gonflée et vide à l’intérieur et frite accompagne généralement les plats végétariens
  • Le Papadam ou popadum est une fine galette croustillante relevée à base de farine de lentilles grillée ou frite. Elle complète le thali, repas végétarien du Nord ou le tifen du sud. Dans le sud d’ailleurs, on l’appelle apalam. On la mange aussi en guise de gouter ou d’apéritif.
Le même chapati, prétexte à une déferlante de Side dishes

5 Pains indiens généralement de lentilles et riz au sud

Globalement, les Indiens du sud consomment assez peu de farine de blé. Les idlis et dosas du matin voire du diner sont confectionnés avec de la farine de riz, ou de lentille voire de millet. Le nom et la forme de ces pains indiens dépend de la poêle utilisée en fait et du mode de cuisson.

le traditionnel dosa , pain typique du sud de l'Inde
le traditionnel dosa du sud
  • Les Idlis sont des petits pains de riz et lentilles cuits à la vapeur trempés dans une sauce pimentée ou chutney.
  • Le Dosa est une crêpe de farine de lentilles et de riz fermenté, grillée. Elle peut être fourrée de pdt, oignons. Elle s’accompagne en général de chutney de coco et de sambar, un ragout de légumes épicé.
  • Le Parotta ou paratha contient lui de la farine de blé blanche maida. Cette galette feuilletée se cuit avec de l’huile. On la sert nature ou avec chutney ou fourrée de légumes épicés ou pommes de terre ou viande.
  • L’Uttapam, ressemble à un pancake avec une pate similaire à celle des dosas et idlis.  Plus épaisse on la mange souvent avec légumes et coco.
  • Enfin, les appams sont des crêpes de farine de riz et eau plus dodues au centre et fines sur les côtés. Originaires du Kerala, on les mange avec de la coco
et l’idli tout aussi traditionnel au sud

Le pain une alternative au riz dans le sud

Jusqu’à récemment, les repas comportaient néanmoins presque toujours du riz. Mais les chapatis ou dosas ont tendance à remplacer le riz du soir dans une volonté de lutter contre le fléau local : le diabète.

riz parota et sides
  • A midi, le repas se compose de riz. Il en va de même le soir si le déjeuner s’est résumé à une tifen box, ou lunch box, moins complète. Celle-ci se compose en général de 3 étages, pour le riz, le side dish et la sauce.  Le side dish peut se réduire à un œuf ou des légumes non liquides (vegetable pouriel). La sauce s’appelle aussi colombo à la viande, aux poissons, ou aux légumes. C’est une version minimaliste du déjeuner traditionnel composé de riz et d’une multitude de petits à cotés.
  • Le riz peut se présenter sous des formes variées, au citron, biryani (plat de fête), au yaourt, aromatisé ou blanc. Il constitue la base de l’alimentation, à tel point que la racine du mot nourriture/ manger est sapad (riz cuit= riz bon à manger).
  • Au contraire, le arici n’est pas cuit et correspond au riz en sac, le neileu est lui le riz dans les rizières. Comme les inuits ont de nombreux mots pour designer la neige, les tamuls eux précisent l’état du riz dans leur vocabulaire même.
chapati et autres side dishes
  • Outre les petites sauces et assortiments de légumes plus ou moins très épicés, le repas s’initie avec un sambar, soupe de légumes et de dahl épicé. Puis vient le riz. Le tout se termine avec du rasam, un bouillon d’eau, très liquide à base de tamarin, de tomates, de cumin et de beaucoup voire beaucoup beaucoup de poivre. Il est sensé aider la digestion.
  • Les sucreries et fruits s’absorbent à intervalle des repas. Les desserts sucrés quant á eux s’apprécient pendant les fêtes.  

Légumes

 Les premières sorties au marché en quête de légumes indiens peuvent s’apparenter à des découvertes parfois affolantes. Mais si vous devez préparer votre pitance et n’êtes pas habitués aux ressources locales, vous pouvez parfois vous retrouver « lost in translation ». Alors voici un petit guide.

