Hôtels particuliers de Toulouse

Aux  XVIe, XVII et XVIIIe siècle, la  ville rose connut son apogée. Les Hôtels particuliers de Toulouse témoignent de cette période de splendeur.

Toulouse, ville des Marchands et Capitouls

Marchands enrichis par le commerce du pastel et Capitouls se firent construire les plus belles demeures.

Les magistrats et parlementaires ou Capitouls en occitan, travaillaient auprès du Capitole depuis l’instauration du Parlement des Etats du Languedoc en 1443 et ce jusqu’à la Révolution Française. Ils rivalisaient avec les marchands. Ceux-ci profitaient de la richesse du Pays de Cocagne, abondant en plantes tinctoriales.

Néanmoins, l’industrie du Pastel, florissante au Moyen-Age, disparut face à la concurrence de l’indigo. Plus durable, plus coloré et surtout moins onéreux car produit par des esclaves, l’indigo des Amériques supplanta rapidement le pastel qui avait assuré l’épanouissement de la ville.

De nouvelles cités, dont la fortune s’appuyait sur le commerce triangulaire apparurent alors. Bordeaux s’affirmait tandis que Toulouse périclitait.

Ce balancement entre les deux grandes villes du sud-ouest ne faisait que commencer mais il avait permis à Toulouse de s’orner de prestigieuses façades de briques et pierres que l’on admire encore aujourd’hui.

Vous pourrez découvrir ces magnifiques façades en suivant mon itinéraire plus précis et interactif « Toulouse, des marchands et Capitouls » http://www.escapad.io/

J’en avais déjà écrit une version plus rapide et au départ du tramway qui dessert l’aéroport : https://visitesfabienne.org/destinations/france/toulouse-du-palais-de-justice-au-capitole

Les belles façades du quartier marchand

Cette promenade vous mènera de la Place du Capitole, aux Jacobins. Sur cette belle place, on retrouve la présence de Saint Dominique venu à Toulouse fonder son ordre et éradiquer l’hérésie Cathare. En face, le célèbre Lycée Fermat occupe les locaux de l’Hôtel de Bernuy devenu collège Jésuite.

On continue la promenade en direction du cardo romain, la rue saint Rome. De belles maisons de bois nous rappellent le passé médiéval de cette artère.

Puis, nous reprenons le lacis de petites rues, rue Chalande, rue du May, rue Tripière, rue des Changes, rue Malcoussinet dont les noms évoquent les corporations présentes au MA. De là, et par la rue de l’écharpe, on rejoint le magnifique d’Assezat construit pour l’un des riches bourgeois enrichi dans le commerce du pastel. Ce superbe édifice accueille aujourd’hui la magnifique collection Bemberg.

Les Palais des Capitouls

On peut continuer cette promenade dans le quartier des Capitouls en prenant la rue des couteliers bordée de somptueux hôtels des XVIIe s et XVIIIe . On peut faire un petit détour par la place de la Trinité juste derrière Esquirol l’antique Forum romain pour profiter des cafés et reprendre la rue des Filatiers aux maisons à pan de bois.

Au 50 , se dresse la maison de Jean Calas, défendu par Voltaire. A l’angle de la rue Joutx Aigues, une maison compte un décor ravissant. Cette rue bordée de belles maisons correspond à l’ancien quartier juif même s’il n’y a jamais eu de ghetto dans la Toulouse médiévale.

On rejoint ensuite l’église de la Dalbade dont le nom évoque la chaux blanche qui la recouvrait (alba). Le tympan en est orné d’une céramique colorée. La jouxtent les hôtels les plus prestigieux de Toulouse sur la rue de la Fonderie. Notamment l’hôtel des chevaliers de Malte (aujourd’hui DRAC). En face, se tient l’étonnant Hôtel de Bagis, avec la seule façade de pierre de la ville de briques roses. Cet hôtel, surnommé Hôtel de pierre est certainement l’un de plus beaux de la ville.

On passe maintenant devant l’ancien couvent des Clarisses aujourd’hui institut Catholique. Il a été construit sur les remparts Gallo-Romains. Nous rejoignons alors la place du Salin. Le nom évoque l’impôt et l’entrepôt où l’on stockait le sel durant l’Ancien Régime. De belles maisons à pans de bois marquent l’angle.

Le temple réformé a été aménagé dans l’ancien logis Royal puisque nous faisons maintenant face aux bâtiments du Parlement. Antique château Narbonnais il devint le plus ancien Parlement provincial de France.  Son personnel formait une noblesse de robe qui a largement contribué à bâtir les magnifiques Palais du quartier. Il consacrait l’importance des Etats du Languedoc au Moyen-Age.  Il abrite aujourd’hui le Palais de Justice.

Pour en savoir plus sur Toulouse, je vous recommande ce très bon site : http://www.toulouse-brique.com/hotels.html

Le petit Wall Street de la Havane

S’il est bien un thème passé sous silence, c’est celui du Wall Street havanais. Pourtant la promenade architecturale a de quoi fasciner. Elle se situe dans la vieille Havane le long et autour de la rue Obispo.

La Rue Obispo, entre colonie espagnole et américaine

La Rue Obispo apparut dès la fondation de la ville en 1519. Elle est aujourd’hui la principale artère commercante et piétonière du quartier historique. Elle part de la place d’Armes pour mener à l’ancienne muraille abattue en 1863. Les premières maisons de paille et pisé ont cédé la place à des constructions en dur.

La rue se divise aujourd’hui en trois parties. La première partie est coloniale. Lui succède ensuite une zone nommée le  Wall street havanais alors que la troisième zone a une vocation plus commerciale.

