Le déclin de l’Homo Cubanus

Avec le déclin de l’Homo Cubanus, je vous propose non pas une visite mais, pour changer, un peu de lecture sur Cuba. Des petits textes ou texticules, illustrés de photographies couleur inédites et intimistes de Cuba à commander sur Amazon sous forme de livre broché ou Kindle sous le titre “Texticules cubains : le déclin de l’homo cubanus”.

Extrait du déclin de l’Homo Cubanus

(Extrait : “Le client a toujours tort”)

“S’il est un adage qui perdure, c’est bien celui-ci., le client a toujours tort et on pourrait ajouter, en toute circonstance…

 Cuba reste on le sait bien l’un des derniers bastions du communisme. Et n’en déplaise à ceux qui aiment l’image d’Epinal des Cubains gentilles victimes, la réalité est bien autre. Le consommateur n’étant qu’un horrible suppot du capitalisme, il en va de la sauvegarde nationale que de le maltraiter. Et les locaux s’y entendent et alternent les sévices les plus cruels pour chasser du corps des malheureux aspirants acheteurs toute vélléité à l’acquisition.

La première torture consiste bien évidemment en l’attente. Au moyen de queues interminables, et souvent incongrues, de pauses encore plus incongrues et interminables, le vendeur ou supposé tel, dispose d’un arsenal sans précédent pour détourner l’acheteur putatif d’accomplir son horrible forfaiture anticommuniste. Car le consommateur est pratiquement traité comme un traitre à la nation. Dans nos pays libéraux, les magasins ressemblent à des temples de la consommation. Les boutiques cubaines, elles, s’apparentent davantage à des jaules, dont la grille est entrebaillée épisodiquement, parcimonieusement et aléatoirement…

Le client a toujours tort

Il faut tout d’abord endurer une longue attente, en générale sous le soleil cuisant de la mi-journée puisque les magasins ne sont ouverts qu’entre dix et dix-sept heures avec une pause erratique mais qui peut s’éterniser pour la merienda (goûter) du matin et celle de l’après midi et, bien sûr, une plus longue encore pour le repas de midi. Il est rare qu’à midi l’ensemble des vendeurs n’aient pas disparu, happés par des nécessités de premier ordre, comme l’absorption ou le rejet de nourriture ou de boisson, l’appel téléphonique à toute la famille, l’achat de l’approvisionnement personnel ou de celui de la famille ou de tout proche prêt à indemniser le service, une visite chez le médecin etc… Il peut épisodiquement arriver qu’un vendeur fasse acte de présence. Mais ses doigts collants et son grand sandwich dégoulinant de charcutaille marbrée suffisent en général à dégouter le consomateur le plus avide. Si celui-ci s’obstine pourtant, la mine peu amène et le machouillement distingué ont raison de sa crise malencontreuse de fièvre acheteuse.

Car, où que ce soit, et à quelque heure que ce soit, le client n’est pas bienvenu il faut bien l’entendre dans ce royaume où l’on ne gagne rien certes mais le même rien pour travailler ou ne rien faire. Le choix est donc assez simple pour le vendeur ou ne rien gagner en papotant avec un aréopage de commères aussi peu payées et aussi prêtes à ne rien faire, ou travailler pour ne rien gagner et se mettre au ban de la société…

Travailler c’est trop dur….

Et puis il y a fort à faire dans une journée de travail inefficace, vérifier l’état de ses ongles, les retoucher, se triturer les nasaux, renifler avec distinction et sans retenue, échanger des nouvelles de voisins détestés, de la belle mère qui vit malheureusement avec vous, du grand père invalide et qui vit aussi avec vous, des cousins avec lesquels on cohabite aussi hélas, trois fois hélas, s’appitoyer sur les malades connus ou putatifs, bramer au téléphone, s’informer des produits indisponibles, le plus souvent, ou disponibles, plus rarement. En ce cas l’information enclanche un départ précipité pour cause d’achalandage impromptu dans une autre boutique, officiellement pour raison médicale ou décès d’un proche, et ce, pour une durée indéterminée.