1/Piments

Parce qu’il faut bien un paragraphe complet pour traiter de ces légumes indiens pas si légumes et pas si indiens. Il s’agit en effet de fruits. Pour autant, sauf à assaisonner des ananas trop peu sucrés, on les consomme essentiellement salés.

Le piment vert est supportable

-Les piments, indissociables de la cuisine indienne

Contrairement à ce qu’on pourrait penser, le piment n’est pas endémique de l’Inde. Encore un apport mexicain ! Vasco de Gama le navigateur portugais en gagnant l’Inde ouvre la voie à la transmission de racines et légumes d’un continent à l’autre. Pourtant aujourd’hui la cuisine indienne qui épiçait alors au poivre ne s’imagine pas sans piments.

Mais il en existe de nombreuses variétés plus ou moins fortes.

Avant de continuer, Première recommandation très importante en Inde, si vous trouvez un plat trop piquant surtout évitez l’eau. Tournez vous vers les laitages, meilleurs extincteurs de feu. Pourquoi croyez vous que les repas indiens incluent lassi, curd ou raita . En effet, la caséine du lait baisse la capsaïcine du piment.

L’échelle de Scoville mesure d’ailleurs la concentration de capsaïcine et le piquant du piment.

Les petits rouges ridés vous pouvez y aller

Quelques types de piments

En gros les rouges vermillon sont des tueurs d’européens, les rouges secs et ridés et les verts supportables. En revanche il ne faut même pas s’approcher en rêve des petits oranges

  • Les piments Guntur, petits rouges et pointus viennent de l’Andar Pradesh et sont très très forts.
  • Les piments Byadagi, rouges et longs mais séchés et ridés viennent eux du Karnataka et épicent moins fortement les sambar et rasam, ils colorent joyeusement les plats
  • Les Piments du Kashmir, rouges ridés et d’aspect sec proviennent des régions du Nord. On les trouve principalement en poudre et ils s’emploient dans la cuisine quotidienne car ils ne sont pas trop forts. Eux aussi colorent les plats
  • Le Ghost pepper en revanche est dangereux, orange et petit il est l’un des plus forts du monde. Les fermiers l’utilisent d’ailleurs pour tenir les éléphants à distance.
  • Le Jwala chilli originaire du Gujarat, est vert et long et absorbable à dose homéopathique.
  • Le Bird’s eye chilli . Encore un petit rouge dangereux, venu du Kerala et utilisé pour les currys locaux, il faut le tenir à distance.
  • Le salem Gundhu bMilagai, lui aussi rouge et ridé, donc pas trop épouvantable est le local de l’équipe dans le Tamil Nadu.

2 / Légumes indiens verts

Evidemment les étals de légumes indiens abondent en choux fleurs, voire haricots kilométriques mais on fait moins le malin quand on se retrouve face à une snake gourd ou un pied d’éléphant. Alors suivez le guide !

Les choux-fleurs même pas peur !

– Les okra ces baveurs

L’okra ou lady finger se trouve en Afrique, en Asie et en Amérique du sud. Attention, l’eau le fait copieusement baver. Si vous ne voulez pas vous retrouver collé au plafond de votre cuisine, neutralisez-le avec du citron ou de l’huile. Il se mange en sauce tomate ou frit.

-mon chouchou

Appelé christophine ou chayote dans les Antilles, le chouchou a un gout de navet et s’améliore considérablement grâce à des préparations, rissolé avec des lardons et oignons puis cuit en gratin c’est un délice.

– surtout ne pas être trop gourde

very bitter gourd

A défaut de gout, Il y en a de toutes les formes les tailles. Comme tous les légumes, les Indiens les coupent en dés et les intègrent à des préparations épicées. Attention néanmoins au bitter gourd vraiment terriblement amer. Cette espèce de cornichon frisoté est parait-il très bon à la santé. Ce qui est toujours mauvais signe pour décrire le gout d’un aliment. De fait il vaut mieux le blanchir, le vider de ses graines, le peler et le mélanger à beaucoup beaucoup de pomme de terre, de crème de ce que vous voulez pour l’ingurgiter. Excellente punition si vous voulez vous venger de quelqu’un.https://timesofindia.indiatimes.com/life-style/food-news/different-types-of-gourd-their-benefits-and-how-to-prepare-them

