Cameron Highlands

Cameron Highlands est devenu ses dernières années un des hauts lieux du tourisme malaisien. C’est dommage car les paysage sont peu à peu saccagés. En revanche, on peut comprendre que la beauté de la zone et la relative fraicheur attirent les visiteurs, locaux ou étrangers.

Cameron Highlands, une région agricole

Située sur les uniques montagnes de Malaisie, Cameron Highland est la seule zone du pays à offrir des températures douces. On comprend que les Anglais s’y soient installés avec délectation. Ils y ont implanté deux cultures dont ils étaient friands : les fraises et le thé. Tout a commencé avec le thé.

 La plantation de Cameron est une merveille. Pour les habitués des plantations indiennes, celle de Cameron est vraiment un régal. Propre, ordonnée, organisée. On peut s’y promener le long de sentiers balisés, prendre des photos en des endroits déterminés. Un petit train accompagne les plus fatigués. On peut y prendre le thé et y manger des scones, y boutiquer.

La grande cafeteria permet de goûter le délicieux thé local Teh Tarik très sucré et lacté mais au goût bien différent du chai indien. Seul bémol si vous n’aimez pas le tourisme de masse vous vous sentirez un peu à l’étroit.

Bien pire, la culture des fraises est une abomination totale dans la région. Pour multiplier les serres et cultiver davantage de ces petites baies rouges, des bulldozers continuent d’éventrer la montagne. Les jolis sommets verts se couvrent de ridicules mers de plastiques destinées à isoler les fragiles cultures des intempéries. Un véritable désastre écologique.

Le tourisme dans les Cameron Highlands

Marcher dans les Cameron Highlands

Si le thé et la culture des fraises attirent un public nombreux et peu soucieux d’environnement, Cameron Highland est aussi un haut lieu du tourisme sac à dos. On y croise nombre de jeunes près à parcourir les montagnes. Il ne s’agit pas de haute montagne mais de jolis chemins permettant de jouir du panorama.

Il convient néanmoins de vérifier la météo et de comprendre qu’elle peut radicalement changer l’aspect des chemins. Par exemple, un sentier peut être considéré comme alternativement facile et difficile. Il faut comprendre que s’il pleut abondamment la veille le gentil chemin peut devenir une patinoire boueuse quasi impraticable.

Comme les touristes se massent le long des routes sur les attractions les plus appréciées, il ne faut pas compter rencontrer qui que ce soit dans la jungle. Car la beauté du lieu repose sur la végétation foisonnante. La forêt primaire, malheureusement de plus en plus mitée, est de toute beauté.

Déguster un thé et des scones

Une fois extirpé des racines et des lianes, quel plaisir d’arriver à Tanah Raa pour y déguster un afternoon tea. Car ne boudons pas notre joie.Si les Anglais ont laissé une belle empreinte c’est bien dans le « tea time ». Or la petite ville abonde en jolis établissements qui se concurrencent pour le meilleur scone. Certains sont drôles comme le Lord’s cafe, juste en face du terminal d’autobus. Il s’agit vraiment d’une petite église et les (petits mais régalants) scones y honorent bien LE Seigneur. L’établissement délicieusement désuet vous permet d’attendre agréablement votre bus. Plus central et tout proche d’un centre commercial riche en restaurants, Bake n cafe offre également de très bons scones. Je reprécise ici que je refuse les liens d’affiliation et que ces adresses sont testées, approuvées avant d’être partagées.

Cameron Highlands offre une jolie excursion de 2 ou 3 jours si vous aimez marcher dans des paysages quasi vierges. Vous pouvez profiter des salons de thé ou vous agréger à une visite de ferme de fraises. Ou rester plus longtemps pour parcourir les sommets. Un bus relie la région à Ipoh en 2h30. Il faut compter un peu plus de 4h pour Kuala Lumpur ou Georgetown. Les bus sont très confortables, bon marché et relativement ponctuels et surtout faciles à prendre. Il ne sert à rien d’arriver plus de 15mn avant leur départ. Ils s’arrêtent peu, juste le temps d’une escale technique. Il est interdit d’y manger ou d’y faire du bruit.

Autour de l’Inde

Autour de l’Inde, il y a beaucoup à voir et découvrir. Si vous n’en pouvez plus de la saleté, du bruit et que vous désirez changer d’air Chennai est bien relié à l’intérieur mais aussi à l’international. Sans aller jusqu’à Londres ou Francfort, il y a de quoi s’amuser et se dépayser à l’est et à l’Ouest autour de l’Inde.

Le trajet pour Colombo dure à peine 1h alors que 3h30 suffisent pour rejoindre Bangkok ou 4h la Malaisie. Il faut beaucoup plus de temps en revanche pour se rendre au Népal ou en Birmanie depuis Chennai, faute de vol direct. Oublions le Pakistan ou la Chine quasi inaccessibles. En revanche, Dubai ou Abu Dhabi ne sont qu’à 4h30 de vol et permettent de relier une grande partie du monde. Alors c’est décidé ce week-end, on voyage autour de l’Inde !

La péninsule malaisienne si proche

En changeant de pays pour la péninsule malaisienne, on se sent à la fois dépaysé et en territoire connu. Connu car Singapour comme la Malaisie reconnaissent le tamoul comme langue officielle au même titre que l’anglais ou le malais.

Batu Cave Malaisie, le Ramayana

Connu parce que l’hindouisme y est présent mais aussi les légendes et mythes fondateurs, fondés sur le Mahabarata. Si la Thaïlande ne reconnait comme langue officielle que le thaï, l’écriture s’appuie, elle, sur l’héritage pali. Elle utilise une logique similaire à celle de l’alphabet tamoul, a priori car je ne parle rien de tout cela. Le fait de le savoir ne rend ni bilingue ni alphabétisé. En revanche ces influences culturelles donnent un fond commun qui justifie pleinement toute excursion depuis l’Inde.