Un peu de réalisme sur Cuba, le dur quotidien

Il arrive aussi que le caissier dorme tout simplement. Quel que soit le cas de figure, et quelle que soit la taille de la queue, le client arrivé au terme de son interminable attente est donc certain d’un seul fait, non pas qu’il trouvera quelque chose d’intéressant à acheter mais qu’il dérangera la vendeuse, éventuellement mais plus rarement de sexe masculin, et l’empêchera de vaquer à des occupations beaucoup plus essentielles. Le refus de vente est ici érigé en arme fatal du commerçant, véritable profession de foi annoncée par un masque où se disputent le mépris et l’ennui.”

Où trouver cette lecture sur Cuba ?

Evidemment, vous ne trouverez pas mes oeuvres en librairie à Cuba même. Au risque de faire grincer des dents, je ne suis pas non plus vendue en librairie mais sur Amazon. C’est le seul moyen que j’ai trouvé pour m’auto-éditer à peu de coût. Mais si vous ne souhaitez pas recourir à la grande machine nord-américaine, vous pouvez toujours me contacter et je m’arrangerai pour vous faire parvenie cette précieuse lecture sur Cuba !!!

https://www.facebook.com/Les-Visites-de-Fabienne

Glastonbury

On avait presque oublié la légende du Roi Arthur…Et puis on arrive à Glastonbury, une petite ville du Somerset connue pour son festival de musique et son abbaye.

Le meilleur des deux mondes

Glastonbury représente une juxtaposition pacifique de deux univers. Les barbus revenus de Woodstock fréquentent les galeries et boutiques New Age dans la rue principale.

C’est en effet ce village qui tous les étés depuis 1970 accueille le célèbre festival né dans une ferme. https://www.glastonburyfestivals.co.uk/line-up/

En toile de fond, se détache l’abbaye, fantomatique. Une immense étendue verdoyante parsemée d’arches. Ce sont les timides reliquats de ce qui fut l’un des plus grands ensembles bénédictins d’Angleterre. Du somptueux lieu de pèlerinage ne reste en état qu’une cuisine, parfait pendant à Fontevraud.

Le reste des bâtiments a été anéanti par la fureur réformatrice d’Henry VIII le terrible roi aux 7 épouses. Au début du XVIe siècle, le monarque fit sécession d’avec Rome pour pouvoir divorcer librement de sa première épouse Catherine d’Aragon, tante du terrible Charles Quint..

Avalon

Sur la pelouse, à l’emplacement de ce qui fut le cloitre de l’énorme complexe abbatial, un petit écriteau rappelle Le Roi Arthur. Des archéologues auraient en effet exhumé sa tombe et celle de la reine Guenièvre en ces lieux.  Le même panonceau évoque timidement l’ile d’Avallon en vous invitant à continuer votre promenade arthurienne dans la petite ville.

De fait, en montant vers la colline, on découvre un panorama brumeux fantasmagorique. Sur le chemin du Thor, cette colline qui domine la plaine, un petit jardin vous invite à découvrir le puit du St Graal, Et l’on se prend à imaginer en cette plaine marécageuse, les eaux qui jadis recouvraient les lieux. C’est cette éminence qui aurait accueilli le héros de la table ronde lors de son dernier voyage. http://expositions.bnf.fr/arthur/arret/03_3.htm

Et si la visite de cette jolie petite ville ne suffisait pas, on peut pousser jusqu’au vilage suivant, appelé de manière amusante Street. Il était entièrement occupé par les usines Clark au siècle dernier. Le célèbre chausseur a fermé usine en ses terres. Comme tant d’autres, il a délocalisé. Cependant, les locaux ont été réaménagés en un immense centre commercial centré autour du culte de la chaussure. https://clarksvillage.co.uk/

Les musées de Toronto

Les Musées de Toronto sont nombreux et divers. Ils offrent de quoi satisfaire tous les appétits avides de culture. Vous n’aurez  donc que l’embarras du choix en fonction de vos intérêts personnels.

