Islington

Ce joli quartier se développe autour d’une antique voie romaine. Les champs et fermes d’origine ont donné naissance à trois grands domaines : Barnbury, Canonbury et Highbury. Amplement lotis au XIXème siècle, ils ont conservé de grands espaces végétaux qui rappellent le passé champêtre de cette zone et son rôle pour approvisionner la capitale en laitages.

Islington, Autour de Canonbury

Le centre de Canonbury s’articule aujourd’hui autour de la plaisante place du même nom, Canonbury square. Son charme quasi provincial attira de nombreux auteurs au début du XXe siècle parmi lesquels Evelyn Waugh et George Orwell. Le côté sud a été construit sur une terrasse pour compenser le dénivelé de cette place construite à flanc de colline. Si l’on ne distingue plus vraiment aujourd’hui le relief dans Londres, il existait en effet encore aux 18 et 19e.

Du domaine de Canonbury, ne subsiste que la tour du manoir et une petite impasse. Au 13ème siècle, les terres dépendaient du Prieuré de St Bartholomé. A la dissolution des monastères au moment de la Réforme, au 16e siècle, les terres passèrent entre des mains privées. Seule la tour subsiste du manoir alors érigé. https://visitesfabienne.org/clerkenwell/

 S’y nichent aujourd’hui une école d’allure victorienne, une jolie demeure avec un jardin ahurissant au cœur d’une grande métropole, une grange. Le tout se situe au sommet d’une colline qui devait dominer les champs au-delà de la limite de la ville. De ces bâtiments témoins de l’ancien domaine, partent des rues en pentes qui rejoignent un étonnant et charmant cour d’eau.

Connu sous le nom de « New river », ce serpent d’eau correspond en fait à un canal ouvert en 1613 par Hugh  Myddleton pour approvisionner la capitale en eau. Bien qu’artificiel et aujourd’hui réaménagé uniquement en promenade, ce canal menait jusqu’aux réservoirs que l’on voit encore sur Petonville street.

En partant vers Newingston, les plaisantes maisons cèdent la place à des constructions plus modestes. Caché derrière la rue Northampton Park le jardin st Paul, nommé St Paul Shrubbery est tout ce qui reste des énormes vergers qui alimentaient la capitale.

Islington, Du côté de Highbury

La rue st Paul mène à Newington green. C’est le long de ce parc que se trouve l’une des rangée de maisons les plus anciennes de Londres du 17e,. Quoique remaniées (la maison du milieu a été rehaussée), assez maladroites, elles constituent la plus ancienne « terrace » de la capitale.

 Le jardin lui-même honore au moyen d’une curieuse sculpture Mary Wollstonecraft, la première féministe anglaise qui dès 1792 réclamait l’égalité des Sexes. Contemporaine d’Olympe de Gouges, elle fut aussi la mère de Mary Shelley auteur de Frankenstein.

Newington, où se trouve une fantastique mosquée turque aménagée dans un ancien cinéma à la façade aux carreaux ottomans, jouxte Highbury. https://aziziye.org.uk/

Highbury Field marque l’épicentre de ce qu’était autrefois ce grand domaine. L’immense parc engazonné et entouré de maisons géorgiennes est désormais un lieu de promenade. Les petits collectifs et maisonnettes alentours ne sont pas les plus prisées d’Islington. En revanche il vaut le coup de pousser jusqu’à la communauté quasi fermée de Aberdeen Park. Cette rue circulaire donne accès à une série de jolies maisons victoriennes et Arts and Crafts. Au centre, l’église st saviour donne un caractère champêtre. Le poète John Betjeman lui a consacré un poème. Il y évoque l’église dans laquelle se sont mariés ses parents et le calme de ce quartier à l’époque déshérité. Effectivement le quartier connut une véritable désaffection après 1860, époque où les premiers transports publics rendaient les campagnes proches de la capitale plus attractives. Néanmoins, depuis les années 1960, on assiste à une nette gentrification. https://www.poetrynook.com/poem/st-saviours-aberdeen-park-highbury-london-n

Plus au nord encore du parc, le grand stade d’Arsenal draine des foules de supporters vers le nord d’Islington

Vers Barnbury

Du sud du quartier émane une atmosphère en revanche bien différente. Le carrefour Angel marque le passage de la ville ancienne aux faubourgs. Les lieux de mauvaise vie se sont peu à peu transformés en théâtres, pubs et cafés soignés et animés. Pour autant, le marché sur Chapel Market a gardé son caractère populaire. On se trouve ici face à une première fourche qui mène vers Liverpool rd à l’ouest de laquelle le quartier s’embourgeoise complètement. C’est d’ailleurs entre Barnard Park et le ravissant jardin de Thornhill qu’habitent aujourd’hui quelques uns des membres les plus importants du gouvernement ou des précédents. C’est aussi au milieu de ces rues calmes arborées et ponctuées de nombreux espaces verts que se trouve l’une des rues les plus étonnantes de Londres, Richmond Street,. Loties par un amateur d’Egypte, chaque maison se voit annoncer par deux petits sphinxes. (https://visitesfabienne.org/legyptomanie-londonienne/

La grande artère se dédouble une nouvelle fois  en Upper street qui mène vers Highbury et Essex Rod le long de Canonbury. Un petit bâtiment à la jonction de Essex road et de la ravissante petite rue piétonnière rappelle que l’on changeait d’équipage avant d’entrer dans Londre. Transformé en supermarché, il tend à se fondre dans l’ensemble des petites échoppes colorées et bondées de High street Islington. Cette ravissante ruelle attire de nombreux français. De là, on peut regagner la new river déjà évoquée.

On peut également remonter vers le carrefour d’Islington, très animé, devant la statue de Hugh Myddleton et se diriger vers l’église Ste Mary. Tout autour un joli jardin mène à un charmant théâtre de marionnettes. Upper Street, bordée de jolis magasins, mène ensuite directement jusqu’à Highbury Fields.

Verdure londonienne

La verdure londonienne nous permet de célébrer le printemps en beauté. C’est en effet l’une des gloires de la capitale. Avec 17% de son territoire occupé par parcs et espaces verts, la capitale britannique s’enorgueillit en effet d’être une ville verte. A juste titre. Suivez-moi dans cette balade verdoyante et printanière.

