Baroda

Baroda est la Ville d’un homme, le Maharaja Sayajirao Gaekwad III (1863–1939). Adopté par la dynastie régnante, ce prince éclairé et bienfaiteur a régné 63 ans. Cela lui a laissé le temps de mener son royaume à son apogée. Ancienne mais détruite par les nombreux envahisseurs, la ville est en effet devenue très prospère à la fin du XIXe siècle.

jardins de Baroda

 Très progressiste, Gaekwad III a notamment rendu obligatoire et gratuit l’enseignement primaire, et aboli le mariage des enfants. Il a également fondé l’université Maharaja Sayajirao University (MSU ) mais aussi la fameuse banque de Baroda. Au niveau économique, il a introduit de nombreuses réformes. Son règne éclairé a favorisé l’irrigation et les chemins de fer. Il a ainsi modernisé et enrichi son royaume. Outre les nouvelles infrastructures, il a fait construire, à l’usage de sa famille, le célèbre Laxmi Vila palace, considéré comme le plus grand palais privé du monde.

arrière du musée

De Vadodara à Baroda, la capitale Culturelle du Gujarat

Baroda, aujourd’hui appelée Vadodara, est la capitale Culturelle du Gujarat. Avec 1,5millions d’habitants, c’est pourtant une toute petite ville comparée à l’énorme Ahmedabad ou même à Surat. Néanmoins, la cité prestigieuse sous les Chauluyaka au XIes, tourmentée sous les Moghols, s’est mué en une très belle ville moderne.

Placée au carrefour d’importantes routes de commerce, Baroda s’est vue envahir de nombreuses fois. Aujourd’hui , elle peut s’enorgueillir d’une dynamique université, d’un magnifique parc et musée, et, plus généralement d’une belle architecture et d’une jolie ambiance.

Les essentiels de Baroda

Dans Vadadora, on va pouvoir rechercher la trace du grand architecte Chisolm au magnifique musée mais aussi au marché. En Effet, Gaekwad III a fait appel au bâtisseur phare de Madras. On retrouvera aussi Sri Aurobindu qui a passé 18 ans à enseigner l’anglais en ces lieux.

Université de Baroda

Je conseillerais de partir de l’université impressionnante avec ses beaux bâtiments éclectiques de la fin du XIXe et son Jardin botanique. Puis de se rendre au parc Sayaji. Il vaut la peine d’y flâner en fin de journée quand les lumières l’illuminent ou au petit matin quand les jeux d’eau le rafraîchissent. De nombreux et charmants pavillons, un zoo et surtout un magnifique musée permettent d’y passer un bon moment. Si vous ne souhaitez pas visiter le musée, allez au moins en admirer la façade. Car il s’agit là de l’un des chefs d’œuvre du grand architecte Robert Chisolm.

facade du musée éclairée

De là on peut raccrocher la balade de l’office du tourisme que je vous retranscris rapidement si vous ne vous sentez pas à l aise dans la langue de Shakespeare. Cette balade s’intéresse aux bâtiments administratifs et maisons traditionnelles du centre de Baroda, entre la Bibliothèque publique et le marché.

marché de Baroda

Balade de l’Office du tourisme

Tous ces bâtiments publics comme ceux indiqués sur la carte (Navi Kothi) datent de la fin du XIXe. Sous le règne de Gaekwad III, on adopta un style indo-sarracénique. Le second arrêt permet de voir l’ancien secrétariat inspiré par les grosses maisons traditionnelles “wada”. Celles ci s’organisent autour de deux larges cours.

carte de la balade proposée par l'Office du tourisme

 Puis on continue avec les 8 cartes relatives aux guerres du Maratha contre les Britanniques au début du XIXe s. Elles ont certainement été réalisées après les évènements. A moins que l’artiste n’ait assisté à chacune des batailles ce qui attesterait d’une longévité remarquable.

Le quatrième stop se fait au premier temple du soleil de Baroda, le Suryanarayana Temple (1793-1803). Puis on enchaîne avec des Wada. A commencer par celle de  Tambekar. C’était la Résidence du Diwan (Gouverneur) de Baroda entre 1849 et 1856.  Muzumdar Wada, elle, est connue car Sri Aurobindu y a passé 3 jours en 1907 en intense méditation (sadhana) avec son guide spirituel, Vishnu Bhaskar Lele.  C’est à l’issue de ces trois jours que le saint homme aurait atteint la sagesse.

Ashram d'Aurobindu

Enfin,  la maison Bhaskarrao Vitthal (1806-08) se composait à l’ origine de 7 étages et de 2 cours intérieures dans un grand parc. L’itinéraire s’arrête ensuite au Nilkantheshwar Mahadev Temple.

On accède alors au Manikrao Akhada, centre de tradition Maratha de culture physique. On s’y entraine à la gymnastique et la lutte traditionnelles. Puis le Kala Bhavan Technical Institute, fondé en 1890 devait répondre à la vision sociale moderniste de Gaekwad III.

Lehripura Gate

Enfin la balade se termine à  l’Ashram Sri Aurobindu. Le philosophe, poète, Professeur yogi et freedom fighter originaire du Bengale y a passé 18 ans en temps que professeur d’anglais auprès du Maharadja. En sortant de l’Ashram, on peut se rendre du côté du lac Sur Sagar avec sa statue en or de Siva. Il jouxte quasiment Lehripura Gate. Le quartier animé mène au marché qui porte la trace de Chisholm. Cette zone plus populaire est aussi très dynamique.

Sagar lake avec al statue de Shiva

Il est temps maintenant de découvrir la pièce maitresse de Baroda, son palais royal.

Lakshmi Vila Palace

Lakshmi Vila Palace, facade sur jardin

le Lakshmi Vilas Palace servait de résidence aux rois de Baroda. Il se visite avec audioguide. L’entrée n’est pas donnée mais vaut le coup. On ne visite que le rez de chaussée car la famille habite toujours le premier étage. De l’extérieur, on ne voit qu’une partie du parc. Les salons XIXe siècle bien entretenus sont intéressants. Ils témoignent de la richesse de ce monarque éclairé qui a su résister à l’occupant britannique pour construire un vrai royaume puissant.

Lakshmi Vila Palace

La famille Gaekwad, originaire de Pune prit le pouvoir au XVIIIe siècle et fonda une principauté  semi-indépendante promise à une vraie prospérité sous le Raj. Le Gujarat était l’une des régions les plus prospères et modernes à l’époque britannique. Le Palais fut construit en grande partie par le Major Charles Mant dans un style indo-sarracénique. La vision locale se mêlait  à la modernité européenne. A la mort du Major, Chisholm reprit la direction des travaux avec beaucoup de réussite. Comme presque toujours en Inde, les photos en intérieur sont interdites.

Entrée du Lakshmi vila Palace

Ce palais est connu (encore aujourd’hui) comme la résidence privée la plus grande du monde. Lors de sa construction il jouissait des inventions les plus modernes et rappelait une grande demeure européenne. Il reflétait le désir du souverain de montrer la modernité de l’Etat de Baroda au même titre qu’un royaume européen. Le Durbar servait aux réunions royales et aux cérémonies d’Etat. La taille et la magnificence collaient au message politique de Sayajirao Gaekwad III. Selon lui en effet, les gouvernants indiens pouvaient égaler les souverains européens.

accès au Lakshmi Vila palace

Champaner

Champaner est un site passionnant classé au patrimoine de l’UNESCO.

Connu aujourd’hui pour son pèlerinage hindou, sa splendeur repose pourtant essentiellement sur son architecture islamique prémoghole.