Les grands musées, de type AGO ou ROM sont très chers. Si vous restez un moment à Toronto, je vous conseille par conséquent l’abonnement annuel qui vous donnera accès à d’autres musées.

https://www.rom.on.ca/en

https://ago.ca/

Les Musées  généraux

  • Peinture, sculpture, Arts visuels : AGO
  • Civilisations anciennes : Royal Ontario Museum. Là vous aurez le choix entre l’art égyptien, l’art grec, romain, étrusque ou médiéval . Vous pourrez aussi arpenter la petite galerie d’art islamique ou celle des arts africains . Les amateurs de meubles et de textiles seront également comblés.
  • Art islamique : Aga Khan Museum Une fantastique collection.
  • Art Contemporain : Musée de l’Université https://artmuseum.utoronto.ca/
  • Minéraux, biodiversité, Histoire Naturelle : le ROM est un must
  • Musée de la céramique : Gardiner Museum
  • Sciences :  Planetarium  Mc Laughlin, Centre des sciences de  l’Ontario https://www.ontariosciencecentre.ca/,

Les Musées thématiques ou locaux

Ici le choix est vaste. En outre, la municipalité ouvre une quantité de petits musées, bon marché, voire gratuits pour les résidents détenteurs d’une carte de bibliothèque à jour. 

Bath

La ville de Bath est née autour de la seule source d’eau chaude des Iles Britanniques, dédiée à la déesse celte Sulis.

Les Romains, lors de la conquête, l’assimilent à Minerve et construisent un temple en 60 autour de cette source. Un complexe thermal enserre ensuite le sanctuaire au IIe s. La ville porte alors le nom de Aquae Sulis. Elle croit et se dote d’une muraille défensive au siècle suivant. Mais avec le déclin de l’empire et les invasions, les thermes tombent dans l’oubli.  Redécouverts, superbement organisés, ils se visitent aujourd’hui. Et c’est un plaisir que d’écouter les commentaires précis pour comprendre comment se déroulait la vie à l’époque romain dans ces établissements thermaux. https://www.romanbaths.co.uk/

Les Thermes de Bath

Au VIIe, la petite ville renaît autour d’un nouveau complexe :  l’abbaye. Elle devient alors un centre religieux. Le passé romain est gommé, et on réutilise les pierres pour reconstruire l’abbaye au XIIeme siècle. On redécouvre les bains et la ville prend le nom de Bath. Un hôpital accompagne la redécouverte des propriétés curatives des eaux.  

Au XVI e siècle, Ia ville tombe et l’évêque décide de reconstruire une abbaye plus petite au moment même où Henri VIII déclare la dissolution des monastères. https://www.bathabbey.org/

Voûte en éventail de l’Abbaye de Bath

A l’epoque élisabéthaine, les spas deviennent à la mode et la ville attire l’aristocratie.  L’abbaye s’orne alors de fantastiques plafonds en éventail.

La ville se modernise au XVIIIe  et John Wood l’ancien et le jeune, la parent d’un urbanisme régulier. Ils y inventent la notion de croissant (crescent). Ils unifient en une façade un ensemble de maisons le long d’une rue en demi-lune. Cette forme jouxte le circus, place ronde, donnant une allure cosmique au plan de la ville. Les façades classiques et les eaux curatives attirent l’élite britannique et Bath devient très à la mode. On retrouve cette ambiance typiquement géorgienne à la Pump Room le temps d’un tea time. https://thepumproombath.co.uk/.

On peut aussi visiter la maison au 1 sur le Croissant Royal pour avoir une idée de la vie à Bristol à l’époque géorgienne : https://no1royalcrescent.org.uk/

Number 1 Roral Crescent, Bath

D’ailleurs, Bath, abonde en petits lieux charmants et élégants. Ainsi, sur le pont Pulteney, un des trois seuls ponts d’Europe bordé de maisons.

Enfin les fastes géorgiens apparaissent dans les Assembly Room aménagées en un superbe musée du costume. https://www.fashionmuseum.co.uk/

Musée du Costume, Bath

Ville touristique et culturelle, Bath offre également des expositions au musée Holborne ou au Victoria and Albert. J’ai d’ailleurs déjà parlé des expositions de ce musée : https://visitesfabienne.org/themes/toulouse-lautrec-de-montmartre-a-bath/

Musée du Costume, Bath

/ https://www.victoriagal.org.uk/

Queens Park et l’Université de Toronto

Après une première balade dans UoT, en voici une seconde autour de Queens Park et l’Université Toronto.

Explorer le Campus de UoT

Le bâtiment

Queens Park désigne depuis 1860 le parc, mais aussi l’Assemblée législative, et encore le bâtiment en grès de 1892, et le gouvernement d’Ontario. Le nom rappelle la reine Victoria. Sa statue (1903 par M Raggi), jouxte  en effet l’entrée principale.