Jardin italien de Hyde Park

A l’origine, chasses royales et jardins monastiques

Londres a grandi tout d’abord le long d’un axe reliant les deux pôles urbains historiques : la cité de fondation romaine et la cité de Westminster, normande.

Rencontre bucolique dans une ferme londonienne (Vauxhall)

 Autour du domaine de la couronne, les réserves de chasse se sont transformées en jardins royaux. Si la noblesse a peu à peu loti ses terres, elle a pour autant conservé arbres et jardins.

St James Square

Vers l’Est, la cité se développait dans l’enceinte alors que les monastères prospéraient tout autour. Le mur et les monastères se sont peu à peu dissous dans le paysage urbain. En revanche beaucoup des carrés d’herbes et autres potagers monastiques sont devenus jardins. Ainsi, la folle croissance de la ville a respecté en grande partie des espaces naturels. Cependant, la Révolution industrielle a considérablement réduit l’empreinte naturelle à l’est de la ville alors que les quartiers aisés préservaient leur oxygène.

Jardin de Little Britain

Il reste néanmoins à l’ouest de nombreux espaces verts privés. Ainsi Kensington ou Chelsea abondent en jardins fermés par des grilles et loquets.  Ces jardins privés restent une specificité des quartiers huppés londoniens. Autour de Buckingham, les propriétés royales ont conservé des jardins de taille conséquente.

Enfin le bâti de la capitale laisse la part belle aux maisons individuelles avec jardinet. On est loin ici de la densité de Paris. Les grands projets modernes incluent eux-mêmes la nature et chaque nouveau quartier se pare de projets : grands parcs comme le Parc Elisabeth II dans le quartier olympique, ou petits jardins communautaires tel le ravissant jardin Bonnington.

Bonnington garden

La naissance des parcs publics

La notion de parc public  nait au 19e en Angleterre. L’arboretum de Derby et le parc de Birkenhead  (près de Manchester) se disputent la primauté du premier parc public dans les années 1845. En fait, l’idée avait déjà germé de mettre à disposition du grand public des espaces verts existants, comme les réserves de chasse. S’inspirant des initiatives des villes industrielles du Nord du pays, Londres s’empara de l’idée d’offrir un peu d’oxygène aux classes laborieuses de l’époque victorienne. Se multiplièrent  alors les parcs. Hyde park devint le poumon vert de la capitale. Kensington Garden puis Holland Park l’agrandirent bien vite alors qu’une multitude de squares ponctuaient les rues nouvelles. Nés alors que la mode mettait à l’honneur les jardins paysagers, dits « à l’anglaise », ces parcs accordèrent d’emblée beaucoup d’importance à l’aspect naturel.

Waterloo Park

D’autres aménagements paysagers apparurent au cours du XIXe, tels Regent’s Park au nord de la ville ou Victoria Park à l’Est. A Vauxhall plus à l’ouest se trouvait le jardin des plaisirs. On allait y profiter de jeux, feux d’artifices, salons de thé.. Cet amour des jardins lié à une solide conviction en leurs bienfaits perdure.  Napoléon III, lors de son exil dans la capitale britannique s’enthousiasma pour l’idée de verdir sa capitale.

De retour en France et plein d’idées pour Paris, il fit appel à Haussmann et Alphand pour modeler des parcs sur le modèle anglais. Les Bois de Boulogne et Vincennes, les parcs Monceaux, Montsouris entre autres étaient nés.

Cimetières et couronne verte

Si le modèle anglais a été fondamental pour la création des parcs parisiens, l’influence a pu s’effectuer dans le sens inverse.

Hyde Park

 Ainsi, c’est l’exemple d’un des trois cimetières paysagers parisiens qui donna l’idée des Magnificent Seven. Un décret de 1804 fonda en effet à Paris les cimetières du Nord (Montmartre) du Sud (Montparnasse et de l’Est (Le Père Lachaise, sur les terres du monastère jésuite du Père de la Chaise). Y répondit l’acte de 1832 visant à désengorger les petits cimetières paroissiaux de la capitale britannique.

Cimetière de Highgate

Des spéculateurs prêts à vendre l’arpent d’éternité très cher s’emparèrent de l’idée. Les 7 cimetières paysagers entourant la capitale sont aujourd’hui des lieux de promenades privilégiés. Le plus connu, Highgate, reste un espace de promenade très apprécié. La végétation enchevêtrée au-dessus des tombes y abrite d’ailleurs une faune inattendue en plein Londres. On y croise ainsi renards et lapins.

Cette première couronne verte se doubla dans les années d’après-guerre d’une seconde ceinture. Les villes nouvelles satellites programmées dès 1946 pour désengorger la capitale britannique se trouvent en effet toutes situées au-delà d’un cordon paysager constitué d’immenses parcs arborés et de forêts.

de la verdure partour

Londres royale

Une promenade très classique pour terminer la trilogie des incontournables. Après Westminster et Whitehall  où nous découvrions les hauts lieux du pouvoir britannique, nous abordons cette fois la Londres royale.

Elizabeth 1 Andy Warhol

Autour de Saint James Palace

 On peut accoler cette promenade à celle consacrée à Mayfair et commencer sur Picadilly, à l’angle du prestigieux hôtel Ritz.

 Juste avant le Ritz nous empruntons la très élégante St James Street où se succèdent clubs privés et fournisseurs de sa Majesté. De petites cours rappellent l’atmosphère de la Londres médiévale. Ainsi Pickering court avec ses colombages se niche derrière une jolie boutique ancienne.

Pickering Place

 La place St James est dominée par le Palais du même nom. De la Résidence royale construite au XVIe s par Henri VIII ont résisté la structure et une grande partie des constructions de briques rouges. Les souverains y résidèrent le plus souvent après l’incendie de Whitehall et ce jusqu’au règne de Guillaume IV. La reine Victoria lui préféra Buckingham Palace, devenu depuis Résidence du monarque. Depuis, le Palais de Saint James accueille réceptions et protocoles.

St James Palace

Au cœur de la construction médiévale en briques, une construction renaissance tranche avec tours et créneaux. La chapelle de la Reine est un chef d’œuvre d’Inigo Jones et pierre angulaire de l’architecture britannique. https://visitesfabienne.org/palladio-a-londres/

Queen’s chapel

Face à cette façade classique, la cour des Frères avec son architecture de brique typique du règne de Henri VIII est un lieu important de la Royauté. C’est ici que se rassemble la garde de sa Majesté. C’est aussi du balcon que sont annoncées les morts et naissances des souverains.

