Tomás Sánchez

(merci à mon amie Cuca pour ses éclaicissements sur ce peintre fascinant)

Tomás Sánchez s’expose largement au Musée des Beaux Arts de la Havane, section cubaine. http://visitesfabienne.org/wordpress/beaux-arts-cubains/L’artiste réinvente le paysage comme nul autre depuis Hokusai dans la grande vague de Kanagawa. Il peut rappeler aussi  les impressionistes francais ou les romantiques allemands du style Caspar David Friedrich. Sa peintures porte en effet sur l’immensité de la nature. Une dimension métaphysique la marque.

Formation d’un peintre hyperréaliste

Tomás Sánchez s’inspire d’abord des naifs puis des expressioniste. il emprunte à Brueghel, Bosh et  Goya voire Ensor. On voit ces influences  dans quelques toiles de ses débuts, au Musée des Beaux Arts de la Havane. L’artiste cubain, né en 1948 dans la province de Cienfuegos suit les cours  à l’Academie Nationale des Beaux arts de San Alejandro  à la Havane.  Auprès de Antonia Eiriz,  il commence dans la mouvance hyperréaliste, très liée au photoréalisme. Ces premiers pas le préparèrent au paysage.

Il utilise un langage très réaliste, une peinture très léchée, pour jouer avec les volumes et la perspective,. Il se rapproche ainsi du langage photographique. Son hyperréalisme ne s’intéresse ni à la ville, ni à l’homme ou pas directement ,mais à la campagne. Ses paysages intègrent des forêts exubérantes. Celles-ci ne paraissent pas être limitées par la toile. Des cascades, des paysages tropicaux lumineux, presque sereins illuminent ses toiles.

Tomás Sánchez utilise la photo comme point de départ mais sa vision intérieure et personnelle transforme le paysage en une métaphore sur l’homme. Il ne représente pas de lieux particuliers ou réels mais des paysages imaginaires composés de souvenirs sublimés de son enfance et frappants comme pour nous ouvrir les yeux. Ainsi, Il représente la nature comme une île gâchée sur laquelle il faut renaitre, île qu il faudrait proteger de ses habitants.

Un peintre de l’environnement

Ses tableaux empruntent à diverses techniques (huile, pastel, acrylique voire vitrail). Ils évoquent le sentiment cyclique du temps, le flux de la vie. La nature, délicatement taillée au pinceau, sert de refuge à l’homme menacé de décadence, d’apauvrissement spirituel. C’est ce que signifient les ordures, témoins du consumérisme et du superflu matériel dont les hommes remplissent leur vacuité. Sanchez peint des paysages d’îles qui s’ils paraissent répétitifs diffèrent en fait tous les uns des autres. Il s’est en effet essayé à des séries, à la manière des impressionistes : les Crucifix et les Poubelles. Il s’agit de variations sur un même thème. Les champs d’ordures se dressent en bord de mer comme pour opposer les déchets de l’humanité à la mer, source de vie. L’homme apparait ici comme antagoniste à la nature idéalisée et pure. Ces paysages a priori idylliques sont porteurs d’un questionnement sur la nature humaine.

Sa peinture se voit transformée par des inquiétudes d’ordre écologique et les paysages aux détails peints avec précision et minutie deviennent presque abstraits. Les nuages évanescents, éthérés travaillés en pastel, aquièrent peu à peu une vie propre devenant le motif central de la composition, Une palette infinie de bleus construit avec force la profondeur de ces nuages chargés de symbolisme. En effet, Sanchez réduit ses tableaux à trois composantes : nuages, mer, île. Ainsi,  l’homme apparait  insignifiant face à la magnificence de la nature. Le message est renforcé par les équilibres impossibles d’îles en apesenteur, les symétries arbitraires de ses paysages, la tension créée par le bord de mer conçu comme une ligne qui sépare le vide du trop plein.

Ses îles évoquent un message utopique, celui dans lequel l’homme vit en équilibre avec la nature, à la recherche de l’union avec le tout, en opposition au modèle consumériste vide notamment de spiritualité.

Une lecture rapide de son œuvre pourrait mener à l’interpréter comme une critique du monde capitaliste en opposition avec son île des merveilles…mais la lecture de ses îles flottantes offre surtout une vision écologiste et métaphysique où l’homme s’immerge dans la nature, seule salvation pour notre planète.

http://www.tomassanchez.com/

Murs peints de la vieille Havane

Si vous aimez découvrir sous un angle différent, vous pouvez vous intéresser aux murs peints de la vieille Havane. Dès le 17e siècle les maisons de la ville rivalisent de fresques, à l’extérieur comme à l’intérieur. Ce devient même une mode. Beaucoup d’artisans interviennent mais tous ou presque sont anonymes. Il s’agit, pour la plupart, d’esclaves travaillant avec des pochoirs et sur le modèle de rares maitres européens en général italiens.