La partie coloniale de la rue commence donc avec l’immeuble Horter terminé en 1917. A l’origine, il abritait des boutiques et des bureaux. La façade utilise des éléments architecturaux coloniaux comme le vaste portique à arcades, en harmonie avec les autres batiments de la Place d’Armes. Première Ambassade des Etats Unis jusqu’à la construction de l’édifice actuel sur le Malecon en 1952, c’est aujourd’hui siège de la Bibliothèque et le musée des Sciences Naturelles.

Suivent une série de maisons coloniales, les plus anciennes de la cité. Elles sont décorées de fresques extérieures et intérieures et de balcons de bois. L’une abrite aujourd’hui le musée d’orfèvrerie. Une autre, le musée des peintures murales et une mercerie. On peut encore noter la petite maison coloniale accueillant la boulangerie. Son nom Santo Domingo  nom rappelle l’existence en face du monastère et de la première université. La pharmacie Tachequel http://visitesfabienne.org/wordpress/cuba/musees-de-la-havane/pharmacies-anciennes/ est elle aussi un beau vestige de la période espagnole. Il en va de même de la façade néorenaissance à côté. La jouxte une rare façade art nouveau derrière laquelle s’ouvre un atelier de couture.

Le quartier financier

Même si la rue change ensuite d’époque et de fonction, on trouve encore quelques bâtiments coloniaux comme l’hôtel Florida, magnifique demeure du début du XIXe.

Au-delà de la rue Cuba, s’amorce la 2e zone de la rue, annoncée dès l’Hotel Ambos Mundos. Cet établissement accueillit dans les années 1920, le Prix Nobel de Litérature de 1954, Ernest Hemingway. C’est dans la chambre 504 qu’il écrivit Pour qui sonne le glas ? inspiré de la guerre civile espagnole.

A l’angle de la rue Cuba, commence à proprement parler le quartier financier. Il fait la part belle aux banques, assurances, institutions de crédit. L’architecture y est fort différente, faite de références classiques typiques des Etats-unis. La grande puissance voisine exerca un contrôle économique sur l’île durant la première moitié du XXes. D’où le Ministère des Finances et des Prix, autrefois Banque nationale de Cuba (à la base North American trust Company) construite en 1907 et aggrandie en 1919.

La rue accueille de nombreuses autres institutions du début du XXème siècle. Par exemple l’ancien Batiment des Télégrammes (1925) aujourd’hui union des écrivains, construit sur le modèle d’une insula romaine. Un peu plus loin, l’ex Banque Mendoza, une des premières sur le district bancaire centralisa les transactions financières et sucrières les plus importantes du pays. Elle accueille aujourd’hui le musée de la monnaie :http://www.bc.gob.cu/museo-numismatico. Dans la salle d’exposition, une grande horloge nous rappelle que nous sommes dans une ancienne banque

Un dernier tronçon d’Obispo plus commercial

Avec le grand batiment des télecommunications ETECSA, on aborde alors la troisième zone de la rue, davantage commerciale.Les édifices s’y montrent  en effet plus légers. Leurs armatures de fonte rappellent  ce que l’on peut trouver dans le Soho NewYorkais dès la fin du XIXe siècle. Chaque boutique est effectivement conçue selon ce type d’armature de fonte avec de grandes vitrines.

L’ossature métallique permet de dégager les murs porteurs et d’aggrandir la surface au sol. Au débouché de la rue, s’ouvre une grande esplanade qui au début du XXeme siècle réunissait l’activité havanaise autour des théatres et lieux de divertissements. Les hôtel voisinnaient avec les  cafés http://visitesfabienne.org/wordpress/parque-central/. .

On y trouvait aussi la grande galerie de luxe qu’était et est redevenue la Manzana ex de Gomez, conçue sur le modèle des passages parisiens ou des galeries luxueuses italiennes et le grand magasin Art déco Harris Brother.

Architecturalement, deux bâtiments attirent l’attention en sortant de la rue Obispo. Il s’agit de l’immeuble Bacardi, merveille art déco (1930) et la Moderna Poesia. Ample local en 1890, la libraire s’agrandit en 1910 du fait du succès de son atelier, le seul du pays à réaliser des gravures en acier comme l’impression des billets de loterie. Du coup, Le lieu devint la première grande librairire de Cuba avec de nombreuses succursales. Du coup, il se transforma en 1935 en cet édifice moderne aux volumes solides et presque cubistes.

Promenade Art déco a la Havane

Voici une promenade Art déco trop peu connue dans les rues de la Havane.

Le style moderne de la Havane

Le style Art déco est né dès les années 1910 en réaction aux volutes de l’Art Nouveau. la France en a défini les fromes à l’occasion de l’exposition Universelle de 1925. puis, il s’est épanoui dans les années 1920 dans l’architecture et l’ensemble des arts dits décoratifs. (des vitraux, aux céramiques, textiles, meubles etc…). Il consiste en un retour à une rigueur classique souvent très stylisée au dessin inspiré par la géométrisation cubiste.

En Europe, le mouvement s’est arrêté du fait de deux facteurs principaux.

  • le modernisme illustré par Corbusier ou le Bauhaus
  •  la grande crise de 1929 aux Etats-Unis
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  • En revanche, il perdura à Cuba jusque dans les années 1950, profitant de la richesse sucrière, entre autres. Il servit de transition entre le néoclacissisme américain succédant au colonialisme espagnol et une architecture plus moderniste. Contrairement au reste du monde, il est resté longtemps symbole de modernité sur l’Ile.