Red Lion Tavern, derrière St James

Le bâtiment classique qui jouxte le Palais sur le Mall porte le nom de Clarence House et héberge le prince de Galles. Le Mall relie Trafalgar Square et le Palais de Buckingham. Elle est le lieu des grands défilés protocolaires.

Buckingham Palace

Au-delà du Parc Saint-James et de Green Park, on atteint la Résidence de la reine.

George III acheta la maison de Buckingham en 1761. George IV chargea l’architecte John Nash de transformer la maison de la Reine en un palais au début du XIXe s. Il ne devint résidence royale que sous Victoria en 1837.

Cet immense édifice peut se visiter l’été lorsque la famille royale se retire à Balmoral.

Vermeer à la Queen’s Gallery

En revanche, on peut visiter toute l’année les Ecuries Royales. On peut également se régaler de peintures à la Queen’s Gallery. Cette pinacothèque offre de très belles expositions. La collection permanente tient en 3 grandes salles. On y admire quelques œuvres magnifiques, des vedutistes mais surtout un remarquable regroupement d’œuvres de Rembrandt, parmi lesquels deux autoportraits, à 34 et 65 ans ainsi que le portrait de l’armateur et de son épouse. Parmi les chefs d’œuvre, un autoportrait de Rubens révèle une facture exceptionnelle. Sa qualité picturale le fait ressortir dans une galerie de grande qualité. Outre les magnifiques Rubens et Rembrandt, on admire la jeune femme au Virginal de Vermeer, Jan Steen et tant d’autres.

autoportrait de Rembrandt

 (ceci étant à choisir entre la fabuleuse collection de la NG gratuite et celle-ci il n’y a pas hésitation.)

autoportrait de Rubens

Pour parachever notre découverte de la Londres royale Windsor.

Hampton Court , Tower of London et Victoria en ses quartiers que j’aborderai bientôt

Chateaux cathares

Le terme de châteaux cathares désigne aujourd’hui un ensemble de forteresses en ruine perchées sur des pitons pyrénéens. Pour autant, les spécialistes s’accordent pour dire que ces spectaculaires châteaux ne sont pas cathares. Alors pourquoi parler de châteaux cathares ?

chateau de Queribus

Il n’y a pas de châteaux cathares

Nommés improprement châteaux cathares, les châteaux de la région n’ont jamais accueilli de Cathares. En effet, les Cathares professaient le refus des attaches matérielles, des richesses et de la propriété. Ils se déplaçaient pour prêcher ou vivaient dans des villages, au sein de populations civiles. En atteste le site de Montségur, plus citadelle que château. De la même manière, les Cathares ne construisirent pas d’églises, ni ne développèrent d’imagerie. Ils professaient « le cœur de l’homme qui est la vraie église de Dieu ». Ils n’utilisèrent les châteaux existants que comme refuges lors des assauts.

Une forteresse inexpugnable

De plus, la croisade contre les Albigeois a pratiquement tout détruit sur son passage. Devenus inutiles après la reconquête royale et le recul de la frontière avec l’Espagne,suite au Traité des Pyrénées en 1659, les forteresses antérieures à la croisade se sont appauvries. Spoliées à la Révolution française, elles ont été vendues comme carrière de pierres. S’il y avait eu des châteaux de l’époque cathare, il n’en reste de toutes évidences plus.

Des châteaux cathares détruits 

En effet, pour contrer l’hérésie, le pape Innoncent III appela à la croisade, la seule en terre occidentale, tournée vers des chrétiens. Cette croisade contre les Albigeois se fit en deux temps.

Pourquoi la croisade

-La lutte contre l’hérésie.

 Après quatre croisades en Terre Sainte,  de moins en moins suivies et de plus en plus détournées ,la chrétienté est affaiblie.  Le pape invente alors l’unique croisade en terre chrétienne. L’idée alors consistait à contrer La forte pénétration hérétique dans la bourgeoisie languedocienne. La première croisade des Barons (1209/16) affaiblit le Comté.

-La volonté royale de rattacher des terres et de lutter contre la puissance du midi

 Le Comté de Toulouse, puissant et indépendant de la couronne et de la papauté, se montrait en effet tolérant socialement et religieusement. La deuxième croisade (1226/1229) permit à la couronne d’accaparer des terres et d’affaiblir définitivement le Comté. Les interventions directes des rois de France achevèrent le rattachement du Comté de Toulouse  à la France.

Prédication, persécutions, inquisition

A la suite de rapports alarmants, l’Église dépêcha sur les terres méridionales des prédicateurs talentueux pour tenter de faire revenir au bercail les « brebis égarées du troupeau du Seigneur », parmi lesquels St Dominique.

Saint Dominique à Toulouse

Les dissidences s’oppoaisent à la hiérarchie, à la richesse et aux abus de l’Eglise romaine. Plus implantés que les autres hérésies, et dans une région puissante et indépendante, les Cathares devinrent l’objetd’une lutte permanente. La guerre dura vingt ans (1209-1229). La lutte armée se poursuivit dans le Midi et ailleurs dans l’Occident chrétien tout au long du XIIIe siècle. Elle fut relayée plus tard par l’institution de l’Inquisition, créée en 1233 pour traquer la « dépravation hérétique »

Des châteaux reconstruits

Encore visibles, mais improprement qualifié de châteaux cathares, ils constituent l’une des premières constructions en série inspirées du modèle de fortifications promu par Philippe Auguste. Ce Roi défenseur fut aussi l’auteur du mur de Paris et de la forteresse du Louvre. En Languedoc, la ligne de défense fortifiée constitue une véritable prouesse d’architecture menée à bien par son petit fils, Philippe le Hardi.

l’impressionnant chateau cathare de Queribus

En effet, ce réseau de forteresses était destiné à défendre la frontière franco-aragonaise, alors toute proche,. Ils visaient également à asseoir le pouvoir royal sur un territoire nouvellement conquis à l’issue de la croisade contre les albigeois et décourager toute tentative de rébellion. Ces forteresses défendent en effet et surveillent la nouvelle frontière issue du traité de Corbeil signé en 1258. Édifiées en quelques décennies sur les sommets des piémonts pyrénéens et de la Montagne Noire, les citadelles du vertige témoignent ainsi de la diffusion rapide du modèle d’architecture philippienne. Celle-ci se caractérise par une véritable révolution des techniques de défense, et sa remarquable adaptation au relief accidenté. Gérée depuis Carcassonne, au centre politique et militaire du dispositif, la construction de ce chapelet de forteresses est emblématique de la planification d’un système défensif frontalier caractéristique des débuts de l’État centralisé en France.