De magnifiques fresques coloniales

Les plus beaux murs peints de la Havane se trouvent au musée archéologique aujourd’hui inaccessible pour cause de restauration. Cette maison aux boiseries vertes, construite au 17es sur Tacon, s’est agrandie et surélevée puis unie aux maisons voisines, comme souvent dans le cas des maisons coloniales. De style colonial castillan, elle est l’une des plus emblématiques de la cité. Les trois maisons mitoyennes ont été reliées les unes aux autres et constitueront un jour un complexe muséal de prime importance. En attendant, il faut passer un grand portail autrefois destiné à laisser entrer les voitures. Apès une cour où s’abreuvaient les chevaux et où des latrines ont révélé de nombreux vestiges archéologiques, il convient de passer sous les échafaudages et entre les pots de peinture pour découvrir la décoration qui remonte aux années 1725. A l’époque toutes les parois s’ornaient de peintures, d’azulejos ou de peintures imitant les azulejos.

Une véritable Chapelle Sixtine coloniale

C’est au premier étage de cette maison que se trouve la pièce que les archéologues locaux appellent la chapelle sixtine de la Havane. Vidée de ses multiples occupants en 1980, le bureau de l’historien entreprit de la restaurer. Subdivisée en une multitude de logements isalubres, la maison hébergeait en effet des familles pauves. Celles ci s’entassaient dans les solares, créant des ouvertures dans les murs, ou les badigeonnant. Les archéologues ont alors restauré le bâtiment et sous les 27 couches de fresques abimées, ils ont découvert une ultime couche. Car depuis le 17e siècle chaque nouvel occupant redécorait à sa manière et sleon la mode.  La couche la plus ancienne était la seule a fresco, pigment pris dans le mortier humide. En revanche, les couches suivantes ont été peintes a secco, à sec , elle est donc la plus pérenne.

Ainsi, on a récupéré la couche ancienne qui représente des variations sur le thème européen des fêtes galantes avec des vues un tantinet idéalisées de la ville, et des adaptations locales : domestiques noirs, palmiers, la baie de la Havane stylisée avec un cayo, des religieux, un galion, des processions. On peut dater ces fresques de 1763/67 au moment où l’Espagne a récupéré Cuba après l’intermède britannique.

Une ville colorée

L’ensemble des bâtiments coloniaux de la Havane étaient donc peints. Ainsi les Palais de la place d’Armes, de la place de la Cathédrale (y compris la cathédrale). Ces peintures s’appliquaient en extérieur et en intérieur. Elles masquaient la  belle pierre conchifère issue de la barrière coralienne (et de la carrière sous St Francois d’Assise).

Les forts qui marquent l’entrée de la baie étaient eux peints aux couleurs de l’Espagne. San Salvador était  jaune, la Cabana rouge. Ce pour annoncer la couleur si l’on peut dire à tout bateau arrivant dans la baie…
On se rend ensuite à la Maison du Marquis des Arcs Place de la Cathédrale avec ses fresques 19e plus simplistes (et trop rénovées). .De là, on rejoint la rue Obispo et le musée de l’Orfèvrerie. Sa façade stuquées arbore des motifs imitant la pierre de taille. Cette maison devint un magasin au début du 20es. Ce qui explique les peintures publicitaires. L’étage recèle de jolies plinthes en trompe l’œil. On continue avec le musée des murs peints encore en travaux et qui recèle à l’étage de surprenantes bacchanales….

De là on rejoint la maison Guayasamin décorée par Jose Nicola de la Escala et ses charmantes grisailles en médaillons.

Puis on se rend sur Amargura à la maison Guzman au 56. Ses peintures géométriques aux motifs arabisants rappellent la religion du propriétaire. D’ailleurs les motifs figuratifs ont été grattés. Quasi en face, le bureau de l’historien de la ville révèle au premier étage un fantastique paysage à l’italienne. Celui-ci, très fin offre une perspective avec des effets de trompe l’oeil.  la nature morte au premier plan cache derrière une balustrade des ruines, feuillages d’arbres européens.

Un renouveau de la fresque

Les fresques n’ont pas dit leur dernier mot sur les murs de la Havane avec les visages d’enfants qui longent Miramar et Marianao, ou les paysages quasi fantastiques sur les murs oubliés….

Vous pouvez maintenant vous intéresser à ce jeune artiste, Maisel Lopez. Graffiste et portaitiste d’enfants, cet artiste redonne vie aux murs lépreux du quartier Buena Vista depuis 2015. Vous pourrez notament découvrir quelques uns de ses portraits gigantesques rues e 44 y 25 ou 41 y 70,

http://spanish.xinhuanet.com/2017-11/10/c_136740872.htm

https://cubanartnews.org/es/2017/01/12/el-arte-llega-a-las-calles-de-la-habana/

Spectacles à la Havane

Sortir à la Havane

Pour qui cherche à occuper ses soirées, la Havane offre une multitude de spectacles, pour la plupart très abordables.

