Matanzas

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On traverse généralement Matanzas sans s’y arrêter et c’est dommage parce que la ville fondée en 1693 autrefois capitale sucrière de l’ile mérite davantage qu’un simple passage.

Une halte plaisante

On peut y faire une halte sur le chemin de la plage et flâner dans les jolies rues  en voie de réhabilitation.

Les plages ne sont guère attrayantes au regard de la voisine et magnifique péninsule de Varadero. Pour autant, la vieille ville de Matanzas recèle de quoi passer une agréable demi-journée de flânerie. Comme de nombreuses villes provinciales cubaines, elle est en pleine restauration. Celapermet d’envisager avec sérénité et optimisme le retour à la beauté disparue de celle que l’on appelle, entre autres surnoms, l’Athènes cubaine. ce nom lui vient des poètes locaux. Elle jouit également du surnom de Venise cubaine du fait des trois rivières qui la traversent le  Yumuri, le st Jean et le Canimar. On l’appelle aussi ville des Ponts pour la même raison. Les quais sont en voie de restauration et accueillent des sculptures.

Un haut lieu des sociétés secrètes

L’importance sucrière de l’ile explique la présence dès l’époque coloniale de nombreux esclaves dans cette région.  Ils y ont laissé une marque religieuse profonde. Ainsi la ville regroupe une grande partie des temples Abakua  et des sociétés secrètes de l’Ile.

voir l’article sur la Santeria https://visitesfabienne.org/wordpress/cuba/la-havane-2/la-santeria/ 

La ville a d’ailleurs été l’un des foyers de rébellion anti coloniale dès la première guerre d’indépendance.

Le nom de Matanzas évoque une tuerie de soldats espagnols par des aborigènes qui aurait eu lieu au moment de la fondation de la ville. Bartolomé de las Casas évoque d’ailleurs cette fondation dans ses chroniques. La ville apparaî. D’emblée, elle devait  servir de base arrière en cas d’attaque de la capitale. C’est ainsi que fut construit le port, réaménagé en 1818 à des fins commerciales, pour devenir un pont avec le reste du monde et un nœud de communications avec notamment l’arrivée du chemin de fer. Avec le développement de l’industrie sucrière au XIXe, la ville connut son apogée et la bourgeoisie s’enrichit, et développa des organismes culturels comme le journal l’Aurore, la Bibliothèque, la société philarmonique.

Une ville planifiée

La ville fut construite selon le damier colonial traditionnel organisé autour de la Place d’Armes ( place de la Vigie). Ce quadricule espagnol correspond au plan préalable tracé de manière géométrique. de ce fait, on peut considérer Matanzas comme la première ville moderne de Cuba.

Cette place initiale de la ville est bordée de deux beaux batiments, le Théâtre, belle construction classique, l’un des plus beaux  de l’ile, puis la caserne néoclassique et en face le Palais de Junco. Ce palais bleu, construit au début du 19e pour un riche planteur est devenu le Musée provincial.
La place d’Armes, déplacée et aggrandie, marque aujourd’hui encore le centre de la ville sous le nom de Parc de la Liberté. Le lycée artistique et littéraire, le Palais du Gouvernement l’entourent. Sur la place encore, l’Hôtel le Louvre doit son charme suranné aux heures de gloire passées. La Pharmacie Triolet quant à elle, date de 1882. Dedans, tout est resté intact des bocaux aux alambics.

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