Ashgourd,à vous de juger

3/ Légumes indiens et légumineuses

– sa majesté l’aubergine

Voici enfin une autochtone. Si la grande majorité des légumes indiens viennent en fait d’extrême orient et d’Amérique centrale, la Brinjal elle est née en Inde. On en trouve d’ailleurs des tonnes de variétés toutes délicieuses, petites à déguster caramélisées, grosses, vertes, allongées elles sont essentielles à la gastronomie indienne

Profusion des légumes indiens : Binjal, ou petite aubergine

– le règne de l’oignon

Autre incontournable parmi les légumes indiens et né sur le sous-continent, l’oignon. Il est roi sur les étals. L’inde est d’ailleurs le plus gros producteur d’oignons au monde

des oignons par milliers

– les ignames (yam)et pied d’éléphant

des ignames

Ces espaces de racines terreuses peu appétissantes recèlent des trésors pour la santé. Elles sont surtout nourrissantes, ce qui dans des pays pauvres est une énorme qualité. Ces tubercules calent autant que du riz et permettent un petit changement de régime, ce n’est déjà pas si mal. On en fait de la farine ou on les utilise dans l’ayurvédique. Certaines formes se retrouves dans toutes les zones tropicales. Le pied d’éléphant est typique des marchés du Tamil Nadu. Encore une fois, la diversité des épices et préparations permet d’avaler ce genre d’aliments caché dans une sauce…

Ignames, oignons et Pieds d’éléphants, toute la variété des Légumes indiens

Ou acheter toutes ces merveilles à Chennai ? outre les multiples petits marchés de rues, vous pouvez magasiner dans les supermarchés de légumes genre Nilgiris, Pazham mundir ou fruit n fresh ou Sunny bee. Les plus branchés peuvent préférer Garden Gourmet en ligne. Les plus routards peuvent se rendre dans l’immense marché de Koyambedu divisé en 3 sections : fleurs, légumes et fruits.

Donner

Donner aux enfants démunis du Tamil Nadu

Dans une salle de classe

Il existe une multitude d’Organisations non gouvernementales dont le but est d’aider les nécessiteux et surtout de donner aux enfants démunis. Voici 3 associations francophones œuvrant à Chennai ou autour. Leur but est de soutenir des enfants de milieux très défavorisés par des circuits courts. Chacune a donc ciblé des écoles ou types de population en grande difficulté et s’applique à soutenir des fondations indiennes. Eviter le maximum de rouages administratifs en s’appuyant sur des bonnes volontés locales identifiées garantit que le don atteint celui qui en a besoin.

une crèche financée par Heart For India

Chacune de ces organisations répond au défi énorme de la scolarité des plus pauvres à sa manière. Si vous ressentez le désir bien légitime de contribuer à ces jolis projets, voici leurs coordonnées et leurs besoins.

Heart for India

Heart for India a été fondée à Genève par la Princesse Sturdza en 2005.  L’idée est de donner aux enfants démunis du Tamil Nadu un accès à l’école. Cette Organisation purement genevoise cherche à motiver les enfants des quartiers miséreux de Chennai (et surtout les familles) à venir régulièrement à l’école dans des conditions correctes.  

la Princesse Sturdza et les enfants du Programme Heart for India, copyright HFI

Celle-ci finance les programmes dans les écoles d’état sélectionnées et assure les repas. Cette idée géniale assure la stabilité de la fréquentation scolaire. L’ONG assure également l’apprentissage de l’anglais, nécessaire pour la pousuite des études. Elle lutte également contre la mal et la sous nutritution et s’applique à enseigner le self défense aux jeunes filles.

le garden kitchen financé par Heart for India, copyright HFI

IEA Trust

IEA trust. Cette ONG indienne s’applique à donner aux enfants démunis du Tamil Nadu une aide extra solaire. Il s’agit en effet de soutenir les petits villageois hors castes. Elle cherche à apporter un soutien logistique à des enfants laissés pour compte par le système social très hiérarchique de l’inde. Ces programmes ciblent l’école mais aussi des activités de soutien pour éviter le décrochage des élèves en difficultés. Elle accorde aussi des bourses pour aider les enfants à aller plus loin dans leurs apprentissages. Deux associations françaises l’appuient : Inde Educ’Actions et Educadev.

