Côte Sud

Vous cherchez une excursion à la journée sur la côte sud. Vous voulez sortir de Londres et avez envie de mer. Brighton vous tend les bras. Mais ce n’est peut-être pas au gout de tous. Dans ce cas, poussez un peu au-delà et découvrez des merveilles…

Brighton n’est plus ce qu’elle était 

La réputation de cette station balnéaire de la Côte Sud anglaise la précède. Avec son pavillon royal si exotique, sa jetée victorienne et ses petites allées piétonnes, la ville a tout pour attirer.

Et il est vrai que la folie (architecturale celle-ci) gothico-orientale de Georges IV est juste incroyable. En dépit de la petite bruine et du vent, on se sentirait presque à Delhi. Malheureusement un peu décrépie, elle conserve néanmoins un vrai charme exotique. De là, part le centre commerçant de la ville, finalement très importante, de Brighton.

Mais on vient pas de Londres pour le centre marchand mais bien pour les petites ruelles, seules traces du village de pêcheur d’avant la vogue des bains de mer au 19e siècle. Ces ruelles offrent de quoi satisfaire les amateurs de boutiques originales et indépendantes.

Difficile d’en juger en plein confinement mais on imagine l’animation…mais aussi la foule…On rejoint alors le bord de mer, très construit. Les barques de fish and ships annoncent les jeux de la jetée et occultent un peu la beauté de cette construction victorienne déjà évoquées à Clevedon ou Weston Super Mare. https://visitesfabienne.org/destinations/royaume-uni/la-cote-ouest-du-royaume-uni-2/

Les Seven Sisters, le vrai coup de foudre

Il s’agit d’une promenade que l’on peut dérouler à sa guise pour longer la fantastique côte sud entre Seaford et Eastbourne. La balade est simple, et n’exige ni condition physique hors du commun ni chaussures particulières. Les paysages sont vraiment à couper le souffle. En fonction de la marée, la promenade est plus ou moins longue avec le contournement d’une petite rivière qui offre un détour (joli) de 1h30. Les falaises de craie sont plus impressionnantes en direction de Eastbourne car on peut voir les 7 collines blanches qui se jettent dans la mer. Dans ce cas un immense parking à Seaford peut marquer le point de départ.

 Si l’on part de Eastbourne, on marche en revanche en surmplomb des collines. Choix compliqué sauf à se déplacer en uber ou transports en commun pour commencer à un point et finir à l’autre. https://www.moonhoneytravel.com/seven-sisters-cliffs-walk-seaford-to-eastbourne/

Mais on est récompensé de son effort et Monet n’a qu’à bien se tenir avec son rocher percé d’Etretat. En outre, l’arrivée (ou le départ) de Eastbourne permettent de profiter d’une des vraies jolies stations balnéaires anglaises. Un tantinet désuète mais coquette et plaisante avec sa promenade bordée de jolies maisons.

Hastings, l’étonnante

Hastings évoque bien évidemment Guillaume de Normandie et la conquête de la côte sud de l’Angleterre. Pourtant de la bataille d’Hastings en 1066 il ne reste pas grand-chose, les ruines piteuses d’un château emporté par des marées. La bataille a d’ailleurs au lieu un peu plus à l’intérieur des terres à …Battle (cela ne s’invente pas) et vous pouvez y visiter le complexe de l’abbaye avec reconstitution historique et tout le tralala pour une somme pas si modeste. https://www.english-heritage.org.uk/visit/places/1066-battle-of-hastings-abbey-and-battlefield/

En fait les descriptions de la ville de Hastings donnent modérément envie de visiter cette ville de bord de mer. Pauvre et malmenée, elle jouit d’une réputation peu enviable. Et c’est dommage car outre la plage (de galets comme sur toute la cote) battue par les flots, la promenade, une ville moderne peu invitante il est vrai, Hastings offre des promenades magnifiques sur les hauteurs entre forêts et falaises (au-départ du petit funiculaire). Le quartier des pêcheurs, appelé « Stade » a gardé beaucoup de charme et d’authenticité. Très actif il permet de déguster des fruits de mer quasi en comptoir et c’est un vrai bonheur. En outre le petit centre historique autour de la rue George, High Street et de l’Eglise est un vrai régal de petites boutiques, antiquaires et cafés sympas. Et pour les mordus, de nombreux musées permettent d’en savoir plus sur les bateaux, la pêche.

Rye, le coup de charme

Les publicités ne mentent pas, Rye est un lieu délicieux de la côte Sud. La petite bourgade a conservé ses maisons à colombages, son pavage de galets, ses petits jardins avec des vues sur le petit port. Elle semble arrêtée dans l’histoire et son charme est resté totalement intact. De jolies maisons à colombage bordent les rues pavées de galets. Une jolie église couronne la colline entourée d’un jardinet. De là, un fort surplombe une terrasse et une porte monumentale. Au-delà de la Grande porte, un musée occupe le château.

https://www.visit1066country.com/destinations/rye

Comme Hastings, la jolie bourgade s’est enrichie de son appartenance quoique tardive au réseau des Cinque ports. En effet celui-ci assurait une franchise. Exonérés de taxation, ces ports ont pu prospérer. (expliquer) https://en.wikipedia.org/wiki/Cinque_Ports

Du fait de l’ensablement de la baie et du changement de cours des rivières, le petit port de mer se trouve aujourd’hui à l’intérieur des terres à la confluence de 3 rivières et le paysage surprend quelque peu. Du haut des murs, on voit en effet des bateaux ensablés dans de petites rivières anémiques.