Des bureaux et immeubles d’habitation,  répétèrent d’abord verticalement des appartements conçus sur le modèle de la maison traditionnelle. Les pièces se succédaient linéairement le long d’une distribution parallèle. On entrait d’abord dans une salle de séjour. Puis se succédaient les chambres, ce jusqu’aux cuisine et services. Ce modèle spatial organisé autour d’un patio ou d’une galerie se maintint longtemps. Avec les premières constructions Art Déco, on vit apparaitre des appartements plus ramassés. ils comptaient une cuisine reliée à la zone de vie et non reléguée au fond de l’appartement (au Lopez Serano). Pour autant, ces réorganisations spatiales ne seront systématisées que dans les constructions plus modernes. L’art déco offre en effet à la Havane davantage de solutions esthétiques que d’aménagements spatiaux.

Promenade Art déco dans Centro habana

Découvrir l’art déco à la Havane impose de nombreux détours mais on peut l’aborder autour du Capitole (Centro Habana) avec notamment l’Edifice Bacardi (1930) . il compte 12 étages décorés d’émaux et terra cotta. il est couronné de ziggourats, et d’une chauve-souris en bronze, symbole de la marque de rhum.

Tout près, le centre commercial Harris Brothers et les batiments commerciaux avoisinnants déclinent les volumétries Art Déco.

Plus loin, sur Zanja le bâtiment des Télécommunications développe des dentelles de pierre sur sa tour. Puis, sur le Galiano (ave de Italia) et Neptuno, de nombreux bâtiments alignent leurs formes géométriques. Le Teatro America imite à la manière cubaine le Rockefeller center mais en 1941. Il abrite 67 appartements, un restaurant, des magasins et une extraordinaire salle de spectacle toute en courbes comme l’escalier et les vestiaires. Sur la même artère, les anciens magasins Ultra fondés en 1938. La Casa Quintana, immeuble de 1939 à l’angle de Zanja et la Casa Suarez (Aguillera esq San Miguel-1934) partage le même état de délabrement.

On peut alors remonter sur Reina pour admirer quelques bâtiments : le Newspaper building 1941 (Rafael de cardenas /ave Reina) Et angle Reina et calle Bellascaoin l’énorme temple maçonnique.

D’autres promenades Art déco dans la Havane

Une autre promenade Art déco dans le Vedado permettra de découvrir les batiments de l’Université et l’église méthodiste par Miguel de Soto (1950) calle K n 502 angle calle 25. Un peu au-delà, l’extraordinaire Edificio Lopez Serrano. Commissionné par le patron de la Moderna Poesia en 1932, calle 13, il symbolise un idéal d’hygiène, de luxe et de modernité. Malgré son état,  les vestiges au sol, le relief en nickel et argent au mur, laissent imaginer la beauté de l’édifice  à sa construction. Juste à côté, le petit Lopez est intéressant.

De là, on peut rejoindre le Musée des Arts Déco pour admirer la sdb de marbre rose de la Comtesse calle 17 n 502 entre D y E. http://visitesfabienne.org/wordpress/les-arts-decoratif-a-la-havane/

On peut compléter la promenade à la Maison d Enrique Garcia Cabrera, auteur des portes de bronze du Capitole calle 22 et calle 23. D’ailleurs, on peut pousser jusqu’au Paseo et à l’extraordinaire Casa de la Amistad (entre 17 y 19) ex demeure de Caterina Lasa. On la retrouvera à la Nécropole Cristobal Colon, dans son mausolée construit par René Lalique en 1930.

Enfin pour les plus aventureux, on peut se hasarder dans la zone de l’aérogare 1 au Reparto Lutgarda. Là, les quelques bâtiments construits en 1928  en l’honneur de la mère de Machado sont en ruine mais possèdent un charme certain. On y voit un théâtre, une poste et une église.

Edificio Bacardi

Murs peints de la vieille Havane

Si vous aimez découvrir sous un angle différent, vous pouvez vous intéresser aux murs peints de la vieille Havane. Dès le 17e siècle les maisons de la ville rivalisent de fresques, à l’extérieur comme à l’intérieur. Ce devient même une mode. Beaucoup d’artisans interviennent mais tous ou presque sont anonymes. Il s’agit, pour la plupart, d’esclaves travaillant avec des pochoirs et sur le modèle de rares maitres européens en général italiens.

De magnifiques fresques coloniales

Les plus beaux murs peints de la Havane se trouvent au musée archéologique aujourd’hui inaccessible pour cause de restauration. Cette maison aux boiseries vertes, construite au 17es sur Tacon, s’est agrandie et surélevée puis unie aux maisons voisines, comme souvent dans le cas des maisons coloniales. De style colonial castillan, elle est l’une des plus emblématiques de la cité. Les trois maisons mitoyennes ont été reliées les unes aux autres et constitueront un jour un complexe muséal de prime importance. En attendant, il faut passer un grand portail autrefois destiné à laisser entrer les voitures. Apès une cour où s’abreuvaient les chevaux et où des latrines ont révélé de nombreux vestiges archéologiques, il convient de passer sous les échafaudages et entre les pots de peinture pour découvrir la décoration qui remonte aux années 1725. A l’époque toutes les parois s’ornaient de peintures, d’azulejos ou de peintures imitant les azulejos.

Une véritable Chapelle Sixtine coloniale

C’est au premier étage de cette maison que se trouve la pièce que les archéologues locaux appellent la chapelle sixtine de la Havane. Vidée de ses multiples occupants en 1980, le bureau de l’historien entreprit de la restaurer. Subdivisée en une multitude de logements isalubres, la maison hébergeait en effet des familles pauves. Celles ci s’entassaient dans les solares, créant des ouvertures dans les murs, ou les badigeonnant. Les archéologues ont alors restauré le bâtiment et sous les 27 couches de fresques abimées, ils ont découvert une ultime couche. Car depuis le 17e siècle chaque nouvel occupant redécorait à sa manière et sleon la mode.  La couche la plus ancienne était la seule a fresco, pigment pris dans le mortier humide. En revanche, les couches suivantes ont été peintes a secco, à sec , elle est donc la plus pérenne.