Des enfants en soutien scolaire

Inde Educ’Action https://inde-education-actions.org/ est une association de Montpellier. Son site, très bien fait, permet de mieux comprendre la problématique scolaire pour les Indiens le plus pauvres.

une terrasse utilisée en salle de classe

Educadev Cette association créée par un groupe d’amis d’amis en 1991 s’applique à soutenir des projets visant la scolarité d’enfants démunis à travers le monde. En l’occurrence, le donateur peut choisir de manière ciblée le projet qui lui tient à cœur.

des enfants soutenus par IEA trust

Points coeur

Points cœur est une organisation catholique qui vise à réconforter les plus déshérités. Il s’agit ici de donner aux enfants démunis du Tamil Nadu mais aussi aux personnes handicapées ou au plus nécessiteux de la compassion et de l’aide matérielle.

Fondée en 1990, elle est présente dans le monde entier et cherche à « réconforter le plus démunis ». L’objectif est plus large que la simple scolarité. A Chennai, les laïcs et religieux se concentrent sur les habitants les plus démunis des bidonvilles.

alphabet tamil

La visite d’écoles, via les 3 associations et fondations, permet de se rendre compte des problèmes liés à la scolarisation des plus pauvres en Inde. On comprend à quel point l’alimentation, l’hygiène jouent un rôle essentiel mais aussi les mariage précoces, l’éloignement ou le manque d’information. On voit également le poids de l’Anglais en Inde mais surtout dans le Tamil Nadu . Cet Etat s’oppose en effet farouchement à l’apprentissage de l’Hindi au nom de l’identité tamoule. Renée, en charge d’une ONG américaine, me confirme qu’elle rencontre le même type de problèmes à savoir la formation d’enseignants d’anglais et leur affectation dans les quartiers déshérités. Faute de maitrise de cette langue de communication, les enfants ne pourront en effet pas faire d’études supérieures, ni travailler dans des postes autres que subalternes

des enfants villageois attentifs

Venir

Ça y est vous vous êtes décidé à venir à Chennai et avez même comparé les tarifs aériens. Air France a malheureusement suspenu ses 3 rotations directes par semaine depuis Paris. Emirates, Lufthansa ou Qatar Airways entre autres proposent des connexions souvent parfois un peu sportives.

Préparatifs pour venir à Chennai

Alors première étape essentielle avant de venir à Chennai : le visa.

Il vous faut vous y prendre 1 mois à l’avance pour le e visa. Munissez-vous de photographies d’identité au format américain carré numérique.

Précautions sanitaires avant de venir à Chennai

Deuxième étape, les vaccins éventuels, à moins de venir vous installer dans la campagne, rien de vraiment obligatoire. La fièvre jaune, la rage et l’hépatite A sont conseillés mais en 1 semaine ou 2 vous n’êtes pas obliges de sortir trop des chemins battus et de prendre des risques sanitaires. En revanche conservez à l’idée que vous arrivez dans un pays tropical dit en développement donc les normes ne sont pas toujours les mêmes. Il faut toujours demander de l’eau bouchée, éviter les glaçons. Vous munir d’anti-moustiques, de gel hydroalcoolique, de sérum physiologique (pour les yeux, allergies…) n’est pas inutile. Vous munir de votre gobelet de vos couverts n’est pas hors de propos. Vous pourrez tout à fait les trouver sur place. Idem pour le chapeau, les lunettes de soleil, le parapluie.

L’argent en avoir ou pas

Pour l’argent inutile de vous en préoccuper avant vous changerez en arrivant et surtout des quantités minimales. Les roupies ne sont pas convertibles donc inutile d’en rapporter sauf si vous voulez montrer la tête de Gandhi au retour en France. La moindre boutique est équipée d’un terminal et on trouve des tirettes partout. Cela étant pour éviter les frais de conversion, il vaut mieux estimer vos dépenses et tirer une bonne somme en conséquence au début de votre séjour. Depuis quelques mois néanmoins, le compte Revolut convertit en roupies. il ne s’agit pas ici de publicité, je n’ai pas de lien d’affiliation. Cependnat, cela vaut le coup de vérifier le statut de vos banques en ligne.

