La Santeria

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Le terme regroupe un système religieux d’origine africaine très caractéristique de Cuba.

On peut l’aborder dans les rues à travers les gens habillés en blanc (novices, en apprentissage qui suivent une année d’initiation et de purification vestimentaire alimentaire), les magasins qui vendent des objets de culte afro-cubain (ex sur Aguila entre S Rafael et S Jose, Vedado mieux encore sur la portion de Muralla enre Belgica e Villargas dans Habana Vieja).

On peut aussi se rendre dans la commune de Regla ou celle de Guanabacao où furent regroupés les Indiens au XVIe s avant de devenir centre de commerce des esclaves. Un musée de la Santeria y évoque la forte communauté noire de la ville et ses attaches religieuses. Egalement, le Callejon de Hamel  (près du Habana Libre dans le Vedado, entre la calle L et San Lazaro), est une étonnante impasse peinte par l’artiste Salvador. Le dimanche, la foule se presse pour assister à la rumba de midi. Ce petit boyau situé entre les rues Aramburo et Hospital a été peint par Salvador Escalonas, artiste autodidacte et santo originaire de Camaguey, muraliste très connu à Cuba. En 10 ans, il a transformé les murs lépreux en une galerie d’art doublée d’un lieu de culte à ciel ouvert. Il se définit lui-même comme celui qui peint les murs et qui envoie des messages à l’âme humaine.

Le plus simple est encore de visiter la Casa de Africa, à l’angle de Mercaderes et Obra Pia dans la vieille Havane.

Voulue par Fernando Ortiz à l’ origine de la collection et inaugurée par Eusebio Leal Sprenger, historien de la ville, le 6 Janvier 1986, cette maison propose une collection de pièces conservées jusqu’alors dans les réserves de la casa Obra Pia. Ce sont des donations faites par des Etats africains par le biais de ministres, d’ambassadeurs. D’où des lacunes ou au contraire des pièces redondantes (nombreuses défenses d’éléphants données par l’Angola).

La date d’inauguration est symbolique puisque dans la vie des esclaves, rares étaient les jours chômés. Le 6 Janvier, jour des rois mages était une des seules occasions où les esclaves pouvaient se retrouver en famille (mère enfant). C’était un jour de fête et de liberté pour eux. Ceux-ci étaient en effet séparés lors de leur arrivée sur l’ile et de leur vente. Ce jour de fête et d’extériorisation se caractérisait par des danses et de la musique et des cadeaux remis aux meilleurs (or).

L’esclavage remonte à cette période où l’Afrique était dévorée par des guerres intestines. Le territoire africain a vu à cette époque la montée de grands empires : Ghana, Benin, Congo. Les ethnies battues voyaient leurs habitants vendus même et surtout les rois qui perdaient ainsi leur liberté. Ils arrivaient dans les caraïbes ou sur le continent américain ou ils étaient vendus séparés pour éviter la coercition puis achetés  selon leurs qualités physiques, leur force, leurs capacités.

La casa de Africa a deux objectifs :

  • – Etude de l’histoire de l’Afrique subsaharienne (en complément à la casa de los Arabes qui s’intéresse à l’Afrique du nord)
  • – Projet socio-culturel pour célébrer l’indépendance de chacun des pays africains.

Ce double projet éducatif passe par l’accueil des élèves du quartier dans le cadre de la restauration du tissu urbain de la vieille ville. Il s’agit d’un projet très intéressant pour familiariser les enfants aux musées. Il passe également par la tenue d’expositions et ateliers, notamment autour de la date anniversaire du 6 janvier.

La casa comporte une grosse collection permanente composée de 6000 pièces plus ethnographiques qu’archéologiques ou anthropologiques. Il s’agit plus d’artisanat que d’œuvres d’art. Le musée s’intéresse essentiellement aux divers modes de vie. L’Afrique n’est en effet pas monolithique ce qui en explique la grande richesse culturelle ainsi que celle de Cuba qui reçoit ces différentes influences.