Ces 3 pays sont à la fois proches géographiquement et très différents matériellement. Tout y semble propre, moderne, organisé et facile. A Singapour on se sent projeté directement au 22ème siècle. Le choc est accentué par les prix et le niveau de vie. La Malaisie propose une alternative intermédiaire. La vie y reste bon marché, mais les infrastructures n’ont rien à envier au monde occidental. On peut loger dans des hôtels de luxe et se régaler dans de ravissants endroits pour 3 fois rien. Les locaux se montrent adorables. Les paysages sont magnifiques et pas encore trop abimés par le tourisme sauf dans certains endroits comme les Cameron Highlands.

La Thailande quoique innondée par le tourisme (et quel tourisme) reste une des meilleures destinations. Le pays est d’une beauté à couper le souffle. L’hospitalité y est d’un professionalisme haut de gamme. Les prix demeurent plus que corrects. Et il y en a pour tous les goûts, entre les plages magnifiques mais surexploitées, les villes superbes, le patrimoine historique et artistique unique. Car la Thailande reste le seul pays d’Asie à n’avoir jamais été envahi.

De Chennai, des vols permettent également de se rendre à Bali, Dakkha voire Hong Kong en 5h30, un peu long pour un simple week-end.

A l’Ouest, du nouveau

Pour un vrai bain de modernité, voire de luxe, nombre d’Indiens et d’expatriés partent du côté des Emirats. En moins de 5h de vol direct les voila propulsés à Dubai, Sharjah, Bahrain ou Doha. A vrai dire, ces vols servent surtout aux NRI. Ces Indiens travaillent en effet à l’étranger où ils payent leurs impots et jouissent d’un statut spécifique. La nationalité indienne n’étant pas cumulable, l’Etat a inventé toute une série de statuts pour les Indiens, nés vivant, étudiants ou résidant à l’étranger. Ces flux expliquent également la cadence des vols pour l’Arabie Saoudite. Pas sûre néanmoins que la destination attire véritablement les touristes pour le moment.

En revanche, Chennai jouit de liaisons directes avec Oman et l’ile Maurice. De quoi changer d’air sinon de température. Si les Emirats offrent des expériences urbaines et désertiques incroyables, Oman jouit de paysages fantastiques. Il y en a donc pour tous les goûts. Les amoureux d’art pourront se pâmer au Louvre d’Abu Dhabi ou au MIA de Doha. Les adeptes de sport pourront profiter de la politique qatarie et aller applaudir leurs idoles à l’open de tennis ou aux courses automobiles. Les amoureux de désert eux se régaleront dans les dunes de Dubai et du Qatar. Ceux qui préfèrent découvrir des paysages sublimes ou nager avec les tortues seront ravis dans la péninsule de Musandam ou le reste d’Oman.

« Les Indes »

Nos grand parents évoquaient avec un brin de nostalgie « les Indes ». Cet article vous propose un regard rapide sur la diversité indienne. Surtout, il vise à proposer quelques échappées à moins de 3h d’avion de Chennai. De quoi passer un joli week-end ou de petites vacances.

A 1 heure de Chennai, le nord du plateau du Deccan

Autour du Tamil Nadu, il y a d’abord, tout le plateau du Deccan avec des villes fascinantes. Ainsi, Hyderabad ou Mysore à 1 heure de vol nous projettent dans un cadre bien distinct. Car les Moghols ont conquis et gouverné cette zone. Ils y ont laissé des témoignages visibles, dans l’art mais aussi la culture populaire et la façon de vivre. L’architecture et la population y diffèrent totalement de celles du grand sud, en l’occurrence du Tamil Nadu ou du Kerala. A Hyderabad, les vestiges mogholes nous transportent dans le monde fantasmé des 1001 nuits. La nature diffère également avec des forêts denses que l’on découvre dès le Nord du Tamil Nadu.

Tombe Paigah à Hyderabad

L’Inde du Nord

Taj Mahal

On peut aussi pousser plus loin vers le Nord du pays et se donner l’impression de changer complètement de monde. Les langues, les peuples y diffèrent. L’histoire même du Nord n’a rien à voir avec celle du sud. Elle est marquée par de nombreuses invasions. Aryens, Moghols notamment qui ont épargné une grande partie de l’Inde dravidienne du Sud. La colonisation britannique y a souvent laissé une trace plus profonde. Souvent plus marqué par l’occident, le Nord correspond davantage à l’image d’Epinal que l’Occident se fait du pays. Une Inde multicolore, surpeuplée, miséreuse. Mais là encore il conviendrait de parler d’Indes plurielles.

temple de rue Varanasi

Cette Inde axée autour des grands fleuves ne ressemble que de loin à l’Inde du sud. Celle-ci est à la fois plus technologique et plus conservatrice. Ainsi c’est à Bengalore et Hyderabad que se concentrent la haute technologie et la créativité informatique du pays. En revanche, à Chennai, on trouve les industries innovantes. C’est aussi à Chennai que les familles restent le plus viscéralement attachées à leurs traditions. Et notamment à leur gastronomie basée sur le riz. On pourrait ainsi opposer une Inde du riz au sud à une Inde du blé au nord.

Ouest, Est, une autre Inde

Troisième option, les territoires autonomes comme Andaman, Chandigarh ou Pondichéry ou carrément les pays proches. L’Inde contemporaine se compose en effet de 28 Etats et 8 territoires. Je n’ai pas eu l’occasion de tout visiter. En revanche, je me suis ingéniée à systématiquement écrire sur les différents lieux où je me suis rendue.

On oppose généralement le Sud (du Dekkan) et le reste du pays. Certains voyagistes rangent même Mumbai dans le sud. Si cela ne parait pas aberrant sur une carte, c’est singulièrement méconnaitre l’histoire et la culture du pays. La scission s’effectue ici entre Inde dravidienne et le reste du pays de culture majoritairement hindi. Pourtant ce grand nord n’est pas non plus homogène. Entre le delta surpeuplé du Gange ou le Punjab, s’étend un continent de différences. Entre l’est et l’ouest mais surtout entre les côtes et les montagnes, le terme pluriel ancien des « Indes » se justifie pleinement.