Pour le téléphone, l’achat de puce est quasi impossible en Inde. Mieux vaut prendre une extension de votre forfait pour la durée de votre séjour.

Les bagages

On trouve de tout en Inde ou pratiquement. Si vous êtes blonde, avez besoin d’un shampoing particulier, d’une crème ou d’un traitement spécial, il vaut mieux la prendre. Mais les médicaments se trouvent partout, génériques et à prix ridiculement bas. On les trouve quasiment vendus à l’unité. Pour l’instant , nous n’avons pas de troisième œil ou de troisième bras.

Pour vos chargeur et ordi, là encore venir à Chennai équivaut à arriver dans une caverne d’Ali baba. Cela étant les prises ne sont pas les mêmes.

Guides/ Livres

Vous pouvez emporter avec vous un guide papier. En ce cas laissez tomber le routard, préférez le Lonely ou équivalent. Quelques sites se distinguent pour la préparation d’un voyage dans le sud de l’inde. Le mien évidemment, mais aussi

A propos de livres, si vous êtes anglophones ne vous chargez pas. On trouve en effet de très bonnes librairies à Chennai. Elles offrent des ouvrages à des prix incroyablement bas. Alors pourquoi bouder son plaisir. J’ai un faible pour la magnifique boutique de Higginbottams dont certains ouvrages sont vendus à l’aéroport ou dans la jolie chaine de cafés littéraires writer’s cafe.

Vêtements

Inutile de vous charger de vêtements. Ici il faut s’habiller léger mais couvrant. Les bras et les jambes nus sont mal venus. La décence est de rigueur. Même sur la plage. Donc vous pouvez venir avec des valises vides que vous remplirez sur place car la mode est moins chère. En revanche je vous conseille d’emmener votre maillot de bain. Les Indiens ne nagent guère et ne se déshabillent pas donc si vous voulez vraiment nager, équipez-vous en France. Pour le reste Decathlon offre de tout à prix indien, même les bonnets et les doudounes. Néanmoins, vous pouvez embarquer une cargaison de mi bas transparents qui vous permettront de contourner l’obligation de vous mettre pied nu dans les temples sans être trop remarqués.

En revanche vous pouvez tout à fait apporter un vêtement que vous aimez pour le faire copier. Les tissus abondent et il vous suffira d’aller choisir dans les multiples boutiques de T Nagar.

Douceurs de France

Vous voulez apporter des douceurs françaises, alors malheureusement surtout pas de chocolat. Il fait beaucoup trop chaud tout fond. Eventuellement des tablettes de noir et encore (quoiqu’en ce qui me concerne la tablette aux amandes salées ou aux noix de cajou supporte le réfrigérateur) mais trop dommage de mettre des vrais bons chocolats au réfrigérateur.

Amul, le chocolat local sucré à la date qui ne fond pas

En revanche si vous avez besoin de vin, il faudra l’apporter.  Les douanes autorisent 2 bouteilles en soute ou au duty free. Le vin de qualité est quasi introuvable à Chennai.

Si vous avez besoin de votre expresso matinal, là aussi, il vaut mieux vous munir de votre cargaison. On trouve du nescafé à prix fort, sinon c’est du café à la chicorée ou le filter coffee spécialité du Tamil Nadu ¾ de lait épais et une giclée de café très sucré. Le thé c’est bon aussi…. J’espère qu’avec ces quelques éléments vous êtes maintenant prêts à venir à Chennai 

Circuler

Circuler à Chennai peut s’avérer sportif mais pas insupportable comme dans le nord ou dans certains pays du Moyen-Orient. Chennai n’est pas le Caire ou Beyrouth, loin de là. Certes, l’on croise des vaches, chiens sur la route. Certes, des trous obligent parfois à des détours, des barrières de police ralentissent une circulation déjà dense et chaotique. Pour autant, si les trajets tendent à durer, la circulation est supportable.