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St tenir informé

La cartelera (programme) havanaise est très fournie, pas toujours facile à connaitre mais très fournie. On ne peut pas dire que les français soient sur le pont pour communiquer la moindre information. L’ambassade poussant le professionnalisme jusqu’à ne pas communiquer sur les activités en français avec la communauté française extérieure aux bâtiments consulaires.

Il reste donc le bouche à oreille, aléatoire, la lecture régulière de Granma, ou le programme émis par l’ambassade d’Espagne, pour le coup très pro ou par les bénévoles de Donde y Cuando (sur papier et par abonnement uniquement mais très précieux)

http://www.lapapeleta.cult.cu/actividad/octubre/17

http://www.granma.cu/cultura

On peut encore faire le pied de grue devant les différentes salles de spectacle. Car les festivals abondent à la Havane et la programmation peut être surprenante : les classiques semaines du cinéma suédois ou javanais alternent avec le plus original festival de films sur ou à propos de Shakespeare.

La Danse, grande gagnante des spectacles havanais

Le festival de danse classique ou contemporaine présente des troupes reconnues internationalement comme la compagnie Alicia Alonso. On peut aussi admirer des formations plus modestes comme celle des étudiants de l’école d’art (ISA). Le mieux est encore la compagnie du grand danseur Carlos Acosta et l’excellente troupe Lizt Alfonso. Peu connue en France, la formation a été fondée en 1991 par la danseuse éponyme, et est est très populaire ici et en Amérique du Sud. La danseuse espagnole Irene Rodriguez a monté son école sur le Malecon et offreégalement des spectacles de flamenco. https://www.irenerodriguezcompania.com/?page_id=170

Celle-ci a été popularisée notamment par le clip Bailando d’Enrique Iglesias. Elle fait montre d’une qualité exceptionnelle alliant le ballet classique et contemporain, les danses folkloriques le tout mâtiné de flamenco et bien sûr de danses cubaines, sous l’appellation danse fusion.  Un orchestre de qualité accompagne chaque spectacle en live. Scénographie, chorégraphie, qualité des danseurs, rythme, tout y est d’un remarquable professionnalisme, digne des ballets russes. Sans aucune comparaison avec les tristes spectacles folkloriques pour touristes blasés….. A consommer sans modération.

http://www.acostadanza.com/en

http://liztalfonso.com/

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Concerts, cinéma et théatre

  1. La scène théatrale peut surprendre à la Havane. La majorité des théâtres sont de petites dimensions et disposent de budgets minuscules. La plupart des théatres n’ont d’intérêt que le spectacle mais le Mella est un modèle Art déco, alors que le théâtre Marti est un joyau néoclassique. En général, tous offrent des créations très locales ou des adaptations encores plus locales Cartelera Teatral: Qué Ver en La Habana esta semana | CubaIntensa
  2. Pour les concerts, l’église St Francois d’Assise quasi tous les samedis à 18h plus la foultitude de représentations vers 19/20h l’orchestre symphonique se produit au Théatre National, Place de la Révolution. Il faut aussi vérifier les programmations du Musée des Beaux Arts qui dispose d’un auditorium. La cathédrale voit se produire aussi quelques concerts. L’église St Philippe Neri, siège du Mozarteum, peut également révéler des surprises. Tout comme les ambassades.
  3. Pour de la variété, le Karl Marx est certainement le lieu le plus indiqué. A moins que vous ne préfériez le Don Cangrejo plus interlope et jeune. Quant aux amateurs de jazz, on ne peut que leur conseiller la zorra y el cuervo sur la Rampa. L’ambiance du bar élégant du Riviera sur le Malecon peut aussi séduire.
  4. Pour les amoureux du 7e art, la programation est loin d’être ridicule. A condition d’etre un peu patient, on peut voir de très bons films dans les différentes salles du Vedado cubacine | El Portal del ICAIC www.cubacine.cult.cu
Le Théatre national

Place de la Révolution

photo8La place de la Révolution, est un lieu hautement symbolique de la Havane contemporaine. Les projecteurs se sont braqués sur elle  entre le 25 et le 29 Novembre 2016 pour l’hommage posthume à Fidel Castro . Elle e aussi accueilli les Papes et toutes les grandes réunions populaires depuis la Révolution. Pourtant, sa réalisation remonte à la fin du XIXe siècle.

