Influences Londres-Paris

Une histoire d’influences Londres-Paris

Les destructions et (re)constructions croisées permettent de souligner les influences Londres-Paris mais aussi les grandes directions prises. Les deux capitales monde se sont longtemps disputé la place dominante. Si Londres semble avoir gagné la bataille, il n’en a pas toujours été ainsi.

Deux villes de construction romaine

Bien que de fondation celtique, les deux villes ne sont devenues cités que grâce à l’effort urbanistique romain. Toutes les deux nées le long du fleuve, près d’un gué, elles se sont développées ensuite sur les deux rives du cours d’eau.

De leur fondation romaine, elles conservent l’une et l’autre le plan hippodaméen de la colonie. Les cardo et decumanus se lisent d’ailleurs encore à Paris (rue St Jacques et rue Soufflot) autour du forum. Les thermes de Cluny restent en outre s très visibles. Cependant, il faut aller chercher les vestiges du Bas-empire sous la crypte archéologique devant Notre-Dame de Paris.

En revanche, Londres, qui avait presque tout gommé de son passé romain le redécouvre peu à peu, à la faveur des destructions et (re)constructions. C’est par exemple après les bombardements qu’est réapparu le Mitraeum. https://visitesfabienne.org/londinium-londres-romain/

Une forte influence française à Londres

Avec le Moyen-Age et la conquête normande (1066), l’influence française devient prééminente. Bien à l’ouest de la cité romaine de Londinium, le conquérant renforce la muraille antique d’un fort, la Tour de Londres, et fonde un noyau royal autour de Westminster. https://visitesfabienne.org/westminster/

La chapelle romane dans la Tour de Londres montre les influences Londres-Paris

De l’époque romane et de l’influence française, subsistent quelques vestiges quoique parfois lourdement remaniés. L’Abbaye de Westminster a subi de nombreuses transformations. Néanmoins on lit aisément le roman d’origine normande (norman style) dans la chapelle royale de la Tour de Londres, à la Tour des Bijoux ou la chapelle Savoie.

Les périodes d’épidémies et de guerres qui frappent nos deux pays ne favorisent pas précisément un échange d’idées ou d’influences. Pourtant, des deux côtés de la Manche, les deux capitales se fortifient. Le mur de Londres est rehaussé. Quant à Paris, Philippe-Auguste qui y établit définitivement son siège, choisit de la protéger depuis l’ouest avec la construction du Louvre, qui clôt l’enceinte de la ville contre une éventuelle incursion angloise.

Villes ouvertes, villes planifiées ?

Les deux capitales croissent très vite à l’ère « moderne ». Au 17e siècle, les murailles tombent. Pourtant Paris en garde la trace avec ses boulevards et ses portes. Londres efface quant à elle toute empreinte du passé. Le pouvoir royal cherche à planifier en France dès le 16e siècle avec les places royales. Ainsi, Henri IV prévoit-il trois places, une carrée (Vosges), une triangulaire (Dauphine), et une semi-circulaire, (la Place de France) jamais construite. En revanche, loin de toute scénographie, Londres croit en fonction des besoins des marchands et des aristocrates, le long des voies de communication entre la City et Westminster, le long de la Tamise ou près des routes reliant la province.

Le Grand Incendie, peinture anonyme, Musée de la Ville de Londres

Avec le grand incendie de 1666, la City disparait sous les flammes. Dès lors, l’opportunité s’offre de la rebâtir totalement. Les trois plans d’urbanisme proposés seront rejetés par les hommes d’affaire. Ceux-ci presseront le roi pour reconstruire au plus vite le long des rues existantes. Bien que la ville change de visage avec des constructions plus homogènes, en pierre ou brique, aucune place ou espace ne sera perdu en décorum couteux et superfétatoire. https://www.historic-uk.com/HistoryUK/HistoryofEngland/The-Great-Fire-of-London/

Christopher Wren, artisan d’une des (re)constructions de Londres après le Grand incendie
Assurance contre le feu