Le château en pays cathare, une outil marketing

Si les châteaux cathares n’existent que dans l’imaginaire, pourquoi utiliser le vocable ? Le terme émane d’une volonté récente et marketing. Celle du département languedocien de l’Aude .

Le pays cathare une marque déposée

Le Département de l’Aude a construit et déposé la marque territoriale « Aude, Pays cathare » dans les années 1990. Celle-ci a permis de structurer et surtout considérablement augmenter le niveau de qualité touristique du département. Les drames historiques servent ainsi de base à une expérience singulière, exemple de développement territorial réussi.

Le chateau de Puivert

Néanmoins, de la Méditerranée aux Pyrénées, le territoire des châteaux ne s’arrête pas à la frontière départementale. Témoins les magnifiques forts de Montségur ou Roquefixade peu vendus par l’Ariège voisine. Pour autant, les Corbières, le Minervois, la montagne noire défendent au mieux ce patrimoine typiquement occitan. https://www.audetourisme.com/fr/a-voir-a-faire/visiter/sites-historiques-et-chateaux/

Une inscription à la liste de l’UNESCO

L’Aude communique donc abondamment sur ses imposantes forteresses dressées sur le sommet des collines des Corbières (surnommées « citadelles du vertige » par l’historien M Rocquebert), et a lancé depuis 2015 une démarche pour figurer au patrimoine mondial de l’humanité. https://citadellesduvertige.aude.fr/

Puylaurens

L’idée est de bénéficier de retombées touristiques importantes et de profiter de l’engouement récent pour les cathares et la vulgarisation ésotérique qui les entoure. A ce sujet, mon article précédent : https://visitesfabienne.org/les-cathares/

Whitehall

Pour faire suite à mon article sur Westminster, https://visitesfabienne.org/westminster/ je vous propose maintenant de remonter Whitehall. Cette rue « du Parlement » a beau être le lieu le plus fréquenté des touristes, on peut encore y découvrir des surprises. En quittant les quais de la Tamise et tournant le dos au Parlement mais aussi à la place du même nom, nous allons remonter Parliament Street, épicentre du gouvernement britannique.

Pourquoi Whitehall ?

Que la rue porte le nom de Parliament Street on le comprend aisément puisque les bâtiments publics de la monarchie britannique la bordent.

 En revanche le vocable de Whitehall nous rappelle qu’ici se trouvait l’énorme Palais de Henri VIII disparu dans l’incendie de 1698. Le roi avait réquisitionné la magnifique résidence du Cardinal Wolsey pour la faire sienne. Les façades de pierre contrastaient avec la brique des constructions de la capitale. https://www.hrp.org.uk/banqueting-house/history-and-stories/the-whitehall-fire-of-1698/#gs.cjxkz8

  Aujourd’hui, le terme de Whitehall désigne le Gouvernement britannique, au même titre que l’ « Elysée » désigne la présidence française.

Parliament Street est aussi surnommée le corridor parlementaire. En la remontant, on longe les ministères de la culture, puis des finances. La petite rue sur la gauche qui débouche sur St James Park mène au cabinet de guerre de Winston Churchill.Ceux-ci se visitent pour un prix extravaguant. https://www.iwm.org.uk/visits/churchill-war-rooms Un peu plus loin sur Parliament street, les grilles bondées annoncent Downing street, résidence au 10 du premier ministre (PM) et au 11 du chancelier de l’échiquier (ministre des Finances). Il est aujourd’hui quasi impossible de distinguer la fameuse maison de brique dont le premier locataire fut Robert Walpole.

En revanche, le cabinet du PM s’étend largement le long de Whitehall, faisant face au ministère de la Défense. Au centre de l’avenue, deux monuments aux morts rappellent le soldat inconnu (le cénotaphe) et le rôle des femmes durant la GM2.

On accède alors à Horse Guard, siège de la garde montée de sa majesté. Amateurs de chevaux, parades, guerres et autres uniformes, ici aussi un musée s’offre à vos yeux ébahis : https://householdcavalry.co.uk/museum/

La Banqueting House, seul vestige de Whitehall

Je vous conseille de traverser la rue pour admirer la fantastique façade de Banqueting House. Ce magnifique édifice est quadruplement important dans l’histoire de Londres. En effet, il fut le premier bâtiment de la Renaissance dans la capitale . Construit en 1626 par Inigo Jones il devait apparaitre comme révolutionnaire dans la ville de briques et colombages qu’était alors Londres. https://visitesfabienne.org/palladio-a-londres/

Banqueting House

 Il est d’ailleurs le seul survivant du magnifique palais « Whitehall » de Henri VIII. En outre c’est la seule maison royale de banquets qui nous soit parvenue du 17es.  En réalité, outre les banquets c’était surtout un lieu de réunions et de plaisirs.

Enfin c’est devant ces fenêtres que le seul roi assassiné de l’histoire d’Angleterre. Charles Ier (dont on voit le buste au-dessus de la porte) y perdit la tète en 1649. Ce roi, amateur d’art éclairé, commissionna d’ailleurs les fresques du plafond à Rubens. Si vous adorez Rubens, vous pouvez vous offrir la visite : https://www.hrp.org.uk/banqueting-house/#gs.cm7a49

De Banqueting House, le regard se porte désormais sur Trafalgar Square, annoncée par la colonne de Nelson. D’ici on peut alors remonter vers la place en passant juste devant la bizarre statue équestre de Charles Ier revenue après la guerre civile et la restauration et érigée à l’emplacement d’une croix (la fameuse Charing cross qui a donné son nom à la gare voisine) .

Banqueting House, seul vestige de Whitehalll


Au contraire, on peut retraverser et passer sous le bâtiment de la garde montée, traverser la champ d’entrainement le long du ministère du commerce extérieur, contourner le bunker face au monument aux soldats de la GM1 dans st James Park. On contourne alors ce blockhaus recouvert de vigne vierge pour rejoindre l’arche de l’Amirauté, a priori bientôt transformée en Hôtel de luxe.