  • Organisation du musée:

Rdc : art des pays du Sahara occidental, (carte de l’Afrique) différents systèmes religieux de peuples arrivés à Cuba., objets relatifs à l’esclavage Cuves de cuisson de la canne à sucre, chaines, menottes fouets utilisés contre les esclaves)

1er étage : manifestations artistiques et religieuses

Cet étage s’intéresse aux célébrations, rites et cultes et montre des objets utilisés pour la divination (chaudrons, miroirs, coquillages), des costumes qui reprennent ceux des rois et reines des royaumes déchus.

Présentation de la Santeria système religieux d’origine africaine lié à la présence sur le sol cubain d’esclaves lucumis (Noirs Yorubas). Cette religion ou plutôt ces religions reposent sur un fond animiste, elles sont transmises par la tradition orale. Religions de la vie et du foyer elles sont devenues un refuge et connaissent un renouveau même s’il n’existe pas de statistiques en la matière. Elles sont liées aux animaux aux plantes et adoptent une perspective symbolique et figurative : comme en Afrique, le sacerdote (Santo) est à la fois philosophe, sage, botaniste, sorcier. Elles sont dynamiques et vivantes et ne se réduisent pas à du folklore. Elles ne présentent pas de hiérarchie, pas de centralisation de pouvoir chaque groupe est autonome. Les babalaos (les sages) sont plus vieux et ont plus d’autorité.

D’une manière générale on retrouve des idoles hiérarchisées assimilées aux saints chrétiens (il semblerait que le clergé en place ait accepté ce syncrétisme permettant de laisser les esclaves à leur place tout en conservant aux vrais chrétiens une place de choix dans la société, une autre interprétation repose sur l’idée que les esclaves eux-mêmes auraient assimilés leurs idoles au christianisme). Eglise et Santeria coexistent en effet (il faut d’ailleurs être chrétien pour entrer en Santeria). Les esclaves cubains étaient considérés comme mieux traités que dans les autres colonies, il y eut d’ailleurs plus de mélanges et ce dès l’origine (les espagnols arrivaient sans femmes). D’emblée la société cubaine a été mulâtre et a connu rapidement des affranchissements.Pour autant les blancs ne sortaient pas la nuit de peur d’être agressés par des membres de ces sociétés qui en profitaient pour faire régner une sorte de terreur. La religion permettait ainsi de faire pression.

On considère qu’il y a 3 branches de cette santeria à Cuba à l’origine de l’identité créole cubaine. Chaque maison a sa tradition et ses règles.

  • 1- La règle de Ocha (orishas) est la plus étendue (d’origine Yoruba- Nigeria :

Elle regroupe de nombreux Saints chacun associé à un costume, un type d’aliment.

– Oshun =virgen de Cobre jaune 1re femme à travailler le bronze= l’argent sensualité exaltation féminité, sucre associée au jaune, au sucré)

– Shango (rouge et blanc virilité coq et hache),

– Elegua (guerre, chemise noire),

-Virgen de Regla, Yemaya (la mer) jupes comme de vagues

– St Lazare ou Babalu Aye (enfants pauvres, vêtus de jute, couleur violette) Ainsi lors de la St Lazare dans la nuit du 16 au 17 Décembre on mange des gateaux violets, on s’habille en violet.

  • 2- La règle de Palo Monte (venue des esclaves Banu= Congo Angola Namibie Cameroun -esclaves de l’Afrique orientale) Elle est dediée à la végétation
  • 3- La société secrète Abakua. (plus des groupes séparés en fait) 1ere forme de Santeria installée à Cuba à l’époque coloniale espagnole où seule une société secrète pouvait survivre. Elle est surtout présente à la Havane et Matanzas. Elle n’existe qu’à Cuba, est uniquement masculine et est ce qui se rapproche le plus de la sorcellerie. Il y a d’ abord initiation, investigation puis, à visage couvert (capuchons)danses chants, colliers verts jaunes. Elle a été très persécutée en 1881 avec l’interdiction des cultes criminels. Autour de cette société secrète s’est construit le stéréotype de groupes retardés de l’époque coloniale.

Ces sociétés secrètes viennent d’Afrique où elles constituent un ferment social : on y a apprend à cuisiner, on y enseigne les symboles attributs… en général les rituels ont des objectifs positifs : soigner et trouver l’amour. Dieu suprême ne se représente pas mais des déités et saints reprenant les forces naturelles. Chacun joue un rôle fondamental

2 étage sud-est du continent (tabourets, objets)