Une ville pré-moghole classée au patrimoine Unesco

La ville au pied du mont Pavagadh a connu son apogée sous le sultanat du Gujarat à la fin du XVᵉ siècle quand elle devint une capitale militaire, civile et religieuse. Des routes s’ajoutèrent aux fortifications, ponts, jardins et ouvrages hydrauliques.

Mais, au XVIᵉ s., les Moghols prirent le contrôle du nord de l’Inde et en 1534 Champaner tomba. Son âge d’or n’avait duré que 50 ans (1484-1534). Une période de déclin commença alors, tandis qu’Ahmedabad redevenait capitale. La ville sombra dans l’oubli jusqu’à la redécouverte au XXᵉ. et la campagne de fouilles en 1969.

On pourra s’attrister mais pas s’étonner que Champaner-Pavagadh préserve modérément son fantastique patrimoine islamique. En revanche, elle gère merveilleusement son site hindou. Car Champaner est la seule ville musulmane prémoghole d’Inde et surtout la plus complète. Si les plus belles mosquées sont heureusement entretenues et gardées dans de petits parcs, le reste des vestiges islamiques se trouve tristement abandonné. On est loin ici des efforts développés sur l’ensemble du site d’Hampi.

Champaner est un site un peu déroutant par manque d’explications et de cohérence mais également d’homogénéité. Pour vous y retrouver, je vous conseille de commencer par le puits hélicoïdal puis le temple Kalika Mala sur le mont Pavagadh. De là vous pourrez rejoindre à pied les différents enclos pour finir avec la magnifique grande mosquée.

De magnifiques ouvrages hydrauliques

Plusieurs talaos (lacs) se répartissent sur toute la zone de Champaner comme le Medi Talao, le Tailia Talao ou encore le Naulakhi Talao. La région compte par ailleurs 3 kund (bassins sacrés). Cependant le plus impressionnant est certainement le puits hélicoïdal du XVIᵉ s. En arrivant par la route depuis Ahmedabad (environ 3h en voiture), vous passez devant un petit chemin qui y mène. Impressionnant hors mousson, il l’est beaucoup moins en période de pluies. Néanmoins il donne une idée de la maitrise de l’irrigation dans cette région de sécheresse. Champaner porte d’ailleurs le nom de ville aux 1000 puits.

Puits hélicoidal

Non loin de ce puits, une mosquée rappelle à elle seule le destin de la ville saccagée puis oubliée. Il s’agit de la Ek Minar Ki construite en 1526-1535. Le haut minaret seul survivant lui a donné son nom. La route passe aussi devant des mausolées de la même époque.

Le plateau Mauliya

Je vous recommande ensuite de vous faire déposer au terminal de bus pour monter au sommet de la colline Pavagadh. De là un téléphérique mène au temple Kalika Mala. Le trajet en bus offre un beau panorama et permet de rencontrer des pèlerins tout excités de venir honorer le doigt de pied de la déesse Sati.

téléphérique

Outre le temple dédié à la Déesse, la structure la plus ancienne du complexe remonte au Xᵉ siècle. Le temple Lakulisa est lui consacré à Shiva. L’iconographie s’y révèle unique avec l’idole assise dans une posture yogasana. Sur la même colline, on a aussi accès à un temple jaïn du XIII/XIVᵉ s.

La ville haute musulmane

vue sur la ville basse

Une fois les temples visités et ou honorés, on traverse un immense marché réparti le long des escaliers qui redescendent vers la ville basse. Le chemin qui dégringole de la colline vous fera traverser de beaux monuments du XVᵉ siècle, époque d’apogée de la ville. Marcher vaut donc la peine, même si les vestiges musulmans ressemblent pour beaucoup à des ruines rongées par la végétation. Néanmoins avec de la patience, de l’imagination, on pourra distinguer cimetière, marchés, fortifications, résidences. Il convient de rester attentif aux pancartes et enclos.

Bastion

La forteresse supérieure montre un ensemble de structures offensives et défensives comme des catapultes près de la porte Atak. Plus bas, on devinera le bâtiment de la Monnaie, l’un des 4 du Gujarat. Des pièces y furent frappées entre 1485 et 1537.

bastion Saat Kanan

On parvient alors au bastion Saat Kaman (7 arches). Ce poste militaire, situé entre Sadan Shah Gate et Budhiya Darwaja jouissait d’un point de vue sur toute la vallée. L’architecture des arches est devenue une image emblématique de Champaner.

La ville basse

La ville basse correspond certainement à la zone la plus intéressante de Champaner pour des non-hindous. On y admire un patrimoine islamique pré-moghol absolument remarquable.

Non loin du terminal de bus, on longera les murailles pour entrer dans le fort. Cette citadelle royale s’ouvre notamment sur Shahar ki Masjid près de la porte nord de Bhadra. Elle servait de mosquée privée pour la famille royale. Les chemins ont remplacé les routes de la cité autrefois prospère. Ils desservent les cahutes d’un petit village indien d’où surgissent quelques merveilles.

greniers de la ville

Enfin, on parvient au terme d’une promenade bucolique à Amir Manzil, identifié comme résidence royale de Champaner. On distingue à peine, perdus dans la végétation, des citernes, étables, canaux. Le complexe a sûrement été habité plus d’un siècle vu le résultat des fouilles. On y a en effet exhumé monnaie, vaisselle de terre cuite, de pierre ou de cuivre, un anneau en argent et de la porcelaine chinoise.

Un peu plus loin, on retraverse les fortifications par la porte est. Les murailles prouvent le rôle double de capitale et de bastion militaire. En face se dresse une splendide mosquée. Les mosquées s’élevaient aux carrefours reliant les lieux d’habitation aux zones commerciales.

Jami Masjid

Le chef-d’œuvre de Champaner

fenêtre de la Grande Mosquée

 Jami Masjid, se dresse le long de la rue. On la considère, à juste titre, comme l’une des plus belles mosquées du Gujarat. C’est l’un des meilleurs exemples d’architecture pré-mongole. La délicatesse des sculptures, les fenêtres ouvragées en surplomb, les mihrabs ornementés ainsi que les deux impressionnants minarets fuselés en font un modèle du genre. Elle date de 1508, comme en attestait une inscription aujourd’hui disparue.

Grande Mosquée

Au-delà de cette magnifique mosquée, on peut emprunter les sentiers pour partir découvrir le puits octogonal ou la mosquée Kevada. Encore plus loin et difficilement accessible par la route, la Nagina Masjid aux minarets tronqués ou la mosquée Lila Gumbaj-ki-Masjid conservent de magnifiques murs sculptés. Toutes ces mosquées attestent de la brève période de magnificence de Champaner.

fenêtres à moucharabieh de la mosquée

Ahmedabad

entrée de Haveli Ahmedabad

A l’aéroport et sur la route de Ahmedabad on a presque l’impression de débarquer dans le premier monde. Pourtant, ce sont les contrastes qui rendent Ahmedabad si intéressante. l’aéroport ultra moderne, le quartier chic proche de l’université, les jolis parcs le long du fleuve font de cette énorme ville de plus de 10 Millions d’habitants l’une des plus modernes du pays. Mais les nombreux bidonvilles et le centre historique pauvre, sale mais fascinant donnent une image radicalement différente. Il est temps de plonger dans les différentes facettes de Ahmedabad

mosqée , Ahmedabad

Une vieille ville remarquable

Le patrimoine homogène du centre historique de Ahmedabad lui a valu de devenir la première ville d’Inde classée au patrimoine de l’Unesco.