Siège des Catalans

Au XIXe siècle, il y avait sur  la colline de Tadino des champs et fermes. En 1884, la communauté catalane cherchait un lieu escarpé pour rappeler la basilique catalane de Montserrat. Elle choisit cette colline pour y construire un ermitage dédié à la Vierge. L’ermitage  financé par la sociéte des catalans et les fonds de particuliers fut consacré en 1921 à l’emplacement de l’actuel monument à J Marti. Il  devint alors un lieu pour les indépendentistes catalans .

http://www.abadiamontserrat.com/

Projet de la République

Or dans les années 20 la prosperité de la Havane était telle qu’on envisagea d’amples plans d’aménagement (plans regulateurs) pour encadrer la croissance future. On voulait alors créer de nouveaux axes. Le Francais Forestier projetait en 1922   une nouvelle centralité avec une scénographie monumentale pour les célébrations.

dans cet article je parle déja du plan de Forestier : http://visitesfabienne.org/wordpress/le-malecon/

la Loma de los Catalanes ou Loma de  Montserrat  devint une place sur le modèle parisien. Elle prévoyait des avenues en étoile rayonnant vers les points cardinaux. A l’ouest vers le Rio Almendares, à l’Est vers le Parc de la Fraternité et au sud vers le Vedado. Des édifices devaient accroitre le prestige en accueillant les fonctions politiques et administratives de la République naissante.

Le projet prit d’ailleurs tant d’importance qu’on construisit un train pour relier l’ermitage au centre de la ville. La station Monistrol du nom du village proche de la Basilique catalane à 50km de Barcelone desservait la future place de la Révolution.

Le projet d’une grande place civique et d’un monument au héros de l’Indépendance Jose Marti resurgit en 1935 et initia deux décennies de concours, projets, levées de fonds et expropriations.

La construction

En 1951,  l’Ermitage  détruit, la construction du monument et de la bibliothèque put commencer. Les  catalans expulsés batirent une seconde église sur l’avenue Rancho Boyero en intégrant quelques éléments venus de la première église : vitraux, autel, marbres, Vierge.

photo3La construction de la place Civique et du monument à Jose Marti par Juan Jose Sicre débutèrent en 1953. Cette immense pyramide marque le point culminant de la Havane 113m + les drapeaux. A la base de la pyramide, se tient une sculpture (1958) du héros de l’indépendance en marbre blanc dans la pose du penseur.

Le monument comporte un musée qui doit pouvoir se visiter ainsi que le belvédère de la partie supérieure (567 marches) entouré de 6 piliers representant les 6 provinces de l’époque.

photo1Réalisation et Symbole de la Révolution

A partir de 1959 les révolutionnaires rebaptisent et réaménagent l’immense esplanade. Des bâtiments de béton aux volumes cubiques du style en vigueur dans les années 30/ 40 surgissent. Ainsi, face au Memorial  Marti, le visage en relief inspiré à Enrique Avila par la célèbre photo de Korda, photographe de la Révolution cubaine, et les paroles Hasta la victoria siempre décorent le Ministère de l’Intérieur. En 2009, le même artiste ajouta le portrait de Camillo Cienfuegos.

Au débouché du Paséo, le théatre national imaginé dès les années 1950 mais inauguré en 1979, propose de nombreux spectacles de qualité. (consultables et réservables en ligne 10 MN ou CUC- mais on peut tout à fait arriver au dernier moment pour les concerts du dimanche matin à 11h).

Théatre National : http://www.teatronacional.cu/site/section/1

Au sortir de la place, la Bibliothèque Nationale complète le dispositif culturel. Bibliothèque Nationale : http://www.bnjm.cu/

La Place civique devenue Place de la Révolution est ainsi triplement symbolique, par la présence des héros défunts du Cuba actuel (d’où la résonnance des funérailles), mais aussi du fait de ces trois batiments emblématiques de la culture (musée, théatre, Bibliothèque), enfin par sa fonction gouvernementale : ministères, Siège du Parti Communiste Cubain (derrière le monument) mais aussi et surtout  lieu des grands rassemblements nationaux, concerts, discours et défilés.

“Escapade à la Havane”

Il fait froid en Europe? Pourquoi pas une escapade à la Havane ?

Chouette les plans interactifs sont en ligne sur‘Escapad !!! Il est donc temps de planifier votre escapade à la Havane!!

Des cartes…

Il manquait des cartes explicites pour mes suggestions de visites. Je vous propose désormais de me retrouver sur Escapad pour visualiser les itinéraires proposés sur mon site. C’est une appli bien sympa lancée par deux jeunes dynamiques et créatifs et sensiblement plus ouverts que moi à la technologie…

J’avais proposé il y a quelques temps déja, une visite des essentiels de la vieille Havane, celle que les agences nomment le”kilomètre d’or”. http://visitesfabienne.org/wordpress/cuba/la-havane-2/les-4-places-principales-de-la-vieille-havane/

Maintenant, si vous désirez la visualiser sur une carte, avec une description succinte des arrêts visites ainsi que quelques adresses, je vous conseille de me suivre sur l’App Escapad. http://www.escapad.io

Je continue à produire des itinéraires pour vous permettre davantage d’escapades individuelles et guidées selon vos envies. La version audio s’améliore peu à peu et vous aurez bientôt presque l’impression de promener votre guide avec vous !!