Le château de Foix

Le château de Foix jaillit au détour de la route qui mène de Toulouse en Andorre. Perché sur un pech haut de 60m, il ressemble à un décor de carton pâte. Selon l’appellation régionale, le terme pech désigne ces collines de calcaire qui s’élèvent brutalement dans un décor de reliefs doux et verdoyants. Ce château n’est pourtant pas une de ces forteresses cathares comme dans le reste de la région.

le château incontournable dans la vieille ville

Un château à l’orée du pays Cathare

Cette citadelle a, au contraire, affiché sa neutralité pendant la période de l’héresie (13e) et en est ressorti indemne. Elle affiche fièrement sa tour des gardes du 11e couronnée d’un toit du 19e siecle. Sa tour carrée ou tour du milieu du 12e, surmonte le logis dont n’a été conservée que la partie inferieure voutée. Pour affirmer leur puissance sur la région, les comtes ont même fait construire une impressionnante tour ronde de pierres de taille au 15e s. Pour autant, ils préféraient habiter dans leur autre capitale, Pau puis Orthez en Bearn.

Foix depuis son château

Si le château nous est parvenu en si bon état c’est qu’il a été utilisé en prison dès lors de l’annexion du grand comté de Foix Bearn à la France sous Henri IV. Classé monument national en 1862, il a été restauré. Y a œuvré le gendre de Viollet le Duc alors occupé à Carcassonne….

Un château musée

Depuis les débuts du XXe siècle  c’est un musée médiéval. Après quelques années de travaux, il vient de réouvrir avec une muséographie sympathique. L’ancien tribunal est ainsi devenu musée. La visite permet d’en savoir plus long sur le Comté de Foix. Né en 1002, aggrandi en 1290 en Comté de Foix -Béarn, il a été annexé à la France en 1607.

Après le musée, on aborde le château lui même. Y monter constitue en soi une jolie grimpette. On emprunte aujourd’hui le chemin construit galet par galet par les forcats et non plus l’ancien sentier médieval perdu dans les arbres sous la tour ronde. Mais la vue sur la vallée récompense des efforts endurés.

On peut alors visiter la tour du millieu et la tour ronde mais aussi le corps de logis central et faire le tour du château dans une totale liberté. Des ateliers thématiques ont remplacé les visites guidées d’avant les travaux. On peut ainsi s’initier à l’archerie, découvrir le fonctionnement des outils de levage. Dommage que les responsables du projet aient jugé bon de meubler le château d’horribles sièges de bois clairs. Et surtout, on peut déplorer que les édiles locaux aient jugé inutile d’aménager un café. On aurait pu profiter avantageusement de la terrasse et de la vue magnifique.

http://www.sites-touristiques-ariege.fr/sites-touristiques-ariege/chateau-de-foix

Soho

Aujourd’hui, je vous propose une balade à Soho, dans un quartier synonyme de divertissements et de sorties.

On en oublie presque que ce lieu campagnard utilisé pour les chasses royales a accueilli après le 17e s des vagues de communautés immigrées avant de devenir la zone de toutes les licences et extravagances britanniques. Aujourd’hui un peu gentrifié, on s’y rend pour ses cafés, pubs et restaurants mais aussi ses boutiques.

 Pour autant les années sulfureuses ont délocalisé l’aristocratie vers l’ouest. A la zone boho, on ajoute maintenant le plus souvent les rues autour de Leicester Square qui constituent le Chinatown londonien.

L’idée n’est pas ici de vous faire découvrir les boutiques et adresses branchées mais de proposer une promenade autour de 3 zones bien distinctes du quartier :

  • Le quartier commerçant et tendance de Carnaby
  • Les fondations autour de Soho square,
  • Le quartier chinois 

Autour de Carnaby, le Soho commerçant et branché

Par Carnaby street on désigne en fait une zone composée de 2 artères parallèles principales et l’ensemble des petites ruelles perpendiculaires  (14 rues au total) qui les relient. Ce quartier a été nettoyé, rénové et constitue une des poches piétonnes le plus commerçantes de la capitale. Situé entre Regent Street et Oxford Street juste au nord de Picadilly, et au sud de Great Malborough Street, il draine une clientèle plus jeune et originale en quête de magasins indépendants et de petits cafés à l’atmosphère unique. Berwick Street a d’ailleurs accueilli un des plus anciens marchés de la capitale.

https://www.carnaby.co.uk/history/

Plus à l’est du côté de l’Eglise Saint Anne et de Brewer Street et Old Compton, s’alignent les petites boutiques, librairies, cafés de la communauté homosexuelle. Enfin, à mesure que l’on se rapproche de Leicester Square et de Charing Cross Road, les théâtres et salles de spectacles se multiplient.

Autour de Soho Square, le Soho caritatif

Trop souvent les visiteurs négligent ce ravissant jardin entouré d’églises et de maisons de bienfaisance. Le quartier accueillit les émigrés français huguenots On appelait d’ailleurs ces quelques rues le quartier français. La présence française est encore manifeste avec des restaurants et pâtissiers (maison Bertaux, Richous…). Elle nous rappelle qu’au 17e nombreux furent les Huguenots à fuir la révocation de l’Edit de Nantes. Leur église, très discrète borde d’ailleurs le nord de la place.

Rapidement cette communauté émigrée en appela d’autres. L’église grecque donna ainsi son nom à la rue dans laquelle Wedgwood (cousin de Darwin) établit sa manufacture. Aujourd’hui très gentrifiées, les trois rues parallèles principales (Greek Dean Firth) sont bordées de charmants petits restaurants.