Ce quartier musulman très vivant, pauvre et poussiéreux abonde en belles maisons à l’architecture fascinante. Des rues commerçantes offrent une plongée dans l’ambiance grouillante et chaleureuse de l’Inde populaire. Outre les belles façades, la vieille ville offre l’occasion d’admirer de magnifiques mosquées.

Voici un itinéraire de 3h environ facile à suivre pour découvrir la vieille ville.

Les Pols du centre historique

Pol, Ahmedabad

Première plongée dans la vieille ville, les Pols. Ces véritables mini labyrinthes urbains se composent de cours fermées sur l’extérieur. On y accède par une ou deux portes fermées le soir sur des ruelles étroites. Reconnus par l’Unesco comme patrimoine vivant et unique, ces Pols s’organisent autour de cours intérieures fermées au reste du quartier. Ils offrent une cohésion à la vieille ville fondée en 1411. Pourtant l’atmosphère et l’architecture de chacun y diffère. On y découvre de jolis havelis plus ou moins restaurés (plutôt moins que plus). Outre ces belles maisons traditionnelles, on voit des portes secrètes et des Chabutaras (pigeonniers). Ceux-ci témoignent de l’importance des animaux dans cette région marquée par la tradition jain, et de l’influence de Gandhi. Les jharokhas, véritables marqueurs sociaux, ornent les façades, mi oriels mi balcons sculptés.

pigeonnier, Ahmedabad

Dans ce labyrinthe, le pont Fernandes abrite des bouquinistes sous ses piles. Il représente le centre intellectuel de la vieille ville de Ahmedabad. De là on longe des rues animées bordées de pols et de jolis havelis mais aussi de temples jains et hindous.

temple jain Ahmedabad vieille ville

 On atteint alors le Rani no Hajiro. Ces tombes des reines remontent au règne du Sultan Ahmed Shah. Dans la cour de merveilleuses tombes délicatement sculptées gisent à ciel ouvert. Autour de l’enclos se pressent les orfèvres, bijoutiers et boutiquiers divers.

Grande Mosquée et marchés

3/ presque en face se dessinent les deux minarets tronqués de la magnifique Grande Mosquée. Construite en 1424, comme l’ensemble de la ville, Jama Masjid fut l’une des plus belles mosquées du pays. Ses 260 piliers de pierre jaune somptueusement sculptés, ses mihrabs la classent parmi les chefs d’œuvre de l’art pré moghol. Avec son vaste diwan et sa forêt de colonnes elle n’est pas sans rappeler la grande mosquée de Damas. Des influences sassanides agrémentent néanmoins le plan ommeyade.

Grande Mosquée Ahmedabad

En suivant la rue commerçante on débouche sur la triple porte fortifiée Teen Darwaza. Comme l’ensemble du complexe royale elle date de 1411. Elle domine la grande place centrale. Là se dresse l’hôtel de ville brutaliste. Derrière la masse disgracieuse, une mosquée et un temple s’adossent au fort Bhadra. Cette zone royale se réduit à peu de choses. La construction du sultan Ahmed Shah n’abrite plus que le temple Bhadra Kali, une mosquée et des bureaux. Il ne reste rien des palais, jardins et appartements du début du XVe.

Bhadra Kali, le fort

En limite de la vieille ville

On quitte cette zone très commerçante de petits vendeurs de rues pour s’engager dans le Manek Chowk. Ce grand marché aux légumes du matin se transforme en marché aux bijoux dans la journée avant de devenir un night market connu pour ses petits restaurants de rue.

le Manek chowk dans l'après midi

Dernière étape de cet itinéraire, la mosquée Sidi Saiyyed. Beaucoup plus petite que la grande mosquée, elle jouit de fantastiques fenêtres ouvragées. La dentelle de pierre forme des arbres de vie.

En face, le grand hôtel de la ville MG, offre une superbe expérience culinaire. Au dernier étage le restaurant (sur réservation) permet d’expérimenter un thali, création locale, hors du commun. Les saveurs, la fraicheur, la variété y sont remarquables.

Une grosse ville aux diverses facettes

Une fois hors du quartier historique populeux s’étendent bidonvilles, quartiers résidentiels et modernes. Des zones quasi occidentales s’articulent autour de l’université. De belles maisons longent des rues carrossables. Des cafés bordent les avenues ponctuées de centres commerciaux.

Le fleuve Sabamarti rend la ville facile à comprendre. Le rivage se transforme peu à peu en parcs arborés (et payants) mais repousse les plus pauvres vers la périphérie.

 Les nombreux bidonvilles tendent en effet à se déplacer au-delà des zones centrales gentrifiées de cette énorme ville en croissance rapide.

haveli de la vieille ville d'Ahmedabad

Quelques musées valent le détour. Sur la rive est, au nord de la vieille ville, dans le joli quartier résidentiel de Shahibaug, l’admirable musée du Calico représente l’une des plus belles galeries textiles du monde dans des bâtiments superbes et un jardin magnifique. Il convient de réserver bien en avance la visite de ce lieu extraordinaire.

Rive ouest

Corbusier à Ahmedabad, Mill's owners

A réserver également, Mill’s owners, la maison de l’association des fabricants de tissus. Cette œuvre de Corbusier, donne l’occasion d’un parcours architectural et historique passionnants. La maison musée est sujette à restauration et je vous conseille de vous renseigner pour préparer votre visite.

Mill's owners, maison du Corbusier

Plus au sud, le musée Sanskar Kendra de Corbusier est hideux et en totale réfection. A moins de vous rendre au théâtre voisin, vous pouvez vous abstenir de vous rendre si loin . En revanche vous pouvez longer le Sabamarti pour gagner l’Ashram de Gandhi. Ce lieu correspond en revanche à une belle surprise. Gandhi, héros régional y a réellement vécu 12 ans. Outre sa maison, un musée passionnant et très bien fait raconte de manière simple et didactique la vie et l’œuvre du héros de l’indépendance.

lunettes de Gandhi à l'Ashram
Ashram de Gandhi

Chettinad

Les Palais du Chettinad  constituent un patrimoine d’exception dans une petite région étonnante. Aujourd’hui, je reprends un article publié il y a 3 ans et je l’étoffe de photos.

Située entre Tanjore et Madurai, cette zone agricole offre la particularité d’être couverte de palais civils. Ils datent tous de la fin du XIXe, début du XXe. De fait, ils remontent à l’occupation britannique. A l’époque coloniale en effet, de riches commerçants au service de la couronne anglaise s’enrichirent. Pour prendre le frais durant les saisons chaudes, ils s’éloignaient de la côte et faisaient construire dans l’arrière pays de somptueuses demeures. Tombés à l’abandon après le départ des Anglais, certains de ces palais commencent à être rénovés.

Diversité et modèle des Palais du Chettinad

La communauté tamoule des Chettiars était réputée dans le monde colonial du commerce, et de la banque. Ils firent fortune  sous l’Empire Britannique  dans le sud de l’Asie, ce, jusqu’à l’indépendance de l’Inde.

Chaque famille faisait construire son palais et rivalisait avec ses voisins à qui serait le plus richement orné. Depuis l’Indépendance, la plupart de ces palais ont été abandonnés. Les villages se succèdent donc avec leurs rues bordées de demeures magnifiques mais très souvent inhabitées et en ruine. Du coup, il n’est pas toujours aisé de visiter ces petits châteaux urbains. Sur les 96 villages initiaux, près de 20 ont d’ailleurs pratiquement disparu.

Quoique tous différents, les Palais du Chettinad obéissent à un plan à peu près identique. Rectangulaires, ils sont bâtis autour d’une voire plusieurs cours. Si les modèles de base se ressemblent, les détails architecturaux confèrent leur originalité à chacun d’entre eux. La structure emprunte plutôt au vocabulaire classique. En revanche, les décors juxtaposent sans vergogne ogives médiévales, cours méditerranéennes, meubles orientaux, objets européens.