Devant le bâtiment de style romanesque richardsonien, des statues d’hommes illustres sont dues au sculpteur W Allard (1903). On y voit Simcoe, Mowat ( Premier Ministre de l’Ontario pendant 24 ans, un record). On voit également un buste de William Lyon Mackenzie, journaliste, premier maire de Toronto. Il commémore le 100ème anniversaire de la rébellion de 1837. http://torontoplaques.com/Pages/Welcome_to_Queens_Park.html

On contourne le bâtiment de Queens Park par la gauche. Le monument au bataillon Mackenzie Papineau honore les soldats de la guerre d’Espagne (1937-38). On passe devant l’escalier éclectique menant à la suite du Lieutenant-Gouverneur pour admirer la façade sud de style néo-roman (1913) ornée de lions, blason, motifs héraldiques et inscriptions. De l’autre côté de la rue, relié aux autres bâtiments officiels par des tunnels et ponts, le bâtiment Whitney et Queens (1926) autrefois l’un des bâtiments les plus hauts à Toronto.

Autour de Qeens Park

Queen’s Park à l’angle de Wellesley, fut l’une des meilleures adresses dans les années 1920. Puis certaines maisons ont été acquises par l’université ou démolies.  William Christie boulanger d’Aberdeen, fondateur des Christie’s Biscuits se fit construire la Christie House au 100. Cette maison de style géorgien date de 1882.

Le site a été racheté en 1926 pour le Collège jésuite Saint Joseph  et ajouté à la propriété sur la rue Wellesley. La Faculté de droit,  au 39 Queen’s Park Circle, de style éclectique, fut construite en 1904 pour Sir Thomas White. Celui-ci fut considéré comme le meilleur ministre des finances de l’histoire canadienne.  Il a établi les fondements d’une économie moderne grâce à la loi de finances de 1914. Il a modernisé  aussi le régime fiscal présentant l’impôt sur le revenu comme une mesure de guerre temporaire.

On longe la remise qui accueille l’Institut McLuhan fondé en 1963. L’Institut prend le nom du célèbre professeur et théoricien de la communication. Tout près, la maison Millichamp de style Queen Anne avec de jolis motifs en terracotta (1892) est aujourd’hui l’Ecole de Théologie. On continue sur  Joseph Street jusqu’au 113 la Bibliothèque J Kelly de 1969 en béton bouchardé. Devant ,se dresse une sculpture de 1973 illustrant la fuite du monde traversé par les grands esprits : Christ, Gandhi Marx, Freud, St Augustin, Mc Luhan.

Les campus

Nous débouchons sur le Campus catholique St Michel avec sur la gauche Elmsley Place qui date de 1890. Le nom rappelle les propriétaires des terrains. Ceux-ci avaient déposé un plan d’aménagement d’une rue aux villas faites de matériaux identiques mais en styles différents . Se succèdent une maison romantique au 2. Les maisons 1 et 3 sont en revanche  éclectique , la 6 est médiévale.  Mais la 5 est néo-classique avec une entrée en biseau.

Dominant la place, le Sorbara Hall de Carlos Ott, de 2001 s’intègre aux autres bâtiments. Quant au Brennan Hall de 1939 il affiche un style Néo-gothique Tardif. Remontant Elmsley Place, on prend à gauche pour découvrir St Michael’s Quadrangle. Cette place s’articule autour d’une  sculpture en acier inoxydable “Michael” commémorant la fondation de l’université.

Nous arrivons sur le campus Victoria. Juste devant, se trouve le Jardin de la paix et de la compréhension de Lester B. Pearson. Celui-ci a été Premier Ministre canadien et Prix Nobel de la Paix en 1957. On remonte le long de la bibliothèque. Le Batiment Pratt moderniste des années 1960  a été rénové en 2001 . Suit le Anorthrop Frye Hall de 1967.

Un petit escalier nous mène alors près de la statue assise de Pratt (qui comme Frye enseignait la littérature). On arrive au beau bâtiment néo roman de Victoria College fondé par Ryerson 1892 et intégré à UoT en 1936.