Horse Guards Field

Trafalgar Square

Cette arche, dont l’arcade centrale ne peut laisser passer que des membres de la famille royale, s’ouvre néanmoins aux coureurs du Marathon de Londres. Elle débouche sur Trafalgar Square dont la colonne surmontée par l’amiral Nelson sert de point de départ à toutes les grandes manifestations. C’est également sur cette place que se trouve le point zéro des routes anglaises. De grandes institutions la bordent, comme l’église Saint Martin des Champs ou la National Gallery où je vous convierai bientôt.

colonne Nelson sur Trafalgar square

Petit clin d’oeil, on y voit également le plus petit commissariat du pays, caché dans une guitoune :

Commissariat de Police sur Trafalgar Square

Rarement en manque d’humour, la mairie confie d’ailleurs à des artsites contemporains le soin d’orner le socle laissé libre face à la statue de Georges IV.

The End, sur la place Trafalgar

Shoreditch

Comme promis, plus qu’une promenade vouée à disparaitre très rapidement, voici quelques noms du Street Art entre Shoreditch et Hoxton.

Wrdsmth

Shoreditch offre un mélange très plaisant de boutiques à la mode, petits cafés sympas, traces historiques et œuvres d’art. Si le quartier, pauvre et très reconstruit ne présente que peu de charme, les œuvres murales valent le détour. En effet, le lieu s’est mué en laboratoire artistique.. Le dimanche, l’animation est à son comble entre marchés et chasseurs de graffitis.

: Shoreditch, Hoxton et plus

-Autour de Brick lane

La rue des cantines indiennes, boutiques de frippes et boites de nuit est aussi une galerie à ciel ouvert. Tout autour, les artistes profitent de chaque centimètre de paroi. Murs, stores se couvrent de peintures, fresques, affiches. Chaque ruelle ou allée vaut le détour : Fashion Street, Princelet, Hanbury, Toynbee, Buxton et surtout Heneage Street. Chaque allée ou courette mérite d’y jeter un œil. Le dimanche, avec les marchés, l’animation atteint son comble. https://inspiringcity.com/2020/01/21/where-to-find-street-art-and-graffiti-on-brick-lane/

 Autour du marché alimentaire upmarket, sur Elys Yard, la brasserie Truman a financé une véritable galerie. https://inspiringcity.com/2020/02/14/secrets-of-the-truman-brewery-on-brick-lane/

 Dans une voiture rose, Banksy a installé un squelette, alors que le monstre Grunchie de Renzo ricane du haut d’un mur. Cette dénonciation grinçante et rigolarde du capitalisme fait face au mur de Gucci qui change régulièrement. Invader a laissé sa marque pixellisée avec une de ses mosaïques caractéristiques. Vhils lui a laissé un grand visage sculpté moulé dans le béton.

Il faut pousser jusqu’aux jardins Allen pour voir les artistes à l’œuvre

Autour de Shoreditch

Shoreditch High Street station et vers Hoxton. Redchurch street, Shoreditch High Street et Great eastern Street sont devenues incontournables. Cependant, tout a commencé sur Rivington Street autour du Cargo Club et du mur de graffitis lancé par Banksy. De là, on peut pousser vers Hoxton Square où Stik a planté deux de ses personnages ou vers Columbia Road. Autour du joli marché aux fleurs, quelques belles fresques valent le détour.

Et encore

D’autres quartiers s’ornent d’œuvres incroyables notamment du côté de Lambeth et Leake street, près de Waterloo Station(voir mon article de la semaine dernière). Il s’agit ici des lieux qui regroupent de nombreuses d’œuvres. On trouve n éanmoins des fresques plus isolées mais magnifiques comme le David Bowie de Jimmy C à Brixton ou son Shakespeare près de Borough Market.

Heneage Street, London, England, United Kingdom

Qui

Voici maintenant quelques artistes, les plus connus, reconnaissables, et présents sur les murs londoniens.

Zabou est française. Sa peinture grand format et très figurative reprend de manière un peu retro des icones tells Dali, Audrey Hepburn..

Zabou

Ante, adopte un style clownesque, très coloré pour ses revendications politiques cf Bojo, @Ante.LTD

Ante

Phlegm peint des petits personnages surréalistes dans des lieux imaginaires monochromes. Son style graphique s’inspire des BD. Venu de l’illustration, il mélange petits personnages, effets 3D. https://www.streetartbio.com/artists/phlegm/

Phlegm

Stick, l’ancien SDF, drogué et instable est devenu un artiste célèbre et célébré pour ses bonhommes bâtons très stylisés dont le symbolisme porte de forts messages politiques et sociaux sur la diversité, la tolérance.

Dan Kitchener se spécialise dans les paysages urbains pluvieux, les villes d’Asie

Fanakapan, ce londonien se spécialise dans des fromes hyper réalistes, ballons, glace, fumée, trompe l’œil. Il joue avec les contrastes ombres et lumières .

Jimmy C éclaire les murs de ses personnages romantiques. Sa technique s’apparente à celle des post impressionnistes dans les couleurs et les points plus ou moins gros.

Jimmy C

Roa, cette Belge peint d’énormes animaux.

Sudude se moque des réseaux sociaux au travers de posters ou collages et au moyen de petits personnages.

Subdude

Thierry Noir. Français également, il a atteint la notoriété sur le mur de Berlin. Il décore de ces têtes colorées les murs de Shoreditch où il a une boutique.

Richard Noir

Street Art, East End

Aujourd’hui, je vous propose quelques éléments de compréhension du Street Art. La semaine prochaine je vous emmènerai en balade dans l’East End.

A la base du Street art, la contestation

Pour commencer, quelques rappels pour ceux qui n’auraient pas vu mes promenades Street art dans le sud-ouest anglais : https://visitesfabienne.org/destinations/royaume-uni/street-art-de-la-contestation-a-la-gentrification-2/

Le terme de street art est un générique regroupant plusieurs types d’art. Il englobe de fait œuvres picturales, sculptures, happenings, concerts etc…

Le relief d’un lapin explosif sur Rivington Street

En matière picturale le street art se déploie sur les murs, volets, stores et parois de la ville et les transforme en galeries d’art à ciel ouvert. Les maisons abandonnées, vouées à la démolition offrent des parois idéales à peindre et repeindre. Par ailleurs, les quartiers en déshérence sont particulièrement adaptés et réceptifs au contenu social et politique inhérent au Street Art.