Chandigarh, Capitole

Les états de montagne

A ne penser qu’à Varanasi, ou au Rajasthan, les voyageurs en Inde oublient souvent l’importance de la montagne. L’Etat fédéral qualifie pourtant de montagneux 13 des 28 Etats fédéraux. Outre les Himalayas, puisque l’Inde appréhende la chaine dans sa pluralité, on compte 6 autres chaines sur le sous continent. Les Western, Eastern Ghâts, et les massifs des Vinhya et Saptura au Nord séparent clairement le plateau du Dekkan et individualisent le sud de l’Inde. Les Aravalli surplombent la ville de Jaipur et s’étendent jusqu’ au Gujarat, et Le Karakoram au Kashmir isole le pays de ses voisins.

la montagne autour de Shimla

Dès lors, on ne s’étonne pas du nombre d’états dits de montagne. Et je ne parle pas des 7 soeurs, et de leur frère, le Sikkim, ces états de l’extrême est séparés de l’Inde « de l’intérieur » par le Bengladesh. Leur population, aux traits asiatiques, n’a rien à voir avec celle des Etats dits centraux. Leurs traditions, leur culture les rapproche du Bhoutan et de la Birmanie.

Comme on le voit sans avoir à se préoccuper de visas ou autre paperasserie administrative on peut rester en Inde et changer de monde du tout au tout.

Sarnath

  Sarnath se situe sur la route de l’aéroport à Varanasi, Même si le site a passablement été reconstruit il est fondamental dans l’histoire du bouddhisme.

Sarnath site archéologique

Importance historique du site (pourquoi s’arrêter à Sarnath)

Soyons honnête si vous ne connaissez rien au bouddhisme et que vous n’avez rien envie de connaitre, vous pouvez passer votre chemin. Les vestiges ont passablement été reconstruits et il faut pas mal d’imagination pour reconstituer le site. A défaut, un excellent guide extrêmement pointu sur le bouddhisme pourra vous éclairer. En l’occurrence vous devez maintenant avoir compris ma défiance à l’égard des guides locaux. Leur recrutement tient davantage à leurs performances linguistiques qu’historiques.

En revanche si vous vous intéressez vraiment au bouddhisme, ou que vous voulez en apprendre un peu, l’arrêt s’impose.

pagode

Car Sarnath est le lieu du premier discours du Bouddha. Je ne vous ferai pas l’injure de revenir sur la vie et l’œuvre de Siddhartha Gautama au Ve s iècle avant notre ère.

Sarnath est donc un peu au Bouddhisme ce que Jérusalem est aux chrétiens. Plus encore, le lieu fait partie des 4 grandes étapes obligatoires pour tout pèlerin. Né à Lumbini, le Bouddha parvint à l’éveil à Bodhgaya avant donc de faire son premier grand sermon à Sarnath. Il voyagea ainsi entre l’actuel Népal, le Bihar et l’Uttar Pradesh, dans une zone géographique relativement limitée. A Sarnath mais aussi Kushinagar où il délivra son dernier sermon avant d’atteindre l’’etat de Mahaparinirvana. C’est ici  qu’il forma ses Sangha (disciples) et les envoya au travers du monde.

Si le bouddhisme est aujourd’hui minoritaire en Inde, il y est pourtant né. Il s’est certes davantage diffusé vers le sud-est (Sri Lanka) et l’extrême Orient (Chine Japon). Mais il est revenu dans le nord de l’Inde vers le XIème siècle via les moines tibétains.

Sarnath est aussi l’endroit se trouve un des piliers d Ashoka avec 4 lions dans chaque direction. Car le grand empereur Maurya ressuscita ce site clé du bouddhisme au IIIème s. Il s’agit donc d’un double lieu essentiel au bouddhisme.

Que visiter/ comment

La petite ville de Sarnath contient plusieurs sites. Outre une quantité impressionnante de temples bouddhistes de toutes nations, les deux monuments essentiels correspondent au musée et à l’enclos archéologique.

stupa

Ce dernier a été très restauré et les monuments de briques ne sont pas toujours complètement lisibles. Seule la Dhamek Stupa érigée par Ashoka conserve quelques reliefs joliment sculptés. Reconstruite en grande partie elle marque le lieu du premier sermon du Bouddha, dit roue de la loi. Elle se situe dans le Parc aux cerfs. La légende raconte que le roi local, désireux de chasser y renonça après l’intercession d’un faon. Il transforma le lieu en monastère. C’est dans ce lieu que Bouddha vint parler de la voie du milieu entre excès et ascétisme, et commença ses enseignements. Il y exposa les quatre nobles vérités et les 8 chemins de la vérité pour atteindre le nirvana

De nombreuses petites stupas et vestiges de monastères attestent de l’activité passée du lieu, ressuscité donc sous Ashoka puis tombé dans l’oubli jusqu’à la découverte de Alexander Cunningham. Celui-ci s’appuyait alors sur les écrits de voyageurs chinois. Parmi lesquels, le moine Xuan Zang, parti à la recherche au VIIeme siècle des origines du Bouddhisme. En effet, la religion avait alors presque disparu d’Inde. L’archéologue anglais mit également à jour la base du dharma, la roue voulue par Ashoka le grand roi Maurya.

Le site remonte donc à trois étapes distinctes. A savoir, la présence de Bouddha attestée historiquement vers le Ve avt notre ère. Puis la reconstruction par Ashoka au IIIe, et enfin la redécouverte en 1837 par le britannique Cunningham.

bijoux dans le musée archéologique

Le très beau musée archéologique sur l’esplanade centrale de Sarnath regroupe l’ensemble des œuvres sculptées ainsi que des fouilles plus pointues. Il met joliment en scène le pilier d’Ashoka, une merveille de finesse, et emblème par excellence de l’unité indienne. On y voit également de belles sculptures bouddhistes, des peintures de l’école de Sarnath mais aussi l’impressionnante roue de marbre. Le tout très didactique permet de mieux comprendre le lieu. Les collections datant des IIIè au XIIe siècles de notre ère s’organisent en 5 galeries autour de la salle centrale des chefs d’œuvre, telles des cellules monastiques autour d’un sanctuaire.

pilier d'ashoka

Le site, toujours sur la liste tentative UNESCO est néanmoins protégé au niveau national. Malheureusement, le manque d’infrastructure touristique limite Sarnath pourtant fondamentale à l’histoire du bouddhisme à une escapade hors de Varanasi, C’est pourquoi la ville lutte pour se faire connaitre comme patrimoine de l’humanité.