Juste au Nord de Leicester, le quartier chinois

Entre Shaftesbury Avenue au Nord, Rupert Street, Charing Cross Road et Leicester Square, le quartier chinois est composé de 5 ou 6 rues facilement identifiables grâce aux lampions rouges et aux restaurants et boutiques asiatiques. Il s’articule autour de Gerrard Street.

Le Chinatown actuel remonte aux années 1950 avec l’ouverture de quelques restaurants dans une zone historiquement habitée par les Huguenots. L’église ND de France rappelle d’ailleurs cette présence. Le quartier chinois a beaucoup grandi depuis, remplaçant peu à peu le premier Chinatown. A la base en effet, les asiatiques se regroupaient à l’Est de Londres, à Limehouse. Les premiers chinois travaillaient sur les quais pour la Compagnie East India à la fin du 19e siècle. Mais le déclin des Docks et de la construction navale amenuisa la communauté après la seconde guerre mondiale.

Pays de Galles

Le Nord du Pays de Galles

Cette semaine je vous propose un itinéraire pour découvrir le Nord du Pays de Galles. On l’aborde à partir de Liverpool, Chester ou Birmingham. Des trains relient l’Angleterre aux villes aux noms imprononçables du Nord du Pays de Galles.

Snowdonia, la montagne du Nord du Pays de Galles

En remontant vers le Nord du Pays de Galles depuis la péninsule de Saint David’s, la ravissante ville de Abeyswyth développe ses façades colorées le long d’une baie. Les villages deviennent plus jolis que dans le sud avec des maisons de pierre grise locale. Une grande partie de la zone est occupée par le parc régional de Snowdonia dans lequel sont aménagés nombre de chemins de randonnée au milieu des fougères et de la bruyère. https://www.snowdonia.gov.wales/

La mignonne petite ville de Dolgellau peut servir de base d’exploration. On y trouve de quoi se ravitailler, des restaurants et cafés mais aussi stations essence et parking. Le massif de Snowdonia est la belle région naturelle du Nord du Pays de Galles et offre une multitude de belles marches. https://www.visitwales.com/en-us/things-do/adventure-and-activities/walking/long-distance-walking-trails-wales

Portmeirion, le Disneyland gallois

Encore plus à l’Ouest et au Nord une curiosité attire les visiteurs : le village entièrement fabriqué de Portmeirrion. Bric à brac d’antiquités chinées et de créations bon marché en tôle ondulée, ce village dégage néanmoins un charme italianisant incomparable. Le site est déjà très agréable et les petits cottages colorés, tous louables confèrent une atmosphère de vacances. Tout autour de la plaza centrale se dressent un faux Panthéon à la coupole en tôle ondulée, un clocher d’allure bavaroise ainsi qu’un fac-similé hôtel de ville gothique. Pour construire l’ensemble, l’architecte des lieux, Sir Clough Williams-Ellis, a consacré sa vie et sa fortune et n’a pas hésité à racheter des demeures historiques abandonnées ou vouées à la destruction. Sa fille consacra le lieu en ouvrant un atelier de céramique devenu très connu. La vaisselle de Portmeirion est en effet aujourd’hui pratiquement plus célèbre que le village dont elle est originaire. https://portmeirion.wales/

Encore plus au Nord, se situe le château de Caernarfon, impressionnant symbole du pouvoir Anglais sur le Pays de Galles. https://cadw.gov.wales/visit/places-to-visit/caernarfon-castle

Le Centre du Pays de Galles est une terre agricole verte et riche en moutons et gibier. Perdrix et oiseaux de toutes sortes voisinent sur la route. Non loin de la frontière anglaise, se situe le château de Powis, impressionnante structure médiévale de briques rouges : https://www.nationaltrust.org.uk/powis-castle-and-garden

Le Pays de Galles abonde en effet en bâtisses médiévales souvent abandonnées après la coquète anglaise. Pour autant ces deux châteaux sont particulièrement importants le premier par sa symbolique et sa taille et le second pour ses somptueux jardins.

Pays de Galles Sud

A l’Ouest du pays, le Nord et le Sud du Pays de Galles tendent à se comporter de manière différente du reste du Royaume-Uni.

On peut commencer cette boucle par le Sud du Pays de Galles, en venant de Bristol. Malgré l’annexion de la région au XIIIème siècle, elle reste fidèle à son histoire, ses traditions et sa langue celtique. Au point que toute l’administration est maintenant bilingue.

Je peux ici vous proposer deux circuits à combiner le cas échéant : nous commencerons cette semaine par le sud, puis la semaine prochaine le Nord.

 Du Sud, on arrive par Newport et on peut s’arrêter à Carleon, un des grands camps romains avec York et Chester. Ont survécu des baraquements militaires assez uniques, des latrines, mais aussi un amphithéâtre et des thermes. http://www.caerleon.net/intro/index.htm. Non loin, se dresse le château de Treddegar. Et les vestiges du château médiéval de Caerphilly.