A gauche, on parvient enfin devant la, Femme crucifiée (1979) une sculpture controversée dans la cour d’Emmanuel College. Ce bâtiment néogothique (1908) abrite des résidences étudiantes et un collège théologique. Plus moderne, le Théâtre Isabel Bader 1999-2001 reflète les édifices néo-gothiques qui l’entourent.  A sa droite, le Burwash Hall est devenu une cafétéria qui mène par une arche à Charles street west.

Hector Guimard, un itinéraire dans le quartier d’Auteuil

Le nom d’Hector Guimard évoque l’Art Nouveau qui fleurit à Paris sur une très brève période. https://visitesfabienne.org/lart-nouveau/

 Entre 1895 et 1905, la capitale se couvre de constructions dont les arabesques évoquent de longues tiges végétales. Car en gagnant le chantier du métro, Hector Guimard a façonné l’image du Paris du XXe siècle.

Si beaucoup de ses œuvres ont disparu, il reste encore 86 de ses 167 bouches de métro, mais également un certain nombre de ses constructions dans le XVIème arrondissement de Paris.

Suivez-moi à Auteuil pour découvrir Hector Guimard.

Une balade dans le 16eme arrondissement

La balade commence juste derrière la maison de la radio, rue la Fontaine au Castel Béranger, devenu, à juste titre sa construction la plus célèbre. Commencée en 1895 dans un style qui emprunte à Viollet-Le-Duc, elle nous rappelle le Guimard jeune architecte (il est né en 1867) des Hôtels Jassedé et Roszé. En cours de construction, il découvre Bruxelles et les chefs d’œuvre art Nouveau de Victor Horta.

 Hector Guimard revient alors ébloui par les constructions de son homologue belge et remodèle la décoration du Castel. Il conçoit chacun des 36 appartements de cet immeuble de rapport de manière différente. L’architecte y imagine tous les détails de la poignée de porte, à la cheminée. http://www.hguimard.fr/album-castel-beranger/8

Sa façade plait tellement qu’elle sera primée en 1899 au concours des façades de la capitale. La notoriété ainsi acquise lui donne accès au chantier du métropolitain.

La bourgeoisie aisée lui ouvre ses portes dans le quartier récemment annexé et encore campagnard d’Auteuil. Il y bâtit des immeubles de rapport comme les 6 bâtiments sur les 11 initialement prévus entre les rues la Fontaine, Gros, Agar puis la rue François Millet.

Vers un musée Guimard

L’originalité des lignes, la fonctionnalité des espaces à vivre séduisent également Paul Mezzara au 10 rue La Fontaine. Cet hôtel joyau symbolise également l’œuvre de Guimard. Construit pour un riche négociant en textile, rapidement revendu, il deviendra école, puis annexe de pensionnat. Depuis quelques années, le cercle Guimard, un remarquable centre de ressources consacrées à l’architecte, tente d’y ouvrir un musée. Ce devait être fait cette année. Les événements risquent de ralentir le beau projet d’un musée entièrement consacré à l’architecte. https://www.lecercleguimard.fr/fr/le-cercle-guimard/

Au débouché de la rue, Hector Guimard construisit dès 1909 un hôtel cadeau de mariage pour son épouse l’artiste et richissime Adeline Oppenheim. Ecrin pour les peintures de celle-ci, l’Hôtel Guimard mêlait les ateliers des deux artistes. Il répondait à leur volonté de faire de leur vie un chef d’œuvre total.

La fin des années Guimard

Après la première guerre mondiale et le krach boursier de 1929, Guimard est passé de mode. Le couple met l’Hôtel en location et déménage dans un appartement plus petit au 18 rue Henri Heine. Puis, du fait de la montée du nazisme, et des soucis de santé de l’architecte, les deux artistes partent pour les Etats-Unis en 1938. Hector meurt en 1942 sans avoir revu l’Europe.

 Adeline essayera, difficilement, de léguer les œuvres de son mari à la France. Elle ne parviendra pas à faire don de l’Hôtel Guimard à l’Etat français pour en faire un musée. Néanmoins, elle offre sa salle à manger aujourd’hui exposée au Petit Palais, sa chambre au musée de Lyon, ville où est né son mari et un certain nombre d’objets et dessins. Beaucoup disparaitront dans l’indifférence générale alors que les musées américains eux acceptent les legs.