(Re)constrcutions du 19e

Le Pont de Hammersmith, chef d’oeuvre de Bazalgette

Avec la Révolution industrielle, tout change. Londres affirme sa domination. Sans murailles, la ville s’étend de plus en plus. A l’Est, les quartiers ouvriers s’opposent à l’élégance du West-End. Londres détrône même sa rivale sur le marquage du temps. Ainsi, l’observatoire de Greenwich devient-il maître de l’horloge mondiale, reléguant l’observatoire de Paris et son méridien au passé. Des ingénieurs d’origine française déploient leur science au service de l’Angleterre. Ainsi la dynastie Brunel construit ponts et tunnels, gares et usines. C’est à Joseph Bazalgette que l’on doit le système d’égout, l’assainissement et la modernisation d’une ville autrefois insalubre. https://fr.wikipedia.org/wiki/Joseph_Bazalgette

Isambart Brunel

Bien qu’enfermée dans de nouvelles murailles, Paris elle se réinvente grâce à la vision de deux hommes, Napoléon III et le Préfet Haussmann. Cette reconstruction totale, à coup d’expropriations, de démolitions et de nouveaux bâtiments montre la volonté urbanistique des Rois et empereurs.

Paris, ville du prince, Londres ville des marchands

 A Paris, le fait du Prince perdure. Lorsque les présidents laissent leur empreinte sur la ville au 20e ou 21e siècle à travers un opéra, un musée, ils illustrent que les constructions de Paris obéissent à la volonté planificatrice et édificatrice de sa tête. La beauté et l’homogénéité restent de mise dans une ville dont les murs et limitations freinent la croissance.

Barbican, une des (re)constructions de quartier londonien dévasté par le Blitz

 En revanche, la croissance de Londres est le fait des puissants. Celle qui, entièrement détruite à deux reprises par le Grand Incendie et le Blitz, a eu maintes fois l’occasion de se reconstruire. Systématiquement, à un plan général s’oppose la volonté des élites. Aujourd’hui ouverte, dominante, triomphante, Londres peut regarder avec amusement Paris enserrée dans son périphérique mais fière de son harmonie urbanistique.

Egyptomanie victorienne

Je me suis déjà fendue d’un article sur les lieux où admirer des vestiges égyptiens à Londres (https://visitesfabienne.org/legyptomanie-londonienne/). je voudrais maintenant pour accompagner la conférence du 18 Janvier 2022 m’arrêter davantage sur l’Egyptomanie victorienne. Celle-ci a entrainé en effet de nombreuses contrefaçons mais aussi des situations rocambolesques souvent animées par des personnages hauts en couleur.

Bastet à l’usine de cigarettes

L’Egypte, Une source d’inspiration artistique et de mise en scène

En effet, l’Europe s’est passionnée pour l’Egypte dès l’expédition napoléonienne de 1798.

Une passion européenne

Embarquant dans son équipée de nombreux scientifiques et artistes, les Français sont revenus politiquement bredouille mais riches de connaissances. Les écrits de Vivant Denon entre autres, les gravures et observations ont créé une vogue de longue durée.  Les Français l’ont développée dans les arts, l’ébénisterie notamment, et dans une moindre mesure l’architecture. Les Anglais, eux, se sont emparés de motifs égyptiens à tout va. Bijouterie, peinture, littérature, peinture, rares sont les domaines artistiques à en avoir réchappé.

Ainsi le V&A offre une somptueuse collection de colliers, boucle d’oreille. Dans cette galerie exceptionnelle, ressortent quelques pièces du XIXème qui font la part belle aux sources égyptiennes. Ces somptueuses parures se composaient d’amulettes ou, à défaut, les copiaient.

Collier, V&A

Fascination et ésotérisme

Se pavaner couvertes de bijoux égyptiens n’a bientôt plus suffit et la fascination pour l’Egypte s’est alors tournée vers des domaines plus ésotériques. Les Anglais se sont emparés bien vite des rites mortuaires nilotiques, si visibles et fascinants. Il faut dire que les victoriens vouaient à la mort une fascination toute particulière. Ils ont ainsi construit un énorme cimetière dans l’ouest londonien dans lequel on ne pouvait accéder que par une gare spécialisée aujourd’hui désaffectée. Bientôt les nécropoles se sont mises à ressembler à des sites antiques, c’est le cas à Highgate.

Cette véritable Egyptomanie victorienne a d’ailleurs poussé à des mises en scène d’un gout douteux telles les cérémonies de désenroulage de momies.