Peu avant Cardiff, on accède au massif montagneux de Brecon Beacon pour de longues promenades. La petite ville de Brecon peut servir de base pour promeneurs mais on peut s’arrêter tout le long de la magnifique route qui y mène puis Cardiff entre Merthyr Tydfil et Libanus sur la A 470. De nombreux parkings permettent de laisser la voiture pour partir à l’assaut de ces grosses collines et notamment de la plus haute le Pen y Fan. Depuis le parking de Storey Arms, de nombreux chemins très balisés parcourent ces montagnettes couvertes de bruyère entre lacs et moutons. Les marcheurs tendent à se concentrer sur les mêmes sentiers. Aussi ne faut-il pas hésiter à aller au-delà des chemins les plus connus pour découvrir le charme de monticules encore sauvages. https://www.nationaltrust.org.uk/brecon-beacons/trails/pen-y-fan-and-corn-du-circular-walk

La capitale Cardiff, au Sud du Pays de Galles

 On peut aussi préférer les villes, auquel cas Cardiff offre une belle journée de visite avec son château aux intérieurs victoriens spectaculaires. https://www.cardiffcastle.com/

 La vieille ville autour offre une jolie animation avec ses nombreux passages couverts. On peut pousser jusqu’au quartier de l’université et au musée des beaux-arts à moins que le quartier du Port ne soit plus à votre goût avec le très moderne Parlement et la jolie petite église norvégienne où fut baptisé le plus britannique des auteurs scandinaves, Roald Dahl. https://senedd.wales/en/visiting/senedd/Pages/sen-visiting.aspx

https://www.visitwales.com/en-us/things-do/culture/cultural-attractions/roald-dahl-and-little-norwegian-church

Les beautés de la côte du Sud du Pays de Galles

En suivant la côte sud, on peut s’arrêter sur la péninsule de Gower pour profiter des plages.  De jolis villages se succèdent, tels Port-Eynon et Rhossili. On peut y marcher sur la longue plage, paradis pour les surfeurs non frileux ou préférer tenter la balade jusqu’à l’ilot isolé par les flots à marée haute. https://www.nationaltrust.org.uk/lists/top-10-legendary-walks-in-wales

Le petit village de Rhossili, très fréquenté le week-end, est bien équipé en parkings et petits restaurants.

Il faut surtout se rendre jusqu’à la magnifique péninsule de Pembroke. Au sud on découvre de jolis villages tels Tenby au lacis de ruelles médiévales juchées sur des falaises qui dominent la plage. Il convient également de s’arrêter à Pembroke pour en admirer les murailles et le château bâti au 12e s et symbole du pouvoir anglais. H VII y est d’ailleurs né. Puis il faut prévoir du temps dans la partie nord de la péninsule à St David’s. La cathédrale construite en hommage au saint patron local y est imposante et les ruines du palais épiscopal sont un des clous du voyage. La ville, ravissante, pousse à la promenade et on peut aller jusqu’à la petite chapelle de st Non, en ruine mais dans un site côtier magnifique. Un beau sentier douanier permet de profiter de points de vue sur la mer. https://www.historic-uk.com/HistoryMagazine/DestinationsUK/St-Davids-Wales/

Visites insolites a la Havane

Pour changer un peu des sempiternels tours de la vieille ville, j’ai mis sur pied un certain nombres de visites insolites.

Celles-ci sont en fait de deux types. Il s’agit d’une part de visites des lieux incontournables mais avec un regard différent. Mais, je propose aussi des visites de lieux méconnus ou oubliés.

Un autre regard

Dans cette rubrique je cherche à revisiter d’une manière personnelle les lieux connus de la Havane. En effet, les touristes lorqu’ils viennent veulent voir les essentiels, et c’est bien naturel. J’avais donc réfléchi à la manière de faire et refaire ces visites sans se lasser.

Vous trouverez dans cette section des itinéraires originaux mais dans des quartiers centraux comme la balade Art deco ou le Petit Wall Street.

Vous pourrez retrouver d’autres visites insolites dans mes balades du centre ville : sur les traces de Jésuites ou sur celles de Saint Francois.

Néanmoins, celle dont je suis peut être la plus fière est le Wall street de la Havane. C’est en effet en me baladant rue Obispo avec un groupe que m’en est venue l’idée. Je commençais alors un peu à me lasser de toujours montrer les mêmes bâtiments coloniaux . Je me suis alors rendue compte de l’architecture particulière d’une petite portion de cette rue.

Des façades colossales néo-classiques rappelaient les idéaux professés dans l’architecture publique et commerciale des Etats Unis. On retrouvait entre la rue Cuba et le Capitole de grands pilastres et frontons si typiques des bibliothèques, universités et banques américaines. Ils différaient totalement de l’architecture coloniale ou des autres constructions cubaines. Ne trouvant aucune explication dans la littérature cubaine, j’ai recherché dans de vieux guides et sur des sites anglo-saxons. Et j’en ai extirpé le terme de Wall Street havanais. De là, est née cette promenade qui a connu un vrai succès.

Des lieux insolites

Une deuxième partie s’intéresse à des lieux peu connus sur lesquels je suis parfois tombée par hasard. Ainsi en est-il des anciennes carrières aménagées en immeubles improbables. Dans le même registre, cette extraordinaire mosaique du patriarche orthodoxe recevant les clés de son église des mains de Fidel. L’église Russe, ou le petit baptistère de l’église Grecque cachée en plein centre ville sont autant de trouvailles incongrues au coeur de la vieille ville.

J’ai aussi eu la chance de faire partie d’un groupe de visites très actifs animés notamment par le bureau de l’historien de la ville. http://www.habananuestra.cu/ C’est grâce à ce groupe que j’ai pu découvrir le Chinatown cubain, les jardins de la Tropical ou encore Fusterlandia. https://visitesfabienne.org/fursterlandia/

Enfin des lectures personnelles m’ont permis de mettre sur pied des itinéraires comme la balade Art déco de rancho boyero, l’excursion à Regla, la balade pour mieux comprendre la Santeria. https://visitesfabienne.org/la-havane-africaine/

Que vous veniez pour la première fois ou la dixième fois, que vous séjourniez brièvement ou résidiez à la Havane, j’espère que ces idées de visites insolites vous combleront.

Saint François à la Havane…..

Sur les traces de Saint François à la Havane ? Voilà un itinéraire surprenant allez-vous me dire….