Ainsi, on a récupéré la couche ancienne qui représente des variations sur le thème européen des fêtes galantes avec des vues un tantinet idéalisées de la ville, et des adaptations locales : domestiques noirs, palmiers, la baie de la Havane stylisée avec un cayo, des religieux, un galion, des processions. On peut dater ces fresques de 1763/67 au moment où l’Espagne a récupéré Cuba après l’intermède britannique.

Une ville colorée

L’ensemble des bâtiments coloniaux de la Havane étaient donc peints. Ainsi les Palais de la place d’Armes, de la place de la Cathédrale (y compris la cathédrale). Ces peintures s’appliquaient en extérieur et en intérieur. Elles masquaient la  belle pierre conchifère issue de la barrière coralienne (et de la carrière sous St Francois d’Assise).

Les forts qui marquent l’entrée de la baie étaient eux peints aux couleurs de l’Espagne. San Salvador était  jaune, la Cabana rouge. Ce pour annoncer la couleur si l’on peut dire à tout bateau arrivant dans la baie…
On se rend ensuite à la Maison du Marquis des Arcs Place de la Cathédrale avec ses fresques 19e plus simplistes (et trop rénovées). .De là, on rejoint la rue Obispo et le musée de l’Orfèvrerie. Sa façade stuquées arbore des motifs imitant la pierre de taille. Cette maison devint un magasin au début du 20es. Ce qui explique les peintures publicitaires. L’étage recèle de jolies plinthes en trompe l’œil. On continue avec le musée des murs peints encore en travaux et qui recèle à l’étage de surprenantes bacchanales….

De là on rejoint la maison Guayasamin décorée par Jose Nicola de la Escala et ses charmantes grisailles en médaillons.

Puis on se rend sur Amargura à la maison Guzman au 56. Ses peintures géométriques aux motifs arabisants rappellent la religion du propriétaire. D’ailleurs les motifs figuratifs ont été grattés. Quasi en face, le bureau de l’historien de la ville révèle au premier étage un fantastique paysage à l’italienne. Celui-ci, très fin offre une perspective avec des effets de trompe l’oeil.  la nature morte au premier plan cache derrière une balustrade des ruines, feuillages d’arbres européens.

Un renouveau de la fresque

Les fresques n’ont pas dit leur dernier mot sur les murs de la Havane avec les visages d’enfants qui longent Miramar et Marianao, ou les paysages quasi fantastiques sur les murs oubliés….

Vous pouvez maintenant vous intéresser à ce jeune artiste, Maisel Lopez. Graffiste et portaitiste d’enfants, cet artiste redonne vie aux murs lépreux du quartier Buena Vista depuis 2015. Vous pourrez notament découvrir quelques uns de ses portraits gigantesques rues e 44 y 25 ou 41 y 70,

http://spanish.xinhuanet.com/2017-11/10/c_136740872.htm

https://cubanartnews.org/es/2017/01/12/el-arte-llega-a-las-calles-de-la-habana/

Toulouse, du Palais de Justice au Capitole

Pour changer de Cuba, ou de Toronto, un petit tour en France, à Toulouse, avec une promenade qui vous emmènera du Palais de Justice au Capitole.

Arriver dans le centre de Toulouse

Toulouse est une ville relativement petite mais très dense et admirablement desservie par les transports publics. Si vous etes en transit à la gare Matabiau ou à l’aéroport de Blagnac vous pouvez aisément profiter du réseau de tramway/ bus/ métro/ vélib pour la découvrir.

Ainsi au départ de l’aéroport, le tramway vous amène en 20mn au Palais de Justice. Les grandes allées Jules Guesdes sur lesquelles passe la ligne de tram mènent à une série de beaux jardins. Il s’agit des Jardin, Royal, Grand Rond, Jardin des Plantes. Y sont concentrés le Museum d’Histoire Naturelle mais aussi le Quai des Savoirs. De quoi se mettre au vert entre deux avions, au frais en plein été, ou se cultiver dans les galeries refaites à neuf.

http://www.toulouse.fr/web/projet-urbain/quai-des-savoirs

Autour du Palais de Justice

Pour les amateurs d’architecture, avant de vous lancer à l assaut de la ville rose, vous pouvez continuer un peu les allées à pied pour découvir la très belle église baroque St Exupère. Elle peut déconcerter dans cette région plus marquée par les églises romanes. Les trompe l’œil et l’autel nous transportent en Europe centrale, une très jolie surprise.

En tournant le dos à cette église, on contourne le massif Palais de Justice. Il est judicieusement aggrandi par un vaisseau de verre résolument contemporain. de là, on peut rejoindre le marché des Carmes. On emprunte alors la rue de la Dalbade. Elle longe quelques palais superbes dont le Palais de pierre, ainsi nommé pour l’utilisation de pierres de taille qui tranche avec la teinte rose des briques de construction toulousaines. Pratiquement en face, le Palais des Chevaliers de Malte. On peut y rentrer et admirer les écuries très restaurées et les salles basses. Celles-ci sont ornées de fantastiques plafonds voutés et décorés de peintures avec rinceaux et monogrammes d’un des grands prieurs.

