Rani ki Vav

Aujourd’hui je vous propose une virée au Rani Ki Vav. il se trouve à 3 h au nord de Ahmedabad 125 km en direction de Patan. On va traverser ce qui fut autrefois une capitale et ne correspond plus qu’à un village avant de rejoindre un site UNESCO exceptionnel.

Sur la route, on croise de nombreux dromadaires. On sent que le nord du Gujarat est la proie du désert. Néanmoins le Premier Ministre d’Inde, ex Chief Minister du Gujarat a doté son Etat de routes impensables ailleurs en Inde. De fait, le Gujarat alterne le meilleur et le pire, la modernité absolue et la pauvreté crasse.

 Rani Ki Vav, le temple inversé

 Ce puits de la Reine vaut tous les superlatifs laudatifs. Situé au fin fond de la campagne, il vaut mieux y accéder de bon matin pour éviter les foules. Car ce réservoir aux allures de temple fait le plein de locaux éblouit par la beauté des sculptures.

éléphanst sculptés

Le Rani Vi Vav, parfois considéré comme un temple en raison de sa beauté, remonte au XIeme siècle. Construit pour servir de réservoir, il appartient à un type de construction typique des régions désertiques du nord ouest de l’Inde. Mais il dépasse ses équivalents par sa taille et sa splendeur.

nettoyer le Rani Ki Vav

Comme les autres puits, le Rani Ki Vav se remplit selon les saisons. Le but consiste à stocker les pluies de la saison humide pour survivre aux périodes de sécheresse. Les mois chauds il fallait descendre plus bas pour récupérer le précieux liquide d’où l’invention de ces puits à degrés. Celui ci atteint 7 étages en profondeur d’où le nom actuel de temple inversé. Ces vans ou baoris constituèrent une grande contribution architecturale de l’ouest de l’Inde.

Ce magnifique puit disparut néanmoins au cours des siècles. Submergé par une crue du fleuve Sharavathi, le site s’envasa. On ne le redécouvrit que dans les années 1940 pour ne commencer la restauration que dans les années 1980. Depuis 2014, il figure dans le classement de l’Unesco.

Le Rani Ki Vav, Une œuvre commémorative

Le Rani Ki Vav remonte à la mort du roi Bima qui avait établi sa capitale non loin dans la ville de Patan. Chassé par des armées musulmanes destructrices des temples de Somna et Modhera, Bima ne vit jamais ce chef d’œuvre voulu par sa veuve. En effet Rani signifie la reine.

Le programme décoratif, d’un raffinement extrême, reste pourtant typique de la dynastie Chaulukya ou Solanki. Ce style perdure dans l’architecture jain qui s’est cristallisée à cette époque autour de la construction des temples jains du Mont Abou. On retrouvera d’ailleurs le style dit Solanski au temple de Modhera et à Palitana.

Cette œuvre commémorative comporte 7 étages dont les 5 inférieurs sont quasi parfaitement conservés. Des 4 plateformes on visualise une partie des merveilleuses sculptures. On s’amuse ainsi à y chercher les 24 formes de Vishnou. Les avatars du dieu le représentent sous la forme d’un sanglier, d’un nain. Cette iconographie accompagnait les femmes dans leur quête d’eau.

On ne peut en revanche pas accéder au puit vertigineux de 29m  dont le réservoir récupérait le surplus. Il faut se contenter de plonger le regard dans ses profondeurs de derrière un grillage.

Il reste environ 500 des 800 sculptures. En bas ou haut relief, elles décorent les 226 piliers (sur les 292 originels) et les frises. Les colonnades avaient pour but de réduire les rayons du soleil et, de là, l’évaporation du soleil. Même si on peut regretter la bétonisation des 2 derniers étages, ce chef d’œuvre d intelligence écologique ne cesse d’émerveiller par sa splendeur. Car au XIe s la sécheresse du Sharavathi obligeait déjà les hommes à ruser pour survivre.

sculptures, Rani Ki Van

Non loin du Rani Ki Vav

 Un système de canaux, tranchées et réservoir existe non loin du Rani Ki Vav. Ces lieux magiques nous content l histoire de la recherche d’eau dans cette région désertifiée. On peut donc coupler la découverte de ce fantastique site avec le Shahstraling Talav pour mieux comprendre le système de récolte et de stockage d’eau médiéval.

Sidhpur, image de Philippe et véronique

Il est également possible de considérer une petite halte dans la jolie petite ville de Sidhpur. On y voit les ruines du temples Rudra Mahalaya et surtout les jolies maisons de bois colorées de teintes pastel. Une rue particulièrement jolie conserve ses maisons au style victorien Elles furent construites par la communauté des Bohra musulmans. L’on trouve ces maisons dans l’ensemble du quartier (Vohravaad), parfois en très piteux état. Cependant seule « Paris Galli » ou « rue de Paris  » apparait sur les sites touristiques presque à l infini. Car, dans les faits, sur le bon millier de ces maisons, à peine un tiers sont entretenues ou habitées. Hormis la jolie rue instagrammable et instagrammée, le reste de la ville donne plutôt une impression fantomatique, quoique assez envoûtante.

Sidhpur, facades, image de Philippe et Véronique
facade de Sidhpur image de Véronique et Philippe