Fallen Heroes wall

En effet, né de la pauvreté et dans les quartiers délaissés, le Street art est porteur de message. Politique ou social celui-ci est relayé de différentes manières : par la violence, l’humour, le non-dit ou l’accusation brutale. Il s’oppose en général au gouvernement en place, aux forces de l’ordre.

Pourtant, à la génération des « hors la loi » qui œuvraient de nuit, à la sauvette, ont succédé des artistes recherchés, payés par les commerçants, les collectifs de quartier pour attirer le public. Dans la plupart des cas, aujourd’hui, les artistes opèrent sans poursuite ou conséquence sur les murs abandonnés, des zones vouées à la destruction ou sous le regard semi consentant des propriétaires.

Paste up féministes

Vers de nouvelles expressions

Le mouvement s’est amplifié et compliqué ces dernières années avec une recherche d’originalité et de créativité. Car le Street art se heurte à quatre types d’écueils en contradiction avec son essence

1/ Un relatif embourgeoisement

Le street art est maintenant à la mode. Nombreux traquent les dernières créations. Les peintres se transforment eux-mêmes en guides et animateurs de leurs réalisations ou de celles de leurs confrères.

Ce nouveau type d’activité revitalise l’East End londonien, les banlieues, les abords des gares. Des spots apparaissent ainsi près de Waterloo Station, sur Leake tunnel ou Southbank Centre ou encore à Brixton, Hackney Wix ou Camden. Les quartiers où s’installent les artistes deviennent à la mode et sortent de leur marginalité ce qui pousse les artistes à toujours plus d’audace et de non-conformisme pour survivre.

Leake Street, nouvelle Mecque du Street Art

2/ Financer sans se compromettre

En effet la composante anti sociale est fondamentale. Or en sortant de l’illégalité, le street art se voit menacé dans son essence. De même, en sortant de l’anonymat, les artistes perdent de leur force contestataire. Néanmoins comment vivre et payer les couleurs ? Car les artistes ne sont pas toujours jeunes, célibataires ou sans domicile. Certains sont même très installés, vendent sur le net ou dans leurs boutiques, comme Thierry Noir devenu célèbre à Berlin. https://thierrynoir.com/

Richard Noir égaye Rivington Street

 Certains sont même exposés. http://www.vam.ac.uk/content/articles/s/street-art/.

 D’autres battent des records en salles des ventes https://www.youtube.com/watch?v=eXKE0nAMmg4

Des galeries scrutent l’apparition de nouvelles œuvres et les ajoutent à leurs tours ou catalogues : https://streetartlondon.co.uk/tours/gallery/

Enfin, la publicité et quelques grandes sociétés ont compris comment utiliser le Street art pour faire résonner leur image, telles Gucci ou Botega Veneta.

3/ Péreniser l’éphémère

Dans tous les cas, le Street art reste marqué par son caractère éphémère. L’œuvre une fois apparue peut rester 2 heures ou des années selon le support, le voisinage, la notoriété de l’auteur. D’où l’importance de la mise en scène. Qui dit Street art aujourd’hui implique photographie et post sur les réseaux sociaux. L’existence même de l’œuvre se fait via instagram, Twitter, Snapchat ou Youtube. La pérennité dépend du succès en ligne. En effet, les murs eux, changent en permanence. Impossible dès lors de proposer un itinéraire fixe.

4/ Se renouveler constamment

Quelques-uns se spécialisent dans l’hommage ou le portrait posthume. Ceux- là ont une chance de rester.

D’autres mélangent les cultures

Au risque de répéter des schémas, certains se citent eux-mêmes en se référant les uns aux autres. Ainsi lorsque Georgie fait un paste up de la soupe Tories, , il s’agit en fait d’un clin d’œil à la soupe Tesco de Banksy, elle-même allusion au pape de la culture pop Andy Warhol et ses soupes Campbell.

Certains s’inspirent de peintres célèbres, tel Jimmy C dont les drippings rappellent les néo impressionnistes. https://www.facebook.com/Jimmyc.artwork.

Jimmy C sur Whitby Street

D’autres n’hésitent pas à assoir leur notoriété sur un motif, tel Adrien Boswell et ses brocolis https://www.instagram.com/adrianboswell/.

Nous retrouverons ces artistes non en leurs murs mais sur les murs dès la semaine prochaine.

Saint-Pancras

En carafe à Saint-Pancras, je vous propose quelques idées de balades. Plus précisemment j’inaugure ici une petite série sur les quartiers de gares. Aujourd’hui donc commençons à l’arrivée de l’Eurostar, à la gare Saint-Pancras, du nom d’un martyr chrétien.

Saint Pancras Station

Car les métros et trains prennent parfois du retard à Londres. C’est même le moins que l’on puisse dire. Et les trains ne sont pas toujours à l’heure. Ce malgré leur numérotage amusant. Au Royaume-Uni en effet, les trains ne sont pas désignés par un numéro ou un petit nom mais par leur horaire présumé de départ. C’est ainsi que le 10.02, s’il accumule du retard, peut partir bien après le 11.15.

Train et métro même combat.

On est donc parfois obligé de passer plus de temps que prévu aux abords des gares.

Le voyageur de Saint Pancras

Or les gares situées en périphéries de la ville victorienne lors de leur construction sont reliées entre elles. Ainsi, la Metropolitan line, creusée en 1863, relie les gares du Nord. Elle dessert notamment Euston, Saint-Pancras, Kings cross, Farringdon et Liverpool Street. C’est aussi la première ligne de métro de la capitale, et du monde,

 L’idée consistait ensuite à relier cette ligne à une ligne circulaire (la Circle line) pour rallier facilement les autres gares. Le Musée des Transports propose à ce sujet de belles explications.https://www.ltmuseum.co.uk/collections/stories/transport/metropolitan-line

Tendres retrouvailles à Saint-Pancras

Que vous disposiez d’une demi-heure ou de 2 heures, il y a forcément de quoi explorer autour des nœuds ferroviaires, avec en prime la possibilité de profiter des très chères consignes !

Autour de Saint-Pancras et King’s Cross

Là c’est facile, les deux gares se jouxtent et partagent une belle esplanade où écouter de petites formations musicales. On peut aussi grignoter un sandwich, se laisser envahir par la rumeur de la ville.