Des itinéraires…

Pour l’heure, j’ai mis en ligne trois itinéraires pour vous permettre de découvrir plusieurs aspects de la Havane. Un trajet global, à réaliser en taxi tout d’abord. Vous pourrez affiner grâce à une visite plus pointue du quartier historique. A moins que la découverte de la Havane du début du XXeme siècle ne vous tente davantage ! Outre ces trois itinéraires, j’ai publié mes bonnes adresses !

L’App Escapad se propose de vous accompagner partout ” De la balade en campagne à la visite d’une exposition, en passant par une petite virée dans votre ville”. L’idée est de laisser les guides papiers lourds et encombrants, voire obsolètes et d’utiliser votre téléphone pour vous repérer comme dans le reste du monde. En raison de la difficulté de trouver du réseau à Cuba, je vous conseille très fortement de télécharger votre itinéraire au préalalble pour l’utiliser off-line.

et même des conseils !!

Un dernier détail, si vous souhaitez des conseils de voyage personnalisés, des adresses, vous pouvez me contacter directement sur mon gmail, dans la page contact. Bon voyage et bonnes visites !

https://escapad.page.link/8SVjTGCmvi3iq3zo7

Place de la Vieille Ville

La Havane présente quelques originalités urbanistiques. L’une de plus notables consiste en sa multipolarité. Du coup, la Place de la vieille-Ville fait partie d’un dispositif de cinq places qui se partagent les fonctions administratives, commerciales et politiques et religieuses.

http://visitesfabienne.org/wordpress/cuba/la-havane-2/les-4-places-principales-de-la-vieille-havane/

Une Place Neuve pour la Vieille Ville

 En effet, La Havane diffère d’autres villes coloniales, régies par les ordonnances de Philippe II de 1573. Car le quartier historique ne s’organise pas autour d’une seule place centrale mais de cinq places qui se répartissent les pouvoirs.

De fait, ces ordonnances émises au moment de la colonisation, encadraient la fondation des villes du Nouveau Monde. Elles en précisaient le tracé en damier, la dimension des pâtés de maison. Mais aussi la largeur des rues, l’emplacement des édifices religieux et civils. Ainsi, on planifia la place Neuve dès 1559 dans un but résidentiel uniquement. On n’y voit donc ni église, ni bâtiment administratif. Ceci aussi était exceptionnel. L’idée était de désengorger la place d’Armes désormais occupée par la construction de la Forteresse Royale. Ce nouvel espace devait abriter l’aristocratie créole. Pour ce faire, on lui donna une forme quasi rectangulaire, avec la possibilité d’édifier quatre immeubles sur chaque coté.

Une place civile et commerciale

Au XVIIe siècle, on la réaménagea pour lutter contre les inondations. Apparurent alors quatre maisons de deux étages, à façade baroque sur colonnades. Le rythme de construction s’accéléra au siècle suivant alors que la vocation de la place devenait commerciale et récréative. Les neuf maisons nouvellement construites suivaient le prototype de la maison noble havanaise avec vaste portail d’entrée, patio et galerie intérieure, colonnade extérieure, plafonds à la mudéjare. Au centre de la place, se succédaient cérémonies, fêtes et marché. En effet, les franciscains jugeant inadéquate la tenue de ventes devant leur église avaient demandé à ce qu’une autre place soit affectée au grand marché de la Havane.

https://www.facebook.com/Vitrina-de-Valonia-1591386391098088/

Au XIXème siècle, la place du Christ, plus récente, accueillant un marché, la Place Neuve fut renommée (Royale, grande, du Marché, Ferdinand VII, de la Constitution avant de devenir « Vieille »). On y construisit de nouvelles habitations, de style éclectique voire Art Nouveau.

Rénovation de la Vieille place

La place souffrit au cours du XXe siècle. La municipalité la transforma même en parking au milieu du siècle. Puis l’ONU et l’Union européenne subventionnèrent sa restauration dans les années 1990. Elle était alors devenue insalubre. Les immeubles étaient occupés par des taudis avec sanitaires communautaires.

On commença par démolir le parking et reconnecter la place au reste de la ville, on restaura la fontaine de 1709 en l’entourant d’une grille pour mettre fin aux baignades. Des cafés, restaurants et boutiques s’y installèrent alors, mais aussi des musées (celui des cartes à jouer, le planétarium, la photothèque et la Camara Oscura un ingénieux dispositif optique d’où l’on jouit de très belles vues du haut de la tour de 35m) le Centre Culturel belge mais aussi une école et le Palais Cueto, l’exemple le plus achevé d’Art Nouveau de la Havane. Elle est aujourd’hui un lieu de vie typique de la vieille Havane où se côtoient touristes et élèves en cours de sport.

http://cubacoop.org/spip.php?page=article&id_article=87&lang=fr

Voyager à Cuba

Voyager à Cuba implique de se déplacer ce qui est toujours une gageure en ce pays.