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Mais non Saint Francois n’est pas venu à la Havane. En revanche ses petits frères pauvres si! Et ils s’y sont promené, et ils y sont restés…Alors suivez-moi sur leurs traces. Vous pouvez aussi lire cet article http://www.psychologies.com/Culture/Maitres-de-vie/Francois-d-Assise

Et surtout le formidable livre de Jacques le Goff.

L’Eglise Saint-François d’Assise comme jalon

Nous commençons à l’Eglise st Francois d’Assise sur la place homonyme. Cette église du début du XVIIIe  fut détruite en grande partie par un ouragan . On la ferma ensuite . Puis, l’officine de l’historien de la ville entreprit de la reconstruire et de la réouvrir  en 1994 comme salle de concert. Son chevet plat suivait autrefois la ligne de côte. Il part en diagonale et se compense à l’intérieur grâce à un trompe l’œil architectural du meilleur effet. Il reste deux des trois cloitres d’origine, aménagés en musée d’art sacré. Du clocher, l’on jouit d’une des plus belles vues sur la vieille Havane.

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L’église se situe sur une place autrefois nœud commercial de la cité en raison de sa situation portuaire. Elle abrite d’ailleurs les bâtiments de la douane et la Bourse du Commerce tous deux des années 1910. La Bourse imite un palais florentin renaissance. Une statue de Mercure, parfaite réplique de celle de Gian da Bologna à Florence la couronne.

De Saint Augustin à Saint François

Nous prenons la rue Amargura jusqu’à l’angle avec Cuba pour rencontrer la très belle église des Augustins. Elle date de 1607 et sa restructuration remonte à 1860 au départ de la confrérie. Alors quel est son rapport avec notre Saint-François à la Havane? C’est en 1920 qu’arrivèrent les franciscains. De fait, ils avaient  perdu leur domiciliation première. On les logea alors chez les Augustins…

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Dans cette église, le prêtre italien parle de baroque mexicain même s’il s’agit plutôt d’un éclectisme néo renaissant bien réussi au demeurant.  On y retrouve une iconographie franciscaine sur la mosaïque du sol, les stucs des colonnes et pilastres ou encore les fresques. Les nervures des ogives quant à elles, reprennent le thème de la cordelette à nœuds fermant le manteau de bure des frères.

L’église fut fermée en 1965 et réouverte au culte 10 ans plus tard. Elle a fait l’objet d’une magnifique restauration . Aujourd’hui, on l’a considère comme l’une des plus belles églises  de Cuba. Quelques œuvres amusantes comme le Saint Francois au-dessus du portail latéral peint en si grand que le peintre faute de toile utilisa une voile. On reconnait également de belles images de la Vierge. En effet le culte marial a pris beaucoup d’importance dans l’iconographie franciscaine.

Dans la coupole, des fresques représentent les 4 piliers de l’ordre charité, obéissance, pauvreté et chasteté. Une jolie chaire de bois stuqué, complète la décoration. Dans l’ancien couvent en restauration,  un musée consacre ses galeries aux sciences et notamment au découvreur de la fièvre jaune le célèbre médecin cubain Carlos Finlay.

Sainte Claire et les Pauvres

Nous continuons maintenant la rue Cuba dans le quartier Saint Isidore en direction de l’Eglise du St Esprit. Au passage nous longeons (angle Luz et Sol) le Couvent des Clarisses, magnifique édifice néoclassique construit des 1644 et abandonné en 1922 . Sa restauration n’avance malheureusement pas du tout.

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A l’angle de Compostella, on arrive devant la très belle église du Saint Esprit. Il s’agit de la plus ancienne église de la ville encore debout. Elle servait de paroisse aux  noirs affranchis dans un quartier où se réunissaient les pauvres et les esclaves. Elle date de 1620 et est construite dans cette pierre conchifère si caractéristique de la ville. La nef unique nous plonge dans les origines de la Havane avec ses lignes très simples et une belle croisée d’ogives très pure au niveau du chœur. L’orgue, offert par la Suisse se distingue pour son acoustique. D’ailleurs il est le lieu d’étude des organistes du conservatoire. C’est la seule église de la Havane avec une crypte pour enterrer les morts. Dans la sacrisitie, se trouve un meuble étonnant, une commode construite dans un même tronc d’acajou immense. Derrière cette pièce voutée, s’ouvre le patio avec les bâtiments consacrés aux pauvres.

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Nous terminons notre périple à l’église de la Pitié (la Merced) fondée  au 19e siècle à l’angle Damas et Cuba animée aujourd’hui par les Lazaristes. Cette magnifique église à la façade blanche illumine la jolie place complètement en ruine de sa décoration en forme de conque et s’orne de belles fresques.

https://www.universalis.fr/encyclopedie/lazaristes/

choeur de l’Eglise de la Merced

Les Pharmacies cubaines

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Les Pharmacies cubaines représentent de véritables institutions. On en trouve dans toute l’île de Cuba, ainsi la belle pharmacie Triolet de Matanzas.

http://visitesfabienne.org/wordpress/matanzas-des-ponts-metalliques-un-theatre-et-une-belle-pharmacie-ancienne/

Les Pharmacies cubaines, une véritable institution

A la Havane, les pharmacies remontent à 1598 quand Sébastian Milanes  et Lopez Alfar fondèrent deux établissements. Le premier dans la rue royale (aujourd’hui la calle Murallas) et ensuite près de l’actuel callejon del Chorro (près de la cathédrale).

