Cameron Highlands

Cameron Highlands est devenu ses dernières années un des hauts lieux du tourisme malaisien. C’est dommage car les paysage sont peu à peu saccagés. En revanche, on peut comprendre que la beauté de la zone et la relative fraicheur attirent les visiteurs, locaux ou étrangers.

Cameron Highlands, une région agricole

Située sur les uniques montagnes de Malaisie, Cameron Highland est la seule zone du pays à offrir des températures douces. On comprend que les Anglais s’y soient installés avec délectation. Ils y ont implanté deux cultures dont ils étaient friands : les fraises et le thé. Tout a commencé avec le thé.

 La plantation de Cameron est une merveille. Pour les habitués des plantations indiennes, celle de Cameron est vraiment un régal. Propre, ordonnée, organisée. On peut s’y promener le long de sentiers balisés, prendre des photos en des endroits déterminés. Un petit train accompagne les plus fatigués. On peut y prendre le thé et y manger des scones, y boutiquer.

La grande cafeteria permet de goûter le délicieux thé local Teh Tarik très sucré et lacté mais au goût bien différent du chai indien. Seul bémol si vous n’aimez pas le tourisme de masse vous vous sentirez un peu à l’étroit.

Bien pire, la culture des fraises est une abomination totale dans la région. Pour multiplier les serres et cultiver davantage de ces petites baies rouges, des bulldozers continuent d’éventrer la montagne. Les jolis sommets verts se couvrent de ridicules mers de plastiques destinées à isoler les fragiles cultures des intempéries. Un véritable désastre écologique.

Le tourisme dans les Cameron Highlands

Marcher dans les Cameron Highlands

Si le thé et la culture des fraises attirent un public nombreux et peu soucieux d’environnement, Cameron Highland est aussi un haut lieu du tourisme sac à dos. On y croise nombre de jeunes près à parcourir les montagnes. Il ne s’agit pas de haute montagne mais de jolis chemins permettant de jouir du panorama.

Il convient néanmoins de vérifier la météo et de comprendre qu’elle peut radicalement changer l’aspect des chemins. Par exemple, un sentier peut être considéré comme alternativement facile et difficile. Il faut comprendre que s’il pleut abondamment la veille le gentil chemin peut devenir une patinoire boueuse quasi impraticable.

Comme les touristes se massent le long des routes sur les attractions les plus appréciées, il ne faut pas compter rencontrer qui que ce soit dans la jungle. Car la beauté du lieu repose sur la végétation foisonnante. La forêt primaire, malheureusement de plus en plus mitée, est de toute beauté.

Déguster un thé et des scones

Une fois extirpé des racines et des lianes, quel plaisir d’arriver à Tanah Raa pour y déguster un afternoon tea. Car ne boudons pas notre joie.Si les Anglais ont laissé une belle empreinte c’est bien dans le « tea time ». Or la petite ville abonde en jolis établissements qui se concurrencent pour le meilleur scone. Certains sont drôles comme le Lord’s cafe, juste en face du terminal d’autobus. Il s’agit vraiment d’une petite église et les (petits mais régalants) scones y honorent bien LE Seigneur. L’établissement délicieusement désuet vous permet d’attendre agréablement votre bus. Plus central et tout proche d’un centre commercial riche en restaurants, Bake n cafe offre également de très bons scones. Je reprécise ici que je refuse les liens d’affiliation et que ces adresses sont testées, approuvées avant d’être partagées.

Cameron Highlands offre une jolie excursion de 2 ou 3 jours si vous aimez marcher dans des paysages quasi vierges. Vous pouvez profiter des salons de thé ou vous agréger à une visite de ferme de fraises. Ou rester plus longtemps pour parcourir les sommets. Un bus relie la région à Ipoh en 2h30. Il faut compter un peu plus de 4h pour Kuala Lumpur ou Georgetown. Les bus sont très confortables, bon marché et relativement ponctuels et surtout faciles à prendre. Il ne sert à rien d’arriver plus de 15mn avant leur départ. Ils s’arrêtent peu, juste le temps d’une escale technique. Il est interdit d’y manger ou d’y faire du bruit.

Georgetown

Je vous propose de commencer l’année par un petit voyage à Georgetown. La deuxième ville du pays occupe le nord-est de l’ile de Penang au nord-ouest de la Malaisie. C’est une ville coloniale magnifique classée au patrimoine de l’Unesco. Comble de chance elle est reliée directement à Chennai. Le vol, bien que nocturne ne dure que 4h et coute très peu cher, alors ne boudons pas notre plaisir !

Les divers visages de Georgetown

Georgetown se constitue de différentes parties. Les quartiers continentaux sont en fait des villages agglomérés à l’extension de la ville. C’est de ce côté du détroit que se trouve notamment Butterworth.  Cette ville constituée d’immeubles élevés concentre également une partie des installations portuaires et industrielles.

une jetée de Georgetown

 Elle correspond surtout au nœud de communication avec le reste du pays. Une grande plateforme multimodale regroupe les gares ferroviaire et routière et le terminal de ferry. Celui-ci permet de relier l’ile de Penang.  Car la région de Penang comprend une partie continentale et une grosse île.