Harry Potter à King’s Cross

Si vous n’avez que 5mn et que vous adorez Harry Potter, ne manquez pas la pancarte platform 9 ¾. C’est le point de départ du Hogwarts Express juste à côté de la boutique. Les scènes d’extérieur ont en revanche été tournées devant le bel hôtel victorien Saint Pancras.

Pour les férus d’archéologie, une légende raconte que la tombe de la fameuse Reine Boudica se trouverait sous le quai 13. https://londonist.com/2016/08/is-boudica-buried-in-london

Si vous appréciez l’architecture et ne disposez que peu de temps, profitez-en pour admirer l’hôtel st Pancras, merveille victorienne. Vous pouvez également vous amuser des sculptures de la gare. Amoureux d’architecture encore, le toit réticulé de John Mc Aslan à King’s Cross redessine la gare depuis 2012 et vaut le détour.

Le magnifique toit de King’s cross

Vous disposez de plus de temps

Si vous disposez d’au moins 30/45mn, vous pouvez remonter derrière le Gymnasium, ancien lycée allemand reconverti en bar à bière. De ce point, entre les deux gares, on rejoint le canal. Tout autour,s’est monté ces dernières années un magnifique centre commercial aéré avec petit marché gourmand. Pas la peine donc de rester enfermé dans la gare pour un sandwich insipide.

Le canal derrière Saint Pancras

Si vous avez vraiment un moment à tuer entre deux correspondances, direction la ravissante vieille église de St Pancras en redescendant le long du bassin sur St Pancras Road. A ne pas confondre avec la New Church plus près de Euston. cette jolie église de campagne reconstruite à la période victorienne a conservé des vestiges romans ainsi que son charmant cimetière. Y est enterré John Soane le grand architecte et collectionneur. Ce mausolée un peu pompeux serait à l’origine du dessin des fameuses cabines téléphoniques rouges.

Eglise Saint Pancras

Un peu plus loin, des tombes s’entrelacent autour d’un arbre, rassemblées lors de la réfection de l’ensemble par le célèbre romancier, architecte de formation, Thomas Hardy, au moment de la construction des gares.https://stpancrasoldchurch.posp.co.uk/history/church-history/

Non loin, se trouve également la Bibliothèque Nationale, avec de belles expositions. La galerie permanante offre à la vue de magnifiques manuscrits et un rare exemplaire des quatre originaux de la Magna Carta.

Bibliothèque Nationale

Si vous disposez d’une demi-journée, libre à vous de continuer votre balade le long du canal pour rejoindre l’animation de Camden Town.

Le canal derrière Saint-Pancras

Les enfants abandonnés

Dans cet article sur les enfants abandonnés je voudrais partager un lieu étonnant et émouvant. Son influence s’étend à tout le quartier.

Face à la multitude d’enfants abandonnés dans l’Angleterre du XIXe siècle, quelques belles personnes ont tenté d’organiser des secours. On trouve la trace à la fois des enfants abandonnés et des philanthropes au petit musée Foundling ou musée des enfants trouvés mais aussi dans le quartier environnant. https://foundlingmuseum.org.uk/

Un musée hommage aux enfants abandonnés

Du vaste hospice fondé en 1739, il ne reste que ce joli bâtiment reconstitué lors du déménagement de l’hospice dans la campagne. Cette décision prise dans les années 1920 permit de libérer des espaces dans le centre de Londres pour financer un nouveau complexe.

La visite, édifiante, se révèle également très émouvante. Le musée occupe les 3 étages de cette jolie maison du 18e s.

Le rdc s’intéresse à la fondation de l’institution et son fonctionnement . Il s’axe aussi sur le destin de certains de ses pensionnaires. On y voit des objets de leur quotidien (lit, uniformes assiettes) et surtout les tokens. Ces tokens sont les petits témoignages déposés avec les nourrissons au moment de leur abandon. Ils attestent de l’extrême dénuement des mamans au moment de cette séparation. Ils jouaient le rôle de témoin et preuve dans les rares cas où les enfants étaient réclamés par la suite.

 Après la chambre du comité, et sur les 2 étages supérieurs, le musée regroupe des dons laissés par de généreux contributeurs, parmi lesquels le grand peintre Hogarth et l’immense musicien Haendel.

 Ce dernier a tellement marqué la capitale britannique qu’un autre musée lui est d’ailleurs consacré. Il s’agit de sa maison, voisine de celle d’ un autre musicien 2 siècles plus tard, Jimi Hendrix https://handelhendrix.org/

Des bienfaiteurs de renom

Avant l’escalier, on voit aussi la marche des soldats vers Finchley, un fantastique tableau de Hogarth dépeignant des soldats avinés courtisant des femmes de tous âges. Comme toujours, Hogarth excelle dans la peinture des mœurs. Alors peu connu, le peintre de genre eut l’idée de donner ses œuvres pour faire de l’hospice la première galerie d’art publique du pays et ainsi attirer les donateurs. Une exposition sur ce peintre ouvre d’ailleurs dans quelques semaines à la Tate Gallery. https://www.tate.org.uk/whats-on/tate-britain/exhibition/hogarth-and-europe

Au premier étage, on appréciera dans la galerie de peinture qui recrée l’originale, les portraits de différents gouverneurs. On admire surtout le fondateur de l’Institution Josef Coram peint par Hogarth, bien sûr. Bien que star de la collection, le tableau se cache pratiquement entre deux portes sur le mur le moins visible de la salle.

De là, on accède au grand salon, la pièce maitresse de l’édifice. Il a conservé toute sa beauté et son lustre du XVIIIe. On le considère comme la plus belle pièce rococo de la ville. Les moulures encadrent des tableaux religieux qui illustrent le destin des enfants trouvés, de leur abandon jusqu’à leur entrée dans des pensionnats religieux ou des familles.

Ici encore, Hogarth a offert un tableau représentant Moise. Le peintre se montre néanmoins moins à l’aise dans la peinture d’histoire que dans la peinture de genre. De petits tondos scandent le rythme des murs. Ils représentent les différents hôpitaux et organisations caritatives de la Londres du 18e. Parmi ceux-ci on distinguera charter house, une œuvre de jeunesse de Gainsborough encore un peu maladroite.

On accède alors au 2e étage consacré au musicien Haendel. Très engagé pour soulager les enfants pauvres, il a beaucoup œuvré ici. Cette collection est la plus importante consacrée au musicien. On y voit des originaux comme son testament, des écrits et partitions, mais aussi sa signature (dans un tiroir). Il suffit de demander à un bénévole, très serviable, de vous expliquer ce qui est exposé au moment de votre visite.