Pour circuler à Chennai, la location de voiture est déconseillée si vous ne parlez pas la langue locale et ne possédez pas 5 paires d’yeux.

Alors comment se déplacer ?

Circuler à l’occidentale

  • Taxi, voiture avec chauffeur, la solution de facilité. Si vous venez pour affaire, votre société pourvoira à la voiture avec chauffeur. Il deviendra vite indispensable, alors autant s’habituer à son anglais rapidement et s’en faire un allié. Pour le taxi, il faut vraiment discuter le prix à l’avance et ne plus y déroger.
  • Avion : très facile d’une ville à l’autre, les Indiens ont l’habitude de se déplacer sur le vaste sous-continent. https://www.goindigo.in/
Un métro tout neuf
  • Métro : à Chennai le métro est extrêmement sûr, neuf et tout propre. Cher pour les locaux, il est assez peu fréquenté et donc idéal aux heures de grande circulation. Annonces et destinations sont indiquées en tamoul et en anglais ce qui le rend facile d’utilisation. Vous pouvez acheter vos billets en avance sur internet https://tickets.chennaimetrorail.org/onlineticket/svc  (moins cher) ou directement au guichet. Sur l’appli, il vaut mieux n’acheter q’un billet à la fois, (car l’appli ne semble garder en mémoire que le dernier billet acheté). Comme dans les aéroports, il faut passer aux rayons X et à la fouille, donc prévoir ce petit temps et compter 10mn entre chaque passage de rame. Il y a une ligne directe (sans changement) de l’aéroport au centre ville. La station se trouve entre le terminal domestique et le terminal international et on la rejoint par des tapis roulants au 1er étage. Les deux wagons de queue sont généralement réservés aux femmes d’où des regards courroucés en cas d’erreur.

Plus local

  • Auto : le plus folklorique et facile. L’auto ou Ato est en tamul ce que le tuk tuk ou rikshaw est en extrême orient. Comme le taxi, on peut le héler dans la rue ou utiliser les app Uber ou Ola. https://www.olacabs.com/ Un petit bémol, l’auto ne vient pas vraiment toujours vous chercher, c’est à vous d’aller le trouver, sinon il prend quelqu’un d’autre . En dehors de Chennai, ces deux applications servent surtout à avoir une idée du prix plancher. Rarissimes seront les autos ou taxis à accepter la course. Il faut donc s’attendre à marchander.
  • Le train. Si vous aimez la foule, disposez de beaucoup de temps et cherchez le folklore, prenez donc le train. Pour un long trajet mieux vaut ne pas avoir besoin d’aller aux toilettes. https://www.indiantrain.in/.
  • Bus de ville ; il ne coute vraiment pas grand-chose. Mais si vous ne maitrisez pas le tamul, il est quasi impossible à prendre. Les arrêts sont pris d’assaut et les portes ne ferment pas, il vaut mieux s’accrocher.
  • Marcher, malgré les encombrements, la chaleur, les trous, la quasi-absence de trottoir, c’est tout à fait possible si vous aimez vraiment marcher. 

Manger

Manger à Chennai est une véritable aventure. Déjà en termes d’ustensiles. Les locaux mangent avec les mains sur une feuille de bananier. L’idée est de former une boule de riz humectée de sauce, sambar ou chutney.

Que manger à Chennai ?

 Faute de blé on mange des produits à base de riz, lentille et des tas de farines inconnues. D’où de grands moments de solitude dans ce paradis du sans gluten. Ici les galettes de blé laissent la place aux idli et dosa ou encore uttapam.

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Il s’agit de la même pâte de farine de pois chiche et lentille cuite de manière différente. Les plus communs, les idlis sont cuits à la vapeur, alors que les dosas en sont une version sautée croustillante, fine et large de type crèpe grasse. L’uttapam ressemble lui à une pancake.