D’Esquirol au Capitole

Ce palais jouxte l’église gothique de la Dalbade, dont le portail est surmonté d’un motif en ceramique rare. Autour de l’église et surtout en remontant au niveau du Marché des Carmes, de charmants restaurants nous permettent de voyager au pays des saveurs.
A l’angle du marché, on prend alors la rue des Filatiers. Cette rue très animée et bordée de petits restaurants ethniques était déjà commercante avec ses nombreuses échoppes au Moyen Age. On devine d’ailleurs les volets de bois.En levant le nez, on voit à l angle de la rue des Joutx Aigues pour voir une Crucifixion, puis plus loin sur la droite au 50 decouvrir la maison Calas où débuta l’affaire dans laquelle Voltaire s’engagea si fortement. On débouche alors sur la jolie place de la Trinité. De là on peut toujours en ligne droite  traverser la place Esquirol Cette place très animée correspond à l ancien forum romain. On peut maintenant gagner le célèbre Capitole par la rue piétonnière des Changes qui devient Saint Rome. Les nombreuses boutiques empêchent souvent de lever le nez pour admirer les façades.

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Il est alors possible de remonter la rue de Metz pour rejoindre la Cathédrale st Etienne. Au contraire, on peut descendre quelques mètres cette même rue de Metz en direction de la Garonne. Au passage, on admirera le magnifique Hôtel d’Assezat. Et on consacrera quelques précieux moment à la visite de la superbe fondation Bemberg. Celle-ci abonde en peintres vénitiens, flamands, français, impressionistes et aux superbes salons XVIIIe…..

http://www.fondation-bemberg.fr/fr/assezat/index.html

Outre l’indispensable Guide vert, je vous conseille le magnifique Guide du promeneur de Toulouse aux éditions les beaux jours,
Si vous êtes sur Toulouse faites un détour par la bibliothèque du Patrimoine 1 rue du Périgord, ou par l’office du tourisme.

https://www.toulouse-tourisme.com/

Pour visualiser cette viste, retrouvez moi sur l’app Escapad.io

Et si vous voulez une visite guidée, vous pouvez me contacter : fabienne.visites@gmail.com

Place de la Révolution

photo8La place de la Révolution, est un lieu hautement symbolique de la Havane contemporaine. Les projecteurs se sont braqués sur elle  entre le 25 et le 29 Novembre 2016 pour l’hommage posthume à Fidel Castro . Elle e aussi accueilli les Papes et toutes les grandes réunions populaires depuis la Révolution. Pourtant, sa réalisation remonte à la fin du XIXe siècle.

Siège des Catalans

Au XIXe siècle, il y avait sur  la colline de Tadino des champs et fermes. En 1884, la communauté catalane cherchait un lieu escarpé pour rappeler la basilique catalane de Montserrat. Elle choisit cette colline pour y construire un ermitage dédié à la Vierge. L’ermitage  financé par la sociéte des catalans et les fonds de particuliers fut consacré en 1921 à l’emplacement de l’actuel monument à J Marti. Il  devint alors un lieu pour les indépendentistes catalans .

http://www.abadiamontserrat.com/

Projet de la République

Or dans les années 20 la prosperité de la Havane était telle qu’on envisagea d’amples plans d’aménagement (plans regulateurs) pour encadrer la croissance future. On voulait alors créer de nouveaux axes. Le Francais Forestier projetait en 1922   une nouvelle centralité avec une scénographie monumentale pour les célébrations.

dans cet article je parle déja du plan de Forestier : http://visitesfabienne.org/wordpress/le-malecon/

la Loma de los Catalanes ou Loma de  Montserrat  devint une place sur le modèle parisien. Elle prévoyait des avenues en étoile rayonnant vers les points cardinaux. A l’ouest vers le Rio Almendares, à l’Est vers le Parc de la Fraternité et au sud vers le Vedado. Des édifices devaient accroitre le prestige en accueillant les fonctions politiques et administratives de la République naissante.

Le projet prit d’ailleurs tant d’importance qu’on construisit un train pour relier l’ermitage au centre de la ville. La station Monistrol du nom du village proche de la Basilique catalane à 50km de Barcelone desservait la future place de la Révolution.

Le projet d’une grande place civique et d’un monument au héros de l’Indépendance Jose Marti resurgit en 1935 et initia deux décennies de concours, projets, levées de fonds et expropriations.

La construction

En 1951,  l’Ermitage  détruit, la construction du monument et de la bibliothèque put commencer. Les  catalans expulsés batirent une seconde église sur l’avenue Rancho Boyero en intégrant quelques éléments venus de la première église : vitraux, autel, marbres, Vierge.

photo3La construction de la place Civique et du monument à Jose Marti par Juan Jose Sicre débutèrent en 1953. Cette immense pyramide marque le point culminant de la Havane 113m + les drapeaux. A la base de la pyramide, se tient une sculpture (1958) du héros de l’indépendance en marbre blanc dans la pose du penseur.

Le monument comporte un musée qui doit pouvoir se visiter ainsi que le belvédère de la partie supérieure (567 marches) entouré de 6 piliers representant les 6 provinces de l’époque.

photo1Réalisation et Symbole de la Révolution

A partir de 1959 les révolutionnaires rebaptisent et réaménagent l’immense esplanade. Des bâtiments de béton aux volumes cubiques du style en vigueur dans les années 30/ 40 surgissent. Ainsi, face au Memorial  Marti, le visage en relief inspiré à Enrique Avila par la célèbre photo de Korda, photographe de la Révolution cubaine, et les paroles Hasta la victoria siempre décorent le Ministère de l’Intérieur. En 2009, le même artiste ajouta le portrait de Camillo Cienfuegos.

Au débouché du Paséo, le théatre national imaginé dès les années 1950 mais inauguré en 1979, propose de nombreux spectacles de qualité. (consultables et réservables en ligne 10 MN ou CUC- mais on peut tout à fait arriver au dernier moment pour les concerts du dimanche matin à 11h).