Organisation des Palais du Chettinad

On accède dans presque chaque maison par une terrasse couverte ou tinai où les maîtres de maison pouvaient recevoir leurs invités. Elle joue en effet le rôle de salon officiel ouvert sur la rue. Celle-ci est en effet couverte pour l’ombre mais l’air y circule aisément.La porte très décorée assure le passage de la zone publlique à la sphère privée et familiale. Vient ensuite la cour. Selon l’opulence des propriétaires, elle va du simple au grandiose. Le long du mur d’entrée, on peut admirer photos de famille ou fresques, piliers peints, mosaïques orientales, ou miroirs et lustres italiens. Elle joue le rôle d’une pièce de réception.

Autour de la cour, d’énormes piliers en bois de teck (pour les plus riches) ou en pierres sculptées. Souvent, des grillages protègent le patio des singes. Tout autour, des portes cachent des coffre forts. Chaque couple y entreposait les richesses reçues lors des noces. Les chambres, quand il y en a, se situent, elles, au premier étage. En général, les hommes dormaient dans la première cour, les femmes dans la seconde.

Les autres pièces du fond, plus petites et sombres,  étaient réservées aux femmes et aux domestiques.

Que visiter, ou s’arrêter

La plupart des sites et guides évoquent la ville la plus importante, Karaikudi,  un peu active mais sans grand intérêt. Pour le reste, la région semble s’être arrêtée au XIXème siècle quand les riches marchands Chettiars construisaient ces étonnantes demeures, mi- indiennes mi- occidentales, symboles de leur réussite dans les affaires. On dénombre plus de 10 000 palais sur 1550 km2.

Trois villages connus voient s’arrêter les visiteurs: Pallathur, Athangudi et Kanadukathan. Il est malheureusement quasi impossible de visiter l’intérieur des demeures dans ces villages. Témoins d’une ancienne richesse, ils tombent en lambeaux.

Le mieux pour visiter un palais du Chettinad est de commencer par un hôtel,  tel  le lakhshmi House à Chidambaram.

Ce village accueille des tournages de film. Avec un peu de chance, l’équipe vous laissera rentrer dans les décors et parcourir de fond en comble une de ces merveilles architecturales. Faute de quoi, vos pouvez tenter d’amadouer un des charmants villageois en exprimant votre admiration architecturale.

Dormir ou manger dans un de ces palais peut aussi permettre de mieux comprendre les beautés de la région. A ce titre Saratha vilas, restauré avec  soin et raffinement par un couple de français passionnés offre une halte fantastique.

La réussite de cette restauration exemplaire semble faire des émules dans une région délaissée par ses habitants historiques. Ce, même si les familles reviennent souvent au pays pour fêter les mariages et autres grandes fêtes.

Outre les belles bâtisses, la région abonde en temples et en sanctuaires anciens dont certains rupestres dominant les rizières. Pour se donner l’impression de voir vraiment des palais du Chettinad, mieux vaut prendre un chauffeur et préparer a minima son circuit. Ce blog  recense les temples et monuments autour de Pudukkottai. Il évoque même la cuisine si particulière de la région.

Tanjore

Tanjore, aujourd’hui Tanjavur a été la capitale de la brillante dynastie des Cholas.

Cette dynastie s’est particulièrement illustrée dans l’architecture, la peinture de fresques et la statuaire de bronze. Les monuments de Tanjore témoignent de ce Moyen-Age  fastueux (XI et XIIe siècles). En effet, un remarquable temple, un palais maintes fois reconstruits, de rares vestiges de fresques et des bronzes exceptionnels attestent de la brillante dynastie Chola.

Plus éloignée des centres touristiques, Tanjore se révèle typiquement indienne. Peu d’hôtels dignes de ce nom, des restaurants très locaux, une population peu habituée aux occidentaux. Bienvenue au cœur du Tamil Nadu !

 Le temple de Brihadishvara

le temple de Brihadishvara  s’élève fièrement au centre de la ville.

Fierté des pèlerins au Temple de Tanjore

 Pour y parvenir, il convient de contourner la gare routière et un marché pour pèlerins. On parvient alors à l’enceinte du monument. Celui-ci est caractéristique de l’architecture Chola, au même titre que Mahabalipuram est la ville des Pallavas. Devant l’enclos du temple, se trouvent les lettres de la ville pour les fous de selfies. Une fois la première Gopuram dépassée, on peut déposer ses chaussures au stand dévolu à cet effet. On s’engage alors sous une nouvelle Gopuram magnifiquement sculptée. On accède ensuite à un immense espace vert avec en son centre un Nandi géant tourné vers le temple. Une Vimana, sorte de tour, domine le sanctuaire. il s’agit de la .plus haute d’Inde. Un monolithe de 80 tonnes la couronne. Sur les murs, de petites effigies de Nandi, le véhicule de Shiva appellent à la grandeur du Dieu Shiva mais aussi de la dynastie Chola.

Nandi

 Monumentalité et magnificence se conjuguent ici dans le sanctuaire mais aussi dans l’ensemble de l’enclos religieux parsemé de mandapams et entouré d’un couloir abrité entièrement peint de fresques. Une excellente visite  existe en ligne, avec un plan du temple.

En pratique, vous pouvez venir et revenir admirer le temple à différentes heures, vous le découvrirez chaque fois sous un jour différent. Au lever du jour, à l’heure d’affluence des fidèles, il peut s’avérer impossible de rentrer dans le sanctuaire. Néanmoins, la lumière naissante permet d’apprécier les peintures entourant le temple. A la nuit tombée, les peintures ne sont plus visibles mais la Vimana éclairée resplendit et la visite devient émouvante, presque mystique.

Lingam et fresques , temple de Tanjore

Le Palais de Tanjore

De l’autre côté de la vieille ville, l’enclos du Palais s’ouvre sur une première cour.

Ganesh, bronze Chola, Musée de Tanjore

Il date en fait de l’époque des Nayaks, dynastie régnante sur la région aux XVII et XIXe siècles. On débouche sur la bibliothèque avec sa célèbre collection de livres rares. Parmi ceux-ci, deux vitrines exposent de précieuses feuilles de palmes, plus ancien témoignages dravidiens écrits.

Au-delà de cette cour, les salles du Palais royal de Tanjore encadrent une  deuxième cour. Le musée ne vaut pas forcément le coup avec sa collection hétéroclite d’objets du début du siècle ou de tessons plus anciens. En revanche, la salle du trône  (Durbar Hall) en impose. Avec ses stucs colorés, Le labyrinthe de colonnes ne vaut pas celui de Madurai mais la décoration reste très belle.

Salle du trône, Durbar Hall, Tanjore

Néanmoins, il ne faut surtout pas manquer la seconde partie du palais, au-delà de la bibliothèque. Ici à l’ombre de la tour de l’horloge, se situe le musée de Tanjore célèbre pour sa collection de bronzes Cholas. Il s’agit de la deuxième plus belle collection au monde après celle du musée de Chennai. Si la muséographie et la conservation font pitié, les pièces à la cire perdue sont d’une finesse remarquable. Le panthéon hindou y est figuré dans cette technique antique qui permet une fantastique subtilité créative. Les plus anciennes remontent au IXe siècle, tout comme la statuaire de pierre exposée dans la cour du musée.