Comme si cela ne suffisait pas, des marchands peu scrupuleux se sont mis à vendre outre les amulettes et trésors pillés dans les tombes, des bandelettes et objets pour les revendre ou les réduire en poudre. Ils obtenaient ainsi un brun dont les peintres préraphaélites se sont montrés très friands. C’est de cette époque passionnée d’ésotérisme que sont nées les malédictions des pyramides.

Egyptologie et petites histoires de découvertes

1/ L’Egyptologie, une science en formation

Outre les débordements de cette Egyptomanie victorienne , les Anglais du 19e siècle ont commencé à s’intéresser au sujet de manière plus sérieuse. Bien que venus plus tardivement dans la course au savoir, ils se considèrent en effet derrière Flinders Petrie, comme les inventeurs de l’égyptologie. On découvre cet extraordinaire personnage au musée de l’Université UCL. La collection foisonnante offre des trésors rares mais disposés pour les étudiants et spécialistes et donc peu lisibles pour le grand public. https://www.ucl.ac.uk/culture/petrie-museum

Pétrie Museum

D’autres personnalités ont collectionné avec passion des pièces rares, tel John Soane, propriétaire du sarcophage de Sethi 1er.https://www.soane.org/features/discovering-setis-sarcophagus-200-years L’arrivée de cette pièce unique à Londres fit d’ailleurs l’objet d’une célébration inégalée. Il en fut de même lors du transfert de l’obélisque dit de Cléopâtre sur les quais.

obélisque de Cléopatre

2/ Concurrence commerciale et culturelle

Le célèbre Hall égyptien du non moins célèbre grand magasin Harrods est une création récente. Dans ce temple de la consommation ouvert en 1834, il a fallu en effet attendre 1990 pour que le propriétaire égyptien, Mohammed Al Fayed, fasse redécorer l’escalier en hommage à son pays de naissance.

Hall égyptien Harrods

Quant à la pierre de Rosette, découverte par les Français lors de l’équipée napoléonienne, elle fait partie des trésors de guerre remportés par les Britanniques lors de leur victoire sur les troupes françaises. Son étude et sa traduction ont fait l’objet d’une impressionnante course au savoir opposant les grandes nations européennes dans une lutte culturelle. S’il revient au Français Champollion, le déchiffrement des hiéroglyphes est en effet pour nos amis britanniques en grande partie l’œuvre de Thomas Young.

Pierre de Rosette au British Museum

3/ Quand la Petite histoire forge la grande

L’une des plus extraordinaires histoires sur l’Egyptologie est liée au château de Highclere, lieu culte de la série Downton Abbey. Au début du XXe l’héritier des terres, le 5e lord Carnavon, passionné de voiture faillit périr dans un accident. Pour se remettre il dû prendre du soleil et chercha à occuper son temps en Egypte en faisant faire des fouilles par un obscur archéologue Howard Carter. Les deux hommes passèrent à la postérité un beau jour de 1922 lorsque l’archéologue désencombra les quelques marches menant à la tombe d’un obscur roitelet de la 18e dynastie : Toutankhamon.

Le Mur de Londres

J’ai déjà abordé le mur de Londres en évoquant la ville romaine. https://visitesfabienne.org/londinium-londres-romain/ Aujourd’hui en voici l’itinéraire https://londonmymind.com/london-wall-walk/

Un mur médiéval de fondation romaine 

Certains historiens définissent la ville ancienne par ses remparts, la ville moderne par sa régularité. La ville contemporaine elle se définit par le nombre de ses habitant et la qualité de ses infrastructures. Londres, de par sa taille et son organisation correspond donc bien à une grande ville au sens moderne. Ses murs nous renseignent également sur son existence en tant que ville ancienne.

De fait, Londres consiste en d’un agrégat de communes. La ville antique et emmurée fondée près du gué, le pont de Londres, décline à la période saxonne pour voir la ville saxonne Lundwig se former autour de Aldwych. Guillaume le conquérant installera son fief normand du côté de Westminster. Pendant ce temps, la cité romaine décline et ses murailles ne seront restaurées qu’entre les 13e et 15e siècles.