Théatre National : http://www.teatronacional.cu/site/section/1

Au sortir de la place, la Bibliothèque Nationale complète le dispositif culturel. Bibliothèque Nationale : http://www.bnjm.cu/

La Place civique devenue Place de la Révolution est ainsi triplement symbolique, par la présence des héros défunts du Cuba actuel (d’où la résonnance des funérailles), mais aussi du fait de ces trois batiments emblématiques de la culture (musée, théatre, Bibliothèque), enfin par sa fonction gouvernementale : ministères, Siège du Parti Communiste Cubain (derrière le monument) mais aussi et surtout  lieu des grands rassemblements nationaux, concerts, discours et défilés.

« Escapade à la Havane »

Il fait froid en Europe? Pourquoi pas une escapade à la Havane ?

Chouette les plans interactifs sont en ligne sur‘Escapad !!! Il est donc temps de planifier votre escapade à la Havane!!

Des cartes…

Il manquait des cartes explicites pour mes suggestions de visites. Je vous propose désormais de me retrouver sur Escapad pour visualiser les itinéraires proposés sur mon site. C’est une appli bien sympa lancée par deux jeunes dynamiques et créatifs et sensiblement plus ouverts que moi à la technologie…

J’avais proposé il y a quelques temps déja, une visite des essentiels de la vieille Havane, celle que les agences nomment le »kilomètre d’or ». http://visitesfabienne.org/wordpress/cuba/la-havane-2/les-4-places-principales-de-la-vieille-havane/

Maintenant, si vous désirez la visualiser sur une carte, avec une description succinte des arrêts visites ainsi que quelques adresses, je vous conseille de me suivre sur l’App Escapad. http://www.escapad.io

Je continue à produire des itinéraires pour vous permettre davantage d’escapades individuelles et guidées selon vos envies. La version audio s’améliore peu à peu et vous aurez bientôt presque l’impression de promener votre guide avec vous !!

Des itinéraires…

Pour l’heure, j’ai mis en ligne trois itinéraires pour vous permettre de découvrir plusieurs aspects de la Havane. Un trajet global, à réaliser en taxi tout d’abord. Vous pourrez affiner grâce à une visite plus pointue du quartier historique. A moins que la découverte de la Havane du début du XXeme siècle ne vous tente davantage ! Outre ces trois itinéraires, j’ai publié mes bonnes adresses !

L’App Escapad se propose de vous accompagner partout  » De la balade en campagne à la visite d’une exposition, en passant par une petite virée dans votre ville ». L’idée est de laisser les guides papiers lourds et encombrants, voire obsolètes et d’utiliser votre téléphone pour vous repérer comme dans le reste du monde. En raison de la difficulté de trouver du réseau à Cuba, je vous conseille très fortement de télécharger votre itinéraire au préalalble pour l’utiliser off-line.

et même des conseils !!

Un dernier détail, si vous souhaitez des conseils de voyage personnalisés, des adresses, vous pouvez me contacter directement sur mon gmail, dans la page contact. Bon voyage et bonnes visites !

https://escapad.page.link/8SVjTGCmvi3iq3zo7

Banksy, enfant de Bristol

Un nouveau Banksy est apparu la semaine dernière à Bristol (13 Février) et a presque aussitôt été vandalisé.Banksy l’a très vite revendiqué. Du coup, il a créé un mouvement d’enthousiasme et une fièvre spéculatrice. Cet épisode met en lumière le rôle de l’art en posant nombre de questions . En effet, à qui appartient l’œuvre d’art. En outre, celle-ci est-elle faite pour durer ou au contraire se répéter ou être détruite? L’artiste joue-t-il un rôle social? Dans ce cas, lequel et de quelle manière? Ces questions se posent particulièrement à Bristol qui se veut capitale du Street Art. http://visitesfabienne.org/wordpress/bristol-figure-de-proue-du-street-art

La dernière oeuvre de Bansky à Bristol date de la semaine dernière
15 Février 2020 : A peine terminé, le dernier Bansky déjà vandalisé, et protégé avec les moyens du bord…

https://www.bristolpost.co.uk/news/bristol-news/banksy-art-new-barton-hill-3862643

Banksy vient de repasser …

Car Banksy entretient le mystère sur son identité et son calendrier. Pour autant, à Bristol, chacun a sa petite idée. Ainsi, il est né en 1973 dans les quartiers pauvres et a commencé son activité de graffeur. D’emblée, c’est aussi un activiste dans les années 1990. Il se montre en ce sens tout à fait dans l’esprit contestataire local.  Il a affirmé sa notoriété dans les années 2000 à Londres puis aux Etats-Unis, en Palestine et même à Paris. Enfin, dans les années 2010, il est passé à la réalisation de films, tels Exit Through the Gift Shop 

Cet anonymat entretenu permet de se focaliser sur son œuvre et non sa vie.Ce qui permet de suivre chacune de ses apparitions murales, comme un jeu de piste géant. A Bristol, on compte désormais 10 œuvres. de sa main

 Mon idée n’est pas de livrer une exégèse, ni un itinéraire. D’autres l’ont fait avant moi. https://wandereroftheworld.co.uk/banksy-walking-tours-bristol/ Mais, je cherche juste à situer chronologiquement ces témoignages dans leur ville. Ainsi, l’idée est de mieux suivre l’évolution technique, des dessins à main levée et graffitis aux œuvres mixtes incluant des pochoirs (à l’exécution plus rapide) de plus en plus sophistiqués .

 Les thèmes restent critiques à l’égard de la société et de la politique, voire de l’(in)humanité. Le traitement en est souvent humoristique, (im)pertinent avec des motifs récurrents de singes, soldats, enfants, personnes âgées et rats.

Il était déjà passé par ici…

Les premières œuvres datent des années 1990 et sont composées de dessins peints à main levée et de graffitis. On peut ainsi découvrir Take the money and run, en collaboration avec Inkie. Autre œuvre collaborative, de la même époque, Chat et Chiens.

Take the money and run, tout juste nettoyé.