Des jardins mémoriaux

statue de Coram

Outre le musée, les terrains alentours rappellent la destinée de l’hospice des enfants trouvés. Juste devant le bâtiment, une statue de Coram nous interpelle. Il s’agit de l’une des statues parlantes de Londres (un QR code permet d’ « entendre » le personnage nous raconter sa vie). Juste derrière, une curieuse et touchant œuvre pourrait passer inaperçue. Il s’agit d’une petite moufle accrochée à la grille. Elle évoque les fameux tokens ou la présence fragile de ces petits êtres oubliés.

Le musée se trouve dans un écrin de verdure. Derrière le bâtiment moderne, qui retrace également le destin de ces enfants, se trouve un ravissant jardin public. Celui-ci correspond à l’ancien cimetière de st Georges. Des tombes évoquent encore l’histoire du lieu.

Devant le musée, s’étend un parc fermé par de grandes grilles. On y distingue la colonnade qui servait de préau aux petits pensionnaires. Fidèle à sa vocation première, le jardin est consacré aux enfants et l’on ne peut y entrer qu’accompagné d’eux. Juste devant les grilles, une niche accueillait justement les enfants abandonnés. Ils furent plusieurs milliers par an dans les pires années du XIXe. La tradition du quartier se perpétue avec l’hôpital des enfants malades qui occupe une partie des installations médicales du quartier jusqu’ au joli Queen square garden.

Coram Field

Pour parachever cette visite et plonger encore davantage dans le destin terrible des enfants pauvres de l’Angleterre victorienne on peut rejoindre, dans une rue voisine le musée maison Dickens. https://dickensmuseum.com/

Westminster

Pourquoi Westminster, cette visite ultra classique dans un blog visant à des découvertes sortant des sentiers battus ? En fait, c’est un bon point de départ pour connaitre les monuments les plus importants mais aussi pour comprendre la monarchie britannique et l’architecture anglaise. C’est donc une balade pour redécouvrir autrement un quartier central que l’on croit connaitre. Car Westminster c’est bien sûr l’Abbaye, lieu des couronnements et autres cérémonies officielles de la royauté. Mais c’est aussi la cathédrale catholique, le Hall Méthodiste et par extension tout le quartier.

Victoria Tower

Une abbaye mais pas seulement

L’abbaye de Westminster date du XIIIs. Elle remonte à Henri III, contemporain de notre Saint-Louis. Sa richesse architecturale rappelle d’ailleurs la rivalité de nos deux pays et l’intervention de maîtres maçons français. Chef d’œuvre du gothique anglais, elle illustre magnifiquement le gothique perpendiculaire anglais (la chapelle d’Henri VII est particulièrement remarquable). La visite coute cher, mais on peut tenter d’en saisir l’atmosphère lors des services et des conecrts.. https://www.westminster-abbey.org/

Abbaye de Westminster

Outre son intérêt architectural et artistique, elle est également un lieu historique majeur. Elle cumule les rôles d’un Saint-Denis, d’un Panthéon et d’un Reims outre-manche. En effet y ont lieu les couronnements, funérailles et mariages royaux. En outre, elle abrite les mausolées des grands du Royaume, poètes mais aussi scientifiques (3 en l’occurrence Newton, Darwin et Hawkins)

Pour autant, le vocable de Westminster, dérivé de l’ancien anglais « monastère de l’Ouest » pour l’opposer à la cité romaine fondée plus à l’Est, désigne non seulement l’abbaye mais aussi le quartier et les constructions religieuses avoisinantes. A commencer par le collège sis dans les anciens bâtiments conventuels. Il s’agit de l’une des écoles les plus exclusives d’Angleterre.

Temple Méthodiste

En face de l’Abbaye, l’énorme édifice néoclassique correspond au temple du Méthodisme, le Methodist Hall. Sous sa majestueuse coupole, un escalier mène à la bibliothèque et au temple lui-même dont les orgues accompagnent le très bon chœur. L’église fondée par Wesley (en statue et portait dans les corridors) attire particulièrement les musiciens et les communautés pauvres. https://www.britannica.com/topic/Methodism

John Wesley Portrait

Autre édifice religieux portant le nom de Westminster et souvent négligé, la belle cathédrale catholique aux accents néo-byzantins. Bien que relativement récente (1903), elle impressionne par ses lignes et décoration. https://www.westminstercathedral.org.uk/

Cathédrale catholique de Westminster

Le quartier de Westminster

Autour de l’Abbaye, s’étend tout le quartier de Westminster. Il s’oppose à la cité et constitue aujourd’hui un arrondissement de la ville.

On peut s’en faire une idée en commençant la balade au bord de la Tamise, berceau de la cité.

Parlement de Londres

C’est du Pont de Westminster que l’on jouit du meilleur panorama sur les Houses of Parliament. Bien que bâti à la fin du XIXe, cet édifice en impose par sa monumentalité et ses lignes néogothiques. A l’angle du Pont, se dresse la statue de Boudicca qui permet d’évoquer les premières tribus celtes autochtones et la romanisation des iles Britanniques.

Boudicca, la Vercingetorix britannique

De là, on rejoint Parliament square, lieu de toutes les protestations. La place accueille des statues des personnalités du Commonwealth et premiers ministres plus marquants, à commencer par Winston Churchill.

Winston Churchill sur la Place du Parlement

Si on longe le parlement sur la gauche, on voit mieux Westminster Hall, témoin le plus ancien du Parlement britannique. Le reste de l’édifice, disparu dans un incendie en 1834 fut reconstruit par Barry et Pugin. 1840/76 https://www.parliament.uk/about/living-heritage/building/palace/westminsterhall/

 Le long de la grille on découvrira la statue du régicide Oliver Cromwell, puis de Richard Cœur de Lion.

Devant la tour de Victoria, un joli jardin « le jardin Sud » longe la Tamise.  En face, une belle pelouse s’orne d’une sculpture d’Henri Moore. La maison d’angle accueille les parlementaires. Le mur ancien entoure le collège de Westminster qui s’ouvre face à l’abbaye.

Tour des bijoux

Un peu plus loin, un escalier descend vers la tour des bijoux, rare vestige du Palais médiéval. De là, on regagne le chevet de l’Abbaye. https://www.english-heritage.org.uk/visit/places/jewel-tower/