Voyager à Cuba implique de trouver un moyen de transport

Quel moyen de locomotion pour voyager à Cuba

Ce n’est pas parce que vous aurez réservé à l’avance pour voyager à Cuba que votre voiture vous attendra. Et puis en admettant qu’une voiture vous attende, qui sait son état, le nombre de km qu elle affichera au compteur. Et vous n’apprécierez pas forcément les trous sur les routes, les bicyclettes en sens inverse sur l’autoroute sans parler des chars à boeufs. pas plus d’ailleurs que les piétons prêts à traverser quand vous passez. Il faudra aussi trouver de l’essence…

Taxi collectif à Trinidad

Bref si vous n’avez pas envie de friser l’infarctus à chaque minute pourquoi ne pas consulter les services d’autobus de Viazul https://www.viazul.com/ ou tout simplement vous déplacer en taxi? En famille il n’y pas photo et vous pourrez choisir entre le  carosse moderne ou la vieille américaine..

A la Havane, le système de taxi est à géométrie variable  comme je l’explique dans cet article :

https://visitesfabienne/cuba/infos-pratiques-sur-cuba/se-deplacer/

Enfin les grosses voitures américaines se louent, à l’heure. La négociation ne servira qu’ à réduire le parcours de quelques étapes….. Pour la visite pure, le système hop on and off est pratique. Ces grands bus rouges à double étage qui parcourent la ville et s’arrêtent dans tous les lieux importants. On les prend devant les grands hôtels ou les grands monuments,

Logement à Vinales

Se loger

Voyager veut aussi dire se loger, alors là pas de soucis grace aux casas particulares. Le airnb institutionnalisé et bien sympathique en version cubaine. A moins que vous ne préfériez vous tourner vers les grandes chaines hotelières plus sures et confortables mais aussi BEAUCOUP plus onéreuses, la version espagnole Melia, dans sa version cheap (sol) ou haut de gamme (Tryp) voire très haut de gamme (Paradisus), la francaise Accor (peu présent pour le moment) etc…Reservez au moins la première nuit de manière à pouvoir indiquer une adresse si on vous la demande à la douane.

https://www.mycasaparticular.com/

une super adresse, chez mon amie Dorette dans le Vedado : https://www.airbnb.com/rooms/15068569?source_impression_id=p3_1586083427_OdUBzQYZY7YQnJxO

Pêcheur en action

Manger

Pour manger, vous avez le choix . Il existe de plus en plus de paladars ou restaurants privés. Ils sont souvent meilleurs que les restaurants d’état. Si vous avez très faim et peu d’argent, vous pouvez essayer les caféterias .

La nourriture de base se compose de riz et haricots rouges. Ils peuvent s’ accompagner de 2 tranches de concombre ou tomates. Les avocats n’apparaissent timidement que durant l’automne. Quelques viandas (les tubercules : igname, manioc, courge), legumbres (bananes vertes frites) accompagnent le plat. Celui ci peut être poulet ou porc, éventuellement poisson voire crevettes plus ou moins grosses…

Quant aux desserts, eh bien en dehors des flancs, point de salut ou quasi….Des jus frais fameux (goyave, ananas, attention le melon est de la pasteque et la frutabomba de la papaye).

Voyager et rester connecter

Là on atterit et on se souvient que Cuba est l’un des rares pays au monde ou la connection est…aléatoire , en tous cas lente. Hors les grands hôtels, le plus simple est d’aller acheter une carte Nauta. Vous la trouverez chez Etecsa si vous adorez faire la queue, dans la rue si vous voulez payer plus cher ou dans le hall des hotels internationaux si vous voujlez vraiment payer cher mais sans problème et sans queue. Logiquement la carte coute 2 CUC pour 1 h de connection) .

Il convient maintenant de repérer des hot spots. Vous ne pouvez pas les manquer. Quand vous voyez de nombreuses personnes assises en plein discussion avec leur tablette ou leur portable, vous y êtes ! Il vous suffit alors de gratter les 2 numéros au dos de votre carte et remplir puis accepter les conditions d’Etecsa (je vous laisse les découvrir). Surtout n’oubliez pas de couper votre roaming. Les communications sont fort chères

Escalier menant aux chambres…

Miramar

Le quartier de Miramar a été planifiée et initiée en 1918 pour accueillir la migration de la classe aisée du centre de la Havane vers des zones plus aérées.