– En 1997 « Mild Mild West« .C’est la première œuvre connue. Elle recouvre une publicité pour des avocats. Pour la première fois sont associés le dessin et le pochoir. L’ourson dessiné représente les gens du quartier de Stoke Croft. Le pochoir lui représente les forces armées. Cette oeuvre recourt également le graffiti de la signature et du slogan ironique.

Mild Mild West, la reconnaissance pour Bansky dans sa ville de Bristol

– dans les années 2000 Rose on a mousetrap, montre une rose coincée dans un piège à souris, elle aussi signée.

Dans une petite rue de Bristol, une oeuvre émouvante signée par Bansky

-En 2003 , le Gorille maqué malheureusement effacé en 2011 par le propriétaire du bâtiment (un centre culturel musulman) mais renettoyé (peu visible)

-2003 The grim reaper  .peint au pochoir sur le bateau Thekla, déposé par le Conseil Municipal puis repeint. (on peut le voir au M Shed)

the Grim Reaper, maintenant au Musée de Bristol M Shed

Mais aussi par là…

– En 2006 « Well hung lover » sur l’infidélité, pas seulement conjugale mais professionnelle. Ce serait une critique de son agent et de la ville. Au moment où Banksy travaillait sur son échafaudage, la mairie, de l’autre côté de la rue, était en train de statuer sur l’illégalité ou non de son œuvre. Plébiscitée par les citoyens elle est une de ses œuvres les plus emblématique et visible dans Bristol.

Bien en vue, dans le centre de Bristol, l’oeuvre de Bansky a néanmoins été vandalisée.

-. Juin 2009, l’Exposition Banksy vs Bristol Museum  au musée de Bristol avec plus de 100 œuvres dont des installations. Au musée, reste l’ange au pot de peinture et l’été dernier étaient exposés les membres du Parlement : des chimpanzés « singeant » les MP. Cette toile a été  vendue en 2019 pour une somme record de £9.9 million .

– 2011 Planning permissions renoue avec le graffiti

2014 The girl with the pierced eardrum. Il explore la peinture classique au moyen de pochoir adapté au support (la bouche d’aération en guise de perle). De la même année datent les amoureux au téléphone mobile vendu par un particulier pour lever des fonds. Cet épisode a lancé une controverse sur le droit de propriété de ses œuvres et le vandalisme ;

Vermeer repris par Bansky, sur les quais de Bristol

-2015 (Aout/Sept) parc d’attraction Dismaland à Weston Super mare

-2016 Girl with the stick (dans une école)dessin naïf et pochoir en remerciement pour avoir nommé un bâtiment de son nom.

Et oui c’est bien lui !

Enfin, le 13 Février dernier, pochoir representant une petite fille tirant à la catapulte sur des fleurs et feuilles rouges collées.

https://visitbristol.co.uk/things-to-do/banksy-walking-tour-p1354013

Cette dernière, vandalisée dès le lendemain a attiré  une nouvelle fois l’attention des médias sur la difficulté de protéger une œuvre créée dans l’espace mais aussi sur l’appartenance. Le propriétaire de la maison, ravi au matin de la découverte de se voir doter d’un cadeau de plussieurs millions de Livres, se montrait désemparé dès le lendemain devant l’inertie des pouvoirs publics. Dans un pays libéral et peu concerné par les notions patrimoniales, comment conserver, faire classer, protéger, aménager pour un simple citoyen d’un quartier défavorisé ? A l’heure qu’il est, de riches collectionneurs outre-atlantique se sont déjà manifesté pour résoudre ce dilemne…

Bristol, figure de proue du Street Art

Pour faire suite à mon dernier texte où je m’intéressai aux origines du Street Art, je voudrais revenir sur le cas de bristol. En effet, la ville devient une figure de proue de cet art des rues.

http://visitesfabienne.org/wordpress/street-art-de-la-contestation-a-la-gentrification/

Des graffitis pour dénoncer

Depuis l’époque du commerce triangulaire, la ville se divise en quartiers résidentiels, sur les hauteurs de Clifton. Mais aussi en zones plus déshéritées le long des quais et dans les quartiers bas et Est. Ces zones étaient traditionnellement industrielles et marquées par la contestation.

 En fait, les graffitis dénonçant les inégalités sur les murs se sont transmués en un art de rue de plus en plus reconnu. Ce, grâce à l’action conjuguée de deux phénomènes.

Des murs porteurs de message…

La ville des graffeurs

A la base de l’extraordinaire vitalité du Street Art Bristolien, on trouve un cocktail mêlant l’esprit rebelle de la ville,  une scène musicale underground particulièrement active. Mais aussi l’apparition des peintures en aérosol. Enfin, on peut mentionner la présence exceptionnelle de personnalités originales.

Au début des années 1980, Robert del Naja  marque les murs de son empreinte avant de se tourner vers la musique au sein de son groupe Massive Attack.

https://www.independent.co.uk/arts-entertainment/music/news/banksy-robert-del-naja-massive-attack-art-who-is-he-identity-real-name-graffiti-music-similarities

Apparait alors Bansky, dont certains prétendent qu’il est la même personne. Bansky puis Inkie apportent la notoriété à Bristol. Et avec eux, une foule de jeunes talents se révèle à elle-même.

https://www.bristolpost.co.uk/news/bristol-news/old-video-surfaces-banksy-painting-1944146

La prochaine fois je vous emmènerai à la découverte de quelques graffeurs locaux

Quelques étapes dans la créativité à Bristol

Quelques jalons nous permettent de comprendre l’importance prise par le Steet Art sur la scène de l’art mais aussi dans l’économie de la ville :

– D’abord en 1998, The Walls on Fire marque l’apparition médiatique de Banksy

– Puis en 2009, L’exposition Banksy Vs Bristol au Musée des Beaux-Arts, avec plus de 300,000 visiteurs payants montre l’intérêt du Street art et renforce le positionnement de Bristol.