 Il faut attendre l’exposition européenne de 1960 sur les sources du XXe s puis la fin des années 1970 pour que la France rende hommage à l’un de ses architectes les plus originaux et prolifiques.https://www.youtube.com/watch?v=UBquniUKBH4 ( (vidéo qui permet de rentrer dans les intérieurs)

Le quartier financier de Toronto

       

Cette visite du quartier financier de Toronto emprunte Bay Street. Elle montre notamment comment la ville de Toronto s’est agrandie au cours du XXe siècle pour devenir la capitale économique et financière du pays.

Autour de la gare

Elle commence à la Gare (Union Station) sur Yonge Street. Ce beau bâtiment ouvert en 1927  est la gare la plus fréquentée du Canada. Y transitent en effet 6,5 millions de passagers par an. De style « Beaux Arts », contemporain de l’Opéra Garnier, elle emprunte les dimensions colossales des Thermes romains de Caracalla.  Ainsi, elle compte 18 immenses colonnes doriques de 27m de haut. Des pilastres plats séparant les fenêtres sans décorations sur 3 étages animent sa façade austère, longue de 750m. A l’intérieur, son magistral plafond vouté et son immense salle des pas perdus de 260m rappellent les noms des villes desservies à l’origine dans les médaillons.

En fait, le terrain a été conquis au XIXe siècle sur le lac  et sur l’ancien rivage. Vers 1900, cinquante ans après les premiers voyages en train à Toronto, près de 200 trains transitaient par la gare. Elle a pris le nom de Union car elle servait de liaison entre les grandes compagnies des Canadian National et Canadian Pacific Railways. Cependant, le trafic a beaucoup diminué, la gare a même été menacée de fermeture dans les années 1970.

Face à la gare, l’hôtel Fairmount date de 1929. Il  était à l’époque d’une modernité exceptionnelle : ascenseur, chauffage, eau chaude et baignoires dans les chambres. Aujourd’hui , c’est encore l’un des palaces, un lieu de RV. Au dernier étage, sur la terrasse, il jouit d’un potager avec des ruches. Architecturalement il adopte la forme  d’un fauteuil avec un dossier central et des accoudoirs. Cette architecture château typique de la chaine se retrouve dans tout le Canada. A l’époque de la construction un souterrain reliait la gare et l’hôtel.

En face de la gare, on accède au métro et au PATH, la ville souterraine près de la Sculpture ‘City People’ de Catherine Widgery. 

Banque de Commerce du Canada

Sur Front Street

En continuant, se dresse la Royal Bank Tower; de 1973-77. Il s’agit d’ un complexe de deux tours triangulaires  de 41 et 26 étages. Entre les deux, un atrium de douze étages vitrés modère le style international des tours. Les murs sont faits de vitres dorées pour refléter le soleil à facettes comme des cristaux de basalte….

Le bâtiment des douanes se trouvait près du port, de la gare et donc à l’arrivée des flux de marchandises. Il date de  1938. Ce bâtiment énorme épouse la courbe de la rue en une colonnade ionique telle celle de Regent Street à Londres.

Encore plus loin, sur Front, le Sony Centre, anciennement O Keefe Center offre une fantastique entrée avec une marquise surdimensionnée de style expressionniste et brutaliste. Effectivement, il est construit  en béton armé,  et doté de 3200 sièges. Il accueillait le ballet national et l’opéra avant le transfert sur Osgoode.

On voit derrière, sur l’esplanade, le condominium construit par Dan Liebeskind, auteur aussi du Musée juif à Berlin, et du Musée de l’holocauste à Tel Aviv, du ROM, ici une structure incurvée en verre bleuté

Le Hockey Hall of Fame

En continuant sur Front Street, on arrive au Hockey Hall of Fame  https://www.hhof.com/ (1885 de style Beaux Arts). L’entrée dans un petit pavillon entre des portiques est ornée d’un dôme de verre et de sculptures rococo. Le tympan est désaxé et dédoublé pour être vu des deux rues. Il se pare de nombreux éléments classiques :   piliers corinthiens, mascarons sculptés. Le tout est construit en grès de l’Ohio .