Coonoor

Cette semaine je vous emmène à Coonoor. La semaine passée je vous avais présenté Ooty. Plus précisément je vous ai confié combien j’avais été déçue. Aujourd’hui, je continue mon exploration des Nilgiris.

Coonoor vue générale

Cette région montagneuse, connue aussi comme « ghât de l’ouest » flanque le Tamil Nadu dans sa partie occidentale. Elle sépare cet état du sud de l’Inde du Kerala et du Karnataka. Depuis Chennai, on y accède via Coimbatore depuis. Coimbatore est la 2e ville de l’état et compte 3 millions d’habitants. C’est une énorme ville industrielle sans beaucoup de charme. Seul monument connu l’immense Adiyogi (buste géant de Shiva père du Yoga).

De là, il faut compter pratiquement 3 heures de route pour parcourir 65 km jusqu’à Coonoor. Un week end de vacances ( mai par exemple) le même trajet peut prendre 6h.

fermières dans la région de Coonoor

Coonoor une station relativement préservée.

Cette station de montagne développée récemment avec la vogue du tourisme de masse échappe néanmoins quelque peu à la frénésie qui s’est emparée de Ooty. Plus select plus exclusive, elle conserve beaucoup de charme. Surtout elle offre aux randonneurs de quoi se régaler.

plantations de thé Coonoor

 L’héritage colonial est moindre à Coonoor. C’était un simple village quand Ooty s’affirmait comme la capitale d’été de la présidence de Madras. Ce qui n’empêche pas la présence de jolis bâtiments coloniaux. Au premier plan desquels la gare ferroviaire et la gare routière. Une belle église et un très beau jardin botanique complètent l’ensemble. De jolis maisons britanniques s’égrènent le long des pentes de cette ville double.

intérieur église Coonoor

Non loin de Coonoor, Wellington s’enorgueillit de très beaux bâtiments, d’un club ultra chic, d’un golf et d’une énorme base militaire.

vue de Coonoor

La ville de Coonoor se divise, comme souvent pour les stations de montagne indiennes, en une ville basse et une ville haute. La première se concentre autour des gares et du pittoresque marché. On y croise de nombreux temples très repeints et des mosquées.

marché Coonoor

Sur la colline en revanche, des églises le disputent aux belles maisons. Et aux établissements administratifs anglais. Parmi ceux-ci le très bel institut Pasteur d’Inde installé en montagne pour bénéficier d’un air plus frais.

Institut Pasteur d'inde

De très beaux hôtels à l’extérieur de la ville permettent de transformer le séjour en une étape haut de gamme. Peu d’hôtels dans le centre mais de jolis cafés rendent l’exploration agréable.

Des possibilités de promenades

A Coonoor nous avons pu suivre une balade Komoot absolument magnifique. Celle-ci passait dans les plantations de thé avant de partir à l’assaut d’un escalier apparemment sans fin. Mais merveille des merveilles au débouché de cette ascension, outre la vue sur les plantations, nous voici dans la campagne profonde loin des hordes de visiteurs. Ici le long d’un chemin charmant, des scènes pittoresques le disputent aux hameaux magnifiques. Les villageois ne sont visiblement pas habitués à voir des caucasiens et nous accueillent avec des sourires éclatants, ce malgré un travail visiblement harassant.

ramasseuses de thé

Une autre boucle nous emmène à Wellington vers la Vallée cachée. Celle-ci n’existe pas vraiment. Ce qui me permet de préciser qu’il ne faut pas suivre les indications générales données par internet. Celles-ci comme d’habitude tournent en boucle. Alimentées par des visiteurs locaux elles ne conviennent pas forcément à des marcheurs occidentaux. C’est ainsi que nous avons décidé d’abandonner les foules regroupées à Dolphin Nose, Catherine Waterfalls ou Lamb’s rock pour créer nos promenades.

village vallée de Coonoor

 Ceci nous a fait nous rendre compte qu’il n’y pas vraiment de vallée cachée mais une forêt de laquelle on débouche pour traverser les plantations. Si vous n’osez pas traverser les champs privés ou que votre amour relatif des sangsues vous en empêche, vous pouvez emprunter la route et rejoindre Cherrieberry.

Cet énorme hangar regroupe magasin et fabrique de thé, de chocolat, petit marché de produit locaux et restaurants ultra frais et organique. De là, un chemin ramène en moins d’une demi-heure au centre de la ville haute de Coonoor.

thé Coonoor

Une fois dans le centre, vous pourrez emprunter le petit train qui vous mènera à Ooty ou au contraire vous redescendra vers la vallée. Je vous raconterai dans un prochain article l’expérience toy train.

Odisha

Depuis un moment, j’entendais parler de l’Odisha. Cet état de l’est de l’Inde est coincé dans sa partie orientale et côtière entre l’Andhra Pradesh et le Bengale occidental. A l’ouest, se pressent les zone parmi les plus pauvres du pays comme le Chhattisgarh et le Jharkhand. Les rares voyageurs à s’être aventurés en cette région pauvre me parlaient avec des tremolos dans la voix des rencontres tribales et de la beauté des paysages.

L’Odisha, un secret bien gardé ?

Bhubaneshwar la capitale de l’Odisha a beau se trouver à plus de 20h de route de Chennai, la liaison aérienne est directe et facile. En un peu moins de 2 h plusieurs compagnies relient les deux capitales. Mais que voir dans cet état peu connu depuis l’Europe ?

Comme souvent, je suis allée fureter chez les voyagistes, surtout chez ceux chez lesquels j’ai eu travaillé. Je me suis alors rendu compte que les plus aventuriers d’entre eux n’y passaient qu’un ou 2 jours. Ils y prévoient en général une halte lors de grandes virées de Delhi à Varanasi ou Calcutta.

Bhubaneshwar ne constitue pour eux qu’une étape, à laquelle s’ajoutent le site Unesco de Konark et Puri lieu de pèlerinage hindou majeur. Ces trois villes constituent le triangle d’or dont l’un des fleurons (le temple de Vishnou de Puri) n’est malheureusement pas accessible aux étrangers.