En 1670, la ville comptait une douzaine de pharmacies. Elles profitèrent de l’augmentation de la production de canne à sucre de laquelle on tirait une eau de vie utilisée dans les recettes pharmaceutiques.

C’est surtout le 19e siècle qui fut à l’origine du développement de ces pharmacies dans l’ile quand les officines se séparèrent de la pratique médicale. Avec leurs comptoirs de marbre, leurs vitrines emplies de bocaux de porcelaine et de verre issus des progrès de l’industrie de la  céramique, les pharmacies devenaient des lieux décoratifs à part entière. Ce caractère élégant et luxueux fut renforcé par les étagères d’acajou. Elles remplacèrent les planches de pin rustique à l’époque du Dr Guillerm Lobe dont les reformes contribuèrent au développement commercial. Le Dr Lobe avait pour objectif de vendre dans son officine de Obrapia, entre St Ignazio et Cuba, les nouveaux produits pharmaceutiques issus des drogueries de France, d’Angleterre et des Etats Unis..

les Pharmacies de la rue Obispo

Tachequel, une des Pharmacies cubaines anciennes

Rue Obispo, le pharmacien Fransisco Taquechel fonda un établissement en 1898. Celui-ci gagna en notoriété à l’époque pour la qualité de ses produits et ses prix raisonnables. La boutique exhibe des pots français typiques du 19e siècle et quelques exemplaires du 18e.  . Elle présente aussi des livres de prescriptions et des instruments de l’époque. Elle vend encore des médicaments naturels, de l’homéopathie et d’autres produits cubains (miel, produits dérivés de dents de requin).

http://visitesfabienne.org/wordpress/pharmacies-taqchequel-la-havane/

Si c’est la plus récente des pharmacies de ce parcours,  elle a en revanche été la première à avoir été transformée en musée, ce en 1966. Et c’est la seule à s’enorgueillir d’albarelles, flasques et pot originaux. Le squelette fait partie de la collection personnelle du premier historien de la ville et n’est pas un membre de la famille Tachequel ou un quelconque patient…

La Pharmacie Tachequel à la Havane

Johnson, une pharmacie cubaine refaite

Dans la même rue, au 53, la pharmacie de Manuel Johnson a retrouvé sa splendeur du 19es avec ses albarelles, ses récipients de céramique. Elle vend aussi des médicaments et bocaux. Conçue d’abord juste à l’angle de la rue Cuba, elle s’est considérablement agrandie sous l’impulsion de se ses propriétaires Johnson et Johnson. Détruite par un incendie en 2006, elle a fait l’objet d’une restauration méticuleuse et expose le plus ancien livre de prescriptions.

La plus complète des Pharmacies cubaines, la Reunion

La plus belle rénovation reste cependant celle de la pharmacie la Réunion au 41 rue Teniente Rey y  Compostela (derrière la plaza Vieja). Elle appartenait au catalan docteur Sarra, premier président du collège de pharmaciens de la Havane. Ouverte en 1853, elle devint  la plus grande pharmacie de Cuba. C’était même une des plus importantes du monde. Elle commercialisait des recettes uniques comme la magnésie. Progressivement, elle a été agrandie par les successeurs pour gagner l’ensemble du paté de maison.

la pharmacie moderne

Elle a ensuite annexé l’autre coté de la rue avec une parfumerie (aujourd’hui la pharmacie moderne) et vers l’arrière (au niveau de la droguerie et de l’énorme coffre-fort). Puis, elle a ajouté un puits d’eau douce autrefois utilisé par les nonnes du couvent d’en face et par les gens du quartier. Ce puits d’eau permettait aux 6oo employés de ce véritable empire pharmaceutique de faire fonctionner les 3 étages de laboratoires et entrepôts.

Une pharmacie à la pointe du progrès

La pharmacie se voulait à la pointe du progrès dans tous les domaines : produits, flacons, publicité, diffusion (au moyen d’une flotille de camions). Le nom Reunion, inscrit sur tous les sols évoque l’association familiale et la réunion de plusieurs formes de pharmacopée (allopathie, homéopathie, plantes).

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Elle compte trois grandes salles de vente, chacune dans un style à la mode au 19es (une néo-gothique, une classique).  Ses plafonds bleu pastel, ses vitraux et mamparas colorés, en faisaient l’un des plus beaux magasins de la ville. Outre les trois salles de la boutique, des laboratoires présentent une collection d’objets pharmaceutiques anciens. On y voit ainsi  un pèse personne, des balances. En outre seringues, pots à onguents, alambics mais aussi pots et flasques excavés à travers la ville y sont exposés.

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La pharmacie réunit des fonctions muséales et commerciales. En effet, on peut toujours y acheter des produits pharmacieutiques. La famille Sarra est partie dans les années 1960 en Floride. L’ensemble a alors été nationalisée et restaurée en 2004 pour etre transformée en musée et lieu de vente de produits naturels. Car il faut bien le dire en matière d’antibiotiques et autres produits courants chez nous, les pharmacies cubaines sont vides.

Le bâtiment bleu magnifique et énorme occupe tout un pâté de maison. Une grande salle permet de rejoindre le coffre-fort, la droguerie avec un escalier majestueux. Un must !!!!

L’entrée est pour l’instant gratuite mais une muchacha vous poursuit pour demander une contribution… http://cuba-explore.com/es/attractions/view/368

Le Musée des Sciences Naturelles

Pour compléter ce que vous aurez pu voir dans les pharmacies, vous pouvez visiter le Musée des Sciences Naturelles. 3 cuc l’entrée sur la place d’Armes dans un bâtiment moderne. Franchement si vous avez des enfants c’est une heureuse surprise avec une jolie présentation d’animaux, de la terre, de Cuba.