Avant de devenir un musée, la Banque de Montréal s’y était établie depuis 1817.  Elle s’enrichit dans les années 1880. Du coup, elle exhiba sa richesse dans de beaux bâtiments. Ainsi, son siège à Montréal en 1845 imite le Panthéon de Rome.  Fermé en 1982 ce bâtiment a été restauré et rénové pour devenir le Hockey Hall of Fame avec une entrée au sous-sol de la galerie BCE.  Devant, des sculptures, Canada, l’Equipe du siècle 1997  et Notre jeu ; d’Edie Parker; 1994.

Banque dans la Brookfield par Calatrava

Bay Street

Baystreet s’appelait à l’origine Bearstreet car des ours devaient y errer. Au fond de Bay street, on aperçoit la Tour de l’ancien hôtel de ville dans l’axe. Ceci implique qu’elle n’a pas été construite au centre du bâtiment pour en revanche être vue depuis Bay Street….

Dans Yonge street, on entre alors dans Brookfield Place BCE 1989-922. Il s’agit de tours de bureau reliées par une allée couverte entre Bay Street east et Yonge Street avec des arches d’acier peintes comme une rue bordée d’arbres. Au centre, une place à l’européenne avec une fontaine, un restaurant et un magasin de presse (journaux européens). Architecte espagnol,  Calatrava spécialisé dans les gares et ponts, avait comme cahier des charges de relier 3 tours, dans un espace chargé d’histoire.

Il a ainsi eu l’idée de déplacer dans la galerie La banque commerciale du Midland, fondée en 1832.  Située sur Wellington Street à l’origine, c’était la  plus ancienne du quartier, de style néogrec  en calcaire. Elle servait de banque au rez de chaussée, et de maison du banquier à l’étage.

En sortant de l’avenue, par Bay Street, on rejoint alors les bâtiments du Dominion Centre, Bank of Toronto. Six bâtiments de style International, datent de 1960 à 1990. Sur Wellington Street, la banque au 79,  expose au RDC une étonnante collection d’art Inuit. https://www.td.com/about-tdbfg/corporate-information/inuit-art/index.jsp

Cette extraordinaire collection est due à l’initiative de son directeur, M Lambert qui souhaitait faire connaitre à ses salariés l’art inuit. https://visitesfabienne.org/les-premieres-nations/


On traverse maintenant  la rue,  et on remonte les marches en face du Dominion Centre œuvre de Mies van der Rohe, le pape du less is more. Entre les tours, « la pâture », une sculpture de vaches au repos,. Elles apportent en fait un air de campagne pour « détendre les financiers » à l’heure du déjeuner. On traverse alors le bâtiment de droite et on parvient dans l’ancienne Bourse.

L’Angle des quatre banques

De l’autre côté de la rue, on monte maintenant des marches avec à  gauche une tour de Pei de 1972 l’architecte de la Pyramide du Louvre. Cet angle (King/Bay) regroupe depuis les années 1970 les 4 plus grandes banques de Toronto. Le petit escalier mène à une sculpturereprésentants des’éléphants (2002). La tour moderne ressort face au bâtiment ancien CBC (Canadian Bank of Commerce) de 1930 . Ses volumes intérieurs et plafonds empruntent une nouvelle fois aux plafonds des thermes de Caracalla. On traverse maintenant le Bâtiment d’Ernst &Young, pour retrouver Bay Street en passant le long du Bâtiment de la Bourse, avec une très belle frise art déco enchâssée dans l’ensemble des 6 tours.

On sort par un formidable façade néo romane sur King Street et on se retrouve face à la Scotia Bank (on peut  admirer à l’intérieur le relief Art déco (flèche, bois, agriculture… allégorie de la richesse de l’Amérique).

On reprend alors Bay street. A l’angle, la Banque de Montréal devait ressembler à l’origine à un temple. Mais la crise de 1929 a réduit les ambitions comme en atteste la partie supérieure. Plus haute, plus efficace moins décorée, elle témoigne d’une logique plus financière que décorative!

En face, le club “national”très select, (National Club Building). Etonnant de voir ce bâtiment néo géorgien (1874) au milieu de tous les buildings modernes  du quartier financier..

On rejoint ma balade dans le centre de Toronto

Aller à l’angle Bay Street / Queen Street, et regarder le bâtiment d’Hudson Bay angle Yonge / Queen. Ce fut le 1er grand magasin de la ville. En 1894, il représentait une vraie révolution. Créé par Mr Simpson, écossais. Face à lui, de l’autre côté de la rue, le concurrent Eaton. A la fin du XIXe et début XXe siècle, les deux se sont livrés une vraie guerre à base de publicités, promotions…Tout cela pour attirer les clients.