Un quartier planifié

Au début du XXe siècle, un immense projet d’urbanisation dépassait le pont levant à l’extrémité du Malecon. Il comprenait 4 avenues longitudinales et 19 rues transversales plantées d’arbres, jardins, parcs et fontaines.

foto-buste John F. Duncan se chargea du plan d’urbanisme entre 1921 et 1924. Cet architecte New Yorkais planifia le tracé et la dénomination des rues. C’est pourquoi une 5eme avenue s’étend du Rio Almendares jusqu’à la seconde rotonde et au-delà jusqu’au faubourg de Santa Fe. Elle devient  alors la route panaméricaine pour mener au port de Mariel. On peut encore voir l’influence de Manhattan se dans les patés de maisons rectangulaires comme des blocs. Depuis sa fondation en 1930 sous le nom d’avenue des Ameriques, la 5eme avenue est bordée des plus beaux exemples d’architecture de la Havane.

Un quartier aéré et résidentiel

Dès le débouché du pont levant, transformé en tunnel en 1959, on tombe face à deux symboles du Municipe de Playa : La Fontaine des Amériques et la Tour de l’Horloge. Le son de cette dernière reproduisait celui de Big Ben. Elle est aujourd’hui arrêtée. Une bande piétonnière arborée suit le centre de l’avenue. En effet, les constructeurs ont dès l’origine voulu garantir 40% d’espaces verts pour ce nouveau quartier. Car, l’idée était de garantir un lieu residentiel pour les familles aisées. On voulu aussi proposer des maisons avec des jardins et des plages privées. On chercha à créer des espaces de récréation : clubs, golf, yacht club. Le développement du quartier correspond à la periode dite danse des millionaires (1918). C’est la période où le prix du sucre était au plus haut du fait de la destruction des usines betteravières en Europe à cause de la guerre.

devenu quartier des étrangers

Dans ce contexte de prospérité cubaine, on construisit de somptueux maisons et palais inspirés de la renaissance italienne et française. Mais aussi de magnifiques exemples art-déco. Ces constructions émanaient d’architectes sortis de la toute nouvelle école d’architecture fondée en 1910. De grandes églises complétèrent le quartier dans les années 1940-50 : l’église du Jesus romano byzantine, Santa Rita de Casia (entre 5ta y 24) ainsi que le sanctuaire de Saint Antoine de Padoue.

Aujourd‘hui la 5eme Avenue est bordée de missions diplomatiques, ambassades, instituts culturels et représentations commerciales mais aussi de zones de loisirs (stades, coney Island Park, hotels et paladares). En revanche, les détritus ont envahi le bord de mer, jadis aménagé au moyen de grandes piscines naturelles et de clubs. De nombreuses constructions tombent en ruine. Des petits chantiers se multiplient néanmoins et les restaurations et ouvertures de cafés et restaurants branchés redonnent vie au quartier.

foto-maisonDes visites et des loisirs

En sortant du tunnel, la première maison visible, la maison aux tuiles vertes, inspirée par l’architecture allemandes, a été construite en 1921 pour Alberto de Armas. En 1943 Luisa Rodriguez d’une famille aisée de musiciens de Barcelone, reprit la maison lors de son mariage. A sa mort en 1999, l’Etat récupéra la maison complètement délabrée faute d’argent,  de soins et en raison de nombreuses innondations et vidée de ses meubles. Il la restaura et l’ouvrit au public en 2009. Prix de restauration national,  elle est aujourd’hui maison des architectes, des urbanistes et accueille expositions, artistes et rencontres dans ses salons du rdc.

https://www.facebook.com/casatejasverdes

Un fantastique musée, unique en son genre se trouve non loin de là :

De la Révolution à la Dénonciation

foto-carlomarEncore plus loin, juste avant la zone hôtelière, on peut s’arrêter à l’aquarium de la Havane.

Miramar n’est pas seulement un quartier de visites mais un lieu de promenade et une jolie zone d’habitation avec les 4 collèges internationaux : Ecole francaise, Ecole internationale, ecole espagnole, Ecole russe mais aussi nombre de petits restaurants et cafés.

On y trouve également des lieux de spectacle, comme le don Cangrejo, la casa de la Musica (que je ne recommande pas) et surtout l’extraordinaire Théatre Karl Marx où se donnent rendez-vous les comiques, chanteurs à la mode…

https://en.wikipedia.org/wiki/Karl_Marx_Theatre

Les Jésuites à la Havane

Ne cherchez pas les Jésuites à la Havane il n’y en a plus….

