Je vous propose de commencer l’année par un petit voyage à Georgetown. La deuxième ville du pays occupe le nord-est de l’ile de Penang au nord-ouest de la Malaisie. C’est une ville coloniale magnifique classée au patrimoine de l’Unesco. Comble de chance elle est reliée directement à Chennai. Le vol, bien que nocturne ne dure que 4h et coute très peu cher, alors ne boudons pas notre plaisir !
Les divers visages de Georgetown
Georgetown se constitue de différentes parties. Les quartiers continentaux sont en fait des villages agglomérés à l’extension de la ville. C’est de ce côté du détroit que se trouve notamment Butterworth. Cette ville constituée d’immeubles élevés concentre également une partie des installations portuaires et industrielles.

Elle correspond surtout au nœud de communication avec le reste du pays. Une grande plateforme multimodale regroupe les gares ferroviaire et routière et le terminal de ferry. Celui-ci permet de relier l’ile de Penang. Car la région de Penang comprend une partie continentale et une grosse île.
L’île de Penang
La ville ancienne se situe au nord-est d’une île montagneuse. Ce devait être un coin de paradis jusqu’au début du XXème siècle. Les spectaculaires paysages de montagne dominent la côte maritime à l’ouest. Des petits villages de pêcheurs peinent à subsister, peu à peu avalés par la croissance urbaine.

Des immeubles de plus en plus haut poussent en continu entre l’aéroport au sud de l’ile, et le centre-ville. Les villages traditionnels et les cantines typiques disparaissent peu à peu, en tous cas sur la côte orientale qui fait face à la terre. Deux grands ponts relient à la terre ferme au sud et au milieu de l’île. Le Nord en revanche ne dispose que du ferry.

En revanche, la montagne reste relativement épargnée. Elle est même assez protégée en matière de constructions mais très fréquentée par les touristes. Penang représente en effet après Kuala Lumpur le lieu touristique par excellence de la Malaisie, suivi de près par Langkawi pour les plages.
Le temple Kek Lok Si

Au titre des hauts lieux touristiques, Kek Lok Si ou « temple de la joie Suprême » s’affirme comme le plus grand temple bouddhiste du pays. Situé au centre de l’île, il est facile de s’y rendre depuis Georgetown. Un bus permet d’y accéder. Au pire, les Grab ne sont pas cher. Construits entre 1890 et 1930, il ne cesse de s’agrandir. Son immense pagode ainsi que la statue de Guanyin de 37m de haut attirent en effet de nombreux visiteurs. Il faut compter une demi-journée, le temps de déambuler dans les halls de prière, d’escalader la très belle montagne pour jouir de la vue sur la région. Le village de Ayer Itam au sommet duquel il se situe se transforme peu à peu en une banlieue de Georgetown. Néanmoins le petit centre ne manque pas de charme. Il abonde en marchés et petits restaurants.

De là on peut continuer la journée dans la très belle montagne ou se diriger vers l’ouest de l’Ile. Le parc national de Penang donne une vision plus sauvage et s’ouvre sur de très belles plages comme Pantai Pasir.
Georgetown
La ville ancienne séduit par son homogénéité. On y admire notamment l’architecture coloniale et les jetées à l’atmosphère chinoise.

Les jetées.
Construite autour du port, la ville s’ouvre en sa partie nord et est sur la mer. S’y succèdent les jetées. Il s’agit de pontons de bois construits par des clans de Chine du sud. Tenus par des liens familiaux, professionnels ou simplement un nom de famille, ces Chinois arrivaient en Malaisie pour y travailler l’aluminium. Il s’agissait majoritairement de Hokkien.

Ils se construisaient de petits abris de bois le long d’une jetée. Aujourd’hui Tan Jetty, la plus proche du ferry s’est disneylandisée. En revanche les jetées suivantes, surtout les plus excentrées, conservent un caractère beaucoup plus typique.

La vieille ville

Au sortir du ferry s’annonce la ville ancienne avec ses bâtiments coloniaux mais aussi ses quartiers ethniques. Ainsi quelques rues constituent Little India. Les magasins, les odeurs et l’ambiance un peu échevelée autour du temple Sri Mahamariamman rappellent vraiment le tamil Nadu. La communauté est si implantée en Malaisie que le tamoul est d’ailleurs enseigné dans certaines écoles et considéré comme langue « minoritaire » nationale. En réalité, les Tamouls ne représentent que 6,7% de la population. Mais ils occupent des emplois dans le commerce, les textiles et sont de ce fait assez visibles.

On passe sans encombre du chaos, ici très maitrisé, à l’indienne au quartier chinois. La quantité de temples liés aux clans y est réjouissante. On peut apprécier la beauté de l’architecture. Les enfilades de maisons soignées et joliment décorées ravissent l’œil. Les petits magasins et charmants restaurants vous plongent dans un monde extrême oriental. Les restaurations soignées font de la ville un paradis touristique.
Le quartier colonial
Les bâtiments administratifs blancs à colonnade autour de Beach street et Lebuh Light nous rappellent la présence anglaise autour du Fort Cornwallis. Si celui-ci ne présente pas d’intérêt majeur, on peut passer une magnifique journée à se promener dans cette ville coloniale.

De l’hôtel de ville sur Esplanade Seawall faisant face au continent on rejoint rapidement la maison bleue, un superbe exemple d’architecture locale. On peut y loger, y manger ou la visiter. Le tout sur réservation. Elle sert aussi de cadre à des tournages de films.

On peut également longer le bord de mer mais la vue sur le port de Butterworth n’est pas fondamentale au contraire des belles maisons plus à l’intérieur de la ville. Il est bien réjouissant de se promener dans cette très belle ville, et d’en goûter les différentes atmosphères. On peut ou pas regretter la disneysation mais apprécier l’effort de nettoyage et d’entretien de lGeorgetown.

A ce titre, le travail du Lithuanien Ernest Zacharevic s’inscrit dans la volonté de redonner vie aux murs parfois décrépis de la vieille ville. Il fait aujourd hui des émules. Georgetown en vient à concurrencer Bristol et son fils prodigue Banksy. Un itinéraire Street Art de magnifique qualité est d’ailleurs en train de se développer à travers la ville.
Magnfique reportage !
Merci Fabienne 🙂
Merci à toi pour tes lectures et très bonne année. En espérant vous voir bientôt !