L’île de Penang

La ville ancienne se situe au nord-est d’une île montagneuse. Ce devait être un coin de paradis jusqu’au début du XXème siècle. Les spectaculaires paysages de montagne dominent la côte maritime à l’ouest. Des petits villages de pêcheurs peinent à subsister, peu à peu avalés par la croissance urbaine.

croissance urbaine

Des immeubles de plus en plus haut poussent en continu entre l’aéroport au sud de l’ile, et le centre-ville. Les villages traditionnels et les cantines typiques disparaissent peu à peu, en tous cas sur la côte orientale qui fait face à la terre. Deux grands ponts relient à la terre ferme au sud et au milieu de l’île. Le Nord en revanche ne dispose que du ferry.

belles facades de Georgetown

En revanche, la montagne reste relativement épargnée. Elle est même assez protégée en matière de constructions mais très fréquentée par les touristes. Penang représente en effet après Kuala Lumpur le lieu touristique par excellence de la Malaisie, suivi de près par Langkawi pour les plages.

Le temple Kek Lok Si

Temple Kek Lok si

Au titre des hauts lieux touristiques, Kek Lok Si ou « temple de la joie Suprême » s’affirme comme le plus grand temple bouddhiste du pays. Situé au centre de l’île, il est facile de s’y rendre depuis Georgetown. Un bus permet d’y accéder. Au pire, les Grab ne sont pas cher. Construits entre 1890 et 1930, il ne cesse de s’agrandir. Son immense pagode ainsi que la statue de Guanyin de 37m de haut attirent en effet de nombreux visiteurs. Il faut compter une demi-journée, le temps de déambuler dans les halls de prière, d’escalader la très belle montagne pour jouir de la vue sur la région.  Le village de Ayer Itam au sommet duquel il se situe se transforme peu à peu en une banlieue de Georgetown. Néanmoins le petit centre ne manque pas de charme. Il abonde en marchés et petits restaurants.

pagode temple kek Lok Si

De là on peut continuer la journée dans la très belle montagne ou se diriger vers l’ouest de l’Ile. Le parc national de Penang donne une vision plus sauvage et s’ouvre sur de très belles plages comme Pantai Pasir.

Georgetown

La ville ancienne séduit par son homogénéité.  On y admire notamment l’architecture coloniale et les jetées à l’atmosphère chinoise.

jetée

Les jetées.

Construite autour du port, la ville s’ouvre en sa partie nord et est sur la mer. S’y succèdent les jetées. Il s’agit de pontons de bois construits par des clans de Chine du sud. Tenus par des liens familiaux, professionnels ou simplement un nom de famille, ces Chinois arrivaient en Malaisie pour y travailler l’aluminium. Il s’agissait majoritairement de Hokkien.

Yeoh jetty

  Ils se construisaient de petits abris de bois le long d’une jetée. Aujourd’hui Tan Jetty, la plus proche du ferry s’est disneylandisée. En revanche les jetées suivantes, surtout les plus excentrées, conservent un caractère beaucoup plus typique.

batiment associatif

La vieille ville

batiment colonial Georgetown

Au sortir du ferry s’annonce la ville ancienne avec ses bâtiments coloniaux mais aussi ses quartiers ethniques. Ainsi quelques rues constituent Little India. Les magasins, les odeurs et l’ambiance un peu échevelée autour du temple Sri Mahamariamman rappellent vraiment le tamil Nadu. La communauté est si implantée en Malaisie que le tamoul est d’ailleurs enseigné dans certaines écoles et considéré comme langue « minoritaire » nationale. En réalité, les Tamouls ne représentent que 6,7% de la population. Mais ils occupent des emplois dans le commerce, les textiles et sont de ce fait assez visibles.

Temple indien georgetown

On passe sans encombre du chaos, ici très maitrisé, à l’indienne au quartier chinois. La quantité de temples liés aux clans y est réjouissante. On peut apprécier la beauté de l’architecture. Les enfilades de maisons soignées et joliment décorées ravissent l’œil. Les petits magasins et charmants restaurants vous plongent dans un monde extrême oriental. Les restaurations soignées font de la ville un paradis touristique.

Le quartier colonial

Les bâtiments administratifs blancs à colonnade autour de Beach street et Lebuh Light nous rappellent la présence anglaise autour du Fort Cornwallis. Si celui-ci ne présente pas d’intérêt majeur, on peut passer une magnifique journée à se promener dans cette ville coloniale.

Fort Cornwallis

 De l’hôtel de ville sur Esplanade Seawall faisant face au continent on rejoint rapidement la maison bleue, un superbe exemple d’architecture locale. On peut y loger, y manger ou la visiter. Le tout sur réservation. Elle sert aussi de cadre à des tournages de films.

la maison bleue georgetown

On peut également longer le bord de mer mais la vue sur le port de Butterworth n’est pas fondamentale au contraire des belles maisons plus à l’intérieur de la ville. Il est bien réjouissant de se promener dans cette très belle ville, et d’en goûter les différentes atmosphères. On peut ou pas regretter la disneysation mais apprécier l’effort de nettoyage et d’entretien de lGeorgetown.

maison bleue cour

A ce titre, le travail du Lithuanien Ernest Zacharevic s’inscrit dans la volonté de redonner vie aux murs parfois décrépis de la vieille ville. Il fait aujourd hui des émules. Georgetown en vient à concurrencer Bristol et son fils prodigue Banksy. Un itinéraire Street Art de magnifique qualité est d’ailleurs en train de se développer à travers la ville.