Pour vous donner envie de visiter l’antique royaume Kalinga si injustement méconnu je vous propose une nouvelle mini-série (vous avez remarqué je vais bientôt concurrencer Netflix…) sur l’Odisha, et sa capitale. Commençons aujourd’hui par ce qui fait l’originalité et la beauté de l’Odisha.

Je reviendrai dans les 2 prochaines semaines sur la capitale. Mais je voudrais aujourd’hui parler de quelques sites pour vous donner envie de pousser vos découvertes le long de la côte du Bengale. Car comme le dit l’office du tourisme local, l’Odisha est le secret le mieux gardé d’Inde et c’est dommage de ne pas essayer d’y goûter.

L’Odisha mise sur son originalité culturelle.

L’Odisha est l’une des rares régions indiennes dont le découpage corresponde entièrement à une homogénéité linguistique. Ses habitants parlent l’oria et sont fiers de leur culture particulière avec une écriture toute ronde.

La langue joue un rôle primordial dans un état qui a été sous domination moghole puis britannique. De plus, la zone est restée toujours proche du Bengale. Elle doit maintenant affronter la montée en puissance de l’hindi. Celui-ci menace aujourd’hui l’oria local, chez beaucoup de jeunes. L’état en est suffisamment conscient pour investir massivement dans la préservation culturelle. En revanche, contrairement au Tamil Nadu, l’anglais est peu pratiqué.

La nourriture offre une spécificité bien asiatique et malheureusement trop peu présente dans le reste de l’inde. Elle insiste sur les spécialités de rues. Là où le Tamil Nadu ne propose que de petits kiosques à filtre coffee et vada, l’Odisha offre une multitude de petits étals remplis de beignets, fruits, préparations multiples. Dans la capitale, Bhubaneshwar, on trouve même de bien réjouissants night market.

L’Odisha se targue également, sinon d’écologie, tout au moins de respect pour l’environnement avec des rues (relativement) propres. Une armée de balayeurs arpentent Bhubaneshwar, pour nettoyer. Je le précise car à Chennai les nettoyeurs de rue ne font guère peur à la poussière.

Des tribus reconnues

Surtout la spécificité de l’Odisha tient en la place accordée aux tribus. Souvent reléguées dans le reste du pays, elles sont mises ici sur le devant de la scène. Oubliées, négligées voire cachées au Tamil Nadu, on ne les rencontre ainsi que dans les quartiers ou les villages le plus déshérités. Souvent même les enfants sont à peine ou pas du tout acceptés à l’école. Ce qui ne veut pas dire que les tribaux sont appréciés ou riches mais ils sont au moins acceptés dans la société locale.

photo courtesy of Jina Park @jinapark07

L’office du tourisme de l’Orisha propose des circuits de découverte. Les voyageurs sont pris en charge par des guides qui partent à la rencontre de ces populations qui ont maintenu pour une beaucoup une vie de chasseurs cueilleurs. Un très beau musée à Bhubaneswar se consacre à la présentation des différentes tribus de la région et recueille une foule d’éléments pour mieux les connaitre et les comprendre. Enfin, l’art régional est axé sur la reconnaissance de l’art tribal. Ainsi les murs de la capitale sont-ils ornés de fresques tribales.

Il faut se souvenir que la présidente actuelle de l’Inde est issue d’une de ces « tribus »de l’Odisha.

Une architecture remarquable

Enfin et surtout, l’Odisha offre une leçon d’architecture magistrale, aussi importante que le Madhya Pradesh voisin. En effet, c’est dans ces deux états limitrophes que s’est développé le style Nagara. Celui-ci a ensuite gagné toutes les régions du Nord de l’Inde en dehors du Bengale. Au contraire, le sud lui développa lui des modèles dravidiens.

Cette architecture se caractérise par des tours arrondis appelées Sikhara construites sur des socles. Elles apparaissent dès le Ve siècle de notre ère sur le modèle Gupta. Trois écoles régionales vont s’affirmer dont celle qui nous intéresse liée au royaume Kalinga qualifiée d’Ecole de l’Orissa. Les deux autres se trouvent essentiellement au Madhya Pradesh (autour de Khajurâho avec un style historié et sensuel) et dans le Rajasthan-Gujarat.

Dans l’Odisha, les constructions surmontent des plateformes. Les temples sont ornementés à l’extérieur. En revanche, l’intérieur, simple et nu, s’apparente à une grotte. La forme de la sikhara (tour) ou deul permet de dater l’édifice. C’est aussi le cas du toit, le gharbagriha plat vers le VIIIe s puis en forme de pyramide après le Xe s. Celui-ci couvre le hall adjacent au deul.

Pour mieux comprendre cette architecture magnifique je vous propose de nous retrouver la semaine prochaine dans la capitale du royaume kalinga.

Merci à Jinapark07 pour ses magnifiques photos.

Munroe Islands

Munroe Islands est un ensemble d’ilots entre Trivandrum et Cochin juste au nord de Kollam, la Quilon des Portugais. Traversés par de nombreux canaux, ces ilots conservent encore, mais pour combien de temps, le charme d’une région encore un peu préservée des flots de tourisme.

En effet, Les agences touristiques vendent et survendent les backwaters du Kerala sans forcément insister encore trop sur Munroe Islands. Or si l’eau saumâtre et les bateaux amarrés à la chaine dans le port d’Allepey ne vous tentent pas, il existe d’autres options. Car la côte sud du Kerala n’est finalement qu’une grande mangrove.

 Les Backwaters poumon du Kerala

La solution la plus simple pour aborder les backwaters est peut-être depuis Cochin. Il suffit de trouver une agence qui vous proposera un tour à la grande demi-journée vers l’intérieur des terres et les mangroves autour de Cochin. En général, les tours consistent en un ramassage en car suivi d’un petit déjeuner local, une belle balade en pirogue (sans moteur à préciser lors de la réservation) puis un déjeuner local. Logiquement à 14h tout est plié.

A Allepey vous pouvez opter pour le tour en Houseboat. Personnellement je trouve ennuyeux de me trouver enfermée sur un bateau à quai pour y dormir et manger. Vous pouvez y préférer le sikhara, la pirogue, voire le ferry, beaucoup plus couleur locale.