Shiva dansant, Bronze Chola, Musée de Tanjore

Sur la route de Tanjore

un des nombreux temples de Darasuram

« Les grands temples vivants » correspondent à trois grands temples. Ces temples sont dits « vivants » car  bien que classés patrimoine de l’Unesco ils restent en activité. Outre Tanjore, le temple Brihadisvara de Gangaikondacholisvaram reste à l’écart des chemins touristiques. Cependant les sculptures y sont exceptionnelles. Plus facilement accessible, car sur la route de Pondichery, le temple d’Airavatesvara de Darasuram propulse le visiteur dans le monde des Cholas. Sous l’œil bienveillant d’un clergé prêt à échanger accueil contre obole, ce superbe lieu dans une ville chargée d’histoire et de monuments religieux, permet de rentrer quasi dans le saint des saints. On y admire de merveilleuses sculptures au son des célébrations. J’en parlerai davantage dans les prochaines semaines.

Mandapam, Temple Darasuram

Broadway

Comme dans toutes les villes anglo saxonnes, une large avenue, Broadway, parcourait le centre de la Madras coloniale. Plus précisément, le nouveau quartier commerçant de Georgetown.  Il ne reste aujourd’hui environ que 80% des bâtiments originels de la rue. Néanmoins, cet article m’a aidé à mettre en lumière les rares vestiges d’une époque révolue.

à l'intérieur de l'église luthérienne

Broadway, la grande rue de Georgetown

A la base, la ville anglaise se partageait en deux. D’une part, le fort réservé à l’élite blanche et britannique. D’autre part, “Blacktown” habitée par les locaux, les tisserands et teinturiers principalement. Cette old town disparut après le siège Français de 1759. Elle fut reconstruite un peu plus au nord, au delà d’une Esplanade conçue pour servir de défense. Ce terrain dévolu aux parades militaires fut bâti à la fin du XIXe. Les cours de justice s’y installèrent. De l’Esplanade ou plutôt des 7 recensées, ne reste aujourd’hui qu’un petit obélisque devant Dare Building.

Deux villages de part et d’autre de Broadway

Black town fut donc déplacée et reconstruite à l’emplacement de deux villages. A l’est, côté mer,  Muthialpet abritait une population pauvre. A l’ouest, des propriétaires et employés du Fort St George habitaient Peddanaickenpet. Ils furent  bientôt rejoints par les Indiens d’autres régions mais aussi les autres nationalités.

facade edouardienne

Entre les deux villages, en 1780, un juriste du nom de Popham acheta des terrains entourant un canal. Il combla celui-ci avec le résidu de terre de Hog Hill. il eut l’idée d’ouvrir une rue sur laquelle il comptait louer et vendre des commerces. Cette rue prit son nom, Popham’s Boradway rd. Elle allait devenir l’artère principale de Georgetown.

Un mur protégeait la localité à l’extremité de Broadway. On en suit le tracé au niveau de  Ebrahim Sahib Street, Old jail rd, Basin Bridge rd, puis Walltax road construite pour percevoir l’octroi.

Les habitants et édifices du quartier

Les Arméniens et Juifs se partageaient le commerce à l’Ouest de cette rue principale. A l’est, les Jains se spécialisèrent dans la bijouterie. Les dubachis, ou interprètes occupaient une partie du quartier. Des missionnaires construisirent leurs écoles et leurs églises sur la rue principale, Broadway donc. Les mosquées et temples se rencontraient au hasard des rues qui quadrillaient Georgetown. En effet,  Blacktown devint  Georgetown avec la venue en 1906 du Prince de Galles, futur George V. C’est en son honneur que fut construite l’arche sur South Beach Road. Ainsi que la Gateway of India à Bombay.

petite mosquée derrière Broadway

C’est sur Broadway a priori que se trouvaient les premières institutions de la jeune cité. Le bureau de poste jouxtait les théâtres et premiers cinémas, la première Clinique privée. Il ne reste quasi rien de cette activité rapidement transférée sur Mount Road.

jolie maison derrière Broadway

Dans cette rue principale, on trouvait aussi les sièges sociaux des compagnies d’assurance, des banques ainsi que les grandes agences maritimes. Des boutiques, écoles et églises complétaient l’ensemble.

Les églises de Broadway

Broadway, grande rue du quartier, coupait le plan orthogonal en deux. Sur cette avenue se pressaient les églises protestantes alors que le reste du quartier voyait fleurir temples hindous et mosquées. Bien que défigurée par le métro (station Manadi) Broadway conserve quelques unes de ces églises.

Les Méthodistes bien implantés sur Broadway

l'eglise méthodiste tamoule

C’est d’abord la grande église Méthodiste aux allures de temple grec. Wesley Church s’adressait aux Anglais. On y trouvait au rdc une salle de réunion et des bureaux. La chapelle se situe toujours  à l’étage.  La mission Wesleysienne remonte à Chennai à 1817 et l’église, elle, date de 1822. Au contraire, la petite église qui lui fait pratiquement face, également méthodiste, visait la communauté tamoule. Cette mission remonte à 1861. Elle accueillait les locaux qu’il ne fallait pas mélanger avec les fidèles britanniques. Cette dernière a des accents campagnards. Moins imposante que sa sœur ainée, elle a pourtant plus de charme. Rare édifice de style Arts and Crafts avec l’école des Beaux-Arts, elle mérite de figurer dans les balades architecturales.

côté de l'église méthodsite tamoule

Les missionnaires ne se limitèrent pas au centre de la ville et construisirent bientôt une vaste école dans le nouveau quartier de Mount Road.

dans l'église méthodiste

Autres Missions

Un peu plus loin, nous abordons l’église luthérienne d’Arcot. On se croirait vraiment en Angleterre ici face à cette église de style néo gothique. A l’origine, en 1892, il s’agissait cependant de la Mission danoise. Son nom actuel date de 1949.

église luthérienne

Presque en face, une grande demeure disparue construite en 1923 a servi d’hôtel pendant près d’un siècle. C’est à l’ Hôtel Adarsha, ou au Madras Club que serait apparue la première soupe Mulligatawny, icone de la cuisine anglo-indienne.

Non loin de là, juste derrière l’église luthérienne, rue Davidson le théâtre Minerve, bien que fermé depuis 2021, survit depuis un siècle. Il a ouvert en 1916. A la base, le cinéma occupait le 1er étage d’un entrepôt avec un toit ouvert. Il avait la réputation d’être le théâtre le plus frais et confortable de la Présidence de Madras. Mais il ne dura guère. Il changea de noms plusieurs fois. Il est surtout resté attaché au nom de Minerva et à la climatisation dont il fut le premier à se doter en 1949. De ce joyau cinématographique ne survit qu’une façade recouverte et des entrepôts de riz.

centennial Hall sur Broadway

A quelques pas de là, le Centennial Hall disparait, mangé par la végétation. Des racines poussent le long des murs rongés. Construit en 1901 comme en atteste la plaque sur le tympan, il appartenait à la Church Missionary Society (CMS). Il servait aux réunions publiques, à l’école du Dimanche et aux prières. On y cessa toute activité en 1980. Depuis, l’édifice oublié sombre mélancoliquement.

ce qui reste de Centennial hall

Juste en face se cache la charmante et classique Tucker Church. Construite par la East India Company, en 1820, cette simple chapelle de missionnaires prit le nom du révérend qui y officiait. Son orgue, venu de Londres, y est particulièrement célèbre.

Tucker church

Chisholm

Robert Fellowes Chisholm est certainement l’architecte le plus connu de Chennai. Pourtant sa lointaine Angleterre natale l’a oublié et ne lui a guère rendu hommage de son vivant.