Le Bâtiment Hudson Bay est typique de l’école de Chicago et le premier du genre ici . L’ossature est en acier et non en fonte. Elle soutient l’édifice (au lieu des murs) ce qui permet d’avoir de larges vitrines pour mettre en valeur les produits commercialisés.

Autour de l’hôtel de ville

Sur Queen Street, ancien hôtel de ville  par James Lennox, l’architecte de Casa Loma. Ce batiment à fonctions multiples est de style néo roman Ridchardsonien …A l’époque, la tour proclame la fierté de la ville.

Lennox voulut signer son œuvre, selon la coutume. On lui refusa ce droit, en raison de ses dépassements budgétaires. Il se vengea en représentant les édiles en singes grimaçants sur les chapiteaux, à l’entrée du bâtiment . Le seul représenté souriant est James Lennox, au milieu d’eux ! Il s’amusa aussi à disperser (une lettre sur 3) sur la frise du sommet les lettres composant son nom…..

A l’intérieur du bâtiment, aller voir le rare beau vitrail.

Derrière l’ancien hôtel de ville, et cachée dans les entrailles du Eaton Centre, l’église de la Ste Trinité . Cette église était consacrée aux pauvres à l’époque, avec son presbytère et la maison du révérant. Un petit jardin rappelle ce qu’a été le lieu et accueille les déjeuners des gens qui travaillent ici mais aussi les deshérités toujours pris en charge par l’église.

Enfin, on arrive au Nouvel Hôtel de Ville par les jardins, il date de 1965. En bas du bâtiment,  on trouve des bureaux d’accueil pour les habitants de la ville. Devant, un miroir d’eau se transforme en patinoire l’hiver. On peut suivre la rampe pour finir sur l’inattendu jardin. Dernière surprise de ce parcours dans le Quartier financier de Toronto !!!

Les Hockeyeurs, devant le Hockey Hall of Fame

Gloucester

Pourquoi aller à Gloucester ?

Pas seulement pour rencontrer Beatrix Potter, la célèbre et délicieuse auteure de Peter Rabbit qui a immortalisé la ville : https://www.tailor-of-gloucester.org.uk/

La cathédrale de Gloucester, une merveille gothique

Les amateurs d’art se régaleront à la Cathédrale, l’une des merveilles de la région. https://www.gloucestercathedral.org.uk/.  Dans le circuit des chefs d’œuvre gothiques, Gloucester occupe une place de choix tant par la taille de cet immense vaisseau de pierre, que par la magnificence du cloitre. D’ailleurs le cinéma ne s’y est pas trompé qui y a situé l’intrigue de trois films de Harry Potter. https://www.youtube.com/watch?v=EfSofShp0gs

Les somptueuses voutes en éventail décorent également la chapelle de la vierge restaurée grâce a l’argent généré par le film. Le ticket d’entrée donne en outre accès au triforium. De cet étage en général interdit au public, la vue sur le chœur est prodigieuse. Même la caféteria est un ravissant lieu dans l’ancien réfectoire des moines.

Une ville charmante

Autour de la cathédrale, les aménagements ont su préserver l’atmosphère médiévale et bucolique. De charmants salons de thé et boutiques mènent aux  rues qui se croisent en angle droit à la tour Michel. Dans Northgate Street se trouvent de jolies maisons à colombage dont la New Inn servait déjà d’auberge en 1450. La structure urbaine provient de la colonie romaine Glevum. On en retrouve quelques vestiges, comme un mur au terminus des autobus.

Le  Port mène à l’estuaire de la Severn par des canaux. La ville a entièrement rénové ses docks abandonnés dans les années 1980. Ils forment désormais un espace public occupé par le National Waterways Museum, et de luxueux magasins, bars, ou appartements résidentiels. Le Musée des soldats du Gloucestershire est situé dans la Maison des Douanes.

Par ailleurs, le Gloucestershire est superbe : à l’est les Cotswolds, au nord-ouest les collines de Malvern et à l’ouest la forêt de Dean puis le Pays de Galles.

Enfin on ne peut quitter Gloucester sans évoquer une course fascinante mais véridique : la célèbre course au fromage