Kumarakom offre une option plus écologique et moins touristique. La réserve animalière vous permettra elle aussi de profiter des backwaters.

Munroe Islands, la belle option

Si vous aimez la nature encore pas trop abimée, Munroe Islands reste néanmoins une bonne idée.

Munroe regroupe 8 îles. Chacune d’entre elles est séparée par de petits canaux et des lacs. Elles se situent à environ 27 km de Kollam. On accède à cette ville par le train ou le ferry et le bus. Cette dernière option prend plus de temps mais se révèle haute en couleurs. En train, il faut compter à peu près 1h30 pour Trivandrum, à peu près autant pour Allepey puis de là 1 h pour Ernakulam Junction, la gare de Cochin. C’est une bonne idée pour qui veut voyager peu cher et de manière typique. Le train est étonnamment relativement ponctuel, bien sale, mais amusant. Surtout, il permet de traverser des rizières et palmeraies. A la hauteur de Munroe Island, le paysage devient superbe. D’autant que l’express passe le soir et permet d’admirer le coucher de soleil sur les iles.

Le lieu porte le nom du colonel John Munroe, résident de l’ancien État princier de Travancore. Peu développé jusqu’à récemment, il comptait quelques rares demeures art déco le long des canaux et des fermes. Depuis le Covid, le tourisme a passablement évolué en Inde et les classes moyennes tendent à découvrir avec passion les beautés de leur pays. Plages et backwaters sont envahies. L’on ressent cette frénésie touristique jusque dans cette zone autrefois reculée. Les constructions se multiplient et les fermettes se modernisent pour se transformer en auberges. Là, tout dépend de l’hôte et de sa maitrise de l’anglais.

Où loger et que faire à Munroe Islands

En général, le logement est honnête, la nourriture végétarienne. Avant de réserver votre logis je vous recommande de vérifier sur une carte que des restaurants soient accessibles à proximité sans quoi vous êtes bons pour plusieurs jours du même curry de légumes le temps de votre séjour. J’aurais tendance à conseiller 2 nuits sur place pour profiter des balades en bateau du soir et du matin. Si vous êtes épuisés et avez besoin de déconnecter de la civilisation vous pouvez rester plus, mais mieux vaut, dans ce cas, avoir une vie intérieure riche et de bons livres.

Sur place, les auberges sont habituées et vous proposent la chouette balade du coucher du soleil en pirogue (2h). Le batelier manie la perche avec plus d’habilité que l’anglais et vous emmène dans de magnifiques endroits au coucher du soleil. Vous pouvez aussi opter pour la promenade en gros bateau du matin. Celle-ci dure 2h entre 6 et 8h pour profiter du lever de soleil et du réveil de la faune, Mais le bateau à moteur peut vous rebuter. Pour les balades en bateau mieux vaut discuter directement sur les embarcadères. Les aubergistes empochent en général un bon 40%.

Autre activité agréable sur place : le tour à vélo. Les petits chemins restent peu fréquentés par les voitures en journée. Il vaut mieux éviter de pédaler à la nuit tombée, faute d’éclairage. Les routes sont plus fréquentées mais permettent de faire un tour bien plaisant. On peut ainsi accéder à la jolie église hollandaise un peu oubliée. A vélo, on parvient également par les pontons au point de vue préféré des bateliers pour le coucher du soleil.

Varkala

Le paradis existe sur terre, et en Inde, il s’appelle Varkala. Si vous aimez l’option mer turquoise, cocotiers et longues plages de sable doré, Varkala s’impose. Une fois n’est pas coutume, je vous emmène dans un lieu où il n’y a rien à visiter mais juste de quoi se faire bronzer. Mois de juillet oblige !!!

Une station balnéaire sur une falaise classée

Alors bien sûr le petit village de pêcheur, fréquenté par les surfeurs est devenu depuis le covid, « the » destination pour la jeunesse dorée indienne. Du coup, les constructions se multiplient et la falaise menace de s’écrouler sous la pression immobilière. Cet aplomb rocheux a beau avoir été classé trésor national pour son caractère unique, son futur est en question.

Mais soyons honnête, pouvons-nous reprocher aux jeunes Indiens de découvrir les joies de la plage alors que nous, occidentaux, avons massacré les trois-quarts des côtes de la planète pour notre seul plaisir? Certes, avec la jeunesse indienne arrive la consommation effrénée, les problématiques liées à la non-gestion des ordures, de la circulation et tant d’autres. Mais pour une fois ne boudons pas notre plaisir…

Varkala, la plage des indiens branchés ?

Je m’attendais à la lecture des blogs à une station un peu désuète, fréquentée par des surfeurs ou des hippies qui n’en pouvaient plus du monde de Kovalam. En fait, nous sommes aux antipodes de cette dernière. Car la plage de Trivandrum s’apparente un peu tristement un peu à un club du 3e âge pour caucasiens en recherche de « sens ».

A Varkala en revanche, on trouve évidemment des centres de yoga et d’ayurvéda mais pas uniquement. Surtout la clientèle est indienne et plutôt jeune. De ce fait, même si d’aucuns reprochent le caractère artificiel voire superficiel de la station, on y découvre un autre aspect de l’Inde, cette jeunesse en quête d’occidentalisme, si exotique ici. On mange de la cuisine internationale, on boit des cafés dans de jolis endroits.  On se croirait dans une station de n’importe quel coin du monde ou presque. Alors, oui c’est en décalage complet par rapport au reste de l’Inde. Oui, le risque est grand de voir la beauté des lieux gâchée par le surtourisme. Mais, pour l’instant, les dégâts ne sont pas comparables à ceux que j’ai pu observer à Kovalam ou aux iles Andaman où la gestion des ordures est une catastrophe.

Bref si vous aimez la plage, nager dans une mer limpide, c’est quand même un super plan que de vous rendre à Varkala. On y trouve donc des bars de tous les styles mais aussi des homestays sympas et des hôtels. Il y en a pour tous les goûts et toutes les bourses. Après la plage principale, c’est une succession de longues plages plus sauvages.  La mer, magnifique et turquoise, n’est pas encore totalement envahie.