Né en 1840, Il arriva de Londres dès 1859. Il débarqua tout d’abord à Calcutta pour y faire sa vie. Marié et père de famille, il gagna le concours de la Senate House pour l’université de Madras en 1865. Apprécié du Gouverneur Napier, il fut nommé à la tête du college des arts industriels.

Senate House, arcs en fer à cheval, tourelles aux allures de minarets timurides, le tout en brique rouge, signature du Raj

Ses premières constructions empruntent à l’éclectisme à la mode en Europe à la fin du XIXeme siècle. Pourtant , il s’est rapidement affirmé comme le chantre du style indo-sarracénique. Il a su porter ce style emblématique du Raj à son apogée. Ce, grâce à une série de bâtiments qui ont transformé le paysage urbain de Madras. On compte de nombreux chefs d’œuvres à Madras. Je parle ici du Presidency College et de Senate House, de la Poste centrale et du VP Hall. Il s’est attaqué à de plus petites réalisations comme le magasin P Orr & Sons. L’architecte a également ajouté sa patte à des constructions plus collectives, comme la gare centrale, le Chepauk Palace ou les cours de Justice.

 Chisholm répondit néanmoins à des sollicitations extérieures. Il réalisa ainsi  quelques chefs d’œuvre hors de Madras. Ainsi, à Ooty, il dessina  la Nilgiri Library, la poste et la Lawrence Memorial School. A Baroda (Gujarat) l’on peut admirer l’extraordinaire musée mais aussi le Lakshmi Vila. Il est aussi l’auteur du fantastique musée de Trivandrum. Promu architecte conseil du Gouvernement de Madras il occupa ce poste de 1872 à 1886. Il revint en Grande Bretagne en 1901 pour y mourir quasi oublié en 1915.

Aujourd’hui, je vous propose de découvrir ses plus belles créations à Chennai.

Senate House

Il s agit du premier chantier de Chisholm à Madras. Le tout jeune architecte britannique remporta haut la main le projet de construction du bâtiment principal de l’Université de Madras. Situé sur la nouvelle Marina, près du Chepauk Palace, Senate House représente l’une des plus belles réussites architecturales de Chennai. Peut être plus néo-byzantine ou timurides que purement indo-sarracénique, l’édifice fait la part belle aux références d’Asie centrale. Construit en brique rouge, ces hautes tours ne sont pas sans rappeler des minarets persans. Couronnées de coupoles à la manière des églises byzantines, elles impriment un caractère tout particulier le long de la plage. Leurs hautes silhouettes évoquent un peu la cathédrale Westminster de Londres construite pourtant une dizaine d’années plus tard.  

Ce fantastique édifice est malheureusement fermé. Si l’on peut le contourner à pied, on ne peut malheureusement pas y pénétrer. C’est aujourd’hui un bâtiment réservé aux archives. Rénové après un incendie, il attire malheureusement plus les pigeons et les chauves-souris que les humains. Et il tend à se détériorer à nouveau complètement.

Victoria Public Hall

Au XIXème siècle, alors que Madras s’épanouissait, un besoin de bâtiments administratif plus grand se fit sentir. Entretemps, le centre de la ville s’était déplacé de Georgetown au quartier de Park Town. Cet emplacement idéalement stratégique, tout près de l’ancien mur d’octroi, voyait converger les routes sud, nord et ouest.

Facade encore sous echaffaudages du VP Hall

L’implantation de la gare centrale transforma encore davantage cette zone contribuant à la croissance d’un quartier animé et vivant. Il manquait à Madras un hôtel de ville à la hauteur.

Le Victoria Public Hall ( VP Hall) allait répondre à ces besoin. On l’appelait alors Town Hall ou Hôtel de ville.

Bien que globalement néo roman, le hall s’enorgueillit d’une tour néogothique. Sa frise en terre cuite s’inspire de la calligraphie islamique. Construit en 1887 il servit d’espace public pour l’élite blanche britannique. L’administration, elle, avait déménagé de Fort St Georges au Ripon Building adjacent. Sa haute silhouette de brique rouge rappelle à Chennai ce qu’elle doit à Chisholm.

Victoria Public Hall

Le Victoria Public Hall vient de rouvrir après des années de restauration.

La General Post office

Ce bâtiment se situe sur North Beach Road. Cette avenue aujourd’hui appelée Rajaji salai représentait l’avenue de parade à l’ époque du Raj. C est là en effet qu’accostaient les embarcations rapprochant les visiteurs débarqués de leurs gros bateaux, du coté de Royapuram. Le port de Madras ne fut creusé qu’ à la fin du XIXe sur une côte lagunaire.

En sortant de leur esquif, les visiteurs découvraient les plus beaux bâtiments de la ville coloniale. Parmi lesquels le bureau de police, la banque et la poste Générale.

General Post Office Chennai

Ici, Chisholm, laisse libre cours à sa créativité et son génie de la synthèse. Il amalgame en effet des influences keralaises et des éléments Gujarati. Le nord de l’inde est en effet nettement présent dans les balcons et oriels de pierre, les tourelles. En revanche, la vaste véranda aux piliers imitant le bois vient bien de ses observations du sud de l’Inde.

veranda de la poste génerale par Chisholm

Le jeu des influences ne s’arrête pas là. Chisholm joue en effet dans ce bâtiment virtuose des couleurs. Le bleu de la loggia se mêle au rouge et blanc des étages comme pour mieux illustrer l’Union Jack. Outre les couleurs, il mélange également les matériaux. La traditionnelle loggia n’utilise pas le bois mais le fer forgé. Quant à la structure, des poutres métalliques la maintiennent et non une plus traditionnelle, mais fragile, ossature de bois . Les murs solides en brique et l’ossature métallique offrent une portée plus importante. Ce qui l’autorise à ouvrir au 1er étage une gigantesque salle de 30 mètres pour accueillir le public.

piliers de la veranda de la Poste Génerale

Chisholm n’a pas remodelé l’inexistant skyline de Chennai. Mais il a considérablement transformé l’image architecturale de la ville. Car il a aussi apporté sa touche également à la Gare Centrale et aux cours de justice. Il a aussi agrémenté le symbolique Chepauk Palace d’une tour rayée aux accents siennois. Car les rayures et la forme ne sont pas sans évoquer la toute première renaissance toscane, rehaussée de détails purement indo sarracéniques. Il y là une inventivité remarquable ainsi qu’un jeu sur les références.

Henry Irwin

Henry Irwin est un architecte anglais. Le peu de documents à disposition ne permet pas de retracer une réelle biographie. Né en 1841, soit un an après son compatriote Chisholm il lui a survécu pour mourir en 1922. On les connait tous deux davantage à Madras que dans leur Royaume-Uni natal. Néanmoins rien n’atteste que les deux architectes se soient fréquentés. Ils se sont en effet succédé à Madras. Chisholm y créant sa légende avant de partir vers d’autres cieux. Au contraire, Irwin y arriva au sommet de sa gloire.

palais de Mysore salle du durbar

Apôtre du style indo-sarracénique, il est l’un de ceux qui ont le mieux illustré ce style emblématique du Raj. Auréolé de ses réalisations à Shimla (loge vice royale et théâtre), au Palais de Mysore, Irwin arriva à Madras pour y triompher.

Palais Mysore

Effectivement, il se lança dans une activité frénétique et orna la capitale de la Présidence de certains de ses plus beaux fleurons. Il participa ainsi à la construction de la Gare centrale, du musée d’Egmore, des cours de justice, de la Bibliothèque Connemara mais aussi de la Banque d’Inde sur North Beach Road.

theatre Shimla

Voici donc aujourd’hui quelques-unes de ses plus grandes œuvres dans la capitale du Tamil Nadu.