Vraiment ??? Pourtant il en reste quelques traces…

Feu le collège Jésuite

A commencer par la rue San Ignazio qui nous rappelle l’influence de l’ordre fondé par Ignace de Loyola dans la Rome du XVIes. Il est vrai qu’à l’époque coloniale, ces religieux zélés ont bonifié la zone marécageuse de la Cienaga pour y bâtir l’une des plus belles places de la Havane, leur église et leur couvent. Représentant une richesse et un pouvoir compromettants pour la couronne espagnole, ils furent chassés en 1767 d’Espagne et des colonies par la Loi Pragmatique de Carlos III. Ils n’avaient alors pas terminé les travaux. L’église est devenue cathédrale de la ville et le couvent, centre culturel dont on a tenté de gommer la paternité originelle. Il demeure néanmoins l’un des plus beaux bâtiments baroques de l’ile.

http://www.cervantesvirtual.com/portales/expulsion_jesuitas/expulsion_espana/

Belem, nouveau monastère des Jésuites à la Havane

Lorsque en 1852 l’interdiction faite aux Jésuites fut levée à Cuba, ils revinrent deux ans plus tard en un lieu nouveau, le couvent de Belem d’où ils furent une nouvelle fois expulsés en 1961 par un de leurs anciens élèves diplomé en 1945, Fidel Castro. Celui-ci avait suivi sa primaire chez les Jésuites à Santiago.

D’emblée, le Monastère accueillit l’observatoire. Ce dernier a été transformé en musée très récemment et joliment restauré. Une première petite salle expose des plans de l’Ile et rappelle l’histoire du bâtiment. L’Observatoire chargé de la surveillance des cyclones, des séismes est evoqué au 1er étage ainsi que les Pères Jésuites qui donnèrent son impulsion au centre. On y explique notamment que les ouragans portaient les noms des saints du jour où ils frappaient l’Ile. A partir de la seconde Guerre Mondiale, on leur donna le nom des épouses des pilotes. Pour éviter la discrimination, on alterne aujourd’hui les noms masculins féminins dans l’ordre alphabétique, chaque année recommençant à A. Une station métérologique fut fondée en 1902 et le couvent déménage dans le quartier populaire de Marianao.

Un escalier mène alors sur la terrasse d’où la vue sur la vieille Havane est très belle.

Le couvent de Belem est aujourd’hui en grande partie occupé par une maison pour les personnes âgées du quartier. Il ne reste comme seule paroisse de la congrégation, celle du Sacré-Cœur, rue Reina.

Le Mémorial de la Dénonciation

S’il est un lieu extraordinaire c’est le Mémorial de la Dénonciation, sis dans le quartier élégant de Miramar à l’angle de la Quinta et de la 8eme rue. Il fait pendant au célèbre mais poussiéreux Musée de la Révolution. Ce dernier est hébergé dans l’ex magnifique Palais présidentiel. Il présente une muséographie pour le moins datée pour évoquer les personnages, lieux et dates incontournables de la Révolution à grand renfort de vieilles photos en noir et blanc, coupures de journaux d’époque.

http://www.lettresdecuba.cult.cu/?q=articles/le-m%C3%A9morial-de-la-d%C3%A9nonciation-o%C3%B9-la-m%C3%A9moire-grandit-aujourdhui.html

Un musée tout neuf

En revanche, Le Mémorial de la Dénonciation, est flambant neuf. Il recourt aux écrans et autres medias modernes pour rappeler les luttes, attaques en tous genres subies par Cuba depuis 1959.

Un bel hôtel particulier remis à neuf pour l’occasion permet de découvrir la politique locale sous un angle particulier : celui de la propagande. Les moyens déployés dans ce projet pédagogiques sont particulièrement impressionnants dans un pays pauvre. Ils attestent de l’importance de la guerre psychologique qui sévit toujours contre le grand voisin américain. Les salles bien équipées donnent à voir des visuels interactifs sur les différentes campagnes et opérations militaires, mises en oeuvre par les Etats Unis pour interférer sur l’ile et les réponses aux tentatives de déstabilisation. Peu d’objets sinon cette balsa, type de radeau de fortune sur lequel tant de Cubains ont fui la misère de la période spéciale.

Lecture cubaine de la Révolution

On entre donc dans cette belle demeure avec à gauche une librairie vendant des Bandes dessinees cubano cubaines en monnaie nationale. Tout proche, un guichet dans lequel baille une guichetière. Précisons que le musée est gratuit alors que celui de la Révolution coûte 10 cuc pour les étrangers. Sur la droite, une salle retrace les différentes opérations menées pour faire tomber le gouvernement. Un escalier mène à l’étage sur fond de petites croix . Celles-ci évoquent un sanctuaire aux victimes de ce terrorisme sournois.

L’étage est consacré aux violences subies et aux victimes cubaines du terrorisme essentiellement nord-américain. Le décor se veut austère avec ses fils de fer barbelés. Une passerelle relie la demeure à une extension moderne. On y descend pour s’intéresser à l’immigration cubaine.

En bref, un point de vue très local pour aborder l’histoire de Cuba depuis la Révolution mais nécessaire pour vraiment comprendre le pays aujourd’hui.