La ville, lieu de pélerinage

La ville est plutôt agréable. Il y a un temple réputé, le Janardana Swami Temple, mais fermé de 12 à 17h.  Il a donné le surnom de Benares du sud à la petite localité. Celui-ci aurait été construit par un roi Pandyan pour le laver de ses péchés.  L’Ashram Sivagiri Mutt attire, lui, de nombreux fidèles. De fait, avant de devenir une station balnéaire à la mode, Varkala fut d’abord port actif durant l’antiquité. Puis elle s’affirma dans la région comme un lieu religieux de prime importance. La région abonde en temples voire mosquées. Plus loin sur la côte se dresse un fort, construit par les portugais,(Aniengo) ensuite annexé par la Compagnie anglaise des Indes orientales. Encore plus loin, on peut voir le lac Kappil.

 Les deux types de populations, pèlerins et amateurs de plage, se croisent aujourd’hui sans se cotoyer.

On peut accéder à Varkala en train. Il faut compter environ 1h30 de Trivandrum, 30mn de Kolam a peu près ou 50mn pour Munroe. Le train longe la côte et remonte vers Kochi (Ernakulam junction).

Transports keralais

L’idée dans cet article est de découvrir les transports keralais. L’Etat se targue en effet de sa politique environnementale (pour l’Inde, les attentes ne sont pas occidentales quand même). Alors vous pouvez remiser votre application uber (qui fonctionne très bien ici et notamment pour les tuktuks, appelés autos) et opter pour d’autres transports plus locaux.

L’aéroport

Parce que l’on accède généralement au Kerala par Cochin, l’aéroport y est plus important que celui très mignon et efficace de la capitale de l’Etat, Trivandrum ou Thiruvandanapuram. C’est l’un des rares aéroports privés d’Inde. Le moins que l’on puisse dire est qu’il est particulièrement agréable comparé au grand hangar sans grâce de Chennai. De jolies boutiques d’ayurvédique, des petits restaurants qui offrent tous la même tambouille au même prix et 2 librairies permettent de passer le temps long si vous vous êtes prémunis en quittant votre auberge très en avance par rapport à l’horaire de votre vol. En effet, la circulation terrestre à Cochin est comme dans beaucoup de villes indiennes effrayante. En outre, la distance depuis le centre de la ville fait qu’il faut souvent prévoir 2h pour rejoindre le terminal 1 (domestique) ou 3 (international).

La municipalité a fort récemment mis en place une ligne de bus climatisée ainsi que des tuktuk bleus au tarif préétabli pour relier le métro (station Aluva) et l’ aéroport.

Les bâtiments ont un petit aspect chinois avec leurs toits en pagode. L’aéroport de Cochin se vante d’être le premier au monde à fonctionner entièrement à l’énergie solaire. Je ne sais pas s’il est raisonnable d’y transiter en période de mousson.

Le train

On peut aussi choisir de parcourir le Kerala en train. C’est très rigolo et facile de se déplacer dans la région très bien reliée en tous cas pour sa partie côtière. Evidemment il vaut mieux ne pas être pressé, mais ce n’est pas plus lent que la voiture. Et le voyage est tellement plus typique.

Depuis Trivandrum on voit défiler de magnifiques paysages de cocoteraies,  et de backwaters (mangroves). Le train n’est pas forcément plus en retard que notre SNCF nationale. En revanche il vaut mieux éviter les toilettes et ne pas être à cheval sur la propreté des fauteuils. Sur certains tronçons, de petits messieurs passent pour proposer du thé ou des baji mais pas toujours. Ce moyen de transport est extrêmement économique (25rp pour aller de Varkala aux iles Munroe, 20 pour le trajet Allepey Cochin) alors que le ticket de métro coute lui 50 rp dans la ville de Cochin.

Le bus

Ouvert aux quatre vents, le bus donne une idée autre des villes et constitue un moyen de transport populaire. Il est en effet très simple d’utilisation surtout sur la presqu’ile de Fort Cochin avec des trajets quasi rectilignes. Vous montez dans le bus indiquez votre arrêt et payez en conséquence. Il vaut mieux vous munir de petite monnaie

Le bateau

La zone côtière du Kerala doit sa réputation à ses mangroves et « backwaters ». Des bateaux plus ou moins gros parcourent les canaux qui relient la multitude de petits lacs et rivières.

Point de pirogue à à Cochin en revanche. Si vous aimez la foule, la transpiration et la bousculade, le ferry se révèle idéal. Pour un tarif modique (6 rp) vous aurez le droit de vous serrer avec vos commensaux dans la queue pour acheter vos billets puis de vous faire compresser pour monter dans le ferry. Une fois à bord, si vous avez eu la chance de monter portés par des foules de bras et d’aisselles se dirigeant dans le même sens, vous pourrez peut-être vous assoir, ou non. Pour être honnête j’avais écrit ces phrases il y a quelques années après une traversée particulièrement éprouvante.  Le trajet est devenu plus confortable ces derniers temps avec des ferry à sièges et à contenance max de 100 passagers. Les horaires sont indicatifs. Dès que le ferry est plein, il part. Les « bus d’eau » ont adopté une mascotte appelée Jengu.

Le métro aérien, transport moderne à Cochin

Le métro est une splendeur à Cochin. Neuf, moderne il est loin d’être terminé. Ce réseau exceptionnel ne comprend pour l’instant qu’une grande ligne desservant Ernakulam.

Initié en 2013, ce métro est encore largement en construction. Néanmoins la (longue) portion terminée dessert déjà les zones essentielles de marchés, administrations, universités, lycées, gare et Centre commerciaux.

La ligne en activité permettra un jour de relier l’aéroport, mais l’ile de Fort Cochin et les plages ne font pas partie du projet pour des raisons assez évidente d’environnement et de population concernée. Car le but est de s’adresser aux familles et aux jeunes locaux. D’où une communication et des publicités ciblées pour ce métro ultra moderne dont la mascotte est un adorable petit éléphant bleu ailé qui nous rappelle que la modernité n’enlève rien aux traditions charmantes du Kerala et de Ganesh. Milu, c’est son nom, s’inspire de son grand frère Serge le lapin qui a bercé nos enfances parisiennes avec ses injonctions à ne pas mettre ses doigts n’importe ou sous peine de se pincer les doigts très fort.