Ces galettes s’accompagnent de soupe, razam https://www.vegrecipesofindia.com/sambhar-recipe-a-method-made-easy/ ou sambar et de petites sauces. Les chutney ne sont pas des confitures non sucrées comme chez nous mais des mélanges à la noix de coco, à la tomate ou au basilic. https://www.indianhealthyrecipes.com/recipes/chutneys/

Globalement, la nourriture n’est pas très forte. Epicée, savoureuse, grasse mais sans abus de piment. En revanche, il vaut mieux ne pas avoir d’allergie à l’huile, au sucre, ni au lait. Premier producteur de lait au monde, l’Inde en consomme aussi beaucoup. Peu de fromages, sinon le Paneer, sorte de mozarella accommodée à toutes les sauces. En revanche le yaourt abonde sous le nom de curd. Le lassi est vraiment l’ancêtre du Yop.

Les fruits et légumes ont de quoi surprendre. On trouve des « gourdes » de tous genres. Il s’agit de légumes verdâtres, en forme de cornichon. On en trouve de toutes les tailles du petit cornichon à la courgette transgénique. Certains sont poilus, clairs, foncés, à taches ou sans, avec protubérances ou non, amers ou insipides.

Boissons

On trouve également toutes sortes de boissons lactées, à l’anglaise comme le Horlick (malt) ou plus locales comme le rose milk ou le badaam milk (lait aux amandes, différent du lait d’amandes). Le thé se boit avec des épices, très sucré et très lacté « masala tea ». Quant au filter coffee, spécialité du Tamil Nadu, c’est un café chicoré servi avec ¾ de lait entier chaud sucré. Il est servi brulant dans un petit verre en métal et une soucoupe haute. L’idée est de tansvaser le mélange pour le faire refroidir. Amateurs d’expresso, passez votre chemin.

Pour les boissons de type limonade, voire les boissons lactées, il convient de préciser si on désire boire sucré, sans sucre, ou salé. Eh oui ici on boit le lassi ou le jus de citron salé aussi.

le café filtre, grande spécialité du Tamil Nadu, à la chicorée et au lait

 Le Tamil Nadu se caractérise également par sa politique anti-alcool. Le vin y est rare, mauvais et exorbitant. Trouver les magasins Tasmac, seuls revendeurs d’alcool autorisés, relève du défi. Ils sont bien cachés, autant se fier au GPS. Mieux vaut imprimer la liste de prix conseillés et la brandir au moment de payer, car les vendeurs pratiquent des tarifs aléatoires. https://tasmac.co.in/

A Chennai comme ailleurs en Inde, des boutiques d’Etat garantissent aux plus pauvres des rations à bas prix. Ce système,mis en place par les britanniques entre les deux guerres, permet logiquement aux plus démunis de s’approvisionner en blé, sucre, kérosène.

Bienvenue

Pour se sentir bienvenue à Chennai, il va falloir tordre le cou aux idées reçues.  Alors, d’emblée, voici mes premières impressions et surprises. Les premiers défis, sans parler de transports ou de nourriture qui feront l’objet de prochaines publications.

Fils electriques

Bienvenue a Chennai et Premiers défis : chaleur, eau, misère

-La chaleur et l’humidité.

Le climat représente un vrai défi et empeche de se sentir bienvenue a Chennai. Même hors mousson, l’humidité atteint des pourcentages inenvisageables dans nos contrées tempérées et décuple la sensation de chaleur. Inutile de consulter la température, de toutes façons supérieure à 25 toute l’année (voire à 35/40 en Mai juin). C’est le degré d’humidité qui impacte bien ou mal être. Dans le sud, la mousson est tardive (Octobre Novembre) et n’empêche pas les pluies estivales. Les grandes chaleurs anticipent celles du reste de l’hémisphère Nord (Mai Juin). Les mois les plus plaisants sont donc décembre/ Avril.

le chaos d’une grande ville

Quelle que soit la saison, le soleil et l’humidité imposent quelques précautions. Lunettes de soleil, crème solaire et surtout anti-moustique sont fondamentaux.