La Banque d’Inde

Sur la rue Rajaji Sali autrefois North Beach road, on compte parmi les plus beaux bâtiments du Raj. C’était en effet l’avenue de parade pour les visiteurs qui abordaient Madras depuis la mer. Pas étonnant que les plus grands noms s’y soient illustrés. Parmi eux, Henry Irwin auteur notamment de la Banque de Baroda devenue Banque de Madras puis Banque d’Inde.

Banque d'inde

Construite en 1896, dans le plus pur style indo-sarracénique, elle mélange les genres. Ce grand vaisseau de brique rouge représente une véritable prouesse architecturale. Elle s’inspire à la fois de l’architecture moghole mais aussi de la dentelle des façades vénitiennes ou génoises. On sent ici combien John Ruskin, a pu influencer les architectes coloniaux. Car son livre « les pierres de Venise » a constitué une source essentielle pour les artistes voyageurs en leur procurant un catalogue d’idées.

escalier de la Banque d'Inde, clairement inspiré par de sfacades génoises ou vénitiennes

On ne sait pas grand-chose de l’architecte. Fils de Pasteur il n’a pas forcément eu les moyens de pratiquer le Grand Tour pour y puiser un répertoire de formes et d’idées. En revanche, la circulation de l’ouvrage de Ruskin peut expliquer les références italiennes manifestes ici. Les escaliers à double entrée, les rehauts de plâtre blanc sur la brique rouge rappellent en effet les constructions de la sérénissime république de Venise. Pour autant, ces influences européennes, se mêlent avec élégance à des éléments Moghols. Les dômes et balcons rappellent en effet la cité abandonnée de Fatehpur Sikri, non loin d’Agra.

détails de la facade de la Banque d'Inde sur north Beach Road

North Beach Road semble ici traitée comme le grand canal de Venise. Voie d’accès, de parade, elle montre aux visiteurs ce que la capitale de la Présidence peut proposer de plus abouti. Construite en 1896, la façade symétrique est scandée de tourelles surmontées de clochetons (des chhatris) particulièrement harmonieux. Si les Américains contemporains avaient coutume de bâtir des cathédrales du commerce, Irwin a ici réalisé un véritable palais de la finance.

Facade de la Banque d'Inde, North Beach Road

Les Cours de Justice

A dire vrai, cet énorme complexe qui se situe sur les terres de la old town détruite par le siège français n’est pas l’œuvre d’un seul homme. Sur des plans de Chisholm, les différents bâtiments des cours de justice et de l’université de droit projettent leurs tours de briques telles des beffrois, clochers ou minarets. Initiée en 1862, la construction correspond au travail de divers architectes. L’université de droit sur la partie occidentale (la plus loin de la mer) compléta le projet à partir de 1899. Elle vit certainement Irwin y travailler, sur des dessins de Chisholm. En effet, les deux grands architectes se succédèrent dans la ville.

bâtiment d'angle des cours de justice

Bâties sur le modèle des cours de justice à Londres, elles remplacent l’architecture gothique de leurs ainées anglaises par ce style indo-sarracénique adopté par les colons après 1857. C’est en effet après la défaite des cipayes et le passage de la colonie des mains de la Compagnie des Indes orientales à la couronne britannique que ce style architectural s’affirma comme typique du Raj.

coupole cours de justice

Il est malheureusement quasi impossible, à moins de devoir passer en jugement, de visiter l’énorme campus. Il faut donc se contenter d’admirer les hautes structures et les dômes de loin et d’en deviner la majesté abritée par de hauts murs et des portes bien gardées.

Le musée

pignons du musée d'Egmore

Dans le musée d’Egmore, Irwin est l’auteur de trois des bâtiments les plus réussis. La National Gallery directement inspirée de Fatehpur Sikri, le théâtre copie assez fidèle du Royal Albert Hall et surtout la bibliothèque Connemara. J’ai déjà consacré quelques lignes à ces magnifiques lieux qui s’inspirent en fait plus de l’éclectisme victorien que du pur style indo-sarracénique. En dehors de la National Gallery, largement influencée par les réalisations des Maharajas, la bibliothèque et le théâtre nous ramènent dans la Londres de la fin du XIXème s. Plus précisément dans le quartier de Kensington.

Museum Theatre

Les frontons quasi néerlandais de la galerie d’archéologie et la forme caractéristique du théâtre copie quasi conforme du Royal Albert Hall, ne peuvent en effet pas nous faire oublier la provenance d’Henry Irwin. Pour autant, bercé d’influences italianisantes, celui-ci n’hésita pas à doter le théâtre d’une tour qui le faisait ressembler au Palazzo Vecchio de Florence. Détruite par son successeur, la tour comme la référence, ont laissé place à un édifice plus victorien que néo italien. Qu’importe puisqu’il avait pour but d’honorer l’élite britannique de la colonie.

National gallery

Longtemps inaccessibles, ces trois édifices se visitent à nouveau. Pour le théâtre, le plus simple est d’assister à une représentation . La National Gallery se visite. C’est même avec la galerie des bronzes cholas la seule section à ne surtout pas manquer. Quant à la bibliothèque, il convient de rentrer dans le bâtiment des années 1970. Une fois au premier étage ,au fond de la salle des Périodiques, une toute petite pancarte indique le passage quasi caché pour se rendre à la bibliothèque homonyme. Parvenu au débouché d’un long dédale, quelle récompense néanmoins que ces vitraux éclairant des rayonnages de bois massifs.

plafond de l'ancienne bibliothèque Connemara

Panjim

escalier avec azulejos

Panjim ou Panaji  ( selon la dénomination actuelle) est certainement l’une des plus petites capitales d’état de la péninsule indienne. Néanmoins, son joli patrimoine colonial et son ambiance en rendent la visite fort recommandable.

petite rue dans le centre de Panjim

Curieusement, Panjim tourne le dos à la mer pour regarder l’estuaire de la Mandovi. En bordure du fleuve s’égrènent de jolis bâtiments coloniaux. La ville ancienne borde la rive sud. Mais, l’ambiance y diffère fortement de celle des colonies britanniques indiennes. En effet, la colonisation est le fait des Portugais au XVIème. De jolies maisons colorées et de belles églises baroques confèrent un charme assez unique, presque latin, à cette ville modeste mais passionnante. On peut y passer un ou deux jours très agréables.

Il faut 45mn pour venir de l’aéroport Nord de Goa Manohar International Airport (GOX). Car la ville se situe au nord du plus petit état indien quasi en bord de mer.  Capitale de l’Inde portugaise au XVIIème siècle sous le nom de New Goa, elle remplaça Old Goa, abandonnée. Son intégration à l’Union indienne ne date que de 1961. Elle s’accroche donc fièrement à son passé original.

vieille ville de Panjim

Le centre historique de Panjim

A première vue, Panjim peut faire peur avec son enfilade de bateaux casinos le long de la Mandovi. Autant s’en méfier et ne pas réserver d’hôtel proche du fleuve. Celui-ci est bordée de bâtiments administratifs typiquement coloniaux.

facade bleue

Ainsi, le Secrétariat ou Adil Shah’s Palace, bien que construit en 1500 par le Sultan de Bijapur a un aspect colonial. Car assiégé par l’Amiral portugais Albuquerque vers 1510, il devint résidence du Vice Roi de Goa. Appelé aussi Idalcao’s Palace, il abrite le musée. A l’époque de mon passage il était fermé et en restauration.