Le Musée des Beaux-Arts de la Havane

Le Musée des Beaux-Arts de la Havane comprend un batiment des années 1950/60 consacré à l’art cubain  http://visitesfabienne.org/wordpress/beaux-arts-cubains/  et le Palacio del Centro Asturiano, imposant immeuble de style néoclassique. Ce dernier construit pour la communauté asturienne est devenu un musée depuis 1927. Il regroupe les collections dites d’Art universel . http://www.bellasartes.co.cu/

Le Musée des Beaux-Arts de la Havane se dresse face au Parque Central et au Gran Teatro de La Habana. Les tableaux et oeuvres exposés révèlent les goûts (et les moyens) de la bonne bourgeoisie cubaine d’avant la Révolution.

Les écoles du Nord au Musée des Beaux-Arts de la Havane

Juste après le guichet (5 CUP/ CUC), Sur la droite, on peut voir les peintures du continent américain, riches en Madonnes du sud du continent. Ainsi qu’un très beau Childe Hassam, Vue du Paseo de Prado. Au fond de ces salles,  l’ascenceur mène en haut du très beau batiment éclectique. On peut commencer la visite au 5e avec les écoles du Nord. L’école allemande possède  un joli Cranach, et des élèves du maitre. Chez les Hollandais, on distingue quelques beaux portraits de Van Dyck. Chez les flamands un Jan Brueghel le Jeune malheureusement mal exposé, sur une petite paroi mobile et obscure.

Les salles ont été réaménagées. Cependant l’éclairage n’est pas toujours optimal et le nombre important d’œuvres et l’absence de cartels explicatifs nuisent à la visite.

Une étonnante collection d’Antiques

Les troisième et quatrième étages sont occupés par l’importante Collection Lagunilla. On y trouve une Amphore panathénaïque et de nombreuses céramiques grecques. La disposition étouffe quelque peu la vraie richesse de la collection. Par manque d’espace, statues archaiques, classiques se mélangent avec les bustes hellenistiques. Ainsi, une tête ionique jouxte un buste classique, lui-même quasi adossé à des statuettes de Tanagra.et à une belle tête d’Alexandre le Grand.

On descend un niveau de mezzanine pour accéder à une enfilade consacrée aux étrusques, aux Romains et aux Egyptiens …. Et là quelques merveilles apparaissent dans le corridor entourant l’atrium. A commencer par le Papyrus Hood ou Livre des Morts de Bakenwerel, (assez moisi) découvert à Louxor, acquis par le comte de Lagunillas en 1949. Plus loin,  la Tête de la statue d’Amon, en basalte noir, dont le corps se trouve au musée du Louvre. Dans un recoin un sarcophage et surtout huit merveilleux portraits du Fayoum plongés dans le noir…. de nombreuses têtes et lampes romaines, une magnifique collection de verres, quelques mosaiques en tesselatum, une en opus vermicullatum. Malheureusement aucune trace  de provenance.

Collection française et italienne

En face la peinture francaise. La peinture du XIXe s est à l’honneur. Outre les pompiers (Bouguereau, Meissonnier) et troubadours,  on retrouve l’École de Barbizon. Les paysages de Millet, Daubigny, Corot, Troyon  ont eu leur heure de gloire chez les riches cubains. On trouve également un magnifique Courbet. Il cohabite avec  un tigre de Delacroix de jolie facture. Ingres nous gratifie d’un portrait disproportionné. Sur les murs bleus, ressortent également  un Greuze, deux  Vernet (le marseillais pas celui du templete). Malheureusement l’air conditionné est en panne depuis un temps indéterminé et les tableaux se craquelent et/ ou moisissent. On voit les champignons à l’œil nu !!!!!!!

http://visitesfabienne.org/wordpress/au-secours/

 

La collection italienne, pour sa part, montre l’hôpital de Chelsea vu par Canaletto, coupé en deux par le peintre lui-même. Il a cherché à vendre les deux moitiés. Aujourd’hui, une moitié du tableau se trouve à Norfolk (UK), alors que l’autre est exposée au Musée des Beaux-Arts de La Havane.

L’Espagne est sans aucun doute la mieux représentée avec des œuvres de Joaquin Sorolla, mais aussi de l’École du Greco, de Zurbaran et de Murillo, Ribera.

La vague de Courbet, au Musée des Beaux-Arts de la Havane

Le musée Napoléon de la Havane

Le bruyant quartier du Vedado  http://visitesfabienne.org/wordpress/la-havane/le-vedado/ offre de vraies merveilles et de véritables surprises, comme le Musée Napoléon de la Havane. Il s’agit peut être du plus exotique des musées de la Havane. Car on peut  se demander ce que fait Napoléon à la Havane.

Le grand salon du musée Napoléon de la Havane

La Dolce Dimora

Fondé en Décembre 1961, Le Musée Napoléon est le seul du genre en Amérique latine tant par le nombre et la diversité des collections que par leur valeur. La Dolce Dimora l’accueille. C’était la demeure de l’homme politique italo-cubain Orestes Ferrara Marino. Il la construisit entre 1926 et 1929 dans un style évoquant la Renaissance florentine.

Cette demeure magnifique héberge un fond thématique sur Napoléon 1er constitué en grande partie par la collection de Julio Lobo Olavarria. Ce dernier fit fortune dans le sucre. Il possédait 14 raffineries et était surnommé le tsar du sucre. Sa collection de peintures se trouve aujourd’hui au Musée des Beaux-Arts. Exilé aux US en 1962, l’industriel y mourut.