A la fin de la période romaine, le mur, en pierres du Kent, visait à protéger Londres des envahisseurs et notamment des Pictes. Il était l’une des plus grosses constructions de la Britannia romaine. Un fossé extérieur assurait une meilleure protection. Il fut d’ailleurs reconstruit et agrandi à de nombreuses reprises. Il comprenait 20 bastions surtout à l’est et un fort au nord-ouest (près de St Alphange). Ce fort abritait la garde officielle du gouverneur de Britannia et 1000 hommes dans une série de baraquements, de bâtiments administratifs, et magasins. Des plateformes de bois complétaient le dispositif renforcé au Moyen-Age au moyen de créneaux, meurtrières. Plus tard encore, des bastions accueillirent des catapultes.

Tracé du Mur de Londres

Cette muraille simple remonte à 120 ap JC. C’est un mur massif de 2 miles autour de la cité romaine. A son apogée il pouvait mesurer 10m de hauteur. sa forme n’a pas changé durant 1700 ans. Disparue en grande partie à mesure de la croissance de Londres vers l’Ouest, la muraille a été souvent incorporée dans des bâtiments ultérieurs. Les tronçons non démolis sont réapparus lors des bombardements de la 2nde Guerre Mondiale particulièrement dans la zone du Barbican. Les fouilles des années 1960/70 ont permis de mettre à jour, nettoyer restaurer les portions aujourd’hui visibles.

Tour du mur à la hauteur du Barbican

On connait aussi le tracé de cette muraille grâce à son empreinte toponymique. Ainsi, Aldgate, Bishopsgate, Cripplegate, Ludgate, Newgate indiquent la présence de portes d’accès. Celles-ci ne datent pas toutes de la même période. Si Old(ald) et new peuvent être romaines, en revanche Bishop ( évêque) ou Cripple datent de la christianisation, Ludgate évoque la ville saxonne. Et Blackfriars les pénitents noirs de la colonie médiévale. Généralement, ces portes correspondaient à des carrefours stratégiques et ouvraient sur des voies de communication importantes.  Au Moyen Age, des exécutions y prenaient souvent place. à Tower et Bishopsgate notamment. Il ne reste rien de ces constructions défensives pourtant reconstruites de nombreuses fois jusqu’à devenir lieux d’habitation

Aujourd’hui, on peut suivre l’itinéraire du mur de la Tour de Londres à St Paul en traquant les vestiges dans les jardinets, les souterrains, les rues ou en les devinant grâce aux noms.

https://www.english-heritage.org.uk/visit/places/london-wall/History/

Un itinéraire facile à suivre

Le Mur de Londres, de la Tour de Londres au Barbican

  • L’itinéraire commence au pied de la tour de Londres devant la Poterne vraisemblablement reconstruite à l’époque médiévale, puis quasi disparue, avant les fouilles de 1979.
  • Dans le jardinet jouxtant la station de métro Tower Hill, derrière la statue de Trajan, se dresse un haut fragment du mur. Sur la base typiquement romaine (jusqu’à 4m de hauteur sur les 6 initiaux) s’appuient 6m de constructions médiévales.
Le Mur devant la Station Tower Hill, on distingue bien l’appareillage mixte romain dans la partie inférieure
  • Sur Cooper’s Row Walk, dans la cour de l’hôtel Leonardo, un passage caché débouche sur: un fragment du mur. La base romaine se déploie sur 4m complétée par un appareillage médiéval particulièrement soigné. Le rempart se traverse ici.
  • Sur Vine Street, le tout petit square expose 10m du mur romain dont la base d’une tour bastionnée (4e s) démolie au 13e.
  • La porte de Aldgate se trouvait sur la route romaine la plus importante vers Colchester. Elle est antérieure au mur. Reconstruite trois fois, puis détruite en 1716 pour favoriser la circulation, elle était habitée. Au 14e, s Geoffrey Chaucer, poète mais aussi douanier y habita.
  • Bishopsgate ouvrait sur la route de York. Une mitre sur Heron tower au-dessus de la pharmacie Boots rappelle l’emplacement de la porte. London Wall suit le bord  du fossé extérieur du mur romain. Pour agrandir la rue au 20es on a modifié son alignement. All Hallows on the Wall du 18e remplace l’église du 12e construite dans les fondations d’un bastion romain. Le mur du 18e reprend le mur médiéval.
  • A l’angle de Moorgate et de Londonwall, un immeuble de verre (en photo) mène à un parking. A la place 54, apparait une belle portion du mur. On rentre alors dans le quartier de Barbican, éventré par les bombardements. Durant la reconstruction, on a mis à jour et restauré des vestiges importants.
Entrée du Parking dur Moorgate et place 54