Palais, musée

Près du musée, un joli parc permet d’accéder au monument le plus important de Panjim. l’église Notre Dame de l’Immaculée Conception domine un spectaculaire escalier. Elle représente l’image  et le centre de Panjim. On ne peut ici s’empêcher d’évoquer le merveilleux sanctuaire du Bom Jesu au Mont à Braga et son fantastique escalier baroque.

cathédrale ND de l'Immaculée Conception

 La mise en scène d’une église au sommet d’une montée appartient bien au vocabulaire baroque.

Ce sanctuaire, construit  en 1541 domine fièrement le centre animé de Panjim.  Ses tours baroques jouaient le rôle de phare pour les marins. Ceci nous rappelle le double objectif des colons portugais. Il s’agissait pour eux de fonder des comptoirs commerciaux ET d’évangéliser. Au contraire, les premiers Anglais ne vinrent que pour des raisons économiques au XVIIe. Leur colonisation au XIXe s transforma la conquête en fait militaire et politique. Les Portugais, eux, se cantonnaient aux villes côtières pour s’approvisionner en épices et tissus.

ruelle du vieux Panjim
fresque

Avec la croissance de la ville, l’église s’agrandit en 1600 pour devenir paroisse. Ses vives couleurs bleu, blanc et or sont typiques du catholicisme local. A l’intérieur, de lourds chandeliers, des bois dorés, des statues de marbre (de Pierre et Paul) témoignent du style baroque.

Le quartier des Fontaines, ou le Panjim portugais ou Quartier latin

En revenant vers le fleuve depuis la cathédrale, s’étend toute un ensemble de ruelles en  réhabilitation . On l’appelle quartier Latin ou quartier des Fontaines. Panjim n’est pas à proprement parler une ville UNESCO mais le quartier latin est reconnu par l’UNESCO comme une zone patrimoniale

jolies facades

On peut y marcher agréablement le long de petites maisons aux couleurs vives. Quasi piétonnier, ce quartier nous replonge aux XVI et XVIIème siècles et dans une atmosphère quasi sud-américaine. On est loin des bruyantes villes indiennes aux constructions hétéroclites. Ici l’homogénéité architecturale séduit, ce même si les constructions sont pour la plupart de taille modeste.

casa di san Antonio

On chemine dans ces jolies rues colorées dans lesquelles les cafés se multiplient. En passant, on peut s’arrêter dans les jolies confeitria ou les taverna pour un verre de vin ou un délicieux pastel de nata. Confeitaria 31 de Janeiro, reste une adresse quasi incontournable.

Elle se situe  dans une ruelle adorable qui mène à l’église Saint Sébastien. Ce ravissant quartier colonial mène jusqu’au centre culturel portugais dans un charmant Jardin. Car le quartier tient aussi son charme des petits jardins. Il continue parallèlement à la petite rivière Ourem juste avant qu’elle ne se jette dans la Mandovi.

eglise san Sebastien
eglise portugaise

La route chemine au delà du périmètre en restauration vers une zone moins rénovée mais plus authentique au delà du temple Maruti. Ce grand temple badigeonné en orange criard domine la colline Altinho. Dédié à Hanuman, le dieu singe, il offre des vues agréables sur la ville.

rue ancienne de Panjim

Plus loin, commencent les plages dont la célèbre Bambolin. Sur la plage Dona Paula les deux fleuves  Mandovi et Zuari se rencontrent pour se jeter dans le Golfe arabo-persique. C’est ici que se situe la résidence du Gouverneur de Goa, Cabo Raj Bhavan.

maison bleue du quartier des fontaines

Presentation Goa

Je suis partie à Goa comme on part à la plage ou en soirée. Bêtement, je pensais qu’il s’agissait d’une ville avec un centre colonial. Il y aurait aussi des kilomètres de plages de sable blanc fréquentées par des touristes éméchés. Je m’étonnais que depuis Chennai l’arrivée à Goa s’effectue par un aéroport au nord et le départ par un autre aéroport, situé plus au sud. Ce devait être une grande ville pour disposer de 2 aéroports internationaux. Mais je savais aussi que nous allions aborder dans la zone la plus touristique de l’Inde. Il me fallait donc m’attendre à tout.

Goa, un état et non une ville

Je n’avais rien compris. Goa correspond à un état complet. Certes le plus petit de l’Union indienne qui en compte 28. Néanmoins un état à part entière, séparé en districts. Ceux ci se divisent en sous districts, les Talukas chacun avec une identité propre. Cet état dispose d’une langue le Konkani. Son originalité tient aussi à une culture teintée d’éléments lusitaniens, une aristocratie particulière et une scène culinaire bien à part.

azulejo

Goa se trouve coincée contre le Golfe Arabo-persique à l’ouest. Les Ghats de l’ouest la séparent de l’aride plateau du Dekkan. Au sud, le Karnataka la borde alors que le nord voisine avec le Maharastra. La bande côtière est donc le débouché quasi naturel des habitants de deux des villes les plus populeuses du pays. A savoir, Mumbai et Bengalore. Autant éviter les périodes de vacances locales (mi-mai mi-juillet et les grandes fêtes type Diwali)

Goa Institute of management

Aller à Goa, c’est en priorité sélectionner. Choisir entre les districts nord réputés pour leur sens de la fête et ceux du sud, plus calmes. Choisir entre la côte avec les plages les plus agréables du pays ou presque. Certes, il y a aussi celles de Andaman ou de Varkala. Ou préférer l’intérieur des terres moins connu et plus nature.

forêt Goa

Goa ce sont aussi des villes à l’atmosphère quasi sud-américaine avec leurs églises au charme portugais. Ces missions baroques n’ont quasiment pas d’égal dans le reste du pays. Nichées dans une végétation tropicale magnifique elles ont un air mexicain inattendu en Inde.

le fleuve

Car colonisée au XVIeme par les Portugais, Goa est restée un comptoir européen. Ce jusqu’au rattachement à l’Union indienne en 1961 seulement. De son passé portugais elle a gardé des liens étroits avec les autres comptoirs lusitaniens notamment Macao. D’où des influences chinoises mêlées aux souvenirs quasi hispaniques.

La nouvelle mini- série du moment

Cela devient une habitude, mais je ne vais pas traiter de cet état surprenant en un seul pauvre article.

En revanche, je vous propose de me suivre pour une nouvelle mini-série à travers cet état bien plus extraordinaire qu’attendu. Car les récits de fêtes et de tourisme de masse ne m’avaient pas laisser espérer grand-chose. Quelle ne fut donc pas l’heureuse surprise que de découvrir une région restée très authentique. Mais aussi très distincte du reste du pays.

curieuse baignade

 Alors suivez-moi dans les prochaines semaines. Nous partirons à la découverte de Panjim la petite capitale de ce micro-état au charme original.

maison de planteur

De là, je vous emmènerai à Old Goa, la capitale abandonnée de ce petit bout de Portugal. Nous y cheminerons à travers les églises, souvenirs de la colonisation mais aussi de l’évangélisation. Nous y retrouverons notamment la trace de Saint François-Xavier.

Puis nous continuerons sur les plages du sud autour de Margao. C’est la ville économique à l’ambiance fantomatique.  Le sud de Goa offre de magnifiques plages et une ambiance encore intacte à l’écart des grands flux touristiques.

la plage

Enfin le dernier chapitre de mon épopée vous fera découvrir les magnifiques demeures de planteurs dans le taluka de Salcete. Souvent en mauvais état, ces maisons offrent un charme que l’on s’attend à trouver davantage de l’autre côté de l’Atlantique.

Pêcheurs, Goa

Pas de fiestas dans ce blog, ni de nature donc. Mais de belles découvertes historiques et architecturales pour les quatre prochaines semaines de balades indiennes.