 Alors embarquez en compagnie de Milu et Jengu et suivez leurs aventures à chaque arrêt !

*Les tarifs ont été reactualisés en janvier 2025

Cochin

Cochin vit depuis des siècles dans le parfum des épices. Comptoir portugais dès le XVIe siècle, puis ville hollandaise avant d’être anglaise, la plus grande ville du Kerala avec son demi-million d’habitants, se compose de quartiers très différents. Monde ancien et moderne s’y côtoient.  Dès l’aéroport, alimenté à l’énergie solaire, la modernité de Cochin s’affiche.  La ville est en effet la capitale économique de cet Etat étonnamment riche pour l’Inde. Pour autant, les touristes se concentrent essentiellement dans le quartier ancien, dit Fort Cochin. Ceux-ci sont, contrairement au reste de l’Inde, en grande partie occidentaux. Ils arpentent les rues piétonnes bordées de maisons coloniales et de jolies boutiques.

Le quartier historique de Cochin s’articule autour du Fort, du Palais hollandais et de la synagogue Pardesi. Cette semaine, je vous emmène à la découverte de ces deux magnifiques monuments.

Le Palais de Mattancherry, ou Palais hollandais

Le Palais hollandais, construit pour la famille royale de Cochin, abrite le plus bel ensemble de fresques du Kerala. Bâti par les Portugais en 1557, le Palais Mattancherry fut rénové par les Hollandais en 1663. On peut maintenant y prendre des photos.

Le palais aux magnifiques boiseries se compose de deux étages. Dans les premières pièces, de fantastiques fresques mettent en scène des thèmes inspirés des épopées indiennes Ramayana et Mahabharata . Elles représentent aussi les images des dieux hindous et notamment de Krishna. Puis, une succession de salles évoque la vie des dynasties locales. Étonnement pour l’Inde, le Palais offre un bel exemple de muséographie.

A la fin du périple, d’autres peintures murales illustrent le poème épique Kumarasambhavam de Kalidasa. Un petit temple dédié à la divinité Palayannur Bhagwati se situe dans la cour centrale du palais.

Des vêtements de cérémonie utilisés par la royauté, des turbans, des armes de l’époque, des palanquins, des pièces de monnaie, des timbres et des dessins donnent un aperçu du mode de vie des familles royales dans le Sud de l’Inde. Ce palais est un must pour la qualité des fresques et des charpentes.

Tous les jours de la semaine de 10 h 00 à 17 h 00, excepté le vendredi. 

Jew Town

Si la tradition chrétienne est restée particulièrement forte au Kerala, Cochin s’enorgueillit, ou plutôt s’enorgueillissait, d’une petite communauté juive, réfugiée ici probablement lors de la destruction du temple en 70. La plus vieille synagogue d’Inde est une petite merveille Les six autres synagogues de la ville ne sont pas visitables et à peine reconnaissables dans les rues commerçantes de cette bruissante cité. Même s’il ne reste plus qu’une maigrelette famille juive, le temple bien entretenu, attire de nombreux visiteurs.

En fait, Le quartier juif de Cochin correspond essentiellement à une jolie rue commerçante, parallèle au Palais. Les magasins y sont aujourd’hui tenus par des musulmans. Les touristes fourmillent dans ce petit bout de rue extrêmement commerçant. On y vend de tout et les jolis cafés attirent les occidentaux. C’est aussi dans ce quartier que vous trouverez des magasin d’antiquités. Au fond de l’impasse, close par la tour de l’Horloge, se trouve la synagogue Pardesi, édifiée en 1568 et agrandie en 1760.  A droite du cul de sac, le temple hindou qui jouxte le Palais est pratiquement rénové. Sur la gauche s’ouvre la synagogue.

La synagogue Pardesi

Paradesi signifie « étranger » dans de nombreuses langues indiennes. Le terme fait allusion aux Juifs blancs, les premiers colons de Cochin, un mélange de Juifs de Cranganore (au Nord de Cochin, aujourd’hui Kodungallur), du Moyen-Orient et d’Europe. En 1524, ceux-ci trouvèrent un bienfaiteur en la personne du Raja de Cochin. Ce seigneur leur donna  en effet la terre sur laquelle ils bâtirent leur lieu de culte en 1568. Il leur fournit même le bois de construction. Cette synagogue contribua fortement à asseoir la présence juive au Kerala.

L’entrée de la synagogue s’effectue par un vestibule. Il donne sur un petit musée consacré à l’histoire de la communauté et de son temple. On accède alors à une courette sur laquelle s’ouvre la salle de prière. On y entre pieds nus, Inde oblige. Elle est remarquable pour ses énormes lustres belges du XXe siècle mais surtout pour son extraordinaire pavement. Les centaines de carreaux chinois de faïence bleue, rapportés de Canton au XVIIIe siècles sont tous uniques et peints à la main.

Au centre, se détache la chaire. Au fond de la salle, l’arche renfermant les rouleaux de la Torah, deux couronnes d’or présentées à la communauté juive et les plaques de cuivre du IVe siècle. Enfin, au mur, une charte gravée en mayalam décrit les privilèges octroyés à la communauté juive. Le texte est écrit en kannadiyezhuthu, écriture spéculaire ou en miroir.

tous les jours, de 10/12h, et de 15  à 17 heures, sauf les vendredis, samedis et jours de fêtes juives.10rp se déchausser, se couvrir les jambes et les épaules.

Le quartier musulman

Traditionnellement plus pauvre, et plus populaire ce quartier est lui aussi en voie de réhabilitation. Les ordures commencent à être ramassées (c’est un frémissement), les maisons en ruine à être rénovées, en tous cas pour le plus belles. Les échoppes traditionnelles sont peu à peu repeintes. Dans ce quartier, on peut manger de la nourriture typique de Cochin. On y teste les parathas au bœuf impensables dans le reste de l’Inde, les Milk shakes à l’avocat ou les puttu. Il s’agit de roulés de farine de riz et coco traditionnels au petit dejeuner.

Synagogue de Cochin