Le quartier du Barbican

  • St Alphage, cette section du mur remonte à +120 et faisait partie du Fort romain agrandi au Moyen Age et évoqué au 1er paragraphe. Après la période saxonne, au 11e une église fut construite dans les fondations du mur puis détruite au 16e. Ces fondations devinrent alors caves de nouveaux bâtiments. Exhumée après les bombardements, cette portion montre donc un soubassement romain et partie supérieure (1477) médiévale, décorée.
Le Mur de Londres à St Alphange
  • Cripplegate marque l’entrée nord de la muraille en déclin à la période saxonne La porte fut reconstruite et en activité en 1490 avec la résurgence de ce quartier suburbain proche de Islington. Elle se transforma ensuite en logements puis prison et fut démolie au 18e pour améliorer la circulation.
Vue du Musée de Londres
  • Près de l’Eglise st Gilles Gripplegate, apparait une section très bien conservée au nord de la muraille. La majorité des pierres et les tours datent pourtant du Moyen-Age. Ce mur protégeait au 17e un cimetière occupant le fossé médiéval comblé. Il correspond aujourd’hui au petit lac. La tour au NW du mur antique garde 2/3 de sa hauteur initiale.
  • Sous le Museum of London le long des jardins, une tour défensive du 13e s’est fondue dans les bâtiments du 16e dont le hall des barbiers, souvent abimé et reconstruit.
Tour et lac au Barbican
  • Sur Noble Street Wall une plateforme permet d’observer les vestiges du mur redécouvert après les bombardements. D’une tour de garde on accédait à la courtine SW. On distingue de nombreuses traces de reconstructions médiévales et surtout 19e.On peut alors suivre le tracé du mur sans vestiges apparents le long de Newgate, Ludgate puis Blackfriars.
Tour devant l’Eglise St Gilles Cripplegate

Mayfair

Mayfair est un quartier d’affaires et résidentiel huppé et aussi une zone commerçante haut de gamme.  Et pourtant des coins et recoins restent à découvrir. Cet article vous propose non pas une promenade mais des lieux regroupés par thèmes

Burlington Arcade

Les grandes rues commerçantes de Mayfair

– le quartier de Mayfair est bordé par de grandes artères commerçantes. Au Nord, la populeuse Oxford Street dessert toutes les grandes chaines internationales. A l’Est, l’aristocratique Regent Street présente des immanquables britanniques, Liberty’s et ses fabuleux tissus, Hamley’s, le roi du jouet. Au Sud Picadillys’ouvre sur des passages prestigieux et de vieilles enseignes incontournables comme Fortnum and Mason.

Rayon de Thé chez Fortnum et Mason

Bond Street, icone du luxe londonien, relie Picadilly et Oxford Street. Les grands couturiers se regroupent essentiellement sur Old Bond Street. Thomas Bond l’a construite sur la propriété des Albemarle à partir de 1684 pour spéculer. La section Nord New Bond Street construite, elle, sur un terrain municipal dans les années 1720commence après la sculpture en bronze « Alliés » qui représente Churchill & Roosevelt. Dès sa construction, la rue devint une promenade à la mode.

Liberty’s, la célèbre façade néo Tudor

Au-dessus des boutiques, les logements étaient loués à des personnalités. Les façades et enseignes valent de quitter des yeux les vitrines notamment au 35, la célèbre salle des ventes Sotheby’s, établie ici depuis 1744. La déesse lionne égyptienne Sekhmet veille sur l’entrée). C’est la plus ancienne statue extérieure de Londres puisqu’elle date du Nouvel Empire (-1700/-1360). Vendue aux enchères en 1880, sans avoir jamais été réclamée, Sotheby’s en a fait sa mascotte. Au 153, draped reclining figure  de Henry Moore en 1953, encastrée dans la façade d’un immeuble rappelle la fascination du sculpteur pour les arts africain et océanien.

Rue piétonnes et passages de charme

– Non loin de Picadilly, s’engagent plusieurs passages et arcades. Ainsi, Burlington Arcade fut ouvert en 1819 pour George Cavendish, 1er Comte de Burlington. Les anciens hussards de son régiment ou Beadles, surveillaient alors les entrées. Ce ne sont plus aujourd’hui des militaires, mais ils veillent toujours avec vigilance au respect des règles. Avec leurs redingotes et hauts-de-forme de l’époque édouardienne, ils empêchent de courir, chanter, siffler, ou d’ouvrir un parapluie dans la galerie.