L’eau n’est pas toujours bien traitée a Chennai

Elle pose problème à tous niveaux. Si elle tombe du ciel, c’est en trombe, sinon elle se fait trop rare. S’il s’agit des rivières, elles sont toutes réduites à l’état d’égout. Il faut donc les éviter pour ne pas succomber aux odeurs, aux moustiques. En général, les bidonvilles s’agglutinent le long des cours d’eau. Ceux-ci offrent un triste spectacle. Quant à l’eau à boire, elle est impropre à la consommation. Partout la municipalité de Chennai met à disposition des vasques d’eau filtrée avec gobelet. De la même manière, les quartiers pauvres sont équipés de groupes sanitaires. Ce qui n’empêche pas de nombreux hommes de se soulager dans la rue. Les restaurants et petits cafés sont munis de filtres à eau et l’eau fournie sur les tables est potable. En revanche, la vaisselle lavée dans une bassine journalière ne donne guère envie.

étendage de linge

Misère

Si l’on ne peut nier la misère, elle n’est pas flagrante dans le centre de Chennai. Plus que l’extrême pauvreté, le choc provient plutôt de l’extrême différence entre la pauvreté la plus absolue et des richesses inenvisageables en Europe et a fortiori en France, royaume du rééquilibrage social. Plus flagrante est l’explosion de la classe moyenne. Ce qui explique le nombre de voitures, grandes et en bon état, la juxtaposition de petits étals et de belles boutiques voire de centres commerciaux de luxe.

Les trottoirs defonces donnent la bienvenue a Chennai

Défis culturels et saturation sensorielle

-L’importance de l’anglais.

Les parents qui le peuvent parlent dans la langue du colon à leur enfant pour lui permettre de fréquenter une école anglaise, synonyme de qualité. Et quand j’écris enfant au singulier c’est parce que la taille de la famille moyenne est en chute libre dans la région. En fait, et contrairement aux nombreux avis préconçus, tous les Indiens ne parlent pas l’anglais. La maitrise de la langue est liée au niveau social et l’anglais ne suffit souvent pas pour les menus besoins du quotidien.

-La complexité linguistique

L’Inde reconnait une vingtaine de langues. En l’occurrence au Tamil Nadu on parle le Tamoul. C’est une des langues les plus anciennes au monde avec un système grammatical complexe de déclinaisons, une graphie toute en rondeurs. Syllabique, elle se compose de dessins associant plusieurs sons (voyelles, consonnes simples mais aussi diphtongues et 1consonne +voyelle)

Couleurs, bruits, odeurs

 La couleur est bienvenue a Chennai

Les femmes ne portent pas forcément de sarees. Ceux-ci sont portés par les plus pauvres et sont souvent à motifs et en nylons ou coton bon marché. Mais on trouve également des sarees de soie brodée de fils d’or aux couleurs resplendissantes. Ceux-ci sont l’apanage de l’élite et apparaissent au temple ou lors des réceptions. Plus généralement en coton et de couleurs très vives, ils sont portés par les moins jeunes, au travail ou dans tout contexte formel. Dans la rue l’on voit majoritairement des kurtas. La plupart des femmes portent en effet des leggings et de grandes chemises colorées avec dupattas, grandes écharpes assorties. Chaque modèle ou quasiment est unique dans ce paradis du fait sur mesure. Les hommes les plus pauvres vont pieds nus et en dhoti, le pagne popularisé par Gandhi. Les autres sont habillés à l’européenne.

Quel que soit le costume, la couleur règne en maitre dans cette mosaïque visuelle. Elle sature pratiquement l’espace visuel. Parlant de vêtements, il nést vraiment pas bien vu de se promener les bras ou les jambes à l’air, les petites robes à bretelles sont à bannir. Il faut leur préférer pantalons et chemises amples, plus adaptés au climat et aux sensibilités locales.

Bruits et odeurs

L’espace sonore lui est suroccupé par les vrombissements divers et variés, les bruits de rue et les klaxons omniprésents. Mieux vaut en tenir compte avant d’élire un domicile. Outre le bruit, les odeurs ont de quoi indisposer les cœurs les mieux accrochés. Pas toujours mauvaises, mais essentiellement fortes.

Le triste spectacle des cours d’eau

Cette saturation sensorielle peut épuiser, et il faut prendre son temps pour s’adapter a ce pays unique. Le temps ne peut pas s’appréhender comme en Occident si l’ on veut tenir dans la durée.