– Surtout, en 2011 : Le Festival See no Evil, évènement d’une semaine organisé dans toute l’Angleterre à l’occasion des jeux Olympiques de Londres affirme la notoriété des graffeurs. Le nom renvoie aux singes qui ne voient, n’entendent ni ne parlent, référence explicite aux artistes de rue dénoncés auprès de la justice.

Nelson Street

https://www.telegraph.co.uk/culture/culturepicturegalleries/8711647/The-See-No-Evil-graffiti-project-in-Bristol-Britains-largest-street-art-project.html

Le soutien des autorités

Mais si Bristol est devenue une figure de proue du Street Art, c’est aussi grâce à l’engagement de la ville. La municipalité a en effet vite compris l’intérêt qu’elle pouvait tirer de ses oeuvres véhiculant des messages sociaux voire politiques.

Sur le modèle réussi de Melbourne, le conseil municipal aidé d’artistes locaux reconnus, tel Inkie, financé par des donations privées, et soutenu par les commerçants et propriétaires riverains lance un grand grand festival Street Art. L’idée est de redynamiser une rue sinistre, la rue Nelson en plein centre-ville.  Les bâtiments (jusqu’à 10 étages) sont peints par des artistes venus du monde entier et revitalisent cette zone désertée. La ville considéra ce projet comme un tremplin pour régénérer la rue et la transformer en attraction touristique…Pari tenu et réussi !

Nelson Street

Depuis 2013, Bristol accueille le plus grand Street Art festival, Upfest (Urban Paint Festival) dans le quartier de Bedminster avec 300 artistes du monde entier et 30,000 visiteurs. Hors une interruption en 2014, le festival grossit chaque année.

Upfest en ligne…

En 2020 il promet de nombreuses têtes d’affiche, des créations in situ dévoilées au cours du week-end (30 Mai/1 Juin). Le tout accompagné de musique live et bien sûr, Royaume-Uni oblige, de stands de nourriture et de boissons.

https://www.upfest.co.uk/page/upfest-festival

Place de la Vieille Ville

La Havane présente quelques originalités urbanistiques. L’une de plus notables consiste en sa multipolarité. Du coup, la Place de la vieille-Ville fait partie d’un dispositif de cinq places qui se partagent les fonctions administratives, commerciales et politiques et religieuses.

http://visitesfabienne.org/wordpress/cuba/la-havane-2/les-4-places-principales-de-la-vieille-havane/

Une Place Neuve pour la Vieille Ville

 En effet, La Havane diffère d’autres villes coloniales, régies par les ordonnances de Philippe II de 1573. Car le quartier historique ne s’organise pas autour d’une seule place centrale mais de cinq places qui se répartissent les pouvoirs.

De fait, ces ordonnances émises au moment de la colonisation, encadraient la fondation des villes du Nouveau Monde. Elles en précisaient le tracé en damier, la dimension des pâtés de maison. Mais aussi la largeur des rues, l’emplacement des édifices religieux et civils. Ainsi, on planifia la place Neuve dès 1559 dans un but résidentiel uniquement. On n’y voit donc ni église, ni bâtiment administratif. Ceci aussi était exceptionnel. L’idée était de désengorger la place d’Armes désormais occupée par la construction de la Forteresse Royale. Ce nouvel espace devait abriter l’aristocratie créole. Pour ce faire, on lui donna une forme quasi rectangulaire, avec la possibilité d’édifier quatre immeubles sur chaque coté.

Une place civile et commerciale

Au XVIIe siècle, on la réaménagea pour lutter contre les inondations. Apparurent alors quatre maisons de deux étages, à façade baroque sur colonnades. Le rythme de construction s’accéléra au siècle suivant alors que la vocation de la place devenait commerciale et récréative. Les neuf maisons nouvellement construites suivaient le prototype de la maison noble havanaise avec vaste portail d’entrée, patio et galerie intérieure, colonnade extérieure, plafonds à la mudéjare. Au centre de la place, se succédaient cérémonies, fêtes et marché. En effet, les franciscains jugeant inadéquate la tenue de ventes devant leur église avaient demandé à ce qu’une autre place soit affectée au grand marché de la Havane.

https://www.facebook.com/Vitrina-de-Valonia-1591386391098088/

Au XIXème siècle, la place du Christ, plus récente, accueillant un marché, la Place Neuve fut renommée (Royale, grande, du Marché, Ferdinand VII, de la Constitution avant de devenir « Vieille »). On y construisit de nouvelles habitations, de style éclectique voire Art Nouveau.

Rénovation de la Vieille place

La place souffrit au cours du XXe siècle. La municipalité la transforma même en parking au milieu du siècle. Puis l’ONU et l’Union européenne subventionnèrent sa restauration dans les années 1990. Elle était alors devenue insalubre. Les immeubles étaient occupés par des taudis avec sanitaires communautaires.

On commença par démolir le parking et reconnecter la place au reste de la ville, on restaura la fontaine de 1709 en l’entourant d’une grille pour mettre fin aux baignades. Des cafés, restaurants et boutiques s’y installèrent alors, mais aussi des musées (celui des cartes à jouer, le planétarium, la photothèque et la Camara Oscura un ingénieux dispositif optique d’où l’on jouit de très belles vues du haut de la tour de 35m) le Centre Culturel belge mais aussi une école et le Palais Cueto, l’exemple le plus achevé d’Art Nouveau de la Havane. Elle est aujourd’hui un lieu de vie typique de la vieille Havane où se côtoient touristes et élèves en cours de sport.

http://cubacoop.org/spip.php?page=article&id_article=87&lang=fr