Picadilly Arcade

Saville row, la rue des meilleurs tailleurs de Londres a habillé tous les hommes connus depuis le XIXe. Le terme ‘bespoke’, sur mesure, y est né mais aussi, le premier smoking créé pour le prince de Galles en 1860.

– Le quartier abonde également en allées piétonnes charmantes bordées de jolies adresses : Molton Lane, Avery Row, et l‘adorable Lancashire Court ou encore Shepperd market. Fondé en, 1735 par Edward Sheppherd ce village miniature au charme désuet remplaça le site de la foire annuelle devenue incontrôlable et infréquentable. Aujourd’hui, ce petit coin tranquille abonde en petits restaurants, pubs victoriens et boutiques artisanales

Lancashire Mews

– Parallèle à Picadilly, juste au sud et donc techniquement en dehors de Mayfair, l’aristocratique Jermyn Street est le repère de magasins de luxe intrinsèquement britanniques.

Floris, Jermyn Street

Les secrets de Mayfair

Le quartier de Mayfair recèle d’autres trésors que les magasins d’exception. Zone des grands domaines et belles propriétés, on y trouve encore d’agréables jardins, des galeries aménagées dans de belles demeures mais aussi des églises intéressantes.

-Parmi les églises du quartier, la plus belle est certainement Saint Georges. Construite en 1725 par un élève de Wren c’est la paroisse huppée de Londres mais aussi Le lieu des célébrations musicales d’un de ses paroissiens illustres : le grand Haendel. Sur Picadilly, Saint James est l’une des œuvres majeures de Sir Christopher Wren puisque, contrairement à ses sœurs de la cité, l’architecte la construisit ex nihilo. Plus étonnante et récente, l’église ukrainienne toute en brique semble moquée par un amusant groupe sculpté de singes. https://visitesfabienne.org/les-animaux-londoniens/ L’église néogothique de l’Immaculée Conception des Jésuites anglais construite en 1849 se cache dans le discret jardin de Mount Street. Sa profusion la distingue des autres églises londoniennes.

Eglise Jésuite

–  des jardins comme Grosvenor Square. Le nom vient d’une riche famille descendant de Guillaume Gros Veneur, proche au XIe du Conquérant. Son descendant épousa au 17ème Marie Davies, héritière de propriété agricoles. Les descendants possèdent encore une bonne partie du quartier, abondamment bâti depuis.

 On peut manger son sandwich dans d’autres jardins, vestiges des propriétés passées : Bedford, Cavendich, Hannover. On peut également pousser vers Saint James Park et Green Park pour plus de verdure et d’espace.

Galeries, Institutions et Art dans Mayfair

– des Galeries ou musées plus ou moins connus. Au chapitre des mariages incongrus le musée Haendel et Jimi Hendrix s’impose.

Plus loin, l’ Institut Royal est trop peu connu. Il offre pourtant des cours, des ateliers pour toute la famille ainsi que des conférences. https://www.rigb.org/our-history. Et l’Académie Royale des Beaux-arts mérite la visite https://www.royalacademy.org.uk/. Sise dans l’une des dernières demeures XVIIe s du quartier Burlington House, remaniée au XVIIIe, l’académie naquit en 1768 pour former les jeunes artistes et faire connaitre les art.

Royal Academy of Arts

– des œuvres d’art ou Memoria étonnantes et trop peu connues : les singes sur la dalle de Brown hart Gardens sont un must. (en face de l’église ukrainienne sus mentionnée). Le jardin commémoratif des victimes de l’attentat new yorkais du 11 Septembre se trouve dans le square Grosvenor.

Singe, Brown Hart Garden

Rue Audley  ,les Français trouveront la trace du roi dernier Roi de France Charles X. Un peu plus loin devant l’ambassade du Qatar, un réverbère rappelle les échanges auxquels se livraient les espions pendant la guerre froide. Ils utilisaient le petit boitier pour échanger des messages.

Plaque commémorant le séjour de Charles X à Londres avant la Restauration

Enfin, on peut compléter cette promenade en poussant jusqu’au Palais et jardins de Saint James.