La disposition des galeries suit la chronologie de la période révolutionnaire, Directoire et Consulat (au rdc) à l’Empire (1er), aux défaites, à l’exil et à la mort (2nd ).

Dans le hall d’accès, le portrait du propriétaire des lieux Oreste Ferrara Marino nous accueille. Il se passionna par les luttes pour l’indépendance dans les Caraïbes. Avocat, écrivain, il participa au Gouvernement Machado puis Battista. Il devint alors diplomate en Europe d’où l’éclectisme de la maison. Ses voyages inspirèrent  ce palais florentin aux plafonds coloniaux, avec des vitraux quasi médiévaux. A la révolution, Ferrara était ambassadeur aux Etats-Unis et y resta. Sa maison fut alors convertie en musée en 1971 et on y exposa les collections napoléoniennes de Julio Lobo qui habitait esq 11 y 4 .

Du Consulat à l’Empire

L’escalier d’accès expose des gravures concernant la fin de la monarchie, notamment un émouvant billet d’adieu de Marie-Antoinette à ses enfants.

Le grand salon, éclairé par d’immenses vitraux retrace l’évolution de la période du Directoire, au Consulat, à l’Empire. Ce salon concentrait la vie sociale du propriétaire célibataire et diplomate. Le long de la paroi d’accès,  deux belles chaises Directoire signées Jacob ont été récemment restaurées et retapissées à l’identique. Juste au dessus on peut noter le tableau d’Edouard Detaille, La conquête d’Egypte. Cette toile annonce  l’orientalisme. Une gravure du sphinx, évoque également la campagne d’Egypte.

Sur le mur de droite, se détache un buste du 1er Consul par Canova. Au dessus d’une console de Thomire (bronzier) et Jacob (ébéniste), se trouve une belle horloge à mécanisme apparent. Au-dessus, un portrait à l’huile du Consul par Gros. Entre les deux vitraux, encore une belle commode Empire avec des éléments antiques, colonnettes, figures ailées. Ces figures féminines et animalières (comme les cygnes qu’elle introduisit à la Malmaison) témoignent de l’influence de Joséphine de Beauharnais.

Une collection de soldats de plomb polychromes évoque un siège. Juste à côté de cette bataille modélisée, se trouve un très beau guéridon de bois et émaux au pied orné de trois aigles. Le plateau représente les maréchaux d’Empire. Un siège curule montre combien le style empire emprunte au classicisme antique. Sièges de campagne pour les empereurs romains, ce type de tabouret, ici en bronze et tapisserie, fut aussi utilisé par les papes puis réactualisé par Napoléon et utilisé lors des cérémonies officielles par les Maréchaux…

De l’Empire à Sainte-Hélène

La petite salle en enfilade expose des armes blanches et armes à feu. Des sabres et pistolets voisinnent avec des uniformes et des accessoires parmi lesquels un des 16 fameux bicornes de l’Empereur. Dans une petite vitrine, on voit la longue vue utilisée sur l’ile de Ste Hélène. Cette collection montre les progrès de l’armement mais aussi du textile et de la passementerie.

Au 1er , l’étage noble s’intéresse à la formation de l’Empire et la division des territoires conquis entre les membres de la famille. On peut aussi admirer le luxe du Palazzetto. Au débouché de l’escalier, un tableau unique de Jean-Georges Vibert La répétition du sacre. On y voit le futur Empereur assis en compagnie de Joséphine et de prélats. Napoléon installe des miniatures représentant les participants au sacre sur le plan de Notre Dame de Paris et en supprime d’autres…

Au fond de la petite galerie, un grand vase de la manufacture de Sèvres, signé Després illustre le sacre mais aussi les symboles napoléoniens. Il porte le monogramme, l’aigle,. Au mur, des portraits de la famille, Jérôme, Joaquim Murat par Gros.

Des souvenirs étonnants

La galerie puis le petit salon proposent des toiles et sculptures évoquant la famille de l’Empereur. Des meubles de salon de la Villa de Prangin recréent la résidence de Jérôme en Suisse. Un lustre de Percier et Fontaine offert par Napoléon à Joséphine au retour de la campagne d’Italie éclaire la  pièce.. Elle donne sur une salle à manger fabriquée par des ébénistes cubains selon l’opulence de la société française du XIXe siècle avec une belle vitrine de porcelaine de Sèvres.

Dans l’escalier, un tableau de Luca Padillo causa un faux espoir lors de son nettoyage. Passé aux rayons X, il laissa apparaitre la signature de Goya…Malheureusement, il s’agit d’une toile récupérée au grand maitre, recyclée en scène de bataille…

Le 2e étage offre un ensemble de bureau et chambre ainsi que des objets liés à la mort de l’Empereur.  La vitrine du corridor exhibe des souvenirs étonnants comme une pierre de Sainte-Hélène. On découvre avec incrédulité la brosse à dent, une molaire de l’Empereur.  Julio LObo avait même acquis le fac similé d’une lettre d’amour à Joséphine. Dans la chambre, ’un redoutable tableau sur la mort de l’Empereur surmonte le lit. Une petite vitrine exhibe la montre de poche (offert par les descendants du médecin à Raul Castro lors de son mariage). Le couvre lit et  le masque mortuaire ramené à Cuba parproviennent  de Antonmarchi, le médecin de Napoléon, venu mourir à Cuba. https://fr.wikipedia.org/wiki/Fran%C3%A7ois_Antommarchi

Le 3e étage du Musée Napoléon est occupé par la bibliothèque  riche de 4000 ouvrages. Son style n’a rien à voir avec le reste du musée.

https://www.napoleon.org/en/magazine/places/museo